Cybersécurité : un partenariat public-privé à 1,8 milliard d’euros

L’Union européenne vient de signer un partenariat public-privé dans le domaine de la cybersécurité pour enclencher une coopération entre toutes les parties prenantes européennes au stade le plus précoce possible des processus de recherche et d’innovation. Objectifs premiers : créer des solutions de cybersécurité harmonisées et applicables dans toute l’Europe sur des secteurs clés comme l’énergie, la santé, les transports et la finance et être prêt à coopérer en cas de cyberattaque de grande envergure.

L’Union européenne verse 450M€

Dans le cadre de ce partenariat, l’Union européenne verse tout de suite 450 M€ en provenance de son programme Horizon 2020 (H2020), mais elle attend de ses partenaires qu’ils investissent trois fois plus d’ici 2020 pour atteindre un montant total de près d’1,8Md€. Ce partenariat a pris la forme d’un contrat signé entre la Commission européenne et l’ECSO, la toute nouvelle organisation européenne pour la cybersécurité.

L’ECSO rassemble large

Officiellement créée en juin 2016, l’ECSO, organisation européenne pour la cybersécurité, réunit les acteurs du marché de la cybersécurité. A ce jour, près de 50 membres (représentant au moins 130 entreprises) : grandes entreprises, PME et start-up, opérateurs, utilisateurs, centres de recherches et universités, clusters et associations tout autant que représentants institutionnels de 14 pays de la zone économique européenne, de l’association européenne de libre échange ou de pays partenaires du programme H2020 ont rejoint l’organisation.

Par Sophie Hoguin

Les premiers nuages d’eau hors du système solaire

Wise 0855 est une naine brune située à seulement 7,2 années-lumière de la Terre. Malgré sa proximité, cet astre cinq fois plus massif que Jupiter, n’a été découvert qu’en 2014 tant sa lueur est faible. Il faut dire que l’on estime sa température de surface entre -48°C et -13°C. Des chercheurs de l’université de Santa Cruz en Californie ont réussi a étudier malgré tout son spectre depuis la Terre, en poussant le télescope Gemini North dans ses retranchements.

Presque tout comme Jupiter

Ce télescope situé à Hawaï possède en effet un spectrographe à infrarouge qui a pu scruter Wise 0855 dans une bande de 4,5 à 5,2 µm. Les mêmes longueurs d’ondes qui ont servi à étudier les émissions thermiques de Jupiter. Résultats : Le spectre révèle la présence de vapeur et de nuages. Et l’apparence globale du spectre est très similaire à celle de Jupiter. En outre, précisent les auteurs de l’étude, soumise à The Astrophysical Journal Letters et disponible sur ArXiv, le spectre obtenu en 13 nuits d’observation est d’assez bonne qualité pour se pencher sur les processus chimiques et dynamiques qui animent cette atmosphère. Comme ce que l’on a pu faire pour Jupiter, mais cette fois, sur un monde hors du système solaire.

Par Sophie Hoguin

Le Technocentre 3D, ou la conception 3D «as a service»

Le développement rapide de produits n’est pas à la portée de toutes les entreprises, en particulier les plus petites, faute de compétences, d’équipements et de budget. C’est de ce constat qu’est né le Technocentre 3D, hébergé dans un bâtiment de 1500 m2 à Toulouse. L’idée ? «Accompagner ces entreprises et mettre à leur disposition du matériel professionnel pour concevoir leur produit» explique Pascal Erschler, le gérant et fondateur.

Imprimantes 3D, scanners 3D, fraiseuses à commande numérique, thermoformeuses… Une quinzaine d’équipements servent à fabriquer des prototypes et des préséries. S’ajoutent huit stations de travail vouées à la CAO, équipées du logiciel Solidworks et d’autres logiciels métier. Le matériel de production ne vient pas de loin, puisque le Technocentre 3D partage les locaux avec les sociétés Kallisto et Aurore-Arka, spécialistes de l’activité. «Kallisto distribue et intègre des imprimantes 3D depuis 1999 et Aurore-Arka exerce dans le prototypage depuis 25 ans», ajoute Pascal Erschler, qui dirige également ces deux sociétés.

Un service technique à la demande

Davantage qu’un centre de production, le Technocentre 3D se veut un lieu d’accueil et d’accompagnement. «C’est un endroit unique où le service technique, y compris le matériel et le bureau d’études, est disponible à la demande, commente Pascal Erschler. Les entreprises peuvent louer un ingénieur à l’heure, si elles ont besoin de compétences techniques en vue de rencontrer un client, ou faire appel à notre cellule marketing/communication sur place. Elles peuvent se domicilier et louer mensuellement un bureau, une partie de la zone technique et une zone de stockage si besoin. Le Technocentre 3D compte une quinzaine de bureaux, de un à huit postes, et la location d’un bureau monoposte coûte 450 € HT/mois, charges incluses.»

Le Technocentre 3D est opérationnel depuis début juin et quelques locataires se sont déjà installés. «Une société d’engineering qui travaille dans le secteur du nucléaire est intéressée par la numérisation 3D pour l’intégrer au processus de démantèlement des réacteurs, décrit Pascal Erschler. Autre exemple, une petite société compte développer ici un guide chirurgical dentaire pour que le chirurgien dentaire gagne en précision pendant la pose d’un implant. C’est de la fabrication unitaire sur mesure, réalisée sur une machine qui coûte 90000 €.»

Pascal Erschler entend développer la panoplie de services : «on va mettre au point une offre de formation métier applicative pour l’enseignement des process. » Et compte bien entendu assurer la promotion de son outil : «nous organisons deux sessions de présentation par semaine, à l’attention d’industriels et d’entrepreneurs. Nous voulons démocratiser ces technologies.» L’inauguration officielle aura lieu début septembre.

Frédéric Monflier

Voxist, le répondeur auquel on jette un oeil

«Pas le temps d’écouter vos messages vocaux ? Lisez-les !» Le slogan de l’application mobile Voxist, dont la sortie est prévue sur iOS et Android à la fin de l’année, ne fait pas mystère de sa recette. «Pratique, Voxist est une messagerie visuelle qui convertit les messages audio en texte, explique Karel Bourgois, le fondateur. Le message vocal et sa traduction textuelle peuvent aussi être reçues par email. Autre intérêt : l’accueil personnalisé – une annonce attribuée à un interlocuteur – qui repose sur un brevet déposé par Orange, mon ex-employeur, dont Voxist possède la licence d’exploitation exclusive.»

La technologie de conversion est externalisée, via des interfaces de programmation (ou API, Application program interface). «Nos fournisseurs sont IBM, Microsoft, Vocapia… précise Karel Bourgois. Certaines de ces APIs sont plus ou moins adaptées à chaque vocabulaire. Nos indicateurs de qualité sélectionnent de manière transparente la bonne API et contextualisent le message pour améliorer la qualité de la conversion.» Laquelle n’est pas parfaite, admet-il : «L’interlocuteur ignore que son message vocal sera transcrit et ne fait donc pas d’effort de diction. Avec notre version alpha testée en interne, 78% des conversions ont cependant été jugées intelligibles.»

Un assistant de plus en plus interactif

Cette application n’est pas unique en son genre mais son concepteur tient à la différencier :  «Ce service existe chez Orange, pour 1 € par mois, mais la conversion est transmise par SMS. Apple a pour sa part annoncé sa disponibilité dans iOS 10. Mais encore faut-il qu’un accord soit signé entre l’opérateur et Apple pour que la messagerie visuel soit activée. Autre interrogation : la conversion sera-t-elle valable pour le français, alors que toutes les bêtas sont en anglais ? Enfin, l’iPhone doit être allumé et la technologie d’Apple opère après le répondeur. Voxist devient quant à elle le nouveau répondeur et nous avons l’ambition d’en faire un véritable assistant interactif.»

Des fonctions s’ajouteront ainsi régulièrement, comme la réponse directe à un message via SMS ou appel vocal. Voxist sera gratuite ou payante, moyennant abonnement, avec des fonctions premium à la clé (nombre illimité de conversions, etc). Elle est compatible avec tous les opérateurs, mais pas avec tous les forfaits prépayés. Une bêta publique sera ouverte en septembre prochain. L’enregistrement s’effectue sur le site web de la société.

Frédéric Monflier

Un bandeau connecté pour améliorer votre sommeil

Certains objets connectés se proposent d’analyser la qualité du sommeil. Dreem promet de faire mieux, c’est-à-dire d’améliorer la qualité du sommeil. Ce bandeau communicant et lié à une application mobile, via Bluetooth et WiFi, est le premier fruit de la start-up Rythm, née en 2014. Les deux cofondateurs, Hugo Mercier et Quentin Soulet de Brugière, sont en effet passionnés de neurosciences, en plus d’être jeunes polytechniciens. C’est à la suite d’une collaboration avec l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière qu’ils ont l’idée de créer Dreem. Le projet retient l’attention de plusieurs investisseurs, dont Xavier Niel, qui injectent plus de 10 millions d’euros.

Dans le principe, Dreem s’apparente à un véritable électroencéphalographe tel qu’utilisé en médecine : il mesure l’activité électrique du cerveau, grâce à ses cinq électrodes, trois d’entre elles étant placées à l’avant et les deux restantes à l’arrière. A la différence près que Dreem n’est pas qu’un appareil passif. A l’aide de cet électroencéphalogramme, son logiciel interne examine la «signature électrique » du cerveau et identifie la phase de sommeil dans laquelle le porteur se trouve (léger, profond ou paradoxal).

Ce bandeau produit ensuite des stimulations sonores – des bruits «roses» – qui se propagent par conduction osseuse et sont synchronisés avec l’activité cérébrale. Ainsi le sommeil profond, le plus réparateur, est-il induit. Favoriser l’endormissement est une autre fonction envisagée, ce qui pourrait plaire aux insomniaques. Dreem sera mise à l’épreuve en situation réelle dès cet été, dans un test qui impliquera quelque 500 volontaires. Sa commercialisation est prévue en 2017, à un prix qui n’a pas encore été déterminé.

Frédéric Monflier

Un boîtier connecté aide les éoliennes à fonctionner à plein régime

Les éoliennes ont beau s’appuyer sur des automatismes robustes et fiables, cette technologie éprouvée ne donne pas toujours son maximum. La faute à des dérives ou des réglages imprécis (équilibrage, orientation des pales, etc) susceptibles de pénaliser la production électrique de l’ordre de 5 %. Fondée en 2015, la jeune pousse Sereema a développé un boîtier connecté capable d’identifier ces défauts. «Les exploitants qui supervisent le parc éolien savent de cette manière si les performances sont optimales, ajoute Jérôme Imbert, le PDG. Quant aux équipes de maintenance, elles n’interviennent que si nécessaire. Notre dispositif éclaire et affine la vision de ces professionnels.»

