Journée technique « C.O.V.- R.E.A.C.H.- Produits Naturels »

Elle se tiendra à Bernay (27300) le 29 novembre 2012 et concernera les peintures et revêtements sur les thèmes suivants :

Les évolutions récentes de la Directive Européenne Décopaint et de la norme ISO 16000 en matière de mesure des taux de COV, ainsi que les  écolabels et les labels avec des allégations portant sur des matières naturelles ou bio-sourcées apparus dernièrement, seront présentés et discutés.

Cette manifestation s’adresse aux professionnels fabricants de peintures et revêtement… mais aussi à tous les membres de ces filières, depuis les concepteurs jusqu’aux utilisateurs de ces produits, en passant par les distributeurs. Elle s’adresse également  aux laboratoires d’analyse, aux organismes de certification et de répression des fraudes, chargés du contrôle qualité, de la conformité et de la vérification des allégations associées à ces produits.

Le programme

  • Introduction   9h00 – 9h20

Mairie de Bernay, Hervé MAUREY, Sénateur-Maire de Bernay
S.E.C.F,  Jean-Pierre DAL PONT, Président S.E.C.F
A.F.T.P.V.A., Alain LEMOR, Président A.F.T.P.V.A

  • Les labels environnementaux et les textes réglementaires – Quoi de neuf ? : C.O.V., R.E.A.C.H., ISO 16000 9h20 – 9h40 AFNOR Certification, Arnaud LACROIX, Manager : Les Ecolabels

9h40 – 10h20 Laboratoire S.G.S. Multilab, Yvon GERVAISE, Directeur Général : C.O.V. Arrêté du 19 avril 2011 (321/2010) : Modalités pratiques et essais inter laboratoires. Analyse C.O.V. émission selon ISO 16000

10h20 – 10h40  Questions / Table ronde avec la participation de la DGCCRF

  • Le point de vue et les démarches environnementales des clients  

10h50 – 11h10  Castorama, Nirina ANDRIAMANDIMBY, Responsable Qualité Produits Chimiques : La démarche R.E.A.C.H. et ISO 16000 vue par un distributeur

11h10 – 11h30  F.F.B. / U.P.P.F. (Fédération Française du Bâtiment / Union des Peintres Professionnels Français), Yves LABBE, Directeur Technique F.F.B. : Les solutions de nettoyage des outils et les bonnes pratiques

11h30 – 11h40  Questions – Discussion

  • En amont : Ce qui ce prépare pour demain

11h40 – 12h00 Dow Chem., Marine BARASC : Nouvelles résines époxy à faible émission de COV

12h00 – 12h20 C.N.R.S. Thiais, François HENRY, Professeur : Les évolutions dans les procédés de synthèses de polymères.

12h20 – 12h40  Ecoat, Olivier CHOULET, cofondateur : Nouvelles résines biosourcées

  • Conclusions

12h40 – 12h50   Jean-Claude DANIEL, Conseiller scientifique S.E.C.F.

13h15 – 15h00 : Déjeuner au restaurant La Pommeraie à St Quentin des Isles www.lapommeraie.com

  • Programme optionnel à partir de 15h00 : visite du laboratoire D.V.I. ou visite du cœur historique de Bernay

Pour en savoir plus (programme, information pratique et inscription) :
http://chimie-experts.org/pdf/AFTPVA-SECF-JT-DU-29-11-2012-A-BERNAY.pdf
http://www.aftpva.org/upload/publication/aftpva86.pdf

Contact : AFTPVA : Marie-Odile Barkallah
5 rue Etex – 75018 Paris
Tél. : 01 42 63 45 91
Fax : 01 42 63 31 50
[email protected]

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Google se fait tirer les oreilles par la CNIL

Décidément, les litiges sur la confidentialité des données personnelles des utilisateurs d’internet sont à la mode. Après Facebook et son bug sur des messages personnels divulgués trois ans après, c’est donc Google qui s’illustre par une utilisation opaque de nos données personnelles. Plus précisément, depuis le début de l’année, Google a modifié sa façon d’exploiter les données de ses utilisateurs, n’hésitant pas à combiner toutes les infos en sa possession, quel que soit le service utilisé par l’internaute.

On s’explique. Les vidéos visionnées sur Youtube, les mots-clés tapés sous le moteur de recherche pourront servir à personnaliser la publicité soumise quand vous consultez votre boite Gmail. Cette approche est bien plus intrusive que quand les services étaient cloisonnés, assurant un minimum de vie privée aux utilisateurs. Mais il devient de plus en plus évident que l’expression « vie privée » n’a plus aucun sens sur la toile.

Car comme le rappelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) dans son rapport paru mardi 16 octobre: « les nouvelles règles de confidentialité  [de Google] suggèrent l’absence de toute limite concernant le périmètre de la collecte et les usages potentiels des données personnelles ».

En puisant dans tous ses services toutes les informations concernant vos goûts et préférences en temps réel, Google dispose d’un dispositif ultra puissant pour affiner les publicités qui apparaitront spontanément sous vos yeux. Car la finalité est bien commerciale, des fichiers de données aussi précis valent de l’or. Sauf qu’il nous est impossible de gérer la confidentialité de ces données, ce qui n’est évidemment pas très normal.

La CNIL suggère donc poliment à Google de « renforcer le consentement des personnes pour la combinaison des données pour les finalités d’amélioration des [services en ligne], pour la publicité et l’analyse de fréquentation. Cela pourrait être fait en donnant la possibilité aux utilisateurs de choisir quand leurs données sont combinées par exemple, avec des boutons dédiés sur les pages des services [de Google] ». Bien que prévenu par la CNIL du contenu du rapport depuis mi-septembre, Google n’a toujours rien changé…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

A lire :

Vous regrettez d’avoir un Blackberry ? Vous n’êtes pas le seul !

La chanson « Someone like you » d’Adele est la plus chantée lors des enterrements. Aucun lien me direz-vous ? Et bien si. Car la firme américaine Blackberry pourrait bien voir débarquer à son siège tout un orchestre et des chœurs entonnant «  Never mind I’ll find, someone like youuuuu ».

Car le fabriquant de Blakberry, Research in Motion (RMI), est à l’agonie, et ça sent le sapin : un chiffre d’affaire en chute libre de 31%, moins de 5% de parts du marché des smartphones aux Etats-Unis contre 50% il y a à peine trois ans. Pire, la marque souffre d’un déficit d’image qu’il va être difficile de contrecarrer. Pour preuve, ces témoignages d’utilisateurs de Backberry parus dans le New York Times ce lundi 15 octobre : « J’ai honte », « Je le cache sous mon iPad » ou encore ce cri de détresse « Tout ce qu’il me reste ce sont les chats avec ma famille » !

On est bien loin de l’image très pro qu’avait Blackberry, smartphone privilégié des cadres il y a quelques années.  Désormais, les détenteurs d’un « BB » jalousent ceux qui utilisent des smartphones Apple ou Samsung, enviant leurs milliers d’appli et leur appareil photo digne de ce nom. A lire ces nombreux témoignages de souffrance, on ne peut que compatir devant l’isolement social subit par ceux qui ont fait le mauvais choix ou qui se sont vu imposer un BB par leur entreprise. Allez courage, l’AppleStore n’est pas loin…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

De la théorie à la pratique grâce aux maquettes NI miniSystems

Les plates-formes de laboratoire ont toujours été inaccessibles pour un usage courant dans les cours classiques et sont souvent déconnectées des outils professionnels qui sont vraiment utilisés dans l’industrie et la recherche.

En utilisant l’approche logiciel-matériel intégrée de la conception graphique de systèmes, les maquettes NI miniSystems éliminent les restrictions financières, temporelles et spatiales qui empêchent les enseignants de dépasser l’enseignement théorique, en leur permettant d’impliquer les étudiants grâce à une expérimentation pratique. Les maquettes NI miniSystems offrent aux étudiants une liaison concrète entre leurs études théoriques et le monde du travail.

“Nous avons constaté à quel point l’approche de la conception graphique de systèmes aide les scientifiques et les ingénieurs à être plus innovants en leur donnant un ensemble d’outils et un langage unifiés » souligne Dave Wilson, directeur des programmes académiques chez National Instruments. « Nous sommes en train d’étendre cette approche à notre plate-forme pédagogique pour permettre à tous les étudiants, quels que soient leur profil ou leurs parcours , d’accéder aux innovations des grands scientifiques, ingénieurs et enseignants du monde entier. »

Points essentiels

  • Les maquettes NI miniSystems sont des répliques à petite échelle de systèmes réels inspirés d’applications existantes, qui se connectent au matériel pédagogique de NI et au logiciel de conception de systèmes LabVIEW.
  • Les étudiants peuvent travailler sur des défis qui les ont initialement attirés vers l’ingénierie.

Publié par PIerre Thouverez

Déja paru :

Les voitures autonomes, bientôt sur nos routes ?

Il fait peu de doute que tôt ou tard (probablement plus tôt qu’on ne l’imagine), les voitures autonomes tiendront le haut du pavé, dévorant l’asphalte en bandes – très – organisées. La convergence des annonces, provenant aussi bien des constructeurs automobiles que d’experts en la matière, n’est évidemment pas un hasard. Pourtant de nombreux problèmes se posent à l’idée de laisser une part toujours plus grande du trafic aux voitures autonomes, et de réduire petit à petit à la portion congrue l’implication de l’humain, éminemment faillible, dans le processus de conduite d’un véhicule. Jusqu’à ne plus l’impliquer du tout.

En tête de ces problèmes figurent la question légale de la responsabilité en cas d’accident impliquant un ou plusieurs véhicules autonomes, la gestion d’une avarie technique, la nécessité – ou non – de posséder un permis de conduire. Et puis réussira-t-on à lâcher prise totalement, et finir par céder les rênes de nos véhicules à un ordinateur de bord ?

Petit tour d’horizon des récentes annonces en la matière.

  « 75 % des voitures en circulation aux Etats-Unis en 2040 seront des voitures autonomes »  

L’IEEE (« Institute of Electrical and Electronics Engineers »), association professionnelle des ingénieurs basée à New-York, est formelle : d’ici à 2040, 75 % des voitures circulant sur le territoire des Etats-Unis seront des véhicules autonomes. L’IEEE va même plus loin, l’organisme ayant prévu comment les infrastructures, la société et même les comportements pourraient évoluer lorsque les voitures sans conducteur deviendront la norme sur nos routes.

La prévision de l’IEEE englobe la future disparition des panneaux de signalisation et des feux tricolores, inutiles pour les voitures autonomes puisqu’elles possèderont ou que leur seront communiquées en temps réel toutes les informations nécessaires (limitations de vitesse, sens de circulation…).

  Disparition du permis de conduire ?  

L’IEEE évoque aussi la probable disparition du permis de conduire. « Les passagers se trouvant dans un train ou dans un bus n’ont nullement besoin d’un permis de conduire », rappelle le directeur du centre dédié à la recherche au sein de l’IEEE, Azim Eskandarian. « Dans le cas où le véhicule serait totalement autonome, et qu’aucune intervention du conducteur ne soit autorisée, c’est bien le véhicule qui sera seul aux commandes. ». En clair : nul besoin de qualifications ou de connaissances particulières. Donc plus besoin de permis de conduire, sésame qui deviendrait complètement inutile – aussi insensé que cela puisse paraitre. Autre conséquence : l’arrivée des véhicules autonomes devrait permettre l’accès à un véhicule particulier aux personnes à mobilité réduite ou présentant un handicap plus ou moins important.

  La Google Car, déjà une réalité   

Pas loin de 500 000 kilomètres cumulés aux compteurs, et ce déjà en aout dernier… l’armada de Toyata Prius et de Lexus entièrement autonomes estampillées Google continue de faire ses preuves, à son rythme. Et lorsqu’on pense aux réalisations du géant américain, on se dit que cela pourrait bien aller très vite, comme le confirme l’un des cofondateurs de Google, Sergey Brin. Bien que prudent sur le calendrier prévisionnel, il estime que « le grand public devrait avoir accès [aux voitures autonomes] d’ici cinq ans, et que la technologie se démocratisera ensuite ». D’ici là, les employés de la firme américaine vont continuer à tester la flottille de véhicules.

General Motors, Audi, Volvo, Toyota… personne n’est en reste, chacun y travaille et y va de sa petite annonce, annonçant l’avènement de la voiture autonome pour 2015, ou pour la fin de la décade.
Le cofondateur de Google, lui, voudrait surtout réussir à relever l’un des plus gros challenges selon lui, « l’inattendu ». Faire face à une panne de l’ordinateur de bord, ou encore à une avarie matérielle majeure comme un pneu qui explose, sont des défis qui restent à relever.

Un besoin moindre en infrastructures 

Alors que le principal obstacle à l’arrivée de la voiture autonome, ne semblent plus être d’ordre technique, mais concernerait plutôt la construction d’infrastructures adaptées, le professeur Alberto Broggi, membre de l’IEEE et professeur en génie informatique à l’université de Parme, en Italie, n’en croit pas un mot et s’appuie justement sur son expérience de la « Google Car ». En 2010, il parcourut les 13 000 kilomètres séparant la ville de Parme à Shanghai, « au volant » de deux voitures sans conducteur.

« Les Google Cars se basent sur des cartes très précises, et possèdent des capteurs utilisant la technologie  LIDAR », explique-t-il dans une interview pour le magazine Wired, assurant que ces véhicules auront besoin de moins d’infrastructures, et non plus. LIDAR, acronyme de « LIght DetectionAndRanging », permet en quelque sorte de scanner l’environnement en utilisant les propriétés du laser une fois renvoyé vers son émetteur, comme le fait un radar avec les ondes radios.

Communications V2V et V2I 

Deux nouvelles formes de communication sont ici en train de voir le jour : la communication de véhicule à véhicule (V2V – « vehicle to vehicle »), et la communication du véhicule vers l’infrastructure (V2I – « vehicle to infrastructure »). La communication V2V permet aux voitures de partager leur positionnement en temps réel et entre elles, afin d’éviter les collisions ou d’optimiser la conduite d’un groupe – restreint – de véhicules. La communication V2I permet cette fois aux véhicules de partager leur position, mais aussi la destination et jusqu’à l’itinéraire qu’ils souhaitent emprunter avec un poste central, dont le rôle serait de coordonner et de dispatcher l’information concernant le trafic, les itinéraires…

Les explications d’Alberto Broggi au magazine Wired permettent encore une fois d’éclairer ces notions : « Imaginons que toutes les voitures soient connectées et qu’un poste central puisse connaitre précisément leur position et leur destination. Le poste central peut envoyer des commandes d’ajustement de la vitesse aux véhicules qui abordent un croisement, de telle manière qu’ils n’entrent pas en collision et qu’ils franchissent le croisement chacun leur tour, optimisant leurs mouvements. Dans ce cas, les feux tricolores ne seront pas nécessaires, la coordination étant gérée à un niveau supérieur ».

Des tests seraient déjà en cours en Europe (notamment en Allemagne) et aux Etats-Unis, combinant les deux systèmes de communication V2V et V2I, un type de communication global baptisé V2X.

 Le trou noir législatif 

Enfin, de nombreuses questions se posent quant au cadre légal et au code de la route, totalement inadaptés à l’arrivée des voitures autonomes. Quid de la responsabilité légale lorsqu’un piéton se fait renverser par une voiture sans conducteur, ou tout autre type d’accident impliquant un ou plusieurs de ces véhicules autonomes ? Le « conducteur » sera-t-il tenu pour responsable, bien qu’il ne soit pas aux commandes ? Ou est-ce le constructeur qui endossera la responsabilité, voire le géant Google dans le cas de la « Google car » ? De fait, deux Etats américains ont déjà donné leur feu vert à la circulation des voitures sans conducteur, le Nevada et tout récemment la Californie, après un lobbying actif de la part de Google et malgré de nombreuses réticences.

Car le plus gros obstacle à l’adoption des voitures sans conducteur n’aura probablement rien à voir avec la technologie elle-même. Il se pourrait que ce soit tout simplement le manque d’adhésion du grand public, la peur (ir)raisonnée de ne plus être aux commandes. Et ce serait aussi oublier un peu vite le simple plaisir de la conduite.

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

Franchir le mur du son en chute libre

Franchir le mur du son en chute libre : le défi avait de quoi faire fantasmer tant l’aventure semblait folle et dangereuse à la fois. L’Autrichien Felix Baumgartner a pourtant réussi son pari en franchissant le mur du son hier soir (dimanche), battant ainsi le record du monde de vitesse en chute libre établi le 16 aout 1960 par Joseph Kittinger, un pilote de l’US Air Force, lors du projet Excelsior.

Baumgartner s’est jeté au-dessus du Nouveau-Mexique d’une capsule suspendue à un gigantesque ballon en polyéthylène, après avoir atteint plus de 39 000 mètres d’altitude. Le saut aura duré près de neuf minutes, dont un peu plus de 4 minutes et 20 secondes en chute libre, permettant au parachutiste de 43 ans d’atteindre la vitesse phénoménale de 1341,9 km/h et de dépasser Mach 1. Le succès scientifique de la mission « Red Bull Stratos », qui aura mobilisé au sol une équipe de plus d’une centaine de personnes, est par ailleurs un succès médiatique, le saut ayant été suivi en ligne sur la chaine Youtube de la célèbre boisson énergisante par plus de huit millions d’internautes.

Le ballon, élément crucial

Baumgartner s’est élancé d’une capsule (d’un poids total de 1315 kilos), protégeant le parachutiste des températures extrêmes rencontrées dans la stratosphère, et lui permettant de rester dans un environnement pressurisé avec de l’oxygène jusqu’au moment fatidique du saut. L’ascension de la capsule a été rendue possible par le gigantesque ballon à laquelle elle était suspendue, l’arrachant au sol du Roswell International Air Center. D’un diamètre de près de 130 mètres, le ballon est l’élément crucial de la mission, mais également son talon d’Achille.

Constitué d’un patchwork géant de l’équivalent de plus de 16 hectares de bandes de polyéthylène (l’un des polymères les plus courants), le ballon stratosphérique est extrêmement fin et fragile : les bandes de polyéthylène haute performance ont une épaisseur de… 20,32 microns seulement. Une fois gonflé à l’hélium, le ballon peut doucement prendre son envol à la vitesse de 300 mètres par minute. C’est en raison de son extrême fragilité que le lancement ne peut se réaliser que dans des conditions météorologiques idéales. Après le saut de Baumgartner, le poste de commande au sol a déclenché la séparation de la capsule et du ballon, laissant la capsule redescendre à l’aide de son propre parachute, tandis qu’une rupture programmée dans la structure du ballon a laissé échapper l’hélium pour le laisser revenir sur Terre.

« Death Zone »

La fragilité du ballon, liée aux mauvaises conditions météorologiques, a eu raison des deux précédentes tentatives de l’Autrichien, les 9 et 10 octobre dernier. Un vent, même de faible intensité, peut aisément faire échouer la mission. En cela, le premier kilomètre d’ascension est décisif, les ingénieurs de la mission Red Bull Stratos l’ayant même baptisé « death zone ». Si un incident était survenu – à savoir, si le ballon s’était déchiré – le parachute de la capsule n’aurait pas eu la possibilité de se déployer entièrement, et Felix n’aurait pas non plus disposé des 13 secondes qui lui auraient été nécessaires pour s’échapper de la capsule.

Pour ceux qui auraient raté ce moment historique, voici la vidéo du saut :

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

Airbus veut développer les biocarburants en Chine

« Avant de nous lancer dans la production de biofuel, nous voulons nous assurer qu’il existe bien des critères de durabilité » explique Frédérique Eychenne, responsable du programme Nouvelles énergies pour Airbus.

En effet, l’enjeu est de taille pour le géant de l’aviation : s’affranchir de la dépendance au pétrole. Accroitre la part des biocarburants apporte plusieurs autres avantages comme un cout inférieur au pétrole, avantage financier  qui va s’accentuer dans les années à venir, mais aussi une diminution des émissions carbones.

L’attention portée par Airbus aux énergies alternatives n’est pas nouvelle puisqu’il a déjà développé des partenariats en Amérique latine, en Europe, en Australie ainsi qu’au Moyen-Orient sur cette thématique. Il ne manquait plus que l’Asie, c’est chose faite.  « Chaque continent a une stratégie énergétique différente, des ressources différentes et des besoins en trafic aérien différents. » indique Frédérique Eychenne, justifiant le besoin de travailler aux quatre coins de laplanète pour maximiser les opportunités de développement.

La Chine affichant des objectifs dans la promotion des énergies alternatives, c’est finalement l’université de Tsinghua, à Pékin, qui a été choisie. « Cette université a une forte expertise dans le développement durable. De plus, ils ont réalisé des études pour différents types de transport, sauf dans l’aviation. » précise Frédérique Eychenne. Les universitaires vont donc analyser la situation générale de la situation énergétique et des besoins en Chine puis identifier les filières possibles et durables.

Les premiers résultats mettent en avant trois filières convenant comme matière première pour la fabrication des biocarburants : les résidus d’agriculture et les déchets urbains, les huiles de cuisine usagées, les résidus industriels de type rejets gazeux. Ces travaux ont aussi révélé l’existence de process innovant en Chine comme la production à base d’algues

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Déjà paru :

Facebook a publié des messages privés datant de 2009. Bug ou pas bug ?

C’est ce qui s’appelle jouer sur les mots ! Alors que des milliers d’utilisateurs ont vu des messages écrits en 2009 rendus publics au mois de septembre alors que leur contenu était de nature privée, la CNIL précise qu’il ne s’agissait pas de « messages privés » mais de « conversations à caractère privée ».

Cette nuance dédouane Facebook de toute responsabilité car un message privé au sens « Facebookien » du terme est un message envoyé via la messagerie privée de Facebook, et aucun message de ce type n’a été rendu public. En revanche, les messages écrits sur les « wall » et souvent de nature privée se retrouvent sur la place publique suite aux changements successifs de règles de confidentialité en 2009 et 2010.

Modifications suites auxquelles « […] des contenus auparavant privés ou accessibles uniquement aux amis étaient rendus accessibles à tout le monde. Par ailleurs, les messages concernés pouvant être anciens, il devenait parfois difficile pour les utilisateurs de constater ce changement d’audience des messages » précise la CNIL, estimant de plus que la nouvelle présentation de type Timeline a favorisé la remontée de messages anciens.

Pour résumer, Facebook n’est pas en faute, à nous utilisateurs de paramétrer correctement nos comptes. Et peu importe que les règles changent ou que le paramétrage requiert un bac +10…Alors appelons un chat un chat, si les règles de confidentialités changent de telle façon que des messages configurés comme privés deviennent public par défaut, c’est clairement de la responsabilité de Facebook. Plutôt que de tenter d’inverser les rôles en incriminant les utilisateurs victimes, Facebook ferait mieux d’afficher plus de transparence quant à la gestion des données personnelles de ses utilisateurs.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Cocorico ! Retour sur le prix nobel de physique

Cocoricoo. La recherche française à l’honneur avec l’attribution du prix Nobel de physique à un frenchie, Serge Haroche de l’Ecole Normale supérieure, conjointement avec l’américain David G.Wineland du National Institute of Standards and Technology de l’université du Colorado.

Ce Nobel récompense leurs travaux sur les photons : en 2007, Serge Haroche et ses collègues réussissent à observer la vie et la mort d’un photon puis l’année suivante, à observer le passage des photons d’un état atypique de la physique quantique à un état de la physique classique, ce qu’on appelle le phénomène de décohérence.

Pour réaliser cette observation, il a fallu inventer une technique de mesure originale : une cavité tapissée de miroirs a réussi à piéger les photons suffisamment longtemps, permettant aussi d’observer le phénomène sans que l’action d’action ne vienne trop le perturber.

L’Académie royale des sciences de Suède a loué dans un communiqué « leurs méthodes expérimentales novatrices qui permettent la mesure et la manipulation des systèmes quantiques individuels », félicitant les lauréats qui « ont ouvert la voie d’une nouvelle ère d’expérimentation dans la physique quantique en démontrant l’observation directe de particules quantiques individuelles sans les détruire ».

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du Web #33 : les vidéos de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Débutons avec une équipe de l’université d’Arizona State, capable de couper sans fioritures une goutte d’eau en deux autres ;
  • Un variateur de vitesse mécanique… construit en Lego : c’est la prouesse réalisée par un jeune diplômé français plein de ressources ;
  • Se promener sous la pluie, sans se mouiller ? Le Barbican Center, à Londres, héberge la « Rain Room », une création artistique défiant toute logique météorologique ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Like-a-Hug », la veste qui gonfle avec vos « likes », et votre ego ;
  • En bonus, une photo et une vidéo d’une création temporaire ayant fait apparaître les mille premières décimales du nombre pi dans le ciel de la baie de San Francisco.

Couper une goutte d’eau en deux

Pour débuter cette trente-troisième Revue du web, allons faire un tour du côté de l’Université d’Arizona State, où une équipe d’ingénieurs a développé un couteau capable de séparer très proprement une goutte d’eau en deux nouvelles gouttes distinctes. La lame du couteau, résultat des travaux du professeur Antonio García et de son équipe, appartiendrait selon eux à un « nouveau genre de métal », autorisant les bio-séparations les plus propres. Le cœur de la lame est constitué de deux fines couches de zinc et de cuivre ; une fois forgée, la lame est nettoyée à l’acétone, mais aussi avec de l’éthanol, de l’eau déminéralisée puis séchée avec de l’azote. La lame est enfin trempée dans une solution de nitrate d’argent pendant une vingtaine de secondes, puis dans une solution hydrophobe, que l’équipe de scientifiques nomme « HDFT ». Nous sommes encore loin de Moise ouvrant la Mer Rouge, mais peut-être qu’avec un peu de patience…

L’hydrophobie se définit assez simplement : l’angle de contact d’une goutte d’eau, lorsqu’elle est sur une surface plane (localement), doit dépasser les 90 degrés. Au-delà de 150°, la surface est alors considérée comme étant super-hydrophobe. Un angle de contact égal à 180° signifie que la goutte d’eau est complètement sphérique, repoussant la zone de contact jusqu’à un simple point. À titre d’exemple, le Téflon d’une poêle n’est qu’hydrophobe, l’angle de contact moyen étant de 95°.
La super-hydrophobie présente de nombreux intérêts : outre ses évidentes qualités d’imperméabilisation, elle permet de lutter assez efficacement contre le gel, souvent fatal pour les isolants électriques, les lignes à haute-tension, ou le revêtement des ailes d’un avion. Elle est également efficace pour lutter contre la corrosion.

Un variateur de vitesse mécanique… construit en Lego

Jusqu’où peut-on aller avec des Lego ? Madeleine de Proust de bon nombre d’ingénieux bricoleurs en herbe, certains n’ont apparemment jamais décroché, et fleurissent alors ici et là sur de nombreuses plateformes de partage ou sur des blogs, des vidéos venant illustrer l’inventivité de nombreux internautes. Nous vous parlions déjà ici (//www.techniques-ingenieur.fr/actualite/informatique-electronique-telecoms-thematique_193/revue-du-web-13-les-videos-de-la-semaine-article_66564/article_66564_3.html) de l’imprimante 3D d’Arthur Sacek, entièrement conçue à l’aide de Lego, et là (//www.techniques-ingenieur.fr/actualite/informatique-electronique-telecoms-thematique_193/revue-du-web-13-les-videos-de-la-semaine-article_66564/article_66564_4.html) de l’horloge « LCD » construite par le programmateur et développeur suédois Hans Andersson. La vidéo qui suit présente un variateur de vitesse mécanique entièrement conçu à l’aide d’éléments de la célèbre marque danoise, mis au point par le Français Nicolas Lespour, qui impressionne du haut de ses 23 ans.

Un variateur de vitesse mécanique (CVT en anglais, pour « Continuously Variable Transmission ») permet de faire varier de manière continue le rapport de démultiplication d’un moteur. Il permet à un moteur de ne pas forcer, tout en permettant une variation de vitesse et du couple. Ce variateur de vitesse est constitué de deux différentiels à glissement limité entre eux. Ils sont connectés l’un à l’autre par un engrenage 24/24 d’un côté, de l’autre par un engrenage dont le rapport est cette fois-ci de 8/40 avec une roue dentée de huit dents sur pin à friction qui n’autorise pas la rotation. Lorsque le dispositif fonctionne normalement et sans contrainte, la puissance fuit par la sortie qui oppose le moins de résistance, donc par l’engrenage au rapport de 24/24. Le rapport est de 1:1, la vitesse atteinte est alors maximale. A l’apparition d’un couple résistif plus puissant que le pin à friction, ce dernier se met alors à tourner, laissant cette fois-ci la puissance fuir par l’autre engrenage, avec un rapport de 1:5. Le pin à friction glisse plus ou moins en fonction du couple résistif, permettant au rapport de varier de manière presque linéaire, de 1:1 à 1:5.
Afin de visualiser plus aisément la vitesse du moteur et la vitesse en sortie, le jeune Français a adjoint à l’ensemble deux tachymètres centrifuges. « Plus le tachymètre tourne vite, plus les bras s’écartent, et plus cela tire l’axe 8 avec stop qui tient la crémaillère, faisant ainsi tourner l’aiguille du compte-tour. » explique-t-il. Au final, ce variateur de vitesse mécanique permet au moteur de conserver une vitesse constante (200 tours par minute), avec une variation de la vitesse en sortie de 200 à un peu plus de 40 tours par minute, et une variation du couple disponible de 1 à 5, de 50 N.cm à un peu moins de 250 N.cm (un peu de couple se perd dans le pin à friction).

Il aura fallu un mois à Nicolas Lespour pour développer le concept en Lego, en s’appuyant sur le principe de base du glissement différentiel, principe connu depuis longtemps. Selon lui, la plus grande difficulté rencontrée lors du développement de son variateur de vitesse mécanique fut de « tarer mécaniquement les compteurs de vitesse centrifuges qui fonctionnent sur le principe du régulateur à boule de Watt, pour que la variation de vitesse s’imprime bien sur les compteurs ».
Loin d’en être à son premier coup d’éclat, le jeune diplômé offre par ailleurs ses services de conception Lego à des entreprises.
Le site du jeune concepteur français :
http://www.nico71.fr/

Se promener sous la pluie… sans se mouiller !

A défaut de pouvoir réellement contrôler la météo, que diriez-vous d’une petite promenade sous la pluie sans parapluie ni imperméable… et surtout sans vous mouiller ? Le Barbican Center, plus grand centre consacré aux arts du spectacle et à l’art contemporain en Europe, situé dans le nord de Londres, a invité le studio d’art contemporain anglais rAndom International qui présente ici une œuvre qui défie la logique des éléments. Baptisée « Rain Room », la performance qui a lieu dans une salle du Barbican permet à l’amateur d’art comme au simple curieux de traverser la pluie artificielle, phénomène « local » s’exprimant sur une surface d’une centaine de mètres carré, sans se mouiller le moins du monde malgré l’absence de protection. Il suffirait de se lancer.

Ce n’est évidemment pas de la magie, ni un miracle : au fur et à mesure de leur progression, de nombreux capteurs vidéos disséminés un peu partout autour de la salle repèrent et traquent les mouvements des quelques courageux qui ont osé se risquer sous le rideau de pluie torrentielle. Les informations des capteurs sont envoyées en temps réel vers un poste central qui contrôle le débit de chacun des robinets (qui ne sont autres que des vannes à solénoïde, aussi connues sous la dénomination d’électrovannes). Une fois l’information reçue et traitée, le poste central interrompt immédiatement le débit des vannes sous lesquelles les personnes se trouvent, créant une bulle salvatrice, un espace épargné par les éléments et la pluie artificielle.

On notera tout de même que le reporter de l’AFP (à l’origine de la vidéo), lui, ne se risque pas à filmer « caméra au poing » la traversée de la « Rain Room », son pragmatisme connaissant quelques limites que d’aucuns pourraient qualifier de raisonnables. Car bien que le système fonctionne, on soupçonne que l’on doit bien évidemment recevoir, ici ou là, quelques gouttes et menues éclaboussures.

Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Like-a-Hug », la veste qui gonfle avec l’ego

Pour conclure cette trente-troisième revue du web, voici le gadget (inutile ?) de la semaine : « Like-a-Hug » (« comme un câlin »), qui n’a pas heureusement encore dépassé le stade de projet, est une veste conçue par un groupe d’étudiants du Massachusetts Institute of Technology (le fameux MIT), dont le degré d’excellence nous avait pourtant déjà habitué à beaucoup, beaucoup mieux. La particularité de cette veste, présentée lors d’un exercice du prolifique MIT Media Lab? Elle devrait pouvoir gonfler – comme votre ego – à mesure que vous receviez des « likes » sur votre compte Facebook.

Lassé par la désincarnation du célèbre réseau social, le groupe d’étudiants américains a eu l’idée de concevoir cette veste et de la relier au compte Facebook de l’utilisateur. Il suffit alors qu’une ou plusieurs personnes faisant partie de votre groupe d’amis se manifestent et disent aimer (« liker ») l’une de vos publications, ou l’une de vos photos en ligne pour que la veste se mette à gonfler instantanément, incarnation supposée évidente d’un geste de réconfort simple et indépassable, vous autorisant à vous lover dans la douce chaleur d’un like amplement mérité. Pour retourner le câlin, une simple pression sur la veste suffit, permettant à la veste de se dégonfler dans un même élan.

Pour Melissa Kit Chow, l’une des conceptrices de la veste, « Like-a-Hug » nous permettrait « d’être plus proche malgré la distance physique ». Pas sûr pourtant que cette veste puisse pallier les frustrations nouvelles et les aigreurs sociales liées à l’ère du tout numérique.

Bonus : les décimales de Pi dans le ciel de San Francisco

En bonus cette semaine dans la Revue du web, découvrez une photo et une vidéo prouvant que San Francisco est bien la terre sainte de tous les geeks. Le happening, qui aura nécessité cinq avions volant en formation rapprochée, a eu lieu au-dessus de la baie de San-Francisco il y a quelques semaines, et est l’œuvre d’un certain « Ishky », artiste du cru. Baptisée « Pi in the sky » (« Pi dans le ciel ») et réalisée en collaboration avec le studio de design californien Stamen Design, l’OVNI artistique avait pour cadre la biennale Zero 1 de cette année. « Pi in the sky » est l’apparition temporaire des mille premières décimales du nombre « pi » (rapport entre la circonférence d’un cercle et son diamètre), sculpture céleste au-dessus de l’Etat de Californie.

La création de l’enfant du pays est magnifiée tant par la prouesse technique nécessaire à sa réalisation que par son évanescence : il aura fallu près de 160 kilomètres aux cinq avions (dont nous pouvons saluer le vol rapproché et synchronisé) pour venir à bout des mille décimales, les premières décimales ayant pourtant été balayée par le vent depuis bien longtemps. Nombreux sont ceux qui ne sont pas parvenus à percer le mystère de ces chiffres énigmatiques, pensant de prime abord à… un numéro de téléphone. Comme dans la vidéo qui suit…

Par Moonzur Rahman, journaliste scientifique

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Révolutionner le transfert de données

A l’heure où les caméras numériques disponibles sur le marché sont à même de fournir des films en très haute définition, mais dont la taille dépasse souvent plusieurs gigaoctets, le transfert de ces données reste souvent problématique, si l’on considère le temps nécessaire au transfert ou la nécessité d’utiliser un câble que l’on n’a pas toujours avec soi. Les transferts sans fil via Bluetooth requièrent, eux, une patience à toute épreuve. Frank Deicke, chercheur à l’Institut Fraunhofer pour les Microsystèmes Photoniques (IPMS) à Dresde, las de cet état de fait, aurait peut-être trouvé une alternative intéressante.

Technologie  infrarouge
Bien que les connexions sans fil telles que Bluetooth ou Wi-Fi soient monnaie courante, elles ne permettent généralement pas de transférer des fichiers lourds, autrement qu’en un temps qui pourrait sembler rédhibitoire. L’équipe de chercheurs constituée par Frank Deicke a donc choisi d’aborder le problème de manière complétement différente. Spécialiste des technologies infrarouges, Deicke a présenté devant ses pairs, il y a quelques semaines, un module infrarouge dont le potentiel en a surpris plus d’un, qu’il a baptisé « multi-gigabit communication module ».

Parvenir à atteindre… le gigaoctet par seconde
Bien plus rapide que les transferts via Bluetooth, USB2 ou encore Wi-Fi, le « multi-gigabit communication module » de l’Institut Fraunhofer permettrait le transfert de données à la vitesse folle… d’un gigaoctet par seconde ! « Pour remettre les choses dans leur contexte, un caractère contenu dans un e-mail a une taille de huit bits. Le module infrarouge est capable de transférer 125 millions de caractères par seconde », explique Frank Deicke.

Il est généralement admis que les connexions entre appareils électroniques par le biais d’un câble sont plus rapides que les connexions sans fil. Pourtant, un transfert par le biais du module de Diecke s’effectue jusqu’à six fois plus rapidement qu’un transfert via un câble USB2. Plus éloquent encore, le Fraunhofer rapporte – toujours à titre de comparaison – que la solution infrarouge de l’IPMS permet un transfert de données 1430 fois plus rapide qu’avec une connexion Bluetooth standard.

Réduire au maximum le temps de traitement
Dans un transfert de données, la nécessité de coder puis de décoder l’information ralentit toujours l’opération. Le challenge était donc de construire un petit module infrarouge dont le hardware comme la base logicielle soient extrêmement rapides, afin de pouvoir coder puis décoder les données en signaux infrarouges. A travers une ingénieuse combinaison de différentes solutions techniques, les chercheurs sont finalement arrivés à leurs fins. L’utilisation d’un émetteur-récepteur optique, capable d’émettre et de recevoir les signaux lumineux simultanément en est une. Afin d’éviter la multiplication des erreurs, la proximité de l’émetteur et du receveur est primordiale.

L’équipe du Fraunhofer est consciente que l’avenir de cette trouvaille est désormais entre les mains des fabricants : accepter cette technologie comme technologie de référence. En attendant un signe des constructeurs, Deicke est d’ores et déjà parvenu à prouver qu’il pouvait encore améliorer la vitesse de transfert de son module, et la pousser jusqu’à… 3 gigaoctets par seconde.

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

Installation d’une pompe à vide dans une verrerie : une première française pour Busch

Présent dans 21 pays avec 82 usines, le Groupe O-I créé des conteneurs en verre recyclé pour des marques renommées. En France, son usine de Veauche (42) de 20,000m² emploie 300 personnes, et fonctionne en flux continu 24h/24, 7 jours/7. L’usine de Veauche comporte 2 fours de production et des annexes (ateliers de service et d’entretien général, atelier d’entretien pour la production). L’usine fabrique des bouteilles en verre particulières, des modèles à valeur ajoutée (modèles avec gravures, etc.) pour les marchés des spiritueux et vins de qualité. Plusieurs teintes de verre et des multitudes de modèles sont réalisés.

Avec 7 lignes de production sur lesquelles sont réalisés environ 600 changements de fabrication par an, c’est près de 600 tonnes de verre qui sont transformés chaque jour. Cela correspond à 900 000 bouteilles fabriquées quotidiennement.

Une solution unique dans le monde de la verrerie française

En 2010, O-I consulte Busch, car la solution en place devient obsolète. Les pompes à pistons, en place depuis près de 40 ans, entraînent des problématiques de remise en état et de révision. Cela génère des pertes de temps conséquentes en entretien et maintenance, et des coûts (vidange, remise en état des clapets, entretien). De plus, il n’est pas possible d’adapter la production au besoin, et la machine fonctionne avec un refroidissement à l’eau, source de forte consommation énergétique.

Busch propose alors une technologie sèche, avec une centrale de vide composée de 12 pompes Mink MM 1322, et d’un régulateur de vide. La prestation de Busch, réalisée pour les six premières pompes en septembre 2011, et pour les six suivantes en janvier 2012, a intégré la réalisation, le pilotage du projet global et la formation sur site.

Traditionnellement, ce sont des pompes à palettes lubrifiées qui sont utilisées, et c’est la première fois en France qu’une technologie sèche est installée dans une verrerie. Cette solution permet de gagner à la fois en énergie, niveau d’hygiène et confort de maintenance ; et les coûts d’investissements sont inférieurs d’environ 30%. Enfin, point très important pour O-I, le régulateur permet de contrôler la valeur du vide du process.

une consommation énergétique maîtrisée et une maintenance minimale pour une hygiène irréprochable

Le principe des rotors à lobes permet à la pompe Mink de compresser sans lubrification et sans contact, donc sans frottement et sans usure des pièces. Ainsi, il n’est pas nécessaire de les contrôler ou de les échanger. A présent, la maintenance est minimale et se limite à une intervention par an. O-I parle plutôt d’une surveillance que d’une maintenance. L’équipe d’entretien contrôle la centrale toutes les 8 heures, comme c’est le cas pour les autres postes de production.

