Montage inédit de tuiles photovoltaïques

L’ensemble des toits des entrepôts de Saint Charles International, jusqu’alors en fibrociment, seront recouverts par plus de 95.000 tuiles solaires innovantes. Au total, une surface de 70.000 m², soit l’équivalent de 10 terrains de football devra être équipée de cellules photovoltaïques. Le chantier durera 30 mois, jusqu’à fin 2011. Pourtant, dès le début de cette année, la centrale photovoltaïque de Perpignan commencera à fonctionner.La production d’électricité sera progressive et permettra à terme d’éviter l’émission de 1560 tonnes de CO2 par an. L’objectif de cette méga-centrale (55 millions d’Euros) de Solaire France est une production d’énergie supérieure à 9 MW qui permettra de couvrir environ 10 % de la consommation de la ville de Perpignan et de son agglomération, ce qui représente les besoins d’environ 12.000 habitants.L’originalité de ce chantier réside en un montage des tuiles photovoltaïques inédit. Habituellement, les cellules solaires sont montées côte à côte sur les toits mais, dans ce cas particulier, les tuiles solaires se chevauchent comme des tuiles classiques, ce qui permet une longévité accrue et plus d’esthétisme. Le plus difficile est de rendre la toiture ainsi conçue parfaitement étanche afin de protéger tous les éléments techniques et d’assurer la fiabilité de l’installation. En effet, cette méthode de construction nécessite jusqu’à trois couches de tuiles photovoltaïques qui doivent être parfaitement assemblées de manière à garantir l’imperméabilité de la structure

Assurer l’étanchéité de l’ensemble
Les profilés d’étanchéité standards ne pouvant pas satisfaire à ces exigences spécifiques, Maagtechnic a donc été chargée par la société Solaire France d’élaborer un nouveau concept. Un seul profilé d’étanchéité ne permettant pas d’assurer une parfaite étanchéité de la toiture, une solution en deux parties a donc été envisagée. Maagtechnic a développé un profilé d’étanchéité possédant une bande autocollante unilatérale qui, une fois collé le long des arêtes des tuiles, assure l’étanchéité latérale et résiste au vieillissement ainsi qu’aux intempéries. Cependant, l’opération la plus délicate était d’assurer l’étanchéité des jonctions entre les diverses tuiles superposées. Différentes idées et ont été examinées et les meilleurs résultats ont été obtenus avec un joint moulé dont la forme ressemble à une ancre. Cette forme originale garantit une parfaite étanchéité et permet en plus un montage rapide et un positionnement précis des tuiles photovoltaïques. Les joints moulés fabriqués à partir d’un mélange d’EPDM (éthylène-propylène-diène monomère) souple (env. 30 shore A) ont été testés sur un toit d’essai normalisé, prévu à cet effet. Les conditions-test prévoyaient une inclinaison de toit de 3° et une dépression de 850 Pa. Plusieurs essais et des adaptations mineures ont abouti à l’optimisation des profilés et des joints moulés. La fabrication en série a pu démarrer au terme d’une brève période de développement.

Marc CHABREUIL

Complément ou alternative à la RFID : le bouton à mémoire CMB

Depuis déjà plusieurs années, des sociétés situées dans des secteurs très divers, et notamment les forces armées américaines, utilisent le bouton à mémoire CMB (Contact Memory Button). Ce dernier, conforme à la norme US DoD Mil-STDS-810F, présente de nombreux avantages. Il est insensible aux impulsions, aux interférences électromagnétiques et aux radiations. Par ailleurs, il résiste à la traction, à la tension, au cisaillement, à l’humidité, aux ambiances salines, à la graisse, aux poussières, aux acides, aux solvants, aux basses et hautes températures, aux vibrations, aux chocs… Enfin, il fonctionne quels que soient les environnements extérieurs ou intérieurs. De plus, d’une durée de vie d’un siècle, il conserve les informations pendant 35 ans sans aucune utilisation et accepte plus de 1 million de cycles en lecture/écriture.

Vers une diversifications des applications
Autant d’atouts qui ont incité les sociétés MacSema et Titanox Industrie, dans le cadre de leur nouvelle division « Identification et Traçabilité », à diversifier les applications du CMB vers les secteurs industriels où il peut apporter de nombreux avantages en matière de traçabilité, de gestion des configurations (calibrage, identification…) et de suivi de la maintenance. D’un diamètre de 7,56 à 28,6 mm pour un poids de 0,17 à 5 grammes, le CMB qui est un élément électronique passif, doté d’une mémoire propre non volatile EEPROM, permet à chaque opérateur de lire, d’écrire, de modifier et de stocker des informations sur site grâce à sa mémoire comprise entre 256 bytes à 2 gigabytes selon le modèle (Micro, Mini et Mega). Un simple contact sur le bouton mémoire via le cordon de liaison équipé d’un port USB ou d’un port série RS232 suffit pour transférer les données vers un PC, un assistant électronique personnel (PDA) ou un lecteur de codes à barres.Après s’être identifié (jusqu’à 3 niveaux d’accès, pour un niveau de sécurité très élevé des données), l’opérateur obtient en quelques secondes, toutes les informations contenues dans le bouton à mémoire. Il peut ensuite les compléter ou les modifier et les sauvegarder (manuels, schémas, graphiques, photographies…) quel que soit le format utilisé : XML, PowerPoint, Word, Exel…).Préconisé par Airbus, dans le cadre de son programme A350, pour le suivi des équipements en zone non-pressurisée et en back-up des tags RFID en zone pressurisée (contrainte de taille ou d’environnement), le CMB peut être collé sur les pales hélicoptères, les fûts de déchets chimiques ou nucléaires qui sont ainsi clairement identifiés et datés (après leur enfouissement, les informations demeurent lisibles pendant un siècle), les rotors, les pompes hydrauliques, les boîtes de vitesse, les équipements électroniques… et partout où la surveillance qualitative et sécurisée d’un équipement mobile ou non se révèle indispensable. Enfin, lors des opérations de maintenance, la lecture des CMB permet de gérer la configuration, de contrôler si les pièces sont d’origine, si la maintenance a bien été réalisée et à quelle date, les réparations éventuelles…Par Marc Chabreuil

Un nouveau système pour convertir les cartes 2D en 3D

Résultant, en partie, de la collaboration de Navteq et de Microsoft visant à accélérer la collecte, la création et le stockage de données cartographiques et de visuels en 3D, le nouveau système de collecte de données cartographiques Navteq True permet de superposer des images et des données en 3D pour créer une représentation numérique plus détaillée. Cette plate-forme qui permet de convertir les cartes numériques 2D en 3D, repose la combinaison de technologies de collecte inégalées en termes de portée et de qualité :

  • un lidar rotatif : la gamme lidar de Navteq repose sur un système rotatif propriétaire saisissant plus de 1,5 million de points de données 3D/sec. Il s’agit d’une réelle avancée par rapport aux autres systèmes lidar qui sont limités à 14.000 points de données/sec. Les lasers rotatifs ont une portée supérieure d’environ 120 m et une vitesse de collecte plus élevée, ce qui permet à Navteq de collecter les informations des panneaux autoroutiers tout en respectant les limitations de vitesse signalées, et de lire avec précision les informations des bornes kilométriques de petite taille. Alors que les autres systèmes lidar utilisent des lecteurs optiques dotée d’une seule ligne de balayage qui offrent un angle de collecte de 90°, les 64 lasers rotatifs de Navteq collectent des images LIDAR à 360°. Parmi les autres fonctionnalités de ce système figurent la génération automatique d’attributs, tels que la hauteur d’un pont ou la largeur d’une voie, au centimètre près, et la possibilité d’identifier l’envers des objets pour obtenir des dimensions plus précises en mode 3D par rapport à celles obtenues à l’aide de sources telles que les vues aériennes ;
  • un système combiné d’appareils photographiques panoramiques et haute résolution : Navteq True se distingue par son utilisation d’appareils photo à angles multiples et panoramiques. Cette association améliore non seulement la collecte, mais également l’efficacité du traitement et de la commercialisation des données. Les appareils photo panoramiques permettent d’obtenir une image émersive d’un site pour élaborer des plans de rue. L’association simultanée d’appareils photo à angles multiples améliore le degré de précision, notamment lors de la collecte en route du contenu d’un menu affiché à l’extérieur d’un restaurant ;
  • la localisation GPS et IMU (Inertial Measurement Unit, unité inertielle) : Navteq True utilise ces deux outils clés pour affiner en permanence la géolocalisation du véhicule. L’ajout d’unités inertielles (IMU) conditionne la collecte optimale d’attributs complexes, tels qu’une courbe et une pente, qui exigent un niveau de géolocalisation extrêmement précis.
Le système Navteq True a été conçu pour intégrer tous ces composants au sein d’une seule unité, ce qui améliore la synchronisation des ensembles de données collectées tout en simplifiant leur déploiement à grande échelle et leur utilisation par les géographes de Navteq.

Des paysages urbains toujours plus réalistes
« Les conclusions des études effectuée auprès des utilisateurs indiquent que ces derniers appréhendent très différemment les repères visuels selon qu’ils marchent ou conduisent. Ceci a beaucoup contribué au design du produit Enhanced 3D City Models » déclare Frank Pauli, Vice-président du département Contenus et produits cartographiques pour la zone EMEA chez Navteq, leader mondial des cartes numériques, des informations routières et des données de géolocalisation pour les solutions de navigation embarquées. « Notre objectif est de comprendre comment les utilisateurs traitent les informations visuelles afin de développer une navigation plus intuitive, tant pour les conducteurs que pour les piétons. »Enhanced 3D City Models en Europe ajoute des textures et des couleurs, offrant ainsi un rendu plus authentique des paysages urbains et permettant aux utilisateurs des systèmes de navigation de s’orienter plus facilement dans les environnements inconnus. Avec Enhanced 3D City Models, les applications peuvent intégrer intelligemment le niveau de détail approprié pour répondre à des besoins spécifiques d’orientation et de guidage.Conçu à partir des attributs clés de la cartographie de haute de précision de Navteq, ce produit autorise la création en temps réel d’animations 3D utilisables pour la navigation. Par exemple, les immeubles en arrière-plan peuvent rester transparents, tandis que seuls les éléments importants pour la prochaine manœuvre s’affichent dans un rendu texturé. Les développeurs système disposent d’une large palette d’options de personnalisation pour adapter des fonctionnalités comme les textures visuelles, l’angle de la caméra, et amener ainsi une différenciation au sein des produits et entre les marques.De plus, l’approche de Navteq permet, très facilement, d’intégrer les autres contenus visuels et cartographiques de l’entreprise dans Enhanced 3D City Models afin de rendre la navigation encore plus performante.Ces nouveaux contenus permettent aux applications d’intégrer intelligemment le niveau de détail approprié pour répondre à des besoins spécifiques d’orientation et de guidage, et de signaler, par exemple, les ponts, les tunnels et les marquages au sol ou les trottoirs et les passages piétons. En accédant uniquement aux informations visuelles les plus pertinentes, à un niveau de rendu adéquat des textures et ce au moment le plus approprié, les utilisateurs ne sont pas distraits par une surcharge d’informations.Marc CHABREUIL

« Dans la recherche, les nanotechnologies se diffusent dans tous les segments »

;Techniques de l’ingénieur : Qu’est-ce que le programme de l’ANR sur les nanotechnologies et nanosystèmes ? Depuis quand existe-t-il et comment s’intègre-t-il dans le paysage de la recherche sur les nanotechnologies en France ?

Didier Théron :  » L’histoire du programme est le fruit d’une succession d’étapes qui commencent en 1998, aux Etats-Unis, quand démarrent les premières initiatives pour soutenir les recherches sur les nanotechnologies. Un an plus tard, en France, apparaît le premier programme de recherche dans ce domaine, le RMNT pour Réseau Micro et Nano Technologies, suivi trois ans après, par l’ACI pour Action Concertée Incitative. Ces deux programmes coexisteront jusqu’en 2005, date à laquelle ils fusionnent pour former le R3N pour Réseau National de Recherche en Nanosciences et Nanotechnologies, puis PNANO lors de la création de l’ANR.

Parallèlement, en 2003, le ministère de la Recherche avait mis en place une infrastructure pour les nanotechnologies, c’est-à-dire des salles blanches et des équipements, afin de coordonner ces moyens au niveau national et permettre à toute la communauté scientifique française d’en bénéficier. Un an plus tard, cinq centres de compétences, appelés C’Nano, voient le jour (lire l’article « C’Nano, un réseau pour le développement des nanosciences« ). Ils couvrent le territoire national et leur objectif est de fédérer la recherche fondamentale en nanosciences. A peu près dans le même temps, des pôles de compétitivité fortement impliqués dans les nanotechnologies apparaissent. Parmi ceux-ci figure le Minalogic, mais aussi le pôle Solutions Communicantes Sécurisées.

Aujourd’hui, PNANO existe toujours, mais sous une autre appellation. De P3N en 2009, il est devenu P2N en 2010.

Pourquoi ce passage de 3 à 2 N ?

Cette évolution découle de la réorganisation du budget de l’ANR. Les programmes non thématiques, qui représentaient l’année dernière, 33 % du budget global des appels à projets de l’agence, pèsent désormais 50 % de l’ensemble. De fait, les recherches les plus fondamentales sur les nanotechnologies ont intégré les programmes non thématiques. Ce qui explique le passage de 3 à 2 N. Dans le même temps, nous avons réorienté P3N pour soutenir les projets de recherche plus appliquée, réalisés en collaboration avec des industriels. Ce n’est pas un impératif, mais c’est une recommandation.

A qui s’adresse P2N 2010 et, en moyenne, combien de temps dure un projet que vous financez ?

P2N s’adresse à tous les organismes qui font de la recherche sur les nanotechnologies. C’est-à-dire aussi bien des laboratoires de recherche publics, que privés. En moyenne, les projets que nous finançons courent sur trois ans.

Quel est le profil des entreprises dont vous financez les projets et avez-vous une politique volontariste dans ce domaine ?

Nous rencontrons essentiellement deux types d’entreprises. Des grands groupes et des entreprises plus petites qui peuvent être des start-ups. Pour être plus précis, en 2009, sur un total de 45 projets, ceux que nous avons retenus impliquent 13 grands groupes, 8 PME et 3 start-ups.

Nos seuls critères d’évaluation sont ceux de l’excellence scientifique et le fait que les projets s’inscrivent dans les orientations scientifiques que nous avons fixées, au préalable, avec les membres de notre comité scientifique sectoriel qui inclut des représentants des grandes et moyennes entreprises, des grands centres de recherche académiques et de la société civile.

Vous n’avez aucune action spécifique en faveur des PME ?

Si. Elles bénéficient d’un taux de financement plus élevé de leur projet que les grands groupes. 45 % de leurs dépenses éligibles sont prises en charge par le programme, contre seulement 30 % pour les grands groupes, comme dans l’ensemble des programmes de l’ANR.

Quel sera votre budget en 2010 et quel est le montant moyen des aides que vous allouez ?

Cela dépendra du nombre de projets que nous retiendrons et de leur budget après consolidation. D’après notre expérience au cours des années précédentes, le montant moyen des subventions que nous allouons s’élève à 700.000 euros. Mais ce n’est qu’une moyenne. Les projets s’échelonnent de 500.000 à 1,5 million d’euros et il est possible que nous ayons, cette année, des projets plus importants. Nous pourrons dresser ce bilan à la fin de l’année 2010. A titre indicatif, en 2009, nous avons distribué une enveloppe de 34 millions d’euros pour 45 projets. En 2010, le budget total des appels à projets de l’ANR est de 630 millions d’euros dont 50 % reviennent aux programmes thématiques.

Les nanotechnologies demeurent, quoi qu’il en soit, un domaine stratégique pour la recherche en France ?

Oui. C’est un programme important pour l’ANR mais aussi dans la politique de recherche nationale.

Quelle est la place de la recherche fondamentale dans l’ensemble des subventions allouées par le programme PNANO ?

Elle varie relativement peu. En 2008, elle représentait 65 % des subventions, soit 26 millions d’euros sur 40 millions, tandis qu’en 2009, elle en représentait 62 % avec 21 millions sur 34 millions. Dans ce domaine, ce qui est intéressant au-delà des chiffres, c’est de constater que les industriels s’impliquent de manière croissante dans la recherche fondamentale.

Et côté thématiques, y-a-t-il des évolutions ?

Oui. Nous constatons une légère baisse du thème « composants pour les micro systèmes », même s’ils restent les plus nombreux. Même chose pour les matériaux. En 2009, ils représentaient respectivement 40 % et 30 % des projets retenus. En revanche, nous avons assisté à un fort recul des biosciences. Leur part est passée de 20 à 15 % en 5 ans. Cette évolution s’est faite au profit du pôle instrumentation, métrologie et modélisation dont la part est passée de 7 à 19 % sur la même période. Il faut toutefois prendre ces chiffres avec précaution, car un nombre significatif de projets de recherche sur les nanotechnologies sont présentés dans d’autres programmes. En 2008, nous avions évalué que le programme sur les nanotechnologies finançait directement 59 % des projets proposés dans ce domaine et que le reste se trouvait ailleurs, notamment pour 13 %, dans le programme non thématique. Ce qui semble attester que les nanotechnologies se diffusent aujourd’hui dans tous les segments.

