Pollution : les rivières dans un sale état !

Le rapport du programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) est formel : la qualité des eaux de surface se dégrade en Asie, en Afrique et Amérique latine. Entre 1990 et 2000, la pollution organique et microbiologique a augmenté dans plus de 50% des rivières de ces trois continents. La pollution microbiologique impacte désormais un quart des rivières en Amérique latine, entre 10 et 25 % des rivières africaines et la moitié des rivières asiatiques.

L’augmentation des pathogènes et des matières organiques résulte principalement de la hausse des rejets d’eaux usées non traitées dans les eaux de surface.

En cause : la croissance démographique, l’augmentation de l’activité économique et l’intensification continue de l’agriculture. Les engrais et les pesticides concourrent à renforcer la pollution par les phosphates ; les activités minières et agricoles aggravent la pollution saline. Cette dernière a augmenté de presque 33%, affirme le rapport de l’UNEP, et affecte désormais près d’une rivière sur 10 sur les 3 continents.

La pollution des eaux menace directement la santé de 323 millions de personnes sur les trois continents: 25 millions en Amérique latine, 164 millions en Afrique et 134 millions en Asie. Car dans certains pays, plus de 90% de la population dépend des eaux de surface comme principale source d’eau potable. Les populations risquent alors de contracter des maladies mortelles, comme le choléra, la typhoïde, les hépatites infectieuses, la polio et les maladies diarrhéiques, alerte l’UNEP. Environ 3,4 millions de personnes meurent chaque année d’une de ces maladies.

Par ailleurs, cette pollution nuit à l’économie de ces trois régions, avec des impacts sur la pêche, l’irrigation et les écosystèmes aquatiques. Il existe pourtant des méthodes capables de réduire la pollution à la source, rappelle l’UNEP. Il s’agit de « traiter les eaux polluées avant qu’elles ne pénètrent dans les plans d’eaux, recycler les eaux usées destinées à l’irrigation et protéger les écosystèmes en restaurant les zones humides dans le but de réduire les polluants des écoulements agricoles et urbains ». L’organisation exhorte la communauté internationale à lutter contre cette « menace croissante ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Royal « optimiste » sur la ratification de l’accord de Paris

La ratification de l’accord de Paris par la Chine et les Etats-Unis a apporté une nouvelle dynamique pour que les pays déposent au plus vite leurs instruments de ratification auprès du secrétariat des nations-unies. A ce jour, 26 pays ont ratifié l’accord, ce qui représente 39,06% des émissions mondiales (20% pour la Chine, 17,9% pour les Etats-Unis et 1,08% pour les 24 autres pays). Un pas important vers l’entrée en vigueur de l’accord de Paris qui nécessite la ratification par au moins 55 pays, représentant plus de 55 % des émissions mondiales.

« D’autres pays vont ratifier rapidement car leur Parlement a donné son accord », assure Ségolène Royal. Il s’agit notamment de l’Argentine, du Brésil, du Maroc, de l’Ukraine, de Madagascar, de l’Albanie, du Ghana, de la Guinée et du Mali. Ces 9 pays représentent 4,72% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le dépôt de leurs instruments de ratification devrait se faire à New York le 21 septembre prochain, lors d’un événement organisé par le secrétaire général Ban Ki-moon, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Cet événement a pour objectif d’amplifier et accélérer la dynamique de ratification d’ici la COP22, à l’image de l’élan exprimé le 22 avril à New York, lorsque 175 pays avaient signé l’Accord de Paris. « Nous mobilisons tous nos contacts pour que nous puissions réaliser le même exploit qui a été réalisé lors de la signature de l’accord de Paris le 22 avril», prévient Ségolène Royal. Grâce à un démarchage individuel auprès de chaque chef d’état ou de gouvernement, il serait ainsi possible d’obtenir le dépôt des instruments de ratification ce jour par un grand nombre de pays.

Pour l’heure, selon les projections de l’institut Climate Analytics, en plus des 26 pays ayant déjà ratifié l’accord de Paris, seulement 32 pays – dont l’Australie, le Brésil, le Canada, le Japon, le Mexique… – ont annoncé vouloir ratifier l’accord d’ici la fin de l’année. Les pays engagés pourraient alors représenter 59.88% des émissions mondiales, permettant l’entrée en vigueur de l’accord avant fin 2016.

Lumière sur la ratification européenne

En Europe (12,1% des émissions mondiales), seuls 3 pays ont fait voter la ratification par leur Parlement : la France, la Hongrie et l’Autriche. Pour que ces trois ratifications soit prises en compte par les Nations unies, elles devront être notifiée au Secrétaire général des Nations unies, dans le cadre d’un dépôt conjoint entre l’Union Européenne et ses 28 Etats membres. Tant que chaque pays membre et le Parlement européen n’auront pas approuvé le texte, la voix des Etats membres ne sera pas comptabilisée parmi les pays qui ont ratifié l’accord sur le climat. Mais « il n’y a plus de conditionnement d’une étape par rapport à l’autre », assure Ségolène Royal pour accélérer les différents processus. « Nous pouvons avancer frontalement à la fois sur les ratifications individuelles, sur les ratifications au niveau de l’Union et sur la répartition des efforts », se félicite-t-elle.

Ségolène Royal se déclare donc « optimiste » concernant la ratification de l’accord de Paris par l’Union Européenne, avant son entrée en vigueur. Le Parlement européen a été saisi et la Commission environnement donnera son avis le 8 septembre. Le sommet européen prévu le 16 septembre à Bratislava permettra de réaffirmer la nécessité d’accélérer le processus de ratification par les Etats membres.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Salaires 2016 : une bonne année pour les informaticiens

Lorsqu’on est cadre, mieux vaut travailler dans le numérique. C’est ce qui ressort du dernier baromètre Expectra (Groupe Randstad France) sur le salaire des cadres. Quelque 74 520 fiches de paie ont été analysées, représentant 125 qualifications dont 63 fonctions cadres et 62 fonctions ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise), sur les métiers de cinq grandes filières d’activité : l’informatique et les télécommunications, l’ingénierie et l’industrie, la comptabilité et la finance, les ressources humaines et le juridique et enfin les métiers du commercial et du marketing. Au global, 9 320 entreprises sont représentées, dont 66 % en province et 34 % en Île-de-France.

Cette année, le secteur IT (qui compte environ 346 000 salariés – dont 94 % en CDI – répartis dans environ 17 700 entreprises. Source : OPITEC)) a affiché une rémunération moyenne en hausse de 1,9 % par rapport à l’an dernier. C’est la plus « forte » hausse de ces quatre dernières années.

Les trois plus importantes revalorisations, toutes supérieures ou égales à 6 % (salaire médian de 41 710 €), bénéficient à des métiers de l’informatique et des télécoms. En particulier, le chef de projet infrastructure (+6,8 %), le consultant maîtrise d’ouvrage (6,5 %) et l’ingénieur développement (+6 %). « Ils sont en première ligne face à la digitalisation de l’économie », précise Christophe Bougeard, directeur général d’Expectra.

« Cette même dynamique profite également aux ingénieurs système (+3,4 %) et aux administrateurs de bases de données (+2,6 %), dont les salaires sont aussi tirés par la bonne santé du e-commerce », peut-on lire dans le rapport de ce cabinet.

Ces évolutions salariales s’expliquent par la croissance de ce secteur qui devrait bénéficier d’une croissance de 2,6 % cette année, dont 2,5 % pour le conseil et les services, et 3,6 % pour le logiciel.

Outre-Atlantique, le secteur informatique est également très attractif en terme de salaires. Un récent sondage effectué par la société Puppet souligne que parmi les métiers IT qui payent le mieux il y a les ingénieurs système, les ingénieurs logiciels, les administrateurs système et les architectes DevOps. Ces métiers rapportent en moyenne 100 000 dollars américains par an à leurs praticiens.

Pour autant, cette progression salariale ne rime pas nécessairement avec recul du chômage en France. Tous les informaticiens ne sont pas logés à la même enseigne. Une étude de l’Apec, parue avant l’été, indiquait en effet que seuls certains profils sont très recherchés : ingénieurs et cadres. Mais « ce sont également des métiers où la part de projets difficiles à satisfaire est parmi les plus élevées » (avec 61,7 % de projets de recrutement IT jugés difficiles par les entreprises), souligne l’établissement public.

Selon l’Observatoire des métiers du numérique, les métiers émergents pour les prochaines sont les développeurs java, les développeurs web, les administrateurs système, les ingénieurs de production et les « Business developer ».

Par Philippe Richard

La décharge de Bonfol est enfin vidée !

La dernière tonne de déchets chimiques présente dans la décharge de Bonfol a été excavée le 29 août. « C’est avec une grande satisfaction que je vous annonce que l’excavation des déchets, pour ainsi dire le « challenge principal » de cet assainissement, est terminée, a annoncé sur place Michael Fischer, directeur de la bci Betriebs-AG, consortium regroupant les entreprises de la chimie bâloise chargées de planifier et réaliser l’assainissement du site. Il reste néanmoins de nombreux travaux pour terminer l’assainissement.

Entre 2010 et 2016, 202.200 tonnes de déchets chimiques dangereux et matériaux mélangés ont été excavés, avant d’être incinérés à l’étranger. En parallèle, environ 84.000 tonnes de matériaux de sol faiblement à moyennement contaminés ont été éliminés dans des filières adaptées, en Suisse et aux Pays-Bas. Parmi ces déchets hautement toxiques en mélange, on retrouve des colorants, des pesticides, des solvants, des produits pharmaceutiques et des métaux lourds. Ces déchets avaient été entreposés à ciel ouvert dans une ancienne carrière d’argile par les géants de l’industrie chimique et pharmaceutique de Bâle – Novartis, Roche, BASF, Clariant ou Syngenta… – entre 1961 et 1977. Il aura fallu attendre l’an 2000 pour que le Gouvernement du Canton jurassien somme la chimie bâloise d’excaver les déchets et d’assainir la décharge, à leurs frais. Et 16 années supplémentaires pour étudier, préparer le projet et excaver les déchets.

Derniers déchets à évacuer et un suivi à mettre en place

Pour mener à bien les travaux, une halle d’excavation a été aménagé en surface, de manière à éviter toute pollution. L’excavation a débuté en mars 2010, mais s’est arrêtée entre juillet 2010 et mai 2011, après une explosion dans la halle. Le déblai s’est fait grâce à des pelles mécaniques reliées à un pont-roulant télécommandé. Les déchets étaient ensuite broyés, avant d’être placés dans des conteneurs destinés à l’incinération.

Avec la fin de l’excavation des déchets chimiques, les risques diminuent considérablement, notamment les risques d’explosion et d’incendie. « A ce jour, il reste 4.000 tonnes de déchets chimiques, déjà analysés et préparés pour leur transport, ainsi qu’environ 4.000 tonnes de matériaux de sols contaminés », précise la bci Betriebs-AG, dans un communiqué. Ils sont sur le point d’être mis en conteneurs pour être évacués début de novembre vers trois sites spécialisés en Allemagne et en Belgique où ils seront incinérés.

« L’encaissant argileux, contaminé par contact avec les déchets et les lixiviats de la décharge, a déjà été en grande partie nettoyé. Les surfaces restant encore à contrôler seront échantillonnées et décapées si nécessaire jusqu’à atteindre les valeurs limites définies par les autorités », fait savoir la bci Betriebs-AG. Par ailleurs, l’entreprise examinera la contamination des lentilles sableuses, des corps sableux enclavés dans les argiles de Bonfol. Bien qu’aucun impact sur les nappes phréatiques ou les eaux de surface n’a été observé, l’objectif est de vérifier que cette contamination ne présente pas de risque pour l’environnement. Les eaux souterraines et de surface seront monitorées pendant une dizaine d’années. Ceci pour vérifier que les sables  de la décharge industrielle de Bonfol ne contaminent pas l’environnement.

3 ans pour décontaminer, démonter et réaménager

En plus des surfaces ayant été en contact avec les déchets, il conviendra de décontaminer l’ensemble des installations. La qualité de l’air sera suivie pour déterminer le moment propice à la levée du confinement de la halle. « La majeure partie des travaux de décontamination et de démontage des infrastructures d’assainissement sera terminée d’ici fin 2017 », annonce la bci Betriebs-AG. L’entreprise procédera ensuite au reboisement de 15 hectares du site d’ici 2019. Parallèlement, elle réfléchit à un projet de réaménagement avec l’association Escale Bonfol et l’architecte Mario Botta.

La dépollution des sols suisses ne fait que commencer. Le pays compte encore aujourd’hui près de 38’000 sites pollués – comme des anciennes décharges, des sites industriels ou des stands de tir (dont 4000 sont contaminés et nécessitent donc un assainissement), rapporte RTSInfo. Parmi ces sites figurent quelques décharges dont le nettoyage est estimé à plus de  91 millions d’euros.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Accélérer la ratification de l’accord de Paris

Au 1er septembre, 180 pays ont signé l’accord de Paris. Mais signer n’est pas suffisant. Chaque pays signataire doit désormais, selon ses propres modalités, ratifier le texte puis déposer, auprès du Secrétaire général des Nations unies, un document actant son adhésion.

A ce jour, seulement 24 pays ont déposé leurs instruments de ratification auprès des nations-unies, ce qui ne représente que 1,08% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour entrer en application, l’accord de Paris devra être ratifié par au moins 55 pays, représentant plus de 55 % des émissions mondiales.« La première urgence, c’est l’entrée en vigueur de l’accord avant la fin de l’année. Et c’est loin d’être acquis », a prévenu François Hollande dans son discours de rentrée devant les ambassadeurs français le 30 août dernier.

A quand la ratification par les pays les plus riches ?

A l’approche du G20 qui se réunira les 4 et 5 septembre en Chine, Laurent Fabius, ancien président de la COP21, rappelle dans une tribune parue dans Le Monde que « des vingt pays les plus riches de la planète, aucun n’a jusqu’ici ratifié l’accord de Paris, à l’exception de la France ». La Chine (20% des émissions mondiales), les Etats-Unis (17,9%), l’Union européenne (12,1%), l’Inde (4,1%), la Russie (7,5%)… n’ont pas encore rejoint la course.

A ce jour, la France et la Hongrie sont les seuls membres de l’Union européenne à avoir fait adopter l’accord de Paris par leur Parlement. Pour que la ratification française et hongroise soit prises en compte par les Nations unies, elles devront être notifiée au Secrétaire général des Nations unies, dans le cadre d’un dépôt conjoint entre l’Union Européenne et ses 28 Etats membres. Tant que chaque pays membre et le Parlement européen n’auront pas approuvé le texte, la voix des Etats membres ne sera pas comptabilisée parmi les pays qui ont ratifié l’accord sur le climat.

Mais tout n’est pas perdu. Selon les projections de l’institut Climate Analytics, 34 nouveaux pays – dont l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, le Japon, le Mexique, les Etats-Unis… – devraient ratifier l’accord d’ici la fin de l’année. Ils pourraient représenter 59.88% des émissions mondiales. Le 31 août, l’Inde et les Etats-Unis ont réitéré leur engagement à mettre en œuvre rapidement l’accord de Paris, dans une déclaration commune, sans donner de date précise. La Chine et les États Unis pourraient profiter du G20 pour faire une déclaration conjointe et annoncer leur ratification. Par ailleurs, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, organise un événement le 21 septembre prochain à New York, l’occasion pour les Parties ayant élaboré leurs instruments de ratification de les déposer.

Au-delà de la ratification…

La ratification ne suffit pas. Pour que l’accord de Paris soit réellement effectif, il faut un feuille de route concrète. « La concrétisation des engagements financiers pris envers notamment l’Afrique, l’extension de la tarification du carbone, la mise en place du système universel d’alertes-catastrophes, la pénalisation des énergies fossiles et la dynamisation des énergies propres ainsi que des économies d’énergie, la mobilisation cruciale des villes et régions du monde, toutes ces mesures parfaitement identifiées doivent être mises en place rapidement avec les gouvernements, les collectivités locales, les entreprises et les sociétés civiles », alerte Laurent Fabius. Il préconise également  la préparation d’un pacte universel pour l’environnement, qui donnerait à la société civile les moyens de « demander des comptes aux Etats concernant le respect de l’environnement ».

Par ailleurs, les contributions nationales (INDC) rendues pour la COP21 doivent être revues au plus vite. Elles nous mènent droit vers une élévation de la température moyenne de 3 degrés d’ici 2100, alors même que l’objectif de l’accord est de limiter cette hausse « bien en-deça de 2°C et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les pesticides ont leur certificat d’économie !

Les CEPP ont pour objectif de développer des pratiques plus économes en produits phytopharmaceutiques, tout en maintenant un haut niveau de production. Ils seront octroyés aux distributeurs de pesticides en échange d’actions de conseil et de promotion de pratiques plus économes auprès des agriculteurs. Sont concernés tous les distributeurs de pesticides à usage agricole, hors traitements de semences, produits de biocontrôle et des produits utilisés dans le cadre des programmes de lutte obligatoire.

Qu’est-ce qu’un CEPP ?

Les actions permettant l’obtention de CEPP sont des « actions standardisées arrêtées par le ministre chargé de l’agriculture et publiées au Bulletin officiel du ministère chargé de l’agriculture », définit le décret. L’article 7 précise que chaque action donne droit à un nombre prédéfini de CEPP, en fonction de « son potentiel de réduction de l’usage et de l’impact des produits phytopharmaceutiques, sa facilité de mise en œuvre, son bilan économique et son potentiel de déploiement ». La liste de ces actions, non connue pour le moment, sera définie par le Ministre de l’agriculture, suite à des propositions émises par les professionnels et après une évaluation indépendante. Un site spécifique permettra ensuite aux distributeurs d’évaluer immédiatement l’éligibilité et la valeur de ces actions.

D’ici fin 2016, chaque distributeur se verra notifier ses obligations de CEPP pour l’année 2021. Ceux-ci seront calculés « sur la base de la moyenne des ventes de produits phytopharmaceutiques réalisées, exprimées en nombre de doses unités » entre 2011 et 2015, en excluant les années où les ventes ont été les plus faibles et les plus fortes. Une moyenne sur trois années de référence donc. Le nombre d’actions à déployer (et donc de certificats à acquérir) sera calculé de façon à représenter une économie de 20% des ventes de produits par rapport à la période de référence.

Comment déterminer le nombre de doses unités?

Le calcul est complexe. Le nombre de doses unités vendues par un distributeur est défini pour chaque substance active entrant dans la composition des produits. Il s’agit de « la division entre la quantité de la substance active et sa dose unité de référence ». Cette référence équivaut à la quantité moyenne de substance active contenue dans la dose maximale autorisée pour chacune des cultures, pondérée par les surfaces agricoles utiles nationales des cultures concernées. « La méthodologie de calcul et la valeur des doses unités de référence de chaque substance active sont arrêtées par le ministre chargé de l’agriculture et publiées au Bulletin officiel du ministère chargé de l’agriculture », précise le décret. Chaque certificat manquant à une entreprise au titre de l’année 2021 fera l’objet d’une pénalité de 5 euros.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Un processeur open-source de 25 cœurs

Les datacenters géants des fournisseurs de services cloud ont des besoins sans limites en matière de traitement et de stockage des données. Toute innovation permettant de réduire la latence ou la consommation électrique est donc la bienvenue.

C’est le double objectif d’un programme de recherche lancé par une équipe de l’Université de Princeton.

Baptisé Piton, leur processeur est composé de 25 cœurs. Selon ces scientifiques américains, il pourrait être facilement intégré à un ordinateur pouvant accueillir 8 000 puces 64-bits de ce type, pour un total de 200 000 cœurs processeur.

D’un point de vue technique, chaque puce Piton compte 25 cœurs positionnés sur 5 lignes, une topologie largement répandue en tant que design mesh. Chaque cœur opère à une fréquence d’horloge de 1Ghz. Un mini-routeur dans chaque cœur facilite la communication rapide avec d’autres cœurs et donc une optimisation des informations. Résultat, ce processeur fonctionne avec beaucoup moins de transistors : 460 millions de transistors alors que les dix cœurs du Broadwell-E (le processeur d’Intel présenté en mai dernier) demandent 3,4 milliards de transistors. Chaque cœur a également une unité en virgule flottante, dédiée principalement au calcul parallèle à grande échelle.

Une telle architecture pourrait intéresser en particulier les datacenters traitant les milliards de requêtes en provenance des réseaux sociaux, des outils de recherche et de services de Cloud Computing. Avec un objectif : réduire la latence afin d’optimiser des services en ligne.

Ce n’est pas le seul projet à afficher cette ambition. Depuis 16 ans, Intel annonce sa révolution photonique. Le fondeur a réussi à produire en masse deux modules intégrant des composants optiques sur du silicium avec des transistors CMOS. Selon le géant américain, ils permettraient aux commutateurs (switches) de franchir d’ici deux ans les 400 Gbit/s.

Mais au-delà de cet objectif, l’annonce des universitaires de Princeton est l’occasion de rappeler qu’à côté de l’Open-source software (logiciels), il existe aussi un équivalent pour le hardware. L’Open-source hardware regroupe les conceptions “Hardware” réalisées publiquement et disponibles de manière à ce que n’importe qui puisse étudier, modifier, distribuer, créer et vendre un “design” ou un produit basé sur ce design.

Piton est en effet basé sur un design OpenSparc, qui est une version modifiée du processeur Oracle OpenSparc T1. OpenSPARC est un projet de matériel informatique libre démarré en décembre 2005. La première contribution avait été la description du système logique du processeur UltraSPARC T1 en mars 2006. À cette époque, Sun Microsystems avait publié, sous licence GPL, le code source du cœur du processeur.

OpenSPARC n’est pas le seul programme open-source consacré au matériel informatique. Il y a notamment RISC-V, initié par la division informatique de l’Université de Californie à Berkeley puis utilisée par la start-up SiFive pour créer un nouveau processeur. Autre programme en Californie : l’Open Core Foundation qui essaie de fournir un design open-source du processeur SH2 d’Hitachi.

Mais ces projets Open-source ont du mal à se concrétiser. Si un logiciel Open-source se limite finalement à des lignes de code, et peut donc facilement être copié, ce n’est pas aussi simple pour l’Open-source Hardware. Il faut en effet des matériaux, parfois des outillages spécifiques et des investissements plus ou moins élevés. À part les cartes électroniques Arduino et des imprimantes 3D, les projets qui ont abouti sont donc rares.

Par Philippe Richard

Apple et l’optimisation fiscale en Europe

La Commission européenne somme Apple de verser 13 miliards d’euros à l’Irlande, plus des intérêts. Ce montant historique constitue le remboursement des avantages fiscaux jugés illégaux, octroyés à la firme par l’Irlande, entre 2003 et 2014. De quoi aligner le taux d’imposition d’Apple sur celui des autres sociétés en Irlande, à hauteur de 12,5%. Un taux déjà attractif, comparé aux 33% observés en France.

Deux ruling fiscaux pour deux filiales

La Commission européenne estime qu’il y a aide d’Etat dès lors qu’une entreprise connait un avantage fiscal, comparé à d’autres entreprises. Suite à une enquête ouverte en juin 2014, la Commission européenne estime que l’Irlande a défini deux ruling fiscaux en faveur d’Apple. Autrement dit, l’administration fiscale irlandaise a passé un accord avec deux filiales de l’entreprise, établissant des modalités d’imposition qui seraient avantageuses pour l’inventeur de l’iPhone.

Si le ruling fiscal est un dispositif parfaitement légal en soi, « les bénéfices doivent être répartis entre les sociétés d’un groupe, et entre différentes parties d’une même société, d’une manière qui reflète la réalité économique », rappelle la Commission européenne dans un communiqué. Dans le cas d’Apple, rien ne justifie la répartition « sur le plan factuel ou économique », estime-t-elle.

Concrètement, le montage financier a consisté à fonder deux filiales de droit irlandais détenues à 100 % par le groupe Apple : Apple Sales International et  Apple Operations Europe. Apple Sales International vend les produits du groupe en  Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde, lorsque Apple Operations Europe fabrique certaines gammes d’ordinateurs. Les deux entreprises ont le droit de distribuer les produits Apple en Europe dans le cadre d’un accord avec la maison mère américaine, qu’elles financent à hauteur de 2 milliards de dollars par an. « Ces dépenses ont contribué au financement de plus de la moitié de l’ensemble des efforts de recherche déployés par le groupe Apple aux États-Unis pour développer sa propriété intellectuelle à travers le monde », relève la Commission européenne. Ces sommes sont par ailleurs déduites des bénéfices enregistrés par Apple Sales International et Apple Operations Europe en Irlande chaque année, « conformément aux règles applicables ». Un autre moyen de faire baisser son impôt en Irlande.

Un siège « fantôme » pour diminuer l’impôt

L’ensemble des bénéfices d’Apple réalisés en Europe sont enregistrés en Irlande. Ce système serait entièrement légal si les deux filiales payaient l’impôt sur l’ensemble de leurs bénéfices. Mais, depuis 1991, les ruling fiscaux cautionnent la redirection de la quasi-totalité de ces bénéfices vers un « siège » fantôme d’Apple Sales International.« Ce «siège» n’était situé dans aucun pays, n’employait aucun salarié et ne possédait pas de locaux », précise la Commission européenne, ce qui permet à l’entreprise d’échapper à l’impôt. La Commission européenne estime cette répartition interne, entre les différentes entités d’Apple, comme  totalement artificielle.

Résultat: Ces bénéfices affectés au « siège » n’étaient soumis à l’impôt dans aucun pays en vertu de dispositions spécifiques du droit fiscal irlandais jusqu’en 2015, lorsqu’Apple a modifié sa structure en Irlande. Cela a permis de faire des économies conséquentes : « le traitement fiscal accordé par l’Irlande a permis à Apple d’éviter l’impôt sur pratiquement l’intégralité des bénéfices générés par les ventes de produits Apple sur l’ensemble du marché unique de l’UE », note la Commission européenne.  « En 2011, par exemple, Apple Sales International a enregistré des bénéfices de 22 milliards d’USD (environ 16 milliards d’euros) mais aux termes du ruling fiscal, seuls 50 millions d’euros environ ont été considérés comme imposables en Irlande, 15,95 milliards d’euros de bénéfice éludant ainsi l’impôt », précise-t-elle. L’entreprise a payé moins de 10 millions d’impôts en 2011, soit un  taux d’imposition effectif d’environ 0,05 % de ses bénéfices annuels totaux. Puis, bien que les bénéfices de l’entreprise aient augmenté, cela n’a pas été le cas des bénéfices considérés comme imposables en Irlande selon les termes du ruling fiscal. Au final, le taux d’imposition a atteint 0,005 % en 2014, selon la Commission européenne.

Apple nie avoir bénéficié d’avantages !

Apple a annoncéson intention de faire appel de cette décision. Dans un entretien paru le 1er septembre dans le quotidien Irish Independent, le PDG d’Apple, Tim Cook, qualifie ce redressement fiscal de « merde politique totale ». Il estime qu’Apple et l’Irlande ont « joué dans les règles » et qu’ils gagneront le cas en appel .

Dans un message adressé à la Communauté Apple le 30 août, Tim Cook avait déjà réagi avec virulence.« Nous n’avons jamais demandé, ni reçu, de traitement spécial, défendait-il. Nous nous trouvons à présent dans la situation inédite de devoir payer rétroactivement des impôts supplémentaires à un gouvernement qui déclare que nous ne lui devons rien de plus que ce que nous avons déjà payé ». Il assurait alors que son entreprise paye toujours les impôts dont elle est redevable.

Apple conteste fermement le faible taux d’imposition relevé par la Commission européenne en 2014. L’entreprise assure avoir payé 400 millions d’euros d’impôts en Irlande en 2014. Par ailleurs, elle déclare avoir payé 400 millions de dollars supplémentaires au fisc américain sur ses profits réalisés en Europe en 2014, ainsi que plusieurs milliards de dollars en impôts différés pour cette même année.

De son côté, l’Irlande conteste aussi  la décision de la Commission. Pour cause : sa politique économique est basée sur un taux d’imposition à 12,5% qui attire start-up et grandes entreprises du secteurs des nouvelles technologies :  Google, Facebook, Twitter, Amazon, Airbnb, et Paypal… Le pays s’est spécialisé en terre d’accueil pour les multinationales extracommunautaires qui veulent s’attaquer au marché européen, tout en ne subissant pas une imposition massive. Une politique qui lui vaut les grâces d’Apple depuis 1980, ayant permis la création de plus de 6.000 emplois dans le pays.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La 5G promet l’hyper mobilité

Aux JO de Rio, le grand gagnant a été… le smartphone. Au Brésil, il a confirmé son statut de maillon essentiel à toute communication (professionnelle et événementielle avec les réseaux sociaux et l’omnicanalité). De nombreuses applications permettaient de suivre les différentes épreuves et de découvrir de multiples statistiques.

Les particuliers ne peuvent plus s’en passer pour partager des vidéos et des images.

Cet appareil est également de plus en plus utilisé pour des usages métier (Cloud computing et virtualisation).

Dès lors, le moindre ralentissement ou dysfonctionnement de cet accès peut engendrer des frustrations. Rien de tout cela avec la 5G. Les échanges seront 100 fois supérieurs (débit théorique) à ceux proposés par la 4G.

Tous les poids lourds des télécoms s’y préparent déjà. Et ils multiplient les promesses. « Dans l’histoire de la téléphonie mobile, la 3G a permis de rapprocher les gens, grâce à la vidéoconférence sur les portables. Puis la 4G a facilité l’utilisation d’internet à grande échelle et la transmission de vidéos grâce au haut débit. Avec la 5G, nous allons vers un changement de paradigme complet. Nous pourrons dès lors emmener nos familles en voyage avec nous grâce à la réalité virtuelle », a expliqué Peiying Zhu, experte au Technologies Lab de Huawei, lors du Huawei Innovation Day 2016 qui s’est tenu cet été à Paris.

De son côté, Luke Ibbetson, directeur de la recherche et du développement pour le groupe télécom britannique Vodafone déclare que « la 5G permettra d’intégrer l’internet des objets. Nous allons vers un environnement où tout sera interconnecté, des transports publics à la gestion urbaine des déchets ».

Mais avant de profiter de ces nouveaux services, il faudra que la 5G franchisse les différentes étapes menant à sa normalisation. Un parcours semé d’embûches. Depuis l’avènement de la 3G, le monde des télécoms a beaucoup évolué. Les géants asiatiques vont s’inviter dans les négociations visant à retenir telle ou telle technologie. À côté des équipementiers Cisco, Ericsson et Nokia, il faudra dorénavant compter avec Huawei (à la fois équipementier et fabricant de smartphones) mais aussi avec le coréen Samsung et l’autre chinois ZTE.

Il faudra aussi tenir compte de la position des opérateurs peu enclins à investir autant que dans la 3G… « L’Europe veut se positionner de manière forte sur la 5G. Je suis très attentif à la volonté de la Commission européenne, et notamment celle du commissaire à l’économie numérique Günther Oettinger, de développer une vision qui soit industrielle et non pas seulement tournée vers les consommateurs. Mais nous faisons actuellement face à une situation de bras de fer. La majorité des opérateurs européens ont signé un document publié début juillet 2016, le manifeste pour la 5G. Ce rapport se conclut par un chantage : les acteurs du monde des télécoms ne veulent bien consentir aux investissements nécessaires au développement de la 5G que si les régulateurs d’Europe reviennent sur le principe de la neutralité du Net », constate Sébastien Soriano, président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

Pour éviter la guerre des opérateurs, les équipementiers visent les fréquences sans licence. Intel et Nokia préparent des stations capables de gérer la Licence Assisted Access (LAA) en ce sens.

Philippe Richard

Recherche : les oiseaux intensifient leurs soins lorsque leurs poussins sont stressés

Cette découverte, issue du travail de thèse d’Emilie Perez sous la direction de Clémentine Vignal et en collaboration avec deux équipes internationales est une avancée importante dans la compréhension de la communication parents-jeunes.

En effet, bien qu’il soit connu que les oiseaux répondent aux cris de quémande de leurs poussins en leur apportant de la nourriture, les caractéristiques de ces cris qui permettent de renseigner les parents sur les besoins de leurs jeunes, étaient une question ouverte.

Les diamants mandarins sont de petits passereaux grégaires australiens formant des couples monogames fidèles à vie et partageant les soins aux jeunes.

Dans cette étude, les chercheur-ses ont travaillé dans le désert australien sur une population sauvage naturellement présente en Nouvelle Galles du Sud. En administrant de l’hormone de stress à des poussins et en enregistrant leurs cris de quémande avant et après administration, l’équipe s’est aperçue que les poussins stressés émettaient des cris plus aigus.

Afin de mesurer l’effet de ces cris sur le comportement des parents, leurs allées et venues ont été suivies grâce à des puces radiofréquences fixées à leur bague d’identification. Cette technique a révélé que les parents des poussins stressés passaient non seulement plus de temps à chercher de la nourriture mais également plus de temps au nid auprès de leur progéniture.

Le bénéfice de ce changement de comportement des parents pour les poussins est mesurable puisqu’en fin d’étude, les poussins aux cris plus aigus avaient pris plus de poids que ceux des nids qui n’avaient pas reçu d’hormone.

Ces résultats montrent ainsi pour la première fois que le stress est une information présente dans les cris de quémande des poussins qui peut permettre aux parents d’ajuster leur soin à la progéniture. Cette communication du stress pourrait être une caractéristique commune à l’ensemble des espèces dont les adultes prodiguent des soins aux jeunes, mais ceci reste à être exploré.

Références :
Perez, E. C., Mariette, M. M., Cochard, P., Soulage, C. O., Griffith, S. C., & Vignal, C. (2016). Corticosterone triggers high-pitched nestlings’ begging calls and affects parental behavior in the wild zebra finch. Behavioral Ecology, arw069. Site web de la revue internationale

Source : cnrs

Job Pal : un “chatbot RH” pour remplacer les entretiens initiaux

Pour les entreprises, recruter prend du temps, du décortiquage de CV aux entretiens en série, avec l’espoir de trouver un candidat correspondant à toutes les “exigences” requises.

Avec le développement récent (par Facebook, Google et Microsoft) des “chatbots”, ces robots intelligents avec qui converser, et à qui demander des services, des développeurs ont eu une idée : confier à ces robots les “entrevues initiales” normalement effectuées par des recruteurs humains.

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Fort de son “expérience dans l’industrie du recrutement”, l’entrepreneur allemand Luc Dudler a d’abord lancé Mihiro, une plateforme mobile destinée à mettre en relation recruteurs et candidats, avant de créer Job Pal, “le premier chatbot recruteur au monde”. Son robot tourne pour l’instant sur Facebook Messenger, mais il est destiné à fonctionner sur n’importe quelle application.

“Juste 3 questions”

Job Pal met les demandeurs d’emploi (qui passent beaucoup de temps en ligne) en relation directe avec les entreprises (pour l’instant, uniquement aux USA, dans les secteurs du marketing et des ventes). Avec pour objectif “d’éliminer les millions d’heures, souvent inutiles, d’entretiens”, et de “faire gagner du temps” aux recruteurs lorsqu’ils effectuent leur premier “tri”, entre candidats “appropriés” et candidats “inappropriés”.

Le principe de Job Pal, qui repose sur l’apprentissage automatique et le traitement du langage naturel, est simple et assez intuitif. Le chatbot essaie d’abord de vous connaître – il collecte des données. Il vous demande ainsi où vous habitez, quelle est votre adresse email, et quel métier vous recherchez.

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Ensuite, grâce à la géolocalisation et à des accords avec un bon millier d’entreprises, il vous fait des propositions de postes – par exemple “manager chez IBM”, “streaming media manager” chez NPR (la chaîne de radio de Washington), ou “community manager” chez Lyft, un concurrent d’Uber.

Viennent ensuite les questions, ciblées et pré-programmées, qui “répondent aux exigences de base du poste”, et qui lui permettront d’établir votre “profil” avant de l’envoyer (ou non) à l’entreprise recruteuse. “Je vais vous posez juste 3 questions, qui ne devraient vous prendre que 3-4 minutes de votre temps”, vous lance Job Pal. Au programme : “quelle a été votre plus belle expérience professionnelle”, “de quel travail accompli êtes vous le plus fier” ; “quelles sont les compétences que vous admirez le plus”.

Et “le contact humain” dans tout ça ?

Vos réponses sont ensuite “analysées” par le robot – Job Pal ne donne pas de détails, mais il est fort probable que vos messages sont comparés à d’autres dans un répertoire de profils, qui est nourri et affiné grâce à une méthode d’apprentissage automatique. Pour Luc Dudler, c’est certain : “l’IA contribuera dans le futur à révolutionner l’industrie du recrutement, d’une façon jamais vue ces 20 dernières années”.

Et si “la collecte de données sur les candidats et la vérifications des exigences de base du poste dans une interface de chat peut sembler être un petit pas, cela signifie déjà un énorme gain de temps et d’argent pour les grandes entreprises”, écrit le fondateur de Job Pal… pour qui un jour, “avec les progrès de l’IA”, nous seront “capables d’automatiser encore plus d’étapes” dans le processus d’embauche, afin de laisser les recruteurs “se focaliser sur ce qui compte vraiment : les candidats pertinents”.

Pour Jo Allison, du cabinet Canvas8, il manque à ce genre de chatbot le “contact humain”. Ainsi, explique-t-elle, “quand vous parlez en tête-à-tête avec quelqu’un, vous pouvez le taquiner sur certaines choses, le titiller… Un chatbot ne sera jamais en mesure de le faire”.

Par Fabien Soyez

Energies renouvelables : quand le PDG d’EDF oublie un pays modèle, le Portugal

« A part pour quelques pays peu peuplés et très bien dotés d’énergies renouvelables, comme l’Islande ou la Norvège avec l’hydraulique, je ne crois pas que les énergies renouvelables puissent représenter une part majoritaire de la production d’électricité avant plusieurs décennies ». C’est ce que déclare le 26 août 2016 Jean-Bernard Levy dans un entretien accordé au journal Les Echos signé Véronique Le Billon et David Barroux.

Contrairement à l’Islande et à la Norvège, le Portugal a la même densité de population que la France. Ce qui rend caduc le premier argument de Jean-Bernard Levy. De plus il dispose de ressources hydro-électriques au fil de l’eau modestes. Pourtant il répond aujourd’hui à la majorité de ses besoins grâce aux EnR. Comment est-ce possible ?

En 2005 seulement 16% de l’électricité de ce pays du littoral atlantique était renouvelable, un niveau aussi modeste que celui observé aujourd’hui en France. Le seuil des 50% a été franchit dès 2010. Soit seulement 5 ans après. La transition énergétique, quand on a vraiment la volonté de la réaliser, peut ainsi être très rapide. En 2014, le Portugal a atteint 63% d’EnR.

Le pays du fado a même répondu à 97% de sa demande pendant 4 jours consécutifs en mai 2016 (Lire sur Techniques de l’Ingénieur l’article : Le Portugal 100% renouvelable pendant 4 jours ?). La STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage) d’Alqueva II, équipée par le français Alstom, a été inaugurée en 2013. Elle permet de stocker l’énergie électrique quand la ressource éolienne est abondante, et de la restituer quand elle est plus rare.

La France métropolitaine,  jouissant de trois façades maritimes, dispose d’un potentiel éolien très élevé. L’ADEME a d’ailleurs montré que l’hexagone peut répondre aux 2/3 de sa demande électrique avec l’énergie du vent. Jean Bernard Levy a-t-il également oublié cette donnée scientifique essentielle pour la qualité du débat énergétique ?

Le temps, c’est de l’argent. Le PDG d’EDF, manifestement, cherche à en gagner. Une transition rapide vers les EnR serait en effet nuisible à la rentabilité, déjà compromise par l’effondrement du prix de l’électricité sur le marché, des centrales nucléaires en place. Pourquoi ne pas dire clairement cette vérité  au lieu de chercher par tous les moyens à dénigrer les EnR ?

Même des îles isolées parviennent à présent à atteindre de très hauts niveaux d’éolien. La France, électriquement connectée à de nombreux pays, serait-elle incapable de faire aussi bien que le Portugal ou que la communauté isolée de Marble Bar et Nullagine en Australie qui répond à 60% de sa demande électrique annuelle grâce au solaire photovoltaïque ?  Ceci grâce à une approche intelligente mise au point par le géant helvético-suédois ABB et reposant  sur les volants d’inertie permettant de réguler à volonté tension et fréquence.

Le potentiel du solaire photovoltaïque en toiture (a lui seul) est de 400 TWh par an en France selon l’ADEME. Pays dont la demande électrique totale est d’environ 500 TWh par an. Le passage à un parc automobile 100% électrique n’induira qu’une hausse de 10 à 15% de cette demande.

Quand on veut, on peut.

Olivier Daniélo

Les ingénieurs tentés par l’étranger

Selon l’édition 2016 de l’enquête d’Ingénieurs et scientifiques de France (IESF), sur les 780 000 ingénieurs formés en France encore en activié, hors doctorants et retraités, 34% travaillent en Île-de-France, 50% en province et dans les DOM et 16% à l’étranger. Sur les 17.000 ingénieurs préparant une thèse dans un cadre professionnel en 2015, 30% étaient à Paris, 50% en Province et 20% à l’étranger.

Les ingénieurs expatriés s’installent principalement en Europe (70.500), sur le continent américain (24.050) et en Asie (17.750). Loin derrière, l’Afrique et l’Océanie accueillent respectivement 8.050 et 3.650 ingénieurs formés en France. Les principaux pays d’accueil sont la Suisse (16.150), les Etats-Unis (14.250), l’Allemagne (13.400) et le Royaume-Uni (11.050). « Ces quatre pays tiennent la tête depuis de nombreuses années », relève le rapport. A eux ils, ils accueillent presque la moitié des ingénieurs installés à l’étranger.

La proportion de femmes travaillant à l’étranger demeure inférieure à celle des hommes. Elle a néanmoins tendance à augmenter chez les nouvelles générations et l’écart se réduit. Globalement, les jeunes ingénieurs sont davantage attirés par l’expérience au large que les aînés. 19,6% des hommes de moins de 30 ans ou âgés entre 30 et 39 ans travaillent à l’étranger (15,2% des femmes). Cette proportion baisse à 15,9% entre 40-49 ans et 11,7% entre 50-64 ans pour les hommes (respectivement 8,7% et 5,5% pour les femmes).

Un salaire nettement plus élevé

64% des ingénieurs en poste à l’étranger estiment que la qualité de vie est meilleure à l’étranger. 71% pensent que les opportunités professionnelles sont supérieures à ce qu’ils pourraient connaître en France 79% que leur rémunération y est plus élevée. Et pour cause, le salaire médian des ingénieurs partis à l’étranger est de 85.000€, contre 56.000€ en France. C’est pourquoi 37% des ingénieur partis à l’étranger n’envisagent pas de revenir en France et 24% demeurent indécis quant à un retour éventuel. Seulement 8% prévoient un retour d’ici moins d’un an, 17% à moyen terme et 13 % à long terme.

Si les salaires sont plus élevés en Ile-de-France qu’en Province, les écarts de salaires sont nettement avantageux à l’étranger. A une exception près : travailler dans l’agriculture, la sylviculture ou la pêche semble être plus intéressant à Paris!

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Revenus selon le secteur d’activité

Partir, rester à l’étranger ou revenir?

L’attrait pour l’étranger démarre en général bien avant le diplôme. 46% des ingénieurs formés en France, qui travaillent aujourd’hui à l’étranger, avaient déjà fait des stages dans un autre pays pendant leurs études. 25% avaient étudié ou décroché un double-diplôme à l’étranger et 10% ont des liens familiaux avec le pays qu’ils rejoignent.

Une fois qu’ils ont goûté au travail à l’étranger, les ingénieurs y prennent goût : 33% des expatriés déclarent avoir déjà travaillé à l’étranger avant leur expérience actuelle. Si 7% des ingénieurs français ont un projet de départ en cours, l’étranger n’est pas un El Dorado recherché pour tout le monde. 69% des ingénieurs travaillant en France n’envisagent pas de quitter le pays et 28% ont décliné une offre de travail à l’étranger.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le diplôme d’ingénieur reste une bonne voie vers l’emploi

L’édition 2016 de l’enquête d’Ingénieurs Et Scientifiques de France (IESF) dresse un portrait élogieux des débouchés en sortie d’école d’ingénieur. En 2015, les nouveaux ingénieurs ont trouvé plus rapidement un emploi que les deux années précédentes et les salaires ont augmenté. Tous les indicateurs sont au vert et supérieurs à ceux enregistrés pour les promotions 2013 et 2014 : proportion d’emplois trouvés en moins de 2 mois, taux de CDI, taux net d’emploi, proportion d’emplois de cadres, salaires… 76,8% des ingénieurs en poste s’estiment satisfaits de leur emploi.

En début de carrière, les salaires moyens sont passés de 35.300 € à 35.800 € entre 2014 et 2016.

Les salaires augmentent au cours de la carrière ; le salaire médian annuel s’élève à 56 000 € par an, soit 17% de plus que le salaire médian des cadres.

Le secteur tertiaire et l’industrie, en tête des embauches

On constate toujours une forte dynamique de recrutement. 106.170 ingénieurs ont été recrutés, ou ont créé leur emploi, en 2015. Parmi ces recrutements, 31,1% sont des premières embauches. 61,2% constituent un changement d’employeur et 5,3% un changement de poste au sein de la même entreprise ou du même groupe. Enfin, 2,4% sont des postes créés par un ingénieur pour lui-même.

Si l’industrie demeure le premier secteur d’activité, c’est le secteur tertiaire qui remporte la palme de l’embauche en 2015. Le secteur tertiaire a recruté 35.860 ingénieurs, contre 32.650 pour l’industrie, principalement en France.

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Recrutements en 2015, selon le lieu et le secteur

Les ingénieurs, peu touchés par le chômage

Les ingénieurs sont relativement épargnés par le chômage. Seulement 4,4% sont à la recherche d’un emploi, dont 1,3% en recherche de leur premier emploi. Un taux nettement inférieur à celui de la population active en France et inférieur à celui des cadres. Jusqu’à 45 ans le chômage demeure rare, « probablement dans une zone incompressible », observe l’IESF. Au-delà, il augmente avec l’âge : 4,8% chez les 50 – 54 ans, 4,9% pour les 55 – 59 ans et 8% dans la tranche 60-64 ans.

Pour les ingénieurs, mieux vaut être jeune lorsque l’on veut changer de travail. Sur les 40% d’ingénieurs âgés de 30 à 39 ans qui ont changé d’employeur en 2015, seulement 13% sont passés par la case chômage et 2% y sont restés au moins un an. Un changement d’employeur est plus risqué après 50 ans et les ingénieurs y réfléchissent à deux fois avant de changer de poste. Seulement 17% des plus de 50 ans ont passé ce cap en 2015. Parmi eux, 25% ont connu une période de chômage, qui a duré au moins un an pour près de la moitié d’entre eux.

21% des derniers diplômés étaient à la recherche d’un emploi fin 2015. Deux mois plus tard, ils n’étaient plus que 14%. « Cette différence […] permet de souligner la vitesse d’absorptiondu flux d’ingénieurs entrant sur le marché du travail », se félicite l’IESF. Enfin, la confiance augmente : pour les ingénieurs déjà en poste, la crainte de perdre son emploi dans l’année est moins élevée que l’an dernier (9,4% contre 10,7%).

Par Matthieu Combe

L’innovation mettra-t-elle fin au travail ?

« Le numérique détruit et crée des emplois, mais surtout en transforme », estime France Stratégie, commissariat général à la stratégie et à la prospective, rattaché au Premier Ministre. Loin des scénarii les plus alarmistes, l’analyse suggère que l’automatisation engendre un besoin accru en « compétences sociales », de telle sorte que la machine devient complémentaire à l’homme dans le travail, mais ne le remplace pas totalement.

Les emplois sont de moins en moins automatisables

Une publication fortement médiatisée en 2013, a jeté un pavé dans la mare : dans 20 ans, près de la moitié des emplois aux Etats-Unis, en France, en Europe ou encore au Japon seraient automatisés. « Sauf que cette étude raisonne en termes de métiers et non de tâches », remarque France stratégie. Elle oublie de prendre en considération le travail en équipe, les interactions sociales nécessaires et autres facultés dont ne dispose pas le robot.

En adoptant une approche en termes de compétences, « la prévision tombe à 15 % », estime l’organisme. Soit 3,4 millions d’emplois. Ce chiffre monte à 25 % pour les emplois industriels automatisables et baisse à 13 % pour les métiers de services, plus fréquemment en relation avec le public. 40% des métiers (9,1 millions) apparaissent au contraire comme peu automatisables, car ils nécessitent de répondre immédiatement à une demande extérieure, avec un besoin d’adaptation.

Des métiers qui évoluent rapidement

Les emplois ont fortement évolué ces dernières années. « Le nombre des emplois peu automatisables a augmenté de plus de 30 % depuis 1998, une hausse imputable à la place croissante des services dans l’économie mais aussi, et surtout, à une transformation du contenu des métiers qui se recentre sur les tâches les moins automatisables », prévient France Stratégie. Ces tâches nécessitent des interactions sociales, de l’adaptabilité, de la flexibilité ou de la capacité à résoudre des problèmes.

Le recentrage des métiers sur les tâches les plus difficilement automatisables est un phénomène global. Il s’observe globalement au sein des métiers administratifs : secrétaires, employés des services comptables et administratifs, agents d’accueil et d’information… Dans le secteur bancaire, le développement des distributeurs de billets automatiques et des services de banque en ligne a également transformé les métiers. « 61% des employés déclarent occuper un emploi nécessitant une réponse immédiate à une demande extérieure et ne devant pas toujours appliquer des consignes strictes, contre 35 % en 2005 », relève France Stratégie.

Néanmoins, ce n’est pas parce qu’une technologie existe, qu’elle sera forcément déployée à large échelle. D’autres facteurs sont à prendre en compte, comme « le mode d’organisation du travail, l’acceptabilité sociale et la rentabilité économique », souligne l’organisme. Pour appuyer sa réflexion, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective donne des exemples concrets. « Malgré des développements technologiques importants et alors qu’ils sont techniquement automatisables, le nombre d’emplois de caissiers en France n’a diminué que d’environ 10 % en dix ans passant de 205 000 à 185 000 », détaille-t-il. Par ailleurs, si l’industrie allemande est l’une des plus robotisées au monde, elle employait encore plus de 800 000 salariés en 2015, soit autant qu’il y a dix ans et 100 000 de plus qu’il y a vingt ans. Preuve que ce n’est pas parce qu’une activité est robotisée, qu’elle peut se dispenser de salariés.

Quels métiers vont continuer à se développer?

Au cours des dernières décennies, l’économie française s’est transformée, donnant une part de plus en plus belle aux emplois qualifiés (ingénieurs, cadres, enseignants et chercheurs), mais aussi à certains métiers peu qualifiés de services (aides à domicile, assistantes maternelles…). « On compte aujourd’hui dans l’emploi deux fois plus de cadres et de professions intellectuelles qu’au milieu des années 1980 », relève France Stratégie, avant de souligner que « l’automatisation et robotisation sont propices à créer des emplois dans la R&D, la conception, la production, la commercialisation ou encore la maintenance d’automates ».

Dans une autre note, intitulée « 2017-2027, Quels leviers pour l’emploi ? », France Stratégie estime que d’ici à 2022, près d’un poste à pourvoir sur cinq pourrait concerner des métiers peu qualifiés (voir graphique). En parallèle, les métiers de cadres et professions intermédiaires augmenteront, notamment dans le secteur des services (plus de 42 % des emplois en 2022). Les ingénieurs informatiques et des télécoms ont également de beaux jours devant eux. L’organisme estime que le numérique et l’automatisation vont faire émerger de nouvelles activités économiques, en rendre d’autres obsolètes, mais surtout transformer radicalement les emplois, en valorisant les compétences non automatisables, comme les capacités d’abstraction ou d’interaction sociale.

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Métiers qui offriraient le plus de postes à pourvoir entre 2012 et 2022, en milliers (cliquer pour agrandir)

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

De plus en plus de femmes ingénieures

L’édition 2016 de l’enquête d’Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) note « une progression spectaculaire du nombre de femmes ingénieures ».  Avec 29% de diplômées en 2015, ce sont 11.000 nouvelles femmes ingénieurs qui vont ou ont rejoint le monde du travail.

Les choses évoluent peu à peu. Parmi les jeunes de 23 et 24 ans en 2015, une femme sur 34 est ou deviendra ingénieur. Contre seulement une femme sur 500, il y a 60 ans. En 1973, 600 femmes avaient obtenu le titre d’ingénieure, « soit à peine 5 % du nombre total de diplômés ». En 1980, la proportion montait à 10%.

Concrètement, 31,5% des ingénieures ont moins de 30 ans, 33,5% entre 30 et 39 ans et 20,5% entre 40 et 49 ans. Seulement 11,7% des ingénieures ont entre 50 et 64 ans et 3,4% plus de 65 ans (contre 15,6% des ingénieurs homme).

Où retrouve-t-on les ingénieures?

La féminisation du métier se concentre dans quelques secteurs. « Les femmes sont plus présentes dans la fonction publique que les hommes [17,3% vs. 9,8%] et donc moins dans l’industrie [35,5% vs. 40,3%], leur présence dans le secteur de l’agro-alimentaire et la chimie est sensiblement au-dessus de la moyenne, observe l’IESF. Le domaine de la mécanique et des STIC est à l’inverse nettement au-dessous de la moyenne. »

Les femmes travaillent moins d’heures que les hommes : elles ne sont que 43,2% à travailler plus de 45 heures par semaine, contre 60,1% des hommes. 20,9% travaillent moins de 40 heures par semaine (contre 10,2% des hommes) et 35,9% travaillent entre 40 et 44 heures (contre 29,7%).

D’importantes inégalités demeurent

Les femmes ingénieurs ont plus de difficulté à obtenir le statut de cadre. Elles ne sont que 91,2% à avoir le statut, contre 95,7% des hommes. Elles ont également moins accès au CDI (81,4%, contre 89,2% pour les hommes), au bénéfice du CDD (6,5% contre 3,1%). En contrepartie, elles sont davantage titularisées de la fonction publique (9,9% contre 5,6% pour les hommes). Par ailleurs, tout au long de leur carrière, les femmes occupent moins de postes à responsabilité hiérarchiques (37,1% contre 52,2% pour les hommes).

Les ingénieures n’y échappent pas : leur salaire est bien plus faible que leurs homologues masculins. Le salaire brut médian des femmes est de 48 000 €, contre 59 000 € pour les hommes. En fin de carrière, le salaire médian des hommes atteint 100 000 € brut par an, celui des femmes 85 000 €.

Si les salaires médians des moins de 30 ans présentent un écart de 2.500 €, celui-ci se creuse avec l’âge. Les salaires médians enregistrent un écart de 4.415 € pour les 30-39 ans, 9.703 € pour les 40-49 ans et 13.462 € pour les 50-64 ans. Si l’on ne s’intéresse qu’aux salaires les plus élevés (3e quartile), l’écart atteint 20 500 €. Le salaire médian est alors de 64 000 € pour les femmes, contre 84 500 € pour les hommes !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Des poissons en plastique !

Source : UniverscienceTV

Revue du web #94 : les vidéos les plus étonnantes de l’été

Des prises de sang effectuées… par un robot

Venouspro n’est pas un robot infirmier comme les autres ! Créé par l’entreprise nord-américaine Vasculogic, il est capable de réaliser des prises de sang en toute autonomie. Grâce à plusieurs caméras et un système d’ultrason, il sait exactement à quel endroit insérer l’aiguille.

Les patients effrayés par les piqûres apprécieront certainement les patchs anesthésiants proposés par cet infirmier fort délicat.


Une chute libre de près de 8 km sans parachute

Après le saut depuis la stratosphère de l’Autrichien Felix Baumgartner, c’est maintenant au tour de Luke Aikins de battre un record : 7.6 km de saut SANS parachute.

Lancé à 193 km/h, seul un filet de sécurité surdimensionné installé au sol était destiné à assurer sa sécurité.

Son défi baptisé « Heaven Sent » (littéralement « Tombé du ciel ») fait dorénavant partie des exploits les plus fous.

Une scie circulaire en papier

Que se passe-t-il quand on remplace la lame en acier par une simple feuille de papier ? La scie circulaire ne coupe plus ? Détrompez-vous !

Insolite : une manucure « pass navigo »

Si vous êtes du genre tête en l’air et que vous avez encore oublié  votre pass navigo ce matin, une étudiante au Central Saint Martins à Londres, Lucie Davis, a pensé à vous.

A condition que vous soyez une femme – les hommes sont la plupart du temps réticents à l’idée d’arborer des ongles roses impeccablement manucurés – vous pourrez peut-être un jour intégrer la puce de votre pass à vos ongles lors de votre séance de manucure.

Des coraux qui s’embrassent

Des chercheurs de la Scripps Institution of Oceanography à l’Université de Californie à San Diego ont dévoilé les résultats étonnants de leur dernière expérience de microscopie sous-marine : certains coraux s’embrassent et se battent.

On oublie souvent que ce ne sont pas des objets inanimés mais des animaux, avec une vie secrète visiblement.

Une allumette qui s’enflamme (de très très près et en slow-motion)

Vous vous demandez à quoi ressemble le bout d’une allumette quelques dixièmes de secondes avant de s’enflammer ?

La Société américaine de chimie (ACS) a relevé le défi du slow-motion !

Un bus qui ne craint pas les embouteillages

Finis les embouteillages avec ce bus qui passe au-dessus des voitures ! Superbe invention ou escroquerie ?

Depuis quelques semaines, le monde entier s’interroge sur cet incroyable  projet d’une entreprise chinoise. Jugé irréaliste, le concept serait trop beau pour être vrai : trop long (22 mètres), trop haut (5 mètres), le bus serait incapable de correctement négocier les virages et de se glisser sous les tunnels.

Ingénieurs de tous pays, unissez-vous. Il faut trouver une solution.

Le crédit d’impôt recherche en quête de maturité

Le crédit d’impôt recherche (CIR) permet de soutenir l’innovation sous plusieurs aspects. Il encourage la recherche et développement (R&D) dans les entreprises, développe les secteurs d’avenir et l’emploi hautement qualifié, soutient la réindustrialisation de la France, attire les entreprises étrangères grâce à un dispositif attrayant, multiplie les partenariats de recherche public-privé… Ce dispositif, égal à 30 % des dépenses de recherche inférieures ou égales à 100 millions d’euros, et à 5 % au-delà, s’applique à toute entreprise engageant de la R&D, quel que soit son secteur d’activité, sa taille et son organisation.

Avec un budget estimé à 5,53 milliards d’euros pour 2013, le CIR est la seconde dépense fiscale de l’Etat, derrière le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Le recours au contrôle est donc incontournable pour prévenir des abus et s’assurer que cette dépense fiscale remplit bien ses objectifs. Après quelques années de rectifications intensives suite à sa réforme de 2008, l’appropriation du dispositif par les entreprises semble être sur la bonne voie. C’est l’un des enseignements du 4e Observatoire du CIR élaboré par le cabinet de conseil ACIES Consulting Group et publié en décembre 2015.

Selon cet observatoire, le montant des rectifications du CIR, suite à un contrôle fiscal, a été multiplié par plus de 7 entre 2008 et 2013, pour atteindre un maximum de 271 M€. Ce montant est redescendu à 211 M€ en 2014.« Cette réduction traduit une meilleure maîtrise du dispositif par les entreprises et confirme la logique d’arrivée à maturité du dispositif après la réforme de 2008 », estime le cabinet de conseil spécialisé en Recherche et Innovation. Pour faciliter encore davantage la résolution des contentieux, un Comité consultatif est saisissable par un contribuable ou l’administration depuis le 1er juillet 2016. Son objectif : statuer sur la réalité de l’affectation à la recherche des dépenses prises en compte pour la détermination du CIR.

Le CIR est-il réellement efficace ?

La question de l’efficacité du CIR a été posée par de nombreux rapports parlementaires et la Cour des Comptes. Par exemple, le rapport de Suzanne Berger de janvier 2016 relève que « la France dépense 0,37 % de son PIB en allègements d’impôts pour financer la R&D du secteur privé — ce qui la place en deuxième place, juste derrière la Corée du Sud ». Les conclusions notent plusieurs points positifs fournis par le CIR : il diminue le coût du travail du personnel en R&D et fournit de la trésorerie, sans attendre les bénéfices des travaux. Sans le CIR, la France risquerait de connaître « un exode massif d’entreprises et de départements R&D des industriels », notamment des grands groupes. Ce qui impacterait « profondément » les PME françaises, leurs principaux fournisseurs. Malgré sa complexité, le dispositif est toujours considéré comme essentiel au financement des projets de R&D par les entreprises.

Selon ce même rapport, « la France se classe au sixième ou septième rang mondial en matière de recherche (mesuré en fonction du nombre de publications scientifiques et de citations), mais se positionne entre la seizième et la vingtième place en matière d’innovation ». Le taux de R&D privé réalisé sur le territoire par des entreprises étrangères a continué de chuter de 21 % entre 2007 et 2015. Pendant ce temps, il a augmenté de 34 % aux Etats-Unis et de 15% en Allemagne. Le CIR ne suffit donc pas à attirer les entreprises étrangères en France.

Le dispositif est-il donc inefficace? En 2013, la Cour des comptes estimait que les dépenses en R&D des entreprises ne progressaient pas et que l’emploi dans la recherche privée avait même diminué de 11% entre 2008 et 2013. Au même moment, le montant du CIR était passé de 1,8 à 5,8 milliards d’euros par an. Un échec cuisant. Heureusement, la situation semble avoir été renversée. Le 4e Observatoire du CIR note qu’en 2013, les entreprises ont investi 5,96 milliards d’euros (Md€) de plus qu’en 2007 pour leur R&D. Sur cette même période, le CIR a augmenté de 3,66 Md€. « Le CIR s’accompagne ainsi d’une augmentation des dépenses de R&D des entreprises supérieure à sa propre croissance, selon un ratio de 1,20 en 2011, de 1,50 en 2012 et de 1,63 en 2013 », note le cabinet. Le dispositif serait ainsi de plus en plus efficace. « De 2011 à 2013, le CIR a augmenté de seulement 250 M€ alors que les dépenses des entreprises se sont accrues de 1,86 Md€ », précise le rapport. « Cette dynamique est un signe positif de l’efficacité du dispositif », se félicite le cabinet.

«En 2013, le CIR a soutenu plus de 21 000 entreprises, dont 90 % de PME. Plus de 160 000 chercheurs en entreprises sont concernés par le CIR, qui a accompagné l’embauche de plus de 33 000 chercheurs supplémentaires depuis 2008. Il s’agit d’une augmentation de 26 % des effectifs, soit la plus forte progression des pays européens ! », prévient l’Observatoire. Malgré ses imperfections et ses améliorations à étudier, l’efficacité du CIR n’est donc plus à démontrer !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Un inconscient sous influence consciente

La psychologie expérimentale regorge de situations qui permettent de sonder la profondeur et la diversité des opérations mentales qui sont réalisées à notre insu, c’est-à-dire inconsciemment.
Par exemple, en utilisant les techniques de présentation visuelle subliminale, il est possible d’« injecter » un mot dans le cerveau d’un sujet volontaire, puis de sonder son destin psychologique et cérébral à l’aide de mesures comportementales et d’imagerie cérébrale fonctionnelle.

Depuis la fin des années 90, plusieurs études retentissantes ont ainsi fait la démonstration que le sens d’une image, d’un nombre ou d’un mot subliminal pouvait être représenté inconsciemment dans notre esprit/cerveau.

Dans l’étude dirigée par Lionel Naccache, les chercheurs apportent la preuve que le traitement sémantique inconscient d’un mot existe bel et bien, mais qu’il est soumis à des influences conscientes très fortes. Pour ce faire, ils ont utilisé des mots français tels que : « bande, grue, glace, avocat, cruche, seconde, lettre, accord, temps, bar, coupe … ».

Ces mots partagent une propriété sémantique commune, l’avez-vous remarquée ? En réalité chacun de ces mots est « polysémique », et est donc associé à deux significations différentes (ou plus).

A chaque fois qu’un tel mot vous est présenté, vous pouvez donc le comprendre de deux manières différentes.

Consciemment nous ne percevons qu’une seule signification à la fois, ainsi que l’énonçait Descartes dès 1649 dans Les passions de l’âme : « nous n’avons qu’une seule pensée d’une même chose en même temps ».

Le sens du mot auquel nous accédons consciemment à un instant donné est susceptible d’être influencé. Ainsi, si vous lisez : SORBET puis GLACE, vous accéderez très probablement au sens culinaire du mot glace : « produit sucré et aromatisé obtenu par glaçage d’un mélange pasteurisé, à base de lait, crème ou beurre et d’œufs (glace aux œufs), de sirop et de fruit (glace au sirop, sorbet) » (Dictionnaire Larousse), tandis que le couple MIROIR – GLACE orientera puissamment votre analyse sémantique vers la « feuille de verre homogène et convenablement recuit dont les deux faces sont parfaitement planes et parallèles et dont on fait les miroirs, les vitrages ».

Les auteurs ont présenté aux volontaires de cette expérience des triplets de mots, tout en enregistrant leur activité cérébrale à l’aide d’un casque d’électrodes posé sur leur tête.

Chaque essai débutait par la présentation d’un premier mot qui était toujours visible et qui permettait de définir un contexte sémantique particulier (ex : SORBET). Puis le second mot était flashé à l’écran et était soit subliminal soit consciemment visible. Le troisième mot apparaissait alors et était toujours consciemment visible. Il servait de stimulus cible auquel les sujets devaient répondre en appuyant sur un bouton afin d’indiquer s’il s’agissait d’un vrai mot (ex : VITRE) ou d’une chaîne de lettres prononçable mais ne correspondant pas à un mot du lexique (on parle de pseudo-mot, tel que DRAIE).

Lorsque le mot du milieu était relié sémantiquement au mot cible, les sujets répondaient plus rapidement. On parle d’un effet d’amorçage.

Cet effet amorçage se révéla aussi dans l’analyse des activités cérébrales. Lorsque le mot polysémique (mot du milieu du triplet) était consciemment visible, un effet d’amorçage n’était présent que pour la signification cohérente avec le mot contextuel présenté au début de chaque essai (mot 1). Par exemple, lorsque l’on présentait le triplet : TRACTEUR – GRUE – CHANTIER, on retrouvait un amorçage du mot CHANTIER par le mot GRUE, alors que cet effet était absent dans les triplets tels que : OISEAU – GRUE – CHANTIER.

L’analyse de l’activité électrique cérébrale confirma et précisa ce résultat. L’absence d’amorçage pour la signification non contextualisée du mot polysémique indique que cette dernière n’était tout simplement pas analysée par les sujets.

Le traitement sémantique conscient est donc bien influencé par le contexte conscient. Le résultat central de ce travail réside dans la découverte qu’il en va de même pour la perception inconsciente des mots polysémiques. Lorsque le mot polysémique (mot 2) était présenté de manière subliminale, les auteurs retrouvèrent des effets d’amorçage sémantique comparables à ceux observés dans la condition de lecture consciente : seules les significations du mot polysémique subliminal cohérentes avec le mot contextuel étaient inconsciemment analysées.

Cette série d’expériences démontre ainsi que la cognition inconsciente est non seulement très complexe, puisqu’elle peut atteindre le niveau de la sémantique (le sens des mots), mais également qu’elle se montre extrêmement sensible aux influences conscientes.

A chaque instant, notre posture consciente influence la nature des opérations mentales qui se déroulent en nous inconsciemment. « Ce travail qui croise les neurosciences avec la psycholinguistique de la langue française illustre également le potentiel des approches scientifiques multidisciplinaires », concluent Lionel Naccache et ses collaborateurs.

Source : cnrs

La NASA planche sur les habitats spatiaux

« Au-delà du lanceur spatial Space Lauch Systems (SLS) et du vaisseau spatial Orion, les prochaines capacités nécessaires pour l’exploration de l’espace lointain sont des habitations de longues durées et des systèmes de propulsion dans l’espace. Nous mettons à présent l’accent et voulons détailler les habitats pour l’espace lointain où les humains vont vivre et travailler de façon indépendante pendant des mois ou des années, sans livraison de matériel depuis la Terre », annonce Jason Crusan, directeur des systèmes avancés d’exploration à la NASA.

Dans ce cadre, la NASA vient de retenir six entreprises américaines – Bigelow Aerospace, Boeing, Lockheed Martin, Orbital ATK, NanoRacks et Sierra Nevada Corporation – pour développer des prototypes d’habitats grandeur nature. Ces logements permettront l’exploitation commerciale de l’espace en orbite terrestre basse (moins de 2000 kilomètres d’altitude). Mais ils devront également convenir pour l’exploration de l’espace lointain ! Une fois les prototypes validés, ces technologies seront testées dans le cadre de missions spatiales près de la Lune, avant d’être déployées pour des voyages vers Mars.

Pour la NASA, un habitat efficace devra comprendre, entre autres, un volume pressurisé, des protections contre les rayonnements électromagnétiques, des installations médicales d’urgence, des dispositifs anti-incendie et un système de contrôle d’environnement et de support de vie (ECLSS). « Les prototypes terrestres permettront à la NASA et à ses partenaires d’évaluer les configurations de l’habitat, vérifier comment les différents systèmes interagissent entre eux et avec d’autres fonctionnalités telles que les modules de propulsion et les sas. Ils fourniront des plates-formes pour tester et s’assurer que les normes et interfaces communes envisagées sont bien pensées », assure l’organisme spatial.

Concrètement, quels sont les six concepts ?

Les six entreprises vont adapter des technologies qu’elles ont déjà utilisées. Bigelow Aerospace tirera parti des enseignements du Bigelow Extensible Module (BEAM), un vaisseau spatial extensible de 16 m3, qui a récemment été déployé sur la station spatiale internationale (ISS). Il testera un prototype de XBASE, ou B-330, un habitat extensible de 330 m3.

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Bigelow Aerospace’

Lockheed Martin transformera pour sa part un module actuellement utilisé pour l’approvisionnement de l’ISS.

Lockheed Martin
Lockheed Martin

Boeing développera un système d’habitation modulaire qui exploite l’expérience dans la conception, le développement, l’assemblage en orbite, et l’exploitation de l’ISS depuis plus de 15 ans.

Boeing
Boeing

Orbital ATK affinera l’architecture de son habitat cislunaire, sur la base du vaisseau Cygnus qui dessert actuellement l’ISS, et proposera une feuille de route pour l’exploration de Mars.

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Orbital ATK

De son côté, Sierra Nevada Corporation va s’appuyer sur le module cargo Dream Chaser et l’assemblera avec des modules gonflables.

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Dream Chaser

Enfin, NanoRacks mènera une étude de faisabilité complète pour convertir l’étage supérieur d’un lanceur, ou un segment de propulseur, en habitation.

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NanoRacks

Les six partenaires ont 2 ans pour développer leurs prototypes. L’ensemble des aides s’élèveront à environ 65 millions de dollars pour les travaux en 2016 et 2017. De nouveaux financements viendront s’ajouter en 2018.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

En réponse à une injonction très stricte – et parfaitement légitime – du Président, ses managers territoriaux prescrivent des normes de qualité exorbitantes, donc impossible à satisfaire, tuant dans l’œuf toute initiative et entretenant une frustration générale permanente.

Notable figure locale et nationale, une éminente personnalité politique fait clairement savoir qu’elle ne tolère aucune erreur dans la mise en œuvre des services territoriaux dont elle a la charge. Croyant pouvoir satisfaire cette exigence, sans autre mesure de précaution systémique, les directeurs, hauts fonctionnaires territoriaux, la répercutent à tous les agents de la collectivité. Par voie de conséquence, au fil du temps, les membres de cette communauté privilégient des comportements qui les conduisent à :

  • Fixer des objectifs trop élevés, irréalistes.
  • Etre précis outre mesure.
  • Garder le contrôle sur tout, y compris sur les moindres détails.
  • Faire chaque chose à la perfection, sans discernement.
  • Donner l’impression de travailler de longues heures, d’être compétents et autonomes.

Profusion de règlements, initiative très risquée, lourdes procédures administratives précédant chaque décision…cette folle exigence de perfection conduit à un conformisme et à une complexité bureaucratique effrénés. Chaque fonctionnaire rivalise de zèle pour faire valoir son orthodoxie réglementaire et sa stricte observance de méthodes de travail souvent poussiéreuses. Certains comportements sont peut-être contreproductifs, mais ils sont conformes et c’est ce qui compte le plus.

Nul n’ignore pourtant que le propre de l’homme est de commettre des erreurs. C’est en les reconnaissant humblement qu’elles lui offrent, par ailleurs, de multiples opportunités de perfectionnement. Prétendre ne pas commettre d’erreur est une bévue ; ne pas apprendre de ses erreurs constitue une faute.

Ainsi, en interdisant aveuglément l’erreur, ces dirigeants ne font que condamner les fonctionnaires et toute la collectivité à l’immobilisme. Ils leur interdisent en réalité toute possibilité de perfectionnement. Ils les dé-responsabilisent tout en nourrissant un sentiment de culpabilité qui les paralysent et produit des montagnes de frustrations. De plus, ces absurdes options managériales soutiennent l’utopie du perfectionnisme selon laquelle chacun serait capable d’un illusoire zéro-défaut. Enfin, elles accentuent la pression excessive d’une société de plus en plus exigeante sur le plan de la performance individuelle.

Cette candeur managériale a fini par pétrifier le fonctionnement des services. Terrorisée par les risques d’erreurs qui ne manqueraient pas de se multiplier si un changement de management devait être envisagé, la direction des services territoriaux n’a plus d’autre alternative que de se résigner au statu-quo et à toujours repousser à plus tard toute idée de vraie réforme.

En reportant naïvement sur chaque agent la responsabilité de satisfaire l’injonction légitime du Président, les dirigeants « plombent » l’efficience des ressources humaines et handicapent l’efficacité de la collectivité.

Perfectionnisme : le cancer des organisations

Comment de telles aberrations sont-elles possibles ? Comment une telle erreur de management peut-elle prendre cette ampleur « cancérigène » sur les organisations ? Sur quel terreau cette injonction perfectionniste contre-nature peut-elle prospérer ?  Pour répondre à ces questions, revenons sur le sens des mots et considérons la confusion sur laquelle certaines extravagances peuvent fleurir.

Tout d’abord, notons que le perfectionnisme est souvent considéré comme une qualité positive. On lui associe des vertus liées à l’amour du travail bien fait, avec un « noble » mépris pour les valeurs bassement matérielles que sont, par exemple, la prise en compte du coût de réalisation de ses œuvres.

C’est une réalité : le perfectionniste est essentiellement motivé par l’esthétique du projet. Rien n’est jamais assez beau. Le perfectionnisme est un comportement qui résulte de la lutte incessante contre l’angoisse douloureuse de ses propres limitations, de son incompétence, de ses carences, de ses lacunes, de ses défauts, de ses erreurs, de l’écart par rapport à une image idéale de soi. Pour tout projet, pour toute action, le perfectionniste cherche en priorité à ne pas faire d’erreur. Cette prédisposition pénalise son sens de la perspicacité et le conduit souvent à dilapider les ressources pour satisfaire sa boulimie de la superbe. Le critère de performance du perfectionniste c’est la méticuleuse précision nécessaire à l’esthétique du projet. Le temps fait partie des ressources que le perfectionniste considère comme infiniment mobilisables. Pour calmer ses angoisses d’imperfection, il travaille de très longues heures. La procrastination fait donc partie de sa méthode d’arbitrage. Cette stratégie, combinée à son obsession du détail, occasionne une productivité plutôt médiocre.

Le perfectionniste présente donc une forme pathologique de comportement.  Adoptant un mode d’évaluation souvent binaire, il considère qu’un résultat est soit beau, soit inutile. Ses objectifs sont inatteignables, irréalistes et conduisent à la dépréciation de soi.

Accomplisseur

En réalité ce n’est pas le perfectionnisme qui pousse les gens à de grandes réalisations. La qualité, qui motive les individus à persévérer face aux obstacles et à se concentrer sur les détails déterminants jusqu’à ce que leur œuvre atteigne les objectifs ambitieux qu’ils se sont fixés, est celle de l’accomplissement. L’accomplisseur est motivé par la beauté ET la congruence du projet avec les objectifs fixés. Il faut bien faire son travail certes, mais par-dessus tout il s’agit de bien faire le bon travail. L’accomplisseur sait faire preuve de pertinence dans la qualité et la quantité de ressources à mobiliser. Il sait même arbitrer astucieusement entre l’esthétique et la fonction du produit ou service à livrer.

Le perfectionniste s’affaire fiévreusement sur la forme, ignorant son contexte. L’accomplisseur œuvre, avec plaisir, à la réalisation efficace des objectifs. C’est un artisan de la forme et du fond, une sorte de perfectionniste positif.

Cette confusion entre ces qualités connexes que sont perfectionnisme et accomplissement bénéficie à ceux qui se revendiquent de la perfection. Elle conduit à des incongruités analogues à celle que nous avons relatée ci-dessus. Nous ne pouvons que vous mettre en garde et vous inviter à méditer sur cette réflexion inspirée par Winston Churchill : « Avoir foi en la perfection de l’homme, c’est très bien chez un homme d’Église, pas chez un manager ».

Comment traduire des exigences de qualité perfectionnistes des dirigeants ?

  • En installant un système de management de la qualité du type ISO 9000 ; y compris dans les organismes publics.
  • En négociant des objectifs réalistes et concrets avec les dirigeants et/ou les élus.
  • En instaurant un management « militaire » basé sur la discipline stricte et la sanction.

N’hésitez pas à nous donner votre avis via le post d’un commentaire dans la zone prévue à cet effet à la suite de l’article . Racontez-nous également vos propres expériences analogues.

Par Dino Ragazzo

12 expériences de management réelles

  1. Expérience #1 : « Je ne vaux plus rien »
  2. Expérience #2 : « Je sais ! Je sais ! Du savoir à la compétence »
  3. Expérience#3: « ça ne marche pas« 
  4. Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !
  5. Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage
  6. Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers
  7. Expérience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus
  8. Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

Les clés d’un processus majeur de réparation de l’ADN

L’ADN de nos cellules est attaqué en permanence par de nombreux agents extérieurs, comme les molécules cancérigènes contenues dans la fumée de tabac ou les rayons UV émis par le soleil. Non réparées, ces agressions provoquent des mutations qui peuvent favoriser l’apparition de cancers, d’où l’importance d’une réparation rapide et efficace de l’ADN. Pour ce faire, la cellule mobilise toute une série d’enzymes qui doivent agir de façon parfaitement coordonnée pour identifier et réparer les parties abimées de son patrimoine génétique. La complexité de ce processus a pendant longtemps empêché les chercheurs de comprendre quels étaient les mécanismes à l’œuvre.

Grâce au développement des nanotechnologies, une équipe regroupant des biologistes et des physiciens a pu filmer en temps réel des enzymes en train de réparer un ADN abimé. Leur série de travaux a été initiée en 20121, quand l’équipe s’est concentrée sur le début du mécanisme de réparation. Ils présentent aujourd’hui, pour la première fois, le processus de réparation dans son intégralité.

Grâce à un microscope spécialisé, qui permet à la fois de manipuler et d’observer des molécules d’ADN et de protéines, les chercheurs ont observé une molécule d’ADN endommagée par des ultraviolets. Ils y ont ajouté l’ARN polymérase, une enzyme qui normalement « lit » le code de l’ADN afin de débuter l’expression de son information sous forme de protéines, mais qui se « bloque » en cours de lecture lorsqu’elle arrive sur une partie endommagée de l’ADN. C’est grâce à ce blocage de l’ARN polymérase que les réparations sont effectuées. Concrètement, les chercheurs ont pu observer comment une série de protéines (Mfd, UvrA, UvrB puis UvrC) se sont succédé, chacune avec son activité spécifique, et se sont coordonnées entre elles pour interagir avec l’ARN polymérase et réparer l’ADN endommagé par les rayons UV.

En déterminant l’ordre dans lequel ces composantes agissent et en caractérisant la façon dont elles se relaient, ces travaux ont permis d’établir quelles sont les étapes critiques du processus.

Cette découverte pourrait favoriser de nouvelles applications, à la fois dans la lutte contre le cancer et dans celle contre les bactéries. En effet, lorsque les cancers sont résistants aux radiothérapies et chimiothérapies – dont l’effet est d’endommager l’ADN des cellules cancéreuses – c’est que leurs cellules ont justement activé ce mécanisme de réparation de l’ADN. On peut donc envisager de nouvelles pistes pour inhiber aux moments clés les mécanismes nécessaires à cette réparation. De plus, des bactéries comme celle responsable de la tuberculose emploient des protéines très semblables à Mfd pour proliférer. Ainsi, le fait d’avoir identifié comment ces différentes protéines interagissent les unes avec les autres pourrait également être utile dans la lutte contre des bactéries pathogènes.

Source : cnrs

Une nouvelle approche du retournement temporel

Dans une cuve remplie d’eau, si l’on vient perturber la surface (par exemple en appliquant un motif en forme de Tour Eiffel, comme ci-dessus) un paquet d’ondes va se propager autour de la perturbation. Or lorsqu’on applique un brusque changement dans le milieu de propagation, les ondes vont se figer avant de se scinder en deux parties : l’une poursuivant son chemin et l’autre retournant en sens inverse, vers son point d’origine.

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figure 1 : Dans le cas d’une perturbation ponctuelle, des ondes circulaires se propagent à la surface de la cuve. Après 60 ms, la cuve subit une accélération brutale de faible amplitude. Le paquet d’ondes initial se sépare en deux, avec une partie qui se reconcentre jusqu’à revenir à la perturbation ponctuelle (avant de se dissiper à nouveau). ©ESPCI Paris/CNRS

Pour refocaliser un paquet d’ondes qui se propagent, les chercheurs utilisaient jusqu’à présent un miroir à retournement temporel, qui nécessite l’utilisation d’un système d’enregistrement pour « capter » l’onde et la réémettre en sens inverse. Les chercheurs ont conçu un nouveau dispositif dans lequel le milieu joue ce rôle de système de mémoire. En effet, la brusque modification imposée à la cuve (en fait une forte accélération dans le sens vertical, de l’ordre de 20 fois l’accélération de la pesanteur g pendant quelques millisecondes) est extrêmement rapide par rapport à la période des ondes. En résulte l’apparition d’un paquet d’ondes rétro-propagé, qui se refocalise exactement sur sa source. L’amplitude de cette onde qui revit exactement sa vie passée dépend alors de l’amplitude de la perturbation du milieu. Les scientifiques ont appelé ce procédé « miroir temporel instantané » (ou ITM en anglais) car tout se passe comme si le signal d’origine était « réfléchi sur un miroir », à partir du moment où le milieu est brusquement perturbé.

