Logo ETI Quitter la lecture facile

En ce moment

Cinq leviers pour faire de l’économie circulaire un moteur de décarbonation

Posté le par Arnaud Moign dans Environnement

D’après le rapport INEC/Capgemini « SNBC sous contrainte de ressources », une transition bas carbone intégrant une politique de circularité forte permettrait de limiter l’accroissement de la criticité des ressources. L’étude révèle aussi que, dans le cas contraire, la criticité sur les métaux et minéraux pourrait être multipliée par 16 d’ici 2050. Comment mettre l’économie circulaire au centre de la décarbonation ? Voici un résumé des 5 pistes proposées par l’étude.

Les cinq leviers abordés dans cet article sont expliqués en détail dans la partie 3 du rapport[1].

Pour en savoir plus, nous vous invitons également à lire les autres articles de notre dossier consacré à cette riche étude.

Levier 1 : La réglementation, décloisonner les aspects décarbonation et ressources

La lutte contre le changement climatique et l’optimisation des ressources sont le fruit d’une même volonté : celle de réduire l’impact des activités humaines. Néanmoins, si ces deux aspects ne sont pas pris en compte de manière coordonnée, ils peuvent rapidement entrer en contradiction. Par exemple :

  • Une politique d’économie circulaire concentrée uniquement sur les ressources et favorisant le recyclage risque de contribuer à augmenter les émissions de CO2[2] ;
  • Une politique qui prend seulement en considération l’angle « carbone » peut avoir des conséquences graves sur les ressources, la biodiversité, la pollution, etc.

Malheureusement, ces sujets interdépendants et complémentaires sont trop souvent abordés de manière cloisonnée. L’étude précise ainsi que « la prise en compte conjointe des aspects ressources et décarbonation doit se faire dès l’élaboration des prochains travaux législatifs et réglementaires. »

Levier 2 : Financements, favoriser les projets circulaires et prioriser les filières électrification/biomasse/construction

Il est primordial de pousser les investisseurs à se détourner de l’économie linéaire au profit de l’économie circulaire. C’est le but recherché par l’outil de la taxonomie verte, qui figure dans le plan d’action sur la finance durable, élaboré par la Commission européenne en 2018.

En outre, les efforts financiers doivent être concentrés en priorité sur les filières qui joueront un rôle de premier plan dans la décarbonation, c’est-à-dire les trois filières présentées dans l’étude : électrification-biomasses-construction.

Levier 3 : L’écoconception doit devenir la norme

Basée sur une approche multicritères, l’écoconception est une méthode de conception qui prend en compte l’ensemble du cycle de vie d’un produit ou service, depuis l’extraction des ressources jusqu’à la fin de vie.

Comme cette démarche est essentielle à la mise en place massive des leviers évités, Réduire, Réemployer et Recycler, nous devons aller vers une réglementation européenne qui l’impose comme la norme.

Levier 4 : Vers une organisation territoriale de l’économie

Selon Alain Chardon, directeur en charge des nouvelles plates-formes durables chez Capgemini Invent et co-auteur de l’étude, « le COVID a révélé la fragilité des supply chains en cas de crise et la guerre en Ukraine en apporte une seconde confirmation. C’est comme la Formule 1 versus les camions tout terrain. Pendant les vingt dernières années, les entreprises ont réglé leur supply chain comme des Formules 1, avec un pur objectif de performance, sur les pistes parfaitement lisses de la globalisation, avec des ressources peu chères et abondantes. Mais les crises successives vont rendre les pistes plus cahotantes. Le réglage des supply chains va devoir se rééquilibrer en partie vers le mode camion tout terrain, avec plus d’importance donnée à la robustesse et à la résilience. »

Les stratégies d’économie circulaire sont un moyen de construire des chaînes d’approvisionnement résilientes, basées en partie sur une économie du PIB local. Cette transition vers l’économie circulaire implique une mise en mouvement de l’ensemble des acteurs des territoires : collectivités, citoyens consommateurs, filières industrielles et commerciales, etc.

En outre, il faut systématiser l’écologie industrielle et territoriale et chercher des synergies entre acteurs afin du mutualiser les ressources (exemple : récupération de chaleur fatale pour alimenter les réseaux de chaleur).

Levier 5 : S’appuyer sur l’innovation et le digital

L’innovation technologique et la R&D doivent être soutenues activement, en priorité dans les domaines utilisant des ressources critiques. Voici quelques pistes prioritaires :

  • travailler à la recyclabilité du lithium et du graphite ;
  • approfondir les technologies permettant de se passer de ces ressources (panneaux photovoltaïques pérovskite développés en France…) ;
  • intégrer plus de matières recyclées ;
  • soutenir l’écoconception.

Par ailleurs, les technologies digitales et l’intelligence artificielle constituent des outils essentiels pour relier des univers linéaires et mettre en place une économie circulaire (traçabilité des produits et déchets, plates-formes de mise en relation, maintenance prédictive, etc.).

L’innovation technologique ne peut pas, à elle seule, répondre à tous les enjeux de l’économie circulaire. L’innovation doit aussi être d’ordre économique, juridique et fonctionnel.


[1] Pages 89 à 101

[2] Consommation énergétique lors du recyclage, transport, etc.

Pour aller plus loin

Posté le par Arnaud Moign


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !