L’impression 3D va faire évoluer les modes de production

Le marché mondial de l’impression 3D représente 4,7 milliards d’euros pour 2015, un chiffre qui a triplé en quatre ans. Et dans cinq ans, il devrait atteindre 15 milliards d’euros, précise une étude* menée par Xerfi Research.

Du prototype à la pièce finale

Longtemps cantonnée à la réalisation de prototypes et de maquettes où elle est désormais devenue incontournable, l’impression 3D tend à s’imposer aujourd’hui dans la réalisation de pièces finales. L’étude publiée par Xerfi préconise même un envol à l’horizon 2017-2018 avec l’arrivée sur le marché de nouveaux opérateurs comme HP, Toshiba ou Fives-Michelin, spécialisés dans l’impression 3D métal.

Les imprimantes, toujours plus performantes, produisent désormais des pièces plus rapidement et moins chères que les procédés industriels classiques. Ainsi, aux États-Unis, l’industrie éolienne fait appel à ce type de technologie émergente pour faire baisser ses coûts de production.

La médecine et l’aérospatial précurseurs

Le secteur médical est l’un des premiers à en faire l’usage, notamment pour tout ce qui concerne les moulages et autres modélisations. Mais désormais, l’impression 3D est également utilisée pour fabriquer des organes, des tissus ou des plâtres médicaux. Deux entreprises, une espagnole et l’autre mexicaine, ont élaboré un prototype de plâtre. Imprimés en plastique, ces plâtres sont conçus en trois heures et demie (le temps devrait être réduit de moitié dans un futur proche) et présentent de nombreuses ouvertures qui permettront au personnel soignant de vérifier la guérison, d’appliquer des traitements et de soulager les démangeaisons. Des essais cliniques vont débuter en septembre.

En aérospatial, Safran l’utilise depuis les années 2000. Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’une quinzaine de machines qui produisent des injecteurs de carburant ou des pièces finies pour satellites. L’enjeu est maintenant de pouvoir passer à une production de masse.

Fives-Michelin veut prendre 20 % du marché

Les deux Français se sont associés il y a un an pour développer et commercialiser à l’échelle mondiale des machines et des ateliers de production industriels via l’impression 3D métal. Vingt-cinq millions d’euros vont être investis ces trois prochaines années et des premières machines seront livrées fin 2016. Ils espèrent peser sur le marché mondial ces dix prochaines années. « Si la fabrication additive est déjà largement utilisée par les industriels pour le plastique, l’impression 3D métal est encore un marché de niche, mais en pleine mutation. D’abord destinée à la production de pièces uniques à forte valeur ajoutée, la technologie impression 3D métal est en train de gagner un marché plus large et commence à être utilisée par les équipementiers, accessoiristes ou encore les avionneurs », lit-on dans un communiqué du groupe Michelin.

Une technologie disruptive

Selon les auteurs de l’étude Xerfi « Les technologies de fabrication additive sont profondément disruptives et vont rapidement impacter une grande partie de l’économie. […] L’impression 3D a déjà, et aura encore plus demain, un impact sur le fonctionnement des entreprises en matière de R&D, de marketing, de production (longueur des séries), de logistique/stockage ou encore de maintenance et de réparation.»

La fabrication à la demande de pièces de série par exemple peut permettre d’envisager des changements dans la localisation des productions et des disponibilités de pièces de rechange beaucoup plus souples.

Par Sophie Hoguin

Licence obtenue pour Virgin Galactic !

Virgin Galactic a présenté sa seconde navette SpaceShipTwo en février 2016. Baptisée Unity, elle remplace la  navette SpaceShipTwo Enterprise. Près de 6 mois plus tard, l’obtention de la licence permettant l’exploitation commerciale du véhicule est l’aboutissement de plusieurs années de vérifications, tractations et contrôles. Ces analyses devaient convaincre la FFA-AST que la conception du vaisseau spatial SpaceShipTwo et les trajectoires de vols permettent d’assurer la sécurité des passagers et des membres d’équipage. Grâce à ce Saint-Graal, l’entreprise du milliardaire Richard Branson pourrait proposer ses premiers vols touristiques commerciaux dès 2017.

Les tests en vols s’étaient brutalement arrêtés suite au crash d’une navette SpaceShipTwo Enterprise dans le désert de Mojave en Californie en octobre 2014. L’accident, dû vraisemblablement à une erreur de pilotage, avait tué l’un des pilotes et blessé gravement le second. En dépit d’une réputation écorchée par ce décès, Richard Branson n’a pas abandonné son rêve. Les tests vont donc pouvoir reprendre. Dans un communiqué de l’entreprise, le vice-président des opérations, Mike Moses rappelle qu’il reste toutefois « beaucoup de travail devant nous pour tester pleinement notre vaisseau en vol », avant les premiers vols annoncés pour l’année prochaine.

L’avion spatial devrait emmener 6 passagers et 2 pilotes. Pour prendre place à bord, il faudra tout de même dépenser environ 220.000 euros et suivre une formation de trois jours. Le principe est simple : l’avion spatial sera lâché à environ 13 km d’altitude par un avion porteur (WhiteKnightTwo). Il entamera alors une ascension verticale propulsé par son moteur-fusée à plus de 80 km d’altitude. Les moteurs du vaisseau coupés, il commencera à retomber. Lors de sa chute, en quasi absence d’atmosphère, les passagers se trouveront en situation d’apesanteur pendant quelques minutes, avant achever leur vol à la manière d’un planeur.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

En 2016, le réchauffement climatique s’accélère!

Le réchauffement climatique continue à battre de nouveaux records. Juin 2016 est le 14e mois consécutif à battre un record de chaleur au niveau mondial. Il est aussi le 378e mois consécutif, à connaître une température supérieure à la moyenne du 20e siècle. Selon les mesures satellitaires et les observations au sol de la NASA, les six premiers mois de l’année ont tous établi un nouveau record de température dans les relevés depuis 1880. La première moitié de cette année est ainsi la plus chaude enregistrée, avec une température moyenne de 1,3°C au-dessus de la moyenne du 19e siècle. La NOAA précise que les températures moyennes dépassent de 1,05°C la moyenne enregistrée au 20e siècle, battant le record précédent de 0,20°C. Celui-ci avait été obtenu en 2015, battant celui de 2014, lui-même celui de 2010.

Cinq des six premiers mois de 2016 connaissent un autre triste record : l’étendue de la banquise arctique est la plus faible depuis le début des mesures satellites, commencées en 1979. Mars, seule exception, enregistre tout de même la deuxième étendue la plus faible pour ce mois.

Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone atteignent aussi de nouveaux sommets. Elles ont franchi le cap symbolique de 400 parties par million (ppm) cette année. Les niveaux varient selon la saison, mais la tendance sous-jacente est à la hausse : Juin 2016 enregistre une concentration proche de 407 ppm, 4 ppm de plus que Juin 2015.

L’événement El Niño dans le Pacifique tropical  a augmenté les températures mondiales à partir d’octobre 2015. Il a été l’un des plus puissants enregistrés et a contribué à l’augmentation des températures jusqu’à sa dissipation en mai 2016. Mais c’est bien la tendance de long-terme au réchauffement, due à la hausse des émissions de gaz à effet de serre, qui produit ces nouveaux records.  « Les précédents phénomènes El Niño ont entraîné les températures à ce qui était alors des niveaux records, comme en 1998. Mais en 2016, alors même que les effets du récent El Niño s’estompent, les températures mondiales ont augmenté bien au-delà de ceux d’il y a 18 ans, en raison du réchauffement qui a eu lieu entre-temps », assurent les experts de la NASA.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La voiture autonome bientôt sur les routes françaises

Les premiers freins au développement du véhicule autonome seront bientôt levés. Conformément à l’article 37 de la loi de transition énergétique, Ségolène Royal et Emmanuel Macron ont présenté le 3 août, en Conseil des ministres, un projet d’ordonnance « afin de permettre la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite, qu’il s’agisse de voitures particulières, de véhicules de transport de marchandises ou de véhicules de transport de personnes, à des fins expérimentales, dans des conditions assurant la sécurité de tous les usagers et en prévoyant, le cas échéant, un régime de responsabilité approprié ». Autrement dit, cette ordonnance vise à adopter un cadre juridique pour faciliter les essais à grande échelle et définir la responsabilité en cas d’accident.

Cette ordonnance permettra de lever les « difficultés juridiques et pratiques » rencontrées lors des premières expérimentations françaises, selon le compte-rendu du Conseil des ministres. Celles-ci ont été « liées à la nécessité de clarifier la situation du conducteur par rapport aux règles internationales en vigueur, à l’inadaptation des dispositions applicables à l’immatriculation des véhicules, aux difficultés à obtenir des porteurs de projets l’ensemble des renseignements permettant notamment de s’assurer que l’expérimentation se déroule en toute sécurité et en coordination avec les différentes autorités publiques concernées, ou aux incertitudes sur la procédure d’instruction et de délivrance de l’autorisation », précise le texte.

Si le contenu de l’ordonnance n’est pas encore dévoilé, Ségolène Royal et Emmanuel Macron précisent dans un communiqué commun qu’elle donnera un cadre juridique adéquat pour autoriser ces expérimentations sur les voies publiques, « après consultation des autorités locales gestionnaires et responsables de la police de ces voies ». L’ordonnance introduira ainsi « la notion d’autorisation de circulation sur la voie publique spécifique à l’expérimentation de véhicule à délégation partielle ou totale de conduite » qui servira de fondation à la construction d’un « cadre réglementaire solide » défini par décret en Conseil d’État, précise le compte-rendu.

Cette ordonnance s’inscrit également dans la feuille de route du plan industriel « véhicule autonome » de la Nouvelle France industrielle « visant à faire de l’industrie française de l’automobile et du transport routier, une des pionnières dans la conception du véhicule autonome pour tous ». L’objectif est d’être reconnu comme « une terre d’expérimentation du véhicule autonome, un centre d’excellence de l’intelligence embarquée et un leader en sécurité des systèmes complexes », soulignent les ministres, qui estiment que le véhicule autonome ouvre des perspectives importantes « en matière de régulation et de sécurisation des trafics, d’optimisation des temps de parcours et de consommation de carburant ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

Tesla: la giga-usine du Nevada est opérationnelle

Cette usine, la plus grande du monde, sera capable de stocker 93 Boeing 747. Et aussi 500 milliards de hamsters a indiqué avec humour Elon Musk. Un septième de la surface future de l’usine est déjà construite et  dès à présent capable de produire des batteries lithium. Cette mise en service a fait l’objet d’une inauguration par Elon Musk et Jeffrey Brian Straubel, dirigeants du groupe :

Tesla vient par ailleurs d’officialiser son rachat de SolarCity pour 2,6 milliards de dollars. L’ingénieur multimilliardaire Elon Musk détient à présent 21,1% de Tesla et 22,5% de SolarCity. Les panneaux solaires seront vendus dans les shops de Tesla. Les voitures de la gamme, 100% électriques, seront ainsi disponibles avec le matériel permettant leur recharge solaire.

La gamme Tesla (S et X) va bientôt s’enrichir de la modèle 3 (un véhicule grand public, à prix relativement abordable, dont plus d’un demi million d’unités ont déjà été réservées), formant ainsi le très marketing mot S3X, le 3 étant l’image du E dans un miroir.

Le groupe a aussi annoncé de nouveaux projets, dont un camion pour le fret et un bus.

Olivier Daniélo

De nouveaux horizons pour les dirigeables

Transporter des charges lourdes ; permettre un accès à internet partout dans le monde ; collecter des données depuis des endroits reculés… Les possibilités d’usage du dirigeable sont nombreuses et intéressent la communauté scientifique tout autant que les industriels des télécommunications, de la sécurité ou de la protection de l’environnement.

Lancée en 2014 avec le programme de réindustrialisation de la France baptisé Nouvelle France Industrielle, la filière « dirigeables et drones civils », doit, selon Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’économie, participer à la « révolution de la mobilité décarbonée ».

Le Stratobus :  un relais pour les satellites

Bien qu’imposant avec ses 50 000 m3, ce dirigeable se veut être une solution durable et efficace en matière de sécurité. Preuve que l’Etat en est convaincu : dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, il vient d’octroyer une aide de 16,6 millions d’euros à Thales Alenia Space pour développer ce dirigeable stratosphérique autonome.

Capable de stationner à 20 km au-dessus de la Terre pendant une année complète grâce à sa motorisation électrique et à l’énergie solaire, il offrira une solution d’appui aux satellites, pour  la surveillance des frontières et des sites sensibles par exemple. Il pourra aussi jouer un rôle dans l’observation des phénomènes naturels. Enfin, ses développeurs comptent également lui trouver des débouchés dans le déploiement d’internet, et notamment de la 5G. Avec une phase d’industrialisation prévue en 2018 et une mise en service espérée pour 2020.

