Revue du web #123 : les vidéos les plus étonnantes du mois

FlyingV : l’avion du futur avec des ailes en forme de V

Dévoilé par KLM, ce nouveau concept d’avion de ligne possède une silhouette en forme de V pour offrir des lignes plus aérodynamiques et économiser du carburant.

Samsung : une nouvelle intelligence artificielle donne vie à des peintures

Vous avez rêvé de voir Mona Lisa parler ? Les équipes de recherche de Samsung se sont basées sur le machine learning pour faire bouger de façon réaliste le visage de célèbres personnages ou portraits.  Une technologie qui pourrait intervenir dans les musées de demain.

Cooling Wood : un bois sans lignine devient un isolant thermique

Des chercheurs de l’université du Maryland  ont réussi à retirer la molécule qui absorbe lumière et chaleur.  Sans le lignine, le résultat est un matériau solide, capable de baisser de dix degrés la température intérieure  et de 20% la facture d’électricité liée à la climatisation. Dans cette vidéo, les chercheurs reviennent sur cette découverte.

HyQReal : le chien robot capable de tirer un avion de 3 tonnes

Baptisé HyQReal, ce robot quadrupède a été capable de tirer un avion de trois tonnes sur plus d’une dizaine de mètres. Dans cette vidéo, le robot impressionne, fascine et peut aussi effrayer.

Le robot pizzaïolo, capable de préparer 100 pizzas à l’heure

Conçu par la start-up Pazzi, le robot pizzaïolo vise le marché mondial de la restauration rapide. Ce système de « restaurant autonome » fonctionne entièrement sans humains, sauf pour l’apport régulier de matières premières et son entretien, selon ses concepteurs.

(Bonus) Boston Dynamics : les robots se révoltent… ou pas

Dans cette vidéo qui fait le buzz, un robot humanoïde est malmené, frappé et fouetté à plusieurs reprises par des humains. Il finit par se révolter… Mais cette vidéo pédagogique a surtout pour objectif de montrer que de vraies vidéos peuvent être utilisées pour en réaliser des fausses. A méditer…

Les recycleurs contre le retour de la consigne

Le 12 juin dernier, dans son discours de politique générale du 12 juin, Édouard Philippe a confirmé l’ouverture prochaine d’une concertation avec les collectivités locales sur le déploiement de la consigne pour certains emballages. « Les collectivités d’outre-mer pourront, si elles le souhaitent, en devenir des territoires pilotes », prévient-il. Le comité de pilotage en charge d’étudier la question est lancé le 19 juin.

« Afin d’atteindre les objectifs de collecte fixés par la loi ou le droit de l’Union Européenne, il peut être fait obligation aux producteurs ou à leur éco-organisme de mettre en œuvre sur le territoire un dispositif de consigne pour recyclage, réutilisation ou réemploi des produits consommés ou utilisés par les ménages » prévoit en effet l’avant-projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. Et pour cause : les objectifs européens sont ambitieux : atteindre un taux de collecte des bouteilles de 90 % d’ici 2029, contre moins de 60 % aujourd’hui.

Les recycleurs ne veulent pas de la consigne pour recyclage des bouteilles

Les responsables du Cercle National du Recyclage appellent à la vigilance sur les modalités de constat de l’éventuelle carence des dispositifs de collecte des collectivités locales avant la mise en place de systèmes alternatifs de collecte ou de consigne.

Federec et le Cercle national du recyclage s’inquiètent du déploiement de nouveaux systèmes de collecte de bouteilles en plastique pour recyclage qui pourraient apparaître. Dans un communiqué, ils dénoncent « la fausse bonne idée de la consigne » et évoquent deux raisons principales. Les bouteilles en PET constituent la première source de revenus des centres de tri qui ont été dimensionnés et sont en cours de modernisation pour trier l’ensemble des emballages plastiques. La concurrence de la consigne risquerait de remettre en cause l’équilibre économique de ces investissements et de perturber le fragile équilibre économique du marché du recyclage.

Les entreprises du recyclage craignent un retour à grande échelle de la consigne pour recyclage des bouteilles. « Si l’essentiel des bouteilles plastiques en PET devait être enlevé de la collecte et du tri par le service public, il est bien évident que la taille des équipements de collecte et de tri deviendrait inadaptée et source de surcoûts », préviennent les deux organisations. Elles appellent plutôt à « envisager des mesures d’amélioration ». Et d’attendre les résultats obtenus en 2025 pour envisager le déploiement de systèmes de consignes de bouteilles plastiques complémentaires.

Trois pistes à suivre avant de déployer la consigne

« Il est possible d’atteindre l’objectif de 90% de taux de collecte des bouteilles sans passer par la consigne », assure Marion Halby, chargée de mission recyclage chez Federec. Aux côtés du Cercle National du Recyclage, Federec fait ainsi trois propositions pour s’appuyer sur des dispositions existantes.

La première consiste à accélérer l’extension des consignes de tri à tous les déchets d’emballages. La deuxième vise à étendre la responsabilité élargie des producteurs (REP) à la consommation hors domicile comme le recommande la mesure 18 de la feuille de route pour l’économie circulaire. Il s’agira notamment de déployer la collecte sélective pour les emballages « hors foyer », en particulier dans les stades, les gares, les aérogares et les centres commerciaux. Enfin, il s’agira de faire respecter le décret « 5 flux » dans les entreprises et administrations qui sont redevables de cette obligation.

Airbus à la croisée des chemins

Le salon du Bourget bat son plein et dans un contexte considéré comme morose, Airbus voit les bonnes surprises se succéder. L’industriel totalise 206 ventes de son modèle A321 XLR venant de huit clients différents, après trois jours de salon. Une bonne nouvelle d’autant qu’American Airlines, client historique de Boeing, en a commandé 50. Ce jeudi l’industriel français est en tête des ventes puisqu’il en totalise plus de 400, loin devant Boeing (279).

Pour le moment les contrats signés ne sont que des protocoles d’accords. Et une partie des ventes sont en fait des conversions de commandes d’A320 déjà passées. Mais ce bon « décollage », comme l’a qualifié le directeur commercial d’Airbus Christian Sherer, répond à une stratégie précise: occuper le terrain des vols longue distance – l’A321 peut parcourir jusqu’à 8700 km – avec une capacité de passagers plus faible que celle des gros porteurs traditionnels (240 sièges maximum). Le but ? Offrir aux compagnies la possibilité d’ouvrir de nouvelles lignes entre des villes secondaires avec un monocouloir moins coûteux. Et donc plus rentable. Même si la stratégie divise, les compagnies aériennes s’interrogeant sur la capacité des passagers à choisir des avions moyen courrier – et donc moins confortables – pour de longs vols.

Boeing au fond du trou ? Non

Le concurrent américain d’Airbus, Boeing, qui traverse une crise sans précédent suite aux deux crashs de ses 737 MAX en Indonésie et en Ethiopie (346 morts) et à l’interdiction de vol qui frappe ce modèle depuis plus de trois mois, a également enregistré une bonne nouvelle. Une méga commande de 200 appareils de la part du groupe IAG – des 737 MAX ! – pour plus de 24 milliards de dollars. Le résultat d’une stratégie de communication millimétrée qui a vu tout l’état major du géant américain multiplier les mea culpa depuis quelques jours, tout en insistant sur l’importance de la sécurité des appareils et le temps qu’il faudrait à Boeing pour regagner la confiance du public, après ce double crash. Et enfin cette méga commande, qui remet le 737 MAX dans la course, même si l’appareil ne vole plus pour le moment. Finement joué. Et assez inattendu.

Pour Airbus et son nouveau patron Guillaume Faury, qui a dévoilé la stratégie de l’entreprise pour les années à venir, les défis sont nombreux. Et variés. Environnement, justice, usine du futur, avion du futur… avion du futur d’ailleurs évoqué au Bourget par le patron d’Airbus: « il est très probable qu’après 50 à 60 ans de stabilité dans l’architecture des avions, nous voyions des changements radicaux, même si les technologies ne sont pas encore matures ».

Voler plus et polluer moins…

Mais il y a plus urgent pour Airbus, qui traverse une période charnière. L’arrêt du programme A380 et les développements judiciaires autour d’irrégularités sur des transactions – irrégularités dénoncées par le groupe lui-même – a soulevé des interrogations dans l’entreprise qui a besoin d’une stratégie claire pour les années à venir. Notamment en ce qui concerne les émissions polluantes. Le secteur du transport aérien, pourvoyeur massif de GES, subit une pression de plus en plus grande. Même si beaucoup a déjà été fait, selon Guillaume Faury: « le transport aérien représente aujourd’hui entre 2% et 2,5% des émissions mondiales de CO2, mais sans les progrès déjà réalisés depuis 20 ans par le secteur, cela atteindrait 8% à 10% ».

Mais l’avion du futur et la baisse des émissions, s’ils constituent avec le développement du numérique les piliers de la stratégie d’Airbus pour le futur, cachent une problématique plus terre à terre. L’incapacité de l’avionneur français à livrer ses avions dans les temps. Et sur le court terme c’est ce qui pourrait coûter le plus cher. En effet, le rythme des livraisons en 2018 a fortement ralenti. La faute aux aléas subis par les motoristes qui équipent la version Neo de l’A320. Airbus doit corriger le tir dès cette année, alors que l’entreprise devra livrer un peu moins de 900 avions en 2019. C’est 100 de plus que l’an dernier.

Aéronautique/spatial : les promesses de la fabrication additive

En aéronautique, les pièces pouvant faire l’objet de procédés additifs sont extrêmement variées et concernent de nombreux matériaux. Cela peut aller de la boucle de ceinture d’avion, à la cloison qui sépare la cabine passagers, en passant par les pièces des moteurs.

Dans le secteur spatial, la fabrication additive offre de belles promesses pour la fabrication des moteurs des lanceurs (tuyauteries, vannes, chambres de combustion), mais également pour la fabrication de pièces fonctionnelles et le remplacement de celles devenues défectueuses, lors de missions dans l’espace.

Dans tous les cas, le choix du matériau sera lié aux propriétés structurales et fonctionnelles recherchées, avec l’objectif parallèle d’allègement des pièces. Des propriétés thermiques, acoustiques, vibratoires, d’électromagnétisme, peuvent aussi être recherchées et conduire à utiliser l’une ou l’autre des technologies de fabrication additive.

Quant aux technologies de fabrication additive, il en existe plusieurs pouvant se substituer aux procédés classiques. Le choix de la technique FA appropriée étant dicté par l’application visée et la complexité de la pièce à produire.

Les pièces métalliques pour l’aéronautique et le spatial sont généralement fabriquées grâce à des technologies à base de poudres telles que la fusion sélective par laser (LBM), la fusion par faisceau d’électrons (EBM) ou encore le frittage sélectif par laser (SLS). Les pièces en polymère sont produites par dépôt de matière fondue (FDM).

L’approvisionnement et le contrôle de la composition chimique des matières premières seront une étape cruciale pour minimiser les défauts structuraux et répondre aux besoins des industriels de ce secteur.

Exclusif !  Cet article complet dans les ressources documentaires en accès libre jusqu’au 14 juillet !

Fabrication additive en aéronautique et en spatial, un article de Marc THOMAS, Cécile DAVOINE et Stefan DRAWIN

La Cour des comptes européenne pointe l’écart en matière d’ENR

Ce rapport analyse les politiques et régimes de soutien aux énergies renouvelables (ENR) afin d’évaluer si chaque État membre atteindra ses objectifs de 2020, et si l’Union Européenne atteindra son objectif global de 20 % d’ENR dans la consommation brute d’énergie finale, comme prévu à l’aune du paquet énergie et climat, dit 20-20-20. Une analyse d’autant plus pertinente qu’elle intervient alors qu’un nouveau paquet législatif européen va entrer en vigueur très prochainement : « Energie propre pour tous les Européens », fixant des objectifs de plus en plus ambitieux en matières d’ENR.

Seuls 11 États membres ont atteint leurs objectifs de 2020 en 2017, tandis que plusieurs autres sont à la traîne. La France fait partie des pays qui sont « en retard ». La directive 2009/28/CE fixe pour la France un objectif de 23 % d’énergie produite à partir de sources renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie à l’horizon 2020. Or à fin 2017, le pays est à 16,3%. Ce qui signifie que la France doit faire, entre fin 2017 et 2020, la même progression d’ENR que sur la période 2005-2017…

 L’objectif sera difficile à atteindre

Au-delà des particularités nationales, la Cour des comptes européenne signale que « l’UE a besoin de produire davantage d’électricité d’origine éolienne et solaire pour atteindre ses objectifs concernant les ENR ». D’où, estime la Cour, la nécessité de prendre d’importantes mesures pour produire davantage à partir de ces sources.

Pourtant, solaire et éolien ont enregistré de véritables bonds entre 2005 et 2017, rappellent les auditeurs européens.

Entre 2005 et 2017, la production d’électricité renouvelable dans l’UE a doublé, passant de quelque 15 % à près de 31 %. Actuellement, la part la plus importante de l’électricité produite à partir de renouvelables est d’origine éolienne et solaire photovoltaïque ; la baisse des coûts de production de ce type d’électricité la rend de plus en plus compétitive par rapport à celle obtenue par la combustion de combustibles fossiles, insiste la Cour.

Mais, depuis 2014, le ralentissement est patent ; lorsque les États membres ont finalement baissé les niveaux d’aide, permettant de réduire la charge pesant sur les consommateurs et les budgets nationaux, la confiance des investisseurs a diminué et le marché a connu un ralentissement.

Pour George Pufan, membre de la Cour des comptes européenne responsable du rapport, « en raison du ralentissement de la transition vers la production d’électricité à partir de sources renouvelables, l’UE ne parviendra peut-être pas à atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé pour 2020. »

Des recommandations

Et la Cour européenne de proposer une série de recommandations afin d’accroître les investissements. D’abord, « il est impératif d’organiser des enchères pour augmenter la capacité d’énergie renouvelable, pour déterminer le prix d’enchère et pour promouvoir la participation citoyenne à une économie verte. »

Ensuite, la Cour estime qu’il faut des actions supplémentaires (remédier à certaines règles d’aménagement du territoire particulièrement restrictives, à la lenteur des procédures administratives et aux insuffisances des réseaux, notamment).

Par ailleurs, alors que le paquet Energie propre pour tous ne fixe pas d’objectif nationaux, contrairement au paquet 20-20-20, les auditeurs – qui constatent qu’en 2017 la moitié des Etats membres avaient quasiment atteint leurs objectifs nationaux fixés pour 2020 – avertissent toutefois que les autres États membres devront consentir d’importants efforts supplémentaires pour y parvenir. En outre, les auditeurs se demandent « avec inquiétude » si les efforts des États membres les plus performants seront suffisants pour compenser les résultats des États membres sous-productifs et permettre d’atteindre l’objectif global de l’UE. En clair, il vaudrait mieux combler les écarts avant de passer à l’étape suivante à horizon 2030.

Enfin, la Cour d’audit européenne estime qu’il n’y a pas assez d’informations disponibles en matière de suivi de l’évolution de la part des ENR dans les mix.

Focus réseaux

La Cour rappelle que l’objectif contraignant de l’UE concernant la part des ENR dans la consommation finale brute d’énergie tel qu’il est fixé dans la directive ENR II est d’au moins 32% d’ici à 2030 sur l’ensemble de l’UE. Pour l’atteindre, la part d’électricité renouvelable devra s’élever à 55% à cet horizon. En 2017, elle s’établissait à près de 31 %. Les auditeurs constatent que « les retards d’investissement dans le réseau, y compris dans les infrastructures d’interconnexion, entravent le déploiement des énergies renouvelables et le développement de synergies entre Éats membres. »

La production éolienne dans l’UE a augmenté de 400% entre 2005 et 2017. Ce taux atteint 8 000% pour le solaire. Entre 2007 et 2020, l’UE a alloué environ 8,8 milliards d’euros à des projets ENR au titre du Fonds européen de développement régional (Feder) et du Fonds de cohésion, dont 972 millions d’euros ont été investis dans l’éolien et 2,9 milliards d’euros dans le solaire.

Quand la Chine s’envolera

Et il n’y a pas que le trafic. La croissance économique du géant asiatique a cela de particulier: elle concerne tous les secteurs. La principale différence entre les Etats-Unis et la Chine en terme de stratégie économique est temporelle. Alors que l’empire américain domine le monde depuis des décennies, la Chine, telle la tortue de la fable, avance lentement mais sûrement. Et sur tout.

Le secteur aéronautique n’y échappe pas. Il fait même partie des 10 secteurs identifiés par le gouvernement dans le programme «made China 2025» qui doit permettre au pays d’opérer une mutation technologique complète: ainsi le trafic passagers en Chine a doublé entre 2014 et 2018. Dans le même temps, le trafic cargo a cru de 23%. Une croissance très au dessus de la moyenne mondiale, et qui oblige la Chine à s’équiper en conséquence.

Les projections à dix ans pour l’empire du milieu font état d’une flotte d’environ 8 000 avions, qui représentera 20% de la flotte mondiale. D’ici là, le pays sera déjà le plus grand marché mondial de passagers depuis quelques années. Les Etats-Unis, aujourd’hui encore leader aujourd’hui, devraient céder leur première place dans les 5 ans qui viennent.

Le leadership chinois pourra-t-il profiter à l’industrie française ?

Comme on l’a dit, cette montée en puissance n’est pas une surprise. Tout a été préparé: la Chine a déjà entrepris de doubler le nombre d’aéroports dans le pays d’ici 2035, passant de 234 aujourd’hui à 444 dans 15 ans.

Côté appareil, la Chine s’est dotée des moyens de concurrencer Boeing et Airbus dans le futur. Ainsi, la COMAC (Commercial Aircraft Corporation of China) a fait voler son premier avion – le C919, un moyen courrier – il y a à peine deux ans. Si la volonté de rattraper les deux géants qui dominent le marché aujourd’hui est affichée, le retard technologique à combler est encore important. Il en est de même pour la standardisation. Et personne n’imagine la COMAC concurrencer sérieusement Boeing et Airbus dans les années qui viennent. Même l’objectif affiché au niveau national de totaliser 10% des parts du marché domestique paraît très ambitieux et laisse les analystes sceptiques.

Pour rendre son C919 (et ceux qui suivront) compétitif, la Chine doit dans un premier temps s’adapter aux standards mondiaux, et combler son retard technologique. Pour ce faire, la Chine a fait appel à des technologies étrangères, sous forme de coentreprises, et à la condition que les partenaires étrangers acceptent de partager leurs technologies. General Electrics, Safran ou Rolls Royce ont ainsi collaboré à la fabrication du C919.

Mais la pression mise par les Chinois pour obliger les sociétés étrangères présentes dans le pays et travaillant en coentreprise à céder leur propriété intellectuelle a ses limites.

C’est cette pression qui explique les tensions actuelles entre les deux géants. Car l’exemple du C919 n’est pas un cas isolé. La cession de propriété intellectuelle en échange d’une place sur le marché chinois est devenu une stratégie industrielle. Stratégie dénoncée vigoureusement depuis longtemps par les Américains, qui menacent ces jours-ci par la voix de leur Président d’augmenter les droits de douane sur certains produits, pour “rétablir la balance”.

Dans ce grand jeu de bluff, personne ne sait qui a le plus à perdre, mais tout le monde sait qu’un ralentissement généralisé de l’économie ne serait bon pour personne. Aussi, si les Etats-Unis et la Chine se battent pour savoir qui dominera l’économie de demain, chacun sait qu’il a besoin de l’autre pour continuer à gagner des parts de marché au niveau mondial.

Selon une étude menée par KPMG, une augmentation de 25% des droits de douane entrainerait une baisse de 3% du PIB mondial. Personne n’y a intérêt.

Hors aéronautique, le spatial est également un bon curseur des ambitions chinoises. La Chine s’est aujourd’hui faite une place dans le peloton de tête des lancements orbitaux, et met en place une stratégie de développement d’acteurs privés chinois pour leur réserver un accès sur ce marché en plein développement.

Des humains sur la Lune dès 2024? la Nasa a besoin « 20 à 30 milliards de dollars » de plus

Saisissant l’opportunité du Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget (région parisienne), Jim Bridenstine est venu expliquer le projet américain d’envoyer à nouveau des humains sur la Lune dont pour la première fois une femme, dès 2024. Un calendrier accéléré qui a dérouté certaines agences spatiales, prêtes à coopérer à ce grand retour.

« C’est important d’accélérer car il y a deux risques pour une agence spatiale. Le premier est technique et la Nasa et ses partenaires savent bien se débarrasser de ce risque », a-t-il dit lors d’une table-ronde avec les chefs des principales agences spatiales mondiales (Chine comprise), organisée par l’agence française Cnes.

« Le second risque est le risque politique, celui qui nous a empêchés d’être sur la Lune actuellement (…). Plus les programmes sont étalés dans le temps, plus vous risquez des changements de priorités, de budget, de Congrès », a-t-il argumenté. « Donc si vous voulez vous débarrasser de ce risque politique, vous devez aller plus vite. En 2024 nous aurons une femme et un homme sur la Lune. Et en 2028, nous y serons de façon durable ».

Alors que Barack Obama avait annulé en 2010 l’ambitieux programme Constellation de son prédécesseur George W. Bush, qui prévoyait un retour des Américains sur la Lune, le président Donald Trump a signé en 2017 une directive demandant à la Nasa d’envoyer à nouveau des humains à la surface de notre satellite naturel. Dans un premier temps la date de 2028 a été fixée. Mais en mars dernier, la Maison blanche a brutalement accéléré le calendrier.

« C’est réalisable », a assuré Jim Bridenstine. La Nasa travaille depuis des années sur la mega-fusée SLS et le vaisseau Orion qui abritera les astronautes. Elle va aussi s’appuyer sur l’industrie privée pour fournir les éléments d’une mini-station en orbite lunaire.

Reste le gros problème de l’alunisseur, qui sera chargé de déposer les astronautes sur la Lune et les ramener ensuite à la station et qui n’a pas encore été financé.

« Les 20 à 30 milliards de dollars sur cinq ans représentent les sommes additionnelles dont nous avons besoin principalement pour cet +atterrisseur+ », a précisé Jim Bridenstine.

Mais le Congrès américain acceptera-t-il cette nouvelle demande budgétaire ? Le patron de la Nasa se dit « très » confiant.

« Je travaille chaque jour à bâtir un soutien bipartisan » (républicain mais aussi démocrate), déclare-il à l’AFP. « Nous voulons laisser ce projet en dehors de la politique », ajoute cet ancien représentant républicain de l’Oklahoma.

« Nous allons envoyer la première femme sur la Lune, et tout le monde, des deux côtés, est intéressé à ce que cela se réalise », assure-t-il.

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L’aéronautique, secteur stratégique de l’économie française

Le secteur aéronautique français se porte bien. Totalisant 12% des exportations de biens l’an dernier – environ 55 milliards d’euros – il est avec le luxe le fleuron de l’économie française. Et ce n’est pas un hasard. Notamment quand on possède un bijou comme Airbus.

D’ailleurs, la commande de quelques 347 airbus l’an dernier pour un total de 28,3 milliards d’euros pèse lourd dans la balance.

Un atout qui révèle aussi une fragilité du secteur. Son hyper dépendance aux performances de son grand champion du transport aérien, qui draine derrière lui tout un écosystème de start-ups.

Un dernier chiffre illustre bien l’importance des secteurs aéronautique et spatial pour l’économie française: en 2018, ils dégageaient à eux deux un excédent commercial de 27,1 milliards d’euros, en hausse de 14% par rapport à l’année précédente… Et surtout une rareté, puisque le bilan au niveau national est négatif à hauteur de 60 millions d’euros tous secteurs confondus.

Eric Trappier est le président du GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales). Selon lui, le salon du Bourget est un avantage certain pour les acteurs tricolores de la filière : «Le salon s’inscrit au coeur même de l’évolution du marché mondial aéronautique et de l’espace, dont il est devenu le lieu de rencontre privilégié. L’édition 2019 est pleine de promesses, et reflète bien le dynamisme d’une industrie qui poursuit son expansion et qui prépare d’ores et déjà l’aviation du futur».

Des défis à venir pour le secteur

Les chiffres montrent qu’il ne s’agit pas d’un discours de façade. Alors comment faire aujourd’hui, alors que l’industrie est bouleversée par les mutations technologiques et numériques, pour poursuivre la success story de l’aéronautique et du spatial français ?

On peut dégager trois facteurs qui à différents niveaux vont impacter la filière aéronautique française. D’abord, l’innovation, bien sûr. Le salon du Bourget en est la parfaite illustration, pour rester concurrentiel sur le marché aéronautique il faut présenter des produits innovants régulièrement.