Le débat public sur les nanotechnologies qui vient de se clore a révélé l’existence de fortes inquiétudes concernant l’impact des nanotechnologies sur l’environnement. Financez-vous des projets qui tentent de répondre à ces questions ?

Nous avons introduit ce thème dès 2006. Certes, la part de ces projets dans nos financements reste faible, mais elle augmente régulièrement. En 2006, ils représentaient 1 % du total de notre budget, alors qu’en 2008, ils atteignent les 4 %. Nous finançons, dans ce cadre, aussi bien des projets ayant trait à l’étude des risques pour la santé, notamment sur le lieu de travail, que ceux relatifs à l’impact sociétal.

Dans ce domaine, il faut également mentionner une initiative européenne récente. Celle-ci vise à fédérer les projets des différentes agences de recherche sur les risques inhérents aux nanotechnologies afin d’aboutir à une programmation conjointe via des appels à projets européens. L’ANR est membre de ce projet et a déposé une proposition en ce sens en 2009 avec l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Belgique, la Grèce et l’Espagne. Nous attendons un retour au cours de l’année 2010 pour un démarrage effectif en 2011.  »

 

En savoir plus

Didier Théron est responsable du programme Nanotechnologies et Nanosystèmes à l’Agence Nationale de la Recherche depuis décembre 2009. Après un doctorat à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne en 1989, il est entré au CNRS et travaille aujourd’hui à l’Institut d’Electronique, de Microélectronique et de Nanotechnologies à Villeneuve d’Ascq sur des composants avancés pour l’électronique. De 2004 à 2008, il a coordonné le réseau national des Grandes Centrales de Technologies (RENATECH) du CNRS dont le rôle est de mettre à la disposition des chercheurs une infrastructure compétitive au niveau mondial en micro-nanofabrication.

Le programme Nanotechnologies Nanosystèmes (P2N) s’est fixé quatre objectifs en 2010 :

– explorer et progresser dans le domaine de la structuration de la matière et exploiter ces propriétés remarquables dans des fonctions de traitement de l’information et de la communication ;

– progresser dans le domaine des procédés technologiques, de l’instrumentation et de la simulation ;

– explorer le concept de micro et nanosystèmes « intelligents » pour des applications à fort impact sociétal comme la santé, l’énergie et l’environnement ;

– assurer un développement responsable des nanotechnologies et des nanosystèmes au travers de leurs dimensions sociales, culturelles et économiques.

Les axes thématiques de cet appel à projets sont :

– nouveaux matériaux et technologies de fabrication ;
– nanoélectronique-nanophotonique-NEMS ;
– instrumentation-modélisation-simulation ;
– nanotechnologies et nanosystemes pour l’environnement et l’énergie ;
– nanotechnologies et nanosystemes pour la santé ;
– dimensions sociales, culturelles et économiques des nanotechnologies.

Propos recueillis par Anne-Laure Béranger

Un nouveau pas vers l’électronique moléculaire

En électronique, le comportement d’un circuit logique est dit binaire car il est caractérisé par deux états : l’état 0, qui représente la valeur off et l’état 1, qui représente la valeur on. L’électronique moléculaire vise à réaliser les opérations élémentaires de circuits logiques comme le passage d’un état à l’autre (isolant ou conducteur, par exemple), à la manière d’un interrupteur, au sein de molécules ou d’architectures moléculaires individuelles. Pourquoi utiliser des molécules ? Pour accéder au stade ultime de la miniaturisation de la taille des circuits électroniques, ce qui suscite actuellement un effort de recherche considérable, dans le contexte plus général des nanosciences.Aujourd’hui, il existe de nombreux exemples de molécules capables de se comporter comme un interrupteur moléculaire. Un des enjeux des recherches dans le domaine de l’électronique moléculaire est de mesurer directement la variation de conductance (passage de l’état isolant à conducteur dans un fil ou une jonction moléculaire unique comportant une fonction de commutation. Cette mesure est incontournable pour envisager l’insertion de ces molécules dans des dispositifs.Un moyen de réaliser la mesure est de préparer une mono-couche de molécules auto-assemblées (SAM), déposées sur une surface d’or, voie de synthèse particulièrement adaptée puisqu’elle permet d’accéder aux propriétés électroniques de molécules en utilisant des techniques de microscopie à champ proche. Si la préparation de SAMs a été largement développée, un défi majeur consiste à réaliser maintenant, au sein de telles couches, des mouvements moléculaires capables de conduire à une commutation des propriétés électriques de la molécule immobilisée sur la surface.

De nouvelles perspectives en termes d’ingénierie des architectures moléculaires

Deux articles récents ont décrit des SAMs à base de systèmes conjugués (un tel système est constitué d’un squelette carboné comportant une alternance de liaisons simples et doubles ce qui induit une délocalisation électronique : oligophénylènes comportant un groupe azobenzène). L’irradiation de la monocouche à l’aide d’une lumière de longueur d’onde appropriée provoque un mouvement moléculaire (photo-isomérisation trans/cis de l’azobenzène). Ce mouvement engendre le repliement de la molécule entraînant ainsi une réduction de l’épaisseur de la SAM et l’augmentation du courant tunnel à travers la molécule. Une variation d’un facteur 30 du courant entre l’état « off » (trans-azobenzène) et l’état « on » (cis-azobenzène) a ainsi été mesurée par microscopie à force atomique.Dans le cadre d’un projet ANR PNANO (Programme National en Nanosciences et Nanotechnologies) , en collaboration avec l’équipe de Dominique Vuillaume de l’ l’Institut d’Electronique, de Microélectronique et de Nanotechnologie (CNRS / Université Lille 1), le groupe Systèmes Conjugués Linéaires de l’UMR du Laboratoire Chimie, Ingénierie Moléculaire d’Angers (CNRS / Université d’Angers), a synthétisé de nouvelles séries de systèmes conjugués photo-commutables à base d’oligothiophènes comportant des groupes azobenzènes. La caractérisation de ces systèmes a permis de montrer que l’ingénierie moléculaire de tels systèmes conjugués photo-commutables, permet d’augmenter d’un facteur 100 le rapport « on/off » qui atteint maintenant des valeurs très élevées de l’ordre de 3500.Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives en électronique moléculaire tant en ce qui concerne l’ingénierie des architectures moléculaires actives que la conception de nano-dispositifs dérivés de ces systèmes conjugués.

Une nouvelle formation en alternance à la gestion et la prévention des risques

L’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers – Institut Arts et Métiers ParisTech de Chambéry et l’ITII 2 Savoies (Institut des Techniques d’Ingénieur de l’Industrie) ouvriront en septembre prochain un diplôme d’ingénieur en gestion et prévention des risques. Il se préparera en alternance, après un DUT ou un BTS, en contrat d’apprentissage ou en formation continue. Délivré par l’ENSAM, ce diplôme est habilité par la Commission des Titres d’Ingénieur.En matière de prévention des risques, cette formation d’ingénieur est unique dans la mesure où elle se déroule par alternance. Trois projets seront menés en entreprise et contribueront à l’attribution du diplôme : analyse des risques, changement concerté et projet ingénieur. L’un des trois se fera si possible à l’étranger. Associant les composantes techniques, économiques et humaines, ces projets s’inscriront dans une démarche de progrès en matière de gestion et de préventionAu programme des cours, outre les sciences fondamentales de l’ingénieur, l’enseignement abordera des axes spécifiques :

  • les problématiques de base des risques environnementaux et technologiques, avec acquisition de méthodologies et outils associés permettant d’avoir une approche curative mais aussi préventive ;
  • l’approche produit : innovation, démarche d’éco-conception ;
  • les fondamentaux des risques professionnels, avec acquisition des méthodologies et des outils associés d’ergonomie globale ;
  • le management de l’entreprise avec mise en place de systèmes de management intégré qualité- sécurité- environnement, les outils de gestion économique, la communication et l’animation professionnelle (sensibilisation aux approches psycho-¬sociologiques de l’individu et du groupe).
L’ingénieur en gestion et prévention des risques exerce dans tous les secteurs. Il pilote les démarches d’évaluation des risques et assure une veille stratégique en matière de législation et de règlementation ainsi que le déploiement de la prévention au sein de l’entreprise (produits et process), Il a également pour responsabilités la prévention des risques industriels (protection des infrastructures, des biens manufacturés), des risques technologiques et environnementaux ainsi que des risques professionnels (sécurité et santé de l’homme au travail). Marc CHABREUIL

Une plateforme logistique « verte » de 3ème génération

L’un des plus importants opérateurs d’immobilier logistique durable au monde avec 6 millions de mètres carrés de plateformes logistiques dans le monde, Gazeley a lancé ce concept en 2002. Depuis, la société continue à investir dans les technologies renouvelables et durables, afin d’assurer la pleine mise en œuvre de ses meilleures pratiques dans tous les bâtiments qu’elle aménage. Par exemple, la récupération des eaux de pluie ou des installations fonctionnant au biocarburant sur l’ensemble de ses parcs logistiques permet à ses clients de réduire considérablement leurs coûts opérationnels. Parmi les réalisations de Gazeley, G. Park Blue Planet sur le site de Chatterley Valley, dans le North Staffordshire (Royaume-Uni) est considéré comme l’une des plateformes logistiques les plus écologiques au monde. D’un montant de 63 millions d’Euros, ce bâtiment de 35.500 m² a décroché la mention « exceptionnel » lors de la phase de conception par la certification environnementale BREEAM (BRE Environmental Assessment Method ou la méthode d’évaluation de la performance environnementale des bâtiments développée par le BRE). « Il s’agit de la plus haute distinction récompensant les qualités d’un projet immobilier en matière de développement immobilier durable. G.Park Blue Planet a obtenu une note globale de 85,49 %, se distinguant particulièrement dans les catégories « gestion », « santé et bien-être », « eau », « énergie » et « pollution ». Avec ce site, nous avons créé un modèle de développement à la pointe de la technologie. Non seulement le projet minimise l’impact environnemental mais il génère également des gains d’énergie et de consommation d’eau de 300 000 € par an, soit 39 % de réduction par rapport à un bâtiment classique », souligne Jonathan Fenton-Jones, directeur du développement durable de Gazeley.

Un bâtiment durable intégré au tissu social et urbain environnant
Cette réalisation vient d’être récompensée pour sa « Performance Environnementale » lors de la 6ème édition des Trophées de logistique 2010 du Journal de la Logistique. Sélectionné parmi 14 autres candidats, acteurs reconnus dans l’immobilier logistique, Gazeley est la première entreprise à avoir été primée dans la toute nouvelle catégorie « performance environnementale », qui vient d’être créée cette année. Les membres du jury, des professionnels du monde la logistique, ont retenu comme points forts :
  • premier bâtiment certifié « exceptionnel » selon le référentiel environnemental BREEAM ;
  • dépassement des objectifs des projets de loi du Gouvernement britannique sur le changement climatique fixés pour 2020 et 2050 ;
  • 100 % de l’électricité et du chauffage proviennent de sources renouvelables ;
  • 49 % d’économies sur l’éclairage (apport maximum de lumière naturelle et éclairage économe couplé à un système de détection de présence dans les bureaux);
  • 68 % d’économies en matière de chauffage (inertie thermique de l’enveloppe dépassant de 25% les exigences réglementaires sur les postes isolation, traitement des ponts thermiques, ventilation naturelle et système de mur solaire sur la façade sud, permettant le réchauffement de l’air tampon avant passage dans le bâtiment ;
  • 60 % d’économies d’eau (récupération des eaux pluviales pour usage dans les bureaux).
Grâce à l’installation de panneaux photovoltaïques intégrés à la couverture (15 % de la surface), à un système de récupération de l’énergie cinétique des camions entrant dans l’entrepôt par un système de plateaux convertisseurs produisant de l’électricité sur site, de panneaux solaires thermiques pour les besoins de chauffage sanitaire et, dans le courant de l’année, une micro-centrale électrique par combustion de biomasse, ce site produira suffisamment d’énergie pour alimenter 3 100 foyers.Par ailleurs, Gazeley a fait le choix de matériaux « écologiques » avec des revêtement de sol en marmoleum (linoleum enrichi de calcaire et colophane), à base de matériaux naturels et au procédé de production sobre en énergie, des bois certifié FSC (Forest Stewardship Council), des tuiles issues de matériau recyclé et des moquette à base de fibres recyclées (à hauteur de 80 %).Enfin, 52 % du site est dédié aux espaces verts, aménagés avec des essences locales, et la conception partagée des espaces extérieurs permet d’offrir aux riverains des sentiers pédestres, des liens vers les chemins de halage bordant le site ou encore la préservation des habitats naturels environnants.Marc CHABREUIL

Transgreen : un nouveau plan solaire pour la Méditerranée

Il y a quelques mois, le lancement du projet allemand Desertec, qui vise à utiliser, entre autres, les ressources solaires du Sahara pour fournir de l’électricité à l’Europe, voit le jour. Le Ministère Fédéral Allemand de l’Environnement, de la Protection de la Nature et de la Sureté Nucléaire, finance à ce moment deux études pour évaluer le potentiel en énergie renouvelables de toute la zone MENA (Middle East and North Africa), les besoins attendus pour 2050 en eau et en énergie de ces pays, et la faisabilité d’une connexion par un réseau électrique entre l’EU et le MENA. A l’heure actuelle, plus d’une quinzaine d’investisseur se sont ralliés au projet. Parmi eux, l’américain First-Solar, l’italien Enel ou encore le français Saint-Gobain.A terme, le projet Desertec permettrait de fournir les pays du MENA en électricité, et environ 15 % de la consommation européenne. Aujourd’hui, c’est le projet français Transgreen, auquel sont déjà associés EDF et RTE, et qui sera discuté lors de la réunion des 43 pays composant l’UPM (Union pour la Méditerranée).Concrètement, Transgreen vient compléter Desertec, et pas le concurrencer, répètent les partenaires méditerranéens. A l’horizon 2020, le but avoué est de fournir 20 GW d’électricité, dont 5 auront vocation à être exportés vers l’Europe. Mais plus que ça, l’enjeu fondamental est de permettre à des pays africains de vendre une ressource naturelle inépuisable, et d’en profiter également

Un défi technique dont les réponses sont toujours attendues
Transgreen, comme Desertec, fait face à des défis technologiques jamais relevés jusqu’à présent. Il s’agit notamment de transporter l’électricité d’Afrique en Europe. A l’heure actuelle, une seule voie câblée, qui passe sous le détroit de Gibraltar, établit cette connexion, avec une capacité de 1.400 MW. Les études menées pour le projet Desertec évaluent à environ 4 à 5 % les pertes électriques pour 1.000 kilomètres de ligne. Cet état de fait vient accroître le coût de l’énergie, sans oublier les coûts propres de production.Le projet Transgreen, aujourd’hui, est encore en gestation, comme le confirme un conseiller auprès de l’UPM : « des scientifiques travaillent sur ce projet, mais nous en sommes encore aux balbutiements, d’autant plus que la Méditerranée étant un écosystème fragile, il faudra prendre toutes les précautions environnementales nécessaires pour faire passer autant de câbles sous les eaux ».Rendez-vous donc au mois de mai lors de la réunion des membres de l’UPM au Caires. On en saura alors peut-être un peu plus sur les solutions envisagées pour réaliser le câblage entre l’Europe et l’Afrique. Il sera également intéressant de voir dans quelle mesure ce projet Transgreen vient compléter (et non concurrencer) Desertec.P.T

Le centre de RetD d’Alcan s’ouvre aux entreprises extérieures

Basé à Voreppe près de Grenoble, le centre de RetD de Alcan Engineered Products, une unité de Rio Tinto, autrefois réservé exclusivement aux activités du groupe, prévoit désormais de soutenir d’autres entreprises industrielles à développer des solutions de pointe. « Le développement de nouveaux produits et solutions aluminium nécessite une expertise considérable dans de multiples domaines : la métallurgie des procédés et produits, la caractérisation des matériaux, la mise en forme, l’assemblage et le traitement de surface », explique Didier Albert, Directeur du Développement des Ventes d’Alcan CRV Services. Les propriétés de l’aluminium en font un matériau de choix pour de multiples industries, qui pour la première fois peuvent bénéficier de l’expérience et l’expertise d’Alcan pour concevoir, modéliser et tester de nouvelles applications et soutenir leur développement.»De l’échelle nanométrique à l’échelle macroscopique, de l’assistance technique jusqu’au prototypage métallurgique, Alcan CRV Services permettra aux entreprises de concevoir et produire des matériaux rentables et adaptés à leurs besoins. Outre des modules de formation qualifiante et l’accès à d’importantes ressources bibliographiques, les solutions proposées destinées à permettre aux entreprises de mettre en œuvre tous les éléments de leurs programmes de RetD incluent :

  • La caractérisation et l’analyse de matériaux : le Centre de Voreppe fait bénéficier ses clients de la complémentarité entre son panel d’équipements expérimentaux et sa connaissance des microstructures sur les alliages d’aluminium. La capacité à interpréter les résultats de caractérisation intègre les diverses interactions entre les procédés (coulée, transformation, mise en œuvre), les analyses chimiques et l’expertise du dosage d’éléments d’addition (certification Cofrac) pour concevoir et tester efficacement les propriétés recherchées, de l’échelle macrostructurale jusqu’à l’échelle nanométrique, et modéliser les conditions de la mise en œuvre industrielle.
  • L’aide à la conception et modélisation des matériaux : en combinant une connaissance approfondie de la métallurgie physique et mécanique des alliages, des demi-produits et des composants et en exploitant les moyens expérimentaux de caractérisations et de simulation numérique unique en Europe, le Centre aide ses clients à maîtriser les propriétés des alliages et des produits, qu’il s’agisse de fonderie, de laminage ou de filage, pour répondre aux besoins des applications les plus exigeantes. Il est également capable de modéliser la conception des produits et des systèmes structuraux, et de procéder aux simulations numériques nécessaires à l’optimisation des performances en fonction des spécifications.
  • La production de prototypes métallurgiques : la fonderie pilote permet de modéliser, concevoir et maîtriser, dans des conditions économiques optimales, la coulée de lingots-échantillons pour une évaluation rapide de compositions chimiques innovantes, puis de lingots de format industriel. De l’échelle macroscopique avec un laminoir-pilote, une ligne de traitement de surface et de revêtement organique, une machine de traction et une presse Morane triple-effet, jusqu’à l’échelle microscopique avec un microscope électronique en transmission, les équipements réunis au sein de Voreppe sont soutenus par des techniciens et ingénieurs pour concevoir et tester les procédés de laminage, filage, lubrification et parachèvement
  • Le traitements thermiques : pas moins de 8 types de traitements sont mis à la disposition des clients du Centre (mise en solution, trempe, maturation, revenu, réchauffage, détente, homogénéisation et recuit), pour optimiser les précipités, figer les microstructures, contrôler l’évolution des matériaux après trempe, déformer les métaux à chaud… Les moyens de pointe du Centre comprennent un four de grande capacité et des fours modulables de petite capacité, une maquette semi-industrielle de trempe et des systèmes de régulation qui, outre un suivi très précis des cycles thermiques, permettent de mener des études comparatives entre la température réelle des pièces et les consignes de four, générant ainsi des données précieuses pour la transposition industrielle des résultats.
  • Les essais mécaniques : le laboratoire d’essais mécaniques de Voreppe dispose de moyens de caractérisation pour les essais statiques, de fatigue et de mécanique de la rupture. Le savoir-faire du laboratoire s’appliquent aux systèmes de mesure et de suivi de fissure, par « compliance » COD et optique, par chute de potentiel et de déformations, notamment en 3D sans contact. Une machine de 250 t permet également de pratiquer des essais de caractérisation statique et dynamique sur structures.
  • La mise en forme : l’exploitation effective de la formabilité des alliages d’aluminium requiert un ensemble d’expertises complémentaires pour adapter la géométrie des pièces, choisir l’alliage et son état métallurgique, et définir la gamme d’emboutissage. La première expertise donne la forme générale de la structure, les suivantes permettent de conformer, par rétreint et/ou par expansion, les contours définitifs de la pièce emboutie et à adapter la géométrie de l’outillage en fonction des limites de formabilité de l’alliage choisi. La corrélation entre la connaissance de la métallurgie physique et les propriétés des demi-produits et produits finis permet d’identifier l’alliage le mieux adapté aux impératifs de mise en forme et ainsi sa capacité à supporter les efforts d’emboutissage.
  • L’assemblage : le Centre de Voreppe est un pionnier des technologies d’assemblage, du soudage (à l’arc, par résistance par points, par friction-malaxage), jusqu’au brasage, au collage et à l’assemblage mécanique. Particulièrement adapté aux soudages critiques utilisés dans les applications pour le transport, le soudage par fusion, comme le soudage à l’arc, assure la qualité du joint soudé ainsi que sa reproductibilité. Le soudage par résistance par points produit des soudures de qualité structurale, permettant d’atteindre des durées de vie industrielle. Le soudage par friction-malaxage (Friction Stir Welding) est une technologie innovante, développée en grande partie, sur les alliages d’aluminium, par les experts du Centre .
  • Les traitements de surface : les ateliers de traitements de surface et revêtements organiques disposent de 3 outils principaux qui permettent de sélectionner, tester et maîtriser les procédés améliorant les performances des matériaux (aspect, dureté) en fonction des applications clients. Une ligne batch automatisée permet de tester une large variété de traitements de préparation de surface, d’oxydation anodique, de coloration électrolytique, etc. De conception très modulaire, la ligne pilote de traitement sur bande aluminium est capable de reproduire de nombreux procédés industriels de traitement en continu sur bande. Enfin, une ligne pilote de revêtement organique permet de cuire les laques et vernis et d’effectuer des enductions au rouleau comme la lubrification.
Marc CHABREUIL

SGH : comment Merck gère le passage de l’ancien au nouveau système

Depuis le 20 janvier 2009, l’Union européenne a adopté le système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques (SGH) dans le cadre de son règlement sur la classification, l’étiquetage et l’emballage. Objectif de cette nouvelle réglementation : adopter des critères uniformes pour la classification des dangers et uniformiser le contenu et le format des étiquettes et des fiches de données de sécurité utilisées partout dans le monde. En Europe, ces nouvelles règles de classification et d’étiquetage devront être obligatoirement appliquées au 1er décembre 2010 pour les nouveaux produits utilisant des substances pures et au 1er juin 2015, pour ceux impliquant des mélanges.Mais rien n’empêche les industriels, sur la base du volontariat, d’appliquer ces règles avant ces dates butoir. Et concrètement, afin de pouvoir gérer sans précipitation le passage au nouveau système, c’est ce que beaucoup devront faire. Dans ce cas, l’étiquetage et l’emballage des substances doivent être conformes au nouveau système. Par contre, la fiche de données de sécurité doit faire mention des deux classifications. Mais ce n’est pas tout. Afin de fluidifier la gestion des stocks, étiquetés et emballés avant les dates butoir du 1er décembre 2010 et du 1er juin 2015, une période de transition de deux ans est prévue. Pendant ce laps de temps, ces produits n’auront donc pas besoin d’être réétiquetés et réemballés. Par ailleurs, du 1er décembre 2010 au 1er juin 2015, même si le nouveau système est obligatoire, les substances pures devront être classées conformément aux deux systèmes : le nouveau et l’ancien. Et ces deux classifications seront mentionnées dans la fiche de données de sécurité.Autant d’éléments qui, mis bout à bout, induisent une certaine gymnastique de la part des fabricants de produits chimiques, ceux-ci étant obligés de jongler avec deux systèmes de classification et d’étiquetage : l’ancien et le nouveau. Comment bien gérer cette période de transition ? Que faut-il faire ? Quels sont les écueils à éviter ? Jean-Pierre Caquet, chef produits-affaires réglementaires au sein du groupe Merck Chimie SAS revient sur le cas de son entreprise pour en tirer quelques conseils incontournables. Il détaillera toutes ces questions dans le cadre du rendez-vous du risque chimique du 10 et 11 juin 2010 à Paris intitulé  » SGH/CLP : classification et étiquetage des risques chimiques « , organisée par Techniques de l’Ingénieur en partenariat avec Quick-FDS (voir l’encadré).

S’y mettre tôt
Bien que les échéances s’échelonnent graduellement dans le temps,  » il est impératif de s’y mettre tôt, martèle Jean-Pierre Caquet. Car il n’y a pas de corrélations exactes entre l’ancien et le nouveau système et cela prend beaucoup de temps d’ajouter de nouvelles informations et de créer des passerelles. « Il est vrai qu’il s’agissait pour Merck, d’un chantier de grande ampleur. Au total, le fabriquant utilisent 20.000 produits différents. Et malgré le fait que la gestion des FDS et des étiquettes soit intégralement automatisées et reliées entre elles dans une base de données, il a fallu plus d’une année au groupe pharmaceutique et chimique pour donner à ce projet son rythme de croisière.  » Pourtant nous avions anticipé, souligne Jean-Pierre Caquet, puisque nous avions commencé à y réfléchir au cours de l’année 2008, alors que le règlement n’était pas encore adopté. Mais, au début, nous avons été confrontés à des problèmes de logiciel et de bugs qu’il a fallu résoudre. Ensuite, il a fallut prendre le temps nécessaire pour transformer l’ancien système afin qu’il puisse faire les bonnes correspondances avec le nouveau. « 

De la rigueur
Plusieurs chantiers ont été ainsi menés de front. En amont, toutes les substances ont été reclassées et les FDS réactualisées par la cellule de collecte d’information sur les dangers et les règlements afin de mentionner les deux classifications et d’intégrer, en plus, les exigences de REACH. Ce faisant, il a fallut mettre à niveau tous les autres systèmes, notamment les mesures de stockage et les procédures de routage. » Prenons l’exemple de l’eau de javel dont la classe de danger a changé, commente Jean-Pierre Caquet. Dans le nouveau système, c’est un produit plus dangereux. En tant que tel, il doit donc être stocké et routé d’une autre manière. Autant d’informations qu’il a fallut mettre en relation les unes avec les autres afin que l’ensemble soit parfaitement cohérent. « A cela s’ajoute les modifications concernant l’étiquetage (pictogramme, phrases mentionnant les dangers) qu’il a également fallut mettre en relation avec les substances. » Afin de réduire le risque d’erreur, nous avons mis en place des procédures très strictes. Car dans la masse, l’erreur ne se voit pas. Ce n’est que dans la pratique qu’elle apparaît avec des conséquences plus ou moins graves. « 

Ancien étiquetage d’un produit chimique © Merck

Nouvel étiquetage d’un produit chimique © Merck
 

Procéder graduellement
Afin de minimiser l’impact des erreurs pouvant survenir, le groupe pharmaceutique et chimique a choisi de procéder par étape. La première a consisté à choisir un petit groupe de personnes pour tester le programme informatique mis au point sur quelques produits. Une fois le nombre d’erreurs proche de zéro, le système a été implémenté en test, en parallèle à l’ancien. Objectif : vérifier si, à plus grande échelle, des erreurs pouvaient survenir. Ce n’est qu’après avoir constaté qu’il n’y avait plus de problème, que le nouveau système est venu remplacer progressivement le précédent.

Faire des essais
Chez Merck, les premières substances conformes aux nouvelles règles de classification et d’étiquetage sont sorties en mars 2009. Mais cela ne concernait que 10 à 15 produits afin de pouvoir déceler très rapidement les erreurs et incohérences.  » Si le système n’est pas au point en amont, l’informatique ne servira pas à grand chose, explique Jean-Pierre Caquet. D’où l’utilité de faire des tests à différents stades de l’évolution du projet, en commençant par des produits faciles, c’est-à-dire des produits non dangereux et avec peu de pictogrammes. Ensuite, on peut intégrer des substances plus complexes à traiter, mais il faut régulièrement faire des vérifications. Car un simple bug peut coûter une journée de travail. « Avec cette démarche, l’objectif de Merck est clair : passer progressivement de l’ancien système au nouveau afin d’être prêt en temps et en heure.

Du temps et de l’argent
Au final, même si le fabricant de produits chimiques et pharmaceutiques ne précise pas son budget, ce chantier a représenté un coût substantiel : à la fois en temps hommes, pour adapter les données et le système logiciel, et en équipement pour acheter des logiciels et de nouvelles étiqueteuses. » Cela peut représenter un budget conséquent, admet Jean-Pierre Caquet, surtout lorsque l’on adapte son système à la fois aux exigences du SGH et de REACH. Mais sur le long terme, nous réaliserons des économies car nous n’aurons plus qu’un seul type d’étiquette à éditer. «  Formation Techniques de l’IngénieurToutes ces questions seront approfondies dans le cadre du rendez-vous du risque chimique du 10 et 11 juin 2010 à Paris intitulé  » SGH / CLP : classification et étiquetage des risques chimiques « , organisée par Techniques de l’Ingénieur en partenariat avec Quick-FDS. Pour plus d’information, cliquez ici.Autres formationsRéglementation risque chimique : ce qui change avec REACH, SGH / CLP et les FDSAutres liens utilesINRS : dossier étiquetage des produits chimiques Par Anne-Laure Béranger

REACH : l’actualité de janvier à mars 2010

Au cours du premier trimestre 2010, voici huit événements qui ont marqué l’actualité de Reach et de l’Agence européenne des produits chimiques.

Agenda : la journée des parties prenantes de l’ECHA aura lieu le 19 mai
Etes-vous prêt pour les échéances de 2010 ? Ce sera le thème de la quatrième journée des parties prenantes qui aura lieu le 19 mai en Finlande. 500 participants sont attendus pour des conférences et des entretiens en face à face. La participation est gratuite et cet événement pourra également être suivi en streaming sur Internet.
En savoir plus sur cet événement sur le site de l’ECHA
Deux commissaires en visite à l’ECHA (25 mars)
Le vice-président de la Commission européenne Antonio Tajani et le commissaire européen à l’environnement Janez Potocnik étaient en visite à l’ECHA le 25 mars. Ils ont annoncé être arrivés à un accord concernant les critères déterminant les substances toxiques, bioaccumulatives et persistantes. Ils ont affirmé que 106 substances très préoccupantes devraient être incluses d’ici à 2012 dans la liste candidate à l’autorisation, qui en contient actuellement 29.
Lire le communiqué de l’agence
L’Afsset recommande un volet nano dans Reach (24 mars)
Dans son rapport sur l’exposition des consommateurs aux nanomatériaux manufacturés, l’Afsset recommande d’appliquer le principe de précaution. Pour cela, elle préconise notamment de rendre obligatoire la traçabilité, de mettre en place un étiquetage et d’aller jusqu’à l’interdiction de certains produits. La traçabilité des nanomatériaux passe par une obligation de déclaration par les industriels et une révision de Reach pour prendre en compte les nanomatériaux manufacturés de manière spécifique et quel que soit leur tonnage.
A lire sur le site de Techniques de l’ingénieur Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
Instructions pratiques pour former un recours (10 mars)
Le guide Instructions pratiques pour former un recours vise à aider les entreprises et autres parties intéressées qui souhaitent introduire un recours contre certaines décisions de l’ECHA.
En savoir plus sur le site de l’ECHA
Nouvelle consultation publique sur huit substances très préoccupantes (8 mars)
L’ECHA propose d’ajouter huit substances très préoccupantes (SVHC) à la liste candidate aux substances soumises à autorisation. Les commentaires doivent être communiqués d’ici au 22 avril 2010. Ces substances sont potentiellement cancérigènes, mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction. Il s’agit du trichloréthylène, de l’acide borique, le tétraborate de sodium anhydre, l’heptaoxyde de tétrabore et de disodium hydraté, le chromate de sodium, le chromate de potassium, le dichromate d’ammonium et le dichromate de potassium.
La liste des consultations publiques en cours sur le site de l’ECHA
L’ECHA publie son rapport d’évaluation (1er mars)
En 2009, l’agence a reçu 406 dossiers d’enregistrement complets, contre 10 en 2008, et a entrepris l’évaluation de 35 d’entre eux (27 contrôles de conformité et 8 examens de proposition d’essais). 14 contrôles de conformités ont abouti. Dans sept cas, une lettre a été envoyée au déclarant et dans sept autres cas, le dossier a été bouclé sans autre action.Le rapport de l’ECHA met également en avant les difficultés rencontrées dans les dossiers. L’Agence renvoie vers le Guide pour l’identification et l’énumération des substances sous REACH.
Le rapport – Les guides
Avis sur trois substances (28 janvier)
Le comité d’évaluation des risques de l’ECHA a rendu un avis sur les propositions de classification et d’étiquetage en Europe de trois substances chimiques comme étant cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction. Cet avis sera transmis à la Commission pour une décision finale. Les substances concernées sont :– indium phosphide (cancérigène et toxique pour la reproduction)– di-tert-butyl peroxide – DTBP (déjà classifié pour certains risques physico-chimiques, mutagène)– trixylyl phosphate (toxique pour la reproduction).
Plus d’informations
Consultation publique pour trois substances (18 janvier)
En janvier une consultation publique a été lancée pour harmoniser la classification et l’étiquetage de trois substances chimiques : le white spirits, le fuberidazole et le thiacloprid. La consultation est terminée mais l’avis n’a pas encore été rendu.
Pour connaître les consultations en cours
C.G. Les précédents articles sur l’actualité de REACH
  • Actualités de novembre – décembre 2009
  • Actualités du 20 août au 31 octobre 2009
  • Actualités du 15 juillet au 20 août 2009
  • Actualités du 15 juin au 15 juillet 2009