Auparavant, les pompes étaient refroidies à l’eau, avec une tour aéro-réfrigérante, ce qui entraînait un fonctionnement de ventilation et de moteurs de pompes, une consommation d’huile importante de par leur vétusté. A présent, la pompe fonctionne avec un refroidissement à air qui permet la suppression de la tour aéro-réfrigérante et donc de s’affranchir des risques de légionnelle.

La technologie sèche de la pompe Mink, sans présence d’huile, limite au maximum les risques de développement bactérien, et la crainte d’un rejet d’huile viciée est évincée. Sa température élevée supérieure à 100°C détruit la plupart des microbes, garantissant une hygiène irréprochable.

Une centrale de vide qui régule la consommation sans intervention extérieure

La centrale de vide installée par Busch se compose de douze pompes, dont six fonctionnent en permanence et sont mises en fonction de manière manuelle. Les six autres pompes sont régulées grâce à un vacuostat.

Avec la solution Busch, O-I a pu instaurer une stabilité au niveau du process de la valeur de vide qui n’existait pas auparavant. Avec les anciennes machines à pistons, un arrêt en production avait un impact direct sur la valeur de vide. Aujourd’hui, le système de régulation de la centrale mesure la valeur de vide sur le réseau. L’armoire de pilotage reçoit la valeur désirée, et en fonction de la pression détectée, l’automate commande le démarrage ou l’arrêt d’une pompe supplémentaire.

La valeur de vide est à présent plus stable, les besoins en vide sont maîtrisés, et l’impact est réel sur la consommation énergétique et l’environnement. Monsieur Thierry Furnon, responsable maintenance des fluides, relève que le gain de temps est conséquent pour les intervenants du service maintenance.

Publié par Pierre Thouverez

En 30 ans, les villes accueilleront trois fois plus de gens

Des scientifiques se sont intéressés à la répartition des êtres humains dans les années à venir. Car si en 2011 nous sommes plus de 7 milliards sur Terre, nous devrions être près de 8.3 milliards en 2030.

D’après les Nations Unis, nous serons alors 5 milliards à habiter en ville, contre « seulement » 3.5 milliards aujourd’hui. Dans leur étude parue dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs ont modélisé et cartographié cette présence urbaine dans le monde entier.

Selon eux, l’espace urbain devrait ainsi tripler de surface pour atteindre les 1.2 millions de km² ! Cette expansion concernera pour moitié l’Asie, la Chine et l’Inde. Le développement des villes sera particulièrement rapide en Afrique avec une explosion de 590% entre 2000 et 2030 !

Cette urbanisation ne sera pas anodine pour l’environnement. L’étude prédit une aggravation de la déforestation avec comme conséquence directe une augmentation des émissions de CO2. L’étalement des bâtiments se fera au détriment des habitats naturels des animaux, impactant violemment la biodiversité.

Pour limiter les dégâts, les auteurs de l’étude préconisent donc de privilégier la densification des villes plutôt que leur étalement. Autrement dit, des villes plus compactes pour un plus grand respect de l’environnement. Les buildings vont-ils revenir à la mode ?

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

En savoir plus : http://www.pnas.org/content/early/2012/09/11/1211658109.full.pdf+html

Le gaz de schiste, le charbon et le climat

C’est une véritable révolution énergétique que le gaz de schiste a provoqué outre-Atlantique. A l’heure où la Chine, l’Afrique du sud, l’Argentine mais aussi la Pologne et le Royaume-Uni s’apprêtent à s’inscrire dans la dynamique américaine, où l’électricien japonais TEPCO envisage d’importer par méthanier du GNL américain suite à Fukushima, et où la France s’interroge, il est crucial de connaître le bilan climatique du gaz de schiste comparativement à celui du charbon.  Quel est l’avis des experts en la matière ?

Selon les climatologues, le méthane est un gaz à effet de serre plus puissant que le dioxyde de carbone. Mais, paramètre tout aussi important, sa durée de vie atmosphérique est bien inférieure. La demi-vie du méthane dans atmosphère est de 15 ans, contre 150 ans pour le dioxyde de carbone. Par conséquent, il existe différentes façons d’évaluer le potentiel de réchauffement global (PRG) du méthane.  La première approche, retenue par les experts du panel intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’ONU, utilise une base de 100 ans. Le PRG du méthane est alors de 25, comparativement à celui du CO2 pris comme référence (PRG de 1). Cette valeur, qui provient du 4ème rapport du GIEC, est pertinente quand on s’intéresse aux effets sur le climat à long-terme, à l’échelle du siècle. Quand on utilise un référentiel non pas de 100 ans mais de  seulement 20 ans, c’est-à-dire quand on adopte une approche court-termiste, le PRG du méthane est alors de 72.

S’il ne fait aucun doute que l’obtention d’un kWh d’électricité avec une centrale à gaz est environ deux fois moins émettrice en CO2 qu’avec une centrale à charbon, les taux de fuite de méthane lors de l’extraction du gaz et son transport vers le lieu de son utilisation font l’objet de discussions entre les experts. Tout le débat porte sur ce point précis.

ci-dessus : Les ratio inférieurs à 1 indiquent un bilan favorable au gaz de schiste comparativement au charbon. Les comparaisons sont effectuées par unité équivalente d’énergie primaire, et non par unité d’électricité obtenue en sortie de centrale électrique. La différence de rendement énergétique entre une centrale à gaz et une centrale à charbon n’est pas prise en compte ici. Différentes hypothèses de PRG et de taux de fuite du méthane sont indiquées. Source: Agence Internationale de l’Energie, 2012.

Même en retenant les pires hypothèses, le bilan climatique du gaz de schiste reste meilleur que celui du charbon

L’agence internationale de l’énergie, sur la base des études scientifiques menées en la matière, retient un taux de fuite de 2 à 3% (extraction + transport jusqu’au lieu de consommation).  Cependant Robert Howarth, chercheur en biologie évolutive de l’université Cornell aux USA estime qu’il est compris entre 3,6 % et 7,9 %. Cette estimation a  été notamment remise en cause par Lawrence Cathles, géochimiste de la même université, les hypothèses retenues étant considérées comme non valides.

Gabrielle Pétron, du CIRES (Cooperative Institute for Research in Environmental Sciences, Colorado), a de son côté réalisée une étude sur un site du Colorado. Elle estime que le taux de fuite (extraction) est dans ce cas entre 2 % et 8 %, avec 4 % comme estimation jouissant de la plus haute probabilité.

“Si nous voulons que le gaz naturel soit le plus propre des combustibles fossiles, les émissions de méthane doivent être réduites” souligne la chercheuse. Avec un PRG du méthane de 25 (raisonnement à long-terme), même en retenant la pire des valeurs de Robert Howarth, c’est-à-dire un taux de fuite de 7,9%, le bilan climatique est favorable au gaz de schiste comparativement au charbon. Et si l’on retient un PRG de 72 (raisonnement court-termiste), seul un taux de fuite supérieur à 4% conduit à un bilan pire que celui du charbon.

De plus il s’agit ici d’un bilan wheel-to-burner, du puits au brûleur (extraction + transport). Avec un bilan allant jusqu’à l’électricité obtenue en sortie de centrale électrique, c’est-à-dire si l’on intègre l’énorme différence de rendement énergétique entre une centrale à gaz et une centrale à charbon, alors même en retenant les hypothèses les plus défavorables au gaz naturel de schiste, c’est-à-dire un taux de fuite de 7,9% et un PRG de 72 pour le méthane, le bilan climatique par unité d’électricité obtenue reste bien meilleur pour le gaz de schiste que pour le charbon.

Selon un rapport publié le 23 août 2012 par le Département à l’Energie Américain (US DoE), « le parc actuel des centrales à gaz fonctionnant en base émet 514 grammes de CO2 par kWh sur l’ensemble du cycle de vie. Le remplacement du gaz naturel conventionnel par du gaz non conventionnel conduit à un niveau d’émission de 520 grammes de CO2 par kWh, c’est à dire une hausse de seulement 1%.» Le rapport de la Commission européenne rendu public en septembre 2012 parvient à des conclusions similaires : l’impact climatique du gaz de schiste par unité d’électricité en sortie de centrale (450 g/kWh) est très inférieur à celui du charbon (environ 760 g/kWh) et équivalent à celui du gaz naturel conventionnel non européen d’importation, provenant notamment de Russie. « Les émissions de l’électricité provenant du gaz de schiste sont significativement plus faibles (entre 41 et 49%) que l’électricité provenant du charbon. »

Les auteurs du rapport ajoutent que « l’étude relative à l’impact climatique montre que le gaz de schiste produit dans l’UE entraîne des émissions de gaz à effet de serre plus importantes que le gaz naturel classique produit dans l’UE, mais – si cette production est bien gérée – moins de gaz à effet de serre que le gaz importé de l’extérieur de l’UE, que ce soit par gazoduc ou par méthanier en raison de l’impact sur les émissions provenant du transport de gaz à longue distance.» Le gaz de schiste, consommé relativement près du lieu de production, conduit à réduire les pertes lors du transport.

Source : Commission Européenne

Aux Etats-Unis, le gaz de schiste fait fermer les centrales au charbon

Selon l’US Energy Information Administration (EIA), la production électrique aux USA est passée de 4065 TWh en 2006 à 4106 TWh en 2011. Sur cette période 2006-2011, la production des centrales à charbon a chuté de 256 TWh et celle des centrales au fioul de 36 TWh. Parallèlement, la production des centrales au gaz naturel a au contraire augmenté de 200 TWh, celle de l’éolien terrestre de 93 TWh, celle de l’hydroélectricité de 36 TWh et celle des déchets de 4 TWh. La variation globale de toutes les autres filières réunies  (solaire, géothermie, nucléaire et autres) est marginale (+ 1 TWh).  La progression du gaz naturel et de l’éolien terrestre a ainsi joué un rôle majeur dans le recul du charbon et du fioul.

Source : EIA

L’effet conjugué de la crise économique, de l’amélioration de l’efficacité énergétique du parc automobile et du boom du gaz de schiste  conduit à ce qu’aujourd’hui les émissions de CO2 par habitant aux USA n’ont jamais été aussi basses depuis 1998.

Vers un recul de la part du charbon à l’échelle mondiale ?

Dans une tribune publiée dans le New-York Times en août 2012, Alan Riley, expert en droit de l’énergie de la City University London, estime « qu’un large développement du gaz de schiste, avec une réglementation écologique appropriée, pourrait être la meilleure façon d’atteindre une réduction rapide des émissions de dioxyde de carbone ». C’est également l’avis de nombreux experts, y compris ceux de l’Agence Internationale de l’Energie.  Le gaz naturel est une ressource bon marché et facile à utiliser, y compris dans les pays peu avancés technologiquement, où le PIB par habitant est faible et où subventionner le solaire relève du luxe.

Selon une estimation de l’EIA, pour les centrales électriques entrant en service en 2017, le coût nivelé (LCOE) du kWh issu d’une centrale au gaz naturel à cycle combiné sera aux USA entre 6,3 et 6,6 cents, c’est-à-dire inférieur à celui de toutes les autres filières : hydroélectricité (8,8 cents), éolien terrestre (9,6 cents), géothermie (9,8 cents), charbon (entre 9,7 et 11,1 cents), nucléaire (11,1 cents), biomasse (11,5 cents), solaire photovoltaïque (15,2 cents), solaire thermodynamique (24,2 cents). Le gaz naturel a manifestement un bel avenir devant lui, à tel point que l’Agence Internationale de l’Energie parle de l’arrivée d’un « âge d’or du gaz naturel ». L’alliance du gaz naturel, de l’éolien terrestre et de l’hydroélectricité semble très prometteur à l’échelle mondiale.

Source : Connaissance des énergies / AIE Le charbon pèse aujourd’hui 28,1% de l’énergie primaire mondiale (2009), contre 20,5% pour le gaz et 32,5% pour le pétrole. Le gaz naturel a le potentiel pour faire reculer rapidement le charbon, contribuant de facto à réduire la facture climatique. Mais aussi de faire reculer le pétrole : 13 millions de véhicules roulent dés à présent au gaz naturel dans le monde, notamment en Argentine, au Brésil, en Inde, au Pakistan et en Iran, et leur bilan en matière de santé publique est bien meilleur que celui des véhicules diesel.

Par Olivier Danielo, journaliste scientifique En savoir plus:

  • Rapport du Département à l’Energie Américain, « Favorable Supplies, Costs, Environmental Profile for Natural Gas Revealed in New Department of Energy Study » (23 août 2012)

http://www.fossil.energy.gov/news/techlines/2012/12038-DOE_Releases_NaturalGas_Assessment.html

  • Etude de Robert Howarth, « Methane and the greenhouse-gas footprint of natural gas from shale formations »  (avril 2011)

http://www.sustainablefuture.cornell.edu/news/attachments/Howarth-EtAl-2011.pdf

  • Analyse de l’étude d’Howarth par d’autres experts. « Howarth: A Credibility Gap. Research on methane emissions from natural gas discredited by scientific community»

http://www.anga.us/critical-issues/howarth-a-credibility-gap

  • Statistiques américaines sur l’énergie. US Energy Information Administration

http://www.eia.gov/forecasts/aeo/electricity_generation.cfm

  • Shale Gas to the Climate Rescue, l’article d’Alan Riley dans le New York Times, 14 août 2012:

http://www.nytimes.com/2012/08/14/opinion/shale-gas-to-the-climate-rescue.html?_r=0

Lire aussi:

  • Gaz de schiste : 3 fois moins d’eau douce que le nucléaire

//www.techniques-ingenieur.fr/actualite/chimie-thematique_6343/gaz-de-schiste-3-fois-moins-d-eau-douce-que-le-nucleaire-article_75237/article_75237_1.html

L’UE reconnaît que Reach ne présente pas encore d’avantages évidents

Bjørn Hansen, chef d’unité à la Direction générale de l’Environnement de la Commission européenne, a expliqué, le 6 septembre, que la révision du Reach, prévue pour juin à l’origine, serait finalement présentée au mois d’octobre. « Cette révision a demandé beaucoup de travail et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous enregistrons un léger retard », a déclaré M. Hansen lors d’une conférence organisée par l’entreprise chimique BASF à Bruxelles.