Deuxième point, l’opinion publique. Alors que la taxe sur le kérosène vient d’être abandonnée, la filière aéronautique n’en est pas moins montrée du doigt. Le secteur du transport aérien, extrêmement polluant, fait aujourd’hui l’objet d’un rejet croissant. La proposition de loi du député Ruffin proposant d’interdire l’avion sur les trajets courts si une alternative (train, bus) existe le montre. La filière le sait. Si l’aviation commerciale ne passera pas de si tôt à l’électrique, la nécessité d’innover sur la question du poids des appareils, de leur consommation, et donc du bilan global du secteur en termes de pollution atmosphérique est là.

Implémenter l’usine du futur

Enfin, dernier point, le futur. Et le futur de l’industrie, c’est l’usine connectée et numérique. La transition a déjà commencé, et le nombre important d’exposants présents au salon sur ce domaine particulier témoigne du virage pris par l’industrie aéronautique mais également spatiale. L’impression 3D notamment, permet d’envisager le rôle de la supply chain de manière innovante, plus intégré et responsable dans l’ensemble des process amont et aval de la production.

En termes d’emploi, la filière évoque l’objectif de recruter aux postes de techniciens, d’ouvriers et d’ingénieurs 15 000 jeunes en 2019. Dans un contexte où le secteur peine à recruter à cause du manque de profils spécialisés, l’aubaine de voir les carnets de commandes des industriels remplis cache une fragilité. Les difficultés récurrentes des entreprises face à la pénurie de profils spécialisés pose en un problème de formation qu’il faudra prendre en compte dans les années qui viennent. Sous peine de ne plus pouvoir subvenir à nos propres besoins en ingénierie.

Le green code pour sauver la planète

Le constat sur l’impact négatif des technologies sur l’environnement est un fait. Le cabinet Gartner a estimé que les TIC étaient responsables de 2% des émissions globales de CO2 sur la planète. Ce constat est d’autant plus inquiétant que le rapport du cabinet Gartner date de 2013. La situation s’est-elle améliorée ?

Dans un rapport daté de 2017, Greenpeace  avait épinglé plusieurs services (Netflix, HBO ou Amazon Video) pour leurs faibles performances en matière environnementale.

Fin mai, le député Fabrice Brun a interpelé Cédric O, le secrétaire d’État au numérique, à propos des « usages de plates-formes dématérialisées de streaming audio et vidéo et de jeux vidéo en ligne (qui) ont pour conséquence une hausse exponentielle de la consommation d’énergie ».

Surconsommation de ressources

Ce député propose donc que les éditeurs de logiciels soient obligés de « consacrer un budget déterminé de recherche et développement afin de pratiquer une écriture plus vertueuse en terme environnemental du code informatique ».

Cette proposition a le mérite de reparler des « bloatware » (ou « obésiciels »). Il s’agit de logiciels occupant une place excessive sur le disque dur ou sollicitant exagérément les ressources du PC pour fonctionner. Dans la plupart des cas, ces programmes sont installés par défaut sur les ordinateurs de marque comme Dell, Lenovo, HP… Sous prétexte d’optimiser le fonctionnement du PC, ils se lancent à intervalles plus ou moins réguliers.

Résultat, ils ralentissent votre machine alors que vous êtes en train de surfer sur le web ou d’écrire un rapport avec Office ou LibreOffice par exemple. Un site français en a établi une liste.

Pour Fabrice Brun, l’optimisation du code (en supprimer tout ce qui est superflu) permettrait de minimiser l’impact des traitements informatiques. Cela inclue également les serveurs, les data centers mais aussi tous les objets connectés.

Internet des objets

La transmission de données entre les appareils consomme beaucoup d’énergie. Étant donné que les capteurs visuels représentent une importante source de consommation d’énergie, de nombreux travaux ont fait de gros efforts pour concevoir des capteurs à haut rendement énergétique, par exemple CITRIC ou encore MicrelEye.

Gros comme une pièce de monnaie, ils intègrent une batterie capable de durer une douzaine d’heures. Malgré cela, le codage d’images reste un lourd fardeau pour les capteurs visuels, par exemple la partie de traitement qui utilise souvent JPEG pour compresser les images. Par conséquent, l’un des défis à relever pour l’IoT vert est de concevoir un codage d’image économe en énergie. CS (Compressive Sensing) apparait comme une piste intéressante, car il possède à la fois un codeur et un décodeur de lumière tout en offrant une bonne qualité de récupération.

Autre solution intéressante : Greenspector (start-up nantaise). Il permet aux entreprises d’améliorer la performance énergétique de leurs applications web et mobiles. Cet outil en ligne identifie les fonctionnalités gourmandes et révèle les choix de conception engendrant une surconsommation de ressources.

Autre initiative également intéressante : la communauté du « green code lab ». Elle a pour objectif de faire avancer les pratiques pour un développement plus durable et plus responsable. Green Code Lab travaille donc pour initier des bonnes pratiques en termes de développement logiciel durable et de les généraliser par un référentiel de règles d’écoconception.

Salon du Bourget 2019: les innovations made in France

Les organisateurs du 53 ème salon du Bourget ont voulu faire de l’innovation un thème central de l’événement. Les secteurs aéronautique et spatial sont donc évidemment à l’honneur. Mais l’innovation ne se limite pas seulement aux services et aux produits: en effet, c’est toute la supply chain de l’industrie aéronautique qui évolue. Et l’innovation est au coeur de cette mutation. L’usine du futur a toute sa place au Bourget.

L’industrie hexagonale a réussi à se faire une place enviable sur ce marché ultra-concurrentiel.

Le moteur Prometheus (Crédits: ArianeGroup)

Dans le domaine spatial, le CNES présentera pendant le salon des innovations ayant trait aux lanceurs et au moteur à bas coup Prometheus. Ces moteurs remplaceront à l’horizon 2030 les actuels Vulcains.  Réutilisables jusqu’à 5 fois et dotés d’une poussée variable avec un maximum à 100 tonnes, ils fonctionneront avec le couple oxygène/méthane (en place du couple oxygène/hydrogène utilisé aujourd’hui). Futuriste, la conception de ces moteurs fera appel massivement à la fabrication additive.

En effet, impossible aujourd’hui d’imaginer un process industriel dans le secteurs des hautes technologies qui n’y fasse pas appel. Une entreprise française, Coretechnologie, propose des logiciels entièrement développés pour l’impression 3D. Parmi eux, 4D Additive, un logiciel qui permet de modifier et de corriger les modèles en géométrie exacte afin d’obtenir des données optimisées, permettant d’améliorer la qualité d’impression. En effet, et c’est une première, les modèles 3D de tous les formats CAO courants peuvent être lus et préparés directement pour des procédés de production additive.

Au-delà des solutions logicielles, l’industrie tricolore est présente sur le domaine des imprimantes 3D, avec notamment la présence de la société SPEMA. Cette société, exerçant pour les secteurs de la défense, de l’aéronautique et du nucléaire (entre autres), utilise des machines outils à commande numérique pour le fraisage, le tournage, la rectification et l’électro-érosion. Les 64 machines à commande numérique que possède SPEMA ont atteint en 2018 2500 heures de production chacune.

Le drone Vahana, présenté par Airbus (Crédits: AirbusGroup)

Pour ce qui est du transport aérien, Airbus reste un pourvoyeur d’innovations important. Même sur les drones. C’est le cas du Vahana, un drone destiné au transport de personnes. Il s’agit d’un VTOL, c’est à dire d’un avion à décollage vertical. Totalement électrique et autopiloté, le projet lancé en 2016 et dont les premiers tests ont été réalisés avec succès l’année dernière est pour Airbus un symbole fort en termes d’innovation.

Restons dans le domaine des drones avec la start-up XSun, qui présentera cette année un micro-drone à énergie solaire. Cette innovation, baptisée Solar X One, est en fait le premier modèle de drone indépendant énergétiquement (car équipé de panneaux solaires) et capable de prendre ses propres décisions.

Le drone solaire Solar X One (Crédits: XSun)

L’engin possède une aile à double support qui combine aérodynamisme pour le vol et cellules photovoltaïques pour la production d’énergie. Une innovation qui permet d’imaginer ce drone remplir des missions programmées de manière totalement autonome.

Pour la sécurité des pilotes, une jeune start-up française, Safetyn (hébergée dans l’accélérateur Airbus Biz Lab de Toulouse) développe une box qui, munie de multiples capteurs, permettra aux conducteurs de petits avions motorisés de bénéficier de meilleures conditions de sécurité. Même si rien n’a encore été dévoilé, cette innovation devrait permettre au pilote de gérer des paramètres jusqu’ici peu pris en compte comme la présence d’oiseaux près de l’appareil, le rythme cardiaque du pilote… Rappelons que dans l’aviation récréationnelle, la mortalité est cent fois plus importante que dans l’aviation commerciale.

Enfin, cette 53ème édition sera l’occasion de découvrir concrètement le Lifi (internet par la lumière), technologie qui permet d’obtenir internet sans câble, et avec un débit 100 fois plus puissant que ce que propose le Wifi à l’heure actuelle. Cette démonstration sera organisée par l’équipementier Latécoere et la strat-up française Oledcomm, spécialisée dans la fourniture de solutions Lifi.

Découvrez le 5ème numéro d’Engine

Le cinquième numéro d’Engine paraît en septembre. A cette occasion, nous vous proposons d’en découvrir le sommaire et de consulter un extrait gratuit.

Découvrez les articles suivants :

  • Collaborative robots
  • Polycare : A Building idea to change the world…
  • How drones can help extend battery life
  • Leman Micro Devices : Health – the next smartphone challenge

Et comme toujours, retrouvez nos exercices et lexiques pour approfondir et améliorer votre anglais

 Pour aller plus loin et découvrir un extrait, cliquez ici

InBolt digitalise les processus manuels et remporte le prix ArianeGroup

La jeune entreprise InBolt a remporté le Prix ArianeGroup le 6 juin dernier lors de la finale du Challenge Industrie du Futur. La startup, qui était à l’origine un projet étudiant, propose un contrôle qualité en temps réel des processus manuels dans l’industrie. Albane Dersy, cofondatrice du projet, explique qu’elle souhaite ainsi améliorer les processus manuels et limiter les erreurs humaines.

Qu’est-ce que InBolt ?

InBolt est une jeune startup qui développe une technologie de localisation pour les outils à main dans l’industrie. Son but est d’améliorer la fiabilité de tous les processus manuels effectués au quotidien par les opérateurs. Concrètement, nous produisons un petit boitier Plug & Play qui peut se fixer sur n’importe quel outil comme des perceuses, visseuses ou clés dynamométriques et qui va suivre en continu la position de l’outil par rapport à l’assemblage. Connaître cette position permet de valider en temps réel si un trou est percé au bon endroit. Toutes les données sont exploitées par un logiciel de contrôle qualité.

Comment ça fonctionne ?

Nous utilisons des caméras optiques tridimensionnelles et des capteurs afin de repérer la position d’un outil très précisément. Le client nous fournit au préalable les plans 3D de l’assemblage, puis nous comparons ce que voient nos capteurs avec les plans pour déterminer la position du boitier et donc la position de l’outil.

Le boîtier InBolt s’installe sur n’importe quel outil à main.

Comment avez-vous eu l’idée de cette startup ?

Je suis actuellement en double-diplôme HEC Polytechnique en Master innovation. Cette année, un de nos projets d’étude consistait à trouver une idée de boîte puis à pitcher notre concept. Nous avions constaté après une visite dans un entrepôt connecté chez Transdev que les processus manuels généraient encore beaucoup d’erreurs humaines. Or des boulons mal serrés ou des trous mal positionnés peuvent provoquer des dégâts matériels coûteux. Nous avons supposé que le même problème devait exister dans d’autres industries donc nous sommes allés voir des industriels de l’aérospatial qui nous l’ont confirmé. Notre boitier est la meilleure solution que nous ayons trouvé pour fiabiliser les processus manuels. Après l’avoir développé, nous avons déposé un brevet. D’un simple projet étudiant, c’est devenu une startup.

Pourquoi votre technologie peut intéresser les industriels ?

L’avantage de notre idée, c’est qu’elle est très simple donc chaque industrie peut y voir des applications. Les mentors SKF et ArianeGroup y ont vu des cas d’usage très concrets et nous devons réaliser des démonstrations chez eux très prochainement. Les entreprises se rendent de plus en plus compte qu’elles ont besoin d’outils connectés pour éviter l’erreur humaine. Le but n’est pas de remplacer l’humain mais de l’augmenter et réduire ses erreurs. Avec InBolt, nous apportons la brique technologique qui manque car nous garantissons qu’un trou a été percé au bon endroit. Si nous ne pouvons assurer que le technicien a utilisé les bons réglages et la bonne taille de forêt, nous pouvons en revanche déterminer si une vis n’est pas du tout serrée ou si elle l’est trop.

Comment allez-vous développer InBolt ?

Actuellement, nous sommes en phase de démonstration donc nous faisons la démo de notre prototype à un maximum d’industriels. Notre but est maintenant de signer des POC et ainsi utiliser notre technologie chez le client. Une fois les POC validés, nous travaillerons sur un projet pilote pour enfin déployer notre technologie.

Green Tropism et son analyse de la matière via la spectrométrie remporte le Grand Prix 4.0

Le 6 juin dernier, la startup GreenTropism a remporté le Grand Prix 4.0 lors de la finale du Challenge Industrie du Futur. Créée en 2014, la jeune entreprise qui emploie aujourd’hui 12 personnes a développé des logiciels capables d’interpréter des spectres et ainsi d’analyser la matière. Le fondateur Anthony Boulanger, ingénieur et docteur en biostatistiques, a eu l’idée d’étendre ses recherches sur la spectroscopie proche-infrarouge dont il avait la charge chez Veolia à d’autres domaines.

Qu’est-ce que GreenTropism ?

GreenTropism est une société qui conçoit et déploie des composants logiciels dans le monde de la spectrométrie. Cela commence avec les bases de données comme support de l’apprentissage, puis nos propres algorithmes de machine learning et intelligence artificielle permettent de traiter en temps réel les spectres émis par les capteurs et ainsi d’analyser la matière. Les logiciels sont associés à une interface homme-machine adaptée en fonction des métiers. Par exemple, avec Veolia, nous réalisons du monitoring non destructif des flux pour analyser en temps réel ce qu’il se passe dans les méthaniseurs. Notre technologie peut être utilisée dans l’agroalimentaire, la chimie, l’environnement, l’énergie mais aussi l’IoT, le telecom ou l’électroménager.

Comment ça fonctionne ?

Un spectromètre envoie un faisceau lumineux sur la matière et, en fonction de sa composition, va plus ou moins absorber certaines longueurs d’ondes. La lumière réfléchie revient au détecteur et nous donne une signature spectrale. Cette signature est spécifique de la matière et de l’appareil utilisé. Nos algorithmes, qui sont embarqués dans les spectromètres ou accessibles depuis le cloud, récupèrent cette donnée. Ensuite, nos logiciels permettent de l’interpréter mathématiquement pour déterminer à quelle molécule correspond chaque signature spectrale. Elle en définit également la quantité. Notre technologie fonctionne avec tout type de détecteur mais nous avons une spécialité sur la spectroscopie proche-infrarouge qui permet l’analyse moléculaire de tout type de matière organique. L’élément variable principal est la gamme spectrale sur laquelle nous allons travailler. Nous pouvons utiliser la fluorescence, la lumière visible, la lumière infrarouge, la LIBS qui est une technologie laser qui permet d’analyser des échantillons pour de l’analyse élémentaire, la spectrométrie Raman etc.

Quelles sont les principales applications de votre technologie ?

Il y a trois applications principales en conditions industrielles. D’abord, nous l’utilisons pour identifier les matières premières. Nous nous assurons dès la réception que les matières premières sont conformes aux attentes des industriels, avant même qu’ils aient déchargé le camion à l’aide d’outils portatifs et miniaturisés. Ensuite, nous proposons de contrôler les dérives de production. Notre technologie est utilisée notamment pour les transformations de matière comme la cuisson, la fermentation ou les mélanges. Cela permet de savoir à quel moment la transformation est optimale, sans consommer trop d’eau ou d’énergie. Pareillement, si une transformation se déroule mal, le procédé peut être interrompu et éviter ainsi de produire plusieurs tonnes de produits non conformes qui seront gaspillés. Enfin, la dernière application concerne le contrôle qualité des produits finis, pour déterminer s’ils sont conformes au standard défini au préalable.

Quels sont vos projets avec Green Tropism ?

En ce moment, nous travaillons beaucoup sur le contrôle de la méthanisation par spectrométrie proche-infrarouge miniaturisée et sur une technologie d’imagerie hyperspectrale qui, au lieu d’analyser un point, va analyser toute une surface. Elle est utilisée lors de la cuisson de biscuits par exemple, afin de vérifier qu’ils soient cuits de manière uniforme. D’autre part, si nous travaillons aujourd’hui principalement dans les domaines de l’environnement et de l’agro-industrie, des univers qui connaissent déjà les bénéfices de la spectrométrie, nous accueillons à bras ouverts des projets dans d’autres domaines. La force de notre technologie logicielle est sa versatilité : elle peut aller sur beaucoup de capteurs donc fonctionner dans tous les domaines. Aujourd’hui, le plus gros de la R&D a été réalisé donc nous allons développer notre équipe commerciale et embaucher afin de trouver de nouveaux clients.

L’Inde prévoit d’avoir sa propre station spatiale

« Sur le long terme, nous prévoyons d’avoir une station spatiale indienne, notre propre station spatiale », a déclaré K. Sivan, directeur de l’ISRO, lors d’une conférence de presse à New Delhi.

« Puis ensuite nous n’allons pas nous arrêter à la station spatiale. Nous allons nous joindre à la communauté internationale en allant sur la Lune, une mission avec des hommes sur la Lune, et nous voulons créer une colonie sur la Lune », a-t-il dit.

Interrogé par un journaliste sur cette station spatiale, il a précisé qu’elle serait bien plus modeste que la Station spatiale internationale.

« Notre station spatiale sera très petite. Nous lancerons un petit module et ce petit module servira à réaliser des expériences de micro-gravité. Nous n’avons pas un grand plan d’envoyer des humains faire du tourisme et ce genre de choses », a-t-il ajouté, donnant un calendrier possible de « cinq à sept ans ».

Le programme spatial indien s’est fait remarquer ces dernières années par son alliage d’ambition et de sobriété budgétaire, avec des coûts opérationnels bien inférieurs à ceux de ses homologues. Son avancement progresse au pas de charge.

L’ISRO lancera le 15 juillet sa deuxième mission lunaire, Chandrayaan-2, en vue de déposer un atterrisseur et un robot mobile à la surface du satellite de la Terre le 6 septembre.

Si la mission se déroule conformément aux prévisions, l’Inde deviendrait la quatrième nation – après l’Union soviétique, les États-Unis et la Chine – à réussir à poser en douceur un appareil sur la Lune, située à quelque 384.000 kilomètres de la Terre.

Le géant d’Asie du Sud prévoit également d’envoyer trois astronautes dans l’espace d’ici à 2022, ce qui sera son premier vol habité.

« La décision de faire du vol habité n’a de logique que s’ils franchissent le pas » de la station spatiale par la suite, a expliqué à l’AFP Mathieu Weiss, représentant en Inde du Centre national d’études spatiales (CNES) français, qui collabore avec l’ISRO.

Les Indiens « ont l’ambition de faire de la science en micro-gravité. (Pour ce faire), il faut une présence permanente dans l’espace, une chambre dans laquelle les astronautes peuvent faire des expérience sur le long terme », a-t-il indiqué.

L’actuel Premier ministre indien, le nationaliste hindou Narendra Modi, prête une attention particulière au programme spatial de son pays, qu’il voit notamment comme un outil de rayonnement international.

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Deux exemples d’utilisation de la Blockchain portés par un fournisseur d’énergie

Les deux expérimentations de blockchain lancées par Centrica sont fondées sur la technologie Exergy développée par LO3 Energy. Cette start-up est largement connue pour avoir réalisé une première avec la blockchain du micro-réseau de Brooklyn, aux Etats-Unis.

Soulager le réseau en Cornouaille

Outre-Manche, Centrica déploie sur une communauté de 200 foyers et entreprises du Sud-Ouest de l’Angleterre (Cornouaille) cette nouvelle approche de blockchain mise au point par LO3, dans le cadre d’un programme Local Energy Market (LEM), doté de 19 millions de livres et porté par sa filiale Centrica Business Solutions. Ce programme est également financé dans le cadre du Fonds européen pour le développement régional (Feder), qui apportera 13 M£ sur les 19 M£ du programme.

L’objectif du LEM est d’explorer des approches innovantes du modèle énergétique traditionnel, notamment dans ce cas le rôle de la production décentralisée et du stockage pour améliorer la flexibilité du réseau local. Cette zone de Cornouaille est connue pour avoir enregistré une forte implantation de renouvelables mettant sous pression le réseau électrique local. Centrica Distributed Energy and Power déploiera ainsi des batteries, des installations en micro-cogénération ainsi que des combinaisons des deux technologies dans une centaine de foyers. Lancé l’an dernier, le LEM a enregistré 300 demandes de candidatures pour 100 foyers et 120 implications de commerces et d’entreprises.

La solution de LO3 est celle de sa plate-forme de mise en relation Exergy, qui facilite les échanges multipartites pair-à-pair entre les foyers et les entreprises participant au programme. Il s’agit d’une plate-forme de trading conçu pour fonctionner avec les mêmes paramètres physiques que le réseau et à la vitesse nécessaire pour réaliser de l’arbitrage en local. Les participants au programme pourront ainsi céder leur production à la fois au réseau et sur le marché de gros britannique, en fonction des contraintes (pointe ou surcapacité). Cette blockchain, combinée au programme de déploiement de stockages décentralisés, devrait soulager ainsi le réseau électrique, et par conséquent permettre de faire des économies, répercutables sur les prix de l’énergie.

La blockchain au service du marché au Texas

Aux Etats-Unis, où Centrica est présent via Direct Energy Business au Texas, la plate-forme de LO3 dénommée Micro-Energy Hedging sera consacrée à des utilisateurs industriels et commerciaux, dont nombre d’entre eux maîtrisent déjà le B-A-BA du marché. Fondée également sur le modèle de blockchain de LO3, Exergy, elle autorisera les entreprises à sortir du système d’achat via des contrats de couverture de risque à prix fixes ou via des accords à long terme d’achat de renouvelables (PPA en anglais), leur permettant de placer leurs propres ordres afin de de se couvrir via des « smart contracts » personnalisés en bénéficiant des meilleures offres du marché. Ces ordres pourront être réalisés sur un pas horaire (heure par heure donc). Les entreprises qui s’engagent avec Direct Energy Business dans ce projet utiliseront des compteurs communicants de LO3 Energy (des systèmes propriétaires) afin d’intégrer la plate-forme Exergy, qui repose sur une blockchain afin de sécuriser les échanges de données. Les « clients » pourront ainsi réaliser, stocker et partager leurs données (production en temps réel, consommation, globale sur le système) de manière sûre et automatiquement prévoir leurs besoins heure par heure au plus juste prix. La plate-forme fera en effet correspondre les demandes et les offres afin de réaliser des échanges de transactions d’énergie jusqu’au pas horaire.

L’Amérique et la Chine dominent la production de plastique au détriment de l’Europe

Lors de la conférence de presse annuelle de PlasticsEurope, l’association des fabricants de granulés plastiques européens, le directeur général pour la région Ouest Europe, Eric Quenet, a révélé les chiffres de la production plastique en 2018. Celle-ci a progressé de 3,2% par rapport à l’année précédente, passant de 348 à 359 millions de tonnes. Un chiffre qui révèle un ralentissement du marché, qui avait progressé de 3,9% entre 2016 et 2017. Ce recul est d’autant plus notable qu’entre 1990 et 2018, le taux de croissance moyen annuel a été de 4,5%.

La Chine, première puissance mondiale du secteur plastique

L’évolution du marché a notamment profité à la Chine, qui est le premier pays producteur de plastique dans le monde. À l’instar des années précédentes, l’Asie porte à elle seule près de la moitié de la production mondiale, dont un tiers vient de la seule Chine. En 2018, la production chinoise s’est élevée à plus de 108 millions de tonnes. Durant la dernière décennie, la place de la Chine sur ce marché s’est considérablement accrue.

Alors que le pays n’avait produit que 37 millions de tonnes de plastique en 2006, sa capacité de production a pratiquement triplé en douze ans. À l’époque, seuls 15 % du plastique produit dans le monde provenait de Chine. La dynamique ne devrait pas s’inverser dans le futur, car des nouvelles unités de production de plastique à base de charbon devraient prochainement tourner à plein régime.

Les États-Unis progressent grâce au gaz de schiste

Autre nation à tirer profit de cette évolution du marché : les États-Unis. La productivité du géant américain a été favorisée par le développement des gaz de schiste. Leur exploitation a permis l’investissement dans de nouvelles unités de production de polymères. Ainsi, l’État fédéral américain a été capable de produire 65 millions de tonnes de plastiques l’an dernier. Les unités de production les plus efficaces sont celles fonctionnant avec de l’éthane.

Effet collatéral de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, le géant américain vient directement prendre des parts de marché à l’Europe. De plus, en sachant se montrer plus compétitif que le plastique européen, les importations vers l’Europe ont augmenté en 2018 de 26 %. Par ailleurs, les États-Unis sont parvenus à rogner sur les parts de marché européennes en intensifiant le commerce vers la Turquie, qui historiquement importait plus de plastique venu de France.

L’Europe et la France en difficulté, mais sur la voie du recyclage

Sur le continent européen, la situation n’est pas aussi bonne. Le ralentissement économique a engendré un affaiblissement de l’Europe sur le marché mondial. Avec 62 millions de tonnes, la production de plastique a diminué de 4,3 % par rapport à 2017. Également impactée, la consommation n’a quant à elle pas diminuée. Elle n’a augmenté que de 0,7 % par rapport à 2017. Comme sur d’autres secteurs, le marché européen du plastique a connu l’an dernier un recul de 3 % de ses exportations.

La France n’échappe pas à la tendance européenne. Au contraire, le marché français est même particulièrement impacté par les ralentissements de production et de consommation. En 2018, la consommation de plastique s’est élevée à 4,8 millions de tonnes, soit 2,6% de moins qu’en 2017. Cependant, Eric Quenet explique que ces chiffres sont à relativiser par le fait que l’année 2017 avait été particulièrement intense. Entre 2016 et 2017, la consommation avait fait une croissance de 4,4 %. Donnée intéressante concernant les matières premières recyclées : les demandes ont augmenté de 14 % en 2018.

Énergie : la Blockchain, solution miracle ?

Entre 2016, date du lancement du désormais célèbre micro-grid de Brooklyn, et 2018, des dizaines de projets-pilotes et « preuves de concept » de Blockchain ont fleuri, portés par des start-up, mais aussi par de grands énergéticiens en pleine numérisation de leurs activités.

La technologie Blockchain (chaîne de blocs) repose sur une organisation différente d’une base de données. En gros, les informations (données), les opérations (échange de blocs de données) ne sont pas centralisées dans un serveur détenu par un acteur, mais partagés par l’ensemble des utilisateurs du système, qu’ils se connaissent ou pas. Pour les tenants de la technologie, c’est le gage d’une parfaite transparence, d’un système sécurisé (tous les blocs étant reliés entre eux dans un ordre bien précis, il est difficile de frauder) et décentralisé, qui à terme, doit réduire les coûts globaux du système.

Développée et popularisée à l’origine par la crypto-monnaie Bitcoin, la technologie s’est invitée dans le domaine énergétique via la mise en œuvre des smart grids, notamment des instruments de comptage dits « intelligents » (pour faire court, le Linky en France).

Que permet la Blockchain ?

En matière énergétique, la technologie permet donc d’abord de gérer des données. Ainsi, une Blockchain énergie va stocker de manière distribuée et sécurisée des transactions énergétiques enregistrées et validées sur tous les ordinateurs qui font partie d’un micro-réseau. Ensuite, elle peut permettre d’archiver en temps réel les consommations, via un monitoring fondé sur les compteurs et capteurs ainsi que l’échange des données entre les acteurs du système ; un moyen pour des collectifs (bailleurs locatifs par exemple) ou des collectivités de disposer d’un état des lieux des points de consommation et donc des « déviations » potentielles. En outre, la Blockchain peut permettre de certifier l’origine du type d’énergie, comme des garanties d’origine. Cela valide la traçabilité de plus en plus réclamée par les consommateurs (en clair, ils veulent du courant « vert »). Si transaction et donc parfois « smart contracts » il y a, la technologie permet aussi de payer les factures, directement, ou par le biais de crypto-monnaies (Bitcoin, Ether, etc.), facilitant ainsi un paiement en temps réel. Enfin, la Blockchain pourrait aussi permettre de connaître à chaque instant ce qui est produit, vendu, ou acheté. Un ensemble de potentialités qui conduisent à faire de cette technologie un sérieux candidat pour répondre aux boucles locales, sur lesquelles est consommée et échangée localement l’électricité.

Au cœur de cette migration de la Blockchain vers l’énergie, existe en effet la volonté de certains consommateurs d’être actif, de devenir des consom’acteurs, capables de vendre ou d’acheter leur électricité directement chez leurs voisins dotés de moyens de production (panneaux solaires en général), formant ainsi des boucles locales.

Avant d’aller plus avant, un petit rappel s’impose cependant. En l’état de l’art de la « science » électrique, l’électricité s’échange via des lignes et, jusqu’à preuve du contraire, la très grande majorité des consom’acteurs dans le monde est reliée à un réseau de distribution, lequel permet justement d’échanger l’électricité d’un point à un autre.

Le graal de l’autoconsommation collective ?

Pas étonnant, avec ces potentialités, que la Blockchain ait été présentée dans l’énergie comme le graal de l’autoconsommation collective. Le Brooklyn Microgrid Project, initié en 2012 mais devenu réalité en 2016, en est non seulement le précurseur, mais le modèle. Fondé sur quelques particuliers dotés de panneaux photovoltaïques et de stockage, désireux de se passer de fournisseurs d’électricité, le projet a franchi un pas avec l’introduction d’une Blockchain pour gérer le système (tout le monde ne se transforme pas en énergéticien et gestionnaire de réseau en une nuit !). Lo3 Energy, spécialiste d’énergie solaire, et ConsenSys, spécialisée dans le blockchain Ethereum, se sont unis, en 2016, au sein de Transactive Grid, pour appliquer la Blockchain à la gestion des échanges de surplus d’électricité. Objectif : gérer les flux énergétiques, de leur entrée à la leur sortie du réseau, tout en conservant l’historique de l’énergie produite et des transactions qui en découlent, via une plateforme basée sur Ethereum, un protocole de Blockchain distinct de Bitcoin. Démarré avec quatre consom’acteurs, le projet dispose désormais de quelque 300 logements et PME et de plus de 50 sites de production quasiment tous solaires. Il n’en fallait pas moins pour que se lancent, partout dans le monde, de multiples projets.

En France aussi

Plusieurs expérimentations d’autoconsommation collectives fondées sur la technologie Blockchain sont en cours, notamment depuis la publication du décret d’avril 2017 favorisant cette autoconsommation collective.

Le premier projet français a été lancé par Bouygues Immobilier, dans le cadre du nouvel éco-quartier Confluences, à Lyon. Bouygues Immobilier a recours à la Blockchain pour faire le suivi de la répartition de l’énergie produite par des panneaux photovoltaïques installés en toiture d’immeubles et consommée localement par ses habitants. Le groupe s’appuie sur l’expertise des start-up Energisme et Stratumn.  A noter que ce démonstrateur se fonde également sur l’implantation à Lyon des compteurs communicants Linky, déployés par le gestionnaire du réseau de distribution Enedis.

Dans les Pyrénées Orientales, un lauréat d’un appel à projets de l’Ademe a, lui aussi, démarré en 2017. Piloté par Sunchain, spin-off du bureau d’études Tecsol, ce projet expérimente l’utilisation de la Blockchain dans le cadre d’un projet d’autoconsommation collective d’électricité à Premian, au nord-ouest de Béziers, dans l’Hérault. Raccordé depuis décembre 2018, il lie une centrale photovoltaïque de 28 kW qui alimente six consommateurs publics (mairie, bureau de poste…) et privés (logements, boulangerie). Il s’appuie sur Hyperledger, une plate-forme privée de développement de la Blockchain portée par la fondation Linux. Ici encore, Enedis est associé à ce démonstrateur. Le système d’information d’Enedis permet en effet de connecter directement à la Blockchain et de collecter pour chaque consommateur la part d’électricité provenant de la production locale et de son fournisseur d’électricité (pour la facturation et l’équilibrage), ainsi qu’un éventuel surplus de production locale.

Au-delà de l’autoconsommation

Si les grands énergéticiens regardent attentivement la technologie Blockchain, c’est aussi parce qu’elle pourrait permettre d’optimiser le système. Les gestionnaires de réseaux sont en effet particulièrement sollicités à l’aune de l’introduction de multiples sources de productions décentralisées et… variables. Les gestionnaires étudient ainsi comment la Blockchain pourrait être utilisée pour enregistrer la disponibilité des sources en temps réel et automatiser les réponses adéquates (notamment via des batteries) afin de garantir la sécurité d’approvisionnement. De plus, la technologie pourrait permettre, comme certains s’y emploient, de mettre en relation directement consommateurs et producteurs, sans passer par un intermédiaire (fournisseur). C’est par exemple ce que développe, en Allemagne, la start-up Lition, qui mise sur l’engouement outre-Rhin des consommateurs pour l’électricité verte. L’électromobilité est également une cible de choix pour la Blockchain, en facilitant la facturation au moment de la recharge d’un véhicule, quel que soit le point de charge choisi. Votre fournisseur d’électricité identifié via une carte ou un smartphone pourrait ainsi, par exemple, ajouter votre charge à la facture.

Enfin, la technologie ayant été mise en œuvre au départ pour recréer un système financier (la monnaie, c’est de la finance !), les marchés, et notamment le trading s’intéresse beaucoup à cette technologie. Comme les grands énergéticiens sont sur ces marchés de gros de l’énergie, ils s’y mettent aussi. L’ENEL italienne et l’allemand RWE ont ainsi lancé une initiative en ce sens, Enerchain.

Encore du chemin à parcourir

Après un premier rapport particulièrement sceptique sur la déployabilité rapide du concept dans le secteur électrique, en mai 2018, Eurelectric, le lobby des électriciens européens, a nuancé sa position en janvier dernier…

« Les applications de la Blockchain dans le secteur de l’énergie gagnent du terrain au fur et à mesure que de nouvelles preuves de concepts sont déployées avec succès dans toute l’Europe, ce qui témoigne d’un intérêt fondamental qui dépasse l’engouement et les remous engendrés par les crypto-monnaies. Cela se traduit par des dizaines de partenariats entre les opérateurs historiques du secteur de l’énergie et les start-up, ou encore des plates-formes de négociation activées par Blockchain, ou encore un tel recours pour la certification des énergies renouvelables et à l’équilibrage du réseau ». Et l’association de lancer une deuxième phase de sa plate-forme de discussion Blockchain.

Reste qu’il ne faudrait pas sous-estimer la numérisation en cours dans le domaine des réseaux, qui ouvre aussi des perspectives centralisées et décentralisées. Les deux ne sont pas forcément opposables.

Les Smart grids entre laboratoire et déploiement à grande échelle

Cette multitude de projets de taille et de portée différentes s’explique par la complexité du sujet. Les réseaux intelligents recouvrent en effet à la fois les compteurs communicants – socle du déploiement d’un réseau intelligent et pour lesquels Bruxelles a demandé un déploiement à hauteur de 80% à l’ensemble des pays de l’Union à l’horizon 2020 – mais concernent aussi les infrastructures (capteurs, système de transferts de données et de commande, hardware, etc.), les logiciels dédiés (notamment de gestion des systèmes électriques et de gestion de l’énergie industrielle, et toutes les plates-formes de pilotage smart grids*), les systèmes de contrôle énergétique des bâtiments et enfin les bornes de recharge des véhicules électriques et leur intégration à un réseau intelligent. Outils indispensables à la transition énergétique, ils doivent permettre l’introduction des énergies renouvelables, faciliter la flexibilité, grâce à un pilotage des consommations, de l’effacement et des solutions de stockage. Le tout en réduisant les pertes d’énergie et en optimisant la production ainsi que la consommation d’électricité. Sans oublier qu’en matière de transport, ils doivent également jouer un rôle de facilitateur en matière de mobilité électrique.

Au niveau de l’UE, c’est le centre de recherche commun européen, plus connu sous son appellation anglaise de JRC, qui collecte les projets de smart grids électriques. En 2017, il y avait 950 projets lancés en Europe (le JRC incluant des pays comme la Norvège ou la Suisse), représentant quelque 5 milliards d’euros d’investissement. Autre constat, la majorité des projets sont nationaux (66%), le solde étant composé de projets impliquant donc plusieurs pays. L’investissement moyen par projet est cependant plus conséquent au niveau multinational (7,5 millions d’euros en moyenne) alors que les projets au niveau national sont en moyenne évalués à 4,7 millions d’euros. Ainsi, le poids de l’investissement global dans les smart grids électriques est de 47% pour les projets multinationaux, alors qu’ils ne représentent que 34% des projets.

Par ailleurs, dix pays, dont la France et l’Allemagne (qui arrive largement en tête) sont au-dessus de la moyenne européenne (85 projets par pays). Dans la majorité des pays, les développements smart grids sont en majorité à l’état de R&D (57%), contre 43% pour les projets de démonstrateurs. Ces derniers impliquent en moyenne 9 millions d’euros d’investissement, contre 3,3 millions d’euros en moyenne par projet pour la dépense de R&D. A noter : la France se distingue dans cette dernière catégorie, puisqu’elle dispose de plus de démonstrateurs que de projet R&D.

Enfin, dernier constat qui peut être fait à partir des données du JRC, la grande vague de lancement des projets en Europe s’établit autour de 2012-2013. Depuis, il y a un reflux des projets, le déploiement à une échelle commerciale ou au moins vers des démonstrateurs de grande taille prenant le pas sur la R&D et la démonstration à échelle locale.

La France avance

En France, la loi de transition énergétique pour une croissance verte de 2015 a donné un sérieux coup de pouce au développement d’expérimentation dans les territoires. Les initiatives se sont multipliées dans le secteur des smart cities et des smart buildings avec la montée en puissance des objets connectés. Enedis, le distributeur d’électricité majoritaire (95% du territoire), est engagé dans pas moins d’une vingtaine de projets, dont certains visent d’ores et déjà à un large déploiement, tels Smile, en Bretagne/Pays de Loire, You&Grid, dans les Hauts-de-France, ou Flexgrid, qui a pris le relais d’Interflex, en région SUD (PACA). Brique de base des smart grids, le compteur communicant a d’ores et déjà été déployé par Enedis dans 19 millions de foyers, l’objectif étant d’atteindre les 35 millions de clients à fin 2021.

Le JRC estime à 38 le nombre de projets en cours en France au niveau purement national, mais ce sont près de 150 projets dans le pays qui sont impliqués un niveau européen.

Des vitrines industrielles des savoir-faire français

Comme le rapporte Enedis, Smile, Flexgrid et You&Grid sont trois projets phares sélectionnés par les ministres de l’Energie et de l’Industrie dans le cadre du plan Réseaux Electriques Intelligents (REI). Ils s’inscrivent dans la dynamique de la Nouvelle France Industrielle. Flexgrid et Smile ont été désignés comme vitrines des smart grids pour la filière. Comme distributeur, Enedis est impliqué très largement dans ces trois projets.

Avec Smile (SMart Ideas to Link Energies), les régions Bretagne et Pays de la Loire ont lancé le déploiement d’un grand « réseau électrique intelligent » entre 2017 et 2020 sur quatre départements (Loire-Atlantique, Vendée, Morbihan, Ille-et-Vilaine) et les îles du Finistère (Ouessant, Sein et Molène). L’enjeu est de déployer, d’ici à 2020, les services et technologies matures permettant de construire un réseau intelligent à grande échelle. L’investissement total atteint les 220 millions d’euros, dont 55% environ proviendront de fonds privés. Enedis consacrera 21 millions d’euros à la numérisation des réseaux et accompagnera des projets locaux sur les questions de villes et territoires intelligents. Au-delà de rendre intelligents les équipements du réseau, il s’agit aussi d’intégrer rapidement près de 300 projets d’énergies renouvelables.

You&Grid vise le déploiement, d’ici 2020, d’un ensemble de services et de technologies matures en termes de réseaux électriques intelligents, en réponse aux enjeux énergétiques du territoire. Aujourd’hui, plus d’une dizaine de projets sont labellisés, certains financés par l’Ademe ou les fonds européens, d’autres par des investissements privés. Ces projets sont portés par la région Hauts-de-France et la Métropole Européenne de Lille (MEL). Ils peuvent concerner autant la lutte contre la précarité énergétique, que favoriser l’autoconsommation individuelle, ou encore la valorisation du potentiel local.

Avec Flexgrid, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a l’ambition d’être la première Smart Région d’Europe. Flexgrid mobilise toutes les ressources du territoire engagées dans la transition énergétique, et concentre plus de 150 millions d’euros d’investissements publics et privés. Plus de 60 projets de territoires sont agrégés pour répondre à des spécificités régionales en matière d’énergie qui poussent pour la mise en œuvre d’actions en faveur des économies d’énergies et des réseaux électriques intelligents. La région SUD connaît en effet une croissance forte de la production d’énergies renouvelables, surtout d’origine photovoltaïque. De même, les bornes de recharge pour véhicules électriques se développent à un rythme soutenu.

Grâce à ces démonstrateurs à grande échelle, Enedis passe d’ores et déjà à la phase d’industrialisation des smart grids.

(*) Définition de l’Ademe : systèmes énergétiques capables d’intégrer, de prévoir et d’inciter efficacement et de manière intelligente les actions et comportements des différents utilisateurs, consommateurs et producteurs (industriels, tertiaires et résidentiels) qui y sont raccordés, et ce afin de maintenir une fourniture d’énergie efficace, durable, économique et sécurisée.

La Chine responsable de la recrudescence du CFC-11 dans l’atmosphère ?

Il semblerait que la Chine fasse une nouvelle fois figure de mauvaise élève dans la lutte pour la préservation de l’environnement. En cause : le trichlorofluorométhane, un gaz fluoré. Anciennement utilisé comme réfrigérant ou dans les aérosols, le CFC-11 a été décrié il y a plus de trente ans pour son effet hautement néfaste sur la couche d’ozone. Et en plus, au contact des rayons solaires, le trichlorofluorométhane a un fort effet de serre.

C’est pourquoi il est aujourd’hui interdit d’en produire et d’en utiliser. Mais, selon l’équipe de recherche de Steve Montzka, scientifique spécialiste de l’atmosphère à l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), le recul de la présence de CFC-11 dans l’atmosphère ralentit depuis 2012. Et cela serait de la faute de la Chine, qui ne respecterait pas la réglementation internationale, en dépit des risques pour la couche d’ozone.

Des tonnes de CFC-11 relâchées entre 2015 et 2017

Ainsi, l’utilisation de CFC-11 serait considérablement repartie à la hausse à partir de 2013. Or conformément au protocole de Montréal conclu en 1987, la production de ce gaz est totalement interdite depuis 2010. « Le CFC-11 est aussi un gaz hautement responsable du réchauffement climatique, il s’agit donc d’une menace grave pour le climat », c’est pourquoi la situation est grave pour le directeur de l’Agence d’investigation environnementale (EIA) aux États-Unis, Alexander von Bismarck.

Une équipe de chercheurs britanniques et sud-coréens ont, par ailleurs, localisé la source de ces nouvelles émissions de CFC-11 et leurs quantités. Ils ont ainsi noté une hausse de 13000 tonnes de trichlorofluorométhane dans l’atmosphère, dont 7000 auraient été émises entre 2015 et 2017. Et selon Park Sun-Young, responsable de l’équipe de recherche à l’Université nationale de Kyungpook en Corée du Sud, il se pourrait même que ces chiffres soient inférieurs à la réalité. Plusieurs investigations ont confirmé que la source d’émission du CFC-11 viendrait bien de Chine.

Une production illégale de CFC-11 pour des raisons économiques

En premier lieu, les scientifiques sud-coréens ont cartographié la présence du CFC-11 dans l’atmosphère et ont analysé les masses d’air. C’est ainsi qu’ils ont conclu que le gaz provient du sud-est de la Chine. De plus, au vu des grandes quantités relarguées dans l’atmosphère, les scientifiques affirment que le CFC-11 ne peut provenir que d’usines de production récentes. Une hypothèse confirmée par l’EIA dans des travaux réalisés en 2018.

Des membres de l’association se sont rendus, anonymement, dans dix-huit usines réparties dans dix provinces de Chine. Alors qu’ils s’y faisaient passer pour de potentiels clients, les membres de l’EIA se sont vus confirmer que du CFC-11 était utilisé dans ces ateliers. Les ouvriers auraient expliqué que le trichlorofluorométhane était utilisé pour fabriquer de la mousse en polyuréthane, notamment utilisée comme isolant. Ils auraient également ajouté que l’interdiction n’était pas respectée parce que le CFC-11 reste une matière peu chère et de qualité.

La Chine rejette en bloc les accusations

Mais pour Stephen Montzka, l’objectif n’est pas tant de vouloir pointer du doigt la Chine que de trouver une solution rapide. « Si l’on s’attaque au problème dès maintenant, les dégâts seront mineurs », explique-t-il. Et même si une recrudescence de la présence de CFC-11 dans l’atmosphère est avérée, les quantités ne sont pas suffisantes pour menacer davantage la couche d’ozone. Selon les travaux réalisés par les scientifiques, seule la Chine serait concernée par les émanations de trichlorofluorométhane. Dans les pays environnants, en particulier au Japon et Taïwan, aucune pollution similaire n’a été répertoriée.

Pour le moment, les autorités chinoises n’ont pas confirmé les différents soupçons des scientifiques et de l’EIA. Le ministère des Affaires étrangères chinois, porté par Wang Yi, a simplement affirmé que la question du CFC-11 est « un problème d’ordre mondial auquel toutes les parties prenantes doivent répondre sérieusement ». La Chine dément même les accusations, et veut rappeler ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Sur Twitter, le journal quotidien People’s daily China, a même estimé que toute cette affaire est « impossible ». Officiellement, le pays ne produirait plus de CFC-11 depuis 2007.

Un fonds de 100 millions d’euros pour accélérer la transition énergétique

Ce nouveau fonds, baptisé Breakthrough Energy Ventures Europe (BEV-E), est désormais opérationnel. Doté d’une capitalisation de 100 millions d’euros, il entend aider les entreprises européennes innovantes à développer et à commercialiser de nouvelles technologies d’énergies propres radicalement novatrices. Il vise ainsi à favoriser les solutions promettant des baisses d’émissions de gaz à effet de serre importantes dans les secteurs de l’électricité, des transports, de l’agriculture, de la production manufacturière et de la construction.

Ce nouveau fonds espère stimuler les investissements publics et privés dans l’innovation liée aux énergies propres. « Premier du genre, il répond à l’intensité capitalistique et aux horizons de développement à long terme que les technologies énergétiques requièrent », précise la Banque Européenne d’investissement. La moitié des fonds propres sont apportées par Breakthrough Energy, l’autre moitié par la Banque européenne d’investissement garantie au titre du dispositif InnovFin, l’instrument de financement européen de l’innovation, dans le cadre d’Horizon 2020.

Les premiers investissements devraient être effectués au cours du second semestre de cette année. Les États membres de l’UE et les pays associés à l’initiative Horizon 2020 pourront solliciter un financement au titre du BEV-E.

«Je suis ravi de constater que notre première coopération avec Breakthrough Energy s’est concrétisée si rapidement, se félicite Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne en charge de l’Union de l’énergie. Cette initiative est une première ; il s’agit d’aligner des investissements privés et publics dans l’innovation de pointe, au bénéfice de l’Union de l’énergie et de notre climat. »

Holipress, la presse pour recycler le plastique nommée « Coup de cœur du public »

Le 6 juin dernier, Holipress a reçu le prix « Coup de coeur » lors du Challenge Industrie du Futur. Ce prix, remis par Techniques de l’Ingénieur et le Campus de l’Espace, récompensait la startup qui avait le plus intéressé le public. Les lecteurs de Techniques de l’Ingénieur ainsi que le public présent à l’événement ont pu voter sur une plateforme adaptée.

La startup Holimaker produit Holipress, une presse qui fait fondre le plastique et l’injecte dans des moules grâce à la force manuelle. Cette méthode, plus économique que le moulage par injection industrielle, a l’avantage de produire des petites séries et de permettre de créer des prototypes en un temps réduit avant le lancement des grandes séries.

Aurélien Stoky présente sa création Holipress à Lille.

L’un des principaux objectifs d’Holimaker est également d’agir pour le recyclage et de sensibiliser à l’économie circulaire. « Avec Holimaker, on a aussi une activité d’animation d’ateliers autour de la sensibilisation au recyclage des déchets et surtout au côté circulaire de la matière pour revaloriser une matière précieuse comme le plastique », explique Aurélien Stoky, le créateur d’Holipress.

La presse a été commercialisée deux semaines avant le Challenge. Vendue d’abord 2 300€, le prix de la presse évoluera en fonction des besoins des clients car des modules pourront être modifiés.

Le WWF épingle la France pour la pollution plastique de la Méditerranée

« Un quart des déchets plastiques de la région [Méditerranée] sont rejetés dans la nature chaque année, dont 600 000 tonnes finissent en mer Méditerranée », estime le WWF dans son nouveau rapport Stoppons le torrent de plastique. L’ONG relève que les 22 pays méditerranéens génèrent 24 millions de tonnes de déchets plastiques chaque année. En fin de vie, seulement 16 % d’entre eux sont recyclés. La majorité est enfouie (42 %), une autre part incinérée (14 %). Les 28 % restant sont mal gérés. En ce sens, les déchets sont non collectés et se retrouvent dans des décharges à ciel ouvert ou non contrôlées.

A qui la faute ? Le WWF a analysé la contribution de chaque pays méditerranéen à cette pollution et les solutions à mettre en place au niveau national. En raison de quantités importantes de déchets mal gérés, l’Egypte apparaît comme le principal contributeur avec 250 000 tonnes chaque année. Suivent la Turquie avec 110 000 tonnes et l’Italie avec 40 000 tonnes.

La France a un rôle important à jouer

La France est le plus grand producteur de déchets plastiques de la région, avec 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques produits en 2016, soit 66.6 kg par personne. Le recyclage y reste faible, avec un taux de 22 %, en dessous de la moyenne européenne de 30 %. La grande majorité des plastiques en fin de vie y sont incinérés et mis en décharge. « On estime malgré tout que la France contribue au rejet de 80.000 tonnes de plastiques dans la nature chaque année, dont plus de 10.000 entrent en mer Méditerranée », calcule le WWF. Une contribution similaire à celle de l’Espagne, de la Grèce, du Maroc, de la Croatie et de la Tunisie.

La France contribue à la pollution plastique essentiellement à travers ses activités côtières (79%). Selon le rapport, 12 % de la pollution est apportée par les fleuves et 9 % est directement causée par les activités maritimes, via la pêche, l’aquaculture et le transport. Contrairement à d’autres sources, les déchets français restent majoritairement en surface après un an (66%). 21% reviendrait sur les côtes et 11% échoueraient sur les fonds marins.

Pour un accord contraignant

Le WWF soutenait récemment un accord international juridiquement contraignant pour mettre fin à la pollution plastique d’ici 2030 au niveau mondial. Le rapport propose ici un accord régional contraignant pour stopper les rejets de plastiques en Méditerranée d’ici 2030. Le cadre est proposée par l’ONG : la Convention de Barcelone, dont la prochaine assemblée se tiendra en décembre 2019.

11 pays européens sans stratégie pour sortir du charbon

Les États européens ont soumis à la Commission européenne leurs projets de plans nationaux en matière d’énergie et de climat. Ceux-ci visent à faire en sorte que chaque État membre participe aux efforts permettant d’atteindre les objectifs de l’Union pour 2030. Les ONG Réseau Action Climat Europe et Sandbag les ont analysés dans leur rapport « Just Transition or just Talk? » et livrent leurs recommandations.

Trop d’États encore sans engagements sur le charbon

Sur les 28 États européens, sept pays n’utilisent déjà plus de charbon pour produire de l’électricité. L’analyse des projets de plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) des 21 restants montre que seuls huit d’entre eux prévoient de sortir du charbon d’ici 2030. Deux autres pays – la Slovénie et la Bulgarie – ont un objectif de sortie du charbon, sans date spécifiée. Et 11 pays ne prévoient qu’une légère diminution, voire pas de diminution du tout. En tête des mauvais élèves : la Pologne, l’Allemagne, la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce et la République Tchèque.

La Commission européenne émettra des recommandations en juin, avant la finalisation des plans nationaux d’ici la fin de cette année. « Pour respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, l’UE devrait éliminer progressivement le charbon d’ici 2030 », insistent les deux ONG. Avec les projets sur la table, l’Union devrait encore compter 60 gigawatts (GW) de capacités installées de charbon en 2030. Soit une réduction de 58 % par rapport aux niveaux actuels (143 GW). Il restera notamment 22,9 GW de capacités charbon en Pologne et 17 GW en Allemagne. Le rapport exhorte donc les États membres à améliorer leurs plans pour accélérer la sortie du charbon et booster le développement des énergies renouvelables.

Des subventions malgré l’absence de plans de sortie

La plupart des pays qui n’envisagent pas de sortir du charbon reçoivent pourtant des subventions européennes pour soutenir la transition énergétique. Le rapport cite notamment les subventions de la plate-forme Coal Regions in Transition Platform de la Commission européenne, qui vise spécifiquement à aider les régions charbonnières à s’éloigner du charbon.

« La Commission européenne ne peut continuer à soutenir ces États membres que s’ils élaborent des plans réalistes pour s’éloigner du charbon », estime Charles Moore, analyste en énergie et en politiques chez Sandbag. « Les États membres devraient utiliser le processus de développement de leurs plans nationaux en matière d’énergie et de climat comme occasion pour tracer une voie détaillée vers une économie neutre en carbone d’ici 2050, ajoute-t-il. Une élimination progressive du charbon d’ici 2030 est la première étape sur cette voie. »

Capacités de charbon installées en 2019 et objectifs pour 2030 contenus dans les projets de plans nationaux des 21 pays européens qui utilisent encore du charbon. Source : CAN Europe et Sandbag, sur la base des plans nationaux.

Projet 3D : démontrer l’efficacité d’un procédé innovant de captage de CO2

Le projet 3D pour « DMX Demonstration in Dunkirk », du nom du procédé utilisé, est lancé. Doté d’un budget de 19,3 millions d’euros sur 4 ans, il est financé en majorité par l’Union européenne dans le cadre du programme pour la recherche et l’innovation Horizon 2020. Il sera déployé en trois temps entre 2020 et 2035.

 Du pilote à une unité industrielle

Le premier défi est de démontrer l’efficacité du procédé DMX – développé par l’IFPEN et commercialisé par Axens – à l’échelle d’un pilote industriel.  Dès 2021, le pilote devrait permettre de capter 0,5 tonne de CO2 par heure dans les gaz émis sur le site sidérurgique ArcelorMittal de Dunkerque. « Le procédé […] utilise un solvant qui réduit de près de 35 % la consommation d’énergie du captage par rapport au procédé de référence, prévoit l’IFP Energies nouvelles. En utilisant, en complément, la chaleur produite sur le site, le coût du captage sera réduit de moitié, à moins de 30 euros par tonne de CO2. »

Une fois le pilote validé, l’objectif sera d’installer une première unité industrielle sur le même site, à l’horizon 2025. Il sera alors question de capter plus de 125 tonnes de CO2 par heure, soit plus d’un million de tonnes par an.

Vers le futur pôle européen de Dunkerque – Mer du Nord

Ce projet prend place à Dunkerque pour une bonne raison. Il s’inscrit dans une étude plus globale consacrée au développement du futur pôle européen de captage-stockage de CO2 de Dunkerque – Mer du Nord. Ce dernier pourrait capter, conditionner, transporter et stocker 10 millions de tonnes de CO2 par an et verrait le jour à horizon 2035.

Dans ce pôle, le projet 3D mettrait en commun ses infrastructures de conditionnement et de transport avec ceux d’autres projets en cours de développement, comme celui de Northern Lights en Norvège.

Au Japon, la pénurie des ressources humaines en sciences met en péril les avancées en intelligence artificielle

La période annuelle de recrutement massif et national des nouveaux diplômés japonais s’est terminée le 1er avril, date de début de l’année fiscale au Japon. A l’issue de cette campagne 2019, le quotidien japonais Nikkei a sondé les entreprises japonaises quant à l’évolution de leurs besoins en ressources humaines et leur capacité à recruter les profils recherchés.

Cette année, les entreprises japonaises ne sont pas parvenues à recruter autant de profils scientifiques qu’elles auraient aimé. Le sondage révèle que plus de 5 % de ces offres d’emploi n’ont pu être pourvues. En particulier, les compétences en intelligence artificielle et en analyse de données (data science), pour lesquelles la demande des entreprises est en forte hausse, sont les plus touchées. Cette incapacité du flux de nouveaux diplômés scientifiques arrivant sur le marché du travail à satisfaire la demande des entreprises est un phénomène continu depuis 2008, date à laquelle ces statistiques ont commencé à être produites. En comparaison, depuis 2017, les diplômés en sciences humaines parviennent à satisfaire les demandes d’embauche des entreprises japonaises.

Ce phénomène devrait se poursuivre dans les prochaines années. En effet, selon ce sondage, la demande des entreprises japonaises pour les diplômés scientifiques va augmenter de 11,7 % pour la session de recrutement du printemps 2020 (constituant ainsi la sixième année de croissance à deux chiffres de cet indicateur) : le gouvernement japonais prévoit ainsi un manque de 50,000 ingénieurs en sciences et technologies. Cette pénurie remet en cause les ambitions japonaises et la capacité du pays à atteindre ses objectifs, notamment la société du futur (society 5.0) concept clé de la stratégie du gouvernement.

Dans le cadre des travaux de définition de la stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle (qui complètera la première stratégie publiée en mars 2017, et dont les conclusions sont attendues pour l’été 2019), plusieurs mesures ont été identifiées pour faire face à cette pénurie de ressources. Lors d’une réunion fin mars, le panel d’experts a recommandé que tous les étudiants en université reçoivent une formation de base en intelligence artificielle, et que des formations puissent être créées afin que les salariés en entreprise se forment à ce domaine.

D’ores et déjà, plusieurs initiatives impliquant les sphères académique et industrielle ont été lancées :

  • Les universités japonaises adaptent leurs formations pour aborder ces sujets plébiscités par les industriels : on note par exemple la création d’un département dédié à la data science à l’université de Yokohama (2018) et à l’université de Shiga (2017), ou encore d’un département spécialisé en intelligence artificielle à l’université de Rikkyo (2018).
  • Par ailleurs, les cours en intelligence artificielle proposés par l’université de Tokyo et l’université d’Osaka vont s’ouvrir aux employés d’entreprises.
  • Le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie japonais (METI) a annoncé le lancement d’une « AI school » à partir de septembre 2019. Celle-ci aura pour objectif d’encourager le partage de connaissances entre salariés et étudiants du domaine.

Source : France Diplomatie

Des sacs qui se dégradent à l’air libre, pas dans les sols et l’eau

Pour vérifier les revendications des industriels, des chercheurs de l’Université de Plymouth se sont procurés cinq types de sacs en plastique répandus au Royaume-Uni pour vérifier leur dégradation dans l’environnement. Ils ont ainsi acheté cinq types de sacs : le traditionnel en polyéthylène haute-densité HDPE, deux types d’oxodégradables – ils contiennent un additif pour accélérer la fragmentation –, un biodégradable et un compostable en compostage industriel. Ils en ont exposé certains à l’air, enterré d’autres à 25 cm de profondeur, et mis d’autres dans l’eau à environ 1 m de profondeur dans le port de Queen Anne’s Battery. Ils ont observé leur évolution à 9, 18, 27 et 36 mois.

Une dégradation visuelle pour tous dans l’air

Au bout 9 mois, tous les sacs exposés à l’air, quel que soit leur type, étaient devenus très fragiles et s’étaient ou étaient sur le point de se désintégrer en microplastiques. Les auteurs de l’étude attribuent cette dégradation rapide à des niveaux importants de rayons ultra-violets. « Si la désintégration en microplastiques est apparente, on ne sait pas si la fragmentation altère ou non le potentiel du plastique à se biodégrader et plus de travail est nécessaire », mettent-ils toutefois en garde. Certains microplastiques pourraient totalement se biodégrader, d’autres non, mais les chercheurs n’ont pas pu le vérifier.

Dans l’eau et les sols, les choses sont différentes. Au bout de trois ans, tous les sacs, à l’exception du compostable, pouvaient être utilisés et contenir plus de 2 kg de courses.  Le sac compostable déterré ne pouvait rien contenir sans se déchirer. Et le sac compostable avait complètement disparu de l’eau au bout de 3 mois. Là encore, les chercheurs demandent des travaux complémentaires pour identifier les produits de décomposition et évaluer leurs effets.

Un besoin criant de normes plus poussées

« La vitesse de dégradation des plastiques dans différents environnements dépendra fortement des conditions locales d’exposition, rappellent les auteurs. Des changements physiques et chimiques dans les polymères peuvent être causés par des facteurs environnementaux, incluant la lumière (photo-oxydation), la chaleur (oxydation photo-thermique), l’abrasion mécanique, l’humidité, les conditions chimiques, ou l’activité biologique (champignons, bactéries, levures, algues et leurs enzymes) ».

Le plus important lorsque l’on parle de dégradation, c’est de bien connaître les conditions d’exposition. L’étude appelle donc au renforcement des tests normatifs pour assurer les performances. « Ces normes devront incorporer la variabilité des conditions environnementales naturelles (par exemple, la température, le PH et la lumière) et définir une échelle de temps appropriée de détérioration pour s’assurer que les éléments se détériorent suffisamment rapidement afin de faire une différence et qu’ils ne laissent pas de produits de dégradation potentiellement nocifs (produits chimiques fragmentés) ».

Un procédé plus écologique pour la production de plastique biosourcé

Le polyéthylène téréphtalate, ou PET, fait partie des polymères les plus utilisés pour la fabrication d’emballages tels que les bouteilles d’eau ou les pots de yaourt. Bien que le PET présente des avantages indéniables, notamment en ce qui concerne sa stabilité chimique et son effet barrière garantissant une excellente conservation des aliments, il a l’inconvénient d’être un produit dérivé du pétrole. Fort heureusement, des solutions existent, comme l’emploi de PET biosourcé ou encore de PEF, un polymère biosourcé dont la composition est proche de celle du PET.

Le PEF, remplaçant annoncé du PET ?

En plus d’être une barrière au CO2 et à l’oxygène très efficace, le PEF permettrait une meilleure conservation des aliments que le PET. Néanmoins, ce matériau étant relativement nouveau, son industrialisation n’est pas prévue avant quelques années et les procédés de fabrication demandent à être maîtrisés avant une mise sur le marché définitive. En effet, le PEF est un polymère fabriqué principalement à partir de deux monomères dérivés de la biomasse appelés MFDC et HEFDC, mais la production de ceux-ci à partir de l’hydroxymethylfurfural (HMF) est limitée par des réactions secondaires qui rendent inefficace la production industrielle.

Un nouveau type de HMF pour contourner le problème

L’équipe internationale de chercheurs, incluant le professeur Kiyotaka Nakajima de l’université d’Hokkaido au Japon ainsi que Emiel Hensen de l’université de technologie d’Eindhoven, propose de modifier la molécule de HMF habituellement utilisée, afin d’éviter les réactions parasites. Ainsi, en remplaçant le groupe formyle (-CHO), très réactif, par un groupe acétal, plus stable, ils ont démontré qu’il était possible de convertir en MFDC et HEFDC entre 80 et 95 % du HMF-acetal contenu dans une solution concentrée (10 à 20 % en masse). Par ailleurs, l’une des clés de leur succès résiderait dans l’utilisation de nanoparticules d’or en tant que catalyseur de réaction.

Une avancée importante par rapport à l’état de l’art actuel

La méthode développée par cette équipe pourrait ainsi accélérer l’industrialisation de la production de monomères servant à la fabrication de polyester biosourcé, tout en consommant moins d’énergie. De plus, cette nouvelle technique à l’avantage de nécessiter moins d’étapes que pour les autres procédés de production de PEF. Les chercheurs espèrent ainsi que cette méthode permettra le développement de nouvelles applications à partir de carbohydrates dérivés de la biomasse.

Image : Copyright Kiyotaka Nakajima, Hokkaido University

Un matériau solide écologique pour remplacer les fluides frigorigènes polluants

Les fluides frigorigènes sont un problème, car ils sont aussi utiles que néfastes. En effet, puisque leur rôle est de transférer des calories au sein d’un système thermodynamique, ils sont utilisés autant dans les systèmes de production de froid que dans les systèmes de production de chaleur. Par conséquent, on les retrouve partout : dans les climatiseurs, les congélateurs, les réfrigérateurs et les pompes à chaleur.

Pourquoi les fluides frigorigènes sont un problème

Comme souvent, les fluides frigorigènes qui présentent les meilleures propriétés sont aussi les plus néfastes pour l’environnement et les plus dangereux pour l’homme. Il est bon de rappeler que les premiers fluides frigorigènes utilisés au début du XXe siècle étaient hautement toxiques (SO2, CH3Cl, C2H5Cl, NH3) ou dangereux, car combustibles (CH3Cl, C2H5Cl, NH3). Ils furent peu à peu remplacés par des produits dérivés du pétrole peu nocifs pour l’homme, mais qui ont un impact non négligeable sur l’environnement, car soit ils contribuent à détruire la couche d’ozone (produits chlorés comme les CFC et HCFC), soit ce sont des gaz à effet de serre extrêmement puissants. C’est donc pour ces raisons que les réglementations ont évolué de manière à interdire les fluides frigorigènes les plus problématiques, à contrôler leur utilisation et à « faire la chasse aux fuites ».

Les matériaux solides barocaloriques

Grâce aux travaux conduits par les équipes du docteur Xavier Moya de l’université de Cambridge et du professeur Josep Lluís Tamarit de l’université polytechnique de Catalogne, ce problème est en passe d’être résolu. En effet, les résultats qu’ils viennent de publier dans la revue Nature remettent au-devant de la scène les matériaux à effet barocalorique, c’est-à-dire capables de produire un refroidissement lorsqu’ils sont mis sous pression. L’équipe de chercheurs a ainsi découvert que le neopentylglycol (NPG), un composé chimique organique facilement compressible, présente un fort effet barocalorique, à tel point qu’ils l’ont qualifié de matériau à effet barocalorique colossal (CBCE).

Le NPG, un matériau malléable qualifié de “cristal plastique”

Les investigations menées démontrent que les propriétés exceptionnelles du NPG proviendraient d’une combinaison de trois facteurs : une orientation moléculaire extrêmement désordonnée, une très grande compressibilité et une dynamique du réseau non harmonique (anharmonic lattice dynamics). Plus simplement, les molécules de NPG, composées de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, sont quasi-sphériques ; les liaisons entre molécules sont donc faibles, ce qui explique cette aptitude à la déformation.

Une solution plus efficace et économique

Mais cette découverte présente également un autre intérêt non négligeable : en plus d’être écologique, ce matériau est aussi économique. En effet, le NPG n’est pas un matériau nouveau puisque sa grande plasticité fait qu’il est très utilisé pour la fabrication de peintures, de plastifiants, de polyesters et de lubrifiants. Il est donc déjà commercialisé à grande échelle et très économique, ce qui le rend très compétitif par rapport aux fluides frigorigènes conventionnels. En outre, les résultats obtenus par les chercheurs indiquent que le NPG est aussi efficace que le réfrigérant R134a, l’un des plus employés pour les températures positives proches de l’ambiante. C’est donc le candidat idéal pour une utilisation dans les systèmes de climatisation. Une découverte qui tombe à point nommé alors que les systèmes de climatisation consomment près d’un cinquième de l’électricité produite dans le monde et que la demande ne cesse d’augmenter.

Le gouvernement japonais va créer des logiciels malveillants défensifs

Dans son édition du 30 avril dernier, le Japan Times, citant une source gouvernementale, rapporte l’intention du ministère de la Défense japonais de lancer le développement d’un programme malveillant (malware) dans la perspective de l’utiliser à titre défensif contre les cyber-attaques.

Bien que peu de détails officiels ne soient disponibles sur les capacités précises de ce logiciel, ni sur les scénarios exacts dans lesquels le gouvernement envisage de l’utiliser, un graphique publié par le gouvernement suggère que ce logiciel ne sera utilisé que lorsque les institutions japonaises seront attaquées, et uniquement en direction de l’attaquant. Le gouvernement japonais spécule sur le caractère dissuasif que peut avoir le développement (et la communication autour) d’une telle arme auprès des cyber-attaquants.

Le gouvernement japonais compte faire appel à des prestataires externes pour développer ce malware qui devrait être opérationnel pour mars 2020. Ce sera alors la première arme du Japon en matière de guerre informatique. Déjà en 2012, le gouvernement japonais avait envisagé la création d’un programme malveillant de « recherche et de destruction » en faisant appel à Fujitsu pour son développement. Cette tentative n’avait toutefois pas donné les résultats escomptés.

Le ministère de la Défense prévoit d’augmenter les ressources humaines affectées au cyberespace de 220 à 370 personnes. C’est encore très loin des Etats-Unis (6 200), de la Corée du Nord (7 000) ou de la Chine (130 000). Le commandement de cyberdéfense des armées Françaises (COMCYBER) rassemble quant à lui 3400 personnes.

Par ailleurs, depuis début 2019, le NICT (National Institute of Information and Communications Technology), sous l’égide du Ministère de l’Information et des Communications (MIC) japonais, mène un vaste projet pour vérifier la sécurité des objets connectés des citoyens et entreprises japonais. L’adoption de cette posture préventive vise à améliorer la cyber-sécurité du pays avant les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020.

Sources : France Diplomatie

Ces 5 tendances de l’intelligence artificielle

Au fil des années, les entreprises entraînent leurs algorithmes pour les rendre plus performants. Leur progrès est notamment dû à l’évolution de l’électronique leur offrant des puissances de calculs toujours plus importantes, ou des systèmes optimisés pour pouvoir faire tourner les algorithmes au plus proche de l’objet. Parmi les nombreux développements, voici 5 tendances qui devraient bousculer 2019.

Des puces d’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle nécessite une grande quantité de données et, ainsi, une grande puissance de calcul pour réaliser son apprentissage par renforcement (deep learning). Les fabricants d’électronique ont alors mis au point des puces dédiées au supercalculateurs, comme c’est le cas de Nvidia, Intel ou AMD, mais développent également des puces d’inférence pour les datacenters permettant de faire tourner rapidement des algorithmes de deep learning préentraînés. L’objectif est d’avoir une intelligence artificielle déportée (sur le cloud) plus performante. Qualcomm vient de lancer sa puce Qualcomm Cloud IA 100 cette année. Des géants du web, comme Facebook (partenariat avec Intel), Amazon Web Services ou encore Google Cloud, sont également sur le coup.

L’intelligence embarquée

Dans les systèmes cyberphysiques basés sur l’intelligence artificielle, la question d’embarquer la puissance de calcul ou de la déporter sur le cloud revient régulièrement. Par souci de connectivité ou de sécurité des données, des entreprises ont développé de l’intelligence artificielle embarquée. Cet IA « on the edge » réalise les calculs et son apprentissage sur l’objet grâce à l’optimisation des algorithmes pour ne pas nécessiter de grande puissance de calcul. C’est le cas notamment en industrie pour Cartesiam ou Amiral Technologies, proposant de faire de la maintenance prédictive.

Une aide au diagnostic

Un des domaines dans lequel l’intelligence artificielle pourrait avoir un impact important est la médecine, notamment dans l’aide au diagnostic des cancers. Google a récemment collaboré avec l’hôpital universitaire de Northwestern pour élaborer une IA capable de détecter le cancer du poumon. Le géant du web avait déjà démontré ses compétences en la matière avec la détection du cancer du sein. D’autres recherches se focalisent sur différents types de cancer, comme le col de l’utérus.

La reconnaissance faciale

La reconnaissance faciale pourrait prendre un nouveau tournant en 2019. Installée depuis quelques années en Chine, elle a fait l’objet d’une expérimentation en février à Nice lors du Carnaval avec 1000 volontaires qui ont donné leur consentement pour être ciblés par les caméras. Le but était de tester le contrôle d’accès, la détection d’un individu dans une foule ou une personne d’intérêt sur la voie publique. Amazon a d’ailleurs fait l’objet de revendications pour la vente de sa technologie Rekognition à des agences gouvernementales.

Les assistants intelligents

On se souvient bien, l’année dernière, de la démonstration de Google et de son assistant vocal « Duplex » qui réalise une réservation de restaurant ponctuée de « euh » et de « hum ». Ce mois-ci, le New York Times a dévoilé que l’ensemble du service n’était pas réalisé par cet assistant et que des humains étaient derrière les appels reçus dans 25 % des cas. De nouveaux projets, tels que Common Voice de Mozilla, se lancent pour venir concurrencer les plus connus du secteur tels qu’Alexa ou Siri. Des progrès sont attendus dans le domaine.