Le photovoltaïque : un créneau prometteur pour les ingénieurs

52.000 emplois dans les énergies renouvelables en 2007, 120.000 en 2012. Peu de secteurs peuvent se targuer d’une telle croissance. Et c’est encore plus vrai pour le segment du photovoltaïque en plein boum.

D’après les chiffres de l’Ademe, la puissance installée dans le photovoltaïque est en forte évolution. L’agence prévoit une croissance à deux chiffres pendant encore plusieurs années, la France rattrapant son retard par rapport à l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

Le secteur photovoltaïque en France (source Ademe)

Année

2007

2008

2009

Puissances installées (centrales et particuliers)

50 MW cumulés

175 MW cumulés

Prévisions 200 à 300 MW installés
Total 400 à 500 MW cumulés

Une opportunité pour les ingénieurs

Ce développement va créer de nombreux emplois, atteignant 13.100 postes en 2012 pour le photovoltaïque. L’Apesi (l’Association des producteurs d’électricité solaire indépendants) espère représenter une filière de 60.000 emplois d’ici une douzaine d’années. Cela concerne les commerciaux, mais surtout des ingénieurs. Les postes les plus qualifiés touchent au développement technique des projets, ceux-ci pouvant ensuite évoluer vers l’exploitation et la maintenance. « Nous avons besoin d’électriciens de grande compétence, notamment pour faire face à l’enjeu majeur de l’optimisation des pertes », explique Christian Cachat, président de l’Apesi et PDG de Rewatt. Par ailleurs, tout comme les autres énergies renouvelables, le solaire doit relever le défi du stockage.

Emplois directs dans le photovoltaïque et dans les énergies renouvelables en France (source Ademe)

Année

2007

2012

Photovoltaïque

2.110

13.100

Energies renouvelables

52.000

120.000

« Notre besoin s’installe dans la durée car, après l’installation, il faut assurer la maintenance et l’exploitation ainsi que piloter les améliorations technologiques », précise Christian Cachat. Les ingénieurs qui choisissent de travailler dans ce secteur doivent disposer de nombreuses compétences et faire preuve de polyvalence. Dans l’idéal, il faut avoir une formation généraliste d’ingénieur, couplée d’un master teinté énergies renouvelables, comme par exemple celui de l’institut Bastia de l’Ensam.

Les candidatures sont pour l’instant principalement spontanées, mais l’Apesi va lancer une plate-forme emploi. Côté salaire, la rareté de certains profils assure des rémunérations élevées. Christian Cachat a dû s’adapter pour recruter son responsable technique. « Il y a peut-être dix personnes en France de son niveau avec une expérience dans le montage », raconte-t-il. Pour que le photovoltaïque tienne ses promesses, il faudra que l’ensemble de la filière se développe. « Il faut soutenir une filière industrielle française en s’appuyant sur les PME-PMI », plaide le président de l’Apesi. Cela suppose un cadre juridique stable, une certification de la filière et la mise en place de formations qualifiantes.

C.G.

Nouveau : un job board pour les ingénieurs

Les Editions Techniques de l’ingénieur lancent emploi.techniques-ingenieur.fr, un nouveau service entièrement destiné aux ingénieurs et techniciens à l’écoute du marché ou en recherche d’emploi ou de stage, du jeune diplômé au très expérimenté.

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« Le contexte s’avère plutôt favorable pour les ingénieurs expérimentés »

En photo, Pierre Lamblin, directeur des études de l’Apec, © Bruno Lévy
Techniques de l’ingénieur : Comment évolue le marché de l’emploi cadre ?
Pierre Lamblin : Le marché continue à se dégrader. Aucun indicateur ne laisse apparaître le contraire. D’après notre enquête de février 2009, on ne s’attend pas à une reprise avant 2013. Les débutants seront les plus touchés avec une baisse des intentions de recrutement de 21 à 30 % en 2009 par rapport à l’an dernier.

Comment se présente le marché pour les jeunes diplômés ingénieurs ?
Les jeunes diplômés ingénieurs ont des conditions d’emploi moins favorables qu’avant la crise mais ne sont pas les plus mal lotis. Nous publierons les chiffres en septembre pour les promotions 2007 et 2008. Dans un contexte de marché favorable, ils s’insèrent très bien dans le monde du travail, avec des taux d’insertion proches de 90 % un an après le diplôme et de 100 % deux ans après. C’est vrai quelle que soit la filière. Lorsque l’on se penche sur le retournement de 2002 – 2003, on constate que ce ne sont pas ceux qui ont le plus souffert.

Et pour les ingénieurs expérimentés ?
Pour les ingénieurs expérimentés et très expérimentés, le contexte s’avère plutôt favorable grâce aux départs à la retraite. On n’atteindra pas les niveaux de 2008, mais c’est ce segment qui va le plus résister. En 2008, nous avons enregistré la plus forte mobilité jamais observée. En janvier 2009, encore 38 % des cadres souhaitaient changer d’emploi. Les cadres sont conscients du risque de perte d’emploi, ils anticipent pour devenir acteur du changement.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune diplômé ingénieur ?
Cela ne sert à rien d’envoyer 4.000 CV ! Il faut se poser les bonnes questions, être conscient de ce qui existe sur le marché et faire le point sur ses connaissances acquises à l’école et les compétences acquises en stage. Il faut savoir se vendre, montrer qu’on s’intéresse à l’entreprise et que l’on est capable de se projeter dans le poste. Il est indispensable de solliciter son réseau et de s’entourer de conseils. Il est nécessaire de sortir des idées reçues, pour éventuellement changer de secteur, ou partir en province ou à l’étranger.

Pourriez-vous donner des exemples de changement de secteur pour des jeunes diplômés ?
Par exemple, la chimie est aujourd’hui en crise. Cependant, malgré des débouchés limités, les chimistes ont une forte capacité à se reconvertir. Beaucoup font finalement de l’informatique. Les ingénieurs peuvent aussi se tourner vers la banque qui recrute toujours.

Quels conseils donneriez-vous à un ingénieur expérimenté ?
Lorsque son environnement est menacé, il faut se tenir informé et activer son réseau. Les compétences sont transposables. Par exemple d’anciens ingénieurs de Renault spécialisés dans les ceintures de sécurité travaillent maintenant chez Décathlon en utilisant cette même technologie pour les sacs à dos.

Quels secteurs résistent mieux à la crise ?
Les secteurs de pointe comme l’énergie. EDF, Areva et GDF Suez annoncent des plans de recrutement importants. Certains secteurs en crise offrent aussi des opportunités. Par exemple dans la construction, il est toujours difficile de trouver des superviseurs de chantiers. De même dans certains domaines de l’informatique.

Et l’environnement ?
Dans notre dernier pointage, les métiers cadres liés à l’environnement représentaient 2 à 3.000 offres. Il existe de nombreuses formations, mais pas tant de débouchés que cela pour l’instant. Cela va se développer.

Quelles fonctions s’en sortent le mieux ?
Les trois fonctions obtenant le plus grand nombre d’offres d’emploi publiées par l’Apec sont ventes, recherche et études techniques, et informatique de gestion. Les chiffres concernant la recherche étaient plutôt rassurants en début d’année puisque les entreprises déclaraient maintenir leurs investissements en R&D. Le nombre d’offres baissent mais il reste important. Propos recueillis par Corentine GasquetApec : Association pour l’emploi des cadres, www.apec.fr Nouveau : un job board pour les ingénieursLes Editions Techniques de l’ingénieur lancent emploi.techniques-ingenieur.fr, un nouveau service entièrement destiné aux ingénieurs et techniciens à l’écoute du marché ou en recherche d’emploi ou de stage, du jeune diplômé au très expérimenté.

Trophée des énergies renouvelables et maîtrise de l’énergie : les gagnants sont…

Signe des temps, le trophée des énergies renouvelables et maîtrise de l’énergie a été remis pour la première année lors du Sireme à Paris, jeudi 25 juin. Organisé par Essec Alumni (association des diplômés de l’Essec), le Sireme (Salon international des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie) et le cabinet de conseil BearingPoint, ce trophée vise à récompenser les PME-PMI développant ou commercialisant un produit, un process ou un service exemplaire et innovant dans le domaine des énergies renouvelables ou de la maîtrise de l’énergie. Après 40 contacts, les organisateurs ont reçu 23 dossiers, parmi lesquels huit ont été nominés. Le jury, présidé par Jean Bergougnoux, ancien directeur général honoraire d’EDF, a remis deux prix, dont le trophée remporté par DM énergies. Créé en février 2008, cette start up de 10 salariés conçoit et produit des pompes à chaleur air et eau, brevetées haute température et haute performance. Le prix spécial du jury revient à CETH (Compagnie européenne des technologies de l’hydrogène). Créé en 1997 et employant également 10 personnes, CETH a mis au point un électrolyseur permettant de stocker l’énergie sous forme d’hydrogène, à partir de n’importe quelle source d’énergie.

Soutenir les PME-PMI pour la croissance verte
Le président du jury Jean Bergougnoux a souligné le caractère à la fois innovant et économiquement viable des projets. « Les bons ingrédients pour une économie verte sont principalement une volonté politique et un tissu industriel efficace, innovant et agile », a expliqué Emmanuel Autier, directeur associé chez BearingPoint. « Cela suppose le développement de PME-PMI qui ont une capacité à effectuer des ruptures technologiques mettant à mal les modèles économiques établis. » Les gagnants ont remporté un soutien non financier de la part des différents sponsors, par exemple sous forme de jours de consulting pour BearingPoint.C.G.Les huit nominés du trophée des énergies renouvelables et maîtrise de l’énergieCETH (Compagnie européenne des technologies de l’hydrogène) : prix spécial du juryDate de création : 1997Effectif : 10 salariésInnovation : stockage de l’électricité sous forme d’hydrogène, permettant de valoriser les énergies renouvelablesDM énergies : trophéeDate de création : février 2008Effectif : 10 salariésInnovation : pompes à chaleur air et eau, brevetées haute température et haute performanceEco constructions et boisDate de création : septembre 2008Effectif : 6 salariésInnovation : les maisons durables préfabriquées à ossature en boisGiordano industriesDate de création : 1965Effectif : 44 salariésInnovation : pompe à chaleur avec multicpateursMeteodynDate de création : 2003Effectif : 14 salariésInnovation : logiciel Urbanwind qui permet un calcul de vent pour le grand éolien en milieu urbainSinteoDate de création : janvier 2008Effectif : 5 salariésInnovation : conseil et ingénierie spécialisée dans la maîtrise de l’énergie du bâtiment.SunvieDate de création : novembre 2006Effectif : 7 salariésInnovation : solutions solaires pour les entreprises et collectivités locales qui veulent exploiter leur espace disponible (toitures, façades, parkings, friches…)VeleanceDate de création : juin 2006Effectif : 3 salariésInnovation : Triode, un scooter trois roues électrique  

« Les directions n’ont que le mot Web 2.0 à la bouche »

Après une vingtaine d’années dans le design d’information pour les médias, les éditeurs et la communication, Luc Legay (photo ci-contre, © Sylvie Le Bars) se consacre aujourd’hui au travail collaboratif dans les entreprises en réseau et à la conception de projets mobilisant des communautés de pratique. Il anime depuis 2006 le collectif des Explorateurs du Web, un réseau d’experts qui intervient auprès de grandes entreprises et d’administrations pour la diffusion du Web 2.0 et des nouveaux modes d’organisations qui en découlent.

Techniques de l’ingénieur : Quel est l’impact du développement du Web 2.0 dans le management ?
Luc Legay : L’environnement a bougé à une vitesse vertigineuse, mais pas la culture de l’entreprise. Cela risque de démotiver les jeunes et de supprimer toute maîtrise des échanges d’information. Dans des réseaux d’agence dans la banque ou l’assurance, les systèmes internes sont tellement lourds que les échanges d’information se font en parallèle sur des sites de réseaux sociaux. On constate cependant une prise de conscience : les directions n’ont que le mot 2.0 à la bouche. Mais ce n’est pas encore le cas de l’encadrement intermédiaire. Les peurs résultent généralement d’une méconnaissance du sujet.
Ne faut-il pas encadrer ces pratiques, que ce soit pour préserver l’image de l’entreprise ou même la productivité des salariés ?
Les DRH utilisent les réseaux sociaux pour embaucher du personnel, elles ont donc du mal à donner des règles pour les interdire. Je n’ai jamais vu de charte concernant l’utilisation des sites de réseaux sociaux. Cela ne serait pas efficace et cela me semble juridiquement assez limite, sauf peut-être lorsqu’un poste suppose une confidentialité particulière. Les salariés passeraient moins de temps sur les réseaux sociaux extérieurs à l’entreprise si l’entreprise savait se mettre à l’heure du Web 2.0 et offrir à ses collaborateurs un système d’information comparable en convivialité et en simplicité d’accès à Twitter, Facebook ou Linkedin.
Dans l’entreprise, qui peut tirer profit au mieux des réseaux sociaux ?
A tous les niveaux, la transposition du Web 2.0 à l’intranet constitue un bon moyen pour communiquer et échanger les bonnes pratiques. Les ressources humaines l’utilisent pour promouvoir les formations et la mobilité, et pour exercer une veille. Les directions générales sont concernées par ce dernier aspect, elles souhaitent prendre la température, savoir ce que pensent les salariés. Pour la communication interne, l’intérêt est évident.

On peut aussi chercher à se faire connaître grâce aux réseaux externes…
C’est effectivement un enjeu pour le marketing et la communication, mais elles ne maîtrisent pas encore bien ce domaine. Ceux qui cherchent à avancer cachés se trouvent très vite démasqués. Cependant, les entreprises internationales se doivent d’assurer une présence multicanale et d’occuper l’espace, quitte à mal l’occuper.

Quelles solutions conseillez-vous pour développer un intranet ?
Il faut avant tout se centrer sur les objectifs, et non sur les questions techniques. Les réseaux internes doivent exploiter les mêmes ressorts que les autres. Dans un intranet, on peut développer un Facebook simplifié. Cela offre une facilité d’accès, avec le côté mobilisateur, presque addictif. Il faut que les salariés s’expriment et que cela soit visible et valorisé. Plus l’outil sera simple, plus les salariés pourront se l’approprier. Pour cela, on peut développer des outils open source ou propriétaires, mais cela ne sert à rien d’installer des gros systèmes coûteux et difficiles d’accès. La tendance générale est à l’entreprise en réseau, avec l’utilisation de logiciels en ligne, sans installer d’application.Propos recueillis par Corentine Gasquet

Environnement, énergie : une inquiétude intergénérationnelle

L’idée de respecter davantage l’environnement et de mieux gérer l’énergie fait progressivement son chemin dans les mentalités. Mais quelle perception en ont les différentes générations ? Pour y répondre, Christine Castelain Meunier, chercheur au CNRS, et auteur avec F.Meunier de « Adieu pétrole ! Vive les énergies renouvelables » a réalisé une enquête auprès de 270 personnes réparties en trois classes d’âge (20/30 ans, 45/60 ans, 70 ans et plus). Objectif : déterminer quelles perceptions ces différentes personnes peuvent avoir des problèmes liés à l’environnement et à l’énergie.Premier constat : les énergies renouvelables sont généralement perçues comme des alternatives positives, voire indispensables, surtout par les jeunes.Leur efficacité est toutefois parfois mise en doute et leur coût élevé est déploré. Le solaire est la plus connue des alternatives, avec les éoliennes. Mais le coût réel de ces technologies est mal connu et entraîne des critiques sur le manque d’informations disponibles dans ces différents domaines.Au final, le rapport avec les énergies renouvelables dépend des représentations liées aux problèmes de l’environnement, de l’énergie et du sentiment d’urgence. Quel que soit leur âge, la dégradation de l’environnement et les problèmes d’énergie constituent un sujet commun d’inquiétude pour les 270 personnes de l’enquête. Si chacun l’exprime avec sa sensibilité propre, en fonction de son âge, de son histoire, de ses origines sociales ou de son lieu de résidence, ces questions ne laissent personne indifférent. Certes, l’angoisse reste toute relative. Ces problèmes « ne m’empêchent pas de dormir » est une phrase qui revient souvent.

