Quand les biocarburants dopent les prix de l’alimentation

La mise à contribution des huiles alimentaires dans la fabrication de biocarburants influence sérieusement les prix des denrées alimentaires.

En effet, si les huiles de palme et de soja sont utilisées dans la production de biocarburants, elles sont moins disponibles pour l’alimentation, ce qui entraîne une hausse des prix selon le CCR, qui est le laboratoire de recherche scientifique et technique de la Commission européenne. Si la réglementation n’était pas modifiée, l’Europe consacrerait la moitié des huiles végétales qu’elle consomme à fabriquer des biocarburants d’ici 2020. Le moindre recul dans sa production de biodiesel se répercutera donc fortement sur le marché, indiquent les auteurs du rapport.

L’UE envisage de limiter le recours aux biocarburants de première génération. Dans ce contexte, le recours aux huiles alimentaires pour la production de biodiesel serait 28 % inférieur par rapport à un scénario classique. En l’absence de soutien des politiques européennes, la chute de la part des huiles alimentaires dans le biodiesel serait encore plus draconienne : elle atteindrait – 75 %.

Et le recul des prix alimentaires en Europe serait beaucoup plus important que dans le reste du monde, car à l’échelle mondiale, seules 17 % des huiles alimentaires sont utilisées dans la production de biocarburants.

Le rapport a été publié le 5 septembre alors que le Parlement européen se prépare à un vote décisif en séance plénière le 11 septembre. Ce vote pourrait limiter la quantité de biocarburants de première génération autorisée dans le mix énergétique des transports pour 2020. Et introduire des facteurs d’affectation des sols pour différencier les biocarburants néfastes ou non pour l’environnement.

Si l’UE poursuit sa politique actuelle, sans limitation de la production ou changement d’affection des sols indirect (CASI), les auteurs du rapport estiment que les prix alimentaires mondiaux resteront sensiblement identiques. Si le plafond de l’UE est introduit, les prix mondiaux devraient chuter d’environ 8 %. Et de 15 % sans politique en faveur des biocarburants.

Cette politique est importante, car sans objectif en faveur de l’utilisation des biocarburants, la récolte mondiale en 2020 diminuerait de « près de 6 millions d’hectares (0,7 % de la surface mondiale) de céréales, de graines oléagineuses, de cultures sucrières et d’huile de palme », peut-on lire dans le rapport.

La demande de terres agricoles serait aussi réduite. Les répercussions sur la déforestation et le déplacement de terres agricoles seraient positives.

Le CASI en action

« L’objectif affiché de l’UE est de décarboniser nos carburants pour le transport, mais c’est tout simplement impossible si nous ne tenons pas compte de toute la quantité de carbone émise lorsque de nouvelles terres sont transformées pour cultiver du carburant », explique à EurActiv Nuša Urbančič, directrice de programme pour le groupe de réflexion Transport & Environment.

« C’est le CASI en action », ajoute-t-elle. « Nous demandons au Parlement de voter l’introduction des facteurs du CASI la semaine prochaine. »

Mais une étude du cabinet-conseil Ecofys pour ePURE, l’association européenne des producteurs d’éthanol renouvelable, publiée le même jour que le rapport du CCR, en contredit catégoriquement les conclusions principales. Ecofys estime que l’éthanol n’augmente pas actuellement les prix alimentaires.

« Nul ne sait si l’éthanol produit dans l’UE augmente ou diminue les prix alimentaires au niveau mondial», indiquent les auteurs d’Ecofys. « L’éthanol a eu quelques incidences mineures sur les prix mondiaux de matières premières, comme l’amidon et le sucre. Les conséquences historiques de la demande de l’UE en biocarburants jusqu’en 2010 ont fait grimper les prix des céréales d’environ 1 à 2 %, sans limitation de la production de biocarburants d’origine agricole, et pourraient donner lieu à une nouvelle hausse de 1 % d’ici 2020.

Après un examen préliminaire de la nouvelle étude du CCR, Emmanuel Desplechin, directeur du département énergie d’ePURE, estime que cette dernière va dans le même sens que le rapport d’Ecofys en ce qui concerne l’éthanol. Il refuse en revanche de commenter la question du prix des huiles végétales.

Le prix de l’éthanol

Il affirme cependant qu’avec ces études sur les biocarburants, « vous [établissez] exactement ce que vous voulez étudier, et vous obtenez les résultats que vous voulez. Des documents de la Commission européenne prouvent que nous avons raison. »

Il fait notamment référence à un rapport de suivi de la DG Énergie de la Commission en mars 2013. Les auteurs avaient également estimé que l’utilisation de céréales dans la production de bioéthanol ne se répercutait que légèrement sur les prix mondiaux des céréales.

D’autres études, telles que la « révision des données » de l’Institut pour une politique européenne de l’environnement en 2012, déduit des études disponibles des augmentations des prix substantiellement plus élevées de 13 % pour les cultures servant à produire de l’éthanol, comme le blé, et 21 % pour la canne à sucre/la betterave.

En avril, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation s’est dit « très inquiet » des conséquences négatives de la politique européenne relative aux biocarburants sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

L’Institut de prospective technologique du Centre commun de recherche de la DG Agriculture de la Commission a réalisé cette étude en utilisant la modélisation agroéconomique.

L’institut a prévu les changements dans l’affectation des sols et dans les prix alimentaires en fonction de scénarii de référence qui tenaient compte des variations des objectifs actuels de l’UE.

Le CCR devrait bientôt se pencher sur des thèmes abordant les conséquences historiques du CASI sur la déforestation, un autre effet pervers des biocarburants.

Source : euractiv

Et aussi dans les
ressources documentaires :

La Nasa veut attraper un astéroïde

Décidément, les astéroïdes ont la cote. Objet de nombreuses convoitises de part leur composition riche en matériaux, voilà que la NASA a établi un stratagème pour en attraper un dans ses filets, au sens propre comme au sens figuré. 

Le plan consiste en effet à envoyer dans l’espace un vaisseau muni d’un sac géant qui sera enroulé autour de l’astéroïde. Deux astronautes, expédiés dans une capsule baptisée Orion, un chasseur géant de la mythologie grecque, pourront alors partir à l’assaut du captif, s’ouvrir une brèche dans le sac et ainsi accéder à la surface de l’astéroïde pour effectuer de précieux prélèvements mais aussi prendre des photos. La fin de la mission « Asteroid Redirect Mission » consiste simplement à faire revenir l’équipage sur Terre. Evidemment, la cible devra mesurer quelques mètres de diamètre maximum et peser pas plus de quelques centaines de tonnes. 

Quid de l’astéroïde ? Mystère. Il pourrait être placé en orbite autour de la Lune ou quelque part autour de la Terre.  Un tel safari spatial ne prendrait qu’une dizaine de jours et pourrait devenir réalité dès 2025. 

Découvrez comment la NASA compte capturer un astéroïde :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Hemisphere, la nouvelle affaire d’écoute téléphonique après PRISM !

Cette petite bombe est parue sur le site du New York Times sous la forme d’un Powerpoint prouvant que l’opérateur de télécoms AT&T et le département de la défense américaine avaient passé un accord rémunéré. Un accord mettant les employés d’AT&T ainsi que les archives téléphoniques de l’opérateur à disposition de la Drug Enforcement Administration. Il s’agit d’un partenariat de longue durée puisque cela fait six années que le projet Hemisphere a été mis en place. De cette manière, 4 000 milliards de conversations seraient ajoutées tous les jours à la base de données déjà conséquente dont disposent les équipes de lutte anti-drogue.

Cette affaire intervient peu de temps après le scandale de l’affaire PRISM, le programme de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) dédié à l’espionnage des communications au travers de grands réseaux sociaux. On se souvient du témoignage d’Edward Snowden, cet ancien technicien de la CIA, contraint de s’extrader à Hong Kong suite à la révélation de ce programme de surveillance des communications. Snowden révélait au Washington et à The Guardian la face cachée du gouvernement américain concernant l’espionnage d’étrangers et de ses propres concitoyens en expliquant que son « unique objectif est d’informer les gens de ce qui est fait en leur nom et de ce qui est fait contre eux ». La fuite de ce secret a divisé l’opinion des américains en obtenant 56% d’avis favorables quant à la surveillance téléphonique. Une partie de la population estime en effet ce moyen de lutte contre le terrorisme nécessaire tandis que d’autres qualifie le comportement de Snowden « d’héroïque »

C’est dire si la révélation du projet Hemisphere tombe mal; pile à l’heure du grand questionnement sur la surveillance gouvernementale. D’autant que d’un point de vue constitutionnel, la légitimité d’un tel dispositif peut être mise en question, notamment au niveau du quatrième amendement. Amendement censé garantir aux citoyens américains une protection contre les fouilles de domiciles ou perquisitions abusives. Or, il est bien question ici de limites que peut s’octroyer ou non un gouvernement sur la vie de ses citoyens. De l’avis des bureaucrates, il est important de se concentrer sur l’aspect judiciaire. L’exemple le plus frappant reste la saisie de 136 kilos de cocaïne et de 2,2 millions de dollars à Seattle en 2011. Une prise rendue possible grâce au programme de surveillance téléphonique.

Par Sébastien Tribot

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Sécurité des systèmes d’information

Votre atout sécurité pour garantir l’intégrité de vos systèmes

Et aussi en
formation :

Synthèse technique en téléphonie, réseaux fixes et mobiles

Quelles évolutions en cours et à prévoir ?

Objectifs

  • Suivre de près les évolutions des technologies réseaux modernes : IPV6, fibres optiques…
  • Identifier les évolutions vers la téléphonie sur IP et la convergence avec le WEB
  • Définir et comprendre les caractéristiques du réseau de mobiles 4G

L’e-cigarette ne serait pas si inoffensive…

Les Français seraient près d’un million à vapoter. Entendez : à aspirer les vapeurs d’une cigarette électronique. Un engouement massif lié en partie au fait que ces fausses cigarettes sont considérées comme sans danger, et présentent une alternative très tendance aux vraies cigarettes. Mais cette mode pourrait bien s’essouffler devant l’enquête dévoilée fin août par 60 millions de consommateurs.

Le magazine n’hésite pas à tirer la sonnette d’alarme et à rappeler que si les cigarettes électroniques sont effectivement moins dangereuses pour la santé que le tabac, elles n’en demeurent pas moins un objet à risque !

Pour preuves, les journalistes ont analysé la vapeur émise par les e-cig. Un système spécifique de machine à fumer a été conçu. Sa tubulure très courte permet d’éviter que des dépôts par condensation viennent minorer les dosages. Des aspirations de 3 secondes, espacées de 30 secondes, simulaient un vapotage moyen.

Les analyses révèlent plusieurs problèmes. Tout d’abord, un décalage parfois fort entre les quantités des substances indiquées sur les étiquettes et la réalité. Surtout, la présence de certaines substances toxiques n’est pas toujours signalée, certaines étant pourtant cancérigènes. Voilà par exemple ce que l’on peut retrouver dans certaines de ces cigarettes (mesures pour 15 bouffées):

  • formaldéhyde : 0,2 à 11,3 microgrammes, selon la marque
  • acétaldéhyde : 0,1 à 13,5 microgrammes, selon la marque
  • acroléine : 0,1 à 4,4 microgrammes, selon la marque
  • nickel : 0,2 à 12 nanogrammes, selon la marque
  • chrome : 1 à 6,7 nanogrammes, selon la marque

[source 60 millions de consommateurs]

 Pas très sain, en effet. Sans compter que certaines e-cig contiennent de la nicotine. C’est même un des arguments utilisés pour la présenter comme une technique de sevrage du tabac. Mais la nicotine est une substance toxique, on aurait tendance à l’oublier.