Une filière qui s’organise

La filière industrielle française des dirigeables a intégré le pôle de compétitivité, Safe Cluster, qui regroupe chercheurs et industriels travaillant autour de la sûreté et de la sécurité.  Ce cluster réunit aujourd’hui une communauté de près de 600 membres composée d’entreprises et d’organismes de recherche et de formation, issus majoritairement des secteurs de la sécurité, de la protection environnementale et de l’industrie aéronautique et spatiale. L’avenir des dirigeables est prometteur : le marché accessible aux entreprises françaises est estimé à plus d’un milliard d’euros par an.

3000 emplois d’ici 2030

Depuis quelques mois, la filière s’est installée sous forme d’un « AirShip Village » dans les Bouches-du-Rhône. C’est là que les premiers dirigeables français, version modernisée, devraient être construits. Le site vise 3000 emplois d’ici 2030. En plus du Stratobus, deux autres projets, soutenus par Safe Cluster, devraient rejoindre ce village dédié aux ballons.  Le projet Aerolifter porte sur un dirigeable filoguidé spécialisé dans le travail aérien en zone montagneuse ou pentue en particulier pour le débusquage (retrait, transport et stockage des grumes en exploitation forestière). Sa particularité est qu’il est piloté pour rejoindre sa zone d’opération, puis passe en mode captif filoguidé pour l’opération de débusquage. Les deux versions de l’Aerolifter seront capables de transporter des charges de 2t ou de 4t sur des petites distances de l’ordre de 2 km. Le second projet, DCL60T (dirigeables charges lourdes) est porté par l’entreprise Flying Whales en collaboration notamment avec l’ONERA. Dotés de la flexibilité opérationnelle d’un hélicoptère, ces dirigeables auront un coût d’exploitation à la tonne transportée dix à vingt fois plus faible que ce dernier.

Des projets partout dans le monde

Sur le marché mondial, certains ont déjà pris un peu d’avance. A l’instar de Google qui, depuis trois ans maintenant, teste des ballons Wi-Fi, alimentés à l’énergie solaire et dont le but est d’assurer une couverture internet optimale. Ou encore le projet américain Airlander, finalement récupéré par Hybrid Air Vehicles, une société britannique dont le prototype a été officiellement présenté en mars dernier.

Plusieurs autres projets sont en cours dans le monde. Lokheed Martin au Canada avec ses Hybrid Airships pour le transport de fret ou de personnel des industries minières et dont les premiers vols sont prévus en 2018 pour des livraisons dès 2021. L’entreprise américaine, LTA Aerostructures a, quant à elle, prévu d’investir 350 millions de dollars sur le site de Mirabel (ancien aéroport de  Montréal, désormais réservé au fret) pour construire des dirigeables d’approvisionnement du grand Nord. Premiers vols prototypes prévus pour 2019.

Sophie Hoguin

La profession agricole en proie aux pesticides

La réduction de l’usage des pesticides est le plus souvent pensée pour réduire l’impact environnemental et la contamination des produits finaux par des résidus. La question de la santé des travailleurs occupe une place de dernier plan dans les débats. Les 1.000 pages des 7 volets du nouveau rapport de l’Anses y sont enfin consacrés. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ses conclusions sont alarmistes.

Selon ce nouvel avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), le personnel agricole est trop exposé aux pesticides.

Par pesticides, le rapport englobe un large spectre de produits : les produits phytosanitaires (insecticides, fongicides, herbicides…), les biocides utilisés pour désinfecter les équipements et bâtiments, et certains médicaments vétérinaires utilisés pour lutter contre les parasites externes.

L’agence relève des données « lacunaires », des formations inadéquates, une trop large place données aux port d’équipements de protection individuelle (EPI) pour assurer la protection des travailleurs et un suivi insuffisant de l’ensemble du personnel.

Un manque flagrant de données

Alors que sur une même exploitation, une large gamme de pesticides est utilisée pour traiter les cultures, les animaux, les bâtiments, le matériel… « peu de connaissances existent sur les caractéristiques et les effets potentiels de ces combinaisons », s’alarme l’Anses. L’agence recommande donc de soutenir des études indépendantes sur le terrain pour explorer les effets potentiels d’expositions à une combinaison de pesticides « à l’échelle de l’individu, au cours d’une saison, et au cours d’une carrière professionnelle ». Elle souhaite aussi caractériser les expositions possibles aux différents postes en fonction des filières, des tâches et du profil du travailleur, avec un effort particulier sur les populations sensibles ou vulnérables, telles que les femmes enceintes.

Les données existantes sont « dispersées, sans aucune centralisation de l’ensemble, aussi bien pour les données de pré-homologation que de post-homologation ». Seuls les produits phytosanitaires sont concernés par des projets de suivi réglementaire « post-homologation », et l’Anses juge le suivi actuel « très insuffisant ». L’Anses préconise donc de créer un dispositif de veille public « centralisant et capitalisant les informations scientifiques, techniques et réglementaires sur les expositions pour tous les pesticides ». Par ailleurs, elle propose de développer une veille collaborative internationale pour mieux documenter les différentes expositions, suivant les pratiques agricoles.

La stratégie Ecophyto remise en cause

Certaines stratégies visant à réduire l’usage des pesticides peuvent s’avérer contre-productives. C’est notamment le cas de quelques pratiques présentées comme agro-écologiques, qui peuvent entraîner en réalité une augmentation des expositions professionnelles : techniques sans labour, élevage de grande dimension, fractionnement des doses, substitution des produits…. L’Anses demande de « revoir la stratégie du plan Ecophyto en mettant en oeuvre dès maintenant sans attendre 2020 une réelle politique d’accompagnement des acteurs à la réduction d’utilisation des pesticides : fondée sur la recherche d’une moindre dépendance des systèmes de culture et de production aux pesticides permise par des stratégies de reconception de ces systèmes ».

Dans le cadre du plan Ecophyto II, le conseil est dans les mains des producteurs de pesticides ou des entreprises dont les bénéfices commerciaux sont directement dépendants de l’usage de pesticides, ce qui « soulève la question des conflits d’intérêt dans lesquels s’inscrivent ces prestations », relève l’Anses. Elle recommande d’évaluer les conséquences de ces situations sur la qualité du conseil délivré et de développer des actions de prévention par des organismes indépendants.

Les formations et la prévention des risques nettement insuffisantes

Selon l’Anses, plus d’un million de personnes travaillent régulièrement en agriculture. Si l’agence note déjà une formation insuffisante concernant l’exposition aux pesticides des salariés, celle-ci est quasi-inexistante pour les « plusieurs centaines de milliers de travailleurs non permanents ainsi que plusieurs dizaines de milliers de stagiaires ». L’agence exhorte les pouvoirs publics à agir pour que l’ensemble des travailleurs potentiellement exposés soient effectivement formés, quel que soit leur statut sur une exploitation.

Sur le terrain, la prévention des risques se limite principalement aux comportements individuels : mesures d’hygiène, port des EPI (combinaison, masque et gants) et type de matériel utilisé. Une ineptie, selon l’Anses, pour qui les EPI devraient être le dernier rempart à favoriser, et non le pilier de la formation et du conseil.

Si « des évolutions technologiques du matériel, des équipements de protection, des conditionnements, des formulations sont régulièrement proposées par les fabricants comme des solutions permettant de diminuer les expositions des utilisateurs […], il n’y a pas d’évaluation systématique de la réelle diminution d’exposition individuelle qu’entraînent ces changements », regrette l’agence sanitaire. Elle prône donc la mise en place d’études de terrain indépendantes pour vérifier ces performances et demande de renforcer le contrôle du matériel de pulvérisation.

Les formations doivent inclure « la notion prioritaire de réduction d’usage avant le port des EPI », rappelle l’agence. Elles doivent aussi aborder la question des contaminations indirectes, notamment lors de la réentrée dans les cultures traitées, suite à une pulvérisation de pesticides, ou la manipulation des animaux traités. Il convient par ailleurs de « privilégier les mesures de prévention et de protection générales et ou collectives plutôt que les mesures individuelles ». Le contrôle des pulvérisateurs peut être l’occasion d’une meilleure information sur la question des expositions aux pesticides grâce à la mise en place d’une formation adéquate des utilisateurs.

Enfin, l’Anses souhaite harmoniser les méthodes d’évaluation des expositions dans la procédure d’autorisation de mise sur le marché des trois types de pesticides. L’agence estime que les données d’exposition utilisées dans les modèles d’exposition sont pour la plupart fournies par les industriels. Elle invite à modifier les procédures pour s’assurer que ces modèles incorporent des données  produites par la recherche académique, les données de la statistique publique agricole et les données d’études de terrain.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage

Comment l’intégrité, l’estime, la réalisation de soi, la confiance envers les autres – valeurs essentielles à la vie commune et idéalisées dans les entreprises – peuvent-elles s’exprimer sans un minimum de courage? Le courage, vertu admirée par toutes les civilisations,  c’est cette qualité qui permet de surmonter la peur à travers l’action. Son contraire s’appelle la lâcheté, attitude qui consiste à ne rien faire face à une injustice. La réponse qu’il ou elle déclenche – ou ne déclenche pas-  met tout témoin d’une injustice à rude épreuve. Il/elle est instantanément confronté à une constante existentielle universelle : la responsabilité et son corollaire, la liberté.

Qui n’a jamais été irrité par certains passes droits ou autres avantages arbitrairement accordés par leurs entreprises à quelques privilégiés ?

Imaginez que vous soyez le directeur administratif et financier national d’un grand groupe international. Vous connaissez bien votre métier et vos compétences sont unanimement reconnues. Parmi vos responsabilités, vous avez notamment la charge calculer les bonus annuels et de de contrôler les dépenses professionnelles des cadres commerciaux.

Au début de l’année, à la suite d’un désaccord concernant la manière, pourtant rigoureuse et implacable, avec laquelle vous avez réalisé le calcul de son bonus, un brillant, très-très bien payé et très performant directeur régional est ouvertement entré en conflit avec vous du haut de son ego démesuré.

En manifestant délibérément et bruyamment sa fureur auprès de la direction européenne du groupe, à deux niveaux hiérarchiques au-dessus du vôtre, ce directeur régional rusé a obtenu la révision – en sa faveur – du mode de calcul de sa récente performance commerciale. Son interprétation, plus que fallacieuse, des règles habituelles de calcul en vigueur dans la compagnie, conduisent au doublement de son bonus. Pour dire les choses plus clairement, sa hiérarchie, voulant éviter tout conflit, lui a accordé  un traitement de faveur qui vous révolte et que vous trouvez parfaitement injuste.

Blessé par une sorte de crime de lèse-majesté, et désireux de vous donner une bonne leçon, ce cadre commercial s’est arrangé pour attirer sur vous les foudres de vos hiérarchies locale et européenne. Ce que l’on vous reconnaissait jusqu’alors comme une rigueur et une haute qualité morale et professionnelle vous était maintenant reproché comme étant « une certaine forme d’inflexibilité tatillonne ». Vos responsables prétendument avisés, mais surtout en manque de courage managérial, vont même jusqu’à vous « inviter » à vous engager dans une démarche d’accompagnement personnel pour apprendre à « assouplir vos comportements ».

Consentant à vous remettre en question et, de toute façon, toujours intéressé par le développement de vos compétences relationnelles, vous accueillez favorablement cette invitation à un coaching personnel. En acceptant de vous engager dans cette démarche vous entendez démontrez à votre hiérarchie que vous n’êtes pas cette personne inflexible qu’elle vous reproche. Vous prenez également soin de préciser que votre décision d’engager un travail de développement personnel ne doit en aucun cas être interprétée comme un aveu de culpabilité mais comme une ouverture vers toute nouvelle opportunité de carrière.

Nous sommes aujourd’hui au milieu de cette même année et vous recevez, de ce même directeur régional, une note de frais exorbitante que les standards de l’entreprise ne vous autorisent pas à valider. Compte tenu de son expérience de l’entreprise, il n’y a aucune raison de douter que ce directeur régional ne soit pas parfaitement conscient de l’exubérance de sa note de frais.

Vous êtes particulièrement choqué par le manque d’éthique ainsi que par le mauvais exemple donné par ce directeur. Aucun autre salarié de l’entreprise – quel que soit son niveau hiérarchique – ne vous avait alors jamais mis dans une pareille situation. Vos valeurs personnelles sont rudement mises à l’épreuve : vous trouveriez cela très injuste de lui valider cette note et de devoir faire deux poids deux mesures. Vous ne savez pas « être politique » (traduction : cela n’a pas de sens pour vous d’adopter des comportements « hypocrites » visant à préserver votre pouvoir dans l’entreprise).