Ce texte, presque terminé à présent, « aborde tous les aspects du règlement Reach » et est assortie d’études sur l’impact de la règlementation sur la compétitivité, l’innovation, l’environnement, la santé et la sécurité, a-t-il ajouté. Adopté en 2006, le règlement actuel requiert de l’industrie qu’elle enregistre les quelque 100 000 substances chimiques commercialisées et qu’elle les soumette à une évaluation avant de pouvoir être autorisées sur le marché.

Preuves anecdotiques

« Il est trop tôt pour affirmer que Reach atteint ses objectifs », a lancé M. Hansen pour résumer les différentes études menées sur l’impact du règlement.

Prochaines étapes

Oct. 2012 : la Commission européenne lancera la révision de REACH avec une série de rapports sur le fonctionnement du règlement jusqu’à présent. Elle pourrait décider de présenter une proposition de loi visant à modifier le REACH, à un stade ultérieur.
31 mai 2013 : date butoir pour le second enregistrement de substances produites ou importées dans des quantités allant de 1 à 1 000 tonnes par an par producteur.
Juin 2018 : fin de la troisième phase d’enregistrement des substances produites en petites quantités (1 à 100 tonnes).

Il a toutefois précisé que certains éléments montraient que l’industrie prenait à présent des décisions en matière de gestion des risques en s’appuyant sur les objectifs sanitaires et environnementaux. « Il existe, à tout le moins, des preuves anecdotiques que cela commence à fonctionner », a déclaré M. Hansen avec précaution. Il s’agit d’un « message plutôt positif » selon lui, dans la mesure où Reach n’est en vigueur que depuis cinq ans.

« Les produits chimiques dangereux sont progressivement supprimés, en même temps que les produits moins dangereux », a affirmé M. Hansen. D’après lui, « Reach a respecté ses promesses » à cet égard.

Ce fonctionnaire de la Commission a néanmoins reconnu qu’il n’était pas certain que ces progrès soient suffisants par rapport aux objectifs mondiaux définis lors du Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002.

Il a indiqué que l’exécutif européen préparait un rapport pour 2013, afin de déterminer si les objectifs de 2020 en matière de gestion durable des produits chimiques avaient été atteints à l’échelle mondiale.

Qualité médiocre des dossiers

Tous les participants à la conférence de BASF n’étaient pas convaincus du succès de Reach. Anne-Sofie Andersson, la directrice du Chemical Secretariat, une ONG environnementale, a affirmé que Reach avait souffert d’une faible mise en application et du manque de coopération de la part de l’industrie. L’inclusion des substances chimiques les plus dangereuses sur une liste prioritaire de produits à substituer a permis de remplacer certaines d’entre elles par des alternatives plus sûres, a-t-elle quand même reconnu. Elle a toutefois tenu à préciser que « la qualité médiocre des dossiers d’enregistrement [soumis par l’industrie] bloquait la procédure de substitution pour l’instant ». Elle a également appelé à plus de transparence.

Mme Tout-le-Monde

Julie Girling, une eurodéputée britannique conservatrice, s’est montrée plus catégorique et a insisté sur la nécessité de placer le consommateur au centre du débat, affirmant que la plupart des citoyens ne connaissaient pas l’existence du règlement Reach. « Je ne pense pas que Reach rassure réellement les citoyens européens », a déclaré Mme Girling.

Elle a ajouté que c’était un exercice « nombriliste » et « axé sur l’industrie » qui n’avait pas pris l’intérêt des consommateurs en compte. Mme Girling a expliqué que les consommateurs pourraient bien finir par payer la note de REACH, dans la mesure où les fabricants de produits chimiques transfèrent les coûts de leur mise en conformité au secteur manufacturier. « Je suis un peu comme Mme Tout-le-Monde ici […] et je ne pense pas que nous soyons en position de juger » si le règlement Reach a été un succès, a-t-elle déclaré. « Nous devrions pouvoir dire si ça fonctionne ou non, mais ce n’est pas le cas malheureusement (…). C’est un signe d’échec selon moi. »

BASF défend Reach

BASF, l’entreprise chimique qui a organisé la conférence à Bruxelles, s’est montrée plus optimiste. Elle a salué le travail colossal réalisé par l’industrie en matière d’enregistrement des substances chimiques produites ou importées en grands volumes (plus de 1 000 tonnes par an). Le Dr Martin Kayser, vice-président senior de la sécurité des produits chez BASF, a expliqué que son entreprise avait rempli 6 millions de champs de données pour les dossiers d’enregistrement.

Tout a été soumis à présent à l’Agence européenne des produits chimiques (AEPC) située à Helsinki. « Je pense que nous pouvons d’ores et déjà voir que Reach fonctionne », a déclaré M. Kayser, au sujet de cette première étape. « Mais il reste encore deux phases », a-t-il reconnu, laissant entendre que des problèmes pourraient survenir lorsque les petites entreprises commenceront à enregistrer leurs substances chimiques avec des volumes moindres.

Source : EurActiv.fr

Les formations Techniques de l’Ingénieur :

Déceptions de la société civile après la récente communication de la Commission européenne sur les nanomatériaux

Lors de l’annonce de cette communication, la Commission a insisté sur les bénéfices des nanotechnologies et affirmé que « les nanotechnologies sont actuellement porteuses d’avancées majeures et pourraient aussi permettre de réaliser des percées technologiques révolutionnaires et de relancer la croissance économique ».

A propos des risques qui y sont associés, la Commission prône une « approche au cas par cas » pour leur évaluation et considère que « les nanomatériaux sont semblables aux substances et produits chimiques normaux, en ceci que certains peuvent être toxiques et d’autres non ». Elle justifie ainsi sa conviction que le règlement REACH offre le meilleur cadre possible pour la gestion des risques liés aux nanomatériaux, tout en concédant que « des exigences plus spécifiques doivent être fixées pour les nanomatériaux ».

Elle envisage ainsi de modifier certaines des annexes du règlement et a encouragé l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) à élaborer de nouvelles orientations pour les enregistrements après 2013. En faisant le choix d’une adaptation de REACH aux nanomatériaux, procédure qui promet d’être longue et fastidieuse, la Commission écarte l’option privilégiée par la société civile d’une nouvelle réglementation spécifique aux nanomatériaux qui serait venue compléter REACH et en supprimer les vides juridiques existants. Ce « nanopatch » pour REACH aurait été plus flexible, avec des procédures de révision simplifiées afin de remédier au plus vite aux lacunes du texte.

En vue d’améliorer la disponibilité des données sur les nanomatériaux, la Commission créera une plate-forme web qui renverra vers toutes les sources d’information pertinentes, notamment les registres à l’échelon national ou sectoriel, lorsqu’ils existent. Nous en profitons pour vous inviter à consulter le « Repérage des recensements des produits de consommation contenant des nanomatériaux » que l’Avicenn a réalisé et mis en ligne sur le site http://veillenanos.fr en février dernier, et que nous mettons à jour régulièrement.

Déception de la société civile à l’exception de l’industrie

Cette communication va dans le sens des attentes du Conseil européen de l’industrie chimique (le CEFIC), satisfait de la prise de position de la Commission européenne.
A contrario, la société civile a exprimé sa déception et son désarroi :

  • du côté des associations de consommateurs, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) regrette qu’ « une nouvelle fois consommateurs et environnement aient perdu face aux objectifs d’innovation et de croissance économique » ; avec l’Association européenne pour la coordination de la représentation des consommateurs dans la normalisation (ANEC), ils réclament une plus grande transparence sur la présence de nanomatériaux dans les produits de consommation.
  • du côté des syndicats de travailleurs, la Confédération européenne des syndicats (CES ou ETUC) comme l’Institut syndical européen (ETUI) estiment que les efforts de la Commission sont insuffisants pour assurer une protection adéquate des travailleurs et la sécurité des nanomatériaux. La CES met également en doute les statistiques mentionnées par la Commission sur les emplois directs associés aux nanotechnologies estimés entre 300 000 et 400 000 postes dans l’Union européenne, un chiffre qu’elle soupçonne d’être artificiellement gonflé par ceux liés à la commercialisation des produits issus de ce secteur.
  • du côté des associations environnementales, le Center for International Environmental Law (CIEL) considère que ce document indique surtout que « la Commission est prête à ignorer les demandes des Etats membres, syndicats, ONGs, consommateurs et du Parlement européen, de même que les études juridiques démontrant les insuffisances de REACH et renonce, par là même à combler ces vides juridiques. En agissant ainsi, la Commission met en danger le développement même de cette technologie, en minant le peu de confiance des citoyens dans les nanotechnologies et dans les institutions censées veiller à leur bonne application ».

Au niveau des partis politiques, les Verts du Parlement européen regrettent eux aussi les contradictions et les lenteurs de la Commission : au final, « ce sont non seulement la santé publique et l’environnement qui en pâtissent, mais aussi la technologie elle-même ».

D’autres réactions sont attendues, et une réaction coordonnée serait en cours de préparation par un certain nombre d’Etats membres, une autre par des ONG.
A suivre donc…

Source : Veille Nano

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Nettoyage en profondeur au dioxyde de carbone

Le phénomène de miniaturisation progressive des composants électroniques a rendu plus difficile que jamais le nettoyage d’éléments toujours plus complexes, toujours plus fragiles et sensibles à la présence de la moindre des impuretés, provoquant entre autres défaillances et courts-circuits.

Nettoyer les composants électroniques d’un serveur informatique, d’un disque dur ou encore d’une lunette astronomique (dont l’optique est altérée par les impuretés) n’a jamais autant été un challenge pour les fabricants et concepteurs de technologie de nettoyage.

La solution pourrait provenir de l’un des instituts Fraunhofer (le « Fraunhofer Institute for Manufacturing Engineering and Automation IPA »), qui aurait développé un outil capable de nettoyer en profondeur, et de débarrasser complètement des particules indésirables les zones les plus inaccessibles du composant à nettoyer.

Pour ce faire, l’équipe de scientifiques à l’origine de la découverte a combiné deux technologies de nettoyage différentes en une seule et même étape : dégraisser à l’aide de CO2 en phase supercritique, et se débarrasser des particules en se servant de cristaux de neige carbonique.

« Le CO2 en phase supercritique absorbe les corps étrangers tels que huiles et graisses […], et ce sans endommager la surface nettoyée » explique Markus Rochowicz, ingénieur chez IPA ayant travaillé au développement de cet outil. Une fois le nettoyage terminé, le dioxyde de carbone repasse du stade solide au stade gazeux (les cristaux de neige carbonique s’évaporent, laissant le composant propre et sec), un plus pour les appareils ou le matériel sensibles à l’humidité.

La taille réduite du bec nettoyeur pourrait être un argument de poids supplémentaire et « intéresser grandement les fabricants de supraconducteurs, l’industrie pharmaceutique, le secteur aérospatial et le secteur de l’optique » ajoute Markus Rochowicz.

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

INP INNOV’ : Evénement scientifique à l’INP Toulouse

Cet événement sera pour les partenaires scientifiques, économiques et institutionnels de l’établissement de découvrir les plus récentes avancées technologiques dues aux laboratoires et aux chercheurs de l’INP Toulouse : brevets, innovations, thèses, publications scientifiques…

L’occasion aussi de récompenser certains parcours de recherche, plusieurs thèses de doctorat et brevets d’invention, et de mettre en lumière des partenariats industriels à l’impact majeur. Parmi les avancées scientifiques 2011‐2012, soulignons la participation de l’INP Toulouse au séquençage du génome de la tomate, ses innovations au service du vin, ou encore ses travaux de recherche en génie des procédés durables.

S’ils concourent à l’acquisition de connaissances nouvelles, et s’ils enrichissent bien sûr toutes les formations, les travaux de recherche ont évidemment une finalité économique. Aujourd’hui, en France, chacun appelle de ses voeux un sursaut industriel. Dans le seul but d’y participer davantage d’année en année, comment donc évaluer la contribution de certains travaux de Recherche à la création de valeur par les entreprises et au renouveau économique national ?

Quelques éléments de réponse pour l’INP Toulouse :

  • C’est en général après une période assez longue que la Recherche produit des résultats, et donc des connaissances (15 à 30 ans). L’amélioration des connaissances est obtenue par des laboratoires qui fonctionnent depuis de longues années. On ne saurait donc sérieusement évaluer la recherche sur des durées trop courtes.

  • S’agissant des transferts de technologie (rendre utilisables les résultats des recherches), l’INP Toulouse est un des acteurs clés de TOULOUSE TECH TRANSFERT, la Société d’Accélération de Transfert de Technologies (SATT) créée en février 2012, qui investit beaucoup de moyens pour réaliser des prototypes utilisables par les entreprises.

  • S’agissant d’aider à la création de start ups, l’accompagnement technologique de l’INP Toulouse est qualitatif. Cela veut dire accompagner un doctorant ou un chercheur à créer son entreprise. C’est aussi accompagner technologiquement un projet industriel (via des chercheurs, des moyens
    et des logiciels), au point que le porteur du projet s’implante en Midi Pyrénées.

  • Enfin, s’agissant de propriété intellectuelle et industrielle (stratégie de protection), l’impact de l’INP Toulouse est significatif. Citons la mise au point d’un arôme synthétique de truffe pour une PME de Cahors qui a conquis le marché américain ; un système d’agitation pour une société
    d’équipements agro‐alimentaires désormais leader sur son marché ; la stratégie de protection d’une société d’engrais chimiques devenue N°1 mondial de la fertilisation ; ou encore la mise au point et la protection de bio‐matériaux pour une entreprise de prothèses humaines métalliques.

Sans parler des très grands groupes industriels avec lesquels l’INP Toulouse mène des recherches.

Quelle création de valeur ?
La création de valeur générée par la Recherche peut être évaluée au regard des 3 critères projet, propriété industrielle et transformation.

Critère Projet ?

L’INP Toulouse a aujourd’hui 450 contrats de recherche partenariale en cours, et le rythme de nouveaux contrats est d’environ 120 par an. Ces contrats représentent entre 15 et 20 M€ de ressources externes chaque année pour l’INPT.

Critère Propriété Industrielle ?

L’INP Toulouse possède un portefeuille actif de 100 brevets, et dépose en moyenne 10 brevets par an depuis 2007. En 2012, 12 nouveaux brevets auront été déposés. Ce rythme devrait atteindre 20 brevets déposés par an à partir de 2015.

Enfin, le critère de transformation effective dans les entreprises partenaires ?

L’évaluation reste difficile à réaliser, vu les difficultés de traçabilité, et pour des raisons de confidentialité.

Publié par Pierre Thouverez

L’électronique éphémère, une solution durable ?

Que se cache-t-il vraiment derrière le concept « d’électronique éphémère », développé par une équipe de scientifiques de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign ? Présentée comme révolutionnaire et comme une solution éco-friendly à l’accumulation et à la pollution engendrée par les appareils électroniques ne fonctionnant plus ou tout simplement obsolètes, se pourrait-il que des universitaires américains aient trouvé une parade écologique simple et durable ?

Un peu plus qu’un simple concept

« L’électronique éphémère », développée par Suk-Won Hwang et son équipe du campus d’Urbana-Champaign, se trouve pourtant déjà à un stade un peu plus avancé que si ce n’était qu’un simple concept. L’équipe de scientifiques américains a en effet annoncé, dans un article publié dans la revue de référence Science, avoir mis au point le matériel nécessaire à la conception de circuits électroniques pouvant se dissoudre et disparaitre, circuits dont la durée de vie, limitée, pourra être programmée à l’avance. L’incidence sur la durée de vie du circuit électronique serait telle que ces derniers pourraient, d’après les chercheurs, avoir une longévité allant de seulement quelques jours – voire quelques minutes ! – jusqu’à plusieurs années. Définir la durée de vie d’un appareil en fonction de son utilisation, voilà un concept qui n’a rien de nouveau, mais qui prend ici une toute autre mesure.

Combinaison de soie, de silicium et de magnésium

Les circuits électroniques éphémères, à proprement parler, sont composés d’un mélange de soie provenant de la chenille du bombyx du murier (le fameux ver à soie), de silicium poreux ainsi que de magnésium sous forme d’électrodes. C’est la soie qui sert ici d’ossature à l’ensemble, structure sur laquelle viennent se placer des couches extrêmement fines de silicium poreux (fabriquées à partir de substrat monocristallin, par anodisation électrochimique) et le magnésium. C’est encore la soie qui sert à déterminer le taux de dissolution du circuit et des différents composants électroniques.

Vitesse de dissolution

Coauteur de l’article, Fiorenzo Omenetto, ingénieur en biomédecine à l’université Tufts près de Boston, dans le Massachusetts, est parvenu à comprendre comment ajuster au mieux les propriétés des protéines contenues dans la soie, afin que celle-ci se dégrade suivant une palette d’intervalles particulièrement large. La soie est d’abord dissoute, puis elle est ensuite recristallisée. En contrôlant le processus de recristallisation, Omenetto et les chercheurs peuvent alors avoir une incidence significative sur la future dissolution du circuit ou des composants électroniques, incidence suffisante pour contrôler la vitesse de dissolution et donc contrôler la durée de vie du circuit électronique.

Biocompatibilité des circuits ?

La composition des circuits ainsi élaborés permettrait donc à l’ensemble de se composter facilement, renvoyant à la préhistoire de l’électronique les déchets métalliques et autres déchets électroniques auxquels nous sommes tristement habitués. Un circuit électronique – ainsi qu’un boitier adapté – se dégraderait donc sans difficulté, jusque dans… le corps d’un être vivant. Les matériaux sont effet biocompatibles et, parce qu’ils sont très fins et solubles, peuvent se dissoudre dans une quantité d’eau particulièrement faible.

Composé uniquement de matériaux biodégradables à base de soie, de silicium poreux et de magnésium, boosté avec une substance antibactérienne, les chercheurs ont mis au point un dispositif thermique permettant de contrôler une infection chez un rongeur, dispositif comprenant l’un de ces fameux circuits électroniques innovants, ainsi qu’un boitier dégradable. Lors d’un test majeur de biocompatibilité de cette nouvelle plateforme, l’équipe de Hwang et d’Omenetto a implanté le fameux dispositif dans une souris, dispositif dont la décomposition était programmée par sa durée de vie définie, en étant tout simplement exposé aux fluides corporels du rongeur.

La plateforme a été implantée dans une zone infectée, et après trois semaines d’études et d’attente, les chercheurs ont non seulement constaté que l’infection avait presque disparu, mais également qu’on ne pouvait détecter l’implant que sous la forme de résidus, les pièces ayant rapidement été réduites à peau de chagrin.

De nombreuses applications

La découverte de la biocompatibilité des composants électroniques conçus sous le label « électronique éphémère » ouvre bien sûr tout un nouveau registre d’applications médicales : des implants éphémères pourraient permettre une diffusion médicamenteuse tout en assurant un suivi détaillé en parallèle, version évoluée des implants formés de polymères se dégradant selon la cinétique de diffusion nécessaire pour la délivrance de la dose du médicament prescrit.

Outre l’évident potentiel médical, ces nouvelles plateformes électroniques pourraient servir aussi bien à l’extérieur d’un immeuble que dans des cuves ou containers. Le groupe de chercheurs a par ailleurs déjà mis au point un transistor éphémère, des diodes, quelques capteurs thermiques et autres capteurs de tension, une photorésistance, quelques cellules photovoltaïques, ainsi qu’un récepteur radio, une antenne radio et… un appareil photo digital.

Gestion des déchets

Qu’un appareil électronique soit presque déjà obsolète au moment de l’achat n’y change rien : il est conçu pour durer. Une fois passés à la trappe, ils s’accumulent dans nos maisons, dans les centres de recyclage ou encore dans les décharges. L’électronique éphémère pourrait totalement chambouler notre conception de la gestion des déchets électroniques, et représenter une solution écologique innovante.

Ces recherches ont été rendues possible grâce à des financements de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires.

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

Everpurse, la pochette qui charge votre téléphone

Ne pas avoir à s’occuper de charger son téléphone (tout du moins ne pas avoir à y penser), pallier l’éventualité de ne plus avoir de batterie et s’assurer que l’on pourra rester connecté et joignable toute la journée, et en toute circonstance : d’aucuns pourraient qualifier ces petits tracas de « first world problems ». « Everpurse » est pourtant la solution.

Dans la lignée de la gamme de sacs créée par la marque américaine Fūl, allant du simple sac à dos au plus imposant sac de voyage permettant de charger la plupart de vos gadgets portables , Dan et Liz Salcedo, époux à la ville, ont développé « Everpurse », la petite pochette élégante qui recharge votre Smartphone. Il suffit de glisser le téléphone dans la pochette, qui trouvera facilement sa place dans n’importe quel sac, et le tour est joué.

L’accent est mis sur l’élégance de la pochette, car celle-ci est essentiellement destinée à un public féminin, femmes actives et « IT girl » en tête. Les hommes ne devraient pourtant pas se sentir en reste, d’après le couple à l’origine du projet, car la pochette peut être suffisamment neutre, et pourrait donc tout aussi bien finir dans le sac d’un homme que dans celui d’une femme. Près de 10 % des précommandes auraient d’ailleurs été effectuées par des hommes.

Transfert d’énergie sans fil par induction électromagnétique

Par contre, il n’y a pas de secret : pour que la batterie de votre téléphone puisse se recharger une fois dans la pochette, il faut bien évidemment s’occuper d’abord de charger… la pochette. « Everpurse » est équipée d’une batterie qu’il faut environ six heures pour charger complètement, à l’aide d’un bloc de chargement sur lequel on vient disposer la pochette. Une fois chargée, la batterie d’Everpurse peut en principe réanimer votre Smartphone jusqu’à deux fois, triplant donc ainsi son autonomie.

Lorsque la batterie de votre terminal est sur le point de rendre l’âme, il suffit de glisser celui-ci dans la pochette, et laisser la charge s’effectuer sans qu’il y ait besoin de s’en occuper. A l’intérieur de la pochette, pas de fil, la gravité s’occupe de brancher le téléphone sur le dock de chargement.

Le principe de l’induction électromagnétique n’a rien de bien nouveau et est connu depuis plus d’un siècle. Le principe de la recharge par induction, lorsqu’il concerne des appareils électroniques destinés au grand public, repose sur la circulation d’un courant entre deux bobines électriques électriquement isolées l’une de l’autre, la première se trouvant dans le bloc de chargement, et la seconde étant reliée à l’appareil que l’on désire recharger. Le transfert d’énergie se fait alors par couplage électromagnétique induit. Le système utilisé ici est le standard « Qi », développé par le consortium international « Wireless Power Consortium ».

Le couple Salcedo envisage à l’avenir la création d’une ligne de vêtements dont les poches joueraient le même rôle qu’Everpurse. A suivre…

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

La guerre des brevets continue entre les deux géants Apple et Samsung

Après avoir perdu une première grosse bataille dans son procès qui l’opposait à Apple, le géant sud-coréen sort la tête de l’eau avec la levée de l’interdiction de vente de sa tablette Galaxy Tab 10.1 aux Etats-Unis. Ragaillardi, Samsung vient même de déposer une plainte devant la justice américaine pour violation de brevets concernant la technologie 4G utilisée par l’iPhone 5.

Bien que l’on comprenne parfaitement que Samsung continue son affrontement contre la marque à la pomme, le sud-corréen se sent obligé de se justifier dans un communiqué : « Nous avons toujours préféré rivaliser avec nos produits innovants sur le marché, plutôt que devant les tribunaux. Toutefois, Apple continue à mener des actions juridiques agressives qui limitent la concurrence. Dans ces circonstances, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre les mesures nécessaires à la protection de nos innovations et de nos droits de propriété intellectuelle. ». C’est clair, Samsung est un adversaire sérieux.

Après s’être vu condamné à verser près d’un milliard de dollars à Apple, Samsung demande carrément l’annulation du procès. Son argument ? Le jury était partial. Et cela pourrait marcher car effectivement, le président du jury Velvin Hogan avait été ruiné suite à la perte d’un procès qui l’opposait à son employeur de l’époque, Seagate, dont Samsung est actionnaire…

Après « SmartphoneWars » et « Le Samsung contre-attaque », on attend le troisième volet de cette saga déjà culte, « Le retour du Galaxy »…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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La formation en santé et sécurité au travail

Les acteurs sont multiples dans l’entreprise et à sa périphérie : chefs d’entreprise, médecins du travail, « préventeurs », encadrement, opérateurs, représentants du personnel au CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), concepteurs des espaces et équipements de travail. Chacun a un rôle spécifique à jouer et doit être sensibilisé, motivé et mis en capacité – par sa formation initiale et la formation continue – de contribuer au processus de maîtrise du risque au niveau de responsabilité qui est le sien, compte tenu de l’autonomie et des moyens dont il dispose.

La formation, au-delà du développement des capacités qu’elle produit, est aussi un véritable moyen de communication directe et de promotion de la prévention dans les entreprises.

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Formation en maintenance

Depuis plus de vingt ans, les exigences du marché ainsi que les mutations des systèmes productifs ont conduit à des évolutions structurelles profondes de la maintenance industrielle. Ces évolutions se sont traduites également par la nécessité, pour les équipes de maintenance, d’acquérir et de développer un large éventail de compétences débordant largement les compétences techniques classiques qui étaient, jusqu’à une époque récente, l’apanage des techniciens de maintenance. Dans certains cas, la fonction maintenance a dû vivre une véritable « révolution culturelle » tant le « métier » de maintenance a évolué : dépanner et/ou réparer ne suffit plus ; il s’agit de plus en plus de garantir au meilleur coût la disponibilité requise pour les systèmes de production et même d’accroître leurs performances. Ces impératifs ont conduit la fonction maintenance à définir quatre axes stratégiques de développement :

  • structurer une fonction « méthodes maintenance » dans le cadre d’un processus qualité et dans le respect des normes de maintenance ;
  • intégrer la maintenance « de premier niveau » dans les tâches dédiées aux utilisateurs ;
  • optimiser la politique de maintenance par le développement raisonné de la maintenance préventive ;
  • externaliser tout ou partie de la maintenance.

Les compétences requises pour les mainteneurs se présentent ainsi selon un éventail très vaste :

  • capacité à choisir une politique de maintenance appropriée à la criticité des équipements concernés ;
  • prise en compte des aspects financiers (coûts…) dans le cadre d’une gestion optimisée des biens tout au long de leur cycle de vie ;
  • organisation et planification des interventions ;
  • compétences techniques allant des technologies traditionnelles (mécanique, électricité…) aux technologies de pointe présentes maintenant dans tous les moyens de production (automatismes, informatique industrielle…).

Contrairement aux utilisateurs qui sont de plus en plus éloignés des interventions directes sur les machines, leurs actions étant dans la presque totalité des cas relayées par les incontournables automates, les mainteneurs n’ont vu leur travail que peu impacté par le développement de l’automatisation. Maintenir un matériel nécessite toujours, et pour longtemps encore, d’intervenir directement sur la matière. C’est pour cela essentiellement que les formations à la maintenance doivent être solidement ancrées dans les technologies et les principes scientifiques sur lesquels elles reposent.

C’est pourquoi la formation des mainteneurs à tous les niveaux, que ce soit leur formation initiale ou la formation permanente tout au long de leur carrière, prend de plus en plus d’importance dans la maîtrise du processus maintenance. Jouant un rôle précurseur et sous la pression de quelques pionniers visionnaires, l’Éducation nationale a mis en place depuis bientôt vingt-cinq ans un ensemble de filières de formation couvrant les besoins de tous les niveaux hiérarchiques (la France est d’ailleurs le seul pays européen à avoir mis en place un système de formation complet et cohérent).

Parallèlement à cette structure nationale de formation initiale, un dispositif de formation permanente s’est développé progressivement en s’appuyant sur l’édition et la diffusion de l’ensemble des documents normatifs publiés par l’Afnor (Association française de normalisation) depuis 1978 et par le CEN (Comité européen de normalisation) depuis 1994. Actuellement, l’offre de formation, qu’elle soit initiale ou permanente, couvre l’ensemble des besoins et l’objet du présent article est d’en présenter la diversité et la richesse. Il reste cependant un paramètre important risquant d’avoir des répercussions sur la formation permanente en général : c’est l’application de la loi 2004-391 du 4 mai 2004 portant réforme du dispositif de formation professionnelle continue. Cette loi, dont il est trop tôt pour appréhender les conséquences, vient modifier de façon profonde le concept même de formation professionnelle tout au long de la vie, ne serait-ce que par la création du DIF (droit individuel à la formation) inscrit dans le Code du travail ou du parcours de professionnalisation. Certes, ce texte législatif fixe un cadre juridique général, mais, pour son application pratique, il laisse également une grande marge de manœuvre dans le cadre de négociations dans les entreprises, les branches professionnelles et les instances interprofessionnelles.

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Emplois des ingénieurs : ce qu’il faut savoir

Le salaire demeure attractif, pour certaines classes d’âge, il a même tendance à augmenter. Résultat, la part des ingénieurs craignant de perdre leur emploi est en baisse, ils ne sont plus que 6 % à se méfier de l’avenir. Quelques détails qu’il est bon de connaître si l’on souhaite devenir ingénieur.

  • Les ingénieurs français s’exportent toujours plus :

Fin 2011, on comptait 105 260 ingénieurs travaillant hors France, soit 15,2 % de la population totale des ingénieurs. Une proportion qui a augmenté de 16 % par rapport à 2010. Néanmoins, on constate que cette part des emplois à l’étranger décroît avec l’âge. Notamment chez les 40 ans et plus.

  • Le cas des ingénieurs non-salariés :

Concernant les ingénieurs non-salariés, leur effectif était estimé fin 2011 à 26 000, soit 3 % de la population totale des ingénieurs. Dans la plupart des cas, ce sont des travailleurs indépendants (à 36 %) ou des dirigeants d’entreprise (à 39 %). Le statut de non-salarié permet généralement de réaliser un projet personnel.

  • Salaires :

En 2011, les ingénieurs diplômés et salariés ayant le statut cadre, percevaient un salaire médian annuel de 54 000,00 €. Alors que le salaire moyen annuel était de 67 191,00 €. L’écart de salaire entre les 10 % d’ingénieurs les moins payés et les 10 % d’ingénieurs les mieux payés va de 1 à 3.

Le salaire varie et augmente proportionnellement avec l’âge puisqu’il est synonyme d’expérience. Ainsi, un débutant touche en moyenne 33 000,00 € l’année alors qu’une personne située dans la tranche d’âge des 35 à 39 ans peut gagner 57 000,00 €. Et en fin de carrière, c’est beaucoup plus. Entre 55 et 59 ans, le salaire moyen est de 90 739,00 €.

Avec l’âge, le salaire augmente, mais également l’écart des salaires hommes/femmes. Si le salaire d’un homme est systématiquement supérieur à celui d’une femme, l’écart a tendance à se creuser. Alors qu’il est de 6 % pour les débutants, il passe à 25 % (son point culminant) chez les 45 à 49 ans.

  • Les secteurs dans lesquels les ingénieurs sont employés :

En 2011, 47,8 % des ingénieurs étaient employés dans l’industrie, répartis dans des secteurs tels que l’aérospatial, l’armement, l’industrie chimique, la sidérurgie, l’assainissement de l’eau et j’en passe. En précisant toutefois, qu’une fois les activités des sociétés de services réaffectées aux secteurs pour lesquels elles exercent leurs missions, ce pourcentage monte à 56.

Comme il englobe les sociétés de services informatiques, les sociétés d’ingénierie, l’administration publique, les banques, le secteur de la santé, du transport ou encore de l’enseignement, 43,9 % des ingénieurs travaillent dans le tertiaire.
Il reste 6,1 % des ingénieurs dans la construction.

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

Source : Enquête IESF 2012

La formation par apprentissage

On constate d’ailleurs que le nombre d’écoles délivrant le diplôme d’ingénieur et proposant une formation alternance école / entreprise est en augmentation constante. Aujourd’hui, plus de 70 écoles sur 200 proposent ce dispositif.

Retour sur ce phénomène

C’est en 1987 qu’apparaît une nouvelle législation ouvrant l’apprentissage à l’enseignement supérieur par le biais d’un cursus en deux étapes. Trois ans plus tard, les écoles et fédérations professionnelles proposent un système d’alternance plus abouti. Dès lors, certaines écoles intègrent l’apprentissage à leur cursus général. En quinze ans, le nombre d’apprentis est multiplié par 6,6.
En 2002, un peu moins de 1 400 ingénieurs diplômés sont passés par l’apprentissage, soit 5 %. En 2007, ils représentaient 7,5 % des ingénieurs diplômés en formation initiale puis 10 % en 2010.

Les raisons de ce succès grandissant

  • L’aspect financier est à mettre en avant. Les frais d’inscription sont pris en charge par les entreprises et l’élève perçoit un salaire. L’apprenti possède le statut de salarié et de fait les droits de tous les salariés.
  • L’un des arguments principaux est qu’il s’agit avant toute chose de se préparer de la meilleure manière possible à la vie professionnelle. Et faire son apprentissage dans une « bonne entreprise », en étant bien encadré par son tuteur tout en menant des projets intéressants offre une belle préparation. L’assimilation de la théorie se fait mieux pendant les périodes d’entreprise.
  • Après avoir passé le concours de sélection, le programme suivi est identique aux formations classiques, mais vu deux fois plus rapidement. En rajoutant à cela, les projets a effectuer en dehors du temps scolaire, l’investissement personnel est beaucoup plus poussé. Ce qui a tendance a responsabiliser les étudiants et a forger leur sens du travail.
  • Au sein de projets, les tâches a effectuer sont souvent plus larges et les responsabilités plus grandes. Le champ de compétence est mis à l’épreuve et l’expérience qui en découle, est valorisante.
  • Ces dix dernières années, les ex-apprentis ont su tirer parti des liens tissés avec leurs entreprises d’apprentissage pour s’insérer plus facilement. Ils sont davantage recrutés en CDI que les étudiants au cursus traditionnel.
  • L’apprentissage serait bénéfique à l’insertion, mais aussi tout au long de leur carrière. La progression de carrière n’est en rien entravée et le parcours est similaire à l’ensemble des ingénieurs.

Il s’agit d’une expérience favorable puisqu’en plus de bénéficier d’une formation d’ingénieur, les étudiants acquièrent une expérience professionnelle significative.
De nos jours, l’image de l’apprentissage a bien changé et les entreprises privilégient de plus en plus ce type de profil à l’embauche, avouant même y avoir recours dans une optique de prérecrutement.

Source :

« Il faudrait savoir prendre en compte la parentalité dans la vie de l’entreprise »

Quelles sont vos missions au sein d’IESF ?

À IESF, je suis au conseil d’administration et j’ai la casquette diversité-mixité. J’assure des réflexions autour de la diversité dans les métiers d’ingénieurs et scientifiques.

Qu’est-ce que l’association Femmes Ingénieurs ?

Femmes Ingénieurs fait partie du réseau IESF qui est en réalité une association d’associations. Il regroupe les associations des anciens élèves d’écoles d’ingénieurs, des Femmes Ingénieurs et des diplômés d’université qui ont des métiers semblables au métier d’ingénieur dans les entreprises. Femmes Ingénieurs   répond à plusieurs objectifs dont celui de faire connaître le métier d’ingénieur au féminin afin d’attirer plus d’étudiantes vers les formations d’ingénieur. L’association encourage les femmes ingénieurs dans la gestion de leurs carrières et leur assure une meilleure représentation auprès des pouvoirs publics.

Quel est votre avis sur la situation des femmes ingénieurs en France à l’heure actuelle ?

De nos jours toutes les écoles et les cursus sont mixtes. Il faudrait arriver à garantir un cursus de carrière équivalent à celui de nos collègues masculins.
Il faudrait savoir prendre en compte la parentalité dans la vie de l’entreprise : que ce ne soit pas considéré comme un frein ou un manque de disponibilité, y compris pour les papas. On peut avoir des a priori en se disant qu’une femme enceinte ne va pas dédier tout son temps à son travail parce qu’elle risque d’avoir des responsabilités familiales. Il s’agit d’une discrimination. Si un homme émet le souhait de s’occuper de ses enfants, parce qu’ils sont malades ou autre, ce n’est pas forcément bien vu non plus. L’égalité des femmes passera aussi par la reconnaissance de la parentalité, y compris du côté des pères.
Ce message doit venir d’en haut et devrait être proclamé comme une valeur.

Pourquoi sont-elles moins nombreuses que les hommes ?

À mon avis, c’est une représentation mentale au moment des choix d’orientation : les maths et la physique, ce ne serait pas pour les filles !
Le métier d’ingénieur est mal connu. Les ingénieurs, et particulièrement les femmes ingénieures, doivent faire un effort pour communiquer l’intérêt et l’importance de leur métier.
Aujourd’hui, les jeunes filles ont peu de modèles féminins pour s’identifier.
La société, les médias doivent faire des efforts pour mettre en valeur des parcours, et en se montrant proactifs pour mettre en valeur des femmes.
Montrer que choisir une orientation scientifique n’implique pas un renoncement à la féminité. Comme toutes les femmes, une ingénieure sait rire, s’amuser, être jolie, être, le moment venu, une maman accomplie.
Faire des sciences devrait faire rêver. Le rôle des médias est essentiel et la qualité des médias de vulgarisation (journaux, radios, télévision, internet….) devrait aller dans ce sens. De plus, il faut encourager les jeunes filles à oser, à avoir de l’ambition.

Quelles solutions pour améliorer la situation des femmes au sein des entreprises ?

On peut élargir sur la place des femmes dans l’entreprise. Je pense que les réseaux de femmes, sont intéressants. Qu’il y ait des réseaux de femmes dans les entreprises permet d’échanger entre elles, de partager du vécu, d’être une force de proposition vis-à-vis de la hiérarchie ou des instances dirigeantes. Tout cela pour faire en sorte que les femmes soient prises en compte.

Qu’aimeriez-vous ajouter ?

Je conseillerais la lecture « les femmes ingénieurs – une révolution respectueuse » de Catherine Marry.

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

« Il est nécessaire d’être compétent, et de s’être préparé à s’adapter en permanence »

Commençons par une présentation de vous, votre parcours…

Ingénieur diplômé de Supélec, j’ai été d’abord spécialisé en électronique, puis en informatique, et j’ai également obtenu une maîtrise de physique à l’Université Pierre et Marie Curie. Bien plus tard j’ai été pendant un an auditeur au CHEAR (Centre des hautes études de l’armement), ce qui m’a familiarisé avec le monde de la Défense et son industrie. Par ailleurs, j’ai accompli la quasi-totalité de ma carrière dans le groupe IBM, où j’ai exercé à peu près tous les métiers : de la vente, de la technique, du produit, des services, de la planification, du terrain, du marketing. J’ai aussi dirigé à sa création une filiale conjointe d’IBM et de Dassault Electronique. Et j’ai achevé ma carrière en tant que directeur général des opérations d’IBM France. IBM m’a appris à écouter, la recherche de l’excellence et la primauté du client.

Depuis ma retraite il y a quelques années, j’ai repris d’autres activités dont plusieurs de nature associative, les plus importantes étant celles que j’exerce pour le compte des ingénieurs : j’ai conduit pendant trois ans l’Association des Supélec et je préside depuis deux ans maintenant IESF, le Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France, parfois connu sous son ancien acronyme de CNISF.

En 2011 pour les Techniques de l’ingénieur, vous répondiez à la question « C’est quoi un ingénieur ? » par : « l’ingénieur, c’est celui qui fait que ça marche ». Pouvez-vous nous réexpliquer (brièvement) ce qu’est un ingénieur ?

Le terme d’ingénieur recouvre deux notions différentes : être ingénieur, c’est d’une part un métier, et d’autre part une formation. En termes de métier, il y a un certain nombre de caractéristiques. La première est le bagage scientifique et technologique qu’il faut avoir acquis. L’ingénieur est confronté sur le terrain à des problèmes concrets qu’il doit résoudre. Et son apport, sa valeur ajoutée, c’est d’imaginer une solution à partir de son expérience et de ses connaissances, et surtout de la réaliser. Cela implique un jugement, des choix, une prise de risque responsable, la conduite d’équipes et de projets. C’est un métier merveilleusement complet, au plan humain comme au plan technique.

Le terme d’ingénieur correspond aussi à un type de formation, puisqu’il y a un grand nombre d’ingénieurs qui ont obtenu leur diplôme de grande école mais qui exercent des métiers complètement différents. Lorsqu’un ingénieur va faire du conseil ou de la finance, en quoi est-il ingénieur ? En réalité, il exerce son activité avec le profil et les réflexes que lui a donné sa formation d’ingénieur.

Si l’on peut hasarder une comparaison, je dirais qu’un ingénieur diplômé grande école, c’est un peu le pendant dans le monde technologique et scientifique d’un diplômé de Sciences-Po : de même qu’un élève sortant de cette formation aura appris à faire une présentation en trois points, à argumenter ses démonstrations avec une approche des problèmes bien particulière et caractéristique de son cursus, un ingénieur aura lui pendant ses années de prépa appris à apprendre, bénéficié d’un socle général scientifique et technique complet pendant ses premières années de grande école, acquis des réflexes de rigueur de pragmatisme ainsi qu’une proximité quasi consanguine avec l’entreprise. Au sortir de sa formation, l’ingénieur aura une approche bien caractéristique des problèmes à traiter.

 

Concernant l’emploi des ingénieurs, quels sont les points fondamentaux de cette rentrée 2012 ?

Dans le contexte de crise actuelle, les ingénieurs sont touchés comme tout le monde. Cela dit, ils sont probablement moins frappés que d’autres professions. Je veux dire par là qu’on continue à avoir une offre de postes assez large. Le nombre de postes supplémentaires proposés chaque année correspond à peu près au nombre de nouveaux ingénieurs diplômés qui arrivent sur le marché en France. Le taux de chômage actuel chez les ingénieurs se promènerait aux alentours de 4 %, pourcentage qui d’après les économistes serait un minimum pour garder une mobilité et une flexibilité de l’emploi.

Les poches de difficulté que l’on peut constater portent surtout sur une partie des débutants (temps d’accès au premier emploi, variable selon les cursus), et sur les plus anciens (plus de 55 ans) qui sembleraient plus durablement touchés, même s’ils sont bien souvent sortis des statistiques (retraite ou préretraite).

La communauté des ingénieurs a une bonne dynamique. C’est une profession qui est jeune, plus de 60 % ont moins de 40 ans et elle continue à se rajeunir, ce qui est une bonne nouvelle pour la France. C’est aussi un ascenseur social, dans la mesure où par exemple une proportion croissante arrive depuis quelques années au diplôme d’ingénieur par la filière de l’apprentissage avec 11% pour les moins de 30 ans, à comparer avec 5 % sur la population globale des ingénieurs.
 
Ce que les gens ne savent d’ailleurs pas, c’est que dans les écoles d’ingénieurs un étudiant sur deux n’est pas passé par les classes préparatoires mais vient de toutes sortes d’autres formations (universités, etc…) à travers des passerelles.

Une autre bonne nouvelle est que la proportion de femmes ingénieurs est en augmentation. Bien que la progression soit encore beaucoup trop lente à notre avis : si l’on a en moyenne un peu moins de 20 % de femmes dans les écoles et dans le métier, pour les ingénieurs de moins de 30 ans cette proportion passe à 26 %, augmentation encourageante.

Le Figaro titrait récemment « Les ingénieurs ne connaissent pas la crise » ?

Il faut savoir qu’en vingt ans on a doublé le nombre d’ingénieurs diplômés chaque année en France. C’est une profession qui reste en croissance car les besoins sont importants. Aujourd’hui, de l’ordre de 32 000 nouveaux diplômés sortent des écoles. Évidemment si l’on compare avec la Chine et l’Inde qui forment chaque année un million d’ingénieurs les ordres de grandeur sont bien différents, mais nos ingénieurs sont appréciés et recherchés dans le monde.

L’autre point que l’on peut mentionner aussi, c’est qu’on aurait la place en France pour absorber de l’ordre de 10 à 15 000 ingénieurs supplémentaires chaque année. D’une part dans les PME/PMI qui sont encore très peu équipées en ingénieurs, et d’autre part dans les nouveaux domaines qui peuvent apparaître si l’on développe dans notre pays une véritable stratégie industrielle privilégiant quelques grands axes, et se traduisant par un investissement lourd en infrastructures, en formation et en programmes d’innovation.

Que donneriez-vous comme conseil à un ingénieur débutant sa carrière, « vos conseils en stratégie de carrière » ?

Il y a 25 ans on disait aux jeunes « si vous voulez y arriver, il faut accumuler les diplômes ». Aujourd’hui, c’est complètement dépassé. C’est bien d’avoir des diplômes, mais ce que les entreprises regardent surtout, ce sont les expériences. On cherche des gens qui ont des parcours diversifiés, comme par exemple une double formation dans le domaine ingénieur ou scientifique, en gestion, en médecine…

L’expérience internationale est aussi un type d’expérience variée. Beaucoup d’écoles d’ingénieurs ont intégré dans leur cursus une dimension internationale, et un stage de six mois voire plus à l’étranger est une pratique courante. Dans certaines écoles, c’est même en train de devenir une obligation.

Au niveau national, je recommanderais fortement le passage par une PME. C’est un choix qui n’est pas souvent fait par les ingénieurs, attirés par les grandes entreprises car ils pensent que ça facilitera l’accélération de leur carrière. Mais débuter dans une PME, c’est probablement la meilleure formation qu’on puisse avoir. On est forcé de se débrouiller, on n’a pas de services généraux ou fonctionnels derrière soi pour sous-traiter telle ou telle partie des problèmes. On a plus de responsabilités, on voit infiniment plus de choses que dans un grand groupe où les domaines de chacun sont souvent beaucoup plus spécialisés. Un démarrage de carrière dans une PME pendant au moins deux/trois ans est un investissement profitable par l’expérience que l’on peut y acquérir et réutiliser tout au long de la vie.

Au-delà de l’expérience professionnelle acquise, la légitimité d’un ingénieur, quelle que soit son orientation, reste néanmoins d’avoir un domaine de spécialité bien creusé, auquel il soit accroché, pour pouvoir être crédible. En résumé, il est nécessaire d’être compétent, d’avoir varié les expériences, et de s’être préparé à s’adapter en permanence.

Souhaitez-vous mettre des points en relief ?

Par rapport à leur importance réelle en France, je trouve qu’on entend trop peu parler des ingénieurs, qu’on les voit trop peu. Le message que je voudrais leur délivrer, c’est qu’il est important qu’ils aient un engagement beaucoup plus grand dans la vie publique, et qu’il faudrait une présence d’ingénieurs au gouvernement comme dans les instances parlementaires : entre l’Assemblée Nationale et le Sénat, il doit y avoir aujourd’hui une douzaine d’ingénieurs élus alors que nous représentons près de 4 % de la population active de ce pays. C’est dans l’air du temps : les ingénieurs vont s’engager beaucoup plus dans la vie publique, dans la vie de la Cité.

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

Le photovoltaïque chinois soumis à une enquête européenne

Alors que la filière française du photovoltaïque est très affaiblie, l’Europe décide enfin de contre-attaquer : le 6 septembre, la commission européenne a lancé une enquête anti-dumping contre les fabricants de panneaux solaires chinois. Il était  temps ! Ce n’est pas un secret, la filière chinoise est très largement subventionnée par l’état, beaucoup trop. Grâce à ces aides, les producteurs chinois ont cassé les prix, produisant des panneaux solaires low-cost en très grande quantité.

Cet afflux de produits en total décalage avec la réalité de la demande a fait chuter les prix et propulser la Chine premier fabricant de panneaux solaires dans le monde, alors que la France mais aussi l’Allemagne, a vu ses entreprises mettre la clé sous la porte, incapables de s‘aligner sur des tarifs ultra-compétitifs.

Mais cela pourrait bien s’arrêter car les prix proposés par les chinois ne sont possibles que grâce aux subventions perçues. En effet, l’Europe s’engage dans une bataille déjà lancée par les Etats-Unis après que le ministère de l’énergie a jugé les subventions chinoises illégales. Les Américains ont réagi en jouant sur les droits de douane allant de 31% à 250% sur les panneaux solaires chinois. L’Europe aura-t-elle le courage de se protéger aussi efficacement ?

Il le faudrait, d’autant plus que 60% du marché chinois est…européen ! Un comble. Pour l’instant, la commission européenne se donne quinze mois pour déterminer si oui ou non les panneaux solaires chinois sont vendus à perte, mais pourrait augmenter les droits de douane d’ici à neuf mois.

Pour enfoncer le clou, l’association EU ProSun, déjà à l’origine de cette enquête de la commission européenne, vient de déposer une nouvelle plainte toujours auprès de la commission européenne pour dénoncer plus particulièrement les subventions publiques dont bénéficient les fabricants chinois.

D’après cette association regroupant des industriels européens du secteur photovoltaïque, la Chine subventionnerait ses fabricants par le biais de crédits à taux préférentiels dont les intérêts seraient en fait pris en charge par l’Etat. La commission européenne dira dans un mois et demi si oui ou non elle lance une deuxième enquête.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

News Environnement : septembre 2012

Réparation d’une seule molécule d’ADN observée en temps réel

L’ADN étant sans cesse endommagé, les cellules mettent en oeuvre des mécanismes de réparation dont l’efficacité est redoutable. Une équipe de l’Institut Jacques Monod (CNRS/Université Paris Diderot), en collaboration avec des chercheurs des universités de Bristol, en Angleterre, et Rockefeller, aux Etats-Unis, vient de parvenir à suivre en direct, ceci pour la première fois,les étapes initiales de l’un de ces systèmes de réparation de l’ADN, le système TCR, sur un modèle bactérien.

Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé une technique inédite de nanomanipulation de molécule individuelle grâce à laquelle ils ont pu détecter et suivre en temps réel les interactions entre les molécules en jeu sur une seule molécule d’ADN endommagée. Ils ont pu ainsi comprendre comment plusieurs acteurs interagissent pour réparer l’ADN avec une grande fiabilité. Ces travaux, publiés dans Nature, le 9 septembre dernier, visent à mieux comprendre l’apparition de cancers et comment ils peuvent devenir résistants aux chimiothérapies.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70922.htm

Partenariat entre Airbus et la Chine autour des carburants alternatifs

Approfondir la durabilité des matières premières chinoises et évaluer la meilleure manière de soutenir le développement d’une chaîne de valeur afin d’accélérer la commercialisation de biocarburants destinés aux avions. Tel est le but du partenariat qui vient d’être conclu entre Airbus et l’Université de Tsinghua, en Chine, qui est l’une des institution d’enseignement leader dans le monde. Première étape de ce partenariat, évaluer les matières premières adéquates qui répondent aux critères écologiques, économiques et de durabilité sociale. Une seconde étape consistera à se concentrer sur les solutions de carburants alternatifs les plus prometteuses.

Une fois les premiers résultats obtenus, actuellement en cours d’analyse, il s’agira de sélectionner un certain nombre de matières premières, dont l’huile de cuisine usagée, ainsi que les algues. Cette étude de durabilité, placée sous la responsabilité de l’avionneur européen, devrait être achevée d’ici le début de l’année prochaine. Restera ensuite aux partenaires à industrialiser le procédé de production de carburants alternatifs afin d’obtenir des quantités durables de carburant pour avion à usage commercial. Précisons que ce partenariat s’inscrit dans l’objectif d’Airbus de mettre en place une chaîne de valeur sur chaque continent courant 2012. A ce jour, des chaînes de valeur de ce type existent déjà en Amérique latine, en Australie, en Europe, au Moyen Orient, et désormais en Asie avec ce partenariat avec l’Université de Tsinghua.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70920.htm

Tumeurs digestives : nouvelle technique de résection par jet à haute pression pulsé

Pour traiter les formes précoces de cancer de l’oesophage, de l’estomac et du colo-rectum, c’est la Dissection Sous Muqueuse endoscopique (DSM) qui est utilisée aujourd’hui. Celle-ci consiste à enlever en une seule pièce la tumeur, incluant latéralement une marge de tissus sain. Un acte chirurgical long qui expose cependant le patient à des risques de perforation par lésion de la couche profonde musculaire pouvant atteindre 10%. D’où alors des conséquences post-opératoires imposant souvent une chirurgie en urgence. Développée par la société NETSIS, la technologie innovante de jet d’eau pulsé à haute pression, elle, permet de bien séparer la muqueuse de la couche musculaire. Elle facilite en effet la dissection par le bistouri électrique en isolant les attaches fibreuses à sectionner et en évitant les lésions de la couche musculaire.

Sélectionné par le Cancéropôle CLARA, dans le cadre de son appel à projets « Preuve du Concept », le projet Enki-HEH porte sur l’évaluation de cette nouvelle technique endoscopique de résection. Coordonnés par le professeur Thierry Ponchon, les essais pré-cliniques conduits chez le cochon ont d’ores et déjà permis de valider cette technique et de confirmer les bénéfices de la dissection par jet d’eau pulsé. En juin dernier a démarré un essai clinique sur 18 patients qui se poursuivra jusqu’en octobre prochain. Des essais multicentriques de grande envergure, à Marseille et Paris, sont d’ores et déjà envisagés à l’issue des résultats de ces premières évaluations cliniques. A terme, cette nouvelle technologie de résection des tumeurs superficielles du tube digestif pourraient être utilisée et diffusée en Europe au sein de centres de références.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70918.htm