Le magazine Que Choisir s’est lui aussi intéressé au phénomène des cigarettes électroniques, révélant que deux marques (Alphaliquid et D’lice) présentaient dans le liquide un taux supérieur au seuil de 20 mg/ml qui font basculer ces e-cig du côté des médicaments. Problème aussi pour les Conceptarôme dont le liquide affiché sans nicotine en contient 0.95 mg/ml tandis que celui censé en avoir 19mg/ml en était dépourvu.

Les mesures des deux magazines concordent donc en termes de constat d’étiquetage douteux. Néanmoins, Que Choisir n’a pas constaté la présence de substances cancérigènes en sus des substances attendus que sont le propylène glycol, de la glycérine végétale, de l’alcool ainsi que des arômes.  « Que Choisir n’a pas analysé les vapeurs issues des cigarettes électroniques. C’est bien dans les vapeurs que nous avons décelé des composés potentiellement cancérogènes » explique 60 millions de consommateurs. Que choisir s’est tout de même intéressé à l’existence ou non d’un rejet en monoxyde de carbone. Leur conclusion valide le fait que les e-cig n’en émettent pas.

Pour ceux qui ont été épargnés par la déferlante des e-cig, voici comment cela fonctionne. Les cigarettes électroniques ont l’apparence d’une vraie cigarette. Le réservoir de liquide est positionné au plus près de la bouche du fumeur. Un capteur détecte l’aspiration et déclenche la mise en route de l’atomiseur, une résistance qui crée la vapeur. Une batterie située à l’autre extrémité permet d’alimenter le dispositif. Enfin, une led au bout de l’e-cig rappelle la combustion d’une cigarette standard.

Ces cigarettes sont Made in China, et leur composition il y a quelques années était assez mystérieuse. Aujourd’hui, il semble que la fabrication soit passée entre les mains d’usines pharmaceutiques, garantissant le respect des normes.

Derrière un objet devenu un accessoire de mode, se cache pourtant un produit complexe et potentiellement toxique.  Même si on est bien loin des près de 4000 substance toxiques d’une vraie cigarette… Une moindre toxicité ne doit pas empêcher un encadrement des e-cig. Parmi les recommandations du rapport rendu par un comité d’expert à la ministre de la santé Marisol Touraine, figure entre autres l’interdiction dans les zones non-fumeurs, à cause du « vapotage passif ».

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Sécurité des systèmes d’information

Risques chimiques – Toxicologie et écotoxicologie

 

Objectifs

  • Acquérir les bases de la toxicologie et de l’écotoxicologie appliquées à l’hygiène industrielle
  • Décrypter les résumés toxicologiques et écotoxicologiques dans une FDS
  • Exploiter les données pour la prévention des risques : VLEP*, IBE*, VTR*, impacts sur la santé et l’environnement

L’existence du Ununpentium confirmée !

115. C’est le nombre de protons de ce nouvel élément baptisé temporairement le Ununpentium. Découvert en 2004 par une équipe russe, cet élément à 115 protons n’a pas encore d’existence officielle. Pour cela, il faudra attendre que l’Union internationale de chimie pure appliquée le reconnaisse. Le Ununpentium pourra alors avoir un vrai nom et apparaitre dans le tableau périodique des éléments dans la case 115 encore vacante. 

L’observation des scientifiques de l’Université de Lund en Suède devrait accélérer le processus.  En exposant une fine couche d’américium à des ions calcium, ils ont réussi à synthétiser un élément nouveau. La  mesure de l’énergie des photons émis lors de sa désintégration permet de déterminer que son atome comptabilise bel et bien  115 protons. Le Uup se décompose en 90 millisecondes. Il s’agit d’un élément très lourd et radioactif, tout comme l’américium.

Publiés dans la revue Physical Review Letters, ces travaux sont les seuls à confirmer la découverte de l’équipe russe datant pourtant  de 9 ans.

Le tableau périodique des éléments devrait donc bientôt accueillir un nouvel arrivant. Les éléments 114,116 et 117, eux-mêmes découverts très récemment en 2010 et 2011, pourront profiter d’un nouveau voisin.

Pour l’anecdote, bien que sans existence officielle, le Uup a déjà inspiré les auteurs du célèbre jeu vidéo Call of Duty dans lequel le Uup, appelé élément 115, est une substance pathogène utilisée pour fabriquer transformer des êtres vivants en… zombies !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le dauphin a une mémoire d’éléphant

Le 7 août dernier paraissait l’étude de Jason Bruck, de l’Université de Chicago, à propos de la mémoire sociale des dauphins. Il y était fait un parallèle avec la mémoire des éléphants, réputée exceptionnelle malgré le caractère anecdotique des preuves obtenues à ce sujet. Ici, le biologiste s’est attaché à déterminer, au travers d’expériences auditives, combien de temps les dauphins pouvaient garder en mémoire le sifflement d’un de leurs congénères. Car le sifflement chez un dauphin est unique, il fait office de signature et permet à ses semblables de l’identifier.  

En effet, à la différence des hommes qui utilisent principalement leur vue pour reconnaître leurs pairs, les dauphins ont une mémoire auditive. Ainsi Jason Bruck a testé 43 dauphins provenant de six parcs zoologiques ou aquatiques en tenant compte du fait qu’il y avait eu échange de dauphins entre chaque parc. Cela signifiant que certains dauphins se connaissaient mais pas tous. Ensuite, il leur a fait écouter l’enregistrement de sifflements de congénères et s’est aperçu qu’ils réagissaient davantage au sifflement de dauphins qu’ils avaient côtoyés au moins une fois. « Lorsqu’ils entendent un dauphin qu’ils connaissent, ils s’approchent souvent rapidement du haut-parleur », a indiqué Jason Bruck cité par l’AFP. « Parfois ils tournent autour, sifflent, essaient d’obtenir une réponse ». L’expérience a prouvé par ce biais qu’ils se rappellent du sifflement d’un de leur congénère, rencontré jusqu’à vingt ans auparavant. Le scientifique a pris en exemple Allie et Bailey, deux dauphins ayant été en contact respectivement à l’âge de 2 et 4 ans, dans un bassin au Dolphin Connection en Floride. Il s’avère, vingt ans et six mois plus tard, que Bailey reconnaît l’enregistrement d’Allie.

Sa capacité mémorielle sociale se rapproche de celle de l’homme. Elle pourrait être d’ailleurs plus durable selon le chercheur. Oui car contrairement au visage de l’homme qui évolue au gré du temps et du vécu, le sifflement du dauphin demeure identique, facilitant ainsi la reconnaissance.

Par Sébastien Tribot

Liars and outliers : pourquoi faisons-nous confiance aux autres ?

Le livre commence par un épisode de la vie courante : un inconnu sonne à la porte de Schneier en disant qu’il est plombier. Schneier le fait entrer et le laisse un moment à la cuisine, où le gars farfouille sous l’évier puis dit que ça fera tant. Sans même vérifier que la fuite est réparée, Schneier lui tend un chèque que le plombier empoche sans même le regarder et sort. Schneier n’a ni vérifié le diplôme du plombier, ni appelé son employeur pour vérifier qu’il n’était pas un cambrioleur déguisé. Et le plombier n’a pas appelé la banque pour savoir si le chèque de Schneier était en bois ou pas.

La confiance est à la base de toute société, qu’elle soit une petite famille ou la société planétaire que nous sommes en train de construire.

Si aucun de ces deux protagonistes n’a menti ou n’est sorti de la norme (je n’ai pas de meilleure traduction de « outlier » …), c’est parce son avantage sur le long terme à collaborer à divers groupes humains (voisins, entreprise de plomberie, clients de la banque, justiciables etc.) est supérieur à son avantage court terme de trahir la confiance de l’autre.

Pourtant il y a des escrocs, de voleurs, des parasites, des meurtriers. Le but premier des sociétés étant d’offrir une sécurité et un bien-être supérieur à celui que les individus pourraient atteindre, elles exercent un certain nombre de pressions sociales (morale, réputation, institutionnelle, systèmes de sécurité) sur leurs membres pour les pousser à suivre les règles du groupe.

Mais ces pressions ont un coût pour toute la société, qui doit donc trouver un optimum entre une anarchie où le nombre d' »outliers » explose et ruine les bénéfices de la confiance, et l’état policier autoritaire où les coûts du système excèdent ceux qu’auraient causés les « outliers ». Dans une société optimale, il y aura toujours des menteurs et des marginaux (voilà j’ai trouvé une meilleure traduction).

Schneier s’appuie sur de nombreux travaux de recherche pour construire un « modèle de la confiance » pouvant s’appliquer à des groupes très divers. Il commence par montrer que l’être humain est particulièrement doué pour gérer la collaboration dans un groupe, évaluer les avantages ou les risques de trahir le groupe pour en tirer un plus gros avantage, évaluer le degré de fiabilité des membres de son groupe, et se souvenir des trahisons.

Tout ceci fonctionne bien dans des groupes humains de taille inférieure au Nombre de Dunbar environ 150 personnes, où le dilemme du prisonnier est encore assez simple à résoudre.

Le livre traite ensuite de la confiance au sein d’organisations au sens large, puis dans

les (grandes) entreprises en montrant que les pressions sociales habituelles ne sont pas suffisantes pour empêcher quelques personnes de réaliser des profits personnels colossaux en risquant l’existence même de l’entreprise qui les paie.

Selon Schneier, notre comportement naturellement confiant n’est pas adapté aux plus grosses organisations comme les entreprises et peut devenir un piège au niveau national ou international, où des milliers d’escrocs ont désormais les moyens techniques d’abuser de notre confiance à distance. Il illustre son propos avec de nombreux « dilemmes sociaux » présentés comme des extensions du dilemme du prisonnier, allant du respect des limitations de vitesse à la fraude fiscale en passant par la triche aux examens. Il traite également d’un certain nombre de tragédies des biens communs comme la surpêche par exemple.

Enfin, Schneier traite de la confiance et de la sécurité dans un monde évoluant rapidement grâce à la technologie. Il explique que de nouvelles pressions sociales, mais aussi de nouveaux systèmes de sécurité sont nécessaires simplement par l’hypothèse de la reine rouge (« tu dois courir aussi vite que tu peux pour rester à la même place. ») pour maintenir l’écart face aux techniques des tricheurs, par exemple dans le dopage, la criminalité économique ou la sécurité informatique. Cependant, il insiste aussi sur le fait que la sécurité absolue est une illusion coûteuse, et aussi que certains « marginaux » sont indispensables à l’évolution de la société. Certains dissidents politiques, traîtres ou terroristes finissent par recevoir le Prix Nobel de la Paix …

Ce livre n’est hélas pas (encore) traduit en français, mais ses 248 pages se lisent facilement, « comme un roman ». Il y a aussi 100 pages de Notes avec de nombreuses références, citations et anecdotes qui satisferont le chercheur et montrent le sérieux avec lequel Schneier s’est documenté sur ce vaste et passionnant sujet.

 Bruce Schneier « Liars and Outliers : Enabling the Trust that Society Needs to Thrive » (2012)

Par Philippe Guglielmetti dit « Dr Goulu »

Blog Pourquoi Comment Combien

La téléportation, c’est pour bientôt ?

Cela fait une quinzaine d’années que les chercheurs étudient le phénomène de la téléportation quantique. Aujourd’hui, la collaboration de chercheurs allemands et japonais a donné des résultats encourageants puisque des photons ont été correctement transférés d’un émetteur à un receveur.