Qu’allez-vous faire ?

  • Votre devise est « Fais ce que dois, advienne que pourra ». Par éthique et rigueur professionnelle, vous rejetez sa note de frais.
  • Vous transmettez sa note de frais à votre hiérarchie car vous ne vous sentez pas assuré de son soutien si vous deviez, en l’espèce, exercer vos responsabilités de contrôle des dépenses.
  • Vous validez sa note de frais pour éviter le risque de perdre un nouveau conflit. A quoi bon respecter des règles que vos hiérarchies détournent au gré des circonstances ?

N’hésitez pas à nous donner votre avis via le post d’un commentaire dans la zone prévue à cet effet à la suite de l’article . Racontez-nous également vos propres expériences analogues.

Par Dino Ragazzo

12 expériences de management réelles

  1. Expérience #1 : « Je ne vaux plus rien »
  2. Expérience #2 : « Je sais ! Je sais ! Du savoir à la compétence »
  3. Expérience#3: « ça ne marche pas« 
  4. Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !
  5. Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage
  6. Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers
  7. Expérience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus
  8. Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

9ème édition des Rendez-vous Carnot : l’évènement incontournable de la R&D pour les entreprises

Depuis 8 ans, les Rendez-vous Carnot sont l’occasion de rencontres entre porteurs de projets d’innovations issus d’ETI, PME et très grandes entreprises et acteurs de la recherche. Au travers de rendez-vous d’affaires, cet évènement permet aux entreprises de trouver une réponse à leur besoin d’innovation, en rencontrant des partenaires R&D capables de soutenir leur projet.

Lieu de rencontre majeur pour l’innovation, les Rendez-vous Carnot ont réuni plus de 2 500 participants et permis 9 200 rendez-vous d’affaires en 2015. 94% des participants ont identifié de nouveaux partenaires R&D lors de cette édition et 96% des visiteurs se sont déclarés satisfaits de la qualité de leurs rendez-vous.

Cet évènement prolonge l’action menée toute l’année par le réseau des instituts Carnot (structures de recherche publique développant la recherche partenariale) en direction du monde industriel et des entreprises.

Les acteurs majeurs de la R&D présents aux Rendez-vous Carnot

Les 34 instituts Carnot seront présents, tout comme l’étaient en 2015 des SRC (Sociétés de Recherche Contractuelle), des CTI (Centres Techniques Industriels), des Pôles de compétitivité et clusters, des sociétés agréées CIR, des laboratoires de recherche et structures de transfert nationaux (Universités de Lyon, des SATT – Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies, CNRS FIST…) et internationaux (Centre spatial de Liège, ESA …).

Des structures de soutien et d’accompagnement à la recherche partenariale et à l’innovation seront également présentes : L’ANRT pour le dispositif CIFRE, l’INPI pour la propriété intellectuelle, Bpifrance, l’ADEME, l’ARDI, le MENESR et des membres du Point de Contact National PME pour faire connaître les différentes opportunités de financement proposées aux PME dans le cadre d’Horizon 2020.

7 conférences techniques en partenariat avec Techniques de l’Ingénieur

Partenaire des Rendez-vous Carnot, Techniques de l’Ingénieur sera présent lors de l’évènement. L’occasion pour vous de rencontrer l’équipe !

En partenariat avec Techniques de l’Ingénieur, les Rendez-vous Carnot proposeront 7 conférences techniques traitant de sujets au cœur des préoccupations des industriels.

Animée par des spécialistes de grands secteurs, chaque conférence permettra de cerner les enjeux aussi bien technologiques que socio-économiques. Elles offriront des retours d’expérience et réalisations concrètes issues de partenariats public/privé de recherche et d’innovation.

Les conférences au programme de cette édition :

  • La gazéification des déchets : les enjeux industriels et technologiques – Application au cas des Combustibles Solides de récupération (CSR) ;
  • Les énergies marines renouvelables, small is beautiful : quels équipements pour convertir cette énergie au plus près du client final ?
  • Technologies douces pour la transformation des fruits et légumes : développements (bio)technologiques améliorant l’arôme des produits à base de fruits
  • Cybersécurité : cryptographie, méthodes formelles et sécurité des applications peuvent-elles être réunies ?
  • Big Data au service d’une entreprise d’assurance santé : comment l’approche Big Data permet d’améliorer les process
  • La Fabrication Additive dans les PME : de la conception au contrôle, une alliance Carnot pour la production industrielle
  • Imagerie et robotique appliquées à l’urologie  – Cancer de la prostate : Aide au diagnostic et au traitement ciblé 

Quand ?

Mercredi 5 et jeudi 6 octobre 2016

Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !

La frustration provoquée par la confrontation plus ou moins patente avec sa propre défaillance peut devenir insoutenable pour ceux qui ne sont pas capables d’assumer la réalité de la condition humaine. Pour tempérer les effets de cette confrontation, nous mettons souvent en œuvre les parades suivantes :

  • Le déni de ses propres limites et de ses imperfections (mégalomanie, mépris des autres, préjugés, fatuité…)
  • La recherche de certitudes totales, de compréhension absolue, d’infaillibilité.
  • Le développement de relations arrogantes avec autrui.
  • Le développement d’un mode de pensée « vertical »

François, talentueux chef d’entreprise, vient d’acquérir une entreprise concurrente en difficulté. Pour assurer la production d’un des ateliers, il promeut Philippe – dont il apprécie les compétences techniques- au poste de manager d’une équipe de 20 salariés spécialisés.

Pour se faire accepter dans ses nouvelles fonctions- Philippe fait le dos rond et évite toute confrontation avec ses collaborateurs. François lui reproche fréquemment de se comporter comme un responsable syndical. Philippe ne manque alors jamais de rappeler que ce n’est pas lui qui a brigué ces responsabilités et que si François  n’est pas satisfait, il peut toujours le réinstaller dans ses anciennes fonctions non managériales.

En l’absence de solutions alternatives, François avait « énergiquement » insisté pour que Philippe  accepte cette fonction de manager ne tenant aucun compte de ses fortes réticences. Ce dernier redoutait, en effet, une crise désagréable dans sa relation avec ses anciens collègues et notamment avec ceux qui s’estimaient plus légitimes pour ce poste.

« On naît manager ou on ne l’est pas » c’est l’un des credo de François qui considère que Philippe n’a pas l’étoffe d’un manager. Pour développer néanmoins ses compétences managériales, ce chef d’entreprise me demande de l’aider à affermir l’autorité de son chef d’atelier.

Malheureusement, pendant ce travail, Philippe doit faire face à une épreuve supplémentaire : sa compagne, avec qui il a partagé sa vie pendant  12 années, semble vouloir s’éloigner sans vraiment oser le dire. Philippe la soupçonne (l’avenir lui montrera qu’il avait raison) de vouloir le quitter pour aller vivre avec son meilleur ami.

Le travail de coaching incorpore cette épreuve supplémentaire pour aider Philippe à se reconstruire personnellement, tout en prenant sa place de manager au sein de l’équipe de 20 ouvriers spécialisés que François  lui a confiée.

Comme il le redoutait, ces collaborateurs sont très vindicatifs notamment au sujet des rabotages de salaires qui ont été décidés suite au rachat de l’entreprise. Pour réussir sa mission, Philippe, sait qu’il doit apaiser le climat social au sein de son unité. Responsable pragmatique, Philippe envisage de stimuler la motivation de ses gars en leur proposant d’installer un système de rémunération variable assise sur la productivité de l’unité. Avec ce projet, Philippe souhaite également témoigner sa reconnaissance à François  pour lui avoir offert le soutien d’un coach.

Rappelons que Philippe ne reçoit ni d’objectifs de production ni de productivité de la part de sa direction. Tout ce qui lui est demandé c’est d’optimiser l’usage des ressources qui lui sont confiées pour sortir le maximum de commandes dans un minimum de temps et avec un optimum de qualité.

Contre toute attente, François  rejette la proposition de Philippe, prétextant qu’elle cède aux revendications des salariés, que la démarche de Philippe ressemble à celle d’un représentant syndical, et que « Philippe répète ce qu’il a appris avec son coach mais que ça ne vient pas de lui ».

Prisonnier de ses certitudes, François privilégie une réponse émotionnelle à une réponse stratégique. Au lieu de stimuler l’initiative de son cadre reconnaissant et bénéficier –sans coûts supplémentaires- d’une potentielle amélioration de la productivité, François choisit de s’opposer de manière épidermique à l’initiative de Philippe. En réponse, il exige maintenant que son chef d’atelier améliore la productivité en préalable à toute négociation concernant un système de primes de productivité assise sur la performance.

N’obtenant pas l’appui de François, Philippe décide de ne pas entreprendre le projet et de ne pas en parler à ses collègues…auprès desquels il vient pourtant – par sa nouvelle approche managériale – de gagner en estime et en respect.

En tant que chef d’entreprise comment auriez- vous accueilli l’initiative de Philippe ?

  1. Vous avez acquis la certitude que Philippe n’avait pas l’étoffe d’un manager ; vous faites donc comme François et vous le renvoyez gentiment dans ses pénates en lui faisant comprendre qu’il n’a rien compris.
  2. Vous sautez sur l’opportunité offerte par l’initiative de Philippe pour contribuer de manière constructive à la mise en place d’un projet qui convienne aux deux parties.
  3. Vous embauchez un nouveau collaborateur, plus qualifié, vous lui confiez le management de cet atelier et vous réintégrez Philippe dans ses anciennes fonctions non managériales car son initiative vous conforte dans votre conviction initiale : « Philippe n’a pas l’étoffe d’un manager ».
  4. Vous vous remettez en question et vous vous demandez ce que vous pouvez changer dans votre propre façon de manager Philippe qui puisse favoriser le développement de ses compétences managériales.

N’hésitez pas à nous donner votre avis via le post d’un commentaire dans la zone prévue à cet effet à la suite de l’article . Racontez-nous également vos propres expériences analogues.

Dino Ragazzo

12 expériences de management réelles

  1. Expérience #1 : « Je ne vaux plus rien »
  2. Expérience #2 : « Je sais ! Je sais ! Du savoir à la compétence »
  3. Expérience#3: « ça ne marche pas« 
  4. Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !
  5. Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage
  6. Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers
  7. Expérience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus
  8. Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

Puces photoniques et bandes magnétiques : vers un stockage éternel

L’ADN et le quartz ne sont pas les seuls matériaux à même de nous permettre de stocker nos données sur le long terme. Les puces photoniques et les bonnes vieilles bandes magnétiques aussi.

Des puces photoniques

(University of Oxford)
(University of Oxford)

Grâce à la lumière, plus précisément aux photons, des chercheurs d’Oxford ont réussi à augmenter la capacité et la durée de stockage d’une puce. Leur puce photonique, toujours en cours de conception, est faite d’un matériau présent dans les DVD réinscriptibles –  le GST (germanium-antimony-tellurium), ‎une fine couche d’alliage de germanium, d’antimoine et de tellure.

Concrètement, elle utilise des photons pour stocker des données de manière permanente : les photons permettent de déplacer les données à une vitesse très rapide, car en voyageant à la vitesse de la lumière, ces derniers ne “s’entrechoquent” pas comme les électrons… permettant un transfert quasi-instantané, et rendant la puce quasiment immortelle.

Les bandes magnétiques

Tapesticker

Mais un support de stockage bien plus ancien reste plus que jamais d’actualité pour stocker nos données pendant très longtemps : les bandes magnétiques, qui étaient déjà utilisées par les premiers ordinateurs, dans les années 1950. Conservées correctement, elles peuvent durer jusqu’à 60 ans – contre 5 à 10 ans, en moyenne, pour nos DVD et disques durs externes.

Au CERN, les chercheurs archivent ainsi, sur le long terme, leurs données dans des cartouches contenant des bandes magnétiques, que des unités robotisées récupèrent lorsque les scientifiques ont besoin d’une information précise. Plus de 50.000 bandes magnétiques, gérées par des robots, servent ainsi de support d’archivage aux données (480 millions de fichiers) du LHC, le “Grand collisionneur de hadrons” du CERN.

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(centre de stockage du CERN)

Selon Fréderic Hemmer, chef du département des technologies de l’information du CERN, pas question de changer de support de stockage : “la fiabilité des bandes magnétiques est 1000 fois meilleure que les disques, et les données peuvent toujours être récupérées, même quand les bandes sont endommagées”.

La densité de stockage des bandes magnétiques reste particulièrement intéressante : ainsi, les bandes dernière génération peuvent contenir en moyenne jusqu’à 50 teraoctets. Le record revient à Sony, qui a conçu une “super cassette” d’une capacité de stockage de 185 teraoctets, grâce au dépôt de particules magnétiques par pulvérisation sur des films polymères.

A l’échelle nanométrique, la technologie de Sony permet ainsi de poser des couches de cristaux magnétiques sur la bande, des nanograins, pour assembler un nombre colossal de particules dans un espace très restreint.

Fabien Soyez

Le darkweb, entre phantasme et réalité

Il y a quelques jours, le magazine Valeurs Actuelles démontrait qu’il était simple d’acheter de la drogue sur le darkweb. Immédiatement, le député Bernard Debré avait demandé une mission d’information parlementaire pour lutter contre ce nouveau fléau.

Toujours à la Une des médias, des articles révélaient que les données de millions d’assurés médicaux américains, mais aussi des identifiants de comptes LinkedIn et MySpace, étaient en vente sur le darkweb.

Mais le darkweb, c’est quoi ? Appelé aussi darknet, il s’agit d’un réseau de sites décentralisés qui ne sont pas référencés par les moteurs de recherche. L’internaute peut passer d’un site à un autre, mais à condition de connaître précisément les adresses des sites qu’il souhaite consulter en passant par un réseau spécifique, TOR. Acronyme de The Onion Router (le routage en oignon : c’est-à-dire en couche comme les oignons), il désigne un réseau informatique décentralisé permettant l’anonymat des clients, reposant sur des serveurs spécifiques appelés « nœuds ».

Le principal intérêt de TOR est qu’il brouille l’adresse IP de l’utilisateur. Sa connexion passe un peu partout sur Internet avant d’atteindre sa cible, comme dans un jeu de flipper à grande vitesse.

Une fois sur le darkweb, on peut consulter quelques sites militants : hacktivistes, anarchistes, féministes, antiracistes, altermondialistes, etc. Mais la moitié des sites présents sur ce web obscure contiennent des contenus illicites, selon une étude portant sur 13 000 sites et réalisée par Darksum, une entreprise spécialisée dans la surveillance du darknet.

Il y a aussi des sites très connus, tels que Wikipedia, Facebook ou encore le moteur de recherche anonyme DuckDuckGo. Ils disposent d’une adresse URL un peu spéciale (pour DuckDuckGo, il s’agit de : http://3g2upl4pq6kufc4m.onion/) dans le darknet afin de ne pas être repérés par des États pratiquant la censure en surveillant en permanence les adresses IP et les noms de domaine.

Car le darkweb n’est pas uniquement une Cour des Miracles. C’est aussi un réseau permettant à des dissidents, des ONG et des journalistes d’échanger des informations sans être identifiés.

Mais, quel que soit l’intérêt du darknet, il faut relativiser son impact. Publiée en avril dernier, une étude de Thomas Rid et Danny Moore, respectivement professeur et thésard en cybersécurité au département de la guerre du King’s College London, indique que la majorité des sites (plus de 2000) avec une adresse en .onion sont inactifs ou inaccessibles…

Philippe Richard

Les impacts de l’automatisation croissante

La révolution numérique, facteur de croissance et d’emplois ? Tour à tour, deux études européennes ont tenté de mesurer son impact. Avec une question majeure : les robots et autres machines menacent-ils les emplois comme l’affirmait, en 2013, une étude de Carl Benedikt Frey et Michael Osborne ? Ces deux chercheurs américains concluaient que 47 % des emplois aux États-Unis étaient automatisables ou le seraient d’ici à dix ou vingt ans.

Cette perspective s’appliquera-t-elle également au Vieux continent ? Pas dans les mêmes proportions selon deux organismes européens. « Nous avons mesuré que 9 % des emplois des pays de l’OCDE présentent au moins 70 % de tâches automatisables et sont à ce titre menacés. S’ajoutent 20 % de postes présentant 50 à 70 % de tâches automatisables », prévient Stefano Scarpetta, directeur de la Direction emploi, travail et affaires sociales de l’OCDE.

De son côté, France Stratégie évalue à 15 % les emplois hexagonaux (3,4 millions de postes) qui seraient « automatisables ». Ce think tank rattaché au Premier ministre français tient à préciser que « la révolution numérique détruit certains emplois, mais surtout elle transforme les métiers ».

Les conclusions des deux études européennes divergent donc de celle des Américains, car elles ne s’appuient pas sur la même définition de l’automatisation. Dès lors que le travailleur a une marge de manœuvre dans la façon de mettre en œuvre les consignes pour obtenir un résultat optimal, France Stratégie estime que le salarié sera difficilement remplacé par un automate. Et le risque de substitution est encore plus faible s’il y a de l’émotion. Le robot peine selon le think tank. Avec cette approche, seulement « 15 % des salariés occupent des emplois potentiellement automatisables », tandis que, calcule l’auteur, le nombre d’emplois difficilement automatisables a progressé de 33 % entre 1998 et 2011. De leur côté, les deux scientifiques américains raisonnaient par profession automatisable, chacune vue comme un tout uniforme.

Néanmoins, une étude de l’OCDE constate que l’automatisation croissante a entraîné une chute de la demande de travailleurs aux compétences intermédiaires depuis quinze ans. Les emplois se concentrent de plus en plus sur les postes les plus qualifiés. Depuis 1980, le nombre d’ingénieurs et cadre de l’informatique et des télécoms croît régulièrement alors que la chute du nombre de postes de secrétaires date des années 90. Les cinq secteurs qui recrutent le plus des métiers du numérique selon l’Observatoire sont le conseil en systèmes et logiciels (19,5 %), les activités des agences de travail temporaire, hors branche « numérique » (13,7 %), le conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (9,9 %), la programmation informatique (4,4 %) et l’ingénierie (3,4 %).

« Le véritable enjeu, ce n’est pas tant la disparition du travail que sa transformation et sa polarisation », précise Stefano Scarpetta. Cette évolution passe notamment par la formation. Un domaine très en retard. « Un adulte sur cinq âgé de 26 à 35 ans a un niveau d’éducation moins élevé que ses parents », rappelle Gabriela Ramos, conseillère spéciale du secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria. Ce même organisme indique que « 55 % des salariés de 22 pays de l’Organisation ne disposent pas des compétences élémentaires de résolution des problèmes dans des environnements à forte composante technologique ». Cruel constat, le numérique embauche en France, mais le pays manque de compétences dans ce secteur et les formations ne sont pas adaptées aux besoins des organisations. C’est l’une des conclusions d’un rapport rendu en février dernier et commandité par les ministères de l’Éducation nationale, du travail, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Philippe Richard

Les jeux vidéo s’invitent dans la compétition

Au seul mois de Juillet, plusieurs compétitions de jeux vidéo se sont déroulées en France. Il y a notamment eu la première édition en ligne de la compétition gaming européenne étudiante, l’University eSports Masters, sur Counter Strike : League of Legends. Mais aussi les finales Counter Strike : Global offensive et League of Legends du Championnat National ESL à Poitiers, la Breaking-LAN du Futuroscope sur Counter Stike et Overwatch… et le Hearthstone Festival sur le jeu éponyme à Lille.

Si la France s’est déjà lancé de plain-pied dans l’organisation de tels événements, leur cadre légal n’est pas encore défini. Bien que tolérés, ils sont encore assimilés à des loteries ou des jeux de hasards et donc, en théorie, illégaux. Le projet de loi pour une République numérique, examiné en première lecture à l’Assemblée nationale en janvier 2016 puis au Sénat début mai 2016 vise notamment à remédier à cette situation en créant un nouveau statut pour les compétitions de jeux vidéo. En sortie de commission mixte paritaire fin juin 2016, l’article 42  prévoit qu’« une compétition de jeux vidéo confronte, à partir d’un jeu vidéo, au moins deux joueurs ou équipes de joueurs pour un score ou une victoire », mais « n’inclut pas l’organisation d’une prise de paris ».

L’article 42 bis A du projet de loi prévoit la création d’un contrat de travail spécifique au joueur professionnel de jeux vidéo. Ce statut sera un CDD d’un an minimum et de cinq ans maximum, inspiré de celui utilisé dans le sport de haut niveau. Selon la secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, la France compte 200 joueurs professionnels gagnant leur vie grâce aux compétitions, et plus de 500.000 personnes participent régulièrement à de tels tournois. Le cabinet d’audit Deloitte évalue à 500 millions de dollars (environ 453 millions d’euros) le marché mondial de l’e-sport en 2016, contre 400 millions en 2015.

Digne d’un vrai sport ?

L’e-sport est un sport à part entière : joueurs, équipes, entraîneurs, agents et même sponsors se retrouvent dans les grandes compétitions. Celles-ci sont organisées selon des calendriers précis, à l’instar des grands championnats, et sont commentées par des experts vedettes du milieu. Les joueurs peuvent gagner des centaines de milliers d’euros chaque année en participant aux compétitions mondiales.

Comme les athlètes de haut-niveau, ces joueurs ont leurs blessures. Une étude parue fin 2014 dans le British Medical Journal recense pas moins de 39 blessures diverses liées à la seule Wii ! Par ailleurs, pour son tournoi prévu à Cologne en août 2015, l’Electronic Sports League (ESL) a annoncé des contrôles antidopage pour détecter les possibles médicaments pris par les joueurs pour améliorer leurs performances et concentration. Signe qu’il s’agit désormais d’un vrai sport !

Des compétitions de plus en plus médiatisées

Tous les grands jeux ont leurs compétitions annuelles : Fifa, World of Tanks, Starcraft II, Counter Strike, Hearthstone, Super Mario Kart, Call of duty… The International 2016 est le plus grand tournoi e-sport de l’année, sur le jeu Dota 2. Prenant place à Seattle, les 16 équipes qualifiées recevront plus de 18 millions de dollars !

Les joueurs s’affrontent en ligne, dans des théâtres ou des stades. La finale du championnat du monde 2015 de League of Legends a attiré 17  000 spectateurs à la Mercedes-Benz Arena à Berlin et 36 millions de spectateurs devant sa retransmission en live sur internet. Devant un tel intérêt, la plateforme de streaming Twitch qui retransmet ces compétitions, a été rachetée par Amazon en 2014 pour 970 millions de dollars.

L’« e-sport » fait désormais ses premiers pas à la télévision française. A la rentrée 2015, la chaîne TNT gratuite, L’Équipe 21, a diffusé la finale de la Coupe du Monde ESWC FIFA 16 (l’« Electronic Sports World Cup »). Elle a ensuite diffusé son propre championnat de France du jeu FIFA 16 « E-Football League », du 19 janvier au 3 juin 2016. Alors, ça vous tente ?

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

SUB 2 : courir un marathon en moins de 2h

Les sportifs vous le diront, les records sont faits pour être battus. L’histoire ne les fait pas mentir. En 1896, le record du marathon était de 2h58’5s. Au début du 20e siècle, l’entraînement des athlètes se professionnalise et les records tombent peu à peu : la meilleure performance mondiale passe sous la barre des 2h30, grâce à l’Américain Albert Michelsen en 1925. Pour passer sous la barre des 2h20, il faudra attendre 28 ans (1953) et la performance de Jim Peters qui court en 2h18’41s . La barre des 2h10′ est passée 14 ans plus tard, en 1967, grâce à Derek Clayton, à 2h9’37s.

Les records tombent encore, année après année, mais gagner encore 10 minutes ne semble pas être si aisé. Passer de 2h09 sous la barre des 2h08 aura pris 18 ans. 3 ans pour passer sous la barre des 2h07, 11 ans sous 2h06, 4 ans sous 2h05, 5 ans sous 2h04 et 6 ans sous 2h03. En extrapolant ces données, les observateurs prédisent que le premier marathon couru en moins de 2h ne devrait pas survenir avant 2028.

Le dernier record en date remonte à  septembre 2014. Détenu par le Kenyan Dennis Kimetto à Berlin, le chrono est à 2h02 et 57 secondes. Soit 26 secondes de moins que le précédent record de 2013, lui même ayant battu le record de 2012 de 15 secondes.

La science pour gagner encore 2’58s

Yannis Pitsladis, membre de la commission Médicale et Scientifique du comité international olympique, est à la recherche de l’athlète qui pourra réaliser la prouesse d’un chrono sous les 2 heures. Soit 2’58s de moins que le record actuel ! Sans dopage, mais grâce à la science, la médecine et la technologie.

Pour venir à bout des 42,195 kilomètres, son marathonien devra courir en moyenne à près de 21,1 km/h. Autrement dit, parcourir chaque kilomètre en deux minutes et cinquante secondes.

Pour parvenir à cette prouesse, Yannis Pitsladis souhaite s’entourer d’experts spécialistes de domaines multiples : nutrition, bioénergie, biomécanique, génétique, entraînement physique, efficacité et stratégie de course, médecine du sport, physiothérapie, développement de nouveaux textiles, utilisation de données et des satellites…

Nutrition, endurance, génétique et autres recherches

Pour obtenir son marathonien « parfait », Yannis Pitsladis s’intéresse au régime alimentaire quotidien, post-entraînement et pré-course (notamment concernant les substrats énergétiques – protéines, glucides), ainsi que le timing optimal pour le suivre. Le professeur veut également étudier les stratégies d’apport en liquides et glucides durant la course. Et les adapter en fonction des conditions thermiques ambiantes, suivies en temps réel par satellites et par capteurs au sol.

Concernant l’endurance, il étudiera le taux maximum d’oxygène (VO2 max) qu’un athlète peut envoyer à ses muscles durant l’effort et le taux de VO2 max qu’il peut maintenir sans trop puiser dans ses réserves. Il explorera l’influence de la taille et des particularités physiques des coureurs, modélisera la mécanique de course et les forces avec lesquelles ils battent le pavé… Pour apprendre à réguler sa température lors de l’effort et améliorer l’économie de course, c’est-à-dire optimiser l’énergie nécessaire pour courir.

Par ailleurs, il s’intéressera aux technologies « omiques » – génomique, transcriptomique, métabolomique, protéomique et épigénomique – notamment pour déterminer les influences génétiques sur la performance sportive et les prédispositions aux blessures. Les résultats permettront de concevoir un programme d’entraînement personnalisé basé sur la réponse des bio-marqueurs du coureur.

Pour passer la barre des 2h, le parcours et les conditions météorologiques devront être optimales. Ce record sera certainement obtenu à Berlin, au regard des six derniers records du monde enregistrés depuis 2003, tous dans la capitale allemande. Sur ce parcours très plat, il ne devra pas y avoir de vent et des températures proches des 15° C.

A la veille des JO de Rio, Yannis Pitsiladis est toujours à la recherche de 30 millions de dollars pour lancer concrètement SUB 2.

Pour information, voici l’évolution des records du monde de la distance depuis 1896.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Natation : des capteurs pour décrocher l’or

En natation, la forme du geste et la technicité de celui-ci sont tout aussi importants que la force nécessaire pour l’effectuer. Pour comprendre avec précision comment ces derniers sont effectués par les athlètes de haut niveau, des ingénieurs de BMW se sont associés à Nathan Adrian, trois fois médaillé d’or en sprint nage libre.

« Jusqu’à présent, on comptait sur l’œil averti du coach pour corriger nos mouvements et ajuster l’entraînement, explique Nathan Adrian dans l’article consacré à cette expérience et publié dans Popular Science. Désormais, l’analyse de vidéos est devenue un outil indispensable et je m’entraîne avec des capteurs sur le corps. »

De l’automobile au bassin

Les ingénieurs ont contribué à optimiser l’appareillage (capteurs, vidéos, logiciel) en travaillant sur sa portabilité. L’outil tient dans une valise et est exclusivement développé pour l’équipe de natation des États-Unis. Habituellement, ces spécialistes de la prévention des accidents automobiles veillent à améliorer les systèmes de sécurité embarqués dans les véhicules du groupe BMW. C’est donc une collaboration d’un nouveau genre à laquelle ils participent : programmer un logiciel qui va traquer, avec une grande précision, le moindre mouvement des champions.

Un algorithme pour l’occasion

Concrètement, des électrodes positionnées sur le corps de Nathan Adrian enregistraient les données lorsqu’il nageait, associées à une capture vidéo haute vitesse. Ces dernières étaient interprétées par un algorithme spécialement conçu pour l’occasion. « Enregistrer et traduire ces données étaient un exploit pour l’équipe composée d’ingénieurs, de designers et de programmeurs, raconte Peter Falt, directeur consultant chez BMW en Californie. Cela leur a permis de travailler dans des conditions difficiles et inhabituelles : capter des mouvements très rapides exécutés sous l’eau. »

Un entraînement high-tech et sur-mesure

Les données ont ainsi été interprétées en 2D et ont permis de disséquer les mouvements jusqu’à révéler une éventuelle courbure imparfaite des orteils d’un nageur. Pour les participants, ils obtiennent un décryptage à un niveau insoupçonné. Le pied du nageur n’a ainsi plus aucun secret. Et l’équipe de natation américaine peut ainsi améliorer ses entraînements tant au niveau de l’intensité que de l’efficacité.

Focus sur le « dolphin kick »

Les analyses ont surtout permis de perfectionner le « dolphin kick », l’ondulation sous l’eau exécutée au départ de la course ou lors de la bascule en bout de couloir. Maintenant, les entraîneurs peuvent modéliser le « dolphin kick » notamment lorsqu’il est parfaitement exécuté par Nathan Adrian pour ensuite enseigner la technique en détails avec images à l’appui aux autres membres de l’équipe. « Cette technologie me permet de voir concrètement les différences d’angle de ma colonne vertébrale, précise le champion. Je peux ainsi comparer mes mouvements à ceux de mes adversaires. »

Pour les entraîneurs, l’outil est un atout majeur : il offre un système d’évaluation précis de la performance de chaque athlète. Les séances peuvent être ciblées selon les besoins de chacun et une stratégie peut être mise en place pour tenter de battre des records. L’équipe souhaiterait, dans un avenir plus ou moins proche, une technologie en temps réel qui filmerait, enregistrerait et analyserait les données et les enverrait sur une tablette en simultané du nageur qui nage dans le bassin, permettant à l’entraîneur de corriger les mouvements en direct.

Sophie Hoguin

Porter des baskets peut entraver la course à pied

Les adeptes du « barefoot running », littéralement la course à pieds nus, vont se réjouir de la nouvelle : une récente étude montre que le pied contenu dans une chaussure perd de son effet ressort lors d’un footing. Cependant, les scientifiques sont plus nuancés quant aux bénéfices d’une pratique au détriment de l’autre et leur étude révèle également que les muscles travaillent davantage lorsque les pieds sont chaussés.

Seize cobayes sur tapis

Pour arriver à une telle conclusion, les chercheurs de l’université du Queensland, en Australie, ont comparé la foulée sur un tapis de course de 16 personnes, tantôt chaussées, tantôt pieds nus. En plaçant des électrodes sur les pieds et les jambes des sujets, ils ont pu mesurer différents indicateurs comme la contraction musculaire, l’amplitude de la voûte plantaire, l’angle de la cheville, etc.

Une sur-sollicitation des muscles

Même s’il paraît évident que les chaussures influencent la fonction mécanique du pied, les résultats observés ont néanmoins permis d’infirmer l’hypothèse selon laquelle les muscles du pied seraient moins sollicités, donc plus « fainéants » dans une chaussure. Au contraire. « Nous avons observé une augmentation de la contraction des muscles intrinsèques du pied lors de l’exécution d’une foulée avec des chaussures, renseignent les scientifiques. Parallèlement, nous avons aussi constaté une réduction de la compression du pied. » Autrement dit, une plus faible restitution de l’énergie emmagasinée par le pied, donc un effet ressort amoindri, contrairement aux mêmes gestes effectués pieds nus.

Chaussures minimalistes : une mode ?

Dernièrement, on a même vu une alternative se développer : les chaussures minimalistes. A cheval entre les pieds nus et les chaussures de course, elles disposent d’une très fine semelle souple, sans rehaussement au niveau du talon, ressemblant davantage à une paire de chaussettes et qui permettraient selon les pratiquants de retrouver la sensation de la course à pieds nus en diminuant l’amorti. Ainsi, on serait plus « connecté » au sol et on se rapprocherait de la course de nos ancêtres. Mais attention, quel que soit le choix, pieds nus ou chaussures minimalistes, les sensations sont différentes et la pose du pied requiert une certaine technicité.

Un débat encore discuté

Certains scientifiques spécialisés en biomécanique et en évolution préconisent ce type de course, arguant un nombre de blessures plus élevés à long terme chez les coureurs chaussés. C’est le cas du Dr Daniel Lieberman, professeur en évolution humaine à l’université de Harvard, aux Etats-Unis, qui tient même un blog sur le sujet. Mais des podologues s’insurgent dénonçant un effet de mode et pointant de nombreux risques possibles de blessures pour les coureurs nus pieds. Cette étude apporte des données supplémentaires mais ne tranche pas le débat.

Les industriels continuent de chercher

En attendant, ingénieurs et industriels réfléchissent à la « basket » du futur, celle qui améliorerait les performances voire même qui transformerait un débutant en professionnel. Pour l’heure, les records s’obtiennent en grande majorité par des athlètes chaussés. On se souvient néanmoins de Zola Budd, coureuse de fond sud-africaine qui pulvérisa les records du monde dans les années 1980 en courant pieds nus. Ou encore du marathonien éthiopien, Abebe Bikila, dans les années 1960, qui fit plusieurs fois sensation, toujours sans chaussures.

Sophie Hoguin

Les capteurs de Mac Lloyd scrutent les performances des sportifs

Qu’ils soient rugbymen, footballeurs ou basketteurs, les sportifs professionnels consentent maintenant à s’alourdir de quelques dizaines de grammes, dans l’espoir d’améliorer leurs performances individuelles et de préserver leur santé. Ils portent ainsi des capteurs qui mesurent leurs paramètres physiques – position, accélération… – et physiologiques – rythme cardiaque, fréquence respiratoire… – et qui les transmettent à des logiciels d’analyse. La microélectronique et l’informatique sont devenues des «assistants coachs» presque indispensables pour augmenter les chances d’aller chercher la victoire.

Mac Lloyd, start-up française comme son nom ne le suggère pas, est fournisseur de telles solutions depuis 2013, date de sa création. Par passion, et aussi par opportunisme. «Nous avons rencontré de manière fortuite un membre de l’encadrement de l’équipe de France de football, se rappelle Emmanuel de La Tour, directeur général et cofondateur de Mac Lloyd. Selon cette personne, beaucoup de choses restaient à accomplir. Grâce à son carnet d’adresses, nous avons pu discuter des besoins avec des professionnels. Notre approche, c’était l’analyse des données. Mais nous nous sommes aperçus qu’il y avait peu de données exploitables. D’où l’idée de concevoir un capteur qui produit ces données.»

GPS et accéléromètre

Ce concept avait émergé quelques années auparavant. «En Australie, les équipes de foot et de rugby ont commencé à s’équiper vers la fin des années 2000, précise Emmanuel de La Tour. Ce pays a été le berceau de ces technologies et, du reste, le leader mondial, Catapult, est australien.» Mac Lloyd, dont le procédé vise essentiellement les sports collectifs, s’est tournée d’abord vers le marché intérieur mais ses ambitions vont au-delà. «Nous équipons par exemple plus de la moitié des clubs du Top 14 (l’élite du championnat français de rugby, NDLR), enchaîne-t-il. Mais avec l’aide de notre dernière levée de fond d’un million d’euros, nous comptons nous développer à l’étranger.»

Le système de Mac Lloyd peut être loué 30 000 €/an ou acheté, entre 50 000 et 100 000 €. Il fonctionne sur la base d’un petit boîtier, d’un textile, d’une antenne mobile et d’un logiciel. «Le capteur ne pèse qu’une quarantaine de grammes et c’est le plus petit du marché, décrit Emmanuel de La Tour. Le confort, quand ce capteur est porté en match, est en effet un enjeu important. Ce boîtier, qui bénéficie d’une autonomie de 8 heures, renferme un récepteur GPS/Glonass et un accéléromètre à 9 axes. Les données du GPS et celles de l’accéléromètre sont croisées afin d’améliorer la précision de la localisation, de l’ordre de quelques dizaines de centimètres. De nombreuses autres informations sont déduites, comme la durée des appuis au sol, les déséquilibres… L’objectif est autant d’améliorer les performances que de prévenir les risques de blessure.»

Mille données par seconde et par joueur

Ce capteur, logé entre les épaules de l’athlète, se glisse dans un textile lui aussi high tech. «Celui-ci mesure les battements de cœur, l’état de stress, de fatigue… Plus tard, il pourra détecter la transpiration grâce à l’ajout de composants adaptés, de moins en moins chers, poursuit Emmanuel de La Tour. L’antenne réceptionne les données sur les bandes de fréquence libre 868 MHz, 2,4 et 5 GHz. Nous avons fourni un gros travail pour perfectionner la qualité de la transmission radio, quelque 1000 données par joueur étant récupérées toutes les secondes. Ces données, qui ont subi un premier traitement dans le capteur, sont ensuite analysées par notre logiciel Sport Tracking, assorti de plus de 150 algorithmes temps réel.» Ces algorithmes ont été concoctés par le cofondateur Pierre-Arnaud Coquelin, docteur en mathématiques appliquées.

Les entraîneurs ont ainsi la possibilité de surveiller la condition physique des joueurs et de superviser leurs performances. Et même davantage… «C’est aussi un moyen de manager et de motiver les sportifs» confie Emmanuel de La Tour. L’outil a convaincu les équipes françaises de triathlon et d’aviron, qui l’emploieront lors de leur préparation (l’utilisation est interdite en compétition) aux prochains Jeux Olympiques. Les aidera-t-il à récolter des médailles ?

Frédéric Monflier

Un modèle prévoit les résultats des JO de Rio!

Les Jeux Olympiques se succèdent tous les 4 ans et les palmarès se ressemblent : les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni remportent la majorité des médailles. Dans un article paru dans la revue Significance, deux chercheurs de l’Institut allemand de recherche en économie RWI de Essen et un chercheur de l’université anglaise de l’Est-anglie ont bâti et testé deux modèles prédictifs. Son but : estimer le nombre de médailles que chaque nation en compétition peut espérer remporter.

Le premier modèle, qualifié de « naïf », estime le nombre de médailles à venir en se basant uniquement sur celles remportées aux précédentes éditions des Jeux olympiques. Le second, qualifié de « sophistiqué » prend en plus en compte des facteurs socio-économiques tels que le PIB par habitant et la taille de la population. Le modèle sophistiqué traite également différemment le Brésil, pays hôte, et le Japon, futur pays hôte.

Les résultats révèlent que les succès passés ne suffisent pas seuls à assurer une victoire future. C’est en effet le modèle « sophistiqué » qui colle le mieux à la réalité, les variables socio-économiques augmentant légèrement la précision des projections. Cela est mis en exergue par une projection réalisée sur les résultats des Jeux Olympiques de Londres, s’appuyant sur le nombre de médailles remportées par les différentes nations entre 1996 et 2008.

Qui remportera les JO de Rio ?

Selon les projections du second modèle, les Etats-Unis remporteront 98 médailles cette année (5 de moins qu’en 2012), la Chine 84 (-4 médailles), la Russie 77 (-4 médailles) et le Royaume-Uni 62 (-3 médailles).

La plus forte progression devrait revenir au Brésil, avec 16 médailles de plus qu’en 2012, soit un total de 33 trophées (voir les résultats pour l’ensemble des 183 pays étudiés). Le Brésil remporterait alors autant de médailles que la France !  « Comme pays hôte, le Brésil enverra plus d’athlètes que lors des précédents jeux (431 dans 27 sports, comparé à 258 dans 24 sports en 2012), et, en préparation de l’organisation, aura plus investi dans le développement de son bassin de talents nationaux », détaillent les auteurs.

Enfin, en prévision des jeux olympiques organisés à domicile en 2020, les investissements consentis par le Japon pour la préparation de ses athlètes devraient commencer à payer cette année. Le modèle prévoit un total de 46 récompenses pour le pays, soit 8 de plus qu’à Londres.

Quelle influence des facteurs socio-économiques?

Pour expliquer l’influence des paramètres pris en compte dans le second modèle, les chercheurs avancent que les qualités athlétiques sont uniformément distribuées dans la population mondiale, puisqu’une corrélation claire existe entre le nombre d’habitants et le nombre de médailles remportées. Logiquement, les pays les plus peuplés produisent davantage d’athlètes de haut-niveau.

Mais le nombre de médailles est également fortement corrélé au PIB par habitant. Pourquoi? Tout simplement parce que « dans un pays riche, la population peut consacrer plus de temps à des activités de loisirs et peut se permettre de soutenir une classe d’athlètes professionnels », notent les auteurs. Par ailleurs, d’autres facteurs entrent clairement en jeu : le système politique passé ou présent d’un pays, le fait qu’un pays soit hôte actuel ou à venir des Jeux Olympiques et le nombre d’athlètes féminines.

Cette modélisation ne prend évidemment pas en compte l’exclusion des athlètes russes des JO de Rio, décidée par le Comité international olympique, suite aux preuves de dopage avéré entre 2011 et 2015 révélées par le rapport McLaren. L’absence de la Russie devrait remodeler complètement ce palmarès. Il conviendra alors d’étudier si cette redistribution se fait au profit du top 3, des autres favoris ou du Brésil et du Japon. Rendez-vous le 21 août pour les résultats définitifs !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Après les rats, la ventilation liquidienne sur des chiens

Pour les fans de science-fiction, le concept de ventilation liquidienne n’est pas inconnu. Dans une scène du film Abyss, on observe un rat immergé dans un fluide de perfluorocarbure rester en vie, sans trucage. Au-delà de l’effet cinéphile, la technique a inspiré les chercheurs se consacrant à réduire la mortalité, notamment autour des métiers liés à la mer.

La Russie teste sur des chiens

Le Fonds russe de la recherche avancée a commencé à tester la technologie de respiration liquidienne avec l’aide de chiens, a déclaré à TASS Vitaly Davydov, le directeur général adjoint dudit fonds. Les chercheurs ont créé une capsule spéciale et l’ont immergée dans une chambre hydraulique à haute pression. « Pour l’instant, les chiens peuvent respirer pendant une demi-heure à une profondeur allant jusqu’à 500 mètres sans conséquence sur la santé. Tous les testeurs canins ont survécu et se sentent bien après cette immersion et la séance de respiration liquide », tient à rassurer Vitaly Davydov.

Les recherches sont menées à destination des équipages de sous-marins russes et de leurs équipes de secours. Les avantages d’un système efficace de ventilation liquidienne pourraient diminuer la mortalité liée aux procédures de décompression et aux caissons.

Bien que cette technologie fasse l’objet d’un intérêt certain, sa mise en œuvre a toujours été son talon d’Achille. Pour que le projet soit viable, il faut encore créer l’appareil pour injecter et retirer du corps le liquide, tout en assurant l’élimination du dioxyde de carbone, et le soutien médical. Et Vitaly Davydov de conclure : « Une barrière psychologique de taille devra enfin être surmontée : se noyer volontairement pour commencer à respirer avec le liquide remplissant ses poumons ».

Les avancées concernant la technologie de ventilation liquidienne intéressent probablement davantage le secteur médical que militaire. Celui-ci expérimente des traitements à destination d’adultes ou d’enfants atteints de syndromes de détresses respiratoires sévères. Enfin, certaines recherches suggèrent des avantages potentiels pour des usages non respiratoires comme le refroidissement du cerveau, l’administration de médicaments, le transfert de gènes ou comme agent de contraste pour échographie.

Romain Chicheportiche

Hinkley Point : Décision « finale » d’investissement le 28 juillet

Pour la direction d’EDF, le temps de la concertation est passé. Le projet Hinkley Point C, qui prévoit la construction de deux EPR (1 700 MW) dans le sud de l’Angleterre pour 18 milliards de livres (21,6 milliards d’euros), doit être définitivement validé afin de passer aux étapes suivantes. EDF justifie sa décision par le fait que « ce projet a fait l’objet depuis 2013 d’un large partage d’informations avec les salariés et leurs représentants, illustrant ainsi l’attachement de l’entreprise à mettre en œuvre une démarche de dialogue social de qualité ». Une version contestée par l’intersyndicale de l’entreprise qui ne compte pas laisser faire.

Référé

En rendant « copie blanche » début juillet, le Comité central d’entreprise (CCE) d’EDF dénonçait le « délai extrêmement court et inadapté à un projet d’une telle ampleur » et l’absence d’informations précises. Le CCE a fait un pas de plus en lançant une procédure en référé d’heure à heure pour le retrait du dossier Hinkley Point. Cette démarche permet d’obtenir de la Justice une décision provisoire dans un délai de 48h à quelques jours. Le CCE espère ainsi obtenir la suspension de tous les effets des délibérations qui seraient prises par le conseil. Une décision qui s’explique par la volonté de passage en force de la direction, le manque d’informations transmis aux représentants des employés et l’audience fixée au 22 septembre prochain, selon le CCE. Sur le fond du dossier, il ne cache pas ses craintes : « Prétendre qu’une décision précipitée sur Hinkley Point va sauver la filière nucléaire est une vaste escroquerie intellectuelle et une faute politique. Au moment où la filière nucléaire française se retrouve fragilisée par des années d’absence de stratégie industrielle de l’Etat, cette décision risque en effet d’avoir des conséquences dramatiques sur cette filière industrielle, les investissements d’EDF sur le territoire national et par conséquent l’emploi en France. Alors que la priorité de la filière est le grand carénage dont le financement est mis en risque par le montage financier d’Hinkley Point, cette décision est totalement incompréhensible ».

Enquête de l’AMF et Brexit

Ce nouveau rebondissement fait suite à une autre mauvaise nouvelle pour EDF : la perquisition de son siège par des agents de l’Autorité des marchés financiers (AMF) la semaine dernière. « Trois personnes de l’AMF se sont présentées chez EDF et ont donc démarré un processus d’enquête portant sur l’information financière qu’EDF a donnée au marché depuis 2013 » concernant les projets de Grand Carénage et de Hinkley Point C, a indiqué l’AFP.

Le Brexit complique enfin un peu plus encore une situation qui n’était déjà guère à l’avantage des promoteurs du projet. Malgré des annonces rassurantes, les conséquences économiques et financières de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sont encore impossibles à prévoir, de sorte que tout investissement massif est sujet à davantage d’incertitudes. L’Etat, actionnaire à 85% d’EDF, soutient sans réserve le projet qui doit conforter la place d’EDF comme premier électricien au Royaume-Uni en volume, et valoriser le réacteur français de nouvelle génération.

Romain Chicheportiche

Apple lance son porte-monnaie en France

Disponible depuis le 19 juillet, l’Apple pay va-t’il booster le paiement mobile dans l’hexagone ? Pour l’instant, 19% des Français règlent chaque mois des achats sans contact avec une carte bancaire et 7% avec leur mobile, selon l’observatoire du paiement digital de l’institut Future Thinking.

Équipé d’un iPhone SE, iPhone 6 (Plus), 6 s (plus) ou d’une Apple Watch jumelée à un iPhone 5 au minimum, vous n’avez plus besoin de sortir votre carte bancaire pour régler vos achats à la Fnac, Boulanger, Carrefour, La Grande épicerie, Cojean, Flunch, Total ou Dior. L’utilisation de ce service est simple. Premièrement, il faut enregistrer votre carte bancaire dans l’application Wallet de votre smartphone. Si vous avez déjà une carte enregistrée sur votre compte iTunes, il suffit juste de l’ajouter au service Apple Pay en saisissant son code de sécurité.

Ensuite, dans un magasin, il suffit de placer votre doigt sur le capteur d’empreinte digitale Touch ID de votre iPhone (afin de valider votre règlement paiement) puis d’approcher votre téléphone près de l’écran du terminal de paiement (à environ 2,5 cm du lecteur). La transaction est terminée. Officiellement, il n’y a pas de risque d’utilisation frauduleuse de votre porte-monnaie Apple. Un voleur ne peut effectuer aucun achat sans l’empreinte digitale du propriétaire. Autre mesure de sécurité : en réglant votre achat avec l’Apple Pay, le commerçant recevra le paiement, mais il n’obtiendra pas vos informations bancaires. Une précaution visant à limiter les impacts d’une attaque informatique touchant le site du commerçant par exemple.

La liste officielle des partenaires du géant américain est trompeuse. Elle laisse à penser que l’Apple pay ne peut pas être utilisé ailleurs. En réalité, le service d’Apple est compatible avec n’importe quelle borne NFC (Near Field Communication ou Communication en champ proche, c’est-à-dire une connexion sans fil) installée chez un commerçant.

Mais Apple n’est pas le seul à vouloir gérer nos achats. Google est aussi sur les rangs. Son application Android Pay sera bientôt disponible en France. Là aussi, c’est une occasion supplémentaire d’accélérer les paiements mobiles puisque la majorité (86 %) des téléphones fonctionnent sous Android OS (il faut néanmoins la dernière version de ce système d’exploitation pour en bénéficier et posséder un smartphone récent).

Comme d’autres systèmes de paiement, la solution de Google repose sur la technique du jeton (ou token). Cela signifie que ce ne sont pas les numéros de la carte bancaire qui sont transmis, mais un jeton à usage unique.

Autre concurrent de poids : Samsung. Disponible en Asie, aux États-Unis et en Espagne, il nécessite de posséder un Galaxy S7 ou un Galaxy S6 (ou ses déclinaisons). Mais le fabricant coréen de téléphones n’a pas encore lancé son service en France.

Sur le papier, ces services semblent séduisants. Mais pour ces poids lourds de la high tech, le but est de récupérer des données personnelles sur nos activités en tant que consommateur… Par ailleurs, les lecteurs d’empreintes digitales ne représentent une solution très sécurisée. Des hackers ont démontré qu’elle présentait des failles.

Par Philippe Richard

Créer un patrimoine glaciaire mondial pour les générations futures

« Dans les prochaines décennies ou même les prochains siècles, ce patrimoine englacé aura une valeur inestimable : pour des trouvailles scientifiques totalement inédites ou pour comprendre les évolutions locales de l’environnement. Je soutiens pleinement ce projet. »
Jean Jouzel, climatologue vice-président de la commission scientifique du GIEC de 2002 à 2015, prix Nobel de la Paix en 2007.

Lundi 15 août, et jusqu’à début septembre, une équipe internationale d’une dizaine de glaciologues et ingénieurs – français, italiens, russe et américains – coordonnée par Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) au sein du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE) de l’Université Grenoble Alpes et du CNRS et Jérôme Chappellaz, directeur de recherche CNRS dans ce même laboratoire, se rendra au col du Dôme (4 300m, massif du Mont-Blanc) pour prélever les premières « carottes-patrimoine ». L’objectif est de constituer la première bibliothèque mondiale d’archives glaciaires issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique.

Trois carottes de glace, de 130 mètres chacune, seront extraites, puis descendues par hélicoptère dans la vallée. Elles seront ensuite transportées à Grenoble au LGGE, tout en maintenant une chaîne du froid rigoureuse. L’une d’entre elles sera analysée en 2019 pour constituer une base de données disponible pour l’ensemble de la communauté scientifique mondiale. Les deux autres seront acheminées par bateau puis par véhicules à chenilles sur les hauts plateaux de l’Antarctique, en 2020, pour être stockées à la base Concordia, gérée par l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) et son partenaire italien le Programme national de Recherche Antarctique (PNRA). À terme, ce sont des dizaines de carottes de glace patrimoine qui devraient être stockées dans une cave, creusée sous la neige, par -54°C, le congélateur le plus sûr – et naturel – du monde.

Le glacier du col du Dôme constitue la première étape de ce projet majeur initié en 2015 par le LGGE, ainsi que par l’Université Ca’Foscari de Venise (Italie) et le CNR (Conseil national de la recherche italien), sous l’égide de la Fondation Université Grenoble Alpes. Une deuxième mission, plus longue et plus complexe, se déroulera en 2017 dans les Andes en Bolivie (glacier Illimani). D’autres pays sont déjà candidats pour s’inscrire dans ce projet et sauvegarder la mémoire des glaciers auxquels ils ont accès : l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, le Brésil, les États-Unis, la Russie, la Chine, le Népal, le Canada.

Pourquoi constituer cette archive maintenant ?

L’idée de créer ce projet s’est imposée quand les scientifiques ont observé la hausse des températures de plusieurs glaciers. À 10 ans d’intervalle, la température à proximité des glaciers du col du Dôme et de l’Illimani dans les Andes s’est élevée de 1,5 à 2°. Au rythme actuel, on projette que leur surface rencontrera des épisodes systématiques de fonte durant l’été d’ici quelques années à décennies. Avec cette fonte, et par la percolation de l’eau de fonte au travers des couches de neige sous-jacentes, ce sont des pages uniques de l’histoire de notre environnement qui disparaîtront à tout jamais. « Nous sommes la seule communauté de scientifiques travaillant sur les climats à voir disparaître une partie de ses archives. Il était devenu urgent de constituer ce patrimoine pour le futur, à l’instar du patrimoine mondial de semences conservé au Spitzberg », explique Jérôme Chappellaz, l’initiateur français du projet. Apport indispensable à la science environnementale et climatique, cruciale pour mieux anticiper notre avenir, la science des glaces n’aura en effet bientôt plus de matière première de qualité en provenance des régions de montagne en raison du réchauffement climatique.

« Notre génération de scientifiques, témoin du réchauffement climatique, porte une responsabilité particulière vis-à-vis des générations futures. C’est pourquoi, nous ferons don de ces échantillons de glace des glaciers les plus fragiles à la communauté scientifique des décennies et siècles à venir, quand ces glaciers auront disparu ou perdu la qualité de leur enregistrement. », conclut Carlo Barbante, initiateur italien du projet, Directeur de l’Institut des dynamiques des processus environnementaux, CNR, Université Ca’Foscari de Venise.

Une mobilisation scientifique et un mécénat d’envergure

L’IPEV, le PNRA et Communauté Université Grenoble Alpes sont associés aux organismes scientifiques initiateurs du projet, l’Université Grenoble Alpes, le CNRS, l’IRD, le CNR (Italie), l’Université Ca’Foscari et la Fondation Université Grenoble Alpes.

Le projet contribue également au Programme Hydrologique International de l’UNESCO, dans le cadre du Programme IHPVIII (2014-2021), relatif aux activités de la neige, des glaciers, de l’eau et des ressources en eau.

Ce projet bénéficie des compétences et des équipements des organismes porteurs, et est soutenu financièrement par des mécènes privés. La Fondation Université Grenoble Alpes remercie les mécènes de cette première mission, sans qui le projet n’aurait pu voir le jour : la Fondation Prince Albert 2 de Monaco, dédiée à la protection de l’environnement et au développement durable, la société Findus France, fabricant de surgelés, Claude Lorius, glaciologue français pionnier des forages glaciaires, la Fondation de la société Petzl spécialiste des équipements de montagne, GMM, constructeur de remontées mécaniques et la société Pressario, agence de presse.

Source : cnrs

Revue du web #93 : quand la science s’intéresse au sport

Blind Cap, le bonnet de natation qui guide les non-voyants

En collaboration avec l’équipe paralympique espagnole de natation, Samsung a développé le « blind cap », un bonnet de bain high tech capable notamment d’envoyer un  signal aux non-voyants lorsque le demi-tour approche.

 

Un bandeau intelligent pour détecter les commotions cérébrales

En cours d’expérimentation en Australie, ce bandeau équipé de capteurs pourrait bientôt révolutionner la détection des traumatismes – fréquents dans les sports de contact – en signalant le problème en temps réel aux médecins et aux arbitres.

 

Comment se déplace un ballon de foot ?

A la faculté des sciences du sport de Marseille Luminy, une équipe de chercheurs a créé un centre de réalité virtuelle. Une des études porte sur la perception qu’a le gardien de but de la trajectoire du ballon de foot au moment du coup franc.

 

Pratiquer le kitesurf… avec un drone

Peut-être verrons-nous naître un jour des compétitions de droneboarding ! Si vous souhaitez remplacer la voile par un drone, évitez tout de même d’utiliser un drone de loisir,  une certaine puissance est indispensable.

 

Une caméra GoPro dans l’espace

Si, habituellement, nous l’utilisons plutôt pour filmer nos exploits sportifs, la GoPro vient de faire ses preuves dans l’espace, fixée à une fusée, 120 kilomètres au-dessus de la Terre.

 

Un soutien-gorge de sport connecté

Destiné aux sportives qui souhaitent améliorer leurs performances, OmBra est un soutien-gorge de sport ultra connecté qui analyse de nombreuses informations (rythme cardiaque, évolution des sessions, objectifs, etc.) avant de les transmettre à l’application dédiée. Gadget ou réelle avancée ? Nous le saurons bientôt puisqu’il devrait être commercialisé cette année.

 

Bonus insolite – à votre avis, qui court le plus vite : le sportif ou l’autruche ?

Dennis Northcut, un joueur de football américain, a relevé un défi un peu particulier. Faire la course, un domaine dans lequel il excelle, avec Thelma, une autruche.
La clé ? L’appui !

Par Iris. T

Rachat d’Arianespace par ASL approuvé… sous conditions

Désormais, Arianespace appartient à 75% à la filiale ASL spécialement créée le 1er juillet 2015 par l’avionneur Airbus et l’équipementier Safran. ASL a ainsi racheté les parts du Cnes. Une acquisition qui était jusque là suspendue à la décision de la Commission européenne qui avait lancé, en février 2016, une enquête approfondie pour examiner le projet et veiller à minimiser un éventuel monopole, conformément au règlement européen sur les concentrations.

Cinq mois d’enquête

A l’époque, la Commission craignait « un recul de l’innovation et une hausse des prix sur les marchés des satellites des services de lancement ». Même après l’accord, la Commissaire chargée de la politique de la concurrence, Margrethe Vestager insiste encore dans un communiqué, sur l’importance « d’une industrie spatiale concurrentielle pour renforcer la base industrielle de l’UE et stimuler notre compétitivité générale ».

Limiter le monopole

C’est pourquoi ce feu vert est accompagné de conditions particulières : l’engagement des deux partenaires pour empêcher les flux d’informations susceptibles de nuire à la concurrence, limiter la mobilité des travailleurs entre les deux entités, prévoir un mécanisme d’arbitrage à inclure dans tous leurs futurs accords de non‑divulgation signés avec des tiers.

Feu vert aussi pour Ariane 6

Cette annonce constituait aussi le dernier obstacle administratif au lancement du programme Ariane 6 : « Je ne vois donc pas venir de difficultés institutionnelles qui retarderaient le projet Ariane 6 », confirme ainsi Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, dans une interview accordée aux Echos.

Ariane 6 devrait être commercialisée fin 2016, à des tarifs inférieurs à ceux d’Ariane 5. Un premier vol est planifié à 2020 et une capacité pleinement opérationnelle pour 2023.

Sophie Hoguin

Quand les hackers sont au service des entreprises

Les mentalités évoluent. Jusqu’à présent, les entreprises ne portaient pas en odeur de sainteté les hackers. En cause, un amalgame – trop souvent pratiqué par des médias et des hommes politiques – avec les pirates. Or, les premiers cherchent des failles pour mieux sécuriser des systèmes et des appareils, tandis que les seconds profitent de ces vulnérabilités pour en tirer profit (vol de données, paralysie d’un système informatique, etc.).

Mais à cause des attaques incessantes dont sont victimes les entreprises, certaines ont décidé de mettre de l’eau dans leur vin et d’accepter de faire appel à des hackers. Certes, cette tendance est encore très limitée en France. Mais ces concours se multiplient. Appelés « bug bounty », ils permettent de repérer des failles de sécurité. En échange de leurs trouvailles, les personnes reçoivent des entreprises des boissons, des t-shirts ou une prime, voire une offre d’emploi.

Ce fut le cas en juin. Réunis dans un hôtel de Disneyland Paris à l’occasion de la quatorzième édition de la Nuit du hack, plusieurs dizaines de hackers, étudiants ou informaticiens ont poursuivi un seul objectif : infiltrer les réseaux informatiques du moteur de recherche Qwant, de l’hébergeur OVH, du service 118712 et de l’application mobile de l’opérateur Orange.

« C’est la première fois qu’une entreprise du CAC40 s’y met », a déclaré au quotidien Le Monde Guillaume Vassault-Houlière, organisateur de la manifestation. Peu répandu en France, le « bug bounty » est un énorme marché outre-Atlantique. Apparu il y a plus de vingt ans chez Netscape – l’éditeur d’un des premiers navigateurs web – ce type de concours est adopté par les poids lourds de l’IT mais aussi d’autres entreprises (General Motors, Tesla, Western Union, United Airlines…) et même le Pentagone.

Pour Eric Filiol, Directeur du Laboratoire de virologie et de cryptologie opérationnelles (ESIEA  Ouest) et instigateur de ce type de concours lors de la Nuit du Hack en 2014  auprès de Qwant, « ces opérations sont une bonne chose et c’est sain. Mais pour l’instant, les sommes données sont peu conséquentes. Les entreprises françaises ne devront pas hésiter à rémunérer plus cher lorsque des failles critiques auront été détectées. Aux États-Unis, ils savent y mettre le prix ».

L’an dernier, Google a par exemple versé plus de deux millions de dollars à quelque 300 chasseurs de primes dans le cadre de son Vulnerability reward program. Par contre, d’autres ont été radines et se sont contentées d’offrir un mug (Facebook) ou un t-shirt (Yahoo!) pour toute rémunération de failles repérées sur leur site respectif ! Une attitude qui leur a valu de très nombreuses critiques.

Des plates-formes se sont même spécialisées dans ce domaine outre-Atlantique. Créée en 2012 par un ancien responsable de la sécurité de Facebook, HackerOne domine ce secteur et a même levé 34 millions de dollars. Elle compte aujourd’hui 500 clients et a redistribué plus de sept millions de dollars de primes.  En France, la plate-forme « Bounty factory » a été lancée début juin avec sept programmes, dont quatre « privés », c’est-à-dire accessibles seulement à certains hackers sélectionnés par l’entreprise. Environ 10.000 euros ont été reversés aux personnes qui ont découvert des vulnérabilités.

Certaines entreprises ont mis en place leur propre concours. C’est le cas d’OVH. Testé en interne, ce programme est désormais accessible sur la plate-forme bountyfactory.io. « Toute faille de sécurité signalée est étudiée, puis corrigée si besoin, par les équipes chargées de la sécurité. Chaque signalement lié à une faille avérée donnera lieu à une récompense – financière dans la plupart des cas, pouvant s’élever jusqu’à 10 000 euros – et parfois sous la forme de goodies ou de vouchers pour des failles en dehors du périmètre », explique l’hébergeur.  « Avec ce Bug Bounty, nous pouvons tester en permanence l’ensemble de nos infrastructures avec des profils différents et des compétences variées. Nous ne pourrions jamais couvrir un tel spectre sur une période aussi longue avec des audits classiques, » déclare Vincent Malguy d’OVH.

Par Philippe Richard

Quel est l’avenir de la voiture connectée ?

Bienvenue à bord d’une voiture connectée. Vous pouvez profiter de ses différentes options multimédias pour interagir avec votre smartphone pour suivre vos amis sur les réseaux sociaux, écouter de la musique, demander avec la reconnaissance vocale que le véhicule trouve un restaurant…

Dans quelques années, vous aurez à votre disposition une table tactile 32 pouces partageable en 4 et un casque de réalité augmentée pour choisir votre destination et vous y immerger. Pour l’instant, c’est un « concept van », le Traveller i-Lab, présenté au dernier salon automobile de Genève.

Au-delà de ses aspects pratiques et ludiques, la voiture connectée sera surtout capable, à compter du 31 mars 2018, d’émettre un appel d’urgence en cas d’accident (technologie eCall).

Oui, mais voilà, la mariée serait-elle trop belle ? Plusieurs enquêtes indiquent que les conducteurs ne sont pas encore convaincus. Publiée cet été, l’étude intitulée « The Retrofit Future Of The Connected Car » du cabinet Forrester montre que les Européens restent sceptiques. Ils ne sont en moyenne que 18 % à être intéressés par une connexion Internet depuis leurs voitures, 16 % par la géolocalisation des contacts, 15 % par un système vocal interactif et 7 % par un magasin d’applications.

Pour l’instant, il y a encore quelques obstacles sur la route de la voiture connectée. Panorama non exhaustif.

Les avancées

La voiture propose de plus en plus d’options pratiques.  Avec la BMW Serie 7, vous pouvez utiliser votre smartphone pour la faire avancer de quelques mètres. Pratique lorsqu’une personne vous a trop « serré » dans un parking. De son coté, la nouvelle Classe E de Mercedes peut s’ouvrir grâce au smartphone, via sa connexion NFC. Pour l’instant, les concurrents s’appuient sur une connexion 3G (inaccessible dans des parkings). À noter que Valeo travaille sur un dispositif utilisant la connexion Bluetooth du téléphone.

Les risques

Les principaux freins à la voiture connectée concernent la sécurité et en particulier la protection des données personnelles. Les quelque 60 capteurs à bord des véhicules connectés recueillent des données plus ou moins à l’insu des conducteurs. Par ailleurs, des interrogations subsistent quant au traitement des ces informations. Sont-elles stockées et sécurisées par des tiers ou par les constructeurs automobiles ? Sont-elles revendues à des assurances ou à des régies publicitaires ? Autre inquiétude, le piratage de ces véhicules. Plusieurs démonstrations ont mis en avant des failles permettant soit de le dérober facilement, soit d’en prendre son contrôle à distance !

Reste la question de la sécurité routière. Il ne s’agit pas ici de faire l’amalgame avec la voiture autonome (et notamment l’accident mortel avec une Tesla aux USA en mai dernier), mais de l’aptitude du conducteur à rester concentré avec toutes ces tentations ludiques et pratiques. Plusieurs rapports ont démontré la baisse de vigilance des conducteurs. Quand sera-t-‘il demain avec la réalité augmentée qui affichera des informations sur le pare-brise ?

Les projets

Tous les géants de l’électronique et les constructeurs planchent sur des projets permettant aux voitures connectées de « dialoguer » avec divers objets, notamment ceux gérant notre domicile. C’est déjà le cas avec l’application Smart Home App de Deutsche Telekom qui permet aux possesseurs de BMW i3 de régler la température de chauffage, de baisser les rideaux, de déverrouiller un portail…

Autre future application : le paiement de sa place de parking. Dans certaines voitures connectées, il est déjà possible d’acheter des applications en ligne. Visa via ce projet développé avec DocuSign veut s’attaquer au paiement des stationnements et des péages pour lesquels il faut souscrire à des abonnements spécifiques.

Par Philippe Richard

Espagne : Les énergies renouvelables atteignent la parité réseau

La surprise a été totale pour les grands électriciens espagnols. Alors que le gouvernement de Mariano Rajoy a drastiquement réduit les soutiens financiers aux énergies renouvelables, le voilà qui organise deux appels d’offres en un an, cumulant 2 700 MW (l’équivalent de 3 réacteurs nucléaires de G2). Sur les 93 000 kTep de consommation énergétique, seuls 16 000 kTep étaient issus de productions renouvelables (soit 17,2%). L’Espagne risque fort de ne pas atteindre l’objectif européen des 20% d’Enr en 2020. Le parti conservateur a donc décidé d’inciter à la construction de centrales éoliennes, photovoltaïques et biomasses pour relever le niveau, mais surtout car les énergies renouvelables n’ont jamais été aussi bon marché en Espagne.

Parité réseau

Le premier appel d’offres de janvier a été une véritable surprise. Avec cinq fois plus d’offres que de capacité allouée pour l’éolien, la concurrence a été sauvage. A tel point que le système d’enchère inversée mise en place par le gouvernement a marché à plein. Il consiste grossièrement à faire proposer par les candidats le montant de la subvention qu’ils estiment devoir percevoir pour être rentable. Les dossiers sont classés en fonction de leurs coûts pour le système et les moins coûteux sont choisis. La concurrence a été telle que la plupart des lauréats ont proposé une subvention de … 0€. En clair, ces installations seront rémunérées uniquement grâce au marché spot de l’électricité, confirmant la parité réseau de l’éolien et du PV.

L’ovni Forestalia

Avec ses 300 MW éoliens (sur 500 MW attribués) et ses 108,5 MW de biomasse (sur 500 MW attribués) gagnés lors de l’appel d’offre de janvier, Forestalia a fait une entrée tonitruante sur la scène espagnole des énergies renouvelables. Présidée par Fernando Samper, la compagnie est née en 2011 du groupe Jorge, contrôlé par ses frères, spécialisé dans le secteur de la viande, et particulièrement « dans la branche porcine depuis 75 ans », indique le site du groupe espagnol.

En remportant à elle seule la moitié de l’appel d’offres, et ce alors qu’elle n’a quasiment aucune expérience, la compagnie n’a pas fait dans la dentelle : elle a littéralement imposé la parité réseau en Espagne. Et ce, avec des méthodes peu conventionnelles : au lendemain de sa large victoire, la société a lancé un appel aux fonds d’investissements et autres acteurs pour construire les parcs remportés, laissant les grands noms du secteur totalement ahuris par une telle manœuvre.

Reste à savoir si Forestalia compte réitérer son « coup » cet automne, et comment ses concurrents, parmi les plus grands groupes côtés sur les Bourses européennes, vont se défendre face à ce nouvel acteur, non-conventionnel.

Romain Chicheportiche

EDF entre sur le marché chinois de l’éolien

Selon les termes de l’accord, EDF Energies Nouvelles détient désormais 80% des parts de la société UPC AWM basée à Hong Kong pour un montant non communiqué. Les partenaires UPC China, développeur local historique et le fonds d’investissement américain Global Environment Fund (GEF) restent actionnaires de la société à hauteur de 20%. Les projets seront menés en partenariats avec d’autres acteurs chinois. Pour EDF, l’objectif est clairement de profiter de ses excellentes relations industrielles avec la Chine (grâce notamment à un long partenariat nucléaire) pour s’implanter sur l’énorme marché des énergies renouvelables en Chine.

1er marché mondial

Le Gouvernement chinois a en effet pour ambition d’atteindre 200 gigawatts (GW) de capacité éolienne installée d’ici 2020, soit une augmentation en moyenne de 15 GW par an ! Cela représente l’installation, chaque année, d’une fois et demi le parc éolien total français… Un marché énorme donc qui bénéficie presqu’exclusivement aux compagnies chinoises : En 2015, le groupe chinois Goldwind est devenu le premier fabricant mondial de turbines éoliennes devant les mastodontes du secteur (Vestas, GE, Senvion, Enercon, Nordex, Siemens/Gamesa). Mais le marché chinois est très protégé et EDF se félicite d’être « le premier grand acteur énergéticien européen à prendre pied sur le marché chinois des énergies renouvelables ». Le groupe français accroît ainsi son portefeuille éolien de plus de 1,3 GW, en développement, en construction ou en exploitation dans le pays, et est à présent à la tête de plus de 10 GW en exploitation dans le monde.

Romain Chicheportiche

Couper Internet : une tentation pour certains États

L’état algérien n’a en fait pas « coupé » internet en juin. Il a bloqué l’accès au web, ce qu’on appelle le World Wide Web. Il s’agit des services que l’on utilise quotidiennement comme la messagerie électronique et le surf sur des sites. L’Iran et la Chine sont connus pour mettre les pieds dans la toile pour diverses raisons.

Mais deux pays n’ont pas hésité à mener un blocage quasi total. Ce fut le cas en Birmanie (au moment de la « révolte Safran » de 2007 menée par les moines bouddhistes) et en Égypte en 2011.

Pour éteindre l’Internet, les FAI de ces pays ont bloqué l’accès aux protocoles DNS (Domain name server, qui aiguille les ordinateurs vers les adresses des sites) et BGP (Border gate protocol, qui indique quelles adresses IP sont utilisées par les fournisseurs d’accès). Impossible aux PC de trouver un chemin permettant d’accéder à la toile.

Dans ces deux pays, ces actions ont été facilitées par le fait qu’il y a peu de Fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et qu’ils ont des liens plus ou moins étroits avec les États…

Techniquement, l’État français pourrait obtenir le même résultat si les principaux FAI bloquaient l’accès à ces deux protocoles. En théorie, car il s’agit d’entreprises privées qui n’ont pas de lien direct avec l’État français (sauf Orange dont une vingtaine de pour cent du capital est détenu par l’État, la BPI et la Caisse des dépôts).

Mais il y a surtout trois principaux obstacles juridiques. « Premièrement, il n’y a pas de texte de loi en France permettant à l’État de demander aux FAI de bloquer l’accès à l’Internet. Deuxièmement, dans le cadre d’HADOPI, une décision du Conseil Constitutionnel a précisé qu’il n’est pas possible de couper la connexion d’un internaute sans la décision d’un juge. Si l’État voulait couper les connexions de tous les particuliers, il devrait donc obtenir des dizaines de millions de décisions des juges », précise Benjamin Bayart, président de FDN (French Data Network), le plus vieux fournisseur d’accès Internet français.

Enfin, la France est traversée par de nombreux backbones transeuropéens et internationaux. Ces réseaux à très large bande passante sont l’épine dorsale qui relie chaque Fournisseur d’accès Internet au réseau mondial. « Une bonne part des câbles traversant l’Atlantique arrivent en Bretagne ou en Grande Bretagne, le reste passant plus au Nord, par l’Islande, etc. Ils sont gérés par des multinationales », rappelle Benjamin Bayart.

Il y a aussi des limites techniques. En plus des principaux FAI français, il y a aussi des milliers d’autres opérateurs qui sont soit très petits ou spécialisés (au monde de l’entreprise ou à certaines communautés comme le réseau Renater des universités françaises).

Enfin, la coupure d’internet aurait d’importantes répercussions sur l’économie du pays. Le système de paiement par carte bancaire dépend du réseau mondial pour valider les transactions. Résultat : il serait impossible de payer dans un magasin ou d’acheter sur un site en utilisant une carte de crédit. De nombreuses opérations administratives (déclaration des impôts, URSSAF, demande de papiers d’identité…) seraient également bloquées.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les autorités égyptiennes n’avaient pas coupé 100 % du trafic. La Bourse égyptienne et plusieurs grandes entreprises internationales avaient toujours accès à la toile.

Philippe Richard