3S Photonics lance des pompes laser vertes

Dans les nouvelles générations de réseaux optiques, Metro ou D-WDM, l’amplificateur optique est un consommateur majeur d’énergie. Le besoin en amplificateur de plus en plus puissant, pour des liaisons FTTx ou des applications transpondeurs à haut débit (40 ou 100Gb/s) utilisant des lasers de pompe classiques, a un impact significatif et négatif sur la consommation d’énergie, la fiabilité et les coûts. Pour garantir la fiabilité requise des pompes laser actuellement utilisées dans ces amplificateurs, des systèmes de refroidissement sont utilisés. Les besoins en énergie qui en découlent et la dissipation de chaleur ont un impact majeur sur la conception, l’exploitation et le coût des amplificateurs optiques.Les lasers de pompe nouvelle génération de 3S Photonics sont conçus pour minimiser la consommation d’énergie et les coûts, tout en conservant une fiabilité optimale. L’intégration de ses propres puces laser dans l’ensemble de la gamme permettent d’obtenir une puissance optique en sortie de fibre très élevée ou une consommation considérablement réduite, en fonction de la priorité définie lors de la conception. Le résultat final est un coût de fabrication et d’exploitation plus faible, que ce soit pour les applications utilisant des amplificateurs EDFAs ou Raman.Ainsi, la gamme de produits 3S Photonics comprend des modules laser de pompe refroidis, semi-refroidis ou non refroidis :– les séries de modules 1999 HPM et 1999 CHP refroidis produisent des puissances optiques en sortie de fibre pouvant aller jusqu’à 720 mW, avec une réduction de la consommation d’énergie jusqu’à 20 % par rapport aux produits concurrents ;– la série 1999 HEP est un module semi refroidi (à 45°C) délivrant des puissances jusqu’à 450 mW. Il nécessite jusqu’à 50 % moins d’énergie pour fonctionner.– pour une plus grande économie, les pompes non refroidies 1999 HPU délivrent des puissances optiques jusqu’à 400 mW et une réduction de la consommation d’énergie de 80 %.Ce gain provient de l’utilisation d’une puce laser qualifiée sous-marine 1999 LCv2, fabriquée dans l’usine française de Nozay (Essonne) qui est intégrée dans un boitier hermétique Butterfly à 14 broches, incorporant un stabilisateur de longueur d’ondes à base de réseaux de Bragg sur fibre optique (FBG). » Au vu de la demande croissante de technologies vertes, et compte tenu de la pression constante, dans tous les secteurs d’activités, sur les coûts, la mise à disposition de pompes permettant des réductions de consommation d’énergie pouvant atteindre 80% contribuera à la révolution verte, enjeu majeur dans le secteur des télécoms, a déclaré Yannick Bailly, Directeur marketing de 3S Photonics. En outre, la réduction significative des coûts d’équipement et d’exploitation associés induit un véritable scénario gagnant-gagnant pour l’environnement et pour l’économie. »Par Marc Chabreuil

La RFID révolutionne la logistique dans la bijouterie

Le ré-étiquetage de 800.000 articles avec des étiquettes RFID et l’utilisation de lecteurs RFID sur mesure ont permis à l’entreprise CLEOR de gagner en productivité, notamment en magasin où les inventaires se font maintenant sans aucune manipulation des bijoux exposés en vitrine.Dans le secteur de la bijouterie où les articles et les étiquettes sont très petits, réaliser un inventaire ou contrôler la réception d’articles devient vite une opération chronophage. « Nos étiquettes nécessitaient parfois plusieurs lectures avant de parvenir à lire le code barre. De plus, la valeur même des stocks implique la réalisation d’inventaires tournants réguliers en boutique qui contraignait nos vendeurs à manipuler les bijoux dans les vitrines et à les replacer après chaque lecture du code barre. Nous comptons en moyenne 10.000 bijoux par magasin et le temps d’inventaire n’était pas neutre », confie Aurélien Sénéchal, Directeur Général Délégué Opérationnel de CLEOR.Le temps perdu en inventaire n’étant pas passé à la vente, l’équipe dirigeante se tourne alors vers la technologie RFID. « Lors de nos veilles concurrentielles, nous avons découvert la RFID et nous avons compris qu’il était possible d’intégrer dans des étiquettes une puce et une antenne RFID pour permettre une lecture sans contact » précise Aurélien Sénéchal. Après des premiers tests réalisés dans le show room, le projet se formalise et l’idée germe d’équiper la centrale de stockage et les magasins de plateaux et de lecteurs RFID afin de faciliter l’entrée et la sortie en stock tout au long de la chaîne logistique.Grâce au marquage RFID présent en entrepôt, cette solution permet ainsi l’encodage des puces sur le site de distribution, la vérification de la cohérence de l’information, et le contrôle de l’activation de la puce RFID. Avec un taux d’encodage des tags RFID de 99.6%, les imprimantes B-SX5 de Toshiba assurent une excellente impression des étiquettes pour le marquage individuel des bijoux, facilitant et accélérant par la suite les étapes d’inventaire et de gestion des stocks.Une fois le fournisseur d’étiquette sélectionné, il s’agissait de trouver le bon prestataire pour la mise en place et la personnalisation de la solution. Un appel d’offres est lancé et la société Frequentiel se détache alors du lot. Rapidement, elle va proposer une solution adaptée à CLEOR. « Outre la réalisation de l’interface logicielle entre le système RFID et le système d’information CLEOR, une de nos valeurs ajoutées sur ce projet a été notre capacité à designer et fabriquer des raquettes et des antennes RFID sur mesure» explique la direction de Frequentiel qui poursuit « Nous avons conçu une raquette sur mesure, légère, fine et pas trop longue pour permettre une manipulation dans une vitrine et nous l’avons adaptée sur le Workabout Pro de Psion Teklogix, que nous considérons comme le lecteur mobile le plus performant du marché à l’heure actuelle. Résultat : 100% de lecture lors des tests et en un temps record! ».

Un inventaire en 4 heures au lieu de 4 jours
Le ré-étiquetage des 800 000 produits en stock peut alors commencer et c’est Toshiba Tec qui est choisi. Les étiquettes restent très petites pour conserver leur côté esthétique et intègrent une antenne RFID et une puce dans laquelle est implémenté un identifiant unique. Grâce à cette étiquette, la logistique de CLEOR est totalement bouleversée. Une performance qui a valu à CLEOR et Frequenciel de recevoir le trophée « Roi de la supply Chain 2010 » organisé par Supply Chain Magazine.A présent, en centrale de stockage comme en magasin, la réception d’un colis ou son expédition, ne nécessite plus de manipuler les bijoux. « Généralement, nos bijoux sont regroupés par lots physiques d’une centaine d’articles. Avant, nous devions sortir chaque bijou pour scanner son étiquette. A présent, l’opérateur lit instantanément les 100 articles, soit en les disposant sur un plateau de lecture RFID, soit avec son PDA muni de son antenne RFID » précise Aurélien Sénéchal. Il en va de même pour l’inventaire tournant. « Nous ne touchons plus aux vitrines pour inventorier nos produits.Il suffit de passer l’antenne du PDA au milieu de la vitrine : à chaque nouveau produit lu, un bip est émis par sécurité. La précision et la vitesse sont impressionnantes d’autant que nous imposons dorénavant des normes de merchandising très strictes pour la réalisation de nos vitrines. » Et l’utilisation de la RFID ne se limite pas aux opérations logistiques puisque même les clients peuvent bénéficier de cette productivité lors de leur passage en caisse.Les magasins ont basculé vers ce nouveau système dès novembre 2009 (soit à peine 8 mois après le début du projet). « Nous avons constaté une hausse de la productivité très importante, » se félicite Frequentiel. « En théorie, un inventaire qui exigeait 4 jours avec la méthode classique, pourra prendre seulement 4 heures ! Cela répond parfaitement aux attentes de notre client qui souhaitait permettre à ses vendeurs de se libérer des tâches rébarbatives et peu productives comme les inventaires. Ce premier projet, unique en France, ouvre la voie à une nouvelle génération de vitrines intelligentes » confie Aurélien Sénéchal.Marc Chabreuil

Les systèmes CRM, une composante essentielle de la performance des entreprises

Développer son activité commerciale est incontestablement la priorité de toute entreprise. Néanmoins, force est de constater que l’accès à de nouvelles opportunités d’affaires n’est qu’une composante de la performance commerciale. Il convient, en effet, de ne pas oublier ses clients existants, qui contribuent largement à garantir la pérennité de l’entreprise. Oui mais voilà, pour bien connaître ses clients, il est fondamental de pouvoir accéder à des données à forte valeur ajoutée. En ce sens, la technologie et, plus particulièrement, les systèmes CRM (Customer Relationship Management) jouent un rôle stratégique. Véritables entrepôts de données, ils doivent permettre aux entreprises de connaître l’un de leurs principaux actifs : leur base client.Construire des relations avec ses clients est un défi, particulièrement lorsque l’entreprise en possède de nombreux qui communiquent avec elle de différentes manières. Les outils CRM doivent permettre aux entreprises de mieux connaître leurs clients et de prendre les bonnes décisions. L’analyse de chaque client, à titre individuel, est donc indispensable afin de développer avec lui une relation durable, personnalisée et ainsi lui proposer une offre adaptée. L’historique de ses achats, ses moyens de communication habituels, entre autres, sont donc autant d’informations nécessaires au développement de relations à long terme. Souvent disséminées dans l’entreprise, ces informations doivent impérativement être consolidées dans une plate-forme collaborative afin d’être exploitables.Les applications de CRM doivent donc permettre de déployer une infrastructure servant à nouer une relation de long terme avec le client et ayant pour effet de lever les barrières entre fournisseur et client. Chacun peut alors anticiper les actions de l’autre et y répondre rapidement.

Certaines plateformes de CRM disposent d’un paramétrage « métier »
Ainsi, l’entreprise devra considérer l’approche CRM comme une véritable stratégie visant à instaurer des relations individualisées. Cette stratégie passe par le développement d’une infrastructure informatique dédiée, permettant le déroulement de processus bien définis et mieux contrôlés.Il convient également de noter que les outils de CRM semblent se diffuser largement au sein des PME, qui peuvent désormais proposer une relation client de grande qualité, comparable à celle délivrée par les grands groupes. Cela s’explique, notamment, par le lancement d’infrastructures plus packagées et simples à déployer. En effet, l’un des freins lié à l’approche CRM résidait principalement dans la difficulté d’intégration des outils. Cette donnée est aujourd’hui révolue.La CRM en plus de ses fonctions classiques, permet d’intégrer des fonctions telles que le suivi de projet, le suivi du SAV et du support Client. L’on notera enfin, que même les administrations commencent à déployer, dans leurs systèmes d’information, des outils de gestion de la relation administrés qui ne sont ni plus ni moins que des plates-formes de CRM disposant d’un paramétrage « métier » et intégrant les spécificités de leurs activités.Le CRM est donc une brique essentielle du système d’information qui vient fédérer un ensemble de données clients. Véritable mémoire de l’entreprise et outil de pilotage, il offre à ses utilisateurs la possibilité de s’appuyer sur des indicateurs à forte valeur ajoutée qui permettent de proposer une plus grande qualité de service et d’apporter une réponse adaptée aux attentes spécifiques de chaque client.

Par Henri Stuckert, Président d’Eureka Solutions

Une filière de recyclage des bétons intégrés économe en eau

Un partenariat tripartite organise en Aquitaine une nouvelle filière de recyclage des « bétons de retour » qui, à la fois, permet des économies d’eau et évite les pertes de béton dues au délayage mais exige une logistique complexe. Cemex Bétons Sud-Ouest, Cemex Granulats Sud-Ouest et Roy TP viennent de signer une convention qui organise, pour la première fois en Aquitaine, une filière de recyclage des bétons non utilisés sur les chantiers, dits « bétons de retour », à l’exception des bétons à base de billes de polystyrène et les chapes fluides à base d’anhydrite.

Alors que les bétons de retour servaient uniquement à des opérations de remblaiement, la nouvelle filière de recyclage des bétons intégrés leur assure une seconde vie. Ils seront transformés en granulats puis commercialisés aux entreprises de travaux publics pour être utilisés en applications routières (sous-couches de formes ou de fondations dans les structures de chaussées). Au total, plus de 50 000 tonnes estimées de granulats de ce type seront produites chaque année. Ce mode de recyclage a un double avantage. Il valorise un sous-produit de l’activité béton prêt à l’emploi en lui redonnant une nouvelle vie après transformation. C’est également une source considérable d’économie de ressources naturelles non renouvelables : les granulats issus de l’opération sont autant de matériaux qui ne sont pas extraits dans des carrières.

En fonction des possibilités techniques de chaque unité de production de Cemex Bétons, les bétons de retour sont stockés soit dans des bennes spécialement conçues (béton moulé), soit dans des bassins d’essorage (béton délayé), soit sur des aires de durcissement (béton gerbé). Dans un deuxième temps, les bétons durcis et les bétons essorés sont évacués par l’entreprise Roy TP vers ses propres sites et ceux de Cemex Granulats (Saint-Sever et Labatut). Sur ces sites, les 2 entreprises concassent et mélangent ces produits pour les transformer en granulats (diamètres de 0/80 mm, 0/60 mm ou 0/20 mm). Ces granulats recyclés sont ensuite commercialisés aux entreprises de travaux publics.

« Les bétons de retour étaient jusque là uniquement traités suivant la méthode du délayage-essorage avec un apport d’eau », explique Pierre Chianta, directeur de l’Agence Aquitaine CEMEX Bétons Sud-Ouest. « Cette nouvelle filière permet non seulement des économies d’eau mais aussi d’éviter les pertes de béton dues au délayage. Nous atteignons ainsi des volumes suffisants pour que l’ensemble du processus devienne économiquement viable ».

La société Roy TP assure la mise à disposition de 18 bennes de stockage et le transport du béton durci et essoré depuis les unités de production jusqu’aux sites de stockage et traitement. L’ensemble du processus nécessite une logistique en flux tendu et adaptée à la production aléatoire des retours de béton. L’entreprise doit être en mesure d’intervenir sur les unités de production dès que les bennes sont prêtes à être évacuées. Cette étape étant fonction des volumes des bétons de retour, elle est difficilement planifiable. L’agent technique de production de Cemex Bétons déclenche les opérations d’évacuation auprès de l’entreprise Roy TP, fait respecter le protocole de remplissage des bennes et veille aussi à ce que l’essorage des bétons soit optimal pour faciliter leur transport.

Ce nouveau système de collecte a nécessité plusieurs types d’investissements : la réalisation de 18 bennes empirol (Roy TP), la création de plateformes adaptées à l’usage des bennes et l’augmentation des installations d’essorage sur les unités de production. Dans un premier temps, 10 centres de production sont équipées, dans Les landes et en Pyrénées Atlantiques.

Marc CHABREUIL

Les tubes en polyester renforcé de fibres de verre pour remplacer le béton ?

En chantier depuis 2007 et installée à Montoir-de-Bretagne, en Loire-Atlantique, la nouvelle centrale à cycle combiné de GDF SUEZ qui sera mise en service cette année, desservira près de 250.000 foyers. D’une capacité de production de 430 MW, elle alimentera en électricité le sud de la Bretagne. La technologie retenue est celle de la turbine à gaz 9FB General Electric.Gaz de France/Suez a ainsi confié la réalisation de l’installation à General Electric, l’entrepreneur principal, qui forme un consortium avec Tecnicas Reunidas, société d’ingénierie espagnole spécialisée dans l’industrie gazière et pétrolière. Pour évacuer la chaleur nécessairement produite par le cycle, de l’eau froide est prise dans la mer, puis dirigée vers un bassin de rétention qui alimente le circuit de refroidissement des turbines et des auxiliaires. Ce sont les conduits de prise de l’eau que Tecnica Reunidas a commandé à APS France.Les canalisations installées, de marque Flowtite, présentent de multiples avantages. Tout d’abord, elles sont moins chères de 20 % que les solutions béton à âme en tôle. Ensuite, elles sont 10 fois plus légères qu’un tuyau fonte, âme tôle, donc plus facile à manipuler et à installer. Enfin, ce matériau présente des caractéristiques hydrauliques bien supérieures, constantes dans le temps, grâce au « liner » interne extrêmement lisse, composé de résine flexible. Ces systèmes de tuyauterie PRV sont également insensibles à la corrosion et ont fait la preuve de leur résistance aux environnements acides. Pour terminer, ils sont dimensionnés pour un fonctionnement en continu de 50 ans.

Assemblement sur place par lamination
L’installation a consisté en la mise en place de 4 conduites de DN1400 mm, avec une partie immergée, et une partie aérienne. Quatre conduites de prise d’eau étaient nécessaires pour satisfaire aux besoins du circuit de refroidissement, alimenté par deux pompes de 18.000 m3/h de débit. Elles sont toutes sous vide et fixées sur des pieux, en bordure de la mer. Installées pendant les périodes de marée basse, elles ont d’abord été préfabriquées en usine, puis assemblées sur place par lamination à cause des dimensions finales des ensembles (plus de 30 mètres de long et pratiquement 6 de largeur).Pour assurer une connexion parfaite avec les pieux en béton existants, une tolérance de seulement 1 cm sur les trois axes était autorisée. Situés dans l’embouchure de la Loire, une zone fortement soumise aux marées, les tuyaux doivent résister à des amplitudes de hauteur du niveau de la mer de 4 ou 5 mètres. Dans les plus forts coefficients de marée, la mer arrive à mi-longueur du tuyau ; une forte résistance à l’environnement salin, et aux contraintes de pression (poids de l’eau) était donc impérative. « La capacité d’APS France à réaliser une installation sous vide a été déterminante pour l’obtention du contrat, indique Ricardo Martinez, Chef de projet chez Tecnicas Reunidas. Toutes les lignes d’entrée fonctionnent en effet par aspiration de l’eau par dépression. Dans ce cas, il fallait une résistance au vide, car en cas de soucis, on pompe sans eau et on crée une dépression absolue. Le tuyau doit alors résister et ne pas se contracter sur lui-même. »Marc CHABREUIL

Le polyamide s’attaque aux deux roues

Pour la moto la plus sportive et la plus puissante de BMW, le groupe allemand Mahle a conçu et fabrique un système d’admission d’air à filtre intégré avec un polyamide de BASF d’une extrême stabilité dimensionnelle.Dans l’industrie automobile européenne, les collecteurs d’admission d’air en polyamide sont désormais relativement courants. Ce n’était pas le cas dans le secteur de la moto où ces composants se différencient notamment par la longueur réduite des tubulures et un encombrement restreint. Les usines de Stuttgart et Öhringen du groupe allemand Mahle ont franchi le pas en mettant au point et en fabriquant un système d’admission d’air à filtre intégré en Ultramid B3WGM24 HP, un grade de polyamide BASF dimensionnellement stable. Cette « boîte à air » dotée de conduits d’admission dont la longueur s’ajuste par électronique et qui combine légèreté et efficacité, est destinée à la moto la plus sportive et la plus puissante de BMW, la nouvelle S 1000 RR.Composée de 3 éléments moulés par injection, cette boîte à air est constituée d’une partie supérieure et d’une partie inférieure soudées l’une à l’autre. La commande destinée à faire varier la longueur du conduit, ce qui permet d’optimiser la courbe de couple sur une large plage de régimes, est fixée à la partie inférieure avant l’étape de soudage. « Comme la précision dimensionnelle des éléments du boîtier joue sur l’exactitude du réglage des tubulures d’admission, il est essentiel que les pièces en matière plastique ne subissent aucune déformation », explique Nicole Berg, planificatrice de production chez Mahle. Les caractéristiques de soudage du matériau revêtent également d’une grande importance, car le peu de place disponible n’offre qu’une très petite surface de soudure. En outre, la teneur minérale de la résine contribue à réduire considérablement le bruit. Marc CHABREUIL

Le Sénat vote contre le bisphénol A dans les biberons

La Sénat a adopté à l’unanimité mercredi 24 mars une proposition de loi visant à interdire la « fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de biberons produits à base de bisphénol A ». Les sénateurs ont cependant écarté l’ambition de départ qui consistait à interdire le BPA dans tous les récipients alimentaires.Appliquant le principe de précaution, les sénateurs ont été sensibles à la liste des effets nocifs imputés au BPA qui ne cesse de s’allonger en raison des perturbations endocriniennes qu’il génère. Rappelons que ce composé chimique a la capacité de s’extraire spontanément, à très faibles doses, des plastiques et des résines, d’autant plus facilement qu’il est chauffé, notamment au four à micro-ondes. Libéré dans les aliments et les boissons, il peut ensuite se retrouver dans l’organisme humain (sang, tissus gras, placenta, liquide amniotique, lait maternel…). La vente de biberons contenant du BPA sera suspendue jusqu’à ce que l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) publie de nouveaux résultats. Rappelons qu’elle avait rendu un avis positif en mai 2008, estimant que le bisphénol A ne présentait pas de risque pour le consommateur à condition de respecter la dose journalière tolérable (DJT). A la suite de différents « signaux d’alerte », l’agence a décidé de lancer une nouvelle étude sur le sujet.

Des mesures pour diminuer l’exposition humaine
Dans un deuxième article, la proposition de loi précise qu’un rapport devra être rendu par le gouvernement présentant « les mesures déjà prises et celles envisagées pour diminuer l’exposition humaine à ces produits », dans les deux mois suivant la publication par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de son expertise collective sur les perturbateurs endocriniens, et au plus tard le 1er janvier 2011. Cette proposition de loi doit maintenant être inscrite à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, s’est déclarée « plutôt favorable » avec deux réserves : un risque de contentieux européen et international et la nécessité de prouver l’innocuité des produits de substitution. C.G. Texte de référence
  • La proposition de loi : www.senat.fr
Dans l’actualité
  • Ça chauffe pour le bisphénol A
  • Plastiques alimentaires : les biberons sous le coup d’une interdiction
  • Pourquoi faut-il interdire le BPA dans les plastiques alimentaires ?
Dans la base documentaire
  • Bisphénol A ou diphénylolpropane (DPP)

 

Le Cetim s’attaque aux TMS

 » Douleurs cervicales, douleurs lombaires, douleurs des articulations des membres, tendinites, syndromes canalaires… autant de symptômes très invalidants, plurifactoriels, dont l’importance des activités professionnelles dans leur survenue et leur aggravation n’est plus à démontrer « , indique l’Institut de veille sanitaire (INVS) au travers de son bulletin épidémiologique paru en février dernier. Selon l’organisme, le simple comptage des Troubles musculo-squelettiques (TMS) des membres et du rachis réparés au titre des maladies professionnelles, représente près de 40.000 maladies indemnisées en 2008 par le Régime général de sécurité sociale, engendrant un coût direct annuel de près de 800 millions d’euros. Autant dire que les pertes de journées de travail, de productivité, de temps, de production et d’image, aux dépens des entreprises, est également préoccupant. Que ce soit en atelier ou au bureau, aucun secteur n’est épargné. Plusieurs études sectorielles, ainsi qu’une étude générique sur le sujet ont, du reste, été réalisées par le Cetim (Centre technique des industries mécaniques). Les résultats de l’enquête générique sont d’ailleurs repris dans l’ouvrage de la collection Performances,  » Ergonomie aux postes de travail : la prévention des troubles musculo-squelettiques « . Ce recueil fait le point sur ces TMS et délivre quelques clés d’anticipation et de résolution des problèmes au quotidien afin d’en réduire l’impact dès la conception de nouveaux postes de travail. Ainsi, en 72 pages, ce document propose en particulier aux industriels, concepteurs ou utilisateurs de machines, les éléments pratiques nécessaires à une démarche participative de prévention. Il recense les solutions ergonomiques, les références normatives et les spécifications techniques en cours aujourd’hui. Plus qu’un recueil de données, l’ouvrage sert de guide pour analyser les situations de travail et en déduire les impacts sur la santé des collaborateurs. Il constitue une aide à l’élaboration d’une stratégie pratique de protection de la santé des personnels de l’entreprise et de son amélioration dans le temps. L’objectif est d’accompagner l’industriel dans la conception ou la transformation des situations de travail en agissant à la fois sur les dispositifs techniques, les moyens, l’environnement, l’organisation et les hommes. L’ouvrage présente des fiches synthétiques rédigées à partir du retour d’expérience du Cetim. Les thèmes abordés constituent une synthèse des besoins et des contraintes soulevés par les industriels de plusieurs professions. Ces besoins sont présentés sous forme de problématiques ergonomiques et traités dans des recommandations ergonomiques applicables à tout type d’entreprise (utilisateur et concepteur).

« Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang »

Gérard Toulouse est physicien, directeur de recherche à l’École normale supérieure (Paris). Il est également membre du Comité permanent sur Sciences et Éthique de l’Alliance européenne des académies (dont il fut président entre 2001 et 2006). Impliqué, depuis quatre ans, dans divers débats publics autour des nanotechnologies, il revient pour Techniques de l’Ingénieur sur les principaux enseignements à tirer, après l’expérience du récent Cycle (octobre 2009 / février 2010) organisé par la CNDP dans toute la France. Au-delà de la problématique stricte des nanotechnologies, le processus mouvementé de ce débat a servi de révélateur pour les causes profondes de malaises, dans le domaine science et société.

Techniques de l’Ingénieur : Que faut-il retenir du débat public consacré aux nanotechnologies, qui s’est clôturé il y a quelques semaines ?

Gérard Toulouse : Lors d’une rencontre toute récente, dans le cadre de l’Académie des Technologies, notre collègue belge Philippe Busquin, qui fut Commissaire européen (1999-2004) en charge de la recherche scientifique, a estimé que le déroulement de ce débat en France était une catastrophe pour l’Europe. Ce n’est pas mon avis. Les choses étant ce qu’elles sont dans notre pays, il était utile que certaines tensions profondes apparaissent au grand jour, afin que des évolutions nécessaires, trop longtemps différées, soient enfin mises en œuvre. Le diagnostic le plus évident porte sur la situation grenobloise. Ce n’est certes pas un hasard si le groupe PMO (pièces et mains d’œuvre), qui fut le fer de lance de la contestation radicale, a incubé à Grenoble. Au fil des dernières décennies cette région, plus que partout ailleurs en France, a misé son avenir sur l’innovation technique, d’une manière telle qu’elle a pu être perçue par certains comme une fuite en avant, excessive, dangereuse, voire aberrante. La symbiose intime qui s’y est établie, entre élites politiques et scientifiques, a favorisé une habitude de passage en force. A la longue, cette attitude a suscité des anticorps, tentés de modifier, à leur façon, le rapport de force.

Est-ce que cela pose des questions au niveau de l’éthique, qui a constitué un sujet d’importance lors de la tenue des débats ?

En effet. Les laboratoires du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) ont une place majeure dans le développement des nanotechnologies en France, et notamment à Grenoble, avec les centres de recherches avancées Minatec et Clinatec, entourés de barbelés. En 1998, un Comité interministériel avait décidé que chaque organisme de recherche devait se doter d’un comité d’éthique, dans un souci de délibération collective pluraliste et de transparence dans les relations entre science et société. La plupart des organismes de recherche français ont évolué constructivement dans cette voie (certains ont même institué des espaces éthiques, formule meilleure encore, car plus ouverte). Mais pas le CEA (ni le CNES qui s’est contenté de faire appel à un conseiller pour les questions éthiques). Or l’essentiel dans la réflexion éthique (son fondement de légitimité, et sa garantie de vertu), c’est la pluralité de la délibération collective. Dans le cas de ces deux organismes réfractaires, leurs réticences prolongées suscitent de l’inquiétude : considèrent-ils vraiment que leurs activités, et leurs gouvernances hiérarchiques, sont incompatibles avec l’existence d’une instance de délibération pluraliste ? Si tel est le cas, ce serait consternant, au regard des évolutions qui se font ailleurs, en Europe et dans le monde. Et sinon, pourquoi différer sans cesse un aggiornamento aussi sage et raisonnable ?

Qu’en est-il des risques liés au développement des nanotechnologies, et de l’application du principe de précaution, qui fait également débat ?

Je ne suis pas un spécialiste des risques, mais je participe activement à un groupe de travail présidé par Georges Labroye (ancien directeur général de l’INERIS), au sein de l’Académie des Technologies dont je suis l’un des membres fondateurs. Nos auditions m’ont appris beaucoup de choses, encourageantes, sur la montée en puissance des agences de veille et des instituts de recherche étudiant les risques associés aux sciences et techniques. On constate aussi les effets bénéfiques de la concertation européenne. Certes nos toxicologues, ou écotoxicologues, réclament davantage de moyens et de recrutements. Mais enfin c’est un domaine où les évolutions sont positives.

Quelle est donc votre préoccupation principale vis-à-vis du développement des nanotechnologies ?

Aujourd’hui, ma crainte principale est que se reproduise autour des nanotechnologies le même scénario qu’il y a une dizaine d’années, autour des OGM. A savoir, une polarisation binaire, polémique, où chaque camp caricature l’autre, et finalement est ravi de se poser ainsi en s’opposant. D’un côté José Bové et les faucheurs, de l’autre des partisans du tout-OGM. On s’enferme dans un combat entre le bien ou le mal, où tous les coups sont permis.En ce qui concerne les nanotechnologies, il serait navrant que les pouvoirs établis cèdent à la tentation de diaboliser PMO, en les traitant d’ennemis de la démocratie. Et d’en profiter pour esquiver leurs propres responsabilités. Il est vital, pour nous tous en France, d’apprendre à écouter, à reconnaître la part de vérité dans ce que disent les contestataires. Il faut ouvrir des espaces de bonne foi. Cultiver, sous leurs formes modernes, l’art et l’esprit du dialogue.

C’est pour ces raisons que vous soulignez la nécessité de plus de pluralité dans le débat et au sein des institutions et des organismes impliqués dans la réflexion sur les nanotechnologies ?

L’instauration des Grenelles de l’environnement, avec la concertation entre parties prenantes, et la gouvernance à 5, a défriché un chemin pour sortir de l’impasse des confrontations stériles. J’ai présidé moi-même le comité de pilotage pour une Conférence de citoyens sur les nanotechnologies, organisée par la région Ile-de-France (en 2006-2007). Le fonctionnement du GIEC (dans un autre domaine, celui du changement climatique) a illustré la possibilité et l’avantage de recueillir des contributions venant d’une large diversité de porteurs de savoirs. Il est utile, pour la pertinence des analyses et décisions, que la société civile soit associée, d’une manière ou d’une autre, dans ces discussions. C’est d’ailleurs ce que réclament, fortement, nombre d’associations ayant su développer leurs propres capacités d’expertise.

Lors de la clôture du débat sur les nanotechnologies, vous avez parlé de « fuite en avant technologique ». Qu’entendez-vous par là ?

Récemment Alain Juppé a commenté ses préconisations pour le Grand Emprunt, en déclarant que « nous sommes condamnés à une fuite en avant technologique ». Cette idée est très répandue dans le milieu des décideurs : que la France, pour garder son rang, doit miser sur une capacité d’innovation permanente, et que c’est même sa seule chance de salut face à la montée des pays émergents. Je conteste cette vision géopolitique : vouloir maintenir à tout prix les inégalités passées, contre toutes les données géographiques et les évidences démographiques. Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang, notamment face à des pays vingt fois plus peuplés, comme la Chine et l’Inde. Pour les pays émergents il est clair que les OGM, les cellules-souches, les nanotechnologies, apparaissent comme des opportunités de sortir de leur condition ancienne de suiveurs. Tous les pays misent ainsi sur les nanotechnologies. Essayons d’être fair-play dans cette émulation générale, plutôt que de céder à une panique de fuite en avant.

Est-il nécessaire de mettre en place des barrières à cette fuite en avant technologique ?

Oui : Alex Türk, le président de la CNIL, m’a convaincu que le moment était venu de tracer des limites, ou du moins de réfléchir à l’avance à de futurs remparts et digues. La miniaturisation des systèmes d’écoute et d’observation pose problème. Le droit à l’intimité, la liberté de chacun pourraient se trouver menacés par des ‘mouchards’ indétectables, innovations que permettront les nanotechnologies. Dans le domaine biomédical, la perspective d’implants post-humanisants pose problème. En biologie synthétique, le domaine du possible dépasse de beaucoup le domaine du souhaitable. Par ailleurs, l’évolution constante de la micro-électronique a déjà bouleversé profondément les modes de vie, les relations entre générations. La miniaturisation continuée ressemble à une sorte de pente glissante, de descente en toboggan, vers on ne sait où.

Pour terminer, quel est votre avis sur l’utilisation des nanotechnologies à des fins militaires ?

C’est vraiment un domaine où il faut refuser le fatalisme. Car le « progrès » militaire peut être arrêté. Il existe déjà de nombreux traités de limitation ou d’interdiction : dans le domaine des armes de destruction massive ABC (atomique, biologique, chimique), mais aussi pour les mines anti-personnel, les armes à sous-munitions, etc. En France, nous avons un complexe militaro-industriel qui forme une sorte d’Etat dans l’Etat. On peut comprendre les raisons historiques de cette spécificité nationale. Mais aujourd’hui, la construction européenne a fait de notre continent une zone de sécurité collective. Devenir de bons élèves de la classe européenne, découvrir la fécondité du fair-play, c’est mieux assurer notre sécurité (en promouvant la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité, selon la mission de l’Unesco, dont le siège est à Paris).   Propos recueillis par Pierre Thouverez. Sommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

> Comprendre

  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
  • Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée
  • La giga capacité de la nanoélectronique
  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

> Evaluer

  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

> In situ

  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

> Produits

  • Un ciment plus respectueux de l’environnement
  • Un composite né du recyclage de peintures en poudre
  • 1.500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

 

« En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques »

Innover par les nanomatériaux. La perspective a de quoi séduire. Mais qu’est-ce que cela implique ? Jusqu’où peut-on aller ? Avec quels moyens ? Quels sont les verrous technologiques ou économiques ? A quoi faut-il être vigilant ? Le point avec Jean-François Hochepied, chercheur au Laboratoire des Systèmes Colloïdaux dans les Procédés Industriels à l’école des Mines ParisTech. Autant de questions qui seront également abordées lors de la journée  » Innover avec les nanomatériaux  » organisée par les Techniques de l’ingénieur le 1er juin 2010 à Paris (lire l’encadré).

Techniques de l’ingénieur : D’un point de vu technique, qu’est-ce que les industriels savent faire et maîtrisent en matière de nanomatériaux aujourd’hui ?

Jean-François Hochepied :  » Les industriels savent revêtir – par des méthodes physiques ou chimiques – des matériaux par des couches nanométriques d’un autre matériau, et aussi produire des nanoparticules, fonctionnaliser leur surface, les stabiliser dans différents milieux, les disperser dans certaines matrices, autrement dit, produire des nanocomposites. Évidemment, on parle ici d’industriels ayant des moyens techniques et de Recherche et Développement conséquents. Le contrôle des procédés est bien entendu délicat, sans parler des difficultés techniques de suivi en ligne. Par exemple, il ne suffit pas de mélanger sans précaution des poudres et un polymère pour obtenir un bon nanocomposite qui apportera de nouvelles fonctionnalités (optiques, électriques, mécaniques, résistance au feu etc…) au polymère de base : la nature des interfaces, le niveau d’agrégation des particules, l’architecture à différentes échelles ont un impact sur les propriétés finales et doivent être maîtrisés.

Quels sont alors les verrous technologiques qui subsistent ?

Les principaux verrous sont-ils technologiques ? Les coûts associés aux procédés à mettre au point, par rapport au marché espéré, peuvent parfois suffire pour décourager l’innovation par les nanomatériaux, même si les produits offrent de nouvelles fonctions ou des performances inédites. En outre les industriels sont forcément attentifs aux interrogations de la population sur les risques associés aux nanomatériaux en production, ou lors de l’utilisation par le client et en fin de vie…

De fait, quelles sont actuellement les grandes questions que se posent, dans ce domaine, les industriels ?

En ce moment les questions liées aux risques (sur la santé) sont probablement les plus présentes. Il est à espérer que les nombreux projets nationaux et internationaux consacrés aux risques – à la nanotoxicité, ou  » nanosafety  » selon l’approche -, permettront de mieux les cerner et de définir des outils permettant de les réduire si nécessaire.La question du cycle de vie ne doit pas être oubliée même si elle n’est pas prioritaire pour de nombreux industriels. Par exemple si on introduit des nanocharges dans un polymère recyclable, on complique – voire on peut rendre impossibles – les opérations de recyclage censées intervenir en fin de vie.Enfin, les industriels peuvent se demander comment définir et intégrer de nouvelles compétences  » nanomatériaux  » répondant à leurs besoins, et quel niveau d’internalisation adopter. Par exemple dans le cas de nanocomposites à matrice polymère, faut-il chercher à fabriquer soi-même à façon les nanocharges, ou peut-on se contenter de les acheter ailleurs ? Quel doit être le poids relatif entre recherche interne et collaborations académiques ? Comment faire une veille technologique efficace dans un domaine aussi mouvant et complexe ? Autant de questions qui méritent réflexion.  » En savoir plusJean-François Hochepied est responsable depuis juillet 2001 du laboratoire SCPI (Laboratoire des Systèmes Colloïdaux dans les Procédés Industriels) à l’école des Mines ParisTech. Dans ce cadre, il y a mis en place une activité nanomatériaux et a organisé des manifestations consacrées à ces derniers : journées industrielles à Mines-Paristech, Symposia dans des congrès de l’European Materials Research Society. Ses principales thématiques de recherche sont les synthèses de particules submicroniques, de nanoparticules et de matériaux nanostructurés par précipitation et cristallisation en solution aqueuse.Formation Techniques de l’ingénieurA ce titre, il participera également à la journée  » Innover avec les nanomatériaux  » organisée par les Techniques de l’ingénieur le 1er juin 2010 à Paris. Voir le programme complet. Propos recueillis par Anne-Laure BérangerSommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

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  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
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  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

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  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

> In situ

  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

> Produits

  • Un ciment plus respectueux de l’environnement
  • Un composite né du recyclage de peintures en poudre
  • 1.500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

 

Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention, un article extrait de la base documentaire Nanotechnologies

INTRODUCTION

Juridiquement parlant, pour le droit des propriétés industrielles, les nanotechnologies ne se distinguent tout d’abord d’autres champs technologiques que par des détails qui seront ici abordés. Réfléchir sur la pertinence et les conséquences de l’application du droit des brevets aux nanotechnologies implique de se poser la question de l’objet protégé par cette construction juridique et des effets de cette protection.

AUTEUR

Stéphanie LACOUR est chargée de recherche au CNRS – Centre d’études pour la coopération juridique internationale.

Télécharger l’intégralité de l’article Sommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

> Comprendre

  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
  • Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée
  • La giga capacité de la nanoélectronique
  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

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  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

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  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

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  • Un composite né du recyclage de peintures en poudre
  • 1.500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

Equipé de ses vêtements thermiques (cf. photo), Maurice Paquet peut chasser par grand froid, résistant à des températures de -10°C en statique et -20°C avec une activité physique moyenne. S’il peut atteindre un tel niveau thermique, c’est grâce à l’utilisation de nanomatériaux. L’histoire de Pamotex a débuté il y a cinq ans, alors que Maurice Paquet s’est retrouvé « sur la touche » à 55 ans. Après une carrière dans le textile, il a souhaité poursuivre dans ce secteur et s’est mis à la recherche d’un produit nécessitant une mise au point technologique et intéressant pour le marché. C’est en Asie qu’il a trouvé ce qu’il lui fallait : les nanocéramiques de dioxyde de zirconium. Grâce à un concours de circonstance, il a réussi à homogénéiser le mélange des nanoparticules dans le polymère, inventant ainsi la technologie Zargun. Celle-ci forme une barrière aux infrarouges que le cœur humain émet, permettant de stocker une partie de la chaleur, l’autre étant renvoyée sur le corps avec comme conséquences l’augmentation du niveau thermique sous-cutané et l’accélération du flux sanguin.

Pour mener à bien son projet, Maurice Paquet s’est rapproché de l’Institut français du textile et de l’habillement (IFTH), qui a réalisé gratuitement les tests validant l’efficacité de son produit. « L’IFTH m’a alerté sur les dangers liés aux nanotechnologies », explique-t-il. Le principal risque est lié au relargage lors de la teinte et des lavages. « Après 50 lavages, aucune déperdition n’a été constatée. Par ailleurs, le zirconium n’est pas nocif, il est utilisé depuis longtemps dans des bijoux. »

Applications médicales

En parallèle, Maurice Paquet a cherché à constituer un consortium avec d’autres acteurs du textile, mais sans succès. Ses partenaires industriels ont jugé trop onéreux les tests pour valider l’aspect thermique au niveau médical.Pour les aspects juridiques, la Chambre de commerce et d’industrie de la Loire l’a rapproché d’un spécialiste des brevets. « Il ne m’a pas conseillé de déposer un brevet car il aurait permis au fournisseur de maîtriser la technologie. Cela m’a aidé à négocier l’exclusivité pour l’Europe. »

Réalisant un chiffre d’affaires de 100.000 euros en 2009, Maurice Paquet commercialise ses textiles auprès d’industriels, et notamment grâce à un nouveau partenaire espagnol spécialiste du sport. Il a également créé une gamme propre vendue directement aux particuliers. « J’ai mis en avant l’aspect nano dans un premier temps. Maintenant j’en parle mais sans plus », témoigne-t-il.A 61 ans, Maurice Paquet cherche un repreneur pour exploiter la ligne de produits en direct avec les particuliers, mais il n’est pas pressé d’aller à la retraite. D’après lui, le Zargun promet bien plus que des propriétés thermiques pour sportifs ou professionnels. « Il existe des applications médicales et paramédicales, notamment contre l’arthrose ou les problèmes d’équilibre postural. Mais les tests coûtent très chers. » En continuel testeur, il s’est fabriqué des genouillères qui le soulagent complètement de son arthrose.

Corentine Gasquet

Site
www.zargun.frwww.ifth.org

Sommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

> Comprendre

  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
  • Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée
  • La giga capacité de la nanoélectronique
  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

> Evaluer

  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

> In situ

  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

> Produits

  • Un ciment plus respectueux de l’environnement
  • Un composite né du recyclage de peintures en poudre
  • 1.500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

Savoir lire les fiches de données de sécurité

Chaque mois, Techniques de l’Ingénieur s’associe aux Editions Tissot, spécialiste depuis 35 ans en droit du travail, pour faire le point sur une question particulière relative à la gestion des risques chimiques (voir l’encadré). Ce mois-ci, focus sur l’utilisation des fiches de données de sécurité. Comment et à quel rythme se les procurer ? Comment les interpréter et à quoi servent-elles ? Le point. Les fiches de données de sécurité (FDS) sont des documents contenant les données relatives aux propriétés dangereuses d’une substance chimique, d’un mélange ou d’un article. Elles font partit des éléments écrits essentiels pour la prévention du risque chimique.

Détails de la procédure

Etape 1 – Obtenir les fiches de données de sécurité

Ces fiches sont rédigées par le fabricant, l’importateur ou encore le vendeur et doivent donner toutes les informations utiles concernant les dangers pour la sécurité, la santé et l’environnement liés à l’utilisation du produit chimique. Elles doivent être envoyées par le fournisseur du produit lors de la livraison. Si vous constatez l’absence de cette fiche lors de la réception d’un produit dont l’étiquette indique des dangers, vous devez en faire la réclamation.Elles doivent être rédigées en français, datées et comporter 16 rubriques obligatoires :

  • Rubrique n° 1 : Identification de la substance / préparation et de la société / entreprise. Nom du produit, utilisations, nom du fournisseur, adresse, numéro d’appel d’urgence.
  • Rubrique n° 2 : Identification des dangers. Les principaux dangers pour la sécurité des installations, pour la santé de l’homme et pour l’environnement sont décrits : danger d’explosion, d’incendie, dangers par inhalation, par contact cutané, par projection dans les yeux, par ingestion, dangers pour l’environnement aquatique, le sol.
  • Rubrique n° 3 : Composition / informations sur les composants. S’agit-il d’une substance ou d’un mélange ? Nom chimique, numéros d’enregistrement divers (CAS, CE, REACH, etc.), concentration des ingrédients.
  • Rubrique n° 4 : Premiers secours. Description des mesures relatives aux premiers secours en cas d’urgence et actions à éviter selon les voies d’exposition, conseils de protection des sauveteurs, instructions pour médecin, etc.
  • Rubrique n° 5 : Mesures de lutte contre l’incendie. Moyens d’extinction appropriés et déconseillés, risques spécifiques en cas d’incendie, dangers liés aux produits résultant de la combustion, etc.
  • Rubrique n° 6 : Mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle. Précautions individuelles, précautions pour la protection de l’environnement, méthodes de nettoyage et d’élimination.
  • Rubrique n° 7 : Manipulation et stockage. Mesures techniques de manipulation et conditions de stockage recommandées et à éviter. (matériaux incompatibles, conception des locaux de stockage, etc.)
  • Rubrique n° 8 : Contrôle de l’exposition / protection individuelle. Procédures et valeurs de contrôle de l’exposition des travailleurs, caractéristiques des équipements de protection individuelle (E.P.I.). (Le type et la nature des E.P.I. à utiliser sont précisés dans cette rubrique.)
  • Rubrique n° 9 : Propriétés physiques et chimiques. Etat physique, couleur, odeur, pH, densité, solubilité, caractéristiques d’inflammation, valeurs environnementales, etc.
  • Rubrique n° 10 : Stabilité et réactivité. Stabilité du produit, réaction dangereuse, produits de décomposition, conditions d’utilisation dangereuses.
  • Rubrique n° 11 : Informations toxicologiques. Effets dangereux ou néfastes sur la santé, aigus ou chroniques (toxicité aiguë, risques CMR, etc.), en fonction des voies d’exposition
  • Rubrique n° 12 : Informations écologiques. Effets connus ou probables sur l’environnement (mobilité, dégradabilité, bioaccumulation, effets écotoxicologiques et biologiques).
  • Rubrique n° 13 : Considérations relatives à l’élimination. Méthodes recommandées pour éliminer les déchets du produit sans danger, méthodes d’élimination des emballages contaminés.
  • Rubrique n° 14 : Informations relatives au transport. Précautions spécifiques au transport, codification et classement selon les différents modes de transport.
  • Rubrique n° 15 : informations réglementaires. Les informations de cette rubrique sont identiques aux informations de l’étiquette du produit. La mise en place d’une nouvelle réglementation sur l’étiquetage nécessite une double information. : les phrases de risques (phrase R), les mentions de danger (phrase H) et les conseils de sécurité (phrase S) et conseils de prudence (phrase P) sont précisés. Référence aux réglementations européenne et nationale applicables. (autorisations et restrictions d’utilisation, installations SEVESO ou ICPE, etc.)
  • Rubrique n° 16 : Autres informations. Références bibliographiques, date d’émission et/ou de modification de la fiche, etc.De plus, elles doivent vous être remises gratuitement. S’agissant d’un document évolutif, il est essentiel de vous assurer de disposer toujours de l’exemplaire le plus récent.Les FDS peuvent être transmises sous forme de papier, bien que d’autres supports (informatiques et télématiques) soient plus utilisés actuellement.

Etape 2 – Interpréter la FDS

La FDS doit permettre d’assurer au mieux la sécurité des salariés.Son contenu va ainsi servir à :

  • Définir la dangerosité des produits : grâce à cette fiche, vous connaissez les risques encourus par les salariés. En application des principes de prévention, vous devez limiter à la source les dangers en utilisant les produits les moins dangereux pour une efficacité équivalente ;
  • Limiter l’exposition des salariés : en définissant les zones où les produits dangereux sont utilisés et en les hiérarchisant, vous pouvez limiter le nombre de salariés exposés ainsi que la durée d’exposition ;
  • Etablir les notices de sécurité ou fiches de poste lorsque le salarié est exposé à des substances dangereuses. Cette fiche est une synthèse de la FDS ; vous devez y retranscrire les dangers (sous forme de pictogramme par exemple) et les obligations de prévention et de protection qui en résultent ;
  • Dispenser la formation de sécurité au poste de travail des salariés exposés à des produits dangereux.

Etape 3 – Utiliser la FDS

La FDS vous indique les moyens de protection et de prévention à mettre en œuvre lors du stockage et de l’utilisation du produit. Vous devez mettre à disposition des salariés concernés les moyens de prévention et de protection décrits dans la FDS. Les prochaines FDS étendues vous indiqueront si votre scénario d’exposition est en accord avec ceux qui seront décrits par votre fournisseur.La FDS vous sert aussi pour l’inventaire des produits dangereux utilisés dans votre entreprise lors de l’évaluation des risques.Vous y trouverez des informations quant à l’élimination des déchets, objets et emballages contenant ou ayant été au contact du produit chimique.Vous devez aussi la transmettre au médecin du travail et tenir compte de son avis, en particulier sur l’aptitude des salariés risquant d’être exposés.

Notre conseil

Disposez de la dernière version des FDSN’hésitez pas à demander une nouvelle FDS après un an, car son actualisation éventuelle ne vous est envoyée que pour les commandes intervenues dans les 12 mois précédents. Refusez les produits dangereux non étiquetés et/ou non accompagnés d’une fiche de donnée de sécurité.Source : Schémas commentés santé sécurité au travail > Savoir lire les fiches de données de sécurité [conditions de travail CHSCT] – [visite medicale travail]Editions Tissot : droit du travail – convention collective syntec –

Ce sujet vous intéresse ?

– Lire notre dossier consacré au CHSCT : la réduction des accidents de travail et des maladies professionnelles : télécharger gratuitement le dossier- Quelles démarches accomplir lors d’un accident du travail ? [Les salariés accidentés du travail ou atteints d’une maladie professionnelle > démarches accident travail]- Télécharger gratuitement la convention collective Syntec  En partenariat avec les Editions TissotSpécialiste en droit du travail depuis 35 ans, les Editions Tissot vous proposent de découvrir leurs publications en santé sécurité au travail et les conventions collectives relatives à votre domaine d’activité. Découvrez également les programmes de formation santé sécurité au travail.Formation Techniques de l’Ingénieur

  • Rédiger une FDS
  • Réglementation risques chimiques

« Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel »

Les nanotechnologies ne génèrent pas encore de véritables ruptures technologiques et leurs applications restent pour l’instant cantonnées à des volumes assez limités. Pour profiter au mieux de la révolution à venir, la France devra mieux valoriser sa recherche et créer une véritable filière industrielle. Le point avec Vincent Pessey, responsable du pôle d’expertise nanotechnologies du cabinet de conseil Alcimed.

Technique de l’ingénieur : D’après l’Union européenne, le marché des nanotechnologies atteindra 1.000 à 2.000 milliards de dollars en 2015. Pourquoi la fourchette est-elle aussi large ?

Vincent Pessey : Le marché est difficile à évaluer. Tout dépend de ce que l’on inclut dans le marché. Par exemple, dans le cas des ordinateurs où la fabrication est liée à l’utilisation des nanotechnologies, faut-il compter tout le marché des ordinateurs ? On va bientôt trouver des nanotechnologies dans de nombreux produits de consommation, cela représente un marché très important. On s’attend à une quatrième révolution industrielle. Mais la diversité des applications possibles rend difficile un chiffrage précis.

Historiquement on parlait de 1.000 milliards de dollars en 2010 / 2015. Nous sommes en 2010…

Nous ne sommes pas sur le scénario le plus rapide, mais nous sommes dans le scénario moyen. On utilise les nanotechnologies dans la microélectronique car les finesses de gravure mises en œuvre aujourd’hui sont en dessous de 100 nm. Elles permettent de poursuivre la course à la miniaturisation et ont permis jusqu’à présent de suivre la loi de Moore. Cependant, au-delà de la microélectronique, il existe peu de marchés de masse. Les applications restent encore au niveau de marchés de niche. Aujourd’hui, pour la plupart des applications, nous sommes encore en train de faire la courbe d’apprentissage et des marchés d’importance devraient bientôt arriver.

Qu’en est-il des nanomatériaux ?

En ce qui concerne les nanomatériaux, nous sommes dans une phase de multiplication des applications ponctuelles avec des volumes assez faibles. Ces applications sont dans une démarche d’innovation incrémentale. Par exemple dans l’automobile, on utilise des pièces en nanocomposites pour leur légèreté, leur résistance mécanique. Mais seules certaines gammes sont aujourd’hui concernées. Au global, on comptabilise près de 800 nanoproduits, mais ils sont le plus souvent portés par des start-ups, avec des volumes de vente limités. A plus long terme, les nanotechnologies devraient également être porteuses de véritables ruptures (nouvelles fonctionnalités ou combinaison de fonctionnalités, nouveau mode de production…). Les développements techniques sont en cours auxquels viennent se greffer des réflexions concernant la mise sur le marché avec les problématiques d’hygiène, de sécurité et d’environnement.

Dans la préface du Guide 2010 des nanotechnologies (édité par les Editions Techniques de l’ingénieur), vous écrivez que 2010 sera l’année des nano …

Fin 2010 mi-2011, j’ai le sentiment que l’on devrait voir arriver plus d’applications, dans des volumes supérieurs. La question est de savoir comment nous allons gérer les problématiques HSE [ndlr : hygiène, santé, sécurité] et leur impact sur le développement des produits.

A plus long terme, comment va se dérouler la « révolution » ?

La révolution se fera en deux vagues. Une première période concernera principalement les matériaux intelligents, notamment dans le bâtiment, qui vont modifier notre relation à l’environnement extérieur. Une deuxième vague, la révolution industrielle, correspond à de nouveaux modes de production, basés en grande partie sur l’ingénierie moléculaire.

Comment la France se positionne-t-elle au niveau mondial ?

Nous avons des champions nationaux comme Arkema ou Rhodia en pointe dans les nanotechnologies, des start-ups, ainsi qu’une recherche performante. Cependant, se pose le problème de la valorisation de la recherche dans l’industrie, problème qui dépasse d’ailleurs le cadre des nanotechnologies. Nous n’avons pas de filière industrielle réellement en place. Comment les PME peuvent-elles avoir accès à ce savoir-faire ?

Tout en prenant en compte les aspects HSE, il faut assurer la diffusion dans le tissu industriel. Cela passera par nos champions, comme par exemple dans le textile ou l’automobile. Les nanotechnologies permettront d’apporter de nouvelles fonctionnalités pour les consommateurs, ou un gain dans la production pour les industriels, ce qui leur donnera un avantage compétitif.

Par ailleurs, pour que la France se positionne bien dans les nanotechnologies, il me semble important de créer une culture nano. Cela passe par exemple par le grand débat, par l’enseignement au collège et au lycée ou par des diplômes comme cela se passe à Grenoble. Concernant le grand débat, il ne faut pas s’en tenir à un bilan rapide, cela doit être un point de départ pour autre chose.

On a souvent l’impression que les industriels jouent la politique de l’autruche et refusent d’aborder le sujet HSE concernant les nano. Qu’en pensez-vous ?

Les industriels sont en phase d’observation et de réflexion, ce n’est donc pas facile de communiquer dessus. Ils ont des recherches en cours mais pas toujours de produits. Par ailleurs, il ne faut pas généraliser, ni faire d’amalgames. Les nanomatériaux n’ont pas tous la même dangerosité. En communiquant, les industriels peuvent craindre d’être catalogués sans raison valable.

Propos recueillis par Corentine Gasquet

Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée

Le monde des nanotechnologies offre des champs d’application d’une diversité folle. C’est notamment le cas au niveau médical. La performance des soins, les possibilités de reconstruction et d’innovations médicamenteuses laissent entrevoir des perspectives spectaculaires. Mais se pose la question des limites à imposer, des barrières éthiques. Aujourd’hui, la nanomédecine avance. Les résultats et les promesses sont au rendez-vous.

L’application des nanotechnologies au domaine médical est en phase de révolutionner la pratique des soins médicaux dans le monde entier. La cause principale de cette révolution, c’est la taille des outils construits, qui permet d’appréhender, de diagnostiquer et aussi de combattre la maladie. Tout cela avec une précision et une efficacité nouvelles.

 

Quels domaines de la médecine sont concernés par les nanotechnologies ?

Des recherches au niveau de la réparation tissulaire, de l’amélioration des facultés, figurent parmi les pistes explorées avec le plus grand sérieux et la perspective de résultats est insoupçonnable. Plus près de nous, les nanotechnologies donnent aux chercheurs des armes supplémentaires pour se battre contre les maladies, et bien sûr les cancers. La recherche génomique, la bioinformatique et la conception rationnelle de médicaments assistée par ordinateur participent à la création de nouvelles classes thérapeutiques

Quelles sont les applications ?

A ce jour, plusieurs types d’applications de nanomédicaments existent ou sont envisagés : médicaments et agents actifs, surfaces adhésives médicales anti-allergènes, médicaments sur mesure délivrés uniquement à des organes précis… D’ici à 2015, la National Science Foundation des États-Unis prédit que la nanotechnologie produira la moitié de la gamme des produits pharmaceutique. Mais ce n’est pas tout : les applications concernent aussi bien les appareils et moyens de diagnostic miniaturisés, les implants munis de revêtements améliorant la biocompatibilité et la bioactivité. La thérapie génique offre également un large champ d’applications: nanovecteurs pour transfert de gènes, microchirurgie… Enfin, en ce qui concerne la médecine réparatrice, la recherche sur les nano-implants et les prothèses pourrait aboutir à des applications révolutionnaires.

Quels sont pour l’instant les résultats des recherches ?

Patrick Couvreur est directeur de l’unité « Physico-chimie, pharmacotechnie, biopharmacie » de Châtenay-Malabry. Spécialiste et passionné par les nanotechnologies depuis plus de 25 ans, il a notamment étudié la vectorisation des médicaments, via les nanotechnologies. Il s’agit d’une technologie tout à fait nouvelle dans l’adressage des médicaments. Concrètement, l’association d’un médicament à une nanoparticule (le plus souvent un biopolymère issu de la chimie de synthèse) permet, grâce à des marqueurs spécifiques, d’adresser le médicament vers l’organe qui en a besoin. Autre exemple, au niveau du combat contre le cancer : l’utilisation des nanotechnologies permet de repérer plus précisément les tumeurs. Dans ce cadre, l’utilisation d’outils puissants, tels que le microscope à effet tunnel (MET), le microscope à force atomique (MFA), l’avènement des biopuces, des biotransistors et de l’électronique moléculaire, ouvrent des voies nouvelles pour la mise au point de tests de diagnostic, et de puces implantées destinées à modifier certaines fonctions métaboliques ou à corriger des handicaps.

Quels types de nanoparticules sont utilisés pour la fabrication de médicaments ?

Reprenons l’exemple de l’adressage des protéïnes. Les nanoparticules utilisées ici ont une taille de 0,1 ou 0,2 microns, et sont préparées avec des produits biodégradables. Les systèmes ainsi obtenus rentrent de manière assez profonde dans les tissus, compartiments cellulaires (et sub-cellulaires). Bien entendu, on doit avoir recourt à des biopolymères qui vont être biodégradés, pour éviter tous les problèmes de toxicité qui pourraient se poser par accumulation. Il existe deux types de systèmes nanoparticulaires qui vont permettre l’adressage moléculaire des médicaments :

  • les systèmes réservoirs ou nanocapsules. Issus de la chimie de synthèse, ils vont en quelque sorte transporter le médicament directement sur le site d’action.
  • Les systèmes matriciels, eux, sont issus de la chimie de synthèse. Ils forment un enchevêtrement de chaînes polymères et le médicament va être dispersé à l’état moléculaire dans cette matrice polymère. C’est en se dégradant que cette matrice va libérer le médicament sur le site d’action.

Quelles matières présentent des propriétés intéressantes pour la recherche médicale ?

Les nanoparticules d’or sont plébiscités par les biologistes. L’or est un métal noble, réputé non toxique, même à l’échelle nanométrique. De plus, les nanoparticules d’or ont une excellente stabilité et leur réponse optique ne présente pas de fluctuations dans le temps. En revanche, elles absorbent très peu la lumière et nécessitent a priori d’être combiné à des agents contrastants. Grâce aux nouvelles méthodes de microscopie optique ultrasensible, il est devenu possible de mesurer un taux extrêmement faible d’absorption lumineuse, et donc de détecter des nanoparticules d’or avec une très faible puissance lumineuse ce qui laisse envisager de nombreuses applications en imagerie. La liste est longue car chaque matière possède des caractéristiques particulières quand on se place au niveau de l’atome, ce qui est le cas pour les nanotechnologies.

Quelles perspectives pour les années à venir ?

Le marché combiné de la nanomédecine (administration de médicaments, thérapeutique et diagnostic) atteindra 10 milliards de dollars en 2010. La National Science Foundation des Etats-Unis. prédit que la nanotechnologie produira la moitié de la gamme des produits pharmaceutiques d’ici 2015. Au niveau de la recherche, le potentiel semble infini, et les innovations s’enchaînent. Récemment, on s’est par exemple aperçu que des biomatériaux de synthèse pouvaient être utilisés pour traiter ou remplacer certains tissus, organes ou fonctions du corps. Par exemple, certaines capsules en polymères intelligents implantées dans l’organisme laissent passer des molécules capables de traiter en permanence des affections du corps. Le laboratoire Oak Ridge National Laboratory (ORNL) fabrique, lui, des nanosondes mille fois plus fines qu’un cheveu capables d’interagir avec les cellules et les globules rouges. A l’image des implants artificiels, ces nanorobots bioélectroniques permettent de réguler certaines fonctions métaboliques déficientes.

Qu’est-ce que l’AFH ?

L’AFH, ou amélioration des facultés humaines, est peut-être le domaine dans lequel la nanomédecine aura le plus d’impact. Combinée à d’autres technologies nouvelles, la nanomédecine permettra en principe de modifier la structure, la fonction et les capacités du corps et du cerveau humains. Dans un avenir proche, les AFH nanos vont gommer la frontière entre thérapie et amélioration. Cela peut littéralement métamorphoser la notion de santé ou d’humanité.

Quels sont les risques ?

Paradoxalement, on connait très peu l’impact sur la santé et l’environnement des nanomatériaux utilisés pour mettre au point les nanomédicaments. L’insuffisance des recherches en toxicologie, même si ce phénomène à tendance à évoluer, ne nous offre pour le moment pas toutes les garanties. Même si on commercialise déjà des nanoproduits (y compris des nanomédicaments), aucun Etat ne dispose d’une réglementation pour régir des questions de sécurité fondamentales à l’échelle nanométrique. Selon une étude publiée par l’INRS [1], spécialisé dans la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, ces minuscules particules mille fois plus petites que le diamètre d’un cheveux (10 à 100 nm) pénètrent mieux dans les poumons, les microfissures de la peau et probablement dans le cerveau que les particules plus grosses. Connaissant ce risque, déjà mis en évidence en 2003, l’INRS appelle aujourd’hui à une prévention accrue sur le lieu de travail. « Certaines particules ultra-fines peuvent être plus dangereuses que des particules plus grosses de la même matière » et ont des propriétés spécifiques encore mal connues, soulignent les chercheurs. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes éthiques.

 

[1] INRS : prévention des risques professionnels

 

P.T

 

La giga capacité de la nanoélectronique

L’internet, le téléphone, le multimédia, le GPS, l’électroménager, l’électronique de toutes sortes font partie de notre vie courante. Aujourd’hui, la transition se fait de la micro-électronique vers la nanoélectronique. Nous allons le voir, les conséquences sont une plus grande miniaturisation des appareils, et des capacités de fonctionnement que l’on n’imaginait pas il y a quelques années. Les progrès réalisés au niveau des puces RFID laissent également entrevoir des potentialités nouvelles.

 

On parle de passage de la microélectronique à la nanoélectronique : qu’est ce que cela signifie ?

En électronique, le transistor est le composant actif fondamental. Il permet de traiter les signaux électriques (amplification, filtrage, stabilisation, modulation…). L’innovation technologique en électronique a pris de l’ampleur à partir du moment où les transistors ont été intégrés en très grand nombre au sein d’un seul composant, le microprocesseur. A partir de là, l’innovation a abouti à des transistors de plus en plus petits et de plus en plus nombreux, suivant la loi de Moore. En 2004, la taille de ces transistors est passée en dessous de 90 nanomètres de largeur. A l’échelle actuelle (32 nm), les lois qui régissent le fonctionnement des puces électroniques ne sont plus celles de la physique classique : c’est à ce stade que des effets apparaissent avec des propriétés nouvelles, c’est l’effet quantique.

Qu’est-ce qu’un ordinateur quantique ?

L’ordinateur quantique ne fonctionnerait pas à partir de bits classiques, dont les états sont parfaitement définis (0 ou 1), mais grâce à la propriété d’intrication des éléments de la matière à l’échelle quantique (2 atomes ou 2 photons peuvent rester « liés » ensemble, même séparés de plusieurs dizaines de kilomètres), on peut mettre au point des bits quantiques ou « qubits » représentant une large gamme de mélange (superposition d’états) entre 0 et 1. Avec 30 qubits, on peut ainsi coder 230 objets simultanément soit 1 milliard de nombres. Les frontières actuelles des applications concevables seraient profondément repoussées et certaines applications actuelles totalement obsolètes (cryptologie). On sait aujourd’hui fabriquer des dispositifs à 8 « qubits » et l’on estime à 10 ans la faisabilité d’un vrai « ordinateur quantique ». Les applications, on l’aura compris, sont nombreuses, mais les chercheurs insistent sur la révolution que l’ordinateur quantique représenterait pour un domaine comme la cryptologie.

Quelles sont les applications possibles au niveau des puces RFID ?

Sans trop se caricaturer, on peut comparer les puces RFID à des ordinateurs très particuliers : ils sont discrets par leur taille, sans aucun périphérique ni interface. De plus, ils sont capables de s’activer seuls, lors du passage au travers du champ émis par un lecteur et leur état de fonctionnement n’est nullement visible. De la taille d’un cheveu, ces puces indétectables se révèlent être des outils révolutionnaire au niveau du traçage. En effet, notre vieux code barre ne fait pas le poids, face à la RFID, qui outre sa taille possède des capacités de stockage d’informations impressionnantes. Toutes ces voies de traitement du signal connaissent à l’heure actuelle une croissance difficilement mesurable mais très importante.

Ces systèmes miniaturisés d’écoute et de stockage d’information ne pose-t-il pas de problème au niveau de la liberté et du droit à l’intimité ?

La CNIL insiste depuis plusieurs années sur les barrières éthiques à mettre en place. Il est évident que le danger face à la menace d’une surveillance généralisée soulève toutes les craintes. Au niveau français, mais également national. Ainsi, les Cnil européennes avouent être préoccupées des possibilités de « violation de la dignité humaine et des droits de protection des données» induites par certaines applications des RFID. «Nos inquiétudes concernent en particulier les possibilités pour les gouvernements et les entreprises d’utiliser les RFID pour s’immiscer dans la sphère privée des individus », résume Alex Türk, président de la CNIL.

Qu’est-ce que la spintronique ?

Il y a encore 50 ans, la capacité des premiers disques durs n’était que de 5 mégaoctets. Aujourd’hui, cette capacité est un million de fois plus importante. Comme le disent les chercheurs, on est passé aux gigaoctets grâce aux nanotechnologies. Ces performances n’auraient jamais été atteintes sans l’effet de magnorésistance géante ou GMR. Cette découverte a ouvert un nouveau champ scientifique : la spintronique. Son impact dans la technologie de l’information est déjà considérable. Les capacités de stockage et de rapidité de lecture des disques durs ont été modifiées très significativement. Ainsi, la densité d’informations est augmentée d’un facteur 100 et l’efficacité énergétique accrue. L’émergence de la GMR, et sa forme plus achevée et quantique, la TMR, ont permis le développement de dispositifs de très petite taille, aujourd’hui utilisés couramment, comme les mémoires flash et les lecteurs MP3.

Quels sont les attentes en termes d’innovation pour les prochaines années ?

Elles sont très nombreuses et très variées. Au niveau de l’éclairage, des LED intelligentes vont voir le jour. Au niveau des écrans, la révolution est également en marche. Ainsi, on verra bientôt des écrans géants interactifs en lieu et place des vitrines pour personnaliser la publicité, et, sans même avoir à entrer dans les magasins, pouvoir découvrir sinon acheter ce qui y est entreposé. Pour les motards, des interfaces translucides permettront notamment de voir de nuit ou encore d’anticiper les risques d’accident. Aussi, des voitures « intelligentes » qui s’adaptent à l’état du conducteur, en améliorent ses réactions, quitte à prendre le contrôle du véhicule à sa place, seront mises sur le marché. Enfin, des vêtements et implants eux aussi « intelligents », afin de surveiller la condition physique de celui ou celle qui les portent, voire d’effectuer des diagnostics médicaux à distance, sont à l’étude. Bien sûr, il n’existe pas encore de date prévu pour une mise sur le marché, mais toutes ces innovations ont passé le cap des tests.

Attend-on des innovations en termes de téléphonie ?

L’exemple de la téléphonie est révélateur du potentiel des nanotechnologies. C’est d’ailleurs grâce aux propriétés de la spintronique que la taille des composants et l’énergie consommée par les téléphones portables va être réduite de manière drastique. Ces derniers constituent aujourd’hui l’un des principaux marchés de la nanoélectronique. Il s’agit de repenser ce qui devient en fait un véritable terminal mobile, dont le téléphone n’est alors plus qu’un des fonctionnalités parmi d’autres, afin de répondre à une meilleure autonomie et toujours plus de fonctions (multimédia, GPS…). On s’achemine petit à petit vers des terminaux que l’on pourra porter au poignet.

Quels sont les indicateurs pour le marché des nanotechnologies sur ce secteur là ?

Les chiffres portent la promesse d’une révolution. Le marché annuel de l’électronique au sens large, incluant l’ensemble des industries qui en dépendent, représente un montant de l’ordre de 5.000 milliards d’euros, montant sans cesse croissant dont une grande partie est réinvestie dans les efforts de recherche et développement. L’Europe apparaît aujourd’hui à la traîne par rapport à l’Asie, aux États-Unis et au Japon en termes de budget consacré aux nanosciences.

Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

L’utilisation des nanomatériaux est aujourd’hui en plein essor du fait de leurs propriétés physiques, chimiques ou biologiques particulières leur conférant de nombreuses applications innovantes notamment dans le secteur industriel. Autrefois confinés dans les laboratoires, ils sont désormais présents dans le monde de l’industrie. Les applications possibles sont très nombreuses. Elles sont également d’une infinie diversité. Voyons, à travers ce question/réponse, quels sont les potentialités principales des nanomatériaux.

 

Qu’est-ce qu’un nanomatériaux ?

Les nanomatériaux sont composés de structures dont au moins une des dimensions varie entre 1 et 100 nm (1 nanomètre = 1 millionième de millimètre), leur conférant ainsi des propriétés physico-chimiques tout à fait particulières. Les propriétés des nanomatériaux sont devenues un champ d’expérimentation pour les laboratoires de recherche il y a une vingtaine d’années.

Quels Sont les champs d’application des nanomatériaux ?

Le domaine des nanomatériaux devrait représenter 30 à 33 % des applications prévues d’ici à 2015 (sur un marché de 1000 milliards de dollars).
On peut distinguer 4 familles d’application :

  • La physique, avec les nanomatériaux proprement dits : utilisation de fullerène C60, molécule composée de 60 atomes de carbone disposés en sphère pour sa résistance, dans les transports, le spatial par exemple.
  • La chimie : production de molécules nouvelles, nano-codes, lubrifiants, matériaux anti-poussières ou anti-humidités, vitres auto-teintantes ou auto-nettoyantes…
  • La mécanique : nano-outils, nano-robots, et pourquoi pas des nano-usines. On trouve aussi des « niches applicatives » dans des domaines spécifiques (par exemple les nano-moteurs pour le gonflement des airbags).
  • L’environnement : utilisation de la faible densité des nano-tubes pour stabiliser les sols, recherche sur la neutralisation des molécules à effet de serre… Et les nanomatériaux ont aussi la capacité d’améliorer le rendement des capteurs solaires grâce aux nanotubes.

Quel potentiel en termes de débouchés commerciaux pour les nanomatériaux ?

Au total, le potentiel est important mais il faut tenir compte d’un échelonnement des débouchés qui pourrait prendre 10 à 15 ans. Mais au-delà des applications déjà existantes, les champs d’application sont tellement larges que le potentiel d’innovation est très important.
La tendance actuelle veut que le développement des recherches soit orienté sur des champs d’application à forts enjeux sociétaux : énergie durable, efficacité énergétiques des bâtiments et des transports, diminution des impacts des matériaux sur l’environnement.

Quelles applications au niveau des textiles ?

L’industrie textile recourt aux nanotechnologies pour améliorer ses produits et leur résistance. Mais ce n’est pas tout. Dans le domaine du vêtement de sport, par exemple, des nanoparticules métalliques (d’argent par exemple) sont intégrées aux fibres afin de donner des propriétés bactéricides au tissu et de lutter contre les mauvaises odeurs. Il faut savoir que ces nanoparticules, à titre d’exemple, que ces molécules sont présentes dans plus de 600 produits : pansements, électroménager, vêtements professionnels…
Dans le futur, le textile d’habillement deviendra multifonctionnel. Au sein de la fibre textile, les nanocomposants, à l’intérieur du tissu, permettront de remplir des fonctions telles que le suivi physiologique de la personne, alors que l’on utilise actuellement des appareils lourds et volumineux actuellement. A terme, les chercheurs pensent pouvoir concevoir des tissus capables de transformer l’énergie dépensée par le corps humain en électricité.

Quels autres secteurs de l’industrie utilisent des nanomatériaux ?

Dans l’industrie automobile par exemple, de nombreux matériaux sont utilisés. Le but avoué est de réduire le poids des véhicules (de 20 à 50 %), afin d’abaisser la consommation de carburant. L’ensemble des matériaux qui remplacent progressivement l’acier et les métaux, comme les polymères, peuvent être renforcés par des nanomatériaux. Les nanomatériaux permettront également de lutter contre la formation de rayures.
Autre exemple, dans le secteur de la construction. Aujourd’hui, l’ajout lors de la fabrication du béton de fumée de silice augmente leur fluidité et améliore leurs propriétés mécaniques. Les ingénieurs utilisent également des aérogels de silice pour renforcer le pouvoir d’isolation thermique du béton. Des nanoparticules de dioxyde de titane, elles, rendent ces bétons autonettoyants en provoquant, sous les rayons UV de la lumière du soleil, la décomposition des déchets organiques responsables de la salissure des bâtiments.

Y a-t-il des risques inhérents à l’utilisation des nanomatériaux ?

A la demande des ministères chargés de l’écologie, de la santé et du travail, l’Afsset avait déjà produit un rapport [1] (en juillet 2006). Ce dernier avait permis de faire l’état des connaissances et mis en lumière la nécessité d’une définition précise « des » nanomatériaux, la complexité de leur étude du fait de leur dimension et donc de recourir à un langage commun afin de comparer les données.
A la suite de ces constations, le gouvernement avait saisi à nouveau l’Afsset pour effectuer une étude relative aux effets sur la santé des travailleurs exposés aux nanomatériaux manufacturés.

Quels sont les effets sur la santé d’une exposition à des nanomatériaux ?

On ne peut exclure l’existence d’effets sanitaires sur l’homme ni de conséquence sur l’environnement à la suite d’une exposition à des nanomatériaux. Le discours de l’AFSSET est le suivant : « Au vu des données de la littérature scientifique, l’existence de dangers potentiels pour l’homme et l’environnement liés à la toxicité, l’écotoxicité et au risque d’explosion ne peut être écartée ». Ces dangers potentiels sont identifiés pour une exposition par voie cutanée, par ingestion ou, plus fréquemment, par inhalation.
Les experts recommandent de renforcer les mesures de prévention des expositions en milieu de travail, et constatent des difficultés métrologiques pour caractériser de manière pertinente l’exposition des professionnels qui manipulent des nanomatériaux.

 

 

[1] le rapport de l’Afsset, qui date de 2006, sur les risques liés à l’exposition aux nanomatériaux est disponible ici

 

P.T

Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence

A quelques semaines de la clôture du grand débat public, les conclusions rendues par l’Afsset vont probablement relancer la polémique. Saisie en juin 2008 sur l’élaboration et l’étude des scénarios d’exposition de la population à différents nanomatériaux, l’agence vient de publier un rapport dans lequel elle préconise de suivre le principe de précaution.

L’agence française de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail a testé les méthodologies classiques d’évaluation des risques sur quatre produits particuliers et courants, choisis pour leurs voies d’exposition pour l’homme et les risques de dispersion environnementale. Il s’agit de la chaussette antibactérienne (nanoparticules d’argent), du ciment autonettoyant et du lait solaire (nanoparticules de dioxyde de titane) et de la silice alimentaire à l’état nanométrique. Dans tous les cas, l’Afsset n’a pas pu conclure à un risque certain, mais n’a pu non plus exclure le risque.

Par ailleurs, le groupe de travail multidisciplinaire estime qu’il est difficile d’identifier les produits contenant des nanomatériaux manufacturés, puis de caractériser le nanomatériau à chaque étape du cycle de vie du produit associé et de réaliser des scénarios d’exposition pertinents et complets.

Face à ces incertitudes, l’agence émet différentes recommandations.

  • Rendre obligatoire la traçabilité des nanomatériaux. Cela passe par une obligation de déclaration par les industriels. En particulier, une révision de Reach s’impose pour prendre en compte les nanomatériaux manufacturés de manière spécifique et quel que soit leur tonnage.
  • Mettre en place un étiquetage clair qui mentionne la présence de nanomatériaux dans les produits et informe sur la possibilité de relargage à l’usage.
  • Aller jusqu’à l’interdiction de certains usages des nanomatériaux pour lesquels l’utilité est faible par rapport aux dangers potentiels.
  • Harmoniser les cadres réglementaires français et européens pour généraliser les meilleures pratiques : déclaration, autorisation, substitution.

Dans son rapport, l’Afsset met également en avant la nécessité de coordonner au niveau internationale la recherche sur les expositions et les dangers potentiels des nanomatériaux. Aujourd’hui, seuls 2 % des études publiées sur les nanomatériaux concernent leurs risques pour la santé et l’environnement.

Quelques jours avant la publication de son rapport, l’agence avait lancé le projet européen Nanogenotox, qui vise à identifier la toxicité sur les gènes et l’ADN de 14 nanomatériaux. Elle s’est par ailleurs fixée pour objectif de définir d’ici à deux ans un outil simplifié d’évaluation des risques.

 

En savoir plus sur le rapport
En savoir plus sur Nanogenotox

 

 

C.G.

 

Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62418.htm

 

En quelques décennies, les pays nordiques ont créé une économie de la connaissance, dont le développement et la compétitivité reposent sur des objectifs de créativité et d’innovation technologique des sociétés nordiques. Avec 3,63 % de son PIB consacré à la recherche et au développement, la Suède est le pays de l’OCDE qui investit le plus massivement dans la R&D, suivi par la Finlande avec 3,47 % de son PIB.

Ces acteurs ont assez logiquement compris très tôt l’immense potentiel ouvert par les nanosciences et ne veulent pas manquer la « révolution » des nanotechnologies. Les produits contenant des nanomatériaux sont déjà présents sur le marché et les nanoparticules manufacturées, qui peuvent être métalliques, céramiques, des fullerènes (un des types de nanoparticules les plus connus), des nanotubes, parmi lesquels les tubes de carbone, se répandent de plus en plus autour de nous. Les nanomatériaux ne sont d’ailleurs pas qu’un phénomène nouveau puisque nous respirons déjà chaque jour de nombreuses nanoparticules comme le noir de carbone, utilisé de longue date dans les pneumatiques, et comme les particules qui sont créées dans les processus de combustion depuis qu’ils sont utilisés industriellement.

Cependant, comme dans tous les autres pays, les interrogations sont nombreuses sur les risques que font courir les nanomatériaux aux hommes et à l’environnement ainsi que sur les enjeux éthiques. La perspective d’un nouveau problème de santé publique comparable à celui de l’amiante est présente à tous les niveaux. Malgré l’insistance des organismes publics nordiques impliqués dans le domaine du « nano » qui soulignent le besoin d’une meilleure connaissance de ces dangers, ces derniers sont encore mal connus.

En France, sur le modèle du Grenelle de l’environnement, un débat public a été lancé, pour regrouper tous les acteurs du domaine des nanotechnologies et les représentants de la société civile de façon à les faire dialoguer autour des risques qui accompagnent ces technologies.

Moins passionné qu’en France, il existe bien un débat animé dans les pays nordiques autour du développement des nanotechnologies. Ces pays ont l’habitude d’une démarche consensuelle qui repose sur la confiance du grand public. Celui-ci semble assez pragmatique et garde à l’esprit le fait que les nanotechnologies ne représentent pas seulement un important intérêt économique pour les entreprises mais également un réel espoir pour chacun, dans les domaines médicaux et environnementaux par exemple. Les Suédois, comme leurs voisins nordiques, paraissent confiants dans la capacité des pouvoirs publics, mais aussi des entreprises, à prendre les mesures nécessaires et à voir le principe de précaution s’appliquer.

L’attitude adoptée face au développement rapide du secteur des nanotechnologies demeure cependant hétérogène dans la région. S’il ne prétend pas à l’exhaustivité, ce rapport propose quelques clés pour comprendre ces spécificités nordiques.
Ce qui ressort des différentes études et rapports publiés sur les nanotechnologies, c’est avant tout la nécessité de développer une expertise scientifique qui permettra de lever les incertitudes sur les risques et d’adopter les mesures de contrôle qui conviennent. Les pays nordiques se basent sur une coopération internationale intense pour réaliser l’immense chantier que représente l’exploration des nouvelles propriétés des nanomatériaux et des conséquences qu’ils peuvent avoir sur la santé et l’environnement tout au long de leur cycle de vie.

Il existe une intense activité des ministères responsables, ainsi que de divers organismes publics ou des agences de recherche impliqués dans le domaine des nanotechnologies, pour prévenir les risques liés à ces technologies. Le dialogue entre les acteurs économiques, les scientifiques, les autorités et le public est justement une démarche courante dans le modèle nordique. De ces mécanismes de concertation, il ressort certaines propositions pour encadrer l’essor des technologies avec les principales précautions suivantes :

  • stimuler le plus possible la recherche scientifique sur les risques, notamment grâce à un effort international coordonné à la fois par l’Europe, où la Commission joue déjà un rôle central, et par des organisations comme l’OCDE ou le Conseil des pays nordiques ;
  • développer des méthodes de mesures qui permettront de mieux évaluer les risques et également de mettre en place les mesures adaptées et normalisées de contrôle de l’exposition des travailleurs et des utilisateurs ;
  • recenser les produits contenant des nanomatériaux pour en assurer la traçabilité et pour informer les utilisateurs ;
  • renforcer la responsabilité des entreprises productrices afin qu’elles appliquent, le plus systématiquement possible, le principe de précaution. La réglementation européenne n’est pas en reste avec l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) implantée à Helsinki et chargée de mettre en oeuvre la directive REACH qui devra, à terme, couvrir les risques liés aux nanoparticules.

Ainsi, les pays nordiques se positionnent-ils pour saisir les opportunités de nouveaux marchés représentées par les nanotechnologies. Pour autant, les différents acteurs se prononcent aux niveaux national, européen et international en faveur de l’élaboration d’une réglementation pertinente et responsable.

 

Pour en savoir plus : http://www.bulletins-electroniques.com

Source : Ambassade de France en Suède

Rédacteur : Antoine BAUDOIN, [email protected], [email protected]

Origine : BE Suède numéro 12 (2/03/2010) – Ambassade de France en Suède / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62418.htm

Dossier Techniques de l’Ingénieur : Nanotechnologies : quel potentiel, quelles limites ?

Le guide 2010 des nanotechnologies

Téléchargez gratuitement ce rapport au format pdf : http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm10_003.htm