L’équipe japonaise s’est servie de deux machines placées dans un état quantique intriqué. Cela signifie qu’Alice et Bob, ainsi prénommées, sont certes séparés spatialement mais font partie d’un seul et même système. Par conséquent, les particules qui les composent – dans le cas présent, les photons – évoluent pareillement. De cette manière, les photons intriqués ont pu être transféré d’Alice vers Bob avec une précision de 80 %.

Toutefois, la téléportation humaine n’est pas pour tout de suite. Il faudrait même des millions de milliards d’années afin de téléporter une personne. Un temps qu’aucun homme ne dispose. Alors si vous songiez user de la téléportation pour vous rendre au bout du monde en un claquement de secondes, il est préférable d’attendre, voire d’abandonner l’idée.

La raison principale tient au fait que la densité d’information contenue dans un corps humain est trop importante. Un génome humain contient 6×10 puissance 9 bits, une cellule 1,2×10 puissance 10 bits. Ce qui fait énormément de données à déplacer. Or, il n’existe pas de bande passante assez puissante. Et la transformation du cerveau en information est la partie la plus complexe ; en effet « la quantité maximale de données pour recréer le cerveau humain est d’environ 2.6×10 puissance 42 bits ». Sans compter les risques inhérents à la téléportation. Car un objet transféré n’est pas exactement le même à son point d’arrivée qu’à son point de départ. Et bien que les recherches tendent à augmenter le degré de précision d’un transfert, cela reste inenvisageable à l’heure actuelle.

Le risque d’erreur lors du transfert de données pourrait être mortel. C’est en tout cas la conclusion d’un article écrit par D. Roberts, J. Nelms, D. Starkey et S. Thomas et publié au sein de la revue Journal of Special Physics Topics. 

Par Sébastien Tribot

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Pour comprendre les recherches et développements en physique et chimie

Ce pack est composé des bases documentaires suivantes :

  • Recherche et innovation en physique-chimie
  • Structure de la matière
  • Etats de la physique
  • Chimie des milieux complexes

L’influence des puits de carbone modélisée à l’échelle locale

Pour la première fois, l’évolution des émissions de CO2 a été simulée en tenant compte des puits de carbone existants. Publiée sur le site de la revue Nature Climat Change, cette modélisation permet de tracer le CO2 au niveau des régions et de connaître plus précisément la capacité des puits à les absorber. 

La modélisation présentée prend en compte le rôle modérateur des écosystèmes régionaux, par exemple les forêts tropicales d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du sud. C’est la première fois qu’un calcul ne se limite pas aux émissions mais inclut les puits de carbone présents dans les océans et les écosystèmes. 

Cette étude permet de pister le CO2 provenant des émissions fossiles et de la déforestation, quantifiant ainsi leur impact quand à la croissance du CO2 dans l’atmosphère. Cette étude confirme que les pays développés sont responsables de plus de 80% de l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère et que la contribution des pays émergents est en pleine augmentation.

Mais les émissions de dioxyde de carbone ont permis la création de nouveaux puits depuis 1850, notamment du fait de l’effet fertilisant du CO2 sur les sols. L’apparition de nouveaux puits a aidé à contenir l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère. De façon générale, on estime qu’en l’absence de puits, cette augmentation serait deux fois plus rapide. 

« Nous constatons que plus de la moitié des émissions des pays africains et latino-américains depuis 1850 a été compensée par leurs propres puits de carbone, essentiellement les forêts. » précise Philippe Ciais, auteur de l’étude. Plus précisément, d’après cette simulation, les émissions de CO2 dans les pays industrialisés ont créé des puits de carbone dans les régions tropicales équivalents à 13 années de leurs émissions actuelles.

Si cette étude ne prend en compte comme gaz à effet de serre que le CO2, elle suggère que les puits de carbone pourraient être une solution pour limiter le réchauffement climatique. De là à ce que les pays industrialisés sollicitent les pays en voie de développement pour qu’ils compensent leurs émissions, il n’y a qu’un pas. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi en
formation :

Formation Bilan COV

Établir son diagnostic et réduire ses émissions

  • Identifier les exigences réglementaires liées aux émissions de COV
  • Détailler les étapes du diagnostic COV
  • Elaborer un Plan de Gestion des Solvants et un Schéma de Maîtrise des Emissions
  • Appréhender les principales techniques de traitement des COV

Thermoptim : Téléchargement et formation en ligne

Cette page vous propose d’une part un module de formation en ligne contenant des séances sonorisées de présentation de Thermoptim et des exercices de prise en mains du progiciel, et d’autre part un lien vous permettant de télécharger sa version de démonstration.

 

:. Contenu du module

Objectif

L’objectif de ces séances est de permettre de découvrir Thermoptim et de se familiariser avec son utilisation en construisant des modèles des exemples de systèmes énergétiques simples (turbine à gaz, centrale à vapeur, machine frigorifique à compression).

Connaissances préalables

Les exercices demandent quelques notions préalables de thermodynamique, de mécanique et de thermique, ainsi qu’une connaissance minimale des technologies mises en jeu. On pourra si nécessaire se référer au cours d’autoformation.

 

 Le module contient les séances ci-dessous :

Présentation de Thermoptim

Présentation de Thermoptim et de ses différentes fonctionnalités

Turbine à gaz (gaz idéal)

Turbine à gaz simple construite en deux temps : gaz idéal puis combustion

Turbine à gaz (combustion)

Construction directe d’une turbine à gaz simple avec combustion

Centrale à vapeur

Cycles à vapeur simple, à resurchauffe et prélèvement, bilans exergétiques

Machine de réfrigération

Cycles de réfrigération à compression, bilans exergétiques

Aller au module de formation en ligne 

 

                                                                                    

 :. Manuel

Le manuel utilisé comme référence principale pour les séances est constitué des deux premiers  tomes du livre Systèmes Energétiques :

[1] GICQUEL, R. Systèmes Energétiques, Tome 1 : méthodologie d’analyse, bases de thermodynamique, Thermoptim, Presses de l’Ecole des Mines de Paris, 2009,
[2] GICQUEL, R. Systèmes Energétiques, Tome 2 : applications, Presses de l’Ecole des Mines de Paris, 2009.

 

:. Supports multimédia

Ce module de formation à distance DIAPASON (Diaporamas Pédagogiques Animés et Sonorisés) est structuré en parcours, séances et étapes. Chaque parcours comprend plusieurs séances, et chaque séance plusieurs étapes, essentiellement composées d’écrans sonorisés. Les leçons sont des parcours d’un type particulier.

Un support multimédia a été développé sous Flash. Il se présente comme un visualisateur d’étapes qui vous permet de sélectionner un des parcours, puis une séance, et de faire défiler les différentes étapes de la séance. Vous pouvez à tout moment changer de parcours, de séance ou d’étape à partir des listes situées à gauche de l’écran.

Ce module fait partie d’une série de cursus, dont la liste peut être consultée à partir de ce lien, où vous trouverez aussi une présentation générale du visualisateur et des modules.

 

 :. Compléments d’information

 Si vous désirez d’autres informations sur Thermoptim, reportez-vous aux pages du portail Thermoptim-UNIT qui présentent sa documentation.

L’Art et la Chimie : rendez-vous jeudi 5 septembre

Entre l’atelier de l’artiste et le laboratoire du chimiste, il y a des ressemblances, même si le peintre n’a pas toujours recours à des théories complexes pour réaliser le liant qui lui permet d’appliquer la couleur dont il rêve. L’histoire de l’art l’a prouvé : dans leurs pratiques artistiques, les créateurs ont souvent inventé des moyens sophistiqués pour parvenir à leurs fins. Pour autant, avec le temps, il n’est pas toujours facile de reconstituer leurs cheminements et les différentes étapes de leurs réalisations. Aujourd’hui, plusieurs spécialités scientifiques permettent d’étonnantes investigations dans ces ateliers de la création.

Depuis l’invention de la chimie proprement dite, au XVIIIe siècle, la science n’a cessé d’apporter à l’historien de l’art comme à l’archéologue des outils pour mieux décrypter les œuvres, les authentifier, et aider aussi l’artiste à trouver de nouvelles matières. Des peintures pariétales de Lascaux à celles de Léonard de Vinci, sans oublier les fards de l’ancienne Égypte, qui alliaient le divin et le médical, les investigations scientifiques les plus modernes nous révèlent aujourd’hui l’invisible.

Ainsi, la composition chimique de certains blancs permet de dénoncer le faussaire maladroit ou malchanceux. Du Paléolithique aux années 2000, voyage au cœur d’un dialogue essentiel entre la Science et l’Art. Avec Philippe Walter, directeur de recherche au CNRS, directeur du laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (CNRS-UPMC) et François Cardinali, journaliste, auteurs de L’Art-Chimie. Rencontre animée par Daniel Fiévet, journaliste scientifique et producteur à France Inter.

Jeudi 5 septembre 2013, de 18h30 à 20h – Musée des arts et métiers60 rue Réaumur – 75003 ParisMétro : Réaumur-Sébastopol ou Arts et Métiers – Bus : 20, 38, 39, 47.

En savoir plus : www.arts-et-metiers.net

En partenariat avec l’Association française pour l’avancement des sciences.

Pour aller plus loin :

Par C.C

De l’ozone pour dépolluer les eaux

OPOPOP. C’est l’acronyme joyeux du projet très sérieux d’utiliser de l’ozone pour dépolluer les eaux, signifiant Optimisation des paramètres d’ozonation en phase liquide des polluants multiples de sites pollués. Pour y arriver, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’est associée à l’Institut polytechnique LaSalle de Beauvais. Lancé en 2010, ce projet aura consisté à mettre en place une unité pilote sur le campus même de l’Institut. Un choix géographique évident puisqu’ il existait déjà un générateur d’ozone. 

L’ozone est un dépolluant bien connu et très efficace. Malheureusement, l’utiliser nécessite de nombreuses précautions liées au fait qu’il s’agit d’un gaz. Le principe de la technique travaillée par les deux partenaires n’est d’ailleurs pas similaire aux autres techniques et ne consiste pas en un traitement in situ de nappes. Il s’agit au contraire de remplacer certaines étapes du traitement séquentiel des eaux pompées. Le dispositif consiste en une colonne de sept mètres de haut à l’intérieur de laquelle sont injectées les eaux polluées. L’ozone, produit sur place à partir de l’oxygène de l’air,  est injecté à contre-flux en circuit fermé. Le dispositif peut traiter 400 litres d’eau en dix minutes.

Le projet OPOPOP arrivant à son terme, l’heure est au bilan. Celui-ci est très positif puisque les équipes ont prouvé être capables de maîtriser tout le processus, sans aucun rejet d’O3 et en toute sécurité. De plus, de nombreux polluants sont traités efficacement : les phénols sont dégradés, les solvants chlorés déchlorés, les solvants polaires dépollués… « Le système a été optimisé pour traiter simultanément jusqu’à 25 molécules différentes », a précisé Olivier Pourret, enseignant-chercheur en géochimie à LaSalle-Beauvais à nos confrères du Monde.fr. 

Valider cette technique de dépollution en eau pompée à base d’ozone a coûté 600 000€, assumés à parts égales entre l’Institut LaSalle et l’Ademe. Une étude économique est actuellement en cours pour  valider la viabilité de cette approche. « Nous maitrisons un processus qui peut remplacer une ou deux séquences de la dépollution en eau pompée. Bien que plus coûteux, avec un  rendement épuratoire supérieur à certaines étapes standards, en remplacer plusieurs devient économiquement avantageux » précise Roland Marion, en charge des recherches sur les traitements d’eau à l’Ademe.

Les acteurs ne cachent pas leur volonté d’aller plus loin. Les prochaines étapes seraient par exemple de créer un dispositif mobile, ou encore de s’attaquer à la dépollution des terres.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi en
formation :

FORMATION Loi sur l’eau : quelles exigences pour être en conformité ?