Ce boîtier d’une trentaine de centimètres de long se pose sur l’éolienne même et sert à en étudier le comportement. «Il se fixe sur le mat, derrière la nacelle, précise Jérôme Imbert. Il est autonome, hormis l’alimentation électrique, mais ce n’est pas une contrainte sur une éolienne. Les capteurs embarqués – gyroscope, accéléromètre… – détectent les vibrations et les mouvements de la machine. D’autres données, comme les paramètres du vent, sont issues du logiciel SCADA (Supervisory control and data acquisition) utilisé par l’exploitant. Un premier niveau de traitement des données est appliqué dans le boîtier lui-même. Ces informations sont ensuite transmises via une liaison GSM dans le cloud, où s’effectue un second traitement, plus poussé. Enfin, un tableau de bord analytique et synthétique est mis à disposition de l’exploitant.» Un outil d’aide à la décision, en somme.

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Les méthodes alternatives pour obtenir un tel diagnostic sont moins précises ou plus coûteuses, estime Jérôme Imbert : «Les données du SCADA sont une source possible mais les valeurs moyennes ne sont produites que toutes les 10 minutes. Notre boîtier peut réduire l’intervalle de mesure à quelques centièmes de seconde. D’autre part, engager un expert est une opération onéreuse, sans garantie de résultats, car cette intervention n’est pas toujours nécessaire au final.» Des prototypes du boîtier «surveillent» depuis juillet 2015 cinq éoliennes implantées dans le sud de la France. Ils n’ont pas tardé à justifier leur présence. «Des risques aérodynamiques sur les pales ont ainsi été découverts, enchaîne Jérôme Imbert, et les équipes procèdent à des réglages correctifs.» Sereema cherche d’autres sites pilotes afin de perfectionner son dispositif.

Par Frédéric Monflier

Air Liquide : innovations au cœur du programme stratégique

Le groupe français Air Liquide vient de présenter son nouveau programme d’entreprise 2016-2020 baptisé NEOS. Il intègre notamment les synergies et la réorganisation majeure due à la récente acquisition de l’américain Airgas. Au niveau des performances, le groupe qui emploie plus de 68000 personnes dans le monde vise une croissance du chiffre d’affaires de 6 à 8% en moyenne annualisée et compte structurer son développement autour de trois leviers principaux : la transition énergétique et environnementale, les transformations du secteur de la santé, et la digitalisation de son activité.

Modèle pour l’usine du futur

Conscient que l’innovation sera au centre de sa croissance, Air Liquide a conçu le projet « Connect », une usine du futur, labellisée le 9 février 2016 « vitrine technologique » par l’Alliance pour l’Industrie du futur. Le projet, implanté en région lyonnaise, devrait être opérationnel d’ici 2017 grâce à un investissement de 20M€. Il a notamment la particularité de s’appuyer sur une centaine d’entreprises locales dont une dizaine de start-up.

Une stratégie d’innovation très active

Depuis 2013, Air Liquide appuie une partie de sa politique d’innovation en prenant des participations dans des start-up via  son fonds de capital risque ALIAD. Depuis le début 2016, quatre nouveaux investissements ont été engagés avec : le français  Carmat, (pile à hydrogène portable pour le secteur biomédical), l’américain Inpria (lithographie de circuits imprimés pour l’industrie des semi-conducteurs), le français Poly-Shape (extension de l’offre de gaz industriels pour l’impression 3D) et enfin l’américain Solidia Technologies (injection de CO2 remplaçant l’eau dans le durcissement d’un béton breveté, Solidia Concrete™, permettant de réduire de 70% l’empreinte environnementale de la filière du béton préfabriqué).

e-commerce : Airgas ouvre l’activité à la désintermédiation

Avec l’acquisition de l’américain Airgas, ce n’est pas seulement l’ouverture et une place de choix sur tout le marché américain que s’est offert Air Liquide, c’est aussi toute une structure et une expérience en matière de désintermédiation : Airgas réalise ainsi 10% de ses ventes sur internet. Un développement sur lequel le groupe planche déjà depuis quelques temps et qui pourra ainsi être accéléré.

Par Sophie Hoguin

Matières premières : la pénurie d’hélium n’aura pas lieu

Actuellement, nous ne savons pas produire l’hélium artificiellement (du moins de manière rentable hors d’un laboratoire). Et ce gaz, malgré son abondance dans l’univers, est peu présent sur Terre, tant dans l’atmosphère que sous terre. Par ailleurs, il n’est ni facile à capturer ni à stocker. Entre 2005 et 2012, les prix flambent car le principal fournisseur mondial, la réserve fédérale d’hélium américaine s’inquiète de la pérennité de ses installations vieillissantes et du coût pour les rénover. Les Etats-Unis qui représentent alors 80% de la production mondiale font peser la menace d’une pénurie sur ce marché de niche.

Qui a besoin d’hélium ?

Dans l’industrie, l’hélium sert principalement via deux voies : la création d’atmosphère inerte pour des procédés de fabrication de haute technologie (métallurgie, semi-conducteurs, fibres optiques, spatial etc.) et des process utilisant la cryogénie. En effet, à l’état liquide l’hélium est le gaz le plus froid sur Terre (-269°C). Il sert par exemple dans les circuits de refroidissement du nucléaire, ou dans le milieu médical, pour refroidir les aimants supraconducteurs des IRM. Un débouché en constante augmentation du fait de l’équipement de plus en plus rapide des pays émergents. La demande en hélium dans le secteur médical représente ainsi  actuellement un quart de la consommation mondiale (57 millions de m3 sur 220 millions consommés). A l’avenir, l’hélium pourrait aussi être de nouveau utilisé de manière massive dans le transport si les projets de dirigeables actuellement à l’étude venait à voir le jour (pôle Safe à Istres ou encore LTA Aérostructures au Canada).

Stocks et production

Aujourd’hui l’hélium est fourni comme co-produit des gisements de gaz naturel via un process de séparation par distillation. Jusqu’en 2013, les Etats-Unis (80%) étaient de loin le plus gros producteur suivis par l’Algérie (10%), la Russie et la Pologne. Mais depuis 2013, Air Liquide a fait construire une unité géante au Qatar (58 M m3 par an) pour les sociétés Ras Gas et Exxon, faisant du pays le deuxième producteur mondial fournissant à lui seul 25% de la production mondiale. Les ressources mondiales potentielles ne posent pas de problèmes, près de 50 milliards de mètres cubes seraient disponibles. La pénurie qui menaçait au début des années 2000 semble réellement s’estomper. Les grands acteurs industriels ayant pris conscience de la valeur de ce marché en croissance de 2-3% par an, les investissement reviennent pour assurer une production mondiale suffisante à un coût honnête. Ainsi, le russe Gazprom travaille actuellement sur plusieurs grands projets d’extraction d’hélium à partir de gisements de gaz naturel en Sibérie orientale.

Une méthode pour trouver de l’hélium facilement

La découverte d’un gisement géant d’hélium en Tanzanie marque une petite révolution sur ce marché. En effet, les chercheurs des universités d’Oxford et Durham qui ont travaillé avec la compagnie norvégienne Helium One ont pu montrer que des poches de gaz  contenant jusqu’à 10% d’hélium se trouvaient régulièrement à proximité des volcans ; l’activité volcanique ayant permis la libération massive de ce gaz. Le gisement repéré représenterait 1,5 milliard de mètre cubes. Mais surtout, cette méthode peut être appliquée à de nombreuses autres régions du monde et pourrait révéler d’importantes ressources supplémentaires permettant une extraction à relativement bas coût, sans être partie liée au marché du gaz naturel.

Par Sophie Hoguin

La fin des sacs plastique… ou pas

Trop polluant mais surtout mettant beaucoup trop de temps à se dégrader (en moyenne 400 ans pour une utilisation de 20 minutes), le sac en polyéthylène d’une épaisseur inférieure à 50 microns est définitivement banni des caisses des supermarchés, pharmacies, épiceries, etc. Il n’est plus ni distribué ni vendu. Cependant on pourra encore le trouver dans les rayons fruits et légumes ou chez le boucher et le poissonnier jusqu’au 1er janvier 2017.

Cinq milliards de sacs !

Cette mesure de la loi relative à la transition énergétique portée par Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, espère ainsi réduire l’empreinte néfaste du polyéthylène. Chaque année, rien qu’en France, 5 milliards de sacs à usage unique étaient distribués dont 80% étaient majoritairement importés d’Asie. Sans oublier les 12 millions de sacs utilisés pour emballer les fruits et légumes. Ils contribuaient ainsi à grossir chaque année un peu plus le septième continent, constitué de déchets et flottant sur l’océan Pacifique.

Le plastique ne fait pas pour autant ses adieux

Désormais, les consommateurs doivent donc opter pour des sacs en papier ou réutilisables qui peuvent être en plastique mais plus épais (supérieur à 50 microns), en coton, en toile de jute ou en dérivé du plastique comme le nylon ou le polypropylène tissé – qui sont des plastiques plus facilement recyclables. C’est donc la potentielle après-vie qui est déterminante, les plastiques devront donc être composés de matière organique comme l’amidon de maïs ou de pomme de terre pour être capables de se dégrader entièrement ou d’être recyclés dans des composts à domicile par exemple.

Création de 3000 emplois

Le ministère de l’Environnement parie sur l’essor des sacs biosourcés et compostables. « Le développement de nouveaux plastiques biosourcés permettra, en comptabilisant les emplois dans la recherche et le développement, la culture des végétaux qui serviront de base aux matières premières, la production de nouvelles résines composées de matière végétale et les usines fabriquant les produits biosourcés de créer 3 000 emplois sur le territoire national », peut-on lire dans un communiqué. Certaines entreprises françaises (SPhere, Barbier, Limagrain, Bagherra, Styl-Pack, La Française des Plastiques…) produisent déjà ce type de sacs.

Et la bataille est donc déjà engagée entre les industriels qui rivalisent tous d’ingéniosité pour proposer le sac du futur qui devra répondre aux critères de coût, d’étanchéité, de résistance, d’esthétisme et de recyclage bien-sûr.

Attention, les « oxo » sont aussi interdits

Enfin, les autorités mettent en garde contre les sacs dit « oxo-fragmentables » ou oxo-dégradables. A la suite d’un amendement déposé à l’Assemblée nationale stipulant que « Contrairement aux matériaux biodégradables, certifiés par la norme européenne EN 13432, et qui ne laissent à la fin du processus de biodégradation que du CO2 , de l’eau et de la matière organique ; les plastiques oxo-fragmentables se désagrègent en fines particules de plastique, le plus souvent du polyéthylène fossile, sans jamais atteindre la déstructuration moléculaire finale qui caractérise la biodégradation. Ces particules de plastique s’accumulent dans les milieux naturels avec pour conséquences une pollution des sols et une contamination de notre alimentation ».

Le législateur a pour le moment choisi d’inclure dans cette catégorie les plastiques oxo-biodégradables qui font encore débat, estimant que la biodégradabilité d’un matériau ne peut être validée officiellement qu’au regard de la norme EN 13432 et que ces plastiques étaient susceptibles de perturber la filière recyclage en France et en Europe.

Par Sophie Hoguin

Un trio nord-américain pour l’Ecologie

La photo est belle : les trois présidents progressistes du Canada, Etats-Unis et Mexique, réunis pour défendre l’écologie et les énergies propres. Dans la lignée de l’accord de Paris, les trois chefs d’Etat ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les objectifs sont ambitieux : « Par la présente, nous annonçons l’objectif historique pour l’Amérique du Nord d’atteindre une production d’énergie propre à hauteur de 50 pour cent d’ici 2025 (…) et de réduire de 40 à 45 pour cent ses émissions de méthane dans les secteurs pétrolier et du gazier d’ici 2025 », indique la déclaration commune officielle.

Collaboration

Le texte publié suite au Sommet d’Ottawa insiste sur la nécessaire collaboration entre les trois pays afin d’optimiser les investissements dans les sources de production propres. Ainsi, le texte souligne l’importance des interconnexions : « À l’heure actuelle, au moins six lignes de transmission sont proposées ou à l’étape de l’examen des permis, notamment la ligne de transmission du Grand Nord, la New England Clean Power Link et la Nogales Interconnection, qui ajouteraient environ 5 000 mégawatts à la capacité de transmission transfrontalière ».

Autre point : l’harmonisation. Les dirigeants estiment que la collaboration trilatérale concernant l’écologisation des initiatives passe aussi par l’achat de produits plus efficaces, d’énergie plus propre et de véhicules moins polluants. « Renforcer et harmoniser les normes sur l’efficacité dans les trois pays, faciliter le mouvement des produits, réduire la pollution et diminuer les coûts pour les consommateurs. Nous nous engageons à promouvoir l’efficacité industrielle et commerciale au moyen de la norme à adhésion volontaire ISO 50001 ainsi qu’à harmoniser dix normes sur l’efficacité énergétique ou procédures de mise à l’essai d’équipement d’ici la fin de 2019 », indiquent-ils.

Enfin, une attention particulière sera portée aux effets des polluants climatiques de courte durée de vie, comme le méthane, le carbone noir et les hydrofluorocarbures, jusqu’à des milliers de fois plus puissants que ceux du dioxyde de carbone. « Des mesures sensées visant à réduire ces polluants généreront, à court et à long terme, d’importants avantages sur le plan du climat et de la santé, ce qui favorisera l’atteinte de notre objectif de limiter la croissance du réchauffement planétaire au cours du présent siècle », est-il précisé.

Portée limitée

Si cette déclaration commune des trois pays d’Amérique du nord est une première, sa portée n’en reste pas moins limitée. Ce sommet a surtout été une occasion d’accorder les violons des trois gouvernements progressistes qui, une fois n’est pas coutume, se trouvent au pouvoir au même moment. Mais cette volonté d’harmonisation pourrait bien ne pas durer. Les Etats-Unis entrent dans une campagne présidentielle dans laquelle l’un des deux candidats, Donald Trump, ne cache pas son aversion pour la cause écologique. S’il venait a remporté l’élection suprême, il fait peu de doute que cette déclaration d’Ottawa deviendra lettre morte.

Au-delà des élections américaines, et malgré leur bonne volonté, les dirigeants nord-américains devront trouver plus que des mots pour sortir leur économie très dépendante des énergies fossiles. Pour rappel, en 2015, ces trois pays pesaient plus de 20% de la production mondiale de pétrole brut.

Par Romain Chicheportiche

Hinkley Point C : le CCE d’EDF rend copie blanche

« Délai extrêmement court et inadapté à un projet d’une telle ampleur », telle est la justification du CCE d’EDF pour justifier l’absence d’avis sur le projet Hinkley Point C. « La Direction d’EDF a fait le choix de refuser la communication des éléments d’information et documents demandés par le CCE et ses experts, et n’a apporté que quelques réponses très partielles et insuffisantes à ses questions », ajoute le CCE dans un bref communiqué. Son avis étant consultatif, la direction d’EDF a désormais les coudées franches pour annoncer une décision finale d’investissement à la rentrée.

Brexit

Les controverses sur le projet Hinkley Point C sont désormais de notoriété publique (voir ici ou ). Les doutes sur l’opportunité d’un tel investissement outre-Manche ont même atteint les plus hautes sphères du groupe avec la démission de Thomas Piquemal, directeur financier, en mars dernier. Des voix se sont élevés pour demander à la direction de repousser la prise de décision afin de mieux tirer profit des retours d’expérience des chantiers EPR existants. Une prudence qui se heurte à une volonté politique de voir aboutir ce dossier rapidement, notamment par la voie du ministre de l’Economie Emmanuel Macron.

Le Brexit complique un peu plus encore une situation qui n’était déjà guère à l’avantage des promoteurs du projet. Malgré des annonces rassurantes, les conséquences économiques et financières de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sont encore impossibles à prévoir, de sorte que tout investissement massif est sujet à davantage d’incertitudes. De surcroît quand l’investissement est réalisé en livres sterling (18 milliards £ pour les deux EPR) alors que le financement sera réalisé en euros (EDF a décliné les garanties du Trésor britannique). Une fois n’est pas coutume, Paris scrute avec intérêt le chaos politique issu du referendum britannique et attend la constitution du nouveau gouvernement pour confirmer son feu vert, d’ici septembre selon des sources proches du dossier.

Pour rappel, le projet Hinkley Point C prévoit la construction de deux EPR dont la mise en service est prévue pour 2025-2026. Cette centrale devra aider le Royaume a diminuer son empreinte carbone en fournissant 7% de la consommation britannique. Jean-Bernard Lévy, président d’EDF, rappelle à l’envi que le contrat signé avec les Britannique sera très profitable avec un MWh garanti à 92,5 livres sur 35 ans. Un prix très au-dessus du marché actuel mais qui ne variera pas en cas dépassement des coûts.

Par Romain Chicheportiche

Un fort champ électrique expliquerait l’absence d’eau sur Vénus

La communauté scientifique s’accorde à penser que Vénus abritait de très grandes quantités d’eau à sa surface il y a plus de 4 milliards d’années. Aujourd’hui, plus rien, des traces tout au plus. Plusieurs explications concomitantes contribuent à expliquer la disparition de cette eau. Une atmosphère très épaisse qui a induit un effet de serre tel que la température à sa surface (460°C) dépasse celle de Mercure. Les molécules d’eau se sont rapidement évaporées avant d’être séparées en ions hydrogène et oxygène sous les effets des vents solaires. Facilitant la fuite de l’oxygène dans l’espace.

Un champ électrique unique en son genre

Les scientifiques ont maintenant découvert que Vénus avait aussi un champ électrique substantiel, de l’ordre de 10V. Au moins 5 fois plus fort que ce à quoi l’on s’attendait. Sur Mars ou sur Terre, on a jamais réussi à en détecter un de manière formelle, bien que l’on suspecte l’existence d’un tel champ, mais ne dépassant pas les 2V. En effet, les électrons, plus légers, quittent plus facilement la gravité terrestre que les autres particules. Il en résulte une polarité dans l’atmosphère qui crée un champ électrique faible.

L’éjection de l’oxygène

Cependant, sur Terre ou sur Mars, les forces électromagnétiques font que les ions positifs et les électrons restent connectés entre eux, y compris lorsque ceux-ci sont sortis de l’atmosphère. Dans le cas de Vénus, le champ électrique est devenu suffisamment fort pour fournir l’accélération nécessaire aux ions oxygènes pour échapper aux forces gravitationnelles et sortir de l’atmosphère. Une explication supplémentaire à la disparition de l’eau sur la planète.

Deux ans de données nécessaires

Pour réussir à mesurer le champ électrique, les chercheurs ont dû patiemment collecter des données d’un spectromètre d’électrons embarqué sur Venus Express pendant 2 ans. Ils ont réussi à trouver 14 fenêtres d’une minute où la sonde était au bon endroit au bon moment pour mesurer le champ électrique. A chaque fois, ils ont pu le détecter. Mais pour le moment, il n’y a pas d’explication formelle pour la présence d’un tel champ. L’hypothèse la plus probable avancée est celle de la quantité de rayonnement ultraviolet reçu par Vénus. Deux fois plus importantes que sur Terre, il pourrait être à l’origine d’une quantité d’électrons libres beaucoup plus grande dans son atmosphère.

Les montagnes qui font briller les nuages

D’autre données de Venus Express sont en train d’être analysées et révèlent de nouveaux phénomènes vénusiens. Ainsi, une équipe internationale a étudié huit années d’évolution de la luminosité et de la vitesse de déplacement des nuages. Ils ont ainsi pu observer qu’au-dessus des reliefs, notamment Aphrodite Terra, les vents ralentissent (passant de 100m/s à 82m/s) et que les nuages sont plus lumineux (en UV). Les chercheurs pensent pour le moment que ce phénomène est généré par des ondes de gravité (vagues d’air circulant à la verticale à cause des reliefs). Cet apport vertical, étirerait la masse d’air à l’horizontale et provoquerait un vide d’air. Ce vide d’air emporterait avec lui, un composé qui absorbe les UV, rendant les nuages en aval des reliefs plus sombres (source Journal of Geophysical Research)

Sophie Hoguin

Evaluation de la pénibilité au travail

Quelles nouvelles règles en matière de pénibilité ? Ce qui a vraiment changé au 1er juillet

Six nouveaux facteurs sont à prendre en compte depuis le 1er juillet 2016. Il s’agit de :
– manutentions manuelles de charges
– postures pénibles
– vibrations mécaniques
– agents chimiques dangereux
– températures extrêmes
– bruit

Ces nouveaux facteurs s’ajoutent aux quatre facteurs de pénibilité à déclarer depuis le 1er janvier 2015 :
– activités exercées en milieu hyperbare
– travail de nuit
– travail en équipes successives alternantes
– travail répétitif
L’évaluation de l’exposition des salariés à ces facteurs doit être actualisée en fin de chaque année à partir de 2016. Les données sont à transettre à la CNAV par l’intermédiaire de la DADS, puis de la DSN (Déclaration Sociale Nominative). Elles permettront d’identifier les salariés concernés par des expositions supérieures aux seuils. Ils bénéficieront de points sur leur compte prévention pénibilité.

Les entreprises seront elles soumises à deux cotisations annuelles : une cotisation dite « de base », à laquelle elles seront toutes assujetties, et une cotisation dite « additionnelle», dépendante des conditions d’exposition des salariés.

Un défi pour les entreprises : comment appliquer la loi sans complexifier le travail des responsables HSE ?

La mise en œuvre opérationnelle de la loi implique, pour chaque poste de travail, d’évaluer l’exposition aux dix facteurs de pénibilité. Il s’agit de repérer les postes auxquels pour lesquels les seuils sont dépassés.

Pour le cas particulier de l’exposition aux agents chimiques dangereux, il faut commencer par réaliser l’inventaire des tous les produits et agents chimiques présents dans la structure, puis effectuer les évaluations pour chaque couple agent chimique/poste de travail. Ces évaluations font partie d’une démarche plus large d’évaluation et de gestion des risques dans l’entreprise, et sont à intégrer au Document Unique.

Les échéances : comment les envisager sereinement ?

Afin d’aborder calmement la fin d’année et ne pas se précipiter dans l’évaluation des différents facteurs de pénibilité, il est primordial de débuter la démarche en amont, dès aujourd’hui. Commencer cette réflexion maintenant, c’est se laisser le temps de choisir les méthodes d’évaluation les plus adaptées à sa situation, d’échanger avec les personnes et services concernés sereinement, et d’appréhender le logiciel choisi.

Important : le logiciel RiskEV n’est plus commercialisé
par Techniques de l’Ingénieur.

Un impact géant : le mystère de l’origine des lunes de Mars enfin percé

Deux études indépendantes et complémentaires apportent une réponse à cette question. Dans l’une, sous presse dansThe Astrophysical Journal, des chercheurs majoritairement du CNRS et d’Aix-Marseille Université excluent la capture d’astéroïdes et montrent que le seul scénario compatible avec les propriétés de surface de Phobos et Deimos est celui d’un impact géant. Dans l’autre étude, grâce à des simulations numériques de pointe, une équipe belgo-franco-japonaise montre comment ces satellites ont pu se former à partir des débris d’une collision titanesque entre Mars et un embryon de planète trois fois plus petit. Ces travaux, fruit d’une collaboration entre des chercheurs de l’Université Paris Diderot et de l’Observatoire royal de Belgique, en collaboration avec le CNRS, l’Université de Rennes 1 et l’institut japonais ELSI, sont publiés le 4 juillet 2016 dans la revue Nature Geoscience.

L’origine des deux lunes de Mars, Phobos et Deimos, restait un mystère. Par leur petite taille et leur forme irrégulière, elles ressemblent beaucoup à des astéroïdes, mais on ne comprend pas comment Mars aurait pu les « capturer » pour en faire des satellites en orbite presque circulaire, dans le plan équatorial de la planète. Selon une théorie concurrente, Mars aurait subi à la fin de sa formation un impact géant avec un embryon de planète ; mais pourquoi les débris d’un tel impact auraient-ils formé deux petits satellites plutôt qu’une énorme lune, comme celle de la Terre ? Une troisième possibilité serait que Phobos et Deimos se soient formés en même temps que Mars, ce qui impliquerait qu’ils aient la même composition que leur planète ; cependant, leur faible densité semble contredire cette hypothèse. Aujourd’hui, deux études indépendantes viennent conforter la théorie de l’impact géant.

Dans l’une d’elles, une équipe de recherche belgo-franco-japonaise propose pour la première fois un scénario complet et cohérent de formation de Phobos et Deimos, qui seraient nés des suites d’une collision entre Mars et un corps primordial trois fois plus petit, 100 à 800 millions d’années après le début de la formation de la planète. Selon ces chercheurs, les débris de cette collision auraient formé un disque très étendu autour de Mars, formé d’une partie interne dense, composée de matière en fusion et d’une partie externe très fine, majoritairement gazeuse. Dans la partie interne de ce disque se serait d’abord formée une lune mille fois plus massive que Phobos, aujourd’hui disparue. Les perturbations gravitationnelles créées dans le disque externe par cet astre massif auraient catalysé l’assemblage de débris pour former d’autres petites lunes plus lointaines. Au bout de quelques milliers d’années, Mars se serait alors retrouvée entourée d’un cortège d’une dizaine de petites lunes et d’une énorme lune. Plusieurs millions d’années plus tard, une fois le disque de débris dissipé, les effets de marée avec Mars auraient fait retomber sur la planète la plupart de ces satellites, dont la très grosse lune. Seules ont subsisté les deux petites lunes les plus lointaines, Phobos et Deimos (voir l’infographie en fin de communiqué).

À cause de la diversité des phénomènes physiques mis en jeu, aucune simulation numérique n’est capable de modéliser l’ensemble du processus. L’équipe de Pascal Rosenblatt et Sébastien Charnoz a dû alors combiner trois simulations de pointe successives pour rendre compte de la physique de l’impact géant, de la dynamique des débris issus de l’impact et de leur assemblage pour former des satellites, et enfin de l’évolution à long terme de ces satellites.

Dans l’autre étude, des chercheurs du Laboratoire d’astrophysique de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université) excluent la possibilité d’une capture, sur la base d’arguments statistiques et en se fondant sur la diversité de composition des astéroïdes. De plus, ils montrent que la signature lumineuse émise par Phobos et Deimos est incompatible avec celle du matériau primordial qui aurait pu former Mars (des météorites de la classe des chondrites ordinaires, des chondrites à enstatite et/ou des angrites). Ils s’attachent donc au scénario de l’impact. Ils déduisent de cette signature lumineuse que les satellites sont composés de poussières fines (de taille inférieure au micromètre).

Or, la très petite taille des grains à la surface de Phobos et Deimos ne peut pas être expliquée uniquement comme la conséquence d’une érosion due au bombardement par les poussières interplanétaires, d’après ces chercheurs. Cela signifie que les satellites sont composés dès l’origine de grains très fins, qui ne peuvent se former que par condensation du gaz dans la zone externe du disque de débris (et non à partir du magma présent dans la zone interne). C’est un point sur lequel s’accordent les deux études. Par ailleurs, une formation des lunes de Mars à partir de ces grains très fins pourrait être responsable d’une forte porosité interne, ce qui expliquerait leur densité étonnamment faible.

La théorie de l’impact géant, corroborée par ces deux études indépendantes, pourrait expliquer pourquoi l’hémisphère nord de Mars a une altitude plus basse que le sud : le bassin boréal est sans doute la trace d’un impact géant, comme celui qui a in finedonné naissance à Phobos et Deimos. Elle permet aussi de comprendre pourquoi Mars a deux satellites et non un seul comme notre Lune, aussi née d’un impact géant. Ce travail suggère que les systèmes de satellites formés dépendent de la vitesse de rotation de la planète, puisqu’à l’époque la Terre tournait très vite sur elle-même (en moins de quatre heures) alors que Mars tournait six fois plus lentement.

De nouvelles observations permettront bientôt d’en savoir plus sur l’âge et la composition des lunes de Mars. En effet, l’agence spatiale japonaise (JAXA) a décidé de lancer en 2022 une mission, baptisée Mars Moons Exploration (MMX), qui rapportera sur Terre en 2027 des échantillons de Phobos. L’analyse de ces échantillons pourra confirmer ou infirmer ce scénario. L’Agence spatiale européenne (ESA), en association avec l’agence spatiale russe (Roscosmos), prévoit une mission similaire en 2024.

© Antony Trinh / Observatoire Royal de Belgique Chronologie des événements qui auraient donné naissance à Phobos et Deimos. Mars est percutée par une protoplanète trois fois plus petite (1). Un disque de débris se forme en quelques heures. Les briques élémentaires de Phobos et Deimos (grains de taille inférieure au micromètre) se condensent directement à partir du gaz dans la partie externe du disque (2). Le disque de débris produit rapidement une lune proche de Mars, qui s'éloigne et propage ses deux zones d'influence comme des vagues (3), ce qui provoque en quelques millénaires l'accrétion des débris plus éloignés en deux petites lunes, Phobos et Deimos (4). Sous l'effet des marées soulevées par Mars, la grosse lune retombe sur la planète en quelques millions d'années (5), tandis que Phobos et Deimos, moins massifs, rejoignent leur position actuelle dans les milliards d'années qui suivent (6).
© Antony Trinh / Observatoire Royal de Belgique
Chronologie des événements qui auraient donné naissance à Phobos et Deimos.
Mars est percutée par une protoplanète trois fois plus petite (1). Un disque de débris se forme en quelques heures. Les briques élémentaires de Phobos et Deimos (grains de taille inférieure au micromètre) se condensent directement à partir du gaz dans la partie externe du disque (2).
Le disque de débris produit rapidement une lune proche de Mars, qui s’éloigne et propage ses deux zones d’influence comme des vagues (3), ce qui provoque en quelques millénaires l’accrétion des débris plus éloignés en deux petites lunes, Phobos et Deimos (4).
Sous l’effet des marées soulevées par Mars, la grosse lune retombe sur la planète en quelques millions d’années (5), tandis que Phobos et Deimos, moins massifs, rejoignent leur position actuelle dans les milliards d’années qui suivent (6).
© Université Paris Diderot / Labex UnivEarthS Vue d'artiste de l'impact géant qui aurait donné naissance à Phobos et Deimos et au bassin d'impact Boréalis. L'impacteur devait faire environ le tiers de la taille de Mars. A cette époque, Mars était jeune et possédait peut-être une atmosphère plus épaisse et de l'eau liquide en surface.
© Université Paris Diderot / Labex UnivEarthS
Vue d’artiste de l’impact géant qui aurait donné naissance à Phobos et Deimos et au bassin d’impact Boréalis.
L’impacteur devait faire environ le tiers de la taille de Mars. A cette époque, Mars était jeune et possédait peut-être une atmosphère plus épaisse et de l’eau liquide en surface.

Source : cnrs

Réalité augmentée, chatbots, fils d’actus : où va Facebook ?

Fin avril, Facebook annonçait avoir triplé ses bénéfices (1,5 milliards de dollars) au premier trimestre 2016, avec un chiffre d’affaire de 5,4 milliards. Pourquoi le réseau social se porte-t-il si bien ? Parce qu’avec 150 millions d’utilisateurs gagnés en 1 an, la plateforme propose au total aux annonceurs quelque 1,65 milliards de cibles potentielles.

Des bénéfices, mais un réseau social vieillissant

Pourtant, tout n’est pas si rose. 75 millions de nouveaux utilisateurs, soit la moitié des 150 millions acquis en 2015, viennent en fait d’Asie et de cette zone géographique que Facebook appelle “le reste du monde”, et que nous connaissons sous le terme de “pays émergents” – autrement dit, des marchés pas encore “matures” où le réseau social commence enfin à se faire connaître.

Et si les bénéfices sont là, c’est surtout parce que l’ARPU (revenu moyen par utilisateur) est boosté par la publicité sur le mobile. Ainsi, ses recettes publicitaires ont grimpé de 57% pour atteindre 5,2 milliards de dollars, dont 4,2 milliards (82 %) encaissés pour des annonces regardées sur des smartphones.

Derrière ces chiffres, se cache une autre réalité : Facebook est de plus en plus annoncé comme vieillissant. Facebook ne semble plus avoir vraiment la cote, face à Instagram et Snapchat – et régulièrement, on entend parler d’ados décrivant un “réseau social de vieux”, sorte de “façade” où donner une belle image de soi, et où parents et adultes ne sont jamais très loin. Même si une enquête de ComScore montre que les 18-34 ans passent encore beaucoup de temps sur Facebook, devant Snapchat, Twitter, Tumblr ou Pinterest, une étude du Pew Research Center note “un enthousiasme déclinant des jeunes » pour la plateforme.

Facebook s’inquiète aussi d’une baisse progressive de la publication de statuts “personnels”, les internautes préférant de plus en plus partager des informations circulant dans leur “newsfeed”, plutôt que de risquer de partager des publications trop “personnalisées” avec le tout venant – dans un espace “public” laissant de moins en moins de place à la vie privée.

Des chatbots proactifs sur Messenger

Pour continuer à générer des profits, Facebook essaie de se diversifier, au maximum. D’abord, en se jetant la tête la première dans le grand bassin de l’intelligence artificielle. Ses applications de messagerie instantanée, Messenger (900 millions d’utilisateurs) et WhatsApp (plus d’un milliard d’utilisateurs), fonctionnent du feu de Dieu. Alors, Mark Zuckerberg s’est lancé dans la création (par son entreprise, mais aussi par des développeurs volontaires) de robots conversationnels, ou “chatbots”, avec l’idée de permettre à l’utilisateur d’être en relation directe avec les entreprises via Messenger, via une discussion.

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Pour Facebook, il faut ainsi penser à “l’ère post-applications”, et tout rendre accessible au même endroit, afin de pouvoir commander des fleurs ou réserver une chambre d’hôtel avec un chatbot sur Messenger, sans avoir besoin d’installer une appli. Son idée est donc de créer des robots “intelligents”, des I.A. capables d’analyser nos demandes et d’anticiper nos besoins. “M”, l’assistant personnel “proactif” (en cours de déploiement) de Facebook sur Messenger, “exécutera des tâches pour vous, achètera des articles, fera livrer des cadeaux à vos proches, réservera un restaurant, un voyage…”, promet Mark Zuckerberg.

Pour l’instant, les chatbots se révèlent encore bien trop lents et peu efficaces, quand ils ne sont pas carrément agaçants lorsqu’ils ne comprennent pas nos requêtes. Mais l’idée est là et Facebook mise à fond sur le Deep Learning pour améliorer ses bots, qui permettront de monétiser Messenger. Car Facebook compte bien glisser de la pub et des “messages sponsorisés” dans les conversations des chatbots. Selon TechCrunch, “si les robots sur Messenger réussissent, Facebook pourrait introduire ses chatbots sur WhatsApp”. Et monétiser cette appli à son tour.

La réalité virtuelle pour garder les jeunes ?

Pour changer radicalement son réseau social, Facebook compte aussi sur la réalité virtuelle (VR), afin de permettre à ses utilisateurs de tout partager dans des “univers virtuels”.

Couplée aux chatbots, la VR est une future “plateforme sociale”, qui permettra à Facebook de “connecter les gens”, où qu’ils se trouvent dans le monde. Munis d’un casque Oculus Rift ou Gear VR, les utilisateurs pourront filmer ce qu’ils voient, et partager des “expériences” avec leurs proches. Pour cela, ils filmeront des vidéos, en live, à 360 degrés, avec la dernière caméra futuriste de la firme, la Facebook Surround 360, et créeront des “vidéos immersives”.

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Pour Mark Zuckerberg, à terme, nous n’utiliserons même plus de casques, mais des lunettes, mixant la réalité augmentée des Google Glass et la réalité virtuelle. “Imaginez que vous visitiez un monument. Avec vos lunettes Facebook, vous pourriez découvrir qu’un ami s’est rendu au même endroit l’année précédente, voir flotter devant vous ses commentaires, ajouter les vôtres”, rêve Mashable.

Et si vous passez devant un resto, pourquoi ne pas imaginer un chatbot apparaître devant vous pour vous donner des conseils ? Une chose est certaine : “il y aura de la publicité dedans”, assure Mark Zuckerberg, qui planche aussi, à travers Oculus, sur un projet de “salons virtuels”, dans lesquels se retrouver entre amis pour discuter, regarder des vidéos et jouer, en direct – “Social Alpha”.

De nouveaux fils d’actu thématiques

Facebook n’oublie bien sûr pas sa plateforme en tant que telle, en préparant la refonte de son fil d’actu. Moins encombrée par les photos, les statuts, les vidéos et les news, la nouvelle interface (pour smartphones) serait mieux structurée, plus agréable à parcourir… et permettrait de dissocier les “news personnelles” et les informations (ciblées) émanant des sites “likés”. Une façon de faire de Facebook un “super-agrégateur” de contenus, tout en permettant à ceux préférant les status “personnels”, de mieux les retrouver.

Evidemment, Facebook compte continuer à draguer de nouveaux utilisateurs dans les pays émergents, afin de continuer à accroître sa base clients et donc ses bénéfices tirés de la pub. Ainsi, Mark Zuckerberg a-t-il confié à son laboratoire, le “Connectivity Lab”, la mission de “connecter le monde entier” grâce à des drones, des lasers et des satellites.

Par Fabien Soyez

Les failles de sécurité font de la résistance

Régulièrement, les éditeurs de logiciels et de systèmes d’exploitation publient des correctifs de sécurité. Mais toutes les entreprises n’assurent pas ce SAV avec le même professionnalisme et la même rapidité. Cette situation n’est pas du tout récente.

Mais la publication de rapports représente l’occasion de rappeler qu’elle est à haut risque.

Ainsi, le rapport Security Intelligence (SIR) de Microsoft révèle que la faille CVE-2010-2568 a été découverte « il y a 6 ans en 2010 à l’occasion du fameux virus Stuxnet, cyber arme de sabotage des infrastructures nucléaires Iraniennes » comme le précise Silicon.fr.

Or cette vulnérabilité concerne encore des postes de travail fonctionnant sous Windows 8, Windows 7, Vista, XP, Server 2008 et Server 2003. Sur ces ordinateurs et serveurs, les mises à jour de sécurité n’ont donc pas été appliquées…

Il y a quelques mois, le Cyber Risk Report de HP avait fait le même constat inquiétant : « la majorité des exploits analysés par notre équipe se reposent sur d’anciennes vulnérabilités ». Et dans ce rapport, HP avait cité des failles exploitant du code présent dans des fonctionnalités obsolètes, au sein d’Adobe Reader ou de… Microsoft Office par exemple. À ce propos, en novembre 2014, Microsoft avait corrigé une faille présente depuis… 19 ans dans ses différents systèmes d’exploitation, c’est-à-dire – au moins – depuis Windows 95 !

Les systèmes d’exploitation pour téléphones ne sont pas épargnés. Il y a quelques jours, des experts en sécurité informatique ont découvert une faille qui sévit sur les smartphones Android depuis 2011. Le plus inquiétant est que cette faille ne sera jamais corrigée sur certains appareils (ceux embarquant des puces Qualcomm et tournant sous Android Jelly Bean 4.3). De son côté, Apple a corrigé en janvier dernier une vulnérabilité repérée pour la première fois en 2013.

Si les vieilles failles ne sont pas encore corrigées sur tous les postes de travail, il y a aussi des vieux virus qui ne sont toujours pas détectés et qui représentent donc encore une menace. Organisé en 2010 à Paris par l’ESIEA (une école d’ingénieurs), le challenge PWN2KILL avait été redoutable pour les principaux antivirus du marché.

Lors de ce concours, des hackers devaient désactiver des ordinateurs protégés par des antivirus. Certains poids lourds censés protéger les PC contre les codes malveillants n’avaient pas résisté plus de quelques minutes. « Le plus inquiétant est que sur une échelle de 1 à 10, le niveau technique moyen des attaques était de 4 environ. Face à des attaques plus sophistiquées, le résultat aurait été encore plus désastreux. Autre constat alarmant : une des attaques reposait sur un code malveillant de trois lignes, vieux de dix ans et montré sur YouTube. Or, il a mis K.O tous les antivirus ! », avait constaté Éric Filiol, coorganisateur du challenge.

Philippe Richard

Eolien : l’Europe en ordre de bataille

Après l’Europe, le monde

L’énergie éolienne est désormais une énergie significative en Europe. Fin 2015, près de 142 000 MW éoliens étaient installés sur le Vieux continent contre quasiment rien il y a 15 ans. Le vent couvre désormais plus de 11% de la demande électrique et le secteur emploie 255 000 personnes. Une prouesse permise par une politique pro-énergies renouvelables élaborée par l’Union européenne et appliquée avec plus ou moins de volonté selon les Etats-membres. Ainsi, l’Allemagne caracole en tête avec un parc éolien de 45 GW, suivi de l’Espagne (23 GW), le Royaume-Uni (14 GW) et la France (10 GW).

L’essentiel de ces capacités est installé sur terre mais la multiplication des problématiques foncières, militaires et d’acceptabilité ont poussé les développeurs à s’intéresser à l’offshore. C’est le nouveau défi technologique auquel s’est attaqué l’industrie éolienne. Là-encore, l’Allemagne et le Royaume-Uni font office de précurseurs. La France elle aussi a pris le train en marche en attribuant, par appel d’offres, 6 parcs éoliens en mer (cumulant 3 000 MW) dont la mise en service est prévue pour 2021.

En attendant le retour d’expérience de ces premiers parcs éoliens marins, les spécialistes du secteur sont allés chercher de nouveaux relais de croissance à l’étranger, suite à la baisse des subventions européennes pour les installations à terre. Les marchés mexicain, brésilien, nord-américain et indien font office d’El Dorado grâce à des conditions naturelles propices et un cadre réglementaire incitatif. Ainsi le Mexique, invité d’honneur de la conférence madrilène, et historiquement pays pétrolier, a entamé une véritable transition énergétique. Le gouvernement s’est fixé des objectifs ambitieux en matière d’éolien : 9 500 MW installés en 2018, soit 25% du mix électrique ! Mexico espère dépasser la barre des 30% en 2021 pour plafonner autour de 36% à partir de 2024. « Il y a des règles transparente et une bonne visibilité. Tout est réuni pour que le Mexique réussisse son pari », se félicite Félix Núñez, president d’Aldesa Industrial.

Concentration

Pour attaquer ces nouveaux marchés, les acteurs européens de l’éolien se sont rapprochés. En l’espace de quelques mois, le secteur a vu se multiplier les opérations de fusions/acquisitions : l’Allemand Nordex qui rachète l’Espagnol Acciona, le mariage officialisé en juin entre Siemens et Gamesa et enfin le rachat par General Electrics du fleuron industriel français Alstom. « Il s’agit d’un mouvement (de concentration) naturel qui correspond à un certain state de maturité du secteur. Nos besoins d’investissement et de R&D vont aller grandissant, nous avons donc besoin d’être plus fort », indique Ricardo Chocarro, directeur de Gamesa pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Une stratégie de renforcement accélérée par la montée en puissance des acteurs chinois. Ainsi l’année dernière, pour la première fois, une compagnie chinoise, Goldwind, est devenu le premier installateur mondial de turbines éoliennes. Une performance permise par un marché domestique fabuleux. « Jusqu’à maintenant, leur marché local leur suffisait, mais cela ne va sans doute pas durer », conclue Pablo Finkielstein, directeur de la division éolienne et renouvelables de Siemens.

Par Romain Chicheportiche, à Madrid

110 prix Nobel défendent les OGM

Selon 110 lauréats du prix Nobel, majorairement primés pour leurs travaux en physique, chimie et médecine, l’opposition systématique des associations aux OGM menace la sécurité alimentaire mondiale. Ces signataires, parmi lesquels figurent 4 Français –  Claude Cohen-Tannoudji (physique), Roger Guillemin (médecine), Serge Haroche (physique) et Jean-Marie Lehn (chimie) – demandent à l’organisation écologiste d’ « abandonner leur campagne contre les OGM en général et contre le riz doré en particulier ». Ils exhortent également les gouvernements du monde entier à rejeter ces campagnes et « faire tout ce qui est en leur pouvoir pour s’opposer aux actions de Greenpeace et accélérer l’accès des agriculteurs à tous les outils de la biologie moderne », en particulier les semences génétiquement modifiées.

D’après les prix Nobel, toutes les études des agences scientifiques et réglementaires à travers le monde montrent que les OGM « sont aussi sûrs, sinon plus, que ceux provenant de toute autre méthode de production ». Ils seraient aussi meilleurs pour l’environnement et pour la biodiversité. Par ailleurs, « il n’y a jamais eu un seul cas confirmé d’un résultat négatif sur la santé pour les humains ou les animaux dû à leur consommation », notent-ils. Mais comme le relève Greenpeace, affirmer que les OGM sont bons pour la santé, l’environnement et la biodiversité peut paraître surprenant. Les plantes deviennent de plus en résistantes au Roundup, l’herbicide total associé aux OGM de Monsanto, les cas de contamination croisées à cause des disséminations sont inquiétants et il n’y a jamais eu de réelle évaluation de l’impact sanitaire des OGM sur le long-terme… Mise à part celle de Gilles-Eric Séralini qui a été approuvée avant d’être rejetée puis finalement republiée dans la revue scientifique Environmental Sciences Europe.

Lire aussi : Les nouveaux OGM en débat !

Du riz doré pour de la bonne vitamine A?

Les signataires tiennent particulièrement à défendre le riz doré, un riz génétiquement modifié enrichi en vitamine A. Ils affirment que cet OGM a le « potentiel de réduire ou d’éliminer la plupart des décès et maladies causés par une carence en vitamine A ». Un fléau touchant 250 millions de personnes, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

Wilhelmina Pelegrina,  chargée de campagne à Greenpeace pour l’Asie du Sud-Est répond à ces accusations. « Le riz doré a échoué en tant que solution et n’est actuellement pas disponible à la vente, même après plus de 20 ans de recherche. Comme admis par l’Institut international de recherche sur le riz, il n’a pas été prouvé qu’il pouvait réellement diminuer les carences en vitamine A. Donc, pour être clair, nous parlons de quelque chose qui n’existe même pas », insiste-t-elle. Elle rappelle enfin que les entreprises agrochimiques mettent en avant le riz doré pour faire approuver les cultures résistantes aux herbicides dans l’opinion publique.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Ingénieurs : la photo socio-professionnelle de 2015

Cette enquête annuelle de l’IESF est sans conteste une référence pour révéler les évolutions au sein de la population des ingénieurs. Via un questionnaire distribué par 125 associations et quelques 55000 répondants, cette enquête fournit un bon panorama sur la situation des ingénieurs.

Toujours plus de femmes

La France compte toujours plus d’ingénieurs : près d’un million en 2015 (dont 780 000 en activité) contre 680 000 en 2009.

Si les femmes ne représentent qu’un cinquième toutes générations confondues, leur proportion augmente régulièrement. Ainsi, elles constituent 29% des diplômés 2015 (11000 sur 38000 nouveaux ingénieurs) alors qu’elles ne comptaient que pour 10% en 1980. Leur présence est cependant très inégale : elles se dirigent surtout vers la chimie et l’agro-alimentaire et sont sur-représentées dans la fonction publique.

L’expatriation reste stable

Comme pour les années précédentes, le nombre d’ingénieurs qui exercent à l’étranger est assez stable autour de 16%, soit un ingénieur sur 6. L’Europe reste la principale destination de travail (plus de 70000 ingénieurs français y travaillent) et les trois pays d’accueil principaux sont la Suisse, l’Allemagne et le Royaume-Uni. L’expatriation en Asie commence à être vraiment visible (plus de 17000 ingénieurs dont quelques 10 000 rien que pour la Chine). Les deux Amériques gardent bien sûr une belle part (plus de 24000 ingénieurs dont 14500 aux USA).

Bonnes rémunérations au rendez-vous

Même si le salaire médian brut n’a pas beaucoup évolué depuis 2008, les ingénieurs ne sont pas à plaindre, avec 56000 euros par an, ce salaire médian est 17% au-dessus de celui de l’ensemble des cadres. Les rémunérations sont relativement homogènes puisque l’écart entre les 10% les moins bien payés et les 10% les mieux payés est de 1,5 à 25 ans et de 3 à 60 ans. On note cependant toujours un écart significatif entre la rémunération des hommes et des femmes : salaire médian de 48000 euros pour elles, 59000 euros pour eux et en fin de carrière l’écart se creuse encore 85000 contre 100 000 euros. L’insertion dans le monde du travail semble aisée et les ingénieurs sont plutôt épargnés par le chômage : 4,4% de chômeurs dont 1,3 % en recherche de premier emploi.

Des jeunes plus entrepreneurs et consultants

La part de l’entrepreneuriat dans la population des ingénieurs est en constante augmentation. 18% d’entre eux ont déjà créé ou repris une entreprise. Les plus actifs en la matière sont les plus âgés (50-64 ans), mais les jeunes ne sont pas en reste. Mieux et plus formés sur le sujet (26% des moins de 30 ans ont été préparés à l’entrepreneuriat pendant leurs études contre 7% dans la tranche 40-49 ans), ils hésitent moins à se lancer, notamment via le statut d’auto-entrepreneur ou en passant par du portage salarial. Cette tendance s’accentue tout comme celle du consulting. Ainsi, 100 000 ingénieurs se déclarent « consultants » dont 16% des moins de 30 ans. Ils peuvent être indépendants ou salariés de sociétés de services ou de cabinet de conseil. Des secteurs qui embauchent énormément : 25% des ingénieurs du secteur du conseil ont été recrutés en 2015 et un tiers des diplômés 2014 et 2015 travaillent dans une société de services ou de conseil.

Par Sophie Hoguin

The Ocean Cleanup: premier prototype en Mer!

Le premier prototype de Boyan Slat est installé en mer depuis le 23 juin, à 23 km des côtes néerlandaises, au large du port de Scheveningen (La Hague). Durant un an, sa barrière flottante de 100 m de long, équipée de bouées auxquelles sont suspendues des filets d’1,5 m de long, sera mise à dure épreuve dans des conditions météorologiques extrêmes. Le site d’essai en mer du Nord a été choisi pour la puissance des courants liés à la marée. « Les conditions au cours d’une tempête mineure sont plus sévères que celles des tempêtes exceptionnellement lourdes (survenant une fois tous les 100 ans) dans l’océan Pacifique », explique Boyan Slat.

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Grâce à des caméras et des capteurs, la résistance aux vagues et courants sera scrutée au peigne fin.  Ce prototype est conçu pour supporter des charges de 80 tonnes et pour capturer les fragments de plastique jusqu’à 1 mm de diamètre. Ce test permettra d’améliorer la résistance du système pour construire un premier système pilote opérationnel fin 2017, entièrement résistant à des conditions sévères.

Fondée en 2013 par Boyan Slat, alors âgé de 18 ans, la fondation The Ocean Cleanup, basée à Delft aux Pays-Bas, emploie aujourd’hui près de 50 ingénieurs et chercheurs. Ce premier prototype aura coûté 1,5 million d’euros. Un tiers a été financé par le Gouvernement des Pays-Bas, un tiers par l’entreprise maritime d’assistance aux projets offshore Boskalis et un tiers par un philanthrope anonyme. Par ailleurs, une campagne de crowdfunding avait rapporté plus de 2 millions d’euros en septembre 2014. Ce montant a notamment permis de réaliser les premiers tests et une séquence d’expéditions de reconnaissance à l’été 2015 dans le gyre du Pacifique Nord.

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Du prototype au système final

La barrière agit comme un littoral artificiel, capturant et concentrant les déchets, grâce à l’énergie fournie par le mouvement de la houle et des vagues. Pour Boyan Slat, « un résultat positif de ce test devrait nous mettre sur la bonne voie pour déployer le premier système pilote opérationnel à la fin 2017 ».

D’ici 2020, l’objectif est de déployer deux barrières flottantes de 50 km de long, en forme de « V » et arrimés aux fonds marins, entre Hawaii et la Californie, au coeur du gyre du Pacifique Nord. Grâce un rideau de filets plongeant dans l’eau sur trois mètres de profondeur, ils bloqueront les plastiques de l’océan. Ces déchets seront alors rabattus vers un container capable de stocker 3000 m3 de matière. Selon Boyan Slat, une telle structure pourrait nettoyer environ la moitié du Pacifique nord en 10 ans.

La barrière finale sera consacrée au nettoyage des 5 gyres présents dans les océans au niveau mondial. Ce projet permettra de retirer les grands objets en plastique, comme les bouteilles, avant qu’ils ne se réduisent en micro-fragments. Il ne résoudra cependant pas le problème des micro-plastiques déjà présents en mer ou qui seront relâchés à l’avenir par les usines ou encore les stations d’épuration. Pas plus que la pollution présente en mer Méditerrannée ou le long des côtes. Pour se débarrasser pleinement de cette pollution, cette solution doit s’intégrer dans une lutte globale (plus de précisions : Pollution des micro-plastiques : quelles solutions ? ).

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Google : entre informatique et innovations

En août 2015, Google connait une importante réorganisation. Le groupe Google, devenu le groupe Alphabet, comprend désormais 38 filiales. On peut distinguer 7 branches principales, regroupant une ou plusieurs filiales : Google, recherche, santé, urbanisme, domotique, fournisseur d’accès à Internet et Investissements.

Alphabet : qui fait quoi?

La filiale Google garde les marques les plus connues du grand public dont les activités concernent Internet ou l’informatique, tel que le moteur de recherche, YouTube, Android, Google Play, Google Livres, Google Adwords et Adsense… La recherche concernant les technologies du futur se fait au sein du laboratoire X. ATAP est la branche R&D de la filiale Google sur le numérique du future, racheté à Motorola en 2013. Elle cherche à s’ancrer dans la réalité avec des échéances beaucoup plus courtes.

La division Life Sciences (santé) comprend Calico, l’entreprise spécialisée dans la lutte contre le vieillissement, et travaille, entre autres, sur des projets liés à l’ADN ou aux lentilles de contact connectées. On y trouve aussi Lift Labs, une entreprise spécialisée dans la création de couverts adaptés pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Les autres grandes filiales d’Alphabet sont Nest (domotique et objets connectés), Fiber (fournisseur d’accès à Internet),  Sidewalk Labs (technologies et urbanisation pour les smart cities), Capital (finance), et Ventures (investissements).

Quel est le chiffre d’affaires des filiales?

La filiale Google représente à elle-seule presque tous les bénéfices. Son chiffre d’affaires s’élève à 74,54 milliards de dollars en 2015,  en hausse de 13,5% par rapport à 2014. Son résultat opérationnel est en hausse de 23%, à 23,4 milliards. Cette hausse de résultat (+4,42 milliards d’euros) permet de financer les pertes essuyées par les autres filiales d’Alphabet. Le résultat opérationnel des autres filiales accuse en effet une perte de 3,57 milliards d’euros en 2015. Alphabet, dans son ensemble, augmente son bénéfice net de 12 % sur l’ensemble de l’année, à 15,8 milliards de dollars.

Alphabet exige désormais des retours sur investissements plus rapides à ses filiales. Gare aux entreprises non rentables! Le Financial Times révèle que la holding cherche ainsi à se séparer du fabricant de robots Boston Dynamics, une entreprise que Google avait racheté en 2014. La raison : l’entreprise ne serait pas en mesure de concevoir un produit commercialisable dans les prochaines années.

Miser sur le futur : X et Google ATAP

Le laboratoire X travaille sur de nombreux projets innovants, dont les plus connus sont les lunettes connectées (Google Glass) et les voitures autonomes (Google Cars). Mais les équipes travaillent sur d’autres sujets : des ballons délivrant une connexion Internet équivalent à la 3G (projet Loon), des drones volants autonomes (Projet Wing) et des turbines volantes capables de produire de l’électricité avec la force du vent (Makani Power).

ATAP développe des produits qui sont également très attendus. Par exemple, la technologie du projet Tango permet de modéliser l’environnement en 3D en temps réel. Le constructeur chinois Lenovo a intégré la technologie dans son smartphone Phab Pro 2. Le Projet Jacquard développe de son côté des composants pour connecter n’importe quel textile. Première commercialisation issue du projet, une veste en jeans sera vendue par Levi’s au printemps 2017. Le projet Ara de smartphone modulaire auquel on peut ajouter ou retirer n’importe quel module (caméra, mémoire, capteurs,…) devrait être commercialisé en 2017. Enfin, le projet Soli développe quant à lui un micro-processeur agissant comme un radar détecteur de mouvements. Il permet d’utiliser ses mains et ses doigts pour interagir avec des appareils, sans avoir à les toucher. Sa date de commercialisation n’est pas encore annoncée.

Le pari de l’intelligence artificielle

Google mise sur l’intelligence artificielle pour faire progresser ses produits, qu’il s’agisse de reconnaissance vocale, de traduction automatique, de reconnaissance d’images ou de recommandations de vidéos sur YouTube.

Google Brain est son équipe consacrée au « deep learning » ou « apprentissage statistique profond», une technologie qui bouleverse le champ de l’intelligence artificielle. DeepMind, une start-up rachetée par Google en 2014, a développé AlphaGo, le premier programme capable de battre l’humain au jeu de go. Le 16 juin 2016, Google a ouvert son troisième grand pôle de recherche sur l’intelligence artificielle à Zurich, baptisé Google Research Europe.

Les recherches viseront à améliorer la compréhension et le traitement automatique du langage naturel, afin de construire des applications capables de « comprendre » le langage et ne plus se contenter d’analyser des mots-clés. L’idée sera aussi de développer la perception artificielle pour qu’une machine puisse faire des déductions. Ce domaine s’attaque à la difficulté d’analyser et d’interpréter des images, des sons, de la musique ou des vidéos. Enfin, le laboratoire consacrera une équipe à la recherche fondamentale sur le deep learning pour en comprendre les rouages.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Brexit : Londres saura-t-elle retenir start-up et géants de la tech ?

Évidemment avec ses trentenaires europhiles, la tech anglaise n’a pas voté en faveur du Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ayant été surtout approuvée ce jeudi 23 juin par des Anglais de plus de 60 ans. Maintenant, reste à se positionner dans une nouvelle donne financière, réglementaire et administrative  que personne ne peut encore prévoir. Et de longs mois de négociations seront nécessaires pour savoir de quoi demain sera fait. Une incertitude que les investisseurs n’aiment pas en général.

Start-up : Londres, première place d’investissement en Europe

En Europe, Londres est de loin la première place européenne pour le développement des start-up. Sur ces trois derniers mois, l’incertitude liée au Brexit a déjà ralenti certaines décisions d’investissements et diminué les levées de fonds. Cependant, beaucoup d’acteurs restent confiants dans le dynamisme et l’attractivité de la capitale britannique. Ainsi, Albin Serviant, coordinateur de la French Tech Londres et PDG d’Easyroommate, dans une interview à L’Usine digitale, rappelle : A Londres, « l’écosystème est très compétitif mais cela tire tout le monde vers le haut et Londres sera toujours le meilleur endroit pour se préparer à attaquer le marché américain. On ne vient pas au Royaume-Uni pour la sécurité… ». Et si certains fonds vont hésiter, d’autres ont d’ores et déjà renouvelé leur confiance tel Partech Ventures (fonds d’investissement transatlantiques avec des bureaux à Paris, San Francisco et Berlin), qui a annoncé dès le 23 juin, qu’il continuerait d’investir à Londres, où ils ont investi ces douze derniers mois autant qu’aux États-Unis et plus que dans n’importe quel autre pays d’Europe.

Les fonds européens iront ailleurs

Le problème du financement se pose aussi et surtout pour tous ceux qui profitent de la manne européenne (programme Horizons 2020, plan Junker ou tout simplement la banque d’investissement européenne). La continuité de leur financement pourrait être soumise à une obligation de déménager sur le territoire de l’Union. Enfin, pour ce qui est de lancer une start-up, les écosystèmes du continent devraient devenir plus attractifs grâce à leur très nombreuses solutions financières d’amorçage en provenance des États complétés par des fonds européens.

Délocaliser en dur ou… en virtuel ?

Beaucoup de pays continentaux ont déjà préparé l’offensive. En premier lieu, l’Allemagne qui espère bien voire migrer nombre d’entreprises de la fintech de Londres vers Francfort. Et dont la ville de Berlin, en la personne de Cordelia Yzer, sa sénatrice chargée de l’économie et des technologies, s’est déjà vanté de posséder l’écosystème idéal pour accueillir les start-up du numérique et qui a lancé un « You’re welcome » à tous les jeunes britanniques qui voudraient émigrer. Pour beaucoup, ce sont surtout les investissements futurs qui vont être repensés. Et là, Londres sera donc en concurrence avec d’autres places montantes : Berlin, Paris, Dublin, Milan ou encore Stockholm.

Enfin, reste l’option de l’e-délocalisation. Une solution évoquée par le journaliste Rory Cellan-Jones dans un article de la BBC : une e-résidence en Estonie pour rester au Royaume-Uni et avoir ses entrées dans l’Union. Un site internet dédié au sujet et dont la fréquentation aurait décuplée dans les jours suivants le référendum !

Où iront les jeunes talents ?

Londres, comme d’autres écosystèmes liés à l’essor du big data, de l’intelligence artificielle et du numérique en général fait face à une pénurie d’ingénieurs : près d’un tiers des employés viendrait d’Europe continentale. La redéfinition inévitable du système de permis de travail et de visas ne devrait pas faciliter ce recrutement. Sans compter la dévaluation de la livre sterling qui sera aussi un argument en moins pour attirer les jeunes talents que tout le monde s’arrache.

Quid du marché digital unique ?

Un autre souci pour la tech et le numérique, c’est l’exclusion des britanniques de la réflexion sur le marché digital unique (digital single market) qui est en train d’être construit au sein de l’UE. Hormis les anglais et quelques pays du Nord, la plupart des pays continentaux militent pour une Europe du numérique très contraignante concernant la protection des données personnelles, la fiscalité et la concurrence. Les Anglais, s’ils veulent accéder au marché de 500 millions de personnes de l’UE devront dans tous les cas s’y plier mais ils n’auront plus leur mot à dire dans les négociations.

Alors Brexit or not Brexit ?

Reste que le gouvernement anglais traîne des pieds pour entériner officiellement la demande des urnes et cherche manifestement comment faire machine arrière et désavouer ce vote qui, en réalité, embarrasse la majorité des acteurs économiques et politiques Outre-Manche. Réponse à la rentrée avec le nouveau gouvernement du Royaume-Uni ?

Dublin, le double, low-cost, de Londres

Du côté des géants du web (Twitter, Microsoft, Google, Facebook, Apple), la problématique est un peu différente. Cela fait longtemps qu’ils ont dédoublés leurs structures : un pied en Irlande (Dublin ou Cork pour Apple) afin de profiter de la fiscalité irlandaise très avantageuse et un pied à Londres pour la proximité de tout l’écosystème technico-financier. Leur plus grosse inquiétude serait plutôt de perdre la possibilité d’un lobbying direct à Bruxelles via les représentants britanniques pour défendre un Internet dérégulé, sur le modèle américain. Mais dans cette nouvelle donne, on voit bien que Dublin, pourrait devenir un Hub encore plus important pour d’autres entreprises plus petites mais dont les impératifs financiers les obligent à rester sur le territoire de l’Union européenne.

Par Sophie Hoguin

Rakuten : un géant japonais qui vacille

Qui connaît Rakuten en France ? Certainement  les internautes qui vont sur Priceminister. Cette entreprise qui est l’un des poids lourds du commerce au Japon a acquis 100 % du capital du site français d’achats entre particuliers en 2010 pour 200 millions d’euros. « En associant nos forces respectives, Priceminister va pouvoir accélérer sa croissance, en France et en Europe » avait déclaré à l’époque Pierre Kosciusko-Morizet, cofondateur et PDG de Priceminister.

Six ans plus tard, cet objectif n’a pas été atteint. Dans l’hexagone, Amazon écrase la concurrence avec 19 millions de visiteurs par mois, soit trois fois celle de Priceminister. Le site français s’est délesté de ses déclinaisons spécialisées dans le voyage, l’immobilier, l’automobile, mais aussi de ses bureaux en Espagne et en Angleterre.

Malgré ces mauvais résultats, l’entreprise japonaise confirme son intérêt pour l’Allemagne et la France et donc pour Priceminister (1 million de clients et entre 30 000 et 50 000 transactions par jour). Le groupe a les moyens d’encaisser une baisse de régime. Sur l’année 2015, Rakuten affiche un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros (+19 %) et un résultat net de 346,7 millions d’euros. Le groupe du milliardaire Hiroshi Mikitani reste le leader du e-commerce au Japon, juste devant la filiale locale d’Amazon. Mais comme le commerce en ligne est devenu très concurrentiel, Rakuten doit multiplier les services (promotions régulières, expéditions accélérées…) pour conforter sa position.