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figure 2 : Dans le cas de systèmes complexes, la forme initiale de la perturbation est totalement perdue au moment de la brusque accélération de la cuve. Le retournement temporel instantané permet toutefois de bien revenir à la forme initiale du signal.©ESPCI Paris/CNRS

Un système efficace même avec des motifs complexes

Dans le cas de motifs complexes, la dispersion des ondes à la surface, ainsi que les interférences entre les ondes générées par les différents éléments du motif pourraient constituer un frein à la refocalisation du système. Au bout de quelques instants, l’image initiale est indiscernable, remplacée par un motif d’interférences complexe. Mais comme le montre la figure 2, la refocalisation a bien lieu. En fait, en décomposant les ondes initiales et en les comparant aux ondes inverses, les scientifiques ont bien constaté une grande similarité entre ces deux types d’ondes, même si les hautes fréquences sont atténuées par la viscosité de l’eau.

Ce concept élégant de physique fondamentale peut en théorie s’appliquer à tout type d’ondes : acoustiques, électromagnétiques, mécaniques ou même quantiques ! Reste la difficulté de perturber suffisamment le milieu de propagation, et suffisamment vite par rapport à la période des ondes utilisées, pour agir comme miroir temporel instantané. En l’état, l’expérience proposée par les chercheurs constitue un formidable dispositif pédagogique pour initier le public à la magie de la réversibilité des ondes avec des résultats observables à l’œil nu.

En vidéo

Motif simple : perturbation « ponctuelle »

Motif complexe : Tour eiffel

Motif complexe, smiley

Source : cnrs

Les crimes ont leur empreinte carbone

Les chercheurs ont évalué l’empreinte carbone des crimes en Angleterre et au Pays de Galles. Ils ont considéré l’ensemble des émissions associées au système judiciaire : enquêtes policières, gestion des prisons et des tribunaux… Mais aussi celles liés au remplacement de biens volés ou endommagés, aux hospitalisations des blessés, aux assurances, etc. En appliquant des modèles d’écologie industrielle, ils estiment ainsi que l’ensemble des crimes (enregistrés ou non) perpétrés en 2011 ont entraîné l’émission de 4 millions de tonnes de carbone. Cela équivaut aux émissions énergétiques d’environ 900.000 foyers britanniques. « Etant donné que le volume réel de la criminalité qui se produit ne peut jamais être pleinement estimé[…], notre empreinte est encore susceptible d’être sous-estimée », préviennent les auteurs.

Quel crime est le pire pour le réchauffement climatique ?

Dans le détail, l’empreinte carbone la plus élevée est de loin, celle liée aux homicides, à environ 71 tonnes de CO2 équitalent (teqCO2) par incident. Suivent les agressions graves avec une empreinte d’environ 5 teqCO2 émis par infraction et les vols de voitures neuves (4,2 teqCO2). Les agressions sexuelles, les vols et cambriolages émettent environ 1 teqCO2 par incident, et plusieurs infractions, comme les voies de fait et le vol à l’étalage , ont une empreinte beaucoup plus petite, moins de 0,1 teqCO2 par incident.

Mais si l’on en prend en compte le nombre total d’infractions, le classement est bouleversé. Vu le nombre relativement faible d’homicides qui se produisent chaque année, ils ne contribuent qu’à hauteur de 1% de l’empreinte carbone totale de la criminalité. Les cambriolages accaparent 30% de l’empreinte totale, notamment en raison du carbone émis lors du remplacement des biens volés ou endommagés. Les blessures et les vols représentent chacun environ 11% de l’empreinte totale.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la réduction des crimes n’engendre pas systématiquement une baisse nette des émissions de carbone. Car un prisonnier consomme moins qu’un habitant lambda! Par ailleurs, l’argent public et privé actuellement consacré à la lutte anti-criminalité pourrait être réinvesti dans des actions plus polluantes. En considérant la consommation britannique moyenne, les chercheurs estiment, par exemple, qu’une réduction de 5% des cambriolages domestiques pourrait entraîner une augmentation de 2% des émissions de carbone. D’autres travaux sont en cours pour mieux illustrer cet effet rebond.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

Premiers tests humains pour ralentir le vieillissement !

L’université japonaise de Keio et l’université Washington de St-Louis viennent de lancer les premiers essais cliniques pour étudier le ralentissement du processus de vieillissement chez les humains avec du nicotinamide mononucléotide (NMN). Les deux universités étudient l’efficacité du composé comme un supplément nutritionnel pour prévenir les maladies et augmenter la durée de vie en bonne santé de l’homme. Ce premier test se déroule sur 10 hommes en bonne santé, âgés de 40 à 60 ans.

Une fois absorbé, le NMN se convertit en nicotinamide adénine dinucléotide (NAD), un composé jugé vital pour le métabolisme énergétique du corps. Des expériences sur des souris ont montré que le composé active une famille de gènes responsables de protéines appelés sirtuines. Si le NAD se forme naturellement dans le corps humain, sa concentration diminue dans de nombreux organes internes avec l’âge. Un apport externe pourrait donc permettre d’en prolonger le bon état.

Il est peu probable que le NMN soit un remède anti-vieillissement chez l’homme, mais il pourrait avoir des effets positifs sur la santé humaine. « Une fois que la sécurité est confirmée, nous voulons vérifier scientifiquement si le NMN est efficace pour stimuler le fonctionnement des organes qui diminue progressivement avec l’âge », prévient Hiroshi Ito, professeur de médecine interne à l’Université Keio.

Par Matthieu Combe

Experience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus

Une organisation c’est un système de ressources (humaines et matérielles) interactives coordonnées en structures pilotées et ayant pour finalité de satisfaire une mission de la meilleure façon possible. Une organisation n’est pas un système mécanique : c’est un système vivant.

L’efficacité des interventions visant à améliorer la façon de faire d’une organisation est donc intimement tributaire de la pertinence du modèle, de la philosophie et de la démarche qui sous-tendent ces interventions.

Ainsi, une démarche d’accompagnement du changement qui ne se focaliserait, par exemple, que sur la seule remise en question de  la personnalité des managers serait peu efficace. Ce serait comme prétendre soigner un bras cassé en cherchant à le remplacer par un bras neuf. En effet, l’analyse de personnalité (ensemble des comportements qui constituent l’individualité d’une personne) se limite à observer les caractéristiques intrinsèques des individus. Cette analyse postule que les conditions d’environnement ont peu d’influence sur la personnalité et qu’elle demeure relativement stable. Désigner la personnalité d’une population de managers, à la suite d’un test M.B.T.I. par exemple, comme les causalités du problème à résoudre ne ferait que compliquer le processus du changement. En négligeant le système environnant de ressources interactives, cette approche ne considère pas l’organisation comme un système vivant mais plutôt comme une combinaison de composants inertes. Difficile de soulager une indigestion avec une clé à molette !

L’approche Gestalt O.D. procède d’une observation globale des problèmes rencontrés par les organisations. Cette démarche considère que tout symptôme est le résultat d’un dysfonctionnement de l’ensemble du système en interaction avec son environnement. Dans les organisations, tout comportement, enchevêtré dans un réseau relationnel, est adopté en interaction avec les comportements des autres. Il a pour finalité de maintenir un certain équilibre au sein de ce réseau relationnel.

Ainsi, une démarche Gestalt O.D. focalise ses interventions sur la relation et sur l’impact qu’un système produit sur son environnement.

Prenons un exemple

Un chef d’entreprise désire renforcer l’efficacité de son organisation. Il a conscience qu’il devra transformer certains aspects de la culture d’entreprise (façon de travailler ensemble). Les comportements qui posent problème sont ceux qui concernent la prise en compte de la ressource temps.  Astreinte jusqu’alors à une obligation de moyens, cette entreprise a toujours soigneusement et minutieusement mené les projets qui lui étaient confiés avec un formalisme intraitable. Cette façon de procéder s’est bien ancrée à tous les niveaux de l’entreprise car elle lui a valu les éloges et la reconnaissance de ses clients. Aujourd’hui, ces derniers sont devenus plus exigeants. Ils réclament toujours plus de services de qualité mais surtout davantage de performance, notamment en matière de coûts. D’une logique de moyens, notre dirigeant doit aujourd’hui conduire son organisation vers une logique de résultats.

A la demande de ce haut responsable, une proposition détaillant la stratégie et la tactique de cette démarche lui a été soumise à l’issue de 4 réunions préliminaires en comité restreint. La stratégie envisagée pour transformer les comportements et la façon d’appréhender le temps s’appuie sur une éducation des membres de l’organisation qui serait dispensée par un leadership charismatique. L’accent est mis sur le développement des compétences suivantes : définir des objectifs réalistes et bornés dans le temps, choisir les ressources à mobiliser avec pertinence, améliorer l’efficience de ressources, formaliser les relations professionnelles sous la forme de contrats, apprendre à respecter ses engagements, etc.

Le soi du consultant comme instrument de mesure

Par la suite, une réalité embarrassante se précise de jours en jours à l’équipe de consultants engagés sur ce projet. En effet, la prise de décision d’engager la démarche de transformation de la culture d’entreprise est à chaque fois assortie de nouvelles précautions. Confirmée par une évaluation statistique d’impact, l’extrême prudence du directeur laisse apparaitre son net besoin de soutien de la part de ses équipes. Cette recherche d’approbation, caractérisant l’impact managérial qu’il transmet à ses adjoints,  lui apparaît comme une condition nécessaire au succès de son initiative. De leur côté, les consultants l’interprètent comme la recherche d’une garantie contre les risques d’échecs d’apprentissage des nouvelles compétences.

Les consultants trouvent le temps long. Les délais s’accumulent : temps de réflexion, ajournements pour vérification de la bonne adéquation des consultants, temporisations pour attendre l’approbation de ses collaborateurs directs, hésitations concernant les outils de tests d’impact, tergiversations autour de l’adhésion des collaborateurs du comité de direction, tâtonnements pour obtenir leur engagement « sincère », application minutieuse du processus d’établissement du contrat… Cette réalité autour de l’efficience de la ressource temps est embarrassante car elle ne semble pas apparaître au chef d’entreprise.

Dans une démarche Gestalt O.D., un consultant se concentre sur l’observation des processus en cours. Il est à la fois instrument de mesure et l’un des moteurs du changement. Parce qu’elle constitue un enjeu essentiel de la réussite de la stratégie de changement, cette information-sensation, concernant la relation au temps, mérite un échange entre les consultants et le client. La question qui se pose est donc :

« Comment attirer- sans jugement – l’attention de ce chef d’entreprise sur la nécessité de reconsidérer sa relation au temps ? »

Comment vous y prendriez-vous ?

  • Le consultant est au service de ses clients et non l’inverse. Son problème d’impatience ne doit pas devenir le problème de ses clients. Par conséquent : le consultant doit savoir attendre le temps nécessaire à la prise de conscience de son client.
  • Le consultant pourrait, à l‘occasion d’une entrevue avec son client, rappeler l’enchainement des étapes parcourues et poser une question de closing comme « Cela vous paraît-il raisonnable de lancer la première étape du projet à ce stade ? » pour aider le client à prendre sa décision.
  • Si le client tarde à prendre une décision, c’est peut-être parce que le consultant ne l’a pas encore suffisamment convaincu. C’est au consultant de s’intéresser à sa relation au temps et à sa façon d’interpréter l’escalade de conditions supplémentaires du client.

N’hésitez pas à nous donner votre avis via le post d’un commentaire dans la zone prévue à cet effet à la suite de l’article . Racontez-nous également vos propres expériences analogues.

Par Dino Ragazzo

12 expériences de management réelles

  1. Expérience #1 : « Je ne vaux plus rien »
  2. Expérience #2 : « Je sais ! Je sais ! Du savoir à la compétence »
  3. Expérience#3: « ça ne marche pas« 
  4. Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !
  5. Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage
  6. Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers
  7. Expérience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus
  8. Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

Hinkley Point : les salariés d’EDF n’en veulent pas!

Jeudi 28 juillet, le conseil d’administration d’EDF a autorisé son PDG Jean-Bernard Lévy à signer les contrats définitifs pour la construction des deux réacteurs d’Hinkley Point. 10 votes pour, 7 votes contre ; une décision loin de rallier l’ensemble du conseil. Mais, la décision à peine prise le gouvernement britannique a annoncé qu’il entendait « analyser soigneusement tous les aspects de ce projet » et ne prendre sa décision qu’« au début de l’automne », alors que la signature du contrat était attendue le 29 juillet.

Les  syndicats d’EDF manifestent leur inquiétude sur la stratégie d’EDF. Suite à ce vote, l’intersyndicale d’EDF a saisi le Tribunal de grande instance de Paris pour tenter de suspendre la délibération du Conseil d’administration quant à la poursuite du chantier. Vendredi 5 août, cette demande a été rejetée. Le tribunal estime en effet qu’il n’y a pas lieu à référé dans la mesure où « aucun dommage imminent succeptible d’intervenir d’ici le 30 septembre (…) n’est précisément évoqué, ni justifié ». Une audience décisive est en effet attendue pour fin septembre.

EDF contre son intersyndicale

EDF et son intersyndicale s’attaquent à coup de communiqués de presse. Dans un communiqué paru le 8 août, l’intersyndicale CGT, CFE-CGC et FO d’EDF SA, dénonce « un véritable scandale de gouvernance » et accuse la direction d’EDF de « passage en force » concernant la validation du projet nucléaire Hinkley Point. Elle considère cette validation comme « nulle et non avenue » dans la mesure où le PDG d’EDF n’aurait pas informé l’ensemble des membres du conseil d’administration du report de la décision britannique alors qu’ils en étaient avertis.