Un appel au respect des protocoles
L’inquiétude est malgré tout réelle, diffuse, mal définie. Elle crée un besoin de disposer d’informations claires et précises sur la réalité des pollutions, du changement climatique, de la déforestation… et suscite une demande d’intervention de la part des pouvoirs publics à l’égard des entreprises polluantes et du comportement des citoyens, en particulier dans les transports et le respect de la nature, prise comme le miroir de l’état de santé de nos sociétés. Une nature qui reste considérée par ailleurs de façon ambivalente, à la fois comme une source d’énergie mais aussi à travers sa dimension réparatrice, susceptible de sauver les individus des méfaits et des nuisances de la modernité. Ces inquiétudes se traduisent par un appel, adressé aux grandes puissances, à respecter les protocoles de régulation. Ils sont également nombreux à réclamer des réglementations, des limites, des normes, des balises, y compris des mesures répressives sous forme d’amendes ou de taxes. Ils ne disposent pas d’éléments suffisants pour surmonter les contradictions fondamentales qu’ils ressentent, qu’il s’agisse des nuisances qu’ils perçoivent, mais aussi des propositions et des mesures qu’il faudrait mettre en place pour maîtriser la situation. L’anxiété s’exprime dans un contexte global où l’on s’insurge contre la domination du marché, l’obsession de l’argent, du profit et de ses effets négatifs indirects ou directs sur l’environnement et l’individu.
Garantir un environnement de qualité et dénoncer les abus
Chacun alimente cette angoisse et la désamorce à sa manière, par un état d’esprit qui peut paraître individualiste, même s’il se prévaut du bien-être d’autrui. Mais l’angoisse est entretenue par un sentiment d’opacité qui rend difficile l’identification des problèmes majeurs, d’autant que les contours de l’angoisse varient avec l’âge. Qu’il s’agisse des rapports à l’avenir, du sentiment de responsabilité, des modèles de modernisation et du degré de contribution aux modèles passés qui sont jugés aujourd’hui préjudiciables pour l’environnement, la nature et le degré d’inquiétude ne se présentent pas de la même manière pour tous, ce qui ajoute encore au sentiment d’incohérence et de complexité.Beaucoup souhaitent renforcer, sur ces questions, l’éducation à l’école, dans la famille et dans la société en général. Cette éducation est considérée comme faisant partie de la citoyenneté actuelle et se réfère à des principes dont le respect et l’application sont perçus comme la base du civisme, comme « ne pas jeter par terre ».

Entre mondialisation et protection de la nature
Mais pour une proportion importante, plus de la moitié des personnes interrogées, tous âges confondus, l’environnement est avant tout « l’entourage proche », « le milieu où je vis, le milieu familial », « la convivialité, la courtoisie, l’entente », « la tranquillité, le bien- être personnel, collectif », « le monde qui nous entoure, la terre fragile, la famille », les autres. C’est aussi soi avec les autres et donc aussi les problèmes relationnels et la question du civisme, du respect d’autrui, du respect de la nature, de la conception de la société qui passe par des liens entre soi, les autres et avec la nature.Comment la mondialisation vient-elle s’inscrire dans cette perception ? Selon certaines personnes interrogées, ce sont les pays développés qui sont responsables de la dégradation de l’environnement des pays émergents, de la couche d’ozone, des gaz émis par certains pays développés. Mais ce n’est pas tout : « les pays émergents n’ont pas les moyens. Les pays dominants veulent imposer leurs règles, ils aggravent ainsi le retard des pays pauvres ».

Des liens pas toujours explicites
Les personnes interrogées sont tiraillées entre une conscience coupable à l’égard des problèmes d’inégalité, de pauvreté des pays dépendants mais aussi la peur qu’en se développant, ces pays soient source d’inquiétude et de pollution. L’ambivalence s’amplifie face à l’industrialisation des pays émergents comme la Chine ou l’Inde, qui va contribuer au réchauffement de la planète et à augmenter la pollution. « Les pays émergents polluent presque autant que les pays développés ».Avec cette particularité que l’environnement n’a pas de frontière, lui porter atteinte génère une peur d’autant plus diffuse qu’elle est sans limite. Tout se passe comme si l’environnement était perçu globalement comme menacé et donc menaçant, et, si les raisons d’aimer l’environnement l’emportent largement sur celles qui consistent à s’en méfier, aimer cet environnement n’éteint pas la critique des nuisances qui en émanent.

Trois types de vigilance se démarquent
Au nom de la citoyenneté, de la valorisation d’un bon environnement et du respect auquel tout citoyen a droit, plusieurs types de vigilance interfèrent dans les liens entre l’individu et l’environnement. Le premier s’attache à ce que puisse être garanti à tout citoyen un environnement de qualité, preuve d’une modernité réussie et d’une société harmonieuse.Le deuxième dénonce les atteintes faites à cet environnement et, derrière elles, l’irrespect qui est fait à l’individu, de la part de tous ceux qui contribuent d’une manière ou d’une autre à dégrader la qualité de notre cadre de vie ou qui ne contribuent pas à diffuser des informations claires et fiables. Le troisième, enfin, pointe l’incompétence des responsables, l’incurie des dirigeants, le gâchis et les inégalités entre les pays.Par Christine Castelain Meunier, chercheur au CNRS, auteur de Adieu Pétrole! Vive les énergies renouvelables, Dunod

Une volonté de changer les choses, sans savoir comment

Les trois générations souhaitent toutes que soient mieux perçus, mieux identifiés et mieux compris les problèmes majeurs et prioritaires. Elles attendent qu’ils soient réellement, et sérieusement, pris en considération par des instances compétentes, que ce soit au niveau international, national, régional et local, mais des différences notables apparaissent entre les générations.Les jeunes n’hésitent pas à faire des propositions qui peuvent paraître naïves et font penser à une liste à la Prévert. Néanmoins, cela témoigne d’une volonté de trouver des solutions. Ils ne se sentent absolument pas dans une impasse, ce qui n’est pas toujours le cas des autres générations. Ils sont soucieux de développer des stratégies appropriées, qui combinent les actions individuelles et les actions collectives, à la fois dans la sphère privée, chez soi, au quotidien et dans la sphère publique.

Les jeunes en attente de mesures radicales et d’actions efficaces
Leurs aspirations se rapprochent dans ce sens de celles de la génération de leurs parents. Mais les jeunes sont beaucoup plus enclins qu’eux à considérer l’importance des interventions dans les deux sphères. Ils sont aussi plus demandeurs d’actions efficaces et de mesures radicales que leurs parents et ils sont affectés par ce qu’ils appellent « l’irresponsabilité des gouvernements ».Leur conscience est tournée vers l’avenir et passe par le souci d’améliorer réellement la situation, de trouver les moyens d’y parvenir, souci partagé par les trois générations, mais de manière plus intense et décisive par les jeunes générations, d’autant que leur enfance est marquée par différentes catastrophes, comme Tchernobyl qui demeure entouré d’un halo de secret.Leurs propos sont moins contradictoires, moins ambivalents, moins chargés de conscience coupable que la génération de leurs parents, qui éprouvent un fort sentiment de responsabilité face à l’absence de mesures claires et efficaces qu’ils déplorent.

Il est devenu urgent de responsabiliser
Les jeunes n’admettent absolument pas l’idée qu’ils vont droit dans le mur alors que leurs aînés sont, pour certains, beaucoup plus résignés. Pour leurs grands-parents, la distinction se fait, entre les hommes et les femmes, autour du clivage entre la sphère privée et la sphère publique. Les femmes sont surtout soucieuses de l’environnement proche, les hommes dénient l’importance des interventions au quotidien au profit des grandes mesures, tout en ayant une approche complexe et contradictoire des mesures qu’il s’agirait de développer.On trouve ainsi une plus grande clarté d’intentions du côté des jeunes qui lancent en direction de leurs aînés un appel à la responsabilité. Ces jeunes revendiquent une existence dans laquelle l’individu peut défendre ses droits à ne pas vivre dans un monde « pollué » et dévasté et à ne pas le faire subir à ses futurs enfants, et demandent que ces droits soient garantis par des normes de régulation, y compris répressives. En 1968, il était « interdit d’interdire ». Pour les jeunes d’aujourd’hui, compte tenu de la perception qu’ils ont de la gravité de la situation, il est devenu urgent d’interdire. Cette nécessité d’action, qui démarque cette génération des deux précédentes, peut trouver son explication à travers le contexte dans lequel ont grandi ces hommes et ces femmes. Objet de toutes les attentions depuis 25 ans, l’environnement est un problème de société pour les jeunes. Pour leurs parents et leurs grands-parents, c’est le développement de l’industrie, annonciateur de progrès et d’augmentation du niveau de vie, qui a longtemps été un enjeu de société.

« La technologie ne vaut que par l’usage que l’on en fait »
Ainsi, notre société, qui s’est tournée vers la production, la rentabilité et le profit, en découvre les effets pervers sur l’environnement et l’accès aux énergies. Ce problème est nouveau dans l’histoire. Il n’a émergé que dans le dernier quart de la fin du 20 ème siècle, tant la question du travail et de la productivité restait jusque-là associée à la notion de progrès social, dans la continuité du siècle des lumières.Quoi qu’il en soit, les rapports entre l’individu, la technologie, la nature ont toujours été traversés par des tensions, des contradictions, des ambiguïtés en termes de domination, de soumission, voire même de sacrifices de vies humaines. Le psychosociologue Serge Moscovici dans son ouvrage « L’homme domestique et l’homme sauvage » a été l’un des premiers à analyser la complexité des rapports entre l’homme et son environnement.L’historien Fernand Braudel dans son livre « L’identité de la France » montre à quel point la technologie ne vaut que par les manières que l’individu a de l’utiliser, c’est-à-dire, en fonction des usages qu’il en fait. Et si pour parler des problèmes de la France du milieu du 20 ème siècle, il mentionne la dénatalité et le problème brûlant de l’immigration, il faudrait pour évoquer ceux de la France du 21 ème siècle, mentionner entre autres, le chômage et la vaste problématique que l’on résumera, par commodité, par le terme générique d’environnement.

Au cœur de l’ambivalence et du paradoxe
Cette problématique fait désormais partie intégrante des préoccupations des jeunes générations, inquiètes pour l’environnement, mais aussi de leurs parents et grands-parents, même s’il est difficile de trouver un consensus entre tous sur la hiérarchie des problèmes. En même temps, s’exprime la sensation diffuse qu’il va falloir changer de comportement, sans trop savoir comment, alors qu’on commence à peine à savoir pourquoi.Les énergies renouvelables sont appréhendées au travers du prisme de l’urgence et constituent des alternatives valorisées par les jeunes, d’autant plus qu’ils ont moins d’à priori que leurs aînés sur l’efficacité liée à la combinaison des contraires, à l’ambivalence, symbolisée par l’osmose entre les technologies, les savoirs concernant les énergies traditionnelles, industrielles, contemporaines. Ils sont aussi moins rétifs à manier le paradoxe qui consiste à aller contre les idées reçues et à s’insurger contre des normes qui leur paraissent pérennes.L’idée de devenir producteur-consommateur d’énergie en séduit plus d’un et peut s’inscrire dans leur perspective d’avenir, à condition qu’ils possèdent les clés pour y parvenir.Par Christine Castelain Meunier, chercheur au CNRS, auteur de Adieu Pétrole! Vive les énergies renouvelables, Dunod

Parents, grands parents : entre malaise et culpabilité

L’enquête menée auprès des parents fait clairement ressortir un malaise qui touche l’ensemble de la génération. Les formes d’exprimer cette sensation diffèrent cependant selon chacun. Chez certains parents, il s’agit d’un sentiment global de culpabilité à l’égard des jeunes générations, auxquelles ils laissent un problème majeur en héritage. Un sentiment de responsabilité, aussi, éprouvé plus particulièrement par ceux qui doivent faire des choix technologiques dans leur domaine professionnel. « Il faut donner des conseils aux ETP (entreprises de travaux publics), pour mieux gérer, moins produire de déchets », affirment certains. Pour d’autres, il faut « réparer le développement non maîtrisé de 50 ans. Quand on développe, on ne contrôle pas tout. On ne connaît pas les effets secondaires ». Ils regrettent une perte de sens, et s’inquiètent de voir se perdre les acquis. Enfin, dans une grande majorité, tous déplorent que des responsabilités importantes ne soient pas assumées.

« Un problème majeur en héritage »
« Aujourd’hui c’est l’anarchie. Tout doit venir d’en haut. Malheureusement, les intérêts financiers sont plus importants que la préservation de la planète. Les gens vont commencer à s’angoisser quand il y aura des alertes sérieuses », déplorent les parents, qui restent toutefois confiants dans les capacités de la jeunesse : « les jeunes seront beaucoup plus responsables que nous, car sensibilisés dès le plus jeune âge, aussi peut-être parce qu’ils n’auront plus le choix ».Les parents des jeunes générations font part de leur ambivalence à l’égard de la modernité, du développement. D’une part, il s’agit « de réparer le développement non maîtrisé », « de convaincre tous les pays du même effort », mais aussi de parvenir à une « prise en charge par tous ».D’autre part, le progrès doit profiter à tous, car il « engendre le progrès social ». Son contrôle permet de « préserver l’environnement », et « les progrès scientifiques peuvent solutionner des points inquiétants ». L’idée positive que le développement peut servir à réparer les dégradations que ses propres effets négatifs ont entraînées anime aussi beaucoup de parents.

Un trop plein d’informations
Ils restent profondément sceptiques sur leurs possibilités d’être correctement informés. « Je ne suis pas persuadée de savoir qui je peux croire, qui manipule intentionnellement les informations qui nous sont livrées. Je ne suis pas experte dans la matière et pour cela je juge des choses plutôt intuitivement. Il y a énormément d’informations, qui sont souvent hors contexte et présentées par des journalistes pas tout à fait professionnels. De ce fait, je ne peux adopter une opinion à 100 % », déclare par exemple une femme médecin de 54 ans.

Les plus âgés : entre inquiétude et culpabilité
Chez les adultes les plus âgés, la tonalité est particulièrement pessimiste : « quel monde laisserons-nous à nos enfants et aux générations futures ? On a tellement saccagé la planète. Il faut revenir à beaucoup plus de raison. J’ai honte devant les futures générations ». Dans la même veine, cet ancien ingénieur de 70 ans affirme « quil y aura peut-être une réaction quand la situation deviendra intolérable, mais il sera peut-être trop tard. Je ne crois pas à l’autodiscipline. J’ai un espoir : la pollution due aux hydrocarbures cessera dans 50 ans environ, quand les réserves seront épuisées. Quelles seront les sources d’énergie de remplacement ? Et quelles nuisances engendreront-elles ? ».La prise de conscience des problèmes existe, mais elle s’exprime aussi parfois en des termes évasifs, se référant à la beauté de la nature, à la propreté, à l’ambiance agréable, désormais perdue : « l’environnement se dégrade. Je me souviens que la nature et les alentours de ma ville étaient très agréables à vivre, propres ».

Entre culpabilité et fatalité
Les personnes âgées font part de leur nostalgie et de leur désarroi face aux problèmes de l’environnement, dans la mesure où ils appartiennent à une génération qui a accompagné le développement de la modernité, la montée de la croissance. En fait, hormis ceux qui, de par leur métier, se trouvaient au cœur de ces questions, les autres personnes âgées paraissent se situer en marge de problèmes qui n’ont pas fait partie de la culture de leur enfance.Bien au contraire, ils ont vécu enfants les handicaps liés à l’absence de modernité domestique. Ils ont vu la production se développer, les transports s’étendre. A l’âge adulte, ils ont accueilli comme une chance le développement des médias, du nucléaire, des technologies de la communication. Les retombées sur l’environnement n’ont pas pour eux le même sens que pour la jeunesse actuelle, qui vit dans un monde qui a toujours porté les stigmates de ce développement.

Les séniors, respectueux de l’environnement et amoureux de la nature
On trouve ainsi chez ces personnes âgées une sensibilité accrue à la beauté de la nature, à sa dimension romantique, romanesque. Elle est souvent appréhendée comme un cadre, un lieu de vie dont la recherche de qualité entre dans le choix du lieu de résidence. La santé constitue pour eux un baromètre révélateur de la qualité de leur environnement. Lorsque le baromètre est déréglé, l’environnement est accusé d’avoir porté préjudice.Ces « séniors » se définissent spontanément comme des personnes très respectueuses de l’environnement, dans la mesure où leur sphère d’activité s’est considérablement réduite, qu’il s’agisse de leurs déplacements en voiture, en transport en commun, de leurs stratégies de consommation. Pour toutes ces raisons, la réflexion en termes de « décroissance » semble relativement éloignée de leurs préoccupations.

Interventions à grande échelle contre « petits riens »
On constate un clivage significatif entre les hommes et les femmes, qui traduit des différences de condition, avec des femmes majoritairement « au foyer », en ménage avec des hommes qui se sont définis, au contraire, par leur activité professionnelle. Ces femmes font donc surtout référence à la sphère privée, domestique, à leur environnement proche.Elles mettent en avant le paysage, les fleurs, les champignons, les activités de l’enfance dans la nature, leur amour des plantes et les soins qu’elles leur dispensent. Les hommes se tournent davantage vers la sphère publique, les politiques « d’en haut ». Ils valorisent plutôt les interventions à grande échelle et minimisent les « petits » changements au quotidien, considérés comme « des petits riens ». La culture des grands parents est dans ce sens bien différente de celle des petits enfants qui, pour résoudre les problèmes d’énergie et d’environnement, valorisent autant les gestes individuels du quotidien que les changements à grande échelle.Par Christine Castelain Meunier, chercheur au CNRS, auteur de Adieu Pétrole! Vive les énergies renouvelables, Dunod

Surveillance des caténaires : du concept de l’instrumentation aux essais terrain

Pour prévenir les incidents responsables des interruptions de trafic, la surveillance de l’infrastructure ferroviaire est réalisée périodiquement par des trains dédiés. Or, celle-ci, onéreuse et lourde, ne détecte que des défauts liés à l’infrastructure, et pas ceux dus aux trains (un pantographe détérioré peut être source d’incidents). Tel que souligné dans le précédent article (lire Mesure à très haute cadence : l’exemple des lignes TGV), la Commission Européenne a lancé des initiatives de R&D pour améliorer cette situation. Le CEA LIST a ainsi participé au projet européen CATIEMON – CATenary InterfacE MONitoring – (1) pour mettre au point des Capteurs à Fibres Optiques (CFO) à réseaux de Bragg, et leurs instrumentations [1]. L’objectif : caractériser l’interaction entre lignes caténaires et pantographes de trains empruntant un réseau ferré (Fig. 1), mais cette fois à partir de capteurs installés sur portique d’inspection.

Fig. 1 : Eléments de l’interaction « pantographe/caténaire »
 
Un « portique d’inspection » pour la surveillance du trafic ferroviaire
Intégrant capteurs et instrumentations, son rôle est de diagnostiquer les convois, pour bien sûr stopper ceux qui présenteraient un danger pour le réseau, mais aussi pour évaluer l’impact de chaque train en terme d’usure de l’infrastructure.Le comportement dynamique d’une ligne de contact est complexe : le point d’application de la force est glissant, la ligne suspendue par des « pendules » chemine en zigzag, des phénomènes de propagation d’ondes apparaissent, … le tout nécessitant de multiples capteurs. Ceci est particulièrement vrai pour les mesures de déformations de la ligne de contact, la modélisation montrant qu’elles évoluent de façon oscillatoire entre pendules de suspension.L’interaction pantographe/caténaire peut en fait être caractérisée à l’aide des mesures du déplacement 3D et des déformations induites sur le fil de contact par les pantographes (Cf. Fig.1). Celles-ci requièrent des capteurs insensibles à la haute tension (25 kV), peu intrusifs et résistants (température, pluie, grêle, gel). De plus, la vitesse des trains impose des cadences d’acquisition d’au moins un kHz, et les oscillations de moyenner les déformations mesurées par plusieurs capteurs successifs pour obtenir un indicateur pertinent de la force de contact.Le portique d’inspection, issu du projet CATIEMON étant un prototype, il regroupe différentes technologies (télémètre laser, nappe laser + caméra) ainsi que des CFO du CEA LIST (capteur de déplacement 3D et de déformations à réseaux de Bragg). En fait, seuls les CFO (Fig. 2) réalisent l’éventail complet des mesures :
  1. déplacement 3D de la ligne ;
  2. déformations locales via un maillage fin d’une section de ligne ;
  3. oscillations de celle ci via un bras de rappel instrumenté.

Fig. 2 : Implantation des capteurs de Bragg dans le portique d’inspection
 

Capteurs de Bragg et instrumentations
Déplacements 3D du fil de contact. Trois capteurs de déplacement forment les arêtes d’un tétraèdre inversé surplombant la caténaire, son sommet étant fixé en un point du fil de contact (Fig. 3a). Chacun d’eux comporte une tige mobile équipée d’un dispositif mécanique à ressort de réduction du déplacement, et un réseau de Bragg (20 cm de course induit 1 nm de décalage spectral). La géométrie permet de remonter aux mouvements 3D du fil.Bras de rappel instrumenté. Un réseau de Bragg est collé dans une rainure usinée le long des parties cylindriques du bras (Fig. 3b). Lorsqu’il se déforme ou subit un impact, suite aux mouvements de la ligne, on détecte les variations de la longueur d’onde du réseau.Déformations subies par la ligne de contact. Cette mesure est très utile pour caractériser l’interaction caténaire/pantographe : des fibres avec 20 réseaux de Bragg espacés de 25 et 50 cm, ont été collées le long du fil (Fig. 3c), par un procédé « de terrain » innovant (polymérisation à froid par lampe UV fibrée). Effectuées en plusieurs points, ces mesures sont reliées à la force. Puis, répétées sur des trains commerciaux, elles définissent une distribution des déformations de la ligne, permettant, une fois des limites haute et basse définies, d’identifier les trains ‘à risque’.Instrumentation pour capteurs de Bragg. Tous ces capteurs sont scrutés au kHz, simultanément sur 6 voies, à l’aide d’une seule instrumentation (approche client – serveur [3]) de mesure spectrale de résolution 1 pm (Fig. 3d). Un PC portable est utilisé pour configurer le serveur que constitue l’instrumentation de mesure. Equipée de cartes réseaux Ethernet et Wi-Fi, elle permet les connexions distantes, très utiles sur le terrain pour paramétrer et récupérer les mesures, tout en restant à distance de sécurité.
Fig. 3a : Capteur de déplacement 3D Fig. 3b : Bras de rappel instrumenté
Fig. 3c : Lignes de réseaux de Bragg multiplexés Fig. 3d : Système de mesure
 
Installation sur site et essais ferroviaires
Installation. Capteurs et instrumentations ont été installés (de nuit pour réduire l’impact sur le trafic) en amont du tunnel du Lötschberg (Suisse) inauguré en 2007 ; localisation ‘critique’ par excellence. Les conditions de travail (nuit, intempéries, froid, vent) ont nécessité des méthodes d’installation spécifiques. Ainsi, pour le collage des réseaux sur la caténaire (Fig. 4a), du fait de l’absence d’alimentation, un système de mesure spectral portable et autonome, a été développé pour suivre la polymérisation. Par ailleurs, des câbles optiques de terrain ont permis le déport des instrumentations dans un container le long des voies.Essais. Une motrice a permis de calibrer les capteurs vis-à-vis de la force de contact et de la vitesse de passage sous le portique ; afin de relier ces deux grandeurs aux déformations et déplacements mesurés (Fig. 4b). Des vitesses évoluant de 5 à 100 km/h ont été utilisées, et les forces de contact ajustées à 50, 70 et 90 N, lors des calibrages nocturnes réalisés sur 18 mois. Au final, les mesures ont été collectées lors du passage de convois commerciaux (passagers, fret), permettant d’établir la distribution de la déformation moyenne d’une section de ligne de contact (Fig 4c). Pour cela, une procédure simple a été mise en oeuvre qui consiste à détecter les pics de déformation dus à chaque bande de frottement, du (ou des) pantographe(s) du train considéré, puis de les moyenner sur l’ensemble des réseaux de Bragg de la ligne. Cette procédure permet l’identification des trains dont l’impact sur l’infrastructure sort du gabarit (Fig. 4c, de 150 à 250 pm). 
Fig. 4a : Collage d’une ligne de mesure de réseaux de Bragg sur la ligne de contact Fig. 4b : Evolution de la déformation moyenne d’une section de ligne vs la vitesse du train pour une force de contact de 92 N Fig. 4c : Distribution de la déformation moyenne d’une section de ligne pour une centaine de trains
Par Guillaume Laffont, Nicolas Roussel, Jonathan Boussoir, Stéphane Rougeault, Laurent Maurin et Pierre Ferdinand, CEA, LIST, Laboratoire de Mesures Optiques, Gif-sur-Yvette Cedex

Note
1 – Ce projet, piloté par Siemens [Ge], regroupe les sociétés BLS et Furrer&Frey [CH], Morganite [UK], AKX [Au], ainsi que deux Instituts de Recherche : l’IPHT [Ge] et le CEA LIST [Fr].

Bibliographie
1 – P. Ferdinand, « Capteurs à fibres optiques à réseaux de Bragg », Techniques de l’Ingénieur, R 6735, pp. 1-24, déc. 19992 – S. Kusumi, T. Fukutani & K. Nezu, « Diagnosis of Overhead Contact Line based on Contact Force », QR of RTRI, vol. 47, n°1, pp. 39-45, 20063 – Yong Hyeon Cho, « Numerical simulations of the dynamic responses of railway overhead contact lines to a moving pantograph, considering a nonlinear dropper », J. of Sound and Vibration, vol. 315, pp. 433-454, 20084 – http://sine.ni.com/cs/app/doc/p/id/cs-11200.

Lithium : l’enjeu stratégique de demain ?

Même si l’électronique consomme de moins en moins d’énergie pour réaliser une même tâche, la puissance des appareils augmente, ce qui annule en partie le gain réalisé. Pour une batterie d’ordinateur de 90 Wh par exemple, il faut environ 8 grammes de Lithium.Le développement dans un futur proche de véhicules hybrides rechargeables et électriques va nécessiter de fabriquer de plus en plus de batteries. Elles seront pour la plupart de type Li-ion car cette technologie (qui existe sous plusieurs déclinaisons) offre une densité d’énergie massique plus grande que celles de la technologie NiMH, utilisée par exemple aujourd’hui comme batterie de puissance par la Prius de Toyota, véhicule hybride autonome n’ayant pas besoin de se recharger sur le réseau. En effet, la technologie Ni-MH a une densité énergétique plus faible (30-80 Wh/kg) quoique supérieure à celle du plomb (20-40 Wh/kg).

Du lithium pour le fusion thermonucléaire
Or, on dépassera bientôt le milliard de véhicules à quatre roues auxquels s’ajoutent les véhicules à deux roues. Pour parcourir 1 km avec un moteur électrique, il faut environ 150 Wh. Pour avoir 100 km d’autonomie avec un véhicule particulier, il faut une énergie de 15 kWh, soit une batterie d’environ 150 kg dans laquelle il y aura de l’ordre de 1,5 kg de Lithium. Le prix du Lithium ne représente pour le moment qu’une faible part du prix de la batterie qui avoisine 5.000 à 10.000 euros selon la capacité. Mais qu’en sera-t-il demain ? Heureusement on peut le recycler à 98 %, ce qui réduit beaucoup les quantités nécessaires à long terme (on fabrique chaque année de l’ordre de 70 millions de voitures particulières). Dans un futur plus lointain (fin du siècle ou début du suivant), on aura aussi besoin de lithium pour produire de l’électricité grâce à la fusion thermonucléaire. Le 6Li (isotope présent à 7,5 % dans le lithium naturel) est en effet nécessaire pour fabriquer le tritium qui, en fusionnant avec le deutérium, peut produire une quantité considérable d’énergie. Un réacteur de fusion de 1.000 MW électrique consomme environ 300 kg de 6Li par an (100 kg de deutérium et 150 kg de tritium).

Les réserves dépendent aussi du prix que l’on souhaite mettre pour la ressource
Deux questions se posent donc :
  • les réserves sont-elles suffisantes pour satisfaire ces nouveaux besoins ?
  • le lithium est-il facilement accessible ?
La teneur moyenne de lithium dans l’écorce terrestre est de 50 ppm, soit plus de 10 fois la teneur en uranium et plus que celle en plomb. Il existe toutefois des régions particulièrement favorisées avec des concentrations en lithium importantes. C’est le cas de certaines parties des Andes ou du Tibet, par exemple.L’évaluation des réserves d’une matière première est toujours délicate. Il y a des incertitudes techniques et politiques. Mais les réserves dépendent aussi du prix que l’on souhaite mettre pour la ressource. L’US Geological Survey comptabilise la production, les réserves exploitables (au coût économique du moment) et les réserves dites de base qui contiennent aussi ce qui n’est pas économiquement compétitif aujourd’hui ainsi que des extrapolations des estimations. Les données de certains pays, qui sont des acteurs importants, ne sont pas accessibles mais leur nom est indiqué.

Presque 14 millions de tonnes accessibles
Les réserves de base sont indiquées sur la figure 1. Au total il y a presque 14 millions de tonnes de lithium accessible. En fait, une estimation de toutes les sources terrestres possibles est de l’ordre de 28,5 millions de tonnes.

Figure 1
La figure 2 montre les pays qui produisent du Lithium dans le monde ainsi que la production 2008.La figure 3 montre les réserves exploitables aujourd’hui. Elles correspondent à 4,1 millions de tonnes pour ce qui est des pays pour lesquels nous avons des données.

Figure 3
Aux ressources terrestres s’ajoutent les ressources marines, puisqu’il y a en moyenne 0,17 g/m3 de lithium dans la mer ce qui représente environ 240.000 milliards de tonnes. Il semble donc qu’il y ait suffisamment de lithium pour les usages cités plus haut. Mais certains pays ou régions ayant des gisements facilement accessibles peuvent profiter de cet avantage pour faire augmenter les prix si la demande est importante. D’un autre côté, un prix très élevé pourrait rendre rentable des ressources qui ne le seraient pas avant, comme le lithium contenu dans l’eau de mer par exemple. Enfin, il ne faut pas exclure d’autres technologies de batteries qui peuvent s’avérer dans le futur plus efficaces et moins coûteuses.  

Sources :
Par Christian Ngô, agrégé de l’Université et Docteur es sciences. Il a fait de la recherche fondamentale en physique nucléaire pendant presque 20 ans à l’Université d’Orsay et au CEA/Saclay. En mai 2008, il a créé Edmonium Conseil. Lire son blog. 

Pour en savoir plus
Article de l’expansion.com : « Et s’il y avait 600 millions de voitures électriques« Article sur Agoravox : « Avons nous assez de Lithium pour les voitures électriques« Article Lithium AbundanceArticle d’electron-economy.orgArticle du CEA : « la fusion : une source d’énergie quasiment illimitée« 

PCB-Axelera : un programme de recherche ambitieux au service de la dépollution des milieux aquatiques

Ambitieux et historique, PCB-Axelera est le premier programme environnemental à réunir des moyens et des compétences d’envergure au profit de la dépollution des milieux aquatiques contaminés par les PCB (PolyChloroBiphényles). Ce programme de recherche d’une durée de 40 mois et piloté par Suez Environnement mobilise au total 30 partenaires autour de 16 actions. Le mois d’avril 2009 a marqué le coup d’envoi des 16 actions qui permettront à terme de fournir des solutions de dépollution efficaces des PCB dans les rivières.Les PCB sont des dérivés composés chimiques de la famille des dérivés chlorés plus connus en France sous le nom de pyralènes. Les PCB n’existent pas à l’état naturel. Très utilisés à partir des années 1930 dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et d’ininflammabilité, ils ont été utilisés dans de nombreuses applications domestiques et industrielles.

Un plan national d’action sur les PCB
On les retrouvait notamment comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants. Ils ont cessé d’’être produits depuis 1987 pour progressivement être retirés de la vente. Il resterait néanmoins aujourd’hui en France 500.000 appareils encore en service à décontaminer. De par leur faible solubilité et biodégradabilité, les PCB n’altèrent pas la qualité de l’eau en elle-même, mais se fixent sur les matières en suspension et les sédiments présents en milieux aquatiques. Les 6 millions de mètres cubes de sédiments charriés par les cours d’eau en France sont contaminés par les rejets industriels et urbains. L’ampleur de cette pollution a justifié la mise en œuvre d’un plan de national d’action sur les PCB, par le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire.
Faire le bilan des solutions techniques opérationnelles
Le projet PCB-Axelera s’insère également dans le programme d’actions régional « Pollution PCB-Rhône » piloté par la direction régionale de l’environnement Rhône-Alpes, pour lequel le pôle de compétitivité Axelera va dresser l’inventaire et le bilan des solutions techniques opérationnelles pour la gestion et le traitement des sédiments contaminés.Articulé en six axes, les objectifs de ce plan sont les suivants :
  •  intensifier la réduction des rejets de PCB ;
  •  améliorer les connaissances scientifiques sur le devenir des PCB dans les milieux aquatiques et gérer cette pollution ;
  •  renforcer les contrôles sur les poissons destinés à la consommation et adopter les mesures de gestion des risques appropriés ;
  •  améliorer la connaissance du risque sanitaire et sa prévention ;
  •  accompagner les pêcheurs professionnels et amateurs impactés par les mesures de gestion des risques ;
  •  évaluer et rendre compte des progrès du plan.
Le programme PCB-Axelera s’inscrit dans l’axe 2 avec pour objectif principal de « bâtir un programme de recherche appliquée sur les techniques de dépollution à mettre en œœuvre dans les zones les plus contaminées ».

4 axes techniques, 16 actions
Fédéré et monté par Axelera, pôle de compétitivité Chimie-environnement Lyon et Rhône-Alpes, le programme PCB-Axelera réunit des compétences de haut niveau. Il est piloté par Suez Environnement. Le programme PCB-Axelera s’articule sur quatre axes techniques déclinés en 16 actions :
  • la pertinence analytique : savoir mesurer (3 actions)
Cet axe vise la mise en œuvre de bonnes pratiques de prélèvement, la mesure des 209 variétés de PCB et l’utilisation de capteurs passifs dans l’eau pour l’échantillonnage.
  • les processus de transferts : comprendre les transferts (2 actions)
Cet axe est consacré à la dynamique des phénomènes de transport, de dépôts et de remise en suspension des sédiments fins d’une part, à la modélisation, l’analyse comportementale des PCB (transfert eau/sédiments, sédiments/eau) d’autre part, et enfin à la connaissance des flux de PCB observés dans le Rhône.
  • les technologies de traitement : savoir traiter (10 actions)
Cœur du programme PCB-Axelera, les travaux de cet axe exploreront plusieurs voies technologiques : d’’une part, le prétraitement des sédiments par dragage et criblage, en vue de leur valorisation ou de leur élimination, et d’autre part les techniques potentielles que sont : – les solutions éco-compatibles de confinement pour la mise en dépôt des sédiments pollués et le développement de technologies de stabilisation-solidification ; – l’’absorption des PCB par la mise en œœuvre de charbon actif, couplé à des techniques de tri granulométrique des matériaux ; – la dégradation des PCB par la voie fongique en utilisant les performances métaboliques de champignons saprophytes ; – la bioremédiation en vue du renforcement des capacités de biodégradation des PCB par des souches microbiennes ;  – le traitement biologique anaérobie des sédiments et des sols pollués ; – la destruction des PCB par voie thermique.
  • l’outil global d’aide à la décision : décider et agir (1 action)
S’appuyant sur les connaissances de la pollution et les solutions de traitement retenues, le programme PCB-Axelera concentrera sa dernière action sur un outil d’aide à la décision (analyse, transfert, performances technologiques et environnementales, risques) destiné aux collectivités locales pour faciliter la mise en place de solutions adaptées.

Résultat des 16 actions en mars 2012
Au final, le programme fournira 28 livrables :
  • 13 outils et méthodes pour la maîtrise des PCB dans l’environnement (8 produits, 5 méthodes)
  • 15 technologies de traitement pour faciliter la mise en place de solutions adaptées, développées dans le programme (1 produit, 5 procédés, 7 filières) ainsi que deux plates-formes (l’une pilote des procédés de traitement des PCB, l’autre industrielle pour l’évaluation des technologies de traitement des sédiments pollués du Rhône).
Le programme PCB-Axelera représente un budget global de 10,5 millions d’euros€. Il mobilise des partenaires financiers impliqués, dont 46 % d’origine publique et 54 % issus du secteur privé. Les fonds publics engagés dans le projet se répartissent entre le FUI (49 %), le Feder (19 %) et les collectivités locales de la région Rhône-Alpes (32%).D’une durée de 40 mois, le programme PCB-Axelera devrait s’achever en mars 2012, pour livrer le résultat de ses 16 actions.Par Cathy Clément (Gaia communication)

Une puce RF universelle calquée sur l’anatomie de l’oreille humaine

Rahul Sarpeshkar, professeur d’électronique au MIT, et son équipe formée d’étudiants ont conçu une nouvelle puce radio, rapide sur une très large bande, et de faible consommation. Cette puce, calquée sur le modèle de l’oreille humaine, pourrait permettre la conception de composants sans fil « universels », capable de recevoir des signaux de téléphone, Internet, de radio ou de télévision.Pour réaliser cette puce, l’équipe a copié le fonctionnement de l’oreille interne, appelée limaçon. Cette puce serait plus rapide que n’importe quelle autre analyseur de spectre en Radio Fréquence (RF) et pourrait opérer avec une très faible consommation de puissance. Selon Sarpeshkar : « Plus j’ai commencé à observer l’oreille et plus j’ai réalisé qu’elle fonctionnait comme une super radio mais avec 3.500 canaux en parallèle. »Sarpeshkar et ses étudiants ont décrit leur nouvelle puce dans un papier publié dans le numéro de juin du IEEE journal of Solid-State Circuits [1]. Ils ont aussi fait une demande de brevet pour incorporer la puce RF dans une architecture radio universelle, compatible avec un large spectre de signaux impliqués dans la téléphonie mobile, l’Internet sans fil, le FM et plusieurs autres signaux.Le limaçon RF imite la structure et la fonction de l’organe biologique qui fait appel à la fois à des fluides mécaniques et à des piézoélectriques pour convertir les ondes de son en signaux électriques qui sont ensuite envoyés au cerveau. Quand les ondes de son entrent dans le limaçon, elles créent des ondes mécaniques dans la membrane au travers d’un fluide activant alors des cils présents dans l’oreille interne. Le limaçon humain peut percevoir un domaine de fréquence compris entre 100 et 10.000 Hz. Sarpeshkar a utilisé ce modèle pour créer une puce RF qui peux percevoir des signaux entre 600 MHz et 8 GHz, ce qui est compatible avec la plupart des applications commerciales sans fil. La puce en silicium mesure 1,5 mm sur 3 mm. Les ondes électromagnétiques voyagent à travers des inductances et des capacités similairement au son traversant la membrane et le fluide présent dans le limaçon. Une série de transistors quant à elle joue le rôle des cils de l’oreille interne. De plus la puce consomme 100 fois moins de puissance que ce qui devrait être requis pour une numérisation directe sur la même largeur de bande.La démarche de l’équipe est enrichissante car elle est issue de la conjonction entre deux disciplines : l’électronique et la biologie. Ce n’est pas la première fois que Sarpeshkar s’inspire de la biologie pour créer de nouveaux composants électroniques [2]. Il a ainsi déjà développé une puce analogique prometteuse capable de synthétiser la voix calquée sur le tractus vocal. « L’homme a un long chemin à parcourir avant que ses architectures égalisent celles existantes dans la nature, spécialement dans les situations où l’on requiert une très grande efficacité énergétique ou une très faible consommation. Néanmoins nous pouvons nous approprier les ressources naturelles de la nature pour fabriquer des composants utiles aux humains, comme nous l’avons fait pour les ressources physiques dans le passé. » [1] adresse de l’article : redirectix.bulletins-electroniques.com/lmAQm[2] autres recherches réalisées par Sarpeshkar : www.rle.mit.edu/avbsSource :« Drawing inspiration from nature to build a better radio »: Anne Trafton – 06/03/09 – web.mit.edu/newsoffice/2009/bio-electronics-0603.htmlOrigine :BE Etats-Unis numéro 170 (19/06/2009) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59589.htmArnaud Souillé est rédacteur du bulletin électronique de l’ambassade de France aux Etats-Unis.

Fibre optique : l’Arcep plaide pour un déploiement multifibre

Face à l’opérateur historique, Free a finalement obtenu gain de cause. L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) a dévoilé mardi son projet de cadre juridique en faveur du multifibre. La boucle locale en fibre optique jusqu’à l’abonné (FttH) va progressivement remplacer la boucle locale cuivre pour assurer aux consommateurs une connexion très haut débit et cette infrastructure devrait rester en place dans les 50 prochaines années. Selon le projet de l’Arcep, dans les zones très denses, tout opérateur pourra demander à l’opérateur d’immeuble (c’est-à-dire l’opérateur choisi par la copropriété pour fibrer l’immeuble) de disposer d’une fibre supplémentaire dédiée à chaque logement, moyennant un préfinancement de son installation et un cofinancement de l’investissement initial. Cela signifie qu’il faudra déployer potentiellement trois ou quatre fibres par foyer. Alors que France Télécom estimait à 40 % le surcoût lié au multifibre, l’Arcep l’évalue à 5 % de l’investissement total, pourcentage qui sera à la charge de l’opérateur qui le demandera. L’opérateur d’immeuble devrait également permettre à tout opérateur qui le demande l’installation d’un dispositif de brassage (cf. glossaire). Le multifibre défendu par l’Arcep offre une indépendance de bout-en-bout à l’opérateur, alors que le partage d’une même fibre introduit des interactions complexes entre opérateurs. Il permet aussi de concilier l’utilisation de deux technologies différentes pour déployer un réseau en fibre optique jusqu’à l’abonné.

Le point-à-point plus intéressant à long terme
Dans le point-à-multipoints (ou PON, Passive optical network), une fibre unique partant du nœud de raccordement optique (NRO) permet de desservir plusieurs logements, par réplication du signal au niveau de coupleurs. Cela assure un investissement progressif suivant la montée en charge des réseaux. Un opérateur PON souhaite généralement avoir un dispositif de brassage au niveau du point de mutualisation.

Source : Arcep
Le point-à-point consiste à déployer au moins une fibre par logement, à partir du nœud de raccordement optique (NRO). Cela suppose un investissement initial important. Cependant, le point-à-point offre des avantages dans l’exploitation du réseau, avec un nombre limitée d’interventions. Il permet aussi de suivre les évolutions technologiques sans avoir à modifier l’architecture du réseau. L’opérateur point-à-point privilégie généralement un raccordement par soudure au point de mutualisation, afin de minimiser ses interventions ultérieures. Or, il n’est pas possible de souder et d’avoir un dispositif de brassage sur une même fibre. Il faut donc privilégier la pose de plusieurs fibres pour que chaque opérateur puisse choisir librement entre point-à-multipoints et point-à-point. A la suite de la consultation publique (pdf) qui aura lieu jusqu’au 22 juillet, l’Arcep prendra position à l’automne. Concernant les zones qui ne sont pas qualifiée de « très denses », l’Arcep engage une phase de travaux en collaboration avec les opérateurs, les collectivités territoriales et la Caisse des dépôts et consignation. C.G.Glossaire Brassage : modification, par branchement, de l’affectation d’une fibre d’un réseau amont, munie d’un connecteur, sur un panneau de connecteurs relié à un réseau aval.Nœud de raccordement optique (NRO) : point de concentration d’un réseau en fibre optique où sont installés les équipements actifs permettant à un opérateur d’acheminer le signal depuis son réseau vers les abonnés. Les NRO desservent généralement plusieurs milliers de prises.Point de mutualisation : dans un immeuble, l’accès au réseau à très haut débit en fibre optique se fait en plusieurs points. Parmi ces points, le point de mutualisation est le point de livraison de référence des accès sous forme passive, dans le respect de l’article L. 34-8-3 du CPCE. Le point de mutualisation est donc un point « logique » qui sépare le réseau de l’opérateur d’immeuble de celui des tiers. Le point de mutualisation peut être situé dans les limites de la propriété privée dans les cas suivant :– les immeubles raccordés à des égouts visitables, quelle que soit la taille de l’immeuble ;– les immeubles d’au moins 12 logements.Zones très denses : zone à forte concentration de population, où il est économiquement viable pour plusieurs opérateurs de déployer leurs propres infrastructures, en l’occurrence leurs réseaux de fibre optique, au plus près des logements. 148 communes sont concernées, représentant 5,16 millions de foyers.

Pompes à chaleur domestiques : modérons notre enthousiasme

Un gaz comprimé chauffe. Décomprimé, il refroidit. Imaginons le compresseur le plus simple qui soit : une pompe à vélo. Lorsqu’on met le doigt sur l’ouverture et qu’on pousse sur la pompe, l’air à l’intérieur devient très chaud. Si on enlève le doigt pour laisser l’air chaud s’échapper, il se refroidit à nouveau. C’est le principe d’une pompe à chaleur. La chaleur du gaz comprimé est utilisée pour augmenter la température en un lieu donné tandis que la perte de chaleur due à la décompression fait baisser la température ailleurs.Par temps chaud, on peut inverser la pompe en refroidissant la maison et en rejetant l’air chaud au-dehors. La plupart des pompes à chaleur peuvent chauffer ou refroidir l’eau. Ainsi, elles peuvent, sous certaines conditions, utiliser le réseau de tuyaux d’eau chaude et de radiateurs de la maison. De même, elles peuvent fournir de l’eau chaude pour l’usage domestique jusqu’à 55 ou 60°C.

Des prix qui varient beaucoup
La chaleur d’une pompe à chaleur n’est pas gratuite. On appelle Coefficient de performance le ratio entre l’énergie nécessaire à l’activation de la pompe et la production de chaleur utile (CdP). Cette donnée est primordiale pour évaluer l’économie réalisée en termes de coût et de CO2. Plus la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur est importante, plus le CdP est faible. Un CdP faible signifie que la consommation d’électricité par unité de chaleur est importante.Aujourd’hui, l’attention est portée sur les pompes à chaleur aérothermiques, qui puisent leur énergie dans l’air. Elles sont peu encombrantes et faciles d’installation dans les maisons, au mur ou au sol. Les meilleures comme l’Ecodan de Mitsubishi ont un CdP d’environ 3 à 3.3 (dans les conditions moyennes au Royaume-Uni). Pour une unité d’électricité consommée, la pompe fournit jusqu’à 3 unités de chauffage. Mieux vaut ne pas se fier aux chiffres plus élevés fournis par les fabricants mais plutôt à des exemples en situation réelle.Les pompes à chaleur géothermiques (qui puisent la chaleur dans le sol ou l’eau des nappes phréatiques) ont un CdP supérieur à celui des pompes aérothermiques mais leur installation revient beaucoup plus cher et nécessite de creuser des trous dans le jardin pour faire passer les tuyaux.

Une économie de 60 euros par an ?
Sans surprise, le coût d’une pompe à chaleur varie considérablement selon la complexité de l’installation et la taille de la pompe. Pour une maison neuve moyenne, il faut compter entre 2.360 et 3.540 euros de plus que pour une chaudière traditionnelle. Le gouvernement offre actuellement une aide de 1.000 euros, ce qui n’est pas rien mais reste insuffisant pour donner un véritable élan à l’installation de pompes à chaleur.D’après mes calculs, l’électricité nécessaire pour chauffer la maison représente moins d’un tiers d’une chaudière à gaz. Mais l’électricité est de loin plus chère que le gaz par KW/h. En me fiant aux tarifs les moins chers en vigueur en juin 2009, j’ai calculé qu’une pompe à chaleur aérothermique économise à un consommateur moyen l’équivalent de 60 euros par an par rapport à une chaudière à gaz. Ce n’est pas un bon retour sur investissement (rappelons qu’une pompe à chaleur coûte plusieurs milliers d’euros).L’Energy Saving Trust (qui est chargé de promouvoir la maîtrise de l’énergie au Royaume-Uni) avance lui une économie de 350 euros, un chiffre déraisonnablement optimiste. Le gouvernement fait probablement une erreur en exagérant les bénéfices des nouvelles technologies pour persuader le public de les adopter.

L’économie en termes de CO2 est exagérée
Toutefois, si vous chauffez votre maison à l’électricité, l’économie pourrait être plus impressionnante grâce à l’utilisation de radiateurs à accumulation qui profitent des heures creuses. Les radiateurs emmagasinent de la chaleur la nuit qu’ils libèrent le jour. Il y a toutefois deux inconvénients : d’une part, la nécessité d’installer de nouveaux radiateurs et d’autre part, le fait que les pompes à chaleur consomment en permanence de l’électricité et pas seulement pendant les heures creuses de la nuit. Personnellement, je doute que l’économie réalisée dépasse 250 à 350 euros alors que l’Energy Saving Trust avance une estimation de 1.000 euros.L’économie de CO2 tend également à être exagérée. Une pompe à chaleur utilise de l’électricité fournie en majorité par une centrale à gaz ou à charbon pour remplacer une chaudière à gaz. L’économie de CO2 dépend donc des performances énergétiques des pompes à chaleur. J’évalue cette économie à 0,59 tonne de CO2, soit une réduction d’1/5 des émissions de CO2 provenant du chauffage des maisons. Cet aspect est plus important que l’économie financière, dans la mesure où le chauffage des maisons est souvent la source la plus importante d’émissions. Mais le coût de la pompe pour chaque tonne de CO2 économisée est au moins de 300 euros, soit un coût très élevé.L’intérêt d’utiliser une pompe à chaleur va augmenter au fur et à mesure que nous passerons à l’énergie éolienne, la biomasse et d’autres sources d’énergie à faibles émissions de CO2. Toutefois, je pense qu’il est plus raisonnable d’attendre que cela soit le cas plutôt que d’acheter une pompe à chaleur dès aujourd’hui.Par Chris Goodall, auteur, entre autres, de 10 Technologies pour sauver la planète. Il est également éditorialiste pour The Independant on Sunday et le Guardian. Lire son blog.

Sources :
Cet article est adapté de « Domestic heat pumps: enthusiasm needs to be tempered », extrait de la deuxième édition de How to Live a Low-Carbon Life à paraître en février 2010 chez Earthscan. Se référer à l’article original pour le détail des calculs. 

Une nouvelle technique de dépollution des eaux usées fondée sur une électrode bifonctionnelle

Le traitement des eaux usées est souvent réalisé grâce à la combinaison de plusieurs techniques, ce qui permet de traiter un spectre plus large d’éléments polluants. Le docteur Aicheng Chen présente ici une technique combinant l’irradiation par les UV et l’électrochimie, mise au point par les chercheurs de l’université de Lakehead au Canada.

Vous avez déposé un brevet pour un procédé de dépollution de l’eau combinant la lumière et le courant électrique. En quoi ce procédé est-il novateur ?
Dr Aicheng Chen : Cette nouvelle approche est basée sur l’utilisation d’électrodes bifonctionnelles fabriquées à partir d’une plaque de titane (Ti) enduite d’un côté d’un photocatalyseur et de l’autre côté d’un électrocatalyseur. Cette nouvelle technique combine ainsi deux méthodes d’oxydation avancées : la dégradation photochimique (qui utilise la lumière pour éliminer les polluants) et l’oxydation électrochimique (qui utilise le courant électrique pour éliminer les polluants). Notre étude a démontré que la combinaison des deux méthodes est beaucoup plus efficace.

Dans quelle mesure ce procédé est-il compétitif avec des traitements biologiques moins coûteux ?
Bien que le processus biologique, qui utilise des bactéries pour éliminer les polluants, soit largement appliqué dans le cadre du traitement des eaux usées, son application n’est pas toujours possible, notamment pour les effluents très pollués. Il n’y a pas de concurrence entre le traitement biologique et cette nouvelle technologie. Cette dernière pourrait être utilisée conjointement avec un traitement biologique, en particulier pour les effluents très pollués.

Comment lutter contre le nombre croissant de polluants persistants dans les eaux usées aujourd’hui ?
En règle générale, la purification des eaux usées polluées par les nitrophénols est très difficile car la présence d’un groupe nitro dans l’anneau aromatique augmente la stabilité des composés phénoliques [1] dans les traitements chimiques et biologiques. Notre étude montre que l’électrode bifonctionnelle s’avère très efficace pour le traitement des nitrophénols.En savoir plus[1] Les composés phénoliques, utilisés comme désinfectants, biocides, produits de préservation. Colorants, pesticides et produits chimiques organiques en médecine et dans l’industrie sont reconnus comme étant toxiques pour l’homme et l’environnement.Aicheng Chen est chercheur dans le département de chimie de l’université de Lakehead au Canada. Ses recherches sur l’électrochimie ont pour objectif de développer de nouveaux capteurs et de nouvelles technologies vertes pour les industries minière et papetière.Propos recueillis par Clémentine Fullias

Sources :
A New Approach to Wastewater Remediation Based on Bifunctional Electrodes, Robert Matthew Asmussen, Min Tian and Aicheng Chen, Environ. Sci. Technol., Article ASAP DOI : 10.1021/es900582m Publication Date (Web) : May 29, 2009

Un champignon pour dépolluer les sols contaminés ?

Publiés il y a peu dans le célèbre Journal of chemestry, les résultats des recherches coordonnées par les laboratoires Paris Diderot et Paris Sud pourraient bien ouvrir de nouvelles perspectives dans le domaine de la décontamination des sols. En effet, à partir de l’étude d’un simple champignon, Podospora anserina, les chercheurs ont isolé une enzyme qui détruit les composés aromatiques toxiques en les modifiant, permettant au champignon de s’épanouir sur des sols pollués. Ainsi, les propriétés de cette enzyme pourraient servir à décontaminer des sols contenant certains polluants persistants.

Une modification chimique des éléments toxiques
D’après le compte rendu de ces recherches, « Au cours de leur évolution, tous les organismes vivants ont développé des mécanismes de défense pouvant les protéger contre les effets délétères de composés toxiques qu’ils soient d’origine naturelle ou non. Les champignons comptent parmi les espèces qui possèdent les outils les plus performants pour survivre en présence d’une très grande variété de composés, toxiques pour la majorité des autres espèces. »Dans le détail, ce sont deux enzymes qui permettent la modification chimique des éléments toxiques en éléments inertes. Une d’entre elle a été repérée grâce à son activité intense de transformation, et notamment d’amines aromatiques toxiques d’origine industrielle. Il est également intéressant de préciser que ces processus de décontamination sont assez rapides, comme précisé dans le rapport : « Le champignon a la capacité de détoxiquer des terres contaminées par un dérivé de pesticides (la 3,4-dichloroaniline ou 3,4-DCA). Au final, l’utilisation de ce type de champignon inoffensif appliquée à la dépollution de certains sols devra désormais être testée en plein champ. »

Une rapidité d’action étonnante
En effet, les expériences réalisées par les chercheurs ont donné des résultats étonnants. Non pathogène, Podospora anserina est également une espèce de manipulation aisée et de croissance contrôlée. C’est pour cela qu’elle a été choisie pour étudier ces phénomènes de bioremédiation. Dans les expériences menées, des échantillons de terre contaminée par de fortes concentrations de 3,4-DCA ont été mis en présence de Podospora anserina. Quelques heures plus tard, la majorité des molécules toxiques de ce dérivé de pesticide ont été inactivées, et la terre testée est alors saine, propice à la germination. Si les tests pratiqués en plein champs s’avèrent concluants, Podospora anserina pourrait s’avérer être une solution à l’accroissement préoccupant de la concentration des nombreux polluants dans les milieux naturels, accroissement directement lié aux activités humaines. 

Sources :
CNRS – An acetyltransferase conferring tolerance to toxic aromatic amine chemicals : molecular and functional studies(Marta Martinsa,b, Fernando Rodrigues-Limaa,b, Julien Dairoua,b, Aazdine Lamouric,d, Fabienne Malagnacb,e, Philippe Silarb,e & Jean-Marie Dupreta,b,f) – lire le compte rendu (en anglais)

L’Europe veut devenir un moteur de l’Internet des objets

L’Internet des objets fait rêver et fait peur. L’utilisation de la RFID (Radio frequency identification) pour connecter les objets à Internet et entre eux représente une opportunité économique et sociale, notamment dans le contexte de vieillissement de la population et de changement climatique. Cependant elle soulève bien des interrogations sur la protection de la vie privée, la santé ou l’environnement. L’Union européenne compte jouer un rôle majeur afin de favoriser et d’encadrer au mieux cette évolution. La commissaire européenne Viviane Reding (en photo ci-contre) vient de publier un plan d’action en ce sens (cf. les 14 mesures ci-dessous). Le même jour, jeudi 18 juin, elle a fait paraître un communiqué en faveur d’une gouvernance ouverte, indépendante et responsable de l’Internet. Dans son communiqué sur l’Internet des objets, Viviane Reding insiste sur la nécessité de faire évoluer le réseau. 100 à 1.000 fois plus d’objets seront connectés dans les cinq à dix ans, ce qui suppose de multiplier la quantité d’adresses IP. Pour cela, l’UE va accélérer le déploiement de l’IPv6 (Internet protocol version 6), ce qui augmentera le nombre d’adresses de 2^128 codées sur 16 octets, contre 2^32 adresses IP longues de 4 octets pour IPv4, qui sert actuellement de base à Internet. Le plan sera déployé au cours des trois ans à venir et se concrétisera par un rapport de la Commission. Il repose sur 14 mesures :1. La gouvernanceL’UE va travailler à la définition d’une série de principes de gouvernance et à la définition d’une architecture avec une gestion suffisamment décentralisée.2. La vie privée et les données personnellesIl s’agit de contrôler l’application de la législation sur la protection des données. Une communication sera publiée en 2010.3. Le droit de rendre les puces silencieusesLa Commission va lancer un débat pour savoir si les individus seront capables de déconnecter les puces du réseau à tout moment. Les citoyens doivent être en mesure de lire les puces et de les détruire. Ces droits prendront encore plus d’importance lorsque les puces deviendront suffisamment petites pour rester invisibles.4. L’identification des risques à venirCela consiste à relever les challenges de la confiance, de l’acceptation et de la sécurité par des mesures réglementaires ou non.5. Le moteur de la croissance et du progrès socialIl faut considérer l’Internet des objets comme une ressource indispensable pour l’économie et la société. Pour cela, la Commission va suivre le développement d’une infrastructure sécurisée.6. La standardisationLa Commission mettra en place de nouveaux chantiers de rationalisation des standards et si besoin de définition de nouvelles normes. Cette normalisation est nécessaire pour supprimer les barrières aux nouveaux entrants, faire baisser les prix pour les utilisateurs, réaliser des économies d’échelles et créer un marché mondial. Le développement de l’IPV6 sera nécessaire pour augmenter le nombre d’adresses IP.7. La rechercheLa Commission va continuer à financer des projets dans le domaine de l’Internet des objets dans le cadre du 7e plan cadre de recherche. En mettant l’accent sur les microélectroniques, les technologies « energy harvesting » (de récupération de l’énergie), le positionnement permanent, les réseaux sans fil de systèmes intelligents communicants, la sémantique, les logiciels d’émulation du raisonnement humain…8. Les partenariats public-privéLa Commission va intégrer l’Internet des objets dans quatre partenariats de R&D entre le secteur privé et le public : les voitures vertes, les bâtiments économes en énergie, les usines du futur et l’Internet du futur.9. Les projets pilotesIl s’agit de promouvoir des projets pilotes pour soutenir le déploiement d’applications avec un apport fort pour la société : e-santé, changement climatique, fracture numérique…10. La sensibilisation des institutionnelsLa Commission va régulièrement informer le parlement et le conseil sur ces sujets.11. Le dialogue internationalIl faut intensifier le dialogue avec des partenaires internationaux pour partager des informations et des bonnes pratiques, mettre en place des actions communes et promouvoir les positions de la Commission.12. La protection de l’environnementLa Commission va étudier les difficultés de recyclage des étiquettes RFID aussi bien que les bénéfices qu’elles peuvent apporter dans le recyclage des objets. Des études seront régulièrement menées sur l’éventuelle incidence des technologies de radiofréquence sur la santé.13. La publication de statistiquesEurostat va publier des statistiques sur la pénétration des technologies RFID et leur impact sur l’économie et la société à partir de décembre 2009.14. L’évaluation de l’évolutionLa Commission réunira un éventail représentatif des parties prenantes pour contrôler l’évolution de l’Internet des objets.C.G. RéférencesLes communiquésLorsque les pots de yoghourt se mettent à vous parler : l’Europe se prépare à la révolution de l’internetLa Commission européenne plaide pour une gouvernance ouverte, indépendante et responsable de l’InternetLe plan d’action en détailpdf (en)pdf (fr)Le rapport sur la RFID de mars 2007La Commission propose une stratégie européenne pour les étiquettes radio intelligentes

Le terminal méthanier d’Antifer : l’avenir du gaz naturel en France

Le MEEDDAT rappelle que la France consomme 50 Gm3 de gaz naturel [1], importé pour une forte moitié sous forme gazeuse de la mer du Nord et de Russie et pour le reste sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL).Les 3 terminaux de réception du GNL ont une capacité totale de 23,75 Gm3 (Fos Tonkin, Montoir, Fos Cavaou), susceptible d’être portée à 3.5-40 Gm3 d’ici 2020. Les 4 nouveaux projets actuellement envisagés (Dunkerque, Antifer, Verdon et Fos Faster) auraient pour leur part une capacité de 33 à 39 Gm3.Au total, si tous ces projets se réalisaient, les capacités d’importation de GNL seraient de 70 à 80 Gm3 en 2020, ce qui porterait les capacités totales de gaz disponibles en France à près de 100 Gm3. Le MEEDDAT explique que les importations en provenance de la mer du Nord devraient baisser de 40 % (soit environ 6 Gm3) et que les importations de Russie (10 Gm3) sont soumises à des aléas géopolitiques. Il explique également que la création du grand marché européen du gaz ouvre des opportunités commerciales et que la France est bien placée pour alimenter ce marché.Le dossier de presse du MEEDDAT du 3 juin 2009 [2] annonce une baisse de 10 % de la consommation finale de gaz d’ici 2020 ; celle-ci passerait de 42 à 38 Gm3. Il est précisé que « cette variation cache en réalité deux évolutions différentes : une très forte baisse dans la consommation résidentielle, compensée par une hausse sensible dans la consommation industrielle et électrique (remplacement du charbon par du gaz). »

Une perte de 15 Mtep pour le gaz ?
Que penser de tout cela ? Du côté de la consommation nationale, il importe d’être plus que circonspect. Ainsi, dans le secteur résidentiel et tertiaire, le fioul domestique et le gaz naturel représentent respectivement 15 et 23 Mtep. Or, la loi Grenelle 1 prévoit une diminution proche de 40 % de la consommation d’énergie de ce secteur, qui passerait de 70 à 40 Mtep. La baisse de 30 Mtep devrait porter essentiellement sur ces deux combustibles, seuls émetteurs de CO2 ; même en admettant que la première « victime » sera le fioul domestique, le gaz naturel pourrait « perdre » 15 Mtep, soit plus de 15 Gm3 [3].Dans l’industrie, le gaz et l’électricité sont déjà les deux énergies largement dominantes, et le gaz ne peut guère espérer gagner plus de quelques Mtep.Le seul secteur où les besoins de gaz devraient augmenter de façon significative est la production d’électricité, en remplacement du charbon et du fioul : actuellement, les quelque 50 TWh électriques produits à partir de combustibles fossiles, essentiellement pour assurer la demi base et la pointe, se répartissent approximativement de la façon suivante : 20 TWh à partir de charbon, 10 TWh à partir de fioul et 20 TWh à partir de gaz. En admettant (comme le fait le MEEDDAT) que d’ici 2020 toute la production « charbon » sera assurée par le gaz, cela représenterait une augmentation de la consommation de gaz de 35 TWh (3,5 Gm3).

Quel coût pour le remplacement du charbon par le gaz ?
La consommation finale française devrait donc diminuer encore plus nettement qu’annoncé par le MEEDDAT, et atteindre environ 35 Gm3 d’ici 2020 (soit 40 Gm3 d’énergie primaire).Le remplacement d’ici 2020 du charbon par le gaz naturel pour la production d’électricité permettra aussi de diminuer de 45 à 35 Mt CO2 les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur. Ceci s’inscrit bien dans la trajectoire du Grenelle de l’Environnement, mais à un coût qu’il conviendrait de chiffrer. Pour que ce gain soit durable, deux conditions devront être remplies :
  • Que la production thermique n’augmente pas, et cela malgré les besoins nouveaux engendrés par les électricités intermittentes.
  • Que les centrales à gaz mises en service au cours de la prochaine décennie puissent, dès que possible, être équipées de capacités de captage et stockage du CO2. Ces centrales, en effet, seront encore en service en 2050, date à laquelle les rejets totaux de CO2 dus à l’énergie devront être environ 3 fois plus faibles qu’en 2020.
Une contribution importante de la France aux besoins énergétiques européens (électricité et gaz) est une option défendable. Le programme nucléaire a bien permis d’exporter environ 70 TWh par an d’électricité et la France est effectivement bien placée pour abriter des terminaux de GNL.

Assurer les mesures de sécurité et de protection de l’environnement
La capacité d’importation excédentaire proche de 60 Gm3 n’est pas négligeable rapportée aux besoins européens (aujourd’hui supérieurs à 300 Gm3). Encore faut-il que soient assurées, pour les terminaux méthaniers, toutes les mesures de sécurité et de protection de l’environnement. D’autre part, les capacités supplémentaires étant pour l’essentiel destinées au marché européen, il serait tout à fait anormal qu’elles bénéficient d’aides directes ou indirectes de l’Etat. En particulier, il appartient aux industriels d’assumer pleinement le risque d’ « investissements échoués » si, par malheur, les prix du gaz naturel et (ou) du CO2 venaient réduire fortement la demande de gaz en Europe.Par Pierre Bacher, ancien élève de polytechnique, est l’auteur de « L’énergie en 21 questions » – édition Odile Jacob (2007), membre du conseil scientifique de Sauvons le Climat et éditorialiste à l’Espace Veille de Techniques de l’ingénieur.

Notes
[1] Chiffre probablement un peu fort, mais que nous conserverons par souci de cohérence[2] MEEDDAT Dossier de presse «Jean-Louis Borloo présente une feuille de route issue du Grenelle Environnement pour les infrastructures énergétiques de la France»[3] 1 Gm3 # 10 TWh # 0,86 Mtep

Green IT : la norme Energy star de plus en plus exigeante

La norme Energy star pour les ordinateurs, les photocopieurs et les imprimantes deviendra plus contraignante à partir du 1er juillet. La Commission européenne et l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (Environmental Protection Agency, EPA) viennent de signer un accord en ce sens. En Europe, les nouvelles spécifications permettront des économies d’énergie de près de 22 TW/h sur les quatre à six ans de durée de vie des produits, soit la consommation annuelle de l’Irlande selon la Commission. L’EPA a complété la norme en mai dernier par des spécifications réservées aux serveurs. D’après l’agence américaine, un serveur respectant la norme consommerait 30 % d’énergie en moins qu’un serveur traditionnel. « Si tous les serveurs vendus aux Etats-Unis suivaient cette nouvelle spécification, l’économie d’énergie pourrait atteindre 800 millions de dollars par an, et éviterait l’émission de gaz équivalente à celui de plus de 1 million de véhicules », d’après un communiqué de l’EPA. Pour chaque catégorie de serveur, Energy star définit des seuils énergétiques à ne pas dépasser. Les spécifications concernent principalement la consommation d’énergie en veille et la performance de l’alimentation (la consommation d’énergie par rapport à la quantité de chaleur dégagée). Les serveurs doivent pouvoir communiquer à un logiciel de supervision des mesures (consommation, CPU, température, etc.). La norme ne concerne pour l’instant pas les serveurs lames, pourtant très consommateurs en énergie.  

Un label obligatoire pour les organismes publics de l’UE
Une nouvelle version du label pour les serveurs devrait être rendue publique l’année prochaine. Après la publication des nouveaux critères pour les ordinateurs, photocopieurs et imprimantes le 1er juillet, l’EPA publiera également des spécifications concernant le stockage informatique et les consoles de jeu. Considéré comme la première démarche green IT (le terme n’existait pas encore), le programme Energy star remonte à 1992 aux Etats-Unis. Il visait à réduire la consommation d’énergie, notamment des ordinateurs. Europe et Etats-Unis on signé un premier accord sur l’utilisation de cette norme en 2001, renouvelé fin 2006. En 2007, le Conseil de l’Europe a voté un règlement qui impose à tous les organismes publics de l’UE l’achat de matériels informatiques de bureau labélisés Energy Star. C.G.Sources :www.eu-energystar.orgwww.epa.gov

Les conditions de la renaissance du nucléaire américain

Le panel du MIT a estimé que l’entreposage des déchets dans des fûts sur le site des centrales est un moyen sûr pendant plusieurs décennies, voire un siècle, et qu’il n’y a pas de raison technique à vouloir mettre en place un stockage permanent. Pour beaucoup des membres du panel, il n’y a pas urgence. La priorité est en effet de relancer le nucléaire aux Etats-Unis où la dernière centrale a été construite il y a une trentaine d’années.

Approuvez-vous la décision de l’administration Obama d’annuler le projet de stockage à Yucca Mountain, qui devait regrouper les déchets radioactifs de toutes les centrales nucléaires américaines ?
Matthew Bunn : Non, je pense que c’est une erreur. Yucca Mountain pourrait être un site sûr pour le stockage permanent des déchets nucléaires, pour peu qu’il soit correctement agencé et géré. L’annulation du projet va jeter le doute sur l’ensemble du programme de gestion des déchets nucléaires et il peut se passer des décennies avant que les Etats-Unis ne jettent leur dévolu sur un autre site.

Vous avez déclaré que les technologies actuelles de retraitement des déchets nucléaires étaient la porte ouverte à la prolifération nucléaire et au terrorisme. Incluez-vous les recherches sur les réacteurs à neutrons rapides de quatrième génération qui ne produiraient que des déchets d’une durée de vie moyenne ?
Comme je l’ai indiqué lors du débat, il est inutile aujourd’hui de se lancer dans le retraitement. C’est un processus plus cher que le non-retraitement, qui présente effectivement des risques pour la sécurité nationale. Les choses pourraient changer dans l’avenir si de nouvelles méthodes de retraitement sont développées. Il faut poursuivre la recherche.Quant à la quatrième génération, ce ne sont pas des technologies actuelles. Aucune ne sera commercialisée avant 20 ans, si ce n’est plus. Par ailleurs, je n’ai encore vu aucune analyse convaincante qui démontre que ces technologies, dans leur globalité (incluant le coût, le traitement des déchets, la sûreté, la protection contre le terrorisme et le risque de prolifération, le soutien de l’opinion publique et l’utilisation des ressources), soient supérieures au stockage définitif en profondeur sans retraitement (dit once-through).

Comment envisagez-vous l’avenir du nucléaire aux Etats-Unis ?
Pour le meilleur et pour le pire, le nombre de centrales nucléaires qui seront construites dans l’avenir aux Etats-Unis dépendra de leur compétitivité face aux autres alternatives à faibles émissions de CO2. Le coût d’une centrale nucléaire est monté en flèche ces dernières années, mais celui des centrales à charbon ou à gaz a également augmenté. Le coût des énergies éolienne et solaire dépend en partie de notre capacité à gérer leur nature intermittente. L’issue de cette compétition n’est pas encore claire.Pour ma part, je pense que le gouvernement américain devrait mettre en place un programme de garanties de prêts pour les premières centrales nucléaires, avec des garanties similaires pour les autres sources d’énergies à faibles émissions de CO2, avec pour objectif explicite que l’aide gouvernementale ne soit plus nécessaire une fois les premières centrales en activité. 

Sources :
Propos recueillis pas Clémentine FulliasMatthew Bunn est maître de conférence à la John F. Kennedy School of Goverment de l’Université de Harvard aux Etats-Unis. Ses recherches portent sur la prolifération nucléaire, le terrorisme, le futur de l’énergie nucléaire et le cycle du combustible.

Martin Guespereau : « Reach ne représente pas que des perspectives lointaines »

Le 2 juin dernier se tenait à Paris une conférence organisée par l’Afsset, qui présentait son rapport d’activité 2008, et le programme de travail pour 2009. Ainsi, Martin Guespereau, nouveau directeur général de l’Afsset depuis le 2 janvier 2009, entouré de Céline Delysse, chef du Decid (Département Communication Information et Débat public), Gérard Lasfargues, chef du Deset (Département d’Expertises en Santé Environnement et Travail), Philippe Juvin, chef de l’ARCHE (département Appui Réglementations CHimieEuropéennes, Biocides, REACH), Jean Lesne, chef du MERRE (département Méthodologie, Recherche et Relations Extérieures) ont présenté les axes prioritaires de l’Afsset en santé/environnement et santé au travail pour l’année en cours.Trois axes principaux se dégagent : la chimie, les agents physiques et l’eau, autour de plusieurs problématiques. La chimie donc thème central, qui comprend trois axes de travail principaux : les cancers professionnels, REACH, les CMR, l’amiante et le formaldéhyde.

Le sujet central : REACH
« Nous entrons en Europe dans une phase historique sur les produits chimiques », précise tout de suite Martin Guespereau. Pour accompagner cette phase cruciale, l’Afsset finance d’ailleurs des projets de recherche sur ces axes de recherche à hauteur de 1,5 millions d’euros, et a lancé plusieurs appels à projet conjoints. Mais au niveau de la chimie, le sujet qui revient avec insistance est bien sûr REACH. Martin Guespereau reprend : « ce ne sont pas 33.000 substances qu’il s’agit de référencer, comme annoncé, mais plutôt 143.000. Les industriels sont les premiers responsables de l’utilisation de ces produits. Maintenant, il faut de réels informations pour les professionnels concernés, notamment au niveau de l’obligation de substitution ».Le tout nouveau directeur de l’Afsset s’est ensuite attardé sur les critiques essuyées par REACH dernièrement, et notamment sur le coût de cette opération, alors que l’Europe et le monde traversent une période de crise sans précédent : « REACH est critiqué à cause de la crise. Sur quels produits veut-on que reparte la croissance ? Ce que nous savons, c’est que REACH va coûter entre 2,8 et 5,2 milliards d’euros, mais en rapportera 91 sur trente ans, rien qu’en bénéfices ».

CMR : 31 substances fichées
Outre l’aspect financier, Martin Guespereau s’est également appliqué à répéter que REACH devait être présent dans les esprits dès maintenant : « REACH ne représente pas que des perspectives lointaines. Ainsi, parmi les 350 produits à bannir (liste dressée par un ensemble d’ONG), l’Afsset en a choisi 24 sur lesquels elle va travailler, et a transmis leurs noms au ministère. Aussi, l’Afsset gère en ce moment deux dossiers de restriction. Le premier concerne la présence de plomb dans certains bijoux fantaisie, et l’autre le dimethyl fumarate, rendu célèbre de par sa présence dans certains canapés importés ».Autre domaine de la chimie abordé avec insistance, les CMR et leur substitution. « A l’heure actuelle, 31 substances ont leur fiche. Cela représente un travail énorme. Plus de 186.000 salariés sont tous les jours exposés à des produits mutagènes », précise Martin Guespereau, qui poursuit : « Cela représente un énorme travail car il faut également suivre les effets des substituants eux-mêmes et avoir un retour sur la qualité de la subsitution ».
« Construire des outils »
L’Afsset a pour vocation également de construire des outils. Ainsi a été créé le RNV3P, soit le Réseau National de Vigilance et de Prévention des Pathologies Professionnelles. Cette énorme base de données recense 100 000 cas balayant :
  • les pathologies dominantes sans la sphère professionnelle (recrudescence des risques psychosociaux par exemple) ;
  • les maladies respiratoires (elles concernent 20% de la population et en 1er lieu les hommes) ;
  • les TMS et les problèmes de peau.
Cet outil permet :
  • de donner de la visibilité,
  • de repérer les maladies émergentes (ex. les cancers respiratoires),
  • d’aider les autres établissements pour enrichir leur expérience,
  • d’avoir une base pérenne et « experte ».
Après la chimie, le directeur de l’Afsset a développé des axes de travail relatifs aux agents physiques, et notamment les études liées aux radiofréquences, pour lesquelles le travail est en grande partie lié « à de la synthèse scientifique, plus de 500 articles ont déjà été publiés sur le sujet ». Les nanomatériaux ont également été abordés, avec la sortie prochaine d’un rapport de l’Afsset sur le sujet, qui se concentrera sur la problématique des cycles de vie.

Un souci de transparence et de valorisation des partenaires
Dans un troisième temps, c’est l’eau qui a focalisé l’attention : les PCB, les métaux lourds, les eaux de baignade, les résidus de médicaments dans le cadre des perturbateurs endocriniens, ou encore la réutilisation des eaux usées. Au-delà des axes de recherche présents et futurs, la direction de l’Afsset a tenu à rappeler les principes de l’agence, à savoir :
  • Une agence 100 % publique par souci d’indépendance ;
  • Communication des résultats au grand public avant de le faire auprès des instances par souci de transparence ;
  • Un modèle d’expertise hors sol afin de faire appel à toutes les compétences, rassembles des disciplines multiples et valoriser les partenaires.
En conclusion, Martin Guespereau a rappelé quatre axes de travail, prioritaires pour l’Afsset :
  • Donner la priorité aux scientifiques : faire venir les meilleurs, valoriser leurs travaux, renforcer le réseau d’experts (NB : les 400 experts que sollicite l’Asset ont publié une « Déclaration publique d’intérêt » pour être accepté comme expert) ;
  • Introduire les sciences sociales dans l’abord des problématiques (colloque à venir les 6 et 7 juillet : « Gouverner l’incertitude ») afin de « confronter les théories à la réalité » ;
  • Passer le relais aux préventeurs en organisant des réunions et des évènements pour la recherche d’impact en passant à la normalisation ISO9001 ;
  • S’ouvrir à la société civile en prenant en compte les acteurs émergents et en favorisant le dialogue (influence d’internet).

La bioénergie : le temps des compromis

Dans ce domaine, le mot clé est « durable ». Si l’option du renouvelable nécessite des combustibles fossiles, on ne peut pas dire qu’elle est durable. Elle peut néanmoins l’être pendant une longue période, par exemple, si les besoins en combustibles fossiles sont faibles ou s’il s’agit de combustibles fossiles que nous possédons encore en abondance. Mais cela amène d’autres compromis. La solution parfaite n’existe pas, mais les compromis peuvent être plus ou moins à notre avantage. Pour un pays tropical comme le Brésil, je pense que l’éthanol tiré de la canne à sucre est une bonne solution. Mais dès que l’on essaie d’augmenter la production pour l’exportation, cela implique des compromis plus difficiles. Une des options qui me semble intéressante à long terme est le diesel vert fabriqué par hydrotraitement ou hydrocraquage de plantes oléagineuses ou par gazéification de la biomasse, ensuite converties via le procédé Fischer-Tropsch en carburant (ainsi que le fait Choren).

Le jatropha curcas est une option intéressante
En ce qui concerne l’hydrocraquage, l’utilisation de plantes oléagineuses particulières (ou de graisse animale) implique davantage de compromis. Prenons l’huile de palme, par exemple. Le palmier fournit de l’huile en abondance et il est une nouvelle source de revenus pour de nombreux pays tropicaux. Mais la demande en provenance des pays développés a conduit à la déforestation massive alors que certains pays tropicaux plantent précipitamment des plantations de palmiers.Le jatropha curcas est une option intéressante. Son principal avantage est qu’il pousse sur des sols marginaux et supporte bien la sècheresse. On pourrait penser que dans ces conditions, il ne consomme pas beaucoup d’eau. Hors, une étude intitulée « L’empreinte d’eau de la bioénergie » publiée récemment dans PNAS affirme le contraire. Le graphique montre que le jatropha est le plus gros consommateur d’eau en Gigajoules de carburant produit. Nous pensons aujourd’hui que le monde est confronté à une crise très sérieuse de l’approvisionnement en eau douce. C’est pourquoi un compromis important sera la quantité d’eau consommée par les cultures destinées à produire de l’énergie.L’étude n’explique pas en détail la méthodologie utilisée. Il m’est donc difficile d’en critiquer les résultats. D’autres études ont toutefois montré que le jatropha pouvait produire de l’huile tout en ayant des besoin minimaux en eau.

Minimiser les inconvénients des compromis
Il est possible que les meilleurs rendements soient obtenus avec beaucoup d’eau. Mais dans beaucoup d’endroits, peu importe d’obtenir des rendements moins importants pour autant que la consommation d’eau soit faible. Le fait est que ce genre de compromis va s’imposer, quelle que soit l’option énergétique choisie. C’est toujours quelque chose à prendre. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas le choix.Alors que nous nous tournons de plus en plus vers la bioénergie, il est crucial de faire les choix qui minimisent les inconvénients des compromis. Malheureusement, l’histoire a montré que ceux qui bénéficient des aspects positifs des compromis, ne sont pas toujours les mêmes que ceux qui en supportent les aspects négatifs. Robert Rapier est directeur ingénierie chez Accsys Technologies PLC et anime le blog R-Squared Energy Blog.

Bruno Maisonnier : « Les robots, ce n’est pas seulement un truc de Japonais ! »

Président fondateur d’Aldebaran Robotics et président de Cap robotique, Bruno Maisonnier suit depuis 25 ans le marché de la robotique. D’après lui, les robots feront bientôt partie de notre quotidien, et la France est bien placée dans ce domaine. Rencontre.

Techniques de l’ingénieur : Qu’est-ce qu’un robot ?

Bruno Maisonnier : Le robot n’est pas un homme, pas un animal, c’est autre chose. Mais attention, il n’a aucune intelligence, ce n’est rien de plus qu’un petit ordinateur. Il faut démystifier les robots.

Les robots vont-ils entrer dans notre vie quotidienne ?

Oui et dans des délais très court, dans un ou deux ans. Cela s’explique non seulement par l’évolution technologique mais aussi par la démographie. Les personnes âgées et les enfants sont les premiers concernés par les robots. La robotique répond à un nouveau besoin d’avoir un compagnon. Ce marché va arriver, avec à la clé des millions d’emplois dans les pays qui conçoivent, fabriquent et vendent les robots. Les Japonais, les Coréens et les Américains investissent beaucoup dans ce domaine.

Comment la France se situe-t-elle au niveau mondial ?

La France est en fait bien située par rapport aux autres pays. En termes de publications, elle représente 3 à 4 % de l’effort mondial tous sujets confondus, contre 7 à 8 % pour la robotique, après les Etats-Unis et le Japon. Nous sommes les premiers si l’on ramène ce chiffre au nombre d’habitants. L’Allemagne est aussi un pays en pointe dans ce domaine. Mais, pour travailler, les chercheurs français étaient obligés d’acheter des robots japonais qu’ils font ensuite évoluer.

Existe-t-il une demande en Europe ?

Le chien de Sony, Aibo, s’est vendu autant en Europe qu’au Japon et aux Etats-Unis. La robotique, ce n’est pas seulement un truc de Japonais ! Nao est reconnu comme le robot humanoïde plus sophistiqué au monde.

Pourquoi avez-vous créé Cap robotique ?

Il existe de nombreuses PME françaises dans ce domaine, comme Gostai qui fait des logiciels pour robots. Mais cela ne suffit pas à créer une dynamique. Nous avons donc créé un cluster, Cap robotique. Il réunit des industriels, des laboratoires de recherche, des universités, des écoles… Cela permet de faire du lobbying, de communiquer et d’organiser des événements. Les pouvoirs publics nous soutiennent via la région Ile de France, la ville de Paris, le gouvernement…

original

A quoi les robots servent-ils ?

Avec Nao, nous avons donné des fonctionnalités, il faut maintenant écrire les applications. Les robots vont beaucoup nous apporter. On peut citer l’exemple de personnes âgées mal voyantes qui auront un compagnon pour les aider dans leur quotidien, les distraire ou leur lire un roman.

Qui achète Nao ?

Nous avons vendu 260 Nao, principalement à des laboratoires de recherche, à 95 % en-dehors de France.

Comptez-vous toucher le grand public ?

Nao est conçu pour le grand public. Nous écrivons actuellement les applications, avant de passer à une troisième étape, la fabrication à grande échelle à des prix bas, prévue pour fin 2010 début 2011. Une trentaine de clients vont acheter une version bêta en juin. Pour l’instant nous fabriquons Nao dans nos locaux, mais je ne sais pas encore où nous le produirons par la suite. Cela dépendra aussi du marché. Par exemple, si nos clients sont aux Etats-Unis, l’assemblage se fera peut-être là-bas pour des questions de maintenance et de rapidité de fourniture.

Les réticences face à la robotique sont-elles justifiées ?

En France, certains ont des réticences. Dans la culture monothéiste, il existe une rupture qualitative entre les créatures à l’image de Dieu et les autres. Quand quelque chose essaie de venir dans le monde des hommes, cela provoque des peurs. Dans les cultures asiatiques de cosmogonie, c’est différent. Quoiqu’il en soit, il ne faut pas ralentir le développement de la robotique sous prétexte qu’il existe des risques.

Quelles sont les tendances en robotique industrielle ?

C’est un univers très différent. Lorsque l’on construit une usine, on peut facilement adapter l’environnement pour qu’ils conviennent aux robots qui ont donc très rarement une forme humanoïde. A Cap robotique, nous nous focalisons sur les robots de service.

Quels sont les grands sujets de recherche actuellement en robotique ?

L’interaction homme robot, avec la reconnaissance vocale, la reconnaissance gestuelle et émotionnelle, la reconnaissance de situation, l’apprentissage et les technologies de coopération des robots.

Quels sont les freins technologiques forts ?

Le rapport qualité prix est au cœur des problématiques. Il faut inventer des matériaux et faire évoluer les capteurs. Autres problématiques, l’énergie et l’autonomie constituent un frein. Mais ce dernier sujet est aussi un enjeu majeur pour d’autres industries qui concentrent leurs recherches là-dessus.

 

Aldebaran robotics

Créée en 2005, Aldebaran robotics est la première entreprise française de robotique humanoïde. Elle a présenté pour la première fois Nao fin 2006, considéré comme le robot humanoïde le plus sophistiqué au monde. Son financement vient des actionnaires historiques : Bruno Maisonnier, sa famille et des salariés, pour un total de 1,4 million d’euros. La start up a ensuite levé 5 millions d’euros auprès de deux fonds. Elle a reçu des aides des pouvoirs publics et elle dégage un chiffre d’affaires. Aldebaran robotics emploie environ 80 personnes.

Au sujet de Nao : www.aldebaran-robotics.com 
Au sujet de son grand frère Romeo : www.projetromeo.com 

 

Les DSI se convertissent au green IT

97 % des décideurs informatiques interrogés ont déclaré au moins envisager une stratégie green IT et 45 % ont déjà mis en place différentes initiatives vertes, d’après le Green IT report de Symantec paru en mai. « En 2009, les DSI commencent à avoir des projets verts qui s’intègrent dans une démarche d’entreprise », confirme Christophe Corne, directeur général de Dotgreen, éditeur de logiciels et prestataire de services. Cela concerne pour l’instant principalement les grandes entreprises et certaines collectivités locales ou administrations, mais les PME suivront.Le green IT, que l’on peut traduire par « informatique verte », consiste à réduire l’impact de l’informatique sur l’environnement, grâce aux achats éco-responsables, au recyclage, à l’utilisation raisonnée des imprimantes et surtout à la maîtrise de la consommation énergétique. « La première démarche remonte à 1992 avec le programme Energy star aux Etats-Unis qui exige notamment la mise en veille des postes de travail dans l’administration », précise Christophe Corne. En Europe, la directive sur le recyclage des déchets, traduite dans la loi en 2005 en France, a marqué une étape importante dans la prise de conscience. « Le terme green IT est apparu en 2007, lorsque des universitaires puis des journalistes se sont emparés du sujet. » Au-delà des aspects environnementaux, ce sont les perspectives de gain qui intéressent les entreprises. La consommation d’énergie constitue le premier levier de réduction des coûts. Cette approche commence par des mesures simples comme l’extinction des postes de travail le soir. « Cela peut passer par la sensibilisation des utilisateurs, explique-t-il. Dans une démarche plus poussée, on peut utiliser le paramétrage par défaut ou le pilotage de l’ensemble du parc informatique par des logiciels. » Pour réduire la consommation, on peut aussi opter pour des clients légers, ce qui est possible dans une large majorité de cas. « Pour un parc informatique classique de 1.000 postes de travail, le fait de basculer vers des clients légers revient moins cher à l’achat et permet de réduire de 50 % sa facture énergétique sur un an », indique le directeur général de Dotgreen.

Des écolabels pour l’équipement informatique
Du côté des serveurs, les efforts de rationalisation s’avèrent aussi payants. D’après Forrester research, cité par Le Monde Informatique, l’opérateur de télécoms Sprint a économisé 14 millions de dollars de dépense de fonctionnement pour son data center en rationalisant ses applications. Le refroidissement des serveurs fait l’objet de recherches poussées. Selon la « loi de Moore des centres de traitement de données », un tiers de l’électricité consommée par des grands centres de traitement de données sert à refroidir les serveurs, et ce volume devrait augmenter au même rythme que la puissance des processeurs qui double tous les 18 mois. Au-delà de la consommation d’énergie, les entreprises prêtent de plus en plus attention aux problématiques vertes dans leurs achats. L’écolabel américain Epeat permet de les guider en ce sens, en prenant en compte tous les aspects environnementaux du matériel informatique, jusqu’au carton qui emballe le PC. « Ce type de label manque en France, mais la situation est en train d’évoluer, notamment dans les administrations », indique Christophe Corne. Avec la directive RoHS (Restriction of the use of certain hazardous substances in electrical and electronic equipment), les ordinateurs contiendront de moins en moins de produits toxiques, mais il faut pour cela trouver de nouveaux composants et transformer les usines pour les fabriquer. Dans une vision plus large, que Forrester research qualifie de green IT 2.0, l’informatique peut même devenir un levier pour réduire l’impact global sur l’environnement. Par exemple, les visioconférences hautes définitions permettent de réduire les déplacements et donc l’empreinte carbone, sans oublier la baisse des frais de transport en conséquence. Vert, c’est aussi la couleur du dollar. Green IT report de Symantec (pdf)EpeatEnergy star Etats-UnisEnergy star EuropeBE Etats-Unis : Des économies énergétiques pour le refroidissement des fermes de serveursL’article du Monde informatique

« Le synthétique peut jouer un rôle important dans l’énergie solaire »

Antoine Millioud est le directeur financier de NEP Solar, une société australienne fabriquant des capteurs solaires. Le modèle « Polytrough 1200 », conçu à base de mousse de polymère, vient d’être primé au salon Intersolar 2009.

Quels sont les avantages de Polytrough 1200 (la racine « trough » rappelant sa forme d’abreuvoir) par rapport à un capteur solaire conventionnel ?
Antoine Millioud : Polytrough1200 est un capteur solaire à concentration. Grâce à cette technique, il opère à des températures supérieures à 200°C avec une efficacité thermique de 60%, avec des performances ainsi qu’une efficacité énergétique supérieures à celles de capteurs plan ou de collecteurs à tube sous vide traditionnels. Avec un design unique du système de réflecteurs, il présente une surface réfléchissante continue de 24m de long, ce qui permet de supprimer les zones d’ombre. Polytrough 1200 a été conçu pour des applications à haute température, où la température désirée est comprise entre 120 et 220°C. Ses principaux domaines d’application sont les processus industriels, le refroidissement solaire, la production répartie d’électricité et le chauffage de l’eau à des fins commerciales. 

L’une des innovations de Polytrough 1200 est sa structure en mousse de polymère. Quel est le potentiel des matières synthétiques dans l’industrie solaire ?
Les matières synthétiques peuvent jouer un rôle important dans l’énergie solaire en se substituant aux éléments métalliques traditionnellement utilisés. Hormis un coût de production peu élevé, les matériaux polymériques expliquent le poids relativement léger de notre structure, offrant ainsi des facilités de transport et de montage. Enfin, leurs propriétés spécifiques ouvrent la voie à de nouvelles solutions de conceptions. 

Une nouvelle version, Polytrough 1800, est actuellement en phase de développement. Quelles améliorations allez-vous apporter ?
PolyTrough 1.800 sera d’une conception similaire à Polytrough 1.200. Grâce à son ouverture plus importante (1.800mm au lieu de 1.200mm), nous espérons une économie de coûts de 15 à 20 %. Antoine Millioud est actif dans l’industrie de l’énergie depuis quinze ans, aussi bien dans la R&D que dans le management. Il est actuellement directeur financier chez Nep Solar.

La crise est à l’origine de la baisse de la consommation d’électricité au Royaume-Uni

La cause de la baisse de la consommation pourrait être le ralentissement de l’économie, l’amélioration de la performance énergétique ou le coût élevée de l’électricité. Si la cause est la contraction de l’économie, nous pouvons nous attendre à ce que la consommation reprenne avec le retour de la croissance. D’un autre côté, si la performance énergétique est la raison, il est raisonnable de penser que la baisse va persister. On considère généralement que la consommation d’électricité n’est pas sensible au prix de l’énergie. Si le coût élevé de l’électricité est en cause, cela pourrait nous donner de précieux indices sur la manière de réduire notre consommation d’électricité et ainsi nos émissions de CO2. Mes conclusions dans cet article sont que la quasi totalité de la baisse de la consommation énergétique provient des grands groupes industriels et commerciaux. Cela signifie que la cause la plus probable est la chute de l’activité économique. La consommation des ménages est, elle, restée constante.

La consommation des ménages reste constante
Le distributeur d’énergie National Grid publie les données de la consommation de demi-heure en demi-heure. Les dernières informations disponibles couvrent la période de janvier à mars 2009. L’analyse de ces données est rendue difficile par les dates de vacances et de weekends variables d’une année sur l’autre mais on peut néanmoins en tirer les grandes lignes. La baisse de la consommation entre 2008 et 2009 est visible dans le tableau ci-dessous :
Mois Baisse entre 2008 et 2009
Janvier 2009 -1,5 %
Février 2009 – 1,5 %
Mars 2009 – 6,9 %
Total pour la période – 3,2 %
Dans la mesure où la consommation d’électricité est affectée par les températures qui ont été inhabituellement basses entre janvier et février et élevées en mars, il ne faut pas conclure trop vite à une accélération de la baisse de la consommation. Le tableau suivant compare les températures moyennes en Angleterre en 2009 et en 2008 en degrés Celsius :
Mois 2008 2009
Janvier 2,8 6,3
Février 3,9 5,2
Mars 6,7 5,9
Laissons de côté les mois de janvier et février. La chute de la consommation en mars 2009 s’explique en partie par les températures relativement élevées.Comparons maintenant la baisse de la consommation pour chaque tranche de la journée. En enlevant les données pour Pâques et en m’assurant qu’il y avait le même nombre de jours de la semaine et de weekends en 2008 et 2009, j’ai obtenu une comparaison relativement juste de ces deux mois. J’ai ensuite calculé la baisse moyenne de la consommation pour chaque demi-heure de la journée.Voici la courbe de la consommation d’électricité au Royaume-Uni en mars 2009, en pourcentage de la consommation de mars 2008 par tranches de trente minutes :La courbe montre que la baisse de la consommation d’électricité varie entre près de 10 % (aux alentours de 4h du matin) et moins de 6 % le matin et en début d’après-midi. Les périodes où la réduction est la moindre entre 2008 et 2009 correspondent aux périodes où la consommation des ménages est la plus forte.   Le graphique ci-dessous est tiré d’une étude de l’Environmental Change Institute, The 40 % house. Il montre la courbe de la consommation quotidienne en hiver au Royaume-Uni en 2002 et différencie la consommation domestique et non domestique. Les pics de la demande se situent entre 7h30 et 18h. C’est dans ce créneau horaire que la baisse de la consommation d’électricité est au plus bas entre mars 2008 et mars 2009.Qu’est-ce que cela veut dire ? Sans pouvoir en être complètement certain, l’explication la plus logique est que la consommation des ménages au Royaume-Uni est restée virtuellement stable tandis que la consommation industrielle a fortement diminué.La consommation domestique représente environ un tiers de la consommation du Royaume-Uni. L’industrie représente le dernier tiers, tandis que les bureaux et les magasins comptent pour la dernière portion. Mais ainsi que le montre le graphique ci-dessus, la consommation domestique est bien plus élevée le matin (grille-pain et repassage de dernière minute) et dans la soirée (TV, repas, machine à laver). Ainsi, dans le cas où la consommation domestique est stable, nous devrions voir une baisse beaucoup moins importante de la consommation électrique à ces heures de la journée. Hors, c’est justement le cas.A l’inverse, à 4h du matin, quand la consommation domestique ne représente que 20 % du total, mais que l’industrie consomme toujours de l’énergie pour fabriquer de l’acier, du plastique, du pain ou autre, la consommation totale diminue de 10%. Cette baisse provient très certainement de la réduction de l’activité économique et pourrait être intensifiée par les plans de réduction de la consommation d’énergie mis en place dans l’industrie.

La production industrielle a plus baissé que la consommation électrique
Globalement, j’estime que les données pour mars correspondent à une baisse de la consommation électrique de 10 à 12 % dans l’industrie, peut-être 6 à 8 % dans les bureaux et les magasins, et un pourcentage infime pour les ménages.Pourquoi est-ce décevant ? Nous pouvions espérer que la baisse des revenus, les prix élevés de l’électricité et l’amélioration de la performance énergétique des appareils ménagers aient un impact sur la consommation d’électricité des ménages. Mais rien dans ces données ne le prouve. D’autre part, nous avons aussi pu être optimistes quant à l’impact des programmes pour réduire la consommation énergétique dans certaines industries. Les dernières données disponibles pour le Royaume-Uni (Index de la production pour le premier semestre 2009 publié le 12 mai) suggèrent que la production industrielle a diminué de 12,1 % par rapport à 2008, légèrement plus que mon estimation de la baisse de la consommation d’électricité. La mauvaise nouvelle est que, d’après mon analyse, nous pouvons expliquer l’intégralité de la baisse de la consommation d’électricité comme le résultat de la récession économique et pas du tout de l’amélioration de la performance énergétique ou de la réduction des déchets. Lorsque la croissance reprendra, la consommation d’électricité devrait à nouveau augmenter rapidement, ce qui est lourd de conséquences pour les émissions de CO2. 

Sources :
Chris Goodall est l’auteur, entre autres, de 10 Technologies pour sauver la planète. Il est également éditorialiste pour The Independant on Sunday et le Guardian. Lire son blog.

Les énergies renouvelables en France en 2020

L’évolution de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie, annoncée par Jean-Louis Borloo, s’illustre dans la courbe présentée ci-dessous :        Ensuite, voici résumées de façon très synthétique ces annonces qui s’inscrivent dans le cadre des objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement et le Paquet climat énergie européen :Production de chaleur par filière en 2020 (avec le chiffre 2006) :

  • Biomasse : 15 millions de tonnes équivalent pétrole (contre 8,8 millions en 2006)
  • Géothermie : 2,3 millions (0,4 en 2006)
  • Solaire : 0,9 million (0 en 2006)
  • Déchets : 0,9 million (0,4 en 2006)
  • Biogaz : 0,6 million (contre 0 en 2006)
Soit un total de 19,7 millions de tep (contre 9,7 millions en 2006). Production d’électricité par filière en 2020 (avec le chiffre 2006) :
  • Hydraulique : 5,4 millions de tonnes équivalent pétrole (5,2 en 2006)
  • Eolien terrestre : 3,6 millions (0,2 en 2006)
  • Eolien en mer : 1,4 million (0 en 2006)
  • Biomasse : 1,4 million (0,2 en 2006)
  • Solaire photovoltaïque : 0,5 million (0 en 2006)
  • Autres (géothermie, énergies marines ) : 0,1 million (0 en 2006)
Soit un total de 12,5 millions de tep (contre 5,6 millions en 2006).Les chiffres de progression annoncés par le ministère sont spectaculaires : multiplication par deux de la production pour le bois-énergie, par six pour la géothermie et par 400 pour le photovoltaïque. Des croissances spectaculaires à relativiser malgré tout car la France part d’un niveau assez bas dans la plupart des filières.Accéder à l’intégralité du dossier du ministère de l’Ecologie ici 

Sources :
Green Univers

Réunion : le prototype E.T.M. de DCNS en test en 2011

Selon la presse locale, la DCNS, premier constructeur naval européen, est revenue présenter les premières esquisses du démonstrateur à la Réunion. La technologie E.T.M. permet de produire de l’électricité grâce à l’exploitation d’un différentiel constant de température entre l’eau de surface (22 à 26°C ou plus) et celle des grandes profondeurs (3 à 5°C).Ce différentiel constant n’est présent toute l’année qu’en zone tropicale et intertropicale. Jules Dieudonné, directeur du plan énergie/climat à la Région, fait remarquer que « cette technologie d’avenir permettrait d’ici 2030 de remplacer la consommation de 400.000 tonnes de charbon dans notre mix énergétique ». Selon les estimations les plus enthousiastes, l’E.T.M. pourrait même assurer 25 % de la production totale d’électricité de la Réunion, soit entre 100 et 160 MW. Mais bien que l’île en ait parfaitement la capacité (et la volonté !), nous n’en sommes pas encore là.Si le prototype présenté par la DCNS n’est pas contractuel et peut encore évoluer, les ingénieurs ont déjà cependant une idée assez précise de ce que pourra être cette plateforme E.T.M. offshore. 30 mètres de diamètre, 15 de hauteur au-dessus de la surface, un poids de 7.000 tonnes et 1,5 MW de puissance en phase pré-industrielle !

30 mètres de diamètre et 15 mètres de hauteur !
Le site d’implantation lui-même est pratiquement arrêté : ce serait en face du port de la Pointe-des-Galets à environ 8 ou 9 kilomètres des côtes, ce qui rendrait la plate-forme quasiment invisible du rivage. La proximité des infrastructures portuaires semblerait avoir été un atout décisif dans cette décision d’implantation, car la Pointe des Galets n’est pas le seul site possible qui ait été sondé et retenu autour de l’île de la Réunion pour exploiter l’E.T.M.D’après les relevés réalisés par l’Arvam [1] et l’Arer [2], un potentiel d’exploitation d’eau à 3°C entre 1.000 et 1.500 mètres de profondeur a été trouvé aussi au large de Sainte-Rose, de Saint-Denis ou du Port, ce qui fait dire à Laurent Gautret, directeur technique de l’Arer, que la région Réunion « n’a rien à envier à Hawaï, qui porte également un projet analogue ».Tout aussi enthousiaste mais plus pragmatique, Jean-François Le Bert, chef de projet E.T.M. à la DCNS, a confié à Clicanoo (un média local) : « Notre entreprise qui construit des sous-marins nucléaires a horreur du risque. Nous allons boucler en 2009 l’étude de faisabilité et avancer étape par étape. Nous devons notamment nous assurer que le tuyau reliant la plateforme offshore et la terre soit bien solide. D’autres expériences ont montré que c’était là un point névralgique fragile. Concernant la plateforme en elle-même, on s’appuie sur les process utilisés pour les champs pétroliers offshore du golfe du Mexique soumis aux cyclones ».

Mise en route du premier prototype en 2011
La DCNS est bien inspirée d’afficher une certaine prudence et ce malgré les déclarations au plus haut niveau de l’Etat français en faveur des énergies renouvelables, mais peut être désormais les choses sont-elles appelées à aller un tout petit peu plus vite que prévu.Peut-être… En tout état de cause, les premières données du plan de financement devraient être présentées dès septembre. Et le calendrier technique s’établirait comme suit :
  • 2011 : mise en test d’un premier prototype de 15 KW à l’IUT de Saint-Pierre.
  • Mai 2013 : début de l’installation du démonstrateur en mer au large de la Pointe-des-Galets.
  • Début 2014 : mise en service sur le réseau d’un prototype d’une puissance de 1,5 MW, dernière étape avant la phase industrielle.
En ce qui concerne la question capitale des emplois que cette opération permettrait d’apporter dans la région, on estime que le seul montage du démonstrateur pourrait permettre de fournir localement du travail pour 120 personnes pendant six mois. La fabrication des pièces se faisant hors de l’île, cela n’apportera aucun emploi dans la région, mais sans doute ailleurs, sur le continent européen par exemple.

Une concurrence accrue
La concurrence, pour n’être pas des plus rudes, est cependant d’ores et déjà lancée à travers le monde : les Américains à Hawaï avec Lockheed Martin, mais aussi le Japon et l’Inde qui ont travaillé ensemble, sans beaucoup de succès notoire jusque-là sur l’E.T.M., ont des projets similaires.La Région Réunion a tout à gagner à essayer de devenir un leader européen en matière d’énergies marines grâce à l’E.T.M., que sa situation géographique lui permet d’exploiter de façon privilégiée. D’autres technologies marines sont aussi explorées à la Réunion, comme l’énergie des courants avec l’installation d’un courantomètre à Saint-Paul le 6 juin dernier. Pour plus de détails sur la technologie E.T.M., il est pertinent de consulter le site très documenté du Club des Argonautes et les articles de Michel Gauthier. [1] Arvam : Agence pour la recherche et la valorisation marine [2] Arer : Agence régionale de l’énergie Réunion 

Sources :
Les énergies de la mer

Le mobile sans contact à l’heure de la pré-commercialisation

Après de nombreux pilotes réussis, à Paris, Strasbourg, ou encore Caen, le « mobile sans contact » entre dans une nouvelle étape. Début 2010, les opérateurs vont proposer à quelques milliers d’utilisateurs niçois des services de paiement, de cartes de fidélité et de carte de transport. « Cette fois il ne s’agit pas d’un pilote mais d’un lancement pré-commercial, explique Philippe Coppolani, responsable Lab mobile au sein de la direction innovation et nouvelles technologies de Bouygues Telecom. Le sans contact va ensuite se développer ville par ville. »Presque tous les obstacles technologiques ont été dépassés. « Il reste un dernier amendement de la Global platform [NDLR : organisme international de spécifications pour les infrastructures de cartes à microprocesseur] qui lèvera les derniers verrous en septembre. »Le mobile sans contact fonctionne grâce à l’ajout d’une antenne sur le mobile, à laquelle on relie un composant NFC, relié à la carte SIM (on se sert pour cela de l’un des trois contacts non utilisés sur la SIM) et au téléphone lui-même. Entre le composant et la SIM, la norme retenue est le Single wire protocol (SWP : sur un seul fil).« Après une bataille de normes, les applications seront finalement dans la carte SIM », indique Philippe Coppolani. Ce système offre notamment plus de garanties en cas de perte ou de vol. Les applications peuvent être installées, activées et personnalisées en OTA (Over the air). « L’installation complète par OTA n’a pas encore été validée, mais cela ne saurait tarder », précise-t-il. L’installation des applications pourra également se faire en usine, ce qui nécessite ensuite de les personnaliser. Une opération qui peut également être faite par SMS mais uniquement pour des applications de petites tailles.

Le sans contact fonctionne aussi téléphone éteint
Dans la pratique, il faudra approcher le téléphone à moins de 10 cm des lecteurs (norme NFC, Near field communication), que ce soit pour un paiement, une validation d’un titre de transport ou d’une carte de fidélité. Il faudra un code pour le paiement de sommes élevées, mais pas pour les micro-paiements. « L’architecture permet de faire fonctionner le mobile sans contact même si le téléphone est éteint ou déchargé, explique Philippe Coppolani. Dans la pratique, seule l’application pour les transports sera disponible en off pour éviter les problèmes en cas de vol du téléphone. »Pour accéder au mobile sans contact, il faudra disposer de terminaux adaptés. Twinlinx offre une alternative au changement de téléphone grâce à un autocollant servant de plate-forme NFC et utilisant le bluetooth pour créer la connexion avec le téléphone (lire l’article). « La proposition Twinlinx nous intéresse pour la fonction lecture de tag, nous sommes nettement plus circonspect quant au mode carte qui nous paraît techniquement complexe », commente le responsable du Lab mobile. Au niveau fonctionnel, les opérateurs proposeront exactement les mêmes utilisations. « La différence se fera autour du service », conclut-il.

Daniel Kaplan : « L’Internet des objets doit sortir d’une vision utilitaire »

La Fondation pour l’Internet nouvelle génération (FING) se consacre à repérer, stimuler et valoriser l’innovation dans les services et les usages du numérique et des réseaux. Daniel Kaplan, son délégué général, s’intéresse notamment à l’Internet des objets. Techniques de l’ingénieur : Qu’est-ce que l’Internet des objets ?Daniel Kaplan : Les objets, les espaces ou même les corps se trouvent de plus en plus équipés de puces, lesquelles ont des propriétés de communication. Elles sont capables de s’identifier, de capturer des informations de l’environnement, de les traiter et d’agir. Le terme Internet des objets est apparu à la fin des années 90 autour d’une vision très commerciale et logistique. Mais cette orientation vers une finalité précise n’explore pas toutes les possibilités. Comme architecture de réseau, Internet déporte l’intelligence d’un bout à l’autre, avec un support le plus neutre et le plus accueillant possible. Le déploiement actuel de l’Internet des objets me semble très loin de cette idée. Est-ce une question de maturité ?C’est une question de maturité, mais aussi de concept. La vision commerciale avec une finalité précise marque le retour à une vision ancienne de l’informatique centralisée, utilitaire, avec un système fermé. Des applications comme l’amélioration de l’éclairage public ne sont pas critiquables en elles-mêmes, mais il faut dépasser cette approche. Dans l’histoire de l’informatique, les principales ruptures ont résulté d’usages auxquels le concepteur de la technologie n’avait pas pensé. Il faut favoriser l’émergence de concepts auxquels on n’est pas capable de penser individuellement. Pour cela, il faut chercher à déployer des infrastructures ouvertes de capteurs. Quels sont aujourd’hui les freins technologiques ?Il existe des obstacles technologiques du côté des standards, ainsi que des batteries et de l’alimentation électrique. Pourriez-vous donner un exemple pour expliquer la différence entre une approche centralisée et une approche ouverte ?Autour du vieillissement et du maintien à domicile, la première tendance consiste à barder le logement, voire le corps de la personne, de systèmes qui permettent de tout surveiller. Mais cela risque de mal se passer. La personne est ramenée au seul statut de malade, qui n’a plus de vie privée, de capacité à s’isoler, qui est en permanence suspecte… On lui demande de mettre un bracelet électronique, qu’elle va toujours oublier, comme par hasard, et on va le lui reprocher. Dans une autre vision de l’Internet des objets, on peut imaginer une plus grande interaction. Par exemple, le centre Erasme (de la Mission technologies de l’information du Conseil général du Rhône) met en place un projet de « Web napperon » qui permet à une personne âgée d’établir une communication Skype, de voir des photos, d’écouter les nouvelles… en posant un objet sur son napperon. Cela ne sert à rien médicalement, mais cela leur redonne une certaine autonomie. Existe-t-il des acteurs qui se démarquent en ce sens ?Cela commence à émerger. Des artistes, des militants ou encore des hackers participent à ce mouvement. Certaines entreprises sortent de l’objectif commercial d’une approche purement fonctionnelle, comme par exemple Violet et son lapin communicant. Des communautés de designers sont très actives dans ce domaine. Un groupe d’enseignants et d’étudiants de l’Institut de design d’interaction d’Ivrea en Italie a créé Arduino, une carte électronique d’entrée et de sortie avec un langage de programmation libre. On peut utiliser Arduino aussi bien pour concevoir une œuvre d’art, une muséographie ou des capteurs d’humidité à placer dans des pots de fleurs. Peut-on fabriquer des objets grâce à Internet ?Dans certains pays en développement, l’Internet des objets s’articule autour d’une application plus concrète : le Fab lab (fabrication laboratory). Internet sert à concevoir et fabriquer des objets. Il existe aujourd’hui une quarantaine d’ateliers de production dans le monde. L’Internet des objets fait-il peur ou rêver ?Lorsque l’on parle des puces, les gens se rétractent. Mais quand on leur présente une application concrète qui leur correspond, ils changent d’attitude. Il ne s’agit pas de savoir si on est pour ou contre, cela n’a aucune efficacité, mais de réfléchir à quel chemin on veut prendre. Lorsqu’un système reste très centralisé, la dimension de surveillance risque de prendre le dessus. Plus on l’ouvre, plus on contrebalance.  Lire un article de Daniel Kaplan sur l’Internet des objets : www.internetactu.netAu sujet du Web napperon : www.erasme.org/Le-Web-napperonLes entreprisesArduino : www.arduino.ccViolet : www.violet.net Une communauté de designers et d’artistesListe des hacker spaces (ateliers de création numérique) : hackerspaces.orgDorkot (des gens qui font des trucs bizarres avec de l’électricité) : dorkbot.orgLes arts numériques : arts-numeriques.netCinéma de rue itinérant : www.robotcite.frAppel à projets RFIDLe salon RFID 2009 lance un appel à candidatures auprès des acteurs et témoins du marché de la RFID pour valoriser les projets de demain.Les cinq meilleurs projets seront présentés en conférence plénière durant le salon. Inscrivez-vous avant le 31 juillet et déposez votre dossier avant le 15 septembre.

La grande efficacité des cellules solaires à nanocristaux

J’ai donné il y a peu une conférence à l’Institut de Physique d’Erevan, en Arménie, sur « l’énergie solaire et les applications dans l’espace », au cours de laquelle j’ai mis l’accent sur l’importance des technologies satellitaires. Cet atelier était organisé par l’ISTC (International Science and Technology Centre) de Moscou.Les quantum dots ou particules nanocristallines sont à cet égard un matériau très intéressant. Elles augmentent notamment l’efficacité de la conversion en énergie des radiations solaires, résistent aux radiations et se transportent très facilement. Hors, l’efficacité énergétique n’est-elle pas la clé de la courbe de Hubbert ?Le terme de quantum dots qui désigne les particules nanocristallines a été inventé par Mark Reed à l’Université de Yale. Il s’agit de semi-conducteurs dont les excitons sont confinés dans l’espace tridimensionnel. De ce fait, elles ont des propriétés à la fois proches de celles des semi-conducteurs et des molécules isolées.

Améliorer l’efficacité des cellules solaires
La taille des particules nanocristallines est comprise entre 2 et 10 nanomètres (de 10 à 50 atomes) de diamètre et elles contiennent de 100 à 100.000 atomes. Pour donner un ordre de grandeur, 3 millions de particules nanocristallines constitueraient une chaîne de la largeur approximative d’un pouce.Les particules nanocristallines ont le potentiel d’améliorer l’efficacité des cellules solaires à deux égards :
  • en étendant la bande interdite des cellules solaires afin qu’elles absorbent une plus grande partie du spectre solaire ;
  • en produisant plus d’excitons à partir d’un seul photon.
Quasiment la moitié de l’intensité de la lumière du soleil se situe dans la région infrarouge du spectre électromagnétique. Ainsi, les cellules photovoltaïques qui réagissent aux infrarouges peuvent même absorber les radiations d’une source thermique. La cogénération d’électricité et de chaleur est silencieuse, fiable et efficace.

Des avantages en termes de coût et de flexibilité
Une cellule de silicone de 1 cm² exposée à la lumière directe du soleil produirait environ 0,01 W, mais une cellule photovoltaïque à infrarouges avec une efficacité énergétique importante peut en théorie produire 1 W dans un système thermique.En 1970, on a découvert que le dopage chimique de polymères organiques couplés augmentait la conductivité électronique de plusieurs ordres de grandeur. Cette découverte a conduit à l’utilisation de matériaux électroniquement conductibles sous forme de capteurs, de diodes et de cellules solaires. Les polymères couplés sont caractérisés par la simplicité du processus, leur coût peu élevé, leur flexibilité et une large couverture. Ils fonctionnent aujourd’hui raisonnablement bien à l’intérieur du spectre visible.Pour faire fonctionner des polymères couplés à l’intérieur du champ infrarouge, des chercheurs de l’Université de Toronto ont enveloppé les polymères autour de quantum dots en sulfure de plomb réglés (en taille) pour réagir aux infrarouges. L’exploitation commerciale est prévue d’ici 3 à 5 ans.

Le taux d’énergie dissipée réduit substantiellement
L’équipe de chercheurs dirigée par Arthur Nozik au Laboratoire National des énergies renouvelables de Golden, Colorado, aux Etats-Unis, a récemment montré que l’absorption d’un seul photon par une particule nanocristalline, produisait non pas un exciton comme c’est le cas habituellement avec les semi-conducteurs, mais trois excitons !La formation de plusieurs excitons par photon absorbé nécessite que l’énergie du photon soit beaucoup plus importante que la bande interdite du semi-conducteur. Ce phénomène n’a pas lieu facilement dans des semi-conducteurs où l’énergie en excès est simplement dissipée sous forme de chaleur avant de pouvoir entraîner la formation d’autres paires électron-trou. Dans les particules nanocristallines, le taux d’énergie dissipée est réduit de façon significative. Les porteurs de charge sont confinés dans un volume infime, ce qui augmente leur interaction et donc la probabilité pour que plusieurs excitons se forment. 

Sources :
L’auteur, Chris Rhodes, tient un blog (Energy Balance) qui discute des problématiques énergétiques et environnementales actuelles, et est éditorialiste pour Scitizen.com. Aujourd’hui retiré de la vie académique, il poursuit ses activités de consultant (« Fresh-Lands ») pour l’amélioration des conditions environnementales en Europe et dans les pays de l’ex-URSS.