Au Japon, il vient même de lancer les premières livraisons par drone pour les golfeurs qui souhaitent commander du matériel ou des sandwiches. Baptisé « Tenku », le drone a été conçu par ACSL (Rakuten a investi 6,4 millions de dollars dans ce laboratoire), mais son logiciel de reconnaissance visuelle a été mis au point en collaboration avec les ingénieurs de Rakuten. « Le Japon a perdu face aux étrangers sur les marchés des smartphones et des ordinateurs. Nous ne devons pas commettre la même erreur avec les drones », explique Kenzo Nonami, le PDG d’ACSL.

Le Japonais ambitionne toujours de se développer à l’étranger en multipliant les acquisitions : Viber (application de téléphonie et de messagerie en ligne), Ebates (qui offre des rabais sur les achats sur le web), OverDrive (livres électroniques) et le canadien Kobo qui propose des liseuses et services de librairie en ligne.

Les paiements sur internet et la FinTech apparaissent comme ses axes prioritaires de croissance. Après avoir pris des parts dans la start-up britannique Currency Cloud (règlements transfrontaliers) et dans la société californienne WePay (qui développe une API pour les paiements), le Japonais a placé 15 millions de dollars dans Azimo, une jeune entreprise britannique spécialisée dans les transferts d’argent. Il a surtout lancé un fonds d’investissement de 92,8 millions d’euros afin de devenir actionnaire de start-ups qui innovent dans les services financiers. Baptisé « Rakuten FinTech Fund », il participera à des levées de capitaux afin de soutenir des projets américains et européens.

Enfin, Rakuten s’intéresse à l’économie collaborative. En 2015, il a pris 12 % du capital de Lyft, un service rival d’Uber aux États-Unis. Plus récemment, il a investi 92 millions de dollars dans Cabify. Cette start-up espagnole propose l’équivalent d’Uber en Espagne ainsi qu’en Amérique du Sud. Le patron du groupe nippon est conscient que des obstacles seront présents sur la route. « Nous voulons vraiment atteindre notre objectif d’être une des plus importantes sociétés de services internet au monde. Pour ce faire, nous devons nous attendre à beaucoup de difficultés. Mais c’est en essayant à maintes reprises, avec des erreurs et échecs, que nous surmonterons les obstacles pour créer une organisation plus forte », a-t-il reconnu.

 Par Philippe Richard

Les rendez-vous Carnot 2016 : nous y étions !

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À l’occasion des rendez-vous d’affaires Carnot 2016 qui se sont tenus à Lyon début octobre, l’équipe éditoriale a organisé et animé une série de conférences et tables rondes. Au programme :

  • « le Big data au service d’une entreprise d’assurance santé” (Avec l’institut Carnot Télécom & Société numérique)
  • Les technologies douces pour la transformation des fruits et légumes « (avec l’institut Carnot Qualiment)
  • La gazéification des déchets” (avec l’institut Carnot Energies du futur)
  • Les énergies marines renouvelables” (avec l’Ifremer)
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Ariane Mizrahi, ingénieure et docteure en physico-chimie du solide, directrice éditoriale de Techniques de l’Ingénieur depuis 2008

Techniques de l’Ingénieur a également participé à la sélection de trente start-up et PME  innovantes qui ont pu présenter leur projet ou réalisation au public d’industriels et de financeurs présents sur place. Ariane Mizrahi, directrice éditoriale de Techniques de l’Ingénieur, revient sur cet événement :

À qui s’adresse ces RDV Carnot ? Ces rendez-vous Carnot ont pour objectif de permettre aux industriels et aux instituts Carnot de se rencontrer en vue de monter des partenariats R&D. L’espace “Start-up & PME innovantes” a mis en lumière une trentaine de jeunes entreprises particulièrement innovantes qui ont ainsi pu présenter leurs nouvelles technologies sous forme de pitchs de cinq minutes. L’espace dédié et les présentations orales ont facilité les rencontres avec des potentiels partenaires. C’est tout une dynamique positive qui peut ainsi se mettre en route !
Quels sont les liens entre l’Association des instituts Carnot (AI Carnot) et Techniques de l’Ingénieur ? Techniques de l’Ingénieur et l’AI Carnot sont deux acteurs essentiels qui agissent aux côtés des industriels, pour les accompagner dans leur démarche d’innovation, de R&D et d’industrialisation, en lien avec les plus éminents laboratoires de recherche publique et les experts qui y travaillent. Il était donc tout naturel qu’un jour ou l’autre, nous collaborions !

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Coup de projecteur sur nos nouveautés 2016

Microalgues diatomées

Ressources marines et biotechnologies bleues
L’exploration du potentiel des mers et des océans constituent un enjeu majeur pour répondre à la demande croissante en matières premières et en hydrocarbures, mais aussi pour valoriser des molécules d’intérêt dans les domaines de la santé, de la cosmétique ou encore de la chimie verte. Cette nouvelle rubrique est animée par Jean Guezennec, ancien directeur de recherche et consultant scientifique à l’Ifremer – Brest. >> en savoir plus

 

BiomédicaleQualité et contrôle des médicaments
Si le but d’un médicament est de guérir une pathologie ou de la prévenir, on sait également que toute molécule pharmaceutique, réellement active, peut présenter intrinsèquement une certaine toxicité. Destinée aux chimistes, aux analystes et aux industriels, cette nouvelle rubrique présente les connaissances utiles pour optimiser la sécurité des médicaments et réduire les impacts sanitaires.  >> en savoir plus

 

stockage energie -2Stockage de l’énergie
Le stockage permet de différer une utilisation de l’énergie par rapport à sa production. Il existe de multiples technologies de stockage, d’électricité ou de chaleur qui sont adaptées à différents contextes. Pour être applicables, elles doivent être non seulement rentables économiquement, mais également fiables, sûres et flexibles. Le stockage d’énergie demeure un verrou technologique. C’est donc un domaine dans lequel l’innovation a un rôle important à jouer. >> en savoir plus

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« Cosmétiques » sélectionné pour le prix Roberval 2016

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Xavier Fernandez, professeur et directeur du Master Chimie FOQUAL à l’université Nice Sophia-Antipolis

L’industrie des cosmétiques est-elle un secteur porteur pour les ingénieurs ? Plus que jamais ! Le secteur de la cosmétique est un secteur qui évolue très vite, au gré des tendances et goûts des consommateurs mais également selon les contraintes réglementaires qui ne cessent d’augmenter. Il est donc capital de proposer de nouvelles gammes de produits, d’innover avec de nouveaux ingrédients et de remplacer ceux qui sont sujets à controverse.  Les ingénieurs sont particulièrement sollicités dans le cadre de ces besoins.

Quels sont les grands pôles de R&D en France ? La France est particulièrement bien placée : la cosmétique y représente le 3ème secteur d’exportation positif de notre pays ! L’image de la cosmétique et de la France sont également très associées tout autour du monde. Les grands pôles de R&D sont principalement localisés dans le centre-ouest avec la Cosmetic Valley et l’arc méditerranéen. En Europe, l’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni et la Suisse sont très dynamiques.

Selon vous, quelles sont les innovations les plus marquantes de ces dernières années ? La cosmétique a connu de nombreuses innovations ces dernières années. La nécessité de démontrer la véritable activité des produits a conduit à ma mise au point de nombreux actifs performants. Dans le secteur des matières premières, le plébiscite des ingrédients naturels a conduit à de nombreux développements (nouveaux ingrédients, nouveaux procédés) de plus en plus respectueux de l’environnement. La formulation a également connu plusieurs avancées et succès, comme c’est le cas avec les technologies développées par la société Capsum (Marseille). Parmi les innovations, il faut également citer les nets progrès sur les tests alternatifs (les tests sur animaux étant interdits depuis plusieurs années en Europe). La société L’Oréal est particulièrement en avance sur ce sujet, suivi par de nombreuses autres.

Quelles sont les compétences les plus recherchées dans les entreprises ? Elles sont très nombreuses et dépendent du type de sociétés. La cosmétique est un secteur où coexistent des multinationales et des TPE de quelques personnes. Ces dernières sont à la recherche d’ingénieurs polyvalents capables de contribuer à la R&D (développement d’ingrédients, formulation), le contrôle qualité mais aussi l’assurance qualité et les affaires réglementaires. Les plus grandes sociétés sont à la recherche de collaborateurs plus spécialisés.

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L’article le plus téléchargé du mois

L’article le plus téléchargé de ce mois est :

Fabrication additive (Réf. BM7017)

Résumé : La fabrication additive (FA), plus connue sous le nom d’impression 3D, a pris une ampleur considérable depuis quelques années. Le passage progressif des activités de prototypage vers celles de fabrication directe de pièces fonctionnelles remet en cause les méthodes de conception et de fabrication traditionnelles. Cet article fait le point sur les différentes technologies de FA et leurs champs d’utilisation tout au long du cycle de vie du produit. Diverses applications industrielles sont décrites au travers d’exemples issus de secteurs technologiques de pointe.

Les auteurs : 

  • Floriane LAVERNE : Professeur agrégé, Laboratoire Conception de Produits et Innovation (LCPI), Arts et Métiers ParisTech, Paris, France

  • Frédéric SEGONDS : Maître de conférences, Laboratoire Conception de Produits et Innovation (LCPI), Arts et Métiers ParisTech, Paris, France

  • Patrice DUBOIS : Maître de conférences, Laboratoire Conception de Produits et Innovation (LCPI), Arts et Métiers ParisTech, Paris, France

>> Découvrir l’article

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Partenariat avec la communauté française de l’ALD

Le réseau des acteurs français de l’ALD (Atomic Layer Deposition) – RAFALD – qui regroupe experts académiques et industriels dans le domaine des procédés de dépôt de couches minces atomiques, a fait appel à nous pour éditer un ouvrage collectif sur les différents aspects des procédés ALD et leurs spécificités dans chaque domaine d’applications. Ce numéro spécial a été distribué à l’occasion du prochain colloque organisé du 14 au 16 novembre 2016.

Savez-vous que nous disposons d’une gamme complète de prestations pour l’édition et la publication de vos contenus : actes de conférences, annuaires, guides, supports de communication, livres blancs, lettres d’information, ressources pédagogiques, etc. ?

Si vous souhaitez recevoir une offre adaptée à vos besoins, n’hésitez pas à nous contacter : [email protected].

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Une nouvelle particule au LHC ?

Un incendie dans l’espace, des embryons qui échappent à leurs prédateurs, le dilemme de la voiture autonome et peut-être une nouvelle particule au LHC…

Source : http://www.universcience.tv/video-une-nouvelle-particule-au-lhc-9793.html