La réglementation, les régimes d’autorisation et de déclaration, les responsabilités

  • Maîtriser les obligations et les sanctions en matière de gestion de l’eau.
  • Identifier le régime auquel l’entreprise est soumise : autorisation, déclaration
  • Appréhender les responsabilités pour l’entreprise

Les transpalettes chinois taxés à la frontière

La mise en place par l’Union européenne d’une loi visant à limiter le dumping sur ces appareils de manutention impactera fortement le marché français. Le document joint illustre les longues tractations inhérentes à la mise en œuvre de ce type de décision en discussion depuis 2005.

Les premières retombées  ne se sont pas fait attendre chez les importateurs et distributeurs pour lesquels une telle hausse est impossible à absorber en regard des marges habituelles.

Monsieur Patrick Liegaut, distributeur français de ce type de matériel nous confie : « Sur ces produits, nos prix d’achat actuels sont maintenant supérieurs à nos précédents prix de vente ».

Les matériels fabriqués en Europe sont aujourd’hui à des prix quasi équivalents au matériel chinois.

Mais les fabricants chinois ont très rapidement réagi pour baisser à nouveau leurs tarifs et réduire les effets de cette loi anti dumping. On constate donc à nouveau un écart de prix  d’environ 20 % pour les appareils les moins sophistiqués.

En revanche le niveau de qualité peut facilement être comparé au travers des durées de garanties proposées : un an en moyenne pour un transpalette en provenance de République populaire de Chine, contre 2 à 10 ans pour les fabricants italiens ou allemand.

Erling Pedersen, PDG d’une entreprise danoise fabricante, insiste d’ailleurs sur la durée de vie de ses produits en précisant que la pompe d’élévation de ceux-ci supporte facilement plus de 50 000 utilisations contre des possibilités très largement inférieures pour les produits en provenance de Chine.

Notons que la loi qui vient d’être votée ne concerne que les transpalettes manuels, mais pas les produits à plus haute valeur ajoutée tels que le transpalette électrique (ou gerbeur) ou transpalette haute levé voire chariot élévateur.

Les lois anti dumping, continuent d’attiser les tensions. En juillet 2013, la Chine ouvrait une enquête anti-dumping sur les vins en provenance de l’Union européenne,  un comportement jugé comme des représailles face aux désaccords sur les panneaux solaires.

A suivre.

Publié par la Rédaction

En savoir plus sur les transpalettes : http://www.websilor.com/content/6-choisir-son-transpalette

Ariane 6, pas encore construite et déjà en soldes

Sous la pression des concurrents américains et russes, l’Europe doit baisser le prix des ses lancements. Cet effort financier doit aboutir à un tarif de 70 millions d’euros le lancement, pour une capacité d’emport d’environ 6 tonnes. Pour rappel, un lancement utilisant Ariane 5 se chiffre à 100 millions. Mais l’exploitation de l’actuel lanceur européen présente un déficit de 120 millions d’euros. Certes, nous sommes en temps de crise, mais cela souligne un décalage entre l’offre Ariane 5 et le marché des satellites commerciaux.  Conscient de tarifs trop élevés qui font perdre des parts de marché, l’Europe a donc décidé de rogner les coûts !

Opérationnelle dès 2021, Ariane 6 sera dotée de 4 propulseurs à propergol liquide, trois  au premier étage et un seul au deuxième étage. Le dernier niveau, un étage cryogénique réallumable,  sera quand à lui propulsé par un moteur Vinci. C’est donc la solution PPH qui a finalement été retenue au détriment de la propulsion liquide, performante mais jugé trop couteuse. «La solution PPH n’est pas tombée du ciel. Elle a été choisie parmi une “short list” de 130 versions différentes. Si on veut réduire le coût d’exploitation d’Ariane 6, c’est elle qui tient la corde d’assez loin.» explique Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d’études spatiales (CNES)

En termes de dimensions, Ariane 6 ressemblera beaucoup à sa petite sœur puisqu’elle mesurera 50.6m de haut contre 53m pour Ariane 5, et sera plus légère de 120t pour un poids total de 660t. Autre changement de taille, Ariane 6, sonne la fin des lancements doubles devenus inutiles.

Astrium sera le maître d’œuvre de ce projet estimé entre 2.5 et 3.5 milliards d’euros, Safran sera le motoriste.

Pour réussir à rester leader du marché, il faudra être capable de construire un lanceur « […] suffisamment compétitif pour faire quinze à seize lancements par an au lieu de six actuellement avec Ariane 5 » prévient Alain Charmeau, le président d’Astrium Space Transportation. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Véhicules hybrides : fin du partenariat entre Ford et Toyota

Ils n’auront pu fêter que des noces de cuir : le constructeur automobile américain Ford et son concurrent japonais Toyota ont décidé de suivre des routes différentes après deux ans de collaboration visant à développer des véhicules hybrides. Ford avait annoncé en août 2011 le début d’un partenariat avec Toyota, qui faisait figure de référence en matière de technologies hybrides, afin de développer des variantes hybrides de types pick-up et SUV dont la consommation et les émissions de gaz à effet de serre seraient fortement réduites. L’autre but affiché de cette collaboration était de diminuer substantiellement les coûts de fabrication tout en réalisant une économie d’échelle – accroître la quantité de production pour faire baisser le coût unitaire d’un produit.

Si l’on en croit les déclarations officielles, la séparation ne se fait pas dans la douleur, loin s’en faut, et les deux constructeurs estiment que ces deux années de collaboration leur ont été bénéfiques. « Les deux partenaires ont chacun apporté une contribution significative au projet » a lancé Raj Nair, en charge du développement des produits chez le constructeur américain, précisant encore que « Toyota et Ford sont satisfaits de la possibilité d’avancer séparément ». Ford se retrouve donc seul aux manettes de la version plus « verte » de son pick-up le plus populaire sur le continent américain, le F-150.

Cette séparation ne sonne par contre pas le glas de leur collaboration au développement de nouveaux standards dans le domaine de la téléphonie et des systèmes embarqués.

Par Moonzur Rahman

Un Plan d’Investissements d’Avenir à 12 milliards d’euros

12 milliards d’euros. C’est la somme décidée par l’Etat pour remodeler la France en moins de dix ans. Ce Plan d’Investissement d’Avenir (PIA)  a donc pour ambition de moderniser l’Hexagone, en avançant dans plusieurs directions à la fois. Alors, à quoi vont servir ces 12 milliards ?

Le PIA se décline suivant 7 priorités qui sont, dans le désordre, la « mobilité », « innover pour une industrie durable », l’« économie numérique », « université et recherche », la « santé », « jeunesse, formation et modernisation de l’Etat», et enfin la « transition énergétique, rénovation thermique et ville de demain ».  Le gouvernement brosse les universitaires dans le sens du poil en leur allouant le plus gros financement avec 3.65 milliards d’euros  pour une recherche  d’excellence. Deuxième axe favorisé, la transition énergétique, une volonté gouvernementale assumée avec 2.3 milliards. Le domaine de la santé profitera de 1.7 milliards, celui de l’excellence technologique des industries de défense recevra 1.5 milliards, les 2.85 milliards restant sont répartis entre les 3 autres secteurs.

Jean-Marc Ayrault a bien précisé que le financement des projets sera soumis à des critères environnementaux, baptisant cela l’éco-conditionnalité.

En pratique, un des premiers chantiers est celui du renouvellement intégral de l’ensemble des rames Intercités entre 2015 et 2025, une première commande de 500 millions d’euros étant en préparation. En revanche, aucune nouvelle ligne à grande vitesse ne sera lancée, ces projets étant beaucoup trop coûteux en ces temps de restriction budgétaire.

Les hôpitaux seront modernisés, de nouveaux campus vont être crées, le cadre urbain des villes sera amélioré, 100% du territoire sera relié au haut débit, 200km de métro vont être construit d’ici 2030 dans le cadre du projet « Grand Paris »,  et près de 35 millions de compteurs électriques Linky seront installés d’ici 2020. Ceci devrait d’ailleurs être pris en charge intégralement par EDF, ce qui lui en coûtera près de 5 milliards. On comprend mieux les augmentations astronomiques du tarif de l‘électricité tous les ans…

Car quid du financement ? La façon dont l’Etat va sortir ces 12 milliards reste mystérieuse. Le Premier ministre avançait un début d’explication en annonçant des cessions de participations, comme cela a été fait auprès d’EADS ou encore Safran : « Les recettes issues de cessions de participations de l’Etat contribueront à son financement, grâce une gestion active et responsable du patrimoine de l’Etat ». Autre piste, des prêts et des dotations viendraient alimenter progressivement le PIA.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Découvrez le pack : Ingénierie innovante et durable

Pour maîtriser les outils et les pratiques de l’innovation, de l’écoconception et de la veille scientifique

Découvrez le pack
Ingénierie innovante et durable 

Pour maîtriser les outils et les pratiques de l’innovation, de l’écoconception et de la veille scientifique

L’horloge atomique la plus précise du monde

1 seconde tous les 13.8 milliards d’années. C’est la dérive de cette horloge à la précision unique au monde. Une prouesse réalisée par des chercheurs américains, qui ont eu l’idée d’utiliser des atomes d’ytterbium. Ces quelques 10 000 atomes sont refroidis à une température proche du zéro absolu, 10 microKelvin, et piégés dans des puits optiques grâce à des rayons laser. Un laser sert à provoquer la transition énergétique nécessaire au maintien de la fréquence de vibration, avec une régularité encore plus grande que dans le cas d’atomes de césium. 

Pour rappel, dans le cas d’horloges atomiques standards, c’est la fréquence du césium qui définit la seconde atomique, soit 9 192 631 770 Hz. Ces horloges, qui servent à définir le Temps atomique international, sont  la base de la chronologie universelle mais aussi des technologies GPS.

Cette horloge expérimentale, construite dans les laboratoires de l’Institut national des sciences et de la technologie (NIST) dans le Colorado, serait 100 fois plus stable que les horloges atomiques au césium. Andrew Ludlow, coauteur des travaux, ne doute pas que « Cette avancée spectaculaire aura des implications significatifs non seulement sur la précision du chronométrage, mais également sur le GPS et un ensemble de capteurs qui mesurent des forces minuscules comme la gravité, les champs magnétiques et la température »

De là à redéfinir la seconde…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

La recherche sur les cellules souches embryonnaires légalisée

L’Assemblée nationale a autorisé  la recherche sur les cellules souches embryonnaires, remettant la France dans la course. En effet, depuis 2004, les scientifiques français se heurtent à l’interdiction d’effectuer la moindre recherche sur les embryons. Cette décision prise lors de la révision de la loi de bioéthique de l’époque avait été reconduit lors des débats de 2011. 

Néanmoins, une porte avait été laissée ouverte via l’Agence de biomédecine, seul organisme autorisé à délivrer une autorisation exceptionnelle.  Depuis 2005, seuls 70 projets ont pu bénéficier de telles dérogations. Pas de quoi rivaliser avec les chercheurs du monde entier. Une situation dommageable tant le champ d’application concernant les cellules souches embryonnaires est important.

Pour rappel, les cellules souches embryonnaires (CSE) utilisées sont des cellules souches pluripotentes, c’est-à-dire capables de se différencier en cellules matures, comme des neurones, des cellules de la peau ou des  cellules du foie par exemple. Les CSE proviennent  des embryons surnuméraires de la procréation médicale assistée. 

Travailler à partir de cellules prélevées sur des embryons fait grincer des dents les conservateurs et autres lobbys chrétiens. Simple amas de cellules ou être vivant, le statut de l’embryon est sujet à  des débats enflammés. Les opposant à la recherche sur des cellules issus d’embryon avancent notamment l’existence de cellules adultes pluripotentes. Ces dernières ont été inventées par Shinya Yamanake en 2007, prix Nobel de médecine 2012 et peuvent être reprogrammées pour redevenir des cellules embryonnaires. Une méthode très délicate à mettre en œuvre, avec un taux de réussite inférieur à 5%. Les cellules embryonnaires ainsi obtenues ne sont pas non plus l’exacte copie de CSE.

Bref, rien ne vaut l’original !

Marc Peschanski, spécialiste des cellules souches à l’Inserm, se félicite de l’autorisation de la recherche sur les CSE, rappelant que la nécessité d’obtenir une dérogation nuisait aux financements, décourageant les investisseurs : « On pénètre dans le domaine de la recherche clinique avec de premiers programmes de thérapie cellulaire et de recherche pharmacologique. Nous sommes donc confrontés à des collaborations avec des responsables hospitaliers ou industriels pour lesquels la loi actuelle est incompréhensible. Elle ne permet pas de justifier les investissements importants. Et fait craindre les attaques en justice des groupes intégristes».

Les espoirs en thérapie régénérative sont forts. Imaginez. On pourra remplacer des cellules déficientes ou mortes par des cellules : greffe d’épiderme pour les grands brûlés, greffe de cellules musculaires dans un cœur abîmé par un infarctus, greffe de cellules pancréatiques pour rétablir le taux d’insuline des diabétiques, greffe de neurones pour des patients atteints de maladies dégénératives. De quoi redonner espoir à de nombreux malades.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

Découvrez la base documentaire
Bioprocédés dans les domaines de la santé, de l’agroalimentaire et de la chimie 

 

Recharger un véhicule électrique en roulant ?

Le système de recharge actuel freine l’essor des véhicules électriques : l’infrastructure de bornes est encore peu développée et le temps de recharge rebute les clients potentiels. Le futur doit proposer des systèmes de recharge intelligents, rapides, sécurisés, faciles et disponibles partout. S’il était possible de recharger son véhicule tout en roulant, la faible autonomie des batteries ne serait alors plus un problème ! C’est l’un des objectifs de la recharge par induction, autrement appelée technologie WEVC : Wireless Electric Vehicle Charging !

Ces 30 derniers mois, la recherche sur la recharge par induction a été à l’honneur en Flandre. Lecentre de recherches flamand pour l’industrie du véhiculeFlanders’ DRIVE a, en collaboration avec 9 organisations leaders en Flandre et 2 universités flamandes, mené des recherches pour étudier la faisabilité, l’efficacité et l’applicabilité pratique de celle-ci. L’étude a porté sur la recharge à l’arrêt et en mouvement pour les bus, et sur la recharge à l’arrêt pour les voitures. Les résultats ont été présentés fin juin : la technologie est réalisable, sûr et efficace ! La société Bombardier, membre du projet, déploie à présent sa technologie de rechargement de bus électriques par induction à Bruges (Belgique), à Braunschweig, Mannheim et Berlin (Allemagne).  

Que cela soit à l’arrêt ou en mouvement et que la recharge soit lente ou rapide, les rendements moyens mesurés étaient de plus de 90%.« Nos recherches prouvent que la recharge sans fil par induction, est presque aussi efficace qu’avec un câble : les systèmes mis au point lors de notre étude dépassent les 90 % de rendement pour la recharge statique, mais aussi pour la recharge de véhicules en mouvement avec une vitesse allant jusqu’à 70 km/h », affirme Renilde Craps, directrice de Flanders’ DRIVE

Les tests en mouvement ont eu lieu sur un tronçon de la N769 à Lommel. Ils ont montré la même efficacité sur une chaussée bétonnée ou asphaltée. « Toutefois, la recharge en mouvement requiert plus de concentration du chauffeur, afin de garder le véhicule aligné dans de la voirie », note le centre de recherche.

Recharge sans fil par induction

La recharge par induction nécessite deux bobines. La bobine primaire est intégrée dans une voie de circulation pour une recharge en mouvement ou dans une place de parking pour une recharge statique. La bobine secondaire est placée sous le plancher du véhicule électrique. La recharge de la batterie est automatique : le processus s’amorce sitôt que le conducteur a garé son véhicule au bon endroit.

La société Qualcomm, qui s’est illustré dans l’innovation sans fil et dans le traçage des véhicules, développe un système similaire. Sa technologie irait de 3 kW jusqu’à 20 kW. Elle mène actuellement un essai à Londres en partenariat avec Renault. Il devrait permettre d’avoir un retour d’expériences suffisant pour construire la réglementation de cette technologie. Des discussions sont en cours avec différents fabricants pour développer ce système en série. « D’ici 2016, ces systèmes de charges devraient se développer », prévoit le Dr Anthony Thomson,  Vice président de Qualcomm.

Et en France ? Dans le cadre des investissements d’avenir, l’ADEME finance sept projets de recharge pour les véhicules électriques et hybrides. Parmi eux, les projets MOV’EO TREVE (Test de la Recharge des Véhicules Electriques) et le projet Eguise testeront des infrastructures de recharge par induction.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

Découvrez le pack
Transports et technologies

Ce pack est composé des bases documentaires suivantes :

  • Véhicule propre
  • Technologies avancées et systèmes de transport
  • Transport ferroviaire
  • Aéronautique

Les concept car pour imaginer le futur

Il s’agit d’une véhicule expérimental produit généralement à un seul exemplaire afin de démontrer une technologie, des éléments de style ou un mode d’utilisation nouveau. Ce sont le plus souvent des outils de communication et non des prototypes fonctionnels, mais qui dévoilent les tendances des véhicules du futur.

  • « Honda Fuzo 2068 » de John Mahieddine

John Mahieddine imagine ici le véhicule du futur : les roues sont rétractables, ce qui lui permet de voler jusqu’à 640 km/h. Cet engin se conduit grâce à plusieurs joysticks et deux pédales. Il est équipé de parachutes et d’airbags.

  • La « Peugeot Concept Car Metromorph » de Roman Mistiuk

Le concept car Metromorph de Peugeot se transforme en balcon à la maison pour résoudre les problèmes de stationnement.

  • La « Peugeot RD » de Carlos Arturo Torres Tovar

La RD est un véhicule monoplace à 3 roues électrique. Intelligent, il possède une aide vocale et affiche sur le pare-brise des informations liées au trajet.

  • La « Wolkswagen aqua » de Zhang Yuhan

Volkswagen Aqua est un véhicule amphibie imaginée par le Chinois Zhang Yuhan. Il a été imaginé pour pouvoir se déplacer sur l’ensemble du relief chinois : lacs, rivières, côtes, routes, marais, neige et glace. Il fonctionne à l’hydrogène et à l’électricité.

  • Le « Neuron Concept Car » de Ian Kettle

Ce véhicule a été imaginé par le designer Ian Kettle dans le cadre de son projet de fin d’étude au Royal College of Art,, une voiture futuriste capable de lire la pensée de son utilisateur. Elle ne nécessite donc ni pédales ni volants.

Peut-on imaginer cette technologie dans un futur proche ?

L’entreprise Autonomos développe un casque contenant 16 capteurs qui mesurent les signaux électromagnétiques envoyés par le cerveau. Après étalonnage, les signaux peuvent être interprétées par un ordinateur pour actionner le volant et les pédales du véhicule. La preuve en vidéo :

  • La « AudiShark » de Kazim Doku

 

Véhicule volant de 2 places imaginé par le Turc Kazim Dolu ne possédant pas de roue. Il plaît notamment pour design inspiré des motos.

  • La « Citroën EGGO » de Damnjan Miticdeux

 

Voiture de 2 places équipée de quatre moteurs électriques à raison de un par roue. Des  panneaux solaires intégrés à la carrosserie permettent de recharger les batteries. Les vitres sont teintées.

  • La Volkswagen Hover imaginée par l’université de Chengdu

 

Ce véhicule est un deux places électrique qui vole à 30 centimètres du sol avec une autonomie de 140 km. Il est équipé de nouvelles batteries qui permettent une recharge rapide en moins de 12 minutes. Avec 2 places, il se conduit avec un joystick. Volkswagen compte bien commercialiser ce véhicule en Chine, qui a obtenu une exclusivité de 10 ans.

Découvrir d’autres concepts cars moins futuristes :

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Découvrez le pack
Transports et technologies

Ce pack est composé des bases documentaires suivantes :

  • Véhicule propre
  • Technologies avancées et systèmes de transport
  • Transport ferroviaire
  • Aéronautique

Les futurs véhicules électriques se préparent !

L’EN-V de General Motors

Les véhicules électriques 2 places pour les zones urbaines denses séduisent les constructeurs automobiles. L’EN-V de General Motors possède un moteur électrique dans chaque roue. Sa vitesse de pointe est de 41 km/h pour une autonomie d’environ 40 kilomètres. Les prototypes utilisent le GPS et la communication « Vehicule  to Vehicule », ce qui leur permet d’être activés manuellement ou de façon autonome. Les véhicules sont aussi connectés à un réseau qui permet l’échange d’information entre les différents propriétaires d’EN-V.

Micro Commuter de Honda

Autre véhicule taillé pour la ville, imaginé par Honda. Ici, c’est une personne à l’avant et une à l’arrière, ou une à l’avant et deux enfants à l’arrière ! Une tablette permet de contrôler les applications d’aide à la navigation, de divertissement et de contrôles des commandes du véhicule  La tablette se recharge à l’énergie solaire, grâce à un panneau photovoltaïque situé sur le toit. Sa vitesse maximale est de 80km/h pour une autonomie de 60 km. Ce véhicule est actuellement en tests sur les routes du Japon. Le constructeur décidera alors de le commercialiser en Asie et/ou dans les pays occidentaux. Plus qu’un concept de véhicule, le micro commuter est une plateforme de voiture électrique qui pourra servir de base a des véhicules utilitaire ou décapotables.

La C-Zen

La C-Zen est le premier véhicule électrique « origine France garantie » de 2 places. En vente dès novembre 2013, avec 120 km d’autonomie et une pointe à 90 km/h.

La lumeneo Smera

La Lumeno Smera est construite par le constructeur automobile français Lumeneo. Elle possède deux sièges en ligne et mesure 86 cm de large. Elle s’incline jusqu’à 20° dans les virages. Sa vitesse maximum est de 110 km/hpour une autonomie de 100 km.

La lumeneo Neoma

La Lumenso Neoma possède également une vitesse de pointe de 110 km/h mais une autonomie plus élevée que la Smera, celle-ci allant jusqu’à 140 km.

La Twingo électrique

Le concept car Renault Twin’Z de Ross Lovegrove prépare la future Twingo électrique.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Découvrez le pack
Transports et technologies

Ce pack est composé des bases documentaires suivantes :

  • Véhicule propre
  • Technologies avancées et systèmes de transport
  • Transport ferroviaire
  • Aéronautique

Quelle technologie alternative va tirer son épingle du jeu ?

1/ Hybride Essence-électricité

La Toyota Prius Plug-In Hybrid est déjà disponible mais ne possède qu’une autonomie électrique de 25 km. En utilisation mixte électrique / thermique, elle ne consomme que 2,1 L/100 km, consommation la consommation étant beaucoup plus élevée en mode « thermique » seul. Volvo, BMW, Ford et Mitsubishi proposeront leurs véhicules hybrides rechargeables entre 2013 et 2014. Sur une hybride rechargeable, l’autonomie électrique devrait varier entre 25 et 80 km selon les modèles.

2/ Hybride essence-air comprimé

PSA  développe 2 prototypes utilisant la technologie Hybrid Air : la Citroën C3 ou la Peugeot 208. L’hybrid air n’utilise pas de batterie. Elle associe un moteur essence et un moteur à air comprimé, une pompe hydraulique, un stockage d’énergie sous forme d’air comprimé et une transmission automatique. La consommation homologuée est de 2,9L/km soit environ 69gCO2/km. Les premiers véhicules devraient être vendus en 2016.

3/ Hybride GNV-essence

La Fiat Panda TwinAir Turbo Natural Power produit 86 g/km de CO2 pour 3,1 kg de méthane aux 100 km en cycle mixte. Son moteur a été élu moteur le plus écologique de l’année 2013. Le GNV, comparé à l’essence ou au diesel favorise la baisse des émissions de gaz à effet de serre et de polluants (NOx, particules, etc.) des véhicules. Le GNV permet également une réduction non négligeable de la consommation du véhicule. Le carburant est moins cher, en moyenne 20 % d’économies par rapport au diesel. De plus, le GNV peut être remplacé par du bio-GNV (ou bio-méthane) provenant de la fermentation de déchets organiques, boues de stations d’épuration ou d’effluents d’élevage sans adaptation du moteur. Les voitures GNV disponibles en Europe sont des véhicules bi-carburés, mais brûlant un seul combustible à la fois. Tout véhicule à essence peut être converti à la bi-carburation essence-GNV. Actuellement, Fiat, Opel, Volkswagen, Citroën, Renault, Volvo et Mercedes vendent divers modèles de voitures et petits camions essence/GNV. Iveco propose une large gamme de poids-lourds.

4/ Hybride GNV-électricité

Il est possible de combiner les avantages du GNV et de la carburation électrique. Cependant, aujourd’hu, aucun véhicule léger hybride au GNV n’est encore commercialisé. Quelques bennes à ordures ménagères hybrides circulent acutellement en France. Depuis 2011, le SIOM (Syndicat mixte d’ordures ménagères de la Vallée de Chevreuse) fait rouler 26 bennes hybrides GNV-électricité.

5/ Pile à combustible

La Hyundai ix35 FECV est le premier véhicule à pile à combustible produit en série. Son prix reste prohibitif : elle est actuellement proposée à 50 000 euros, mais le constructeur espère baisser rapidement son prix grâce à l’effet de série. Toyota, Honda et General Motors lanceront leur modèle en 2015, le temps de développer les infrastructures de recharge.  Les véhicules électriques à pile à combustible sont propulsés par de l’électricité produite à partir d’hydrogène stocké dans une pile à combustible à 200 bars et d’oxygène. Ces véhicules n’émettent que de l’eau au pot d’échappement. Il faut toutefois que l’hydrogène soit produit à partir d’énergies renouvelables pour que cela soit intéressant. Il est également possible de construire des véhicules hybride hydrogène-essence  où l’hydrogène alimente un moteur à bi-carburation avec de l’hydrogène liquéfié et de l’essence grâce à 2 réservoirs distincts.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

Découvrez le pack
Transports et technologies

Ce pack est composé des bases documentaires suivantes :

  • Véhicule propre
  • Technologies avancées et systèmes de transport
  • Transport ferroviaire
  • Aéronautique

Stocker l’énergie électrique… sous la mer

Imaginez que l’on ouvre la porte d’un sous-marin navigant à 50 mètres sous la mer. L’élément liquide s’y engouffrerait avec une grande force, comme le montrent de nombreux films catastrophe américains.

Au niveau de la mer, la pression atmosphérique est en effet de 1 bar. A 10 mètres de profondeur, à la pression atmosphérique s’ajoute la pression hydrostatique de 1 bar liée à la colonne d’eau. La pression augmente ensuite de manière linéaire. A 50 mètres de profondeur la pression est ainsi de 6 bars. 

Exploiter ce gradient de pression entre les profondeurs de la mer et la surface pour stocker/restituer l’énergie électrique est au cœur de l’approche de la start-up SubHydro AS en collaboration avec le SINTEF, le plus grand centre de recherche scientifique de toute la Scandinavie et basé à Oslo en Norvège.

« C’est précisément cette énergie potentielle que nous voulons exploiter » indique Rainer Schramm, ingénieur allemand qui a fait carrière dans les technologies aérospatiales et qui est le fondateur de SubHydro.

« Le SINTEF possède des experts dans le domaine de génération électrique, des technologies, et des eaux profondes, ce qui signifie que nous avons tous le nécessaire réunit en un seul endroit » explique l’ingénieur.

Une solution pour développer en masse les énergies renouvelables fluctuantes

L’innovation de SubHydro consiste à ancrer au fond la mer des sphères creuses en béton et en contact avec l’air atmosphérique vie un tube de ventilation. Quand la production éolienne ou solaire est faible, de l’eau s’engouffre dans la sphère entrainant une turbine, comme dans une centrale hydroélectrique classique.

Quand la production éolienne ou solaire est abondante, l’excès d’électricité est utilisé pour chasser l’eau de la sphère et la remplacer par de l’air. 

Chaque système Subhydro sera dimensionné pour stocker/délivrer 300 MW pendant 8 heures, c’est-à-dire le tiers de la puissance d’un réacteur nucléaire standard. L’efficacité d’un cycle complet de stockage-déstockage Subhydro est de 80%, ce qui est aussi élevé qu’avec les centrales de pompage-turbinage (STEP), et bien meilleur qu’avec les solutions à base d’hydrogène ou d’air comprimé. 

Renforcer le béton avec des fibres d’acier

Plus les sphères creuses sont installées en profondeur, plus l’énergie stockée est importante du fait de la pression hydrostatique, et plus l’équation économique est favorable. Tout l’enjeu des recherches actuelles est de trouver un béton aux propriétés optimales.

« Le challenge est de trouver l’équilibre optimal entre la résistance du béton et son coût. Si nous parvenons à mettre au point un béton 5 fois plus résistant que le béton ordinaire, nous pourrons réduire de 75% l’épaisseur des parois des sphères.

C’est un facteur critique. Nous devons parvenir à des coûts de production et d’installation qui rendent le stockage de l’énergie économique par rapport aux prix de l’électricité. » explique le chercheur Martius Hammer. “L’une des solutions que le SINTEF explore est de renforcer le béton avec des fibres d’acier au lieu de barres d’acier standards .Le béton actuel peut être utilisé mais notre mission est de trouver une alternative meilleur marché ».  

Jules Verne est de retour, mais en Norvège

 « Plusieurs personnes ont eu l’idée de stocker l’énergie en exploitant la pression au fond de la mer, mais nous sommes les seuls au monde à le rendre possible » affirme Rainer Schramm. 

D’après les chercheurs du SINTEF, la profondeur idéale pour installer les sphères se situerait entre 400 et 800 mètres. Il suffit de lire une carte des fond marins pour identifier de nombreux pays jouissant de ces profondeurs d’eau à une distance raisonnable du littoral, comme par, en Europe, le Portugal, l’Espagne, la France (par exemple en Méditerranée), l’Italie, la Grèce, l’Irlande, la Grande-Bretagne et la Norvège. 

Ce système de stockage innovant élimine complètement le problème de l’impact paysager et, à l’inverse des STEP à eau douce ou à eau de mer, évite de consommer des surface montagnardes ou littorales où les conflits d’usage sont fréquents et les règlementations compliquées. 

Des éoliennes flottantes (ou des parcs solaires flottants en fonction du gisement local) pourraient être installés à proximité de ces STEP air/eau sous-marines, ceci afin d’optimiser les coûts de raccordement, par exemple par liaison sous-marine HVDC.

Par Olivier Daniélo

 

Découvrez notre offre de formation Energie :


News environnement : Août 2013

Mesurer l’activité biologique en eau profonde via la bioluminescence

Détecter le passage des neutrinos cosmiques de très haute énergie. Telle est la mission du télescope sous-marin Antares, déployé au large de Toulon. Si ce type de particule interagit peu avec la matière, en frappant une molécule d’eau elle peut produire un muon, une particule chargée qui émet des photons lors de son passage. Or c’est cette radiation émise que les quelque 900 photomultiplicateurs que compte le télescope Antares sont chargés d’observer par 2.400 mètres de profondeur. Des profondeurs où 90% des organismes abyssaux qui y vivent et s’y déplacent présentent la particularité d’émettre de la lumière. Or si jusqu’à présent, cette bioluminescence n’avait pas gêné la mission d’Antares, deux épisodes survenus entre mars et juillet des années 2009 et 2010 ont littéralement ébloui cet instrument. En général, le bruit de fond lumineux que mesure Antares est compris entre 40 et 100 kHz. Or lors de ces deux épisodes, ce bruit est passé soudainement à 9.000 kHz.

Un pic qui a coïncidé avec une augmentation de la température de l’eau et de la salinité. D’où le lien fait par les chercheurs entre la bioluminescence et les mouvements de convection qui se produisent dans le golfe du Lion, mouvements qui apportent aux eaux profondes de l’oxygène et des nutriments et boostent l’activité biologique. Or c’est ce pic d’activité biologique qu’a mesuré le télescope sous-marin Antares. Selon les chercheurs, cette mesure de la bioluminescence pourrait devenir la première méthode pour mesurer en continu l’activité biologique en eaux profondes. L’impact sur la vie des mouvements des masses d’eau et la circulation océanique pourrait être alors mieux compris ce qui est d’autant plus important dans un contexte de réchauffement climatique où ces convections d’eau profonde devraient diminuer significativement au cours du siècle.

Les résultats de ces travaux, menés par une équipe coordonnée par des chercheurs de l’Institut Méditerranéen d’Océanographie (CNRS/IRD/Université Aix-Marseille/Universite du Sud Toulon-Var) et du Centre de Physique des Particules de Marseille (CNRS/Université Aix-Marseille), ont été publiés dans PLoS ONE le 10 juillet dernier.

Source : www.bulletins-electroniques.com/actualites/73688.htm

Une usine de traitement d’eau nouvelle génération

Une nouvelle start-up de Nanyang Technological University (NTU), appelée De.Mem vient de lancer avec succès sa première usine de traitement d’eau à l’étranger, au Vietnam. Cette nouvelle usine, située à Duc Hoa près d’Ho Chi Min, fait près de 120 m2 et peut produire un million de litres d’eau potable par jour, ce qui équivaut à la consommation quotidienne de 6 600 Singapouriens.

Il s’agit d’une usine nouvelle génération nécessitant une seule personne pour la faire fonctionner, car elle est reliée par réseau sans fil à un bureau singapourien qui gère les opérations quotidiennes et surveille le bon fonctionnement de l’usine. L’avantage de cette usine high-tech est de produire de l’eau plus pure et moins chère que les usines classiques, principalement parce qu’elle alimente les habitats et les industries proches. Il faut donc moins d’énergie pour acheminer l’eau, et son prix s’en trouve réduit.

La société De.Mem (diminutif de Decentralised Membranes) notamment financée par New Asia Investments, s’est associée à GD Wasser, une société Vietnamienne, pour mettre en place cette usine. Cette innovation est également possible grâce à la société Membranes Instrument & Technology (MINT) qui est la maison mère de De.Mem et qui fournit les outils de surveillance de la qualité de l’eau développés avec Nanyang Environment and Water Research Institute (NEWRI). Le rôle de De.Mem est donc de concevoir, de construire et d’opérer cette usine innovante qui est, selon le Dr Adrian Yeo (directeur général de MINT et de De.Mem), une combinaison de nouvelles technologies, d’équipements brevetés de MINT ainsi que des processus de traitement développés à Singapour.

Suite à ce succès, quatre autres usines de traitement vont voir le jour au Vietnam d’ici fin 2013, cette nouvelle génération d’usines étant particulièrement adaptée aux pays en développement car les coûts pour la population et les entreprises sont réduits et la qualité de l’eau est augmentée.

Source : www.bulletins-electroniques.com/actualites/73650.htm

Fonte des calotte glaciaires : quand la science nuance

Selon des scientifiques du Centre de recherche allemand pour les géosciences (GFZ), à Potsdam (Brandebourg), en coopération avec l’Université de Bristol (Angleterre), la période d’observation par satellite des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique est encore trop courte pour être en mesure de formuler une conclusion définitive sur la fonte accélérée des calottes polaires, et sa persistance dans l’avenir. L’étude menée par Bert Wouters et son équipe a été publiée dans l’édition en ligne de « Nature Geosciences ».

Les chercheurs ont analysé neuf années de données récoltées par le satellite GRACE. Ces résultats ont montré que les deux calottes glaciaires perdent actuellement une quantité importante de glace : environ 300 milliards de tonnes par an. Par rapport à la première partie de la mission (2002), la contribution des deux calottes polaires à l’élévation du niveau de la mer a doublé. De plus, cette perte en volume et en surface ralenti fortement la formation naturelle de la glace.

Cependant, la fonte accélérée de ces calottes soulève plusieurs problématiques scientifiques. Car outre le réchauffement lié aux activités anthropiques, les calottes glaciaires sont influencées par une variété de phénomènes naturels tels que les chutes de neige et les courants océaniques. D’après les climatologues impliqués dans l’étude, neuf années constitue une période d’observation très courte et les 35cm de prédiction actuelle d’augmentation du niveau de la mer pour 2100 pourrait aussi bien être exagérés que sous-estimés. « Au niveau de l’observation des calottes, nous sommes davantage à une échelle météorologique que climatique », déclare Bert Wouters. « Les mesures météorologiques de la calotte glaciaire sur une courte échelle de temps peuvent masquer les phénomènes qui se déroulent réellement sur le long terme » ajoute le co-auteur Ingo Sasgen du GFZ. Selon ce dernier, le phénomène de fonte actuellement observé pourrait en réalité faire partie d’un cycle géoclimatique plus long, dont les variations de masses glaciaires pourraient s’avérer positives.

Davantage de précisions sur les effets météorologiques et climatiques seront obtenues en 2017 grâce à la mission de suivi.

Source : www.bulletins-electroniques.com/actualites/73593.htm

Impuissance à Fukushima

Une « bagatelle » : pas moins de trois cents tonnes d’eau hautement contaminée se seraient échappées de l’un des nombreux réservoirs présents sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi, réservoirs assignés au stockage de plusieurs millions de litres d’eau radioactive provenant des systèmes de refroidissement des réacteurs. Le liquide radioactif serait parvenu à se frayer un chemin, du réservoir jusqu’à l’océan Pacifique en formant le cours d’un véritable ruisseau, avouait à demi-mots mardi dernier l’un des responsables de l’opérateur de la centrale accidentée, TEPCO (la « Tokyo Electric Power COmpany »).

L’incident est d’importance, conduisant même l’autorité de régulation nucléaire du Japon à le classer au niveau 3 de l’échelle internationale de classement des incidents et accidents nucléaires (INES, échelle comprenant huit niveaux de gravité notés de 0 à 7), le mettant dorénavant au rang des « incidents graves ». Malgré la multiplication d’incidents et de calamités sur le site de la centrale de Fukushima ces deux dernières années, c’est la première fois depuis le début de la catastrophe en mars 2011 qu’une alerte INES est diffusée par les autorités japonaises, laissant craindre un nouveau désastre environnemental.

Dérisoires sacs de sable

Les petites mains de Fukushima, les ouvriers ayant remplacé les tristement célèbres « liquidateurs », s’escriment depuis quelques jours autour du réservoir en fuite, plaçant ici et là de bien dérisoires sacs de sable pour tenter d’endiguer l’écoulement de l’eau contaminée par de très hauts niveaux de césium et de strontium radioactifs, des niveaux qui sont plusieurs centaines de fois supérieurs aux normes internationales de sécurité, d’après l’opérateur TEPCO. La tâche était placée sous le signe de l’urgence, des conditions météorologiques difficiles et de fortes pluies étant prévues dans la région pour les jours à venir.

L’un des responsables de la TEPCO, Masayuki Ono, a également dû admettre dans un désormais habituel exercice de contrition télévisuelle qu’une grande partie de l’eau contaminée s’était d’ores et déjà infiltrée dans le sol près de la centrale, terre qui devrait alors être extraite avant de trouver une solution de traitement ou de… stockage. Il est évidemment plus que probable qu’une partie de cette eau infiltrée ait déjà rejoint l’océan, s’ajoutant aux tonnes de fluides radioactifs ayant déjà terminé leur course dans la nature, et ce depuis près de deux ans et demi.

Pérennité des réservoirs ?

Cette nouvelle fuite soulève d’importantes questions à propos de la pérennité des quelques mille immenses réservoirs que TEPCO a installé sur le site, à moins de 500 mètres du rivage, réservoirs accueillant au fur et à mesure l’eau contaminée dont se servent les travailleurs du site pour refroidir les réacteurs endommagés, au même titre que l’eau récupérée lors des premiers mois dans les sous-sols de la centrale. Le rythme est effréné : près de 400 tonnes d’eau sont utilisées quotidiennement pour le refroidissement, et doivent ainsi chaque jour être stockées.

Les premières rumeurs ayant trait aux fuites de ces réservoirs ont commencé à bruisser en début de semaine dernière, lorsque des ouvriers ont découvert des flaques d’eau radioactive près de l’un de ces cylindres géants, véritables monstres de onze mètres de hauteur pour douze mètres de diamètre qui s’entassent non loin des réacteurs et de l’océan Pacifique. Des examens approfondis avaient alors révélé que le réservoir suspect, censé contenir mille tonnes de déchets liquides, n’en contenait plus que 700, les 300 tonnes manquant ayant pris la poudre d’escampette.

« On a relevé 100 msV par heure [au niveau de la fuite]. Si un employé était exposé à moins d’un mètre de l’une de ces flaques, il accumulerait en une heure la dose maximale, équivalente à cinq ans de travail pour un salarié du nucléaire », a déclaré Masayuki Ono.La TEPCO, toujours à travers la voix de Monsieur Ono, aurait tablé sur une durée de vie d’au moins cinq ans pour ces réservoirs, ce qui semble pourtant absolument dérisoire mais permettait de palier l’urgence. Le réservoir fautif n’aurait pas même tenu deux ans, et les employés de surenchérir sur les nombreuses petites fuites provenant de cylindres similaires, accidents s’élevant au moins au nombre de quatre. Cerise sur le gâteau, les réservoirs géants seraient vulnérables face à un tremblement de terre ou un tsunami, si l’on en croit Hiroshi Miyano, spécialiste du nucléaire à l’université Hosei de Tokyo. On peut facilement imaginer les conséquences dramatiques d’un tel scénario.

Une gestion calamiteuse de l’après catastrophe

Car c’est bien un séisme suivi d’un tsunami qui avaient neutralisé le système de refroidissement ainsi que les systèmes de secours de la centrale de Fukushima Daiichi en mars 2011, causant la fusion des cœurs dans les réacteurs 1, 2 et 3. La catastrophe avait été classée au niveau 7 de l’échelle internationale de classement des incidents et accidents nucléaires, niveau le plus élevé qu’elle partage seulement avec l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986.

Lorsque l’autorité de régulation nucléaire du Japon se prépare à faire passer du niveau 1 au niveau 3 la fuite d’eau contaminée vers le Pacifique, il faut garder en tête que chaque augmentation de niveau correspond en théorie à une multiplication par dix de la gravité de la fuite, si l’on se fie aux experts de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), bien que l’AIEA n’ait rien à voir dans cette augmentation de niveau.

La gestion calamiteuse de l’après catastrophe par la TEPCO, ainsi que le manque de transparence dont elle a fait preuve depuis plus de deux ans n’ont évidemment convaincu ni la communauté internationale, ni l’opinion publique japonaise. Immédiatement après les déclarations alarmantes de l’opérateur de la centrale accidentée, le premier ministre nippon – le très populaire Shinzo Abe – a sommé son gouvernement de plancher sur des solutions de toute urgence. La TEPCO, elle, espère toujours parvenir à purifier cette eau radioactive à l’aide d’un système de filtrage élaboré, afin de pouvoir rejeter une eau faiblement contaminée directement dans l’océan, au grand dam des analystes et des pêcheurs de la région.

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

News informatique : Août 2013

Un logiciel qui répondrait aux questions sur un texte

Une équipe de linguistique informatique à l’Université de la Sarre travaille actuellement au développement d’un logiciel de compréhension de langage qui permettrait d’établir des liens dans un texte afin d’en saisir le sens global. Deux des projets menés sont soutenus financièrement par l’entreprise Google. Les bénéficiaires sont Ivan Titov, chef du groupe de recherche « Apprentissage automatique pour le traitement du langage », et Hans Uszkoreit, professeur de linguistique informatique à l’Université de la Sarre et directeur scientifique du Centre allemand de recherche sur l’intelligence artificielle de Kaiserslautern (DFKI – Rhénanie-Palatinat). Ces bourses sont destinées à soutenir des projets d’intérêt pour le moteur de recherche et pour l’informatique en général. Le soutien total de l’industriel représente 360.000 dollars.

Les informaticiens autour d’Ivan Titov développent actuellement une méthode pour permettre à un ordinateur de mettre en relation logique les éléments d’un texte. Il serait donc possible dans un futur proche pour un ordinateur de répondre à une question ciblée d’un utilisateur sur un texte donné. Le logiciel analyserait le texte en le plaçant dans son contexte et donnerait la bonne réponse à l’utilisateur. L’idée de l’équipe est d’aboutir à un programme qui répondrait à des questions sur un article long, non connu du lecteur et dont seulement un résumé ou une partie de l’écrit présenterait un intérêt.

L’équipe de recherche travaille à la fois à Sarrebruck (Sarre) et à Amsterdam. Ivan Titov, premier bénéficiaire de la bourse de recherche, travaille à rendre possible une sorte d’apprentissage par l’ordinateur, par la mise en relation des mots au sein d’une phrase pour en comprendre le sens. « Nous avons conçu un modèle pour simuler la façon dont l’homme écrit des textes. Nos ordinateurs travaillent dans le sens inverse pour comprendre ces textes : l’ordinateur va saisir le sens du texte, voire les intentions de l’auteur », indique le chercheur. Les ordinateurs ne devront pas uniquement mettre en relation des mots et des phrases, mais également lier les mots à leur signification dans un contexte donné. Ainsi, une partie implicite du discours devrait être saisie par l’ordinateur qui pourra dans un second temps répondre aux questions d’un utilisateur ou rédiger un résumé du texte incluant ces éléments.

Source : www.bulletins-electroniques.com/actualites/73679

Reconnaître les émotions par la voix

Les technologies liées à l’intelligence artificielle ont été très en vogue dans le monde de la recherche ces dernières années, notamment grâce à l’évolution de la robotique. L’interaction homme-machine a été rendue possible par le développement d’outils algorithmiques d’apprentissage automatique. Jusqu’à présent, les outils de traitement des signaux vocaux étaient focalisés sur l’analyse de la parole et la reconnaissance de mots, comme les systèmes embarqués sur les téléphones de nouvelle génération qui se commandent par la voix. La plupart des outils d’analyse de discours sont basés sur la détection des mots prononcés par une personne puis l’étude statistique du registre lexical qui en dérive.

La start-up israélienne Beyond Verbal va plus loin en analysant la tonalité de la voix d’une personne afin d’en détecter les émotions. Au lieu de centrer son analyse sur les mots prononcés, le logiciel proposé par la jeune pousse israélienne préfère se concentrer sur la façon dont ils sont dits. Pour ce faire, une analyse des composantes spectrales du son (coefficients de la représentation sonore dans un espace mathématique) permet de caractériser l’intonation de la voix d’une personne, et ainsi de détecter signes de timidité, de fatigue, d’engouement, de détermination, d’arrogance, etc. Un aperçu de l’outil est disponible en ligne, sur le site de Beyond Verbal.

Cette nouvelle approche a de beaux jours devant elle, car elle est en passe de révolutionner le monde de l’interaction homme-machine, permettant à des robots de « comprendre » les émotions et non plus seulement les mots employés par une personne. Les investisseurs en sont en tout cas convaincus : la start-up a déjà levé plus de 2,8 millions de dollars pour développer son produit.

Source : www.bulletins-electroniques.com/actualites/73630

Signature d’un accord sur l’Internet du futur entre les Etats-Unis et le Japon

L’Institut national des technologies de l’information et de la communication (NICT) du Japon et la Fondation nationale pour la science (NSF) des Etats-Unis ont signé un Memorandum of Understanding (MoU) ayant pour objectif de faciliter les coopérations entre les deux pays dans le domaine de l’Internet et des réseaux de future génération (NWGN – New Generation Network).

Les deux parties ont convenu, le mercredi 29 mai 2013, de collaborer au développement d’une future génération de réseaux de transmission qui pourrait remplacer l’Internet actuel. En effet, l’Internet devenant de plus en plus utilisé dans tous les domaines, la quantité de données produites et échangées chaque jour augmente de manière exponentielle – risquant d’entrainer des problèmes de sécurité et une consommation électrique énorme.

Le besoin d’une nouvelle architecture plus adaptée à la masse de données échangées est à l’origine de ce nouvel accord entre le Japon et les Etats-Unis. Des chercheurs américains et japonais se sont ainsi rencontrés à Tokyo pour échanger sur leurs priorités communes pour leurs investissements futurs. Trois thématiques sont principalement ressorties de ces discussions : les réseaux optiques, l’informatique mobile ainsi que la modélisation et la conception des réseaux.

Afin d’établir cette relation de travail officielle, le MoU a été conclu et signé à Tokyo par Makoto Imase, vice président du NICT, et Farnam Jahanian, directeur adjoint du NSF pour l’informatique, les sciences de l’information et l’ingénierie.

Source : www.bulletins-electroniques.com/actualites/73558

5 choses improbables qui se trouvent sur la Lune

Si je vous demande ce que les hommes ont laissé sur la Lune, il y a de fortes chances pour que vous me répondiez un drapeau américain, ou des empreintes de pas, ou même un peu de matériel technique. Et vous auriez raison, bien que pour le drapeau, il n’y en ait pas un mais six, plantés au cours des différentes missions Apollo. Et il ne sont plus vraiment américains, vu que les températures très rudes de la Lune et les rayons ultraviolet les ont sans doute rendu completement blancs. En ce qui concerne le matériel abandonné, il y en a, et pas qu’un peu. Au fil des missions lunaires, l’humanité a laissé près de 180 tonnes de matériel derrière elle, dont 3 jeeps, des dizaines de sondes et de modules, des caméras ou encore des sacs de collecteurs de défécation…

Mais il y a au moins 5 choses qui se trouvent actuellement sur la Lune, et dont je suis prêt à parier que vous ignorez l’existence.

#5 : Une statuette

En 1971, l’équipage d’Apollo 15 emporta avec lui une statuette en aluminium de 8,5 cm de haut. Baptisée Fallen Astronaut, cette sculpture réalisée par l’artiste belge Paul Van Hoeydonck est la seule œuvre d’art présente sur la Lune. Elle fut déposée sur le sol lunaire à coté d’une plaque commémorative, en hommage aux astronautes morts durant l’exploration spatiale.

#4 : Des miroirs

Ou plus exactement des réflecteurs lunaires. Ces dispositifs ont la propriété de renvoyer la lumière dans la direction d’où elle vient, ce qui permet de mesurer la distance entre la Terre et la Lune à l’aide d’un faisceau laser. 5 réflecteurs ont été déposés sur la Lune au cours de différentes missions, et 4 sont utilisés encore aujourd’hui. Pour information, la distance exacte jusqu’à la Lune est de 384 467 km.

#3 : Les initiales d’une petite fille

Jusqu’a présent, 12 hommes ont marché sur la Lune, et Eugène Cernan fut le dernier d’entre eux. En 1971, au cours de la mission Apollo 17, Cernan s’agenouilla et traça dans la poussière lunaire les lettres TDC. Les initiales de sa fille Tracy. Sans atmosphère, et à moins que l’on décide d’ouvrir un complexe touristique sur la Lune, l’inscription devrait y rester pour toujours.

#2 : Les cendres d’un homme

Eugene Shoemaker était un géologue américain, ainsi que l’un des pionniers de l’étude des planètes. Notamment connu pour avoir codécouvert la comète Shomaker-Levy9, il mourut dans un tragique accident de voiture en 1997. Deux ans plus tard, le 31 juillet 1999, une partie de ses cendres fut emportée sur la Lune à bord de la sonde Lunar Prospector, dans une petite capsule de polycarbonate. A ce jour, Eugene Shoemaker est la seule personne dans l’histoire de l’humanité dont les restes reposent sur un autre astre que la Terre.

#1 : Des balles de golf

Alan Shepard fut le premier américain dans l’espace, et le 5è homme à marcher sur la Lune. En fevrier 1971, alors qu’il commandait la mission Apollo 14, il devint également le premier golfeur lunaire de l’histoire, comme il l’avait promis à son père. A l’aide d’un club bricolé avec les moyens du bord, il tira deux balles de golf. La rigidité du scaphandre l’obligea à jouer d’une seule main, mais selon ses dires, il envoya la deuxième balle à des kilomètres. A l’heure où je vous parle, les deux balles sont toujours là-haut, quelque part sur la Lune…

 

Patrick Baud

Source : Blog www.axolot.info

L’hélicoptère à pédales existe enfin !

Le 13 juin 2013, leur engin a volé plus d’une minute, a atteint plus de 3m d’altitude et le pilote est resté au dessus d’un carré de 10m de côté.

Comme on le voit, les dimensions de l’ AeroVelo « Atlas » sont impressionnantes : occupant un carré de 47m au sol, les 4 rotors font 20.2 m de diamètre chacun. L’ensemble ne pèse que 55 kg grâce à l’utilisation de poutres triangulées en carbone, de pales en carbone+kevlar+mylar et de « chaines de transmission » en vectran. Aucun doute : la disponibilité et la maîtrise de tels matériaux sont essentielles dans une telle réalisation.

Accessoirement, il faut aussi un moteur humain exceptionnel. Le pilote Todd Reichert a fourni une puissance de 1.1 kW au début du vol et arrivait encore à fournir 600 watts à l’ atterrissage, tout ça avec 72 kg de muscles, d’os et de cerveau.  Il devait aussi contrôler l’appareil en tirant sur les haubans en vectran afin de déformer la structure pour modifier très légèrement l’orientation des rotors.

Ce fantastique exploit comble un peu notre léger retard sur ce qui était prévu en 1900 pour l’an 2000 (mais on a eu 140 caractères à la place…)

 

Par Philippe Guglielmetti dit « Dr Goulu »
Blog Pourquoi Comment Combien

Et si on travaillait immergé dans un espace en 3D ?

L’aéronautique, l’automobile, l’architecture, les systèmes d’information géographique (SIG), mais aussi la biologie et la génétique sont bouleversés par l’arrivée de la visualisation immersive et stéréoscopique en trois dimensions (3D). Cette technologie facilite le travail des designers et des ingénieurs en permettant d’explorer virtuellement un produit sous toutes ses facettes avant de lancer la phase de production.

La technologie permet de visualiser en grandeur nature et en 3D un prototype ou un modèle virtuel à partir de ses données contenues dans l’un des 200 logiciels de travail compatible. La projection se fait sans conversion de données et en temps réel. L’opérateur peut alors interagir avec l’environnement 3D pour changer un élément du design : une couleur de voiture, agrandir une distance, ajouter,  changer ou déplacer un objet… De nombreuses options, telles que l’enregistrement vidéo, l’assemblage virtuel, le « finger tracking », la fusion de scènes 3D ou l’annotation digitale sont possibles !

Vue externe de l’espace immersif de 50 m2. Les entreprises intéressées peuvent l’expérimenter au siège social de Techviz, au 63 boulevard Massena, Paris 13e. © TechViz
 

Un travail facilité et plus rapide

Grâce à cette technologie, il est par exemple possible de se « promener » à l’intérieur d’un sous-marin. Il est ainsi possible de vérifier la hauteur sous plafond, les distances entre les éléments, déplacer des objets pour améliorer l’agencement, etc. De leur côté, les constructeurs automobiles peuvent améliorer le design beaucoup plus facilement. Il leur est, par exemple,  beaucoup plus facile de choisir une couleur et la forme de la voiture grâce à un rendu « réel » en grandeur nature. Le fait de pouvoir zoomer et de vérifier chaque recoin permet d’améliorer le prototype avant sa construction.

Cette technologie est aussi utilisée par les constructeurs de centrales nucléaires et par les compagnies pétrolières pour décider de la réalisation d’un forage. Dans l’aéronautique, elle sert à construire les nouveaux modèles d’avions et, dans le secteur agricole, elle est très utilisée par les constructeurs de moissonneuses-batteuses américains. 

Les applications de la technologie sont presque infinies dès lors qu’elles nécessitent des constructions de modèles ou de prototypes coûteux. Le logiciel Techviz 3D permet d’améliorer le design dès les premières étapes, sans avoir à construire ces prototypes. « La solution immersive stéréoscopique de TechViz permet de réduire les coûts de production, plus besoin de construire systématiquement des maquettes physiques pour observer un produit sous tous les angles, explique Alexis Vartanian, Directeur Technique de TechViz. « La technologie permet aussi de vérifier les données et de faire des changements en temps réel », rappelle-t-il.

Des partenariats fructueux

Plusieurs entreprises se sont regroupées pour créer cet environnement 3D virtuel, immersif et interactif.

Entre autres, la société TechViz édite le logiciel, Christie s’occupe des projecteurs, Da Lite des écrans, PNY des cartes graphiques, ART GmbH des capteurs de position, Volfoni des lunettes, HP des ordinateurs et Anticyp Simulation s’occupe de l’intégration finale. Il est possible d’acquérir le tout pour environ 400 000 euros, contre 2 millions d’euros y a encore quelques années. Le prix devrait encore sensiblement diminuer au fur et à mesure que les ventes se développeront.

Pour promouvoir cette technologie, TechViz et ses partenaires ont créé un espace immersif de 50 m2 en juin 2013, au sein d’une salle de visualisation sur quatre faces. Elle permet de nombreuses démonstrations de visualisation d’applications de modèles 3D  afin d’illustrer l’étendue des capacités de la solution. Les clients sont au rendez-vous et l’intérêt est grandissant. « Chaque jour, nous avons au moins deux entreprises importantes qui viennent  tester la technologie  », confie Alexis Vartanian. 

 
 
Grâce aux lunettes et aux détecteurs de mouvement, il est possible de se déplacer à l’intérieur du prototype. © TechViz
 
 
Découvrez la vidéo de présentation du showroom :
 

 
Par Matthieu Combe, journaliste scientifique