De son côté, EDF assure qu’ « au moment où le conseil d’administration de l’entreprise s’est tenu, EDF et son président n’avaient pas connaissance de la volonté du gouvernement britannique de procéder à un nouvel examen du projet Hinkley Point ». L’entreprise précise que « Jean-Bernard Lévy va engager une action en justice contre le syndicat Sud Energie » et « contre toute personne colportant de telles contre-vérités »

Le Parti socialiste entre dans le débat

Si la direction d’EDF peut compter sur le soutien indéfectible du ministre de l’Economie Emmanuel Macron, fervent défenseur du projet, le Parti socialiste vient de prendre position. Dans un communiqué en date du 8 août, il estime « qu’un projet dont l’importance est telle qu’elle engage la solidité et la pérennité de l’énergéticien national impose que soient levées toutes les interrogations et les réserves avant d’aller plus loin dans sa réalisation ». Par ailleurs, le PS rappelle que le projet pourrait être soumis aux « incidences, nombreuses et incertaines, du Brexit».

De nombreux protagonistes de ce dossier « ont alerté sur le risque financier », rappellent les socialistes, faisant allusion à la démission de son directeur financier, Thomas Piquemal, le 1er mars 2016. Ce dernier jugeait le projet « non faisable » et trop risqué pour les finances de l’entreprise dans les conditions actuelles, caractérisées par un effondrement des prix de marché de l’électricité.

Un projet trop cher pour EDF?

Avec une facture totale estimée à 23 milliards d’euros (contre 16 milliards prévus initialement), EDF devra apporter 66,5 % des investissements, le tiers restant étant supporté par deux électriciens chinois, CGN et CNNC. Le géant français devra donc trouver 15 milliards d’euros, soit peu ou prou, l’équivalent d’une année d’investissements pour EDF. Ce projet se ferait donc au détriment d’une transition énergétique vers des énergies renouvelables, déjà plus compétitives.

En décembre dernier les marchés financiers ont d’ailleurs sanctionné les choix stratégiques d’EDF en le retirant du CAC40. Son action est passée d’une valeur de 31€ lors de son introduction en bourse en 2005 à tout juste 11€ en juillet 2016.

Cet investissement est-il réellement risqué ? « Qui parierait 60 %, 70 % de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne alors que cela fait dix ans qu’on essaie de la construire ? » alertait Thomas Piquemal le 2 mai devant les députés. Par ailleurs, l’électricien français affiche déjà une dette colossale. Et cela devrait empirer. Son résultat net est en chute libre, notamment à cause de ses dépréciations d’actifs, de la baisse des prix de marché de l’électricité et de l’augmentation des provisions à faire pour le projet Cigéo. Son résultat est passé de 3,7 milliards d’euros à 1,2 milliards entre 2014 et 2015. Or, de nombreux investissements arrivent : absorption d’Areva, travaux de grand carénage, les futurs démantèlements, dont les coûts provisionnés ont sans doute été sous-évalués et les surcoûts de l’EPR de Flamanville. « Quand on a 66 milliards d’euros de dettes, 100 milliards à financer dans les centrales françaises, 20 milliards à rajouter pour la Grande-Bretagne, on peut considérer qu’on est dans une très mauvaise situation », analysait Thierry Gadault, auteur du livre EDF : la bombe à retardement?,  à Europe1, en mars dernier.

Mais les doutes concernant l’investissement à faire ne s’arrêtent pas là. Les experts et les médias britanniques dénoncent un prix d’achat garanti trop élevé du mégawattheure (92,5 livres sur 35 ans, soit 126 euros). Même si ce tarif peut sembler alléchant pour EDF, rien ne garantit la rentabilité du projet sur le long-terme, car le contrat ne prévoit pas d’engagements sur les volumes achetés.

Malgré tout, fin avril, le géant de l’électricité a annoncé un projet d’augmentation de capital de 4 milliards d’euros pour 2017, dont 3 milliards apportés par l’Etat, son actionnaire principal (à hauteur de près de 85 %). Ce renflouement des caisses servira à renforcer ses fonds propres et garantir ses investissements. Mais rien n’est facile en matière de nucléaire ! Greenpeace et l’entreprise britannique d’énergie verte Ecotricity estiment que cette décision s’apparente à une aide d’Etat pour financer l’EPR et les deux entités ont demandé à Bruxelles d’ouvrir une enquête. EDF avance donc plus que jamais dans le flou dans un projet qui, avant même son lancement, pourrait mener à un échec cuisant, comparable à celui annoncé à Flamanville.

Par Matthieu Combe

Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers

Les controverses liées au sujet des rémunérations sont souvent les symptômes révélateurs d’une défiance des salariés vis-à-vis de leurs employeurs et de leurs dispositions à garantir un traitement équitable des efforts accomplis. En effet, en cas de désaccord, l’argumentation des contestataires s’applique presque toujours à démontrer le caractère injuste de la situation. A partir de comparaisons avec des cas de figures analogues, qui bénéficieraient de réponses plus favorables, ou bien sur la base d’appréciations arbitraires de leur valeur personnelle, les protestataires font habilement appel à cette valeur fondamentale de justice pour faire valoir leur bon droit et influencer leurs managers.

Les professionnels du marketing le savent bien, quel que soit votre niveau ou votre fonction dans l’entreprise, vos ambitions salariales, tout comme vos désirs, sont infinis. Toute cette science repose sur l’exacerbation de cette « voracité ».

Si, au bas de l’échelle des besoins, votre principale motivation s’applique à garantir votre subsistance, plus vous en gravissez les échelons et plus vous aspirez à la réalisation de vos projets personnels. Ce besoin de réalisation de soi nécessite des ressources financières qui sont, le plus souvent, proportionnelles à la taille de votre ego.

Ainsi un manager doit savoir qu’il ne pourra jamais satisfaire le désir profond de ses collaborateurs en matière de rémunération car aucun salaire, aussi élevé soit-il, ne saurait traduire la valeur d’une personne. Nous appelons donc tous les responsables à la plus grande vigilance, surtout au cours de ces périlleux exercices que sont les entretiens annuels d’appréciation.  Par contre, il est de la responsabilité de tout manager de garantir un traitement équitable à tout collaborateur, de lui démontrer que tout est mis en œuvre dans l’entreprise pour que la « machine à évaluer » soit la même pour tous.

Dans ce difficile dialogue « maître-esclave » qui ne dit pas son nom, les managers doivent garder à l’esprit que tous les pièges, tous les coups sont permis pour obtenir quelque chose de plus…qui de toute façon ne sera jamais suffisant. C’est ainsi ! C’est la nature humaine.

Le plus souvent de manière inconsciente, fragilisés par une perfide angoisse de solitude, de nombreux managers éprouvent le besoin de se faire aimer à tout prix par tout le monde. Ceux-là tombent malheureusement assez facilement dans ces pièges de défiance salariale annuelle. En engageant le moindre petit bout de petit doigt dans ce genre de pourparlers, ils se fourvoient dans la tentative de résolution d’un problème insolvable… et se retrouvent finalement encore plus seuls qu’avant.

En réalité, il faut convenir que les tactiques argumentaires opposées par les salariés évalués ne diffèrent pas de  celles de leurs managers lorsqu’ils sont évalués à leur tour par leurs hiérarchies. Difficile de contrer un argument partagé….même s’il n’est pas avoué !

Histoire vraie

Sur l’impulsion de la DRH du siège, toutes les filiales de cette société ont mis en place un processus élaboré d’entretiens annuels. Chaque établissement a formé ses managers pour leur apprendre à respecter un cadre administratif standard, formalisé par un document de suivi des entretiens annuels. Le document, très synthétique, permet de faire un point régulier sur les compétences, les comportements, la performance et les ambitions des salariés.  Ce document guide l’analyse que les protagonistes sont tenus de réaliser en préalable à chaque entretien d’évaluation. Il possède notamment un volet d’appréciation de la mise en œuvre des valeurs de l’entreprise et vise à rendre l’expérience la plus équitable possible.

Par nature, l’exercice d’un bilan conduit les analystes à examiner périodiquement les équilibres entre les actifs et les passifs et à considérer la capacité du système à assurer sa croissance. Le bilan-entretien annuel n’échappe pas à cette règle c’est pourquoi le sujet du résultat et de sa répartition finit toujours par faire surface. Pour essayer d’évacuer, du périmètre des entretiens, les discussions axées sur la rémunération et tous ses affres, cette entreprise a choisi de matérialiser le résultat du bilan-entretien annuel sous la forme d’une notation à 3 crans : Contribution Exceptionnelle (C.E.)- Contribution Conforme (C.C.) – Contribution Insuffisante (C.I.). Comme cette notation détermine le calcul des primes et augmentations de salaires, personne ne veut se retrouver dans la catégorie –par ailleurs humiliante-  « C.I. ». Pour limiter les dérives émotionnelles des managers besoindsefairaimer, l’entreprise réclame à chacun de ses établissements un taux annuel de « C.I. » supérieur ou égal à 5% et exige de sérieuses preuves instruisant tout dossier « C.E. ».

Au cours d’une journée de formation dans l’un de ces établissements, les managers de la logistique ont fait part de leurs malaises face à ce nouveau processus d’entretiens annuels. En effet, la majorité des agents y sont rémunérées au salaire minimum légal et la plupart sont régulièrement évalués « C.C. ».

Comment expliquer à ces salariés qu’ils n’auront rien d’autre que l’éventuelle augmentation générale prévue par la politique de la société lorsque celle-ci ne permet même pas le maintien du pouvoir d’achat ? Comment ces managers peuvent-ils se prévaloir du mérite d’avoir été équitables lorsque l’entreprise – au niveau global- exhibe de confortables résultats ?

  • Les salariés ont signé un contrat. Si les règles de la société ne leur conviennent pas, ils n’ont qu’à aller voir ailleurs.
  • Les managers ne sont pas tout-puissants. Ils doivent se limiter à expliquer qu’ils jouent leur rôle consciencieusement et que celui-ci reste conforme avec leurs valeurs personnelles.
  • Pour nourrir la motivation des salariés, le rôle du manager est de les inciter à développer leurs compétences et les aider ainsi à accéder à des rémunérations moins insatisfaisantes.

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Par Dino Ragazzo

12 expériences de management réelles

  1. Expérience #1 : « Je ne vaux plus rien »
  2. Expérience #2 : « Je sais ! Je sais ! Du savoir à la compétence »
  3. Expérience#3: « ça ne marche pas« 
  4. Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !
  5. Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage
  6. Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers
  7. Expérience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus
  8. Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

Pokémon Go: vers l’adoption de la réalité augmentée?

Après l’échec commercial des Google Glass, la réalité augmentée avait été quelque peu délaissée, au profit de la réalité virtuelle, avec l’arrivée des casques Oculus Rift, HTC Vive et HoloLens. Mais le succès de Pokémon Go pourrait marquer une nouvelle ère dans la réalité augmentée. Quelques jours après son lancement, Pokemon Go était l’application la plus téléchargée dans le monde.

Niantic Labs, qui a développé l’application avec The Pokémon Company, vaudrait désormais 3,32 milliards d’euros, selon les analystes de Citibank, cités par le site spécialisé Quartz. Une réussite qui fait rêver plus d’une entreprise.

La réalité augmentée : un potentiel considérable

Pokémon GO est un « freemium », un jeu gratuit qui propose des achats intégrés pour progresser plus vite. En un mois, le jeu aurait déjà généré plus de 160 millions de dollars de chiffre d’affaires selon Sensor Tower. Et ce n’est qu’un début! Le jeu n’est pas encore disponible dans tous les pays et pourrait rapidement proposer une nouvelle source de revenus. John Hanke, le PDG de Niantic Labs a évoqué au Financial Times le développement de « lieux sponsorisés » dans des commerces, magasins et autres lieux de vente. Ces lieux pourront proposer des Pokémon rares, héberger des Pokéstop ou des arènes, ces lieux incontournables où se rendent les joueurs de l’application. Les annonceurs payeront un « coût par visite » similaire au « coût par clic » utilisé par Google pour la publicité.

Si les projets dans les jeux-vidéos s’axent le plus souvent sur la réalité virtuelle, le succès de Pokémon Go pourrait peut-être modifier un peu la donne. D’autres géants des jeux-vidéo déclarent s’intéresser de près à cette technologie pour leurs projets futurs. Andrew Wilson, PDG d’Electronic Arts a notamment confié à Gamespot que l’entreprise travaille sur plusieurs projets de réalitée augmentée. Ubisoft aurait aussi quelques projets dans ses cartons.

A plus large échelle, dans une étude publiée en février 2016, la banque d’investissement Goldman Sachs estime que le marché de la réalité virtuelle et augmentée pourrait représenter le futur de l’informatique, succédant ainsi à l’ordinateur personnel et au smartphone. Le marché atteindrait 80 milliards de dollars en 2025, soit la taille actuelle du marché des ordinateurs de bureau. Le scénario le plus optimiste prévoit un marché de 182 milliards à la même date, tandis que le plus pessimiste ne le placerait qu’à 23 milliards.

Bien au-delà des simples jeux vidéo, la réalité augmentée s’invitera vite dans l’industrie, la médecine, l’aménagement intérieur, la culture, la distribution, les transports, le tourisme, le marketing… Soit dans l’ensemble de notre quotidien. Vous souhaitez avoir un aperçu de ce futur éventuel? Pour cela, visionnez le court-métrage « Hyper-reality » réalisé par le britannique Keiichi Matsuda qui imagine un monde où la réalité augmentée fait parti de notre quotidien. Filmée à Medellín en Colombie, la vidéo de 6 minutes date de mai 2016, mais resurgit grâce au phénomène Pokémon Go. Ce monde augmenté vous fait-il rêver ?

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique