Techniques de l’Ingénieur partenaire des JNI 2019

Les Journées Nationales de l’Ingénieur, organisées par l’IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France), réunissent chaque année plus de 10 000 participants, entre étudiants, jeunes diplômés, professeurs, acteurs économiques, décideurs politiques et grand public dans une vingtaine des plus grandes villes de France.

Cette année, le thème qui animera les JNI 2019 sera : « Les ingénieurs en évolution : entre diversité et innovation ». Cette thématique devra encourager la communauté scientifique à intégrer les préoccupations sociales, environnementales et éthiques à leurs actions.

Ces journées ont plusieurs objectifs :

  • Rassembler les membres d’un métier qui comporte de multiples facettes
  • Encourager chacun à innover et entreprendre
  • Promouvoir les métiers des filières d’ingénieurs auprès du public et des décideurs
  • Valoriser les réalisations remarquables

A travers le territoire français, plusieurs événements seront organisés, afin de pouvoir échanger lors de tables rondes, conférences, colloques et visites d’entreprises. Comme depuis la première édition des JNI, Techniques de l’Ingénieur s’associe à l’IESF, afin de mettre en avant la capacité à innover et à faire progresser le pays des ingénieurs français.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les Journées Nationales de l’Ingénieur et assister à un des nombreux événements repartis sur le territoire, rendez-vous sur le site officiel des JNI 2019.

Le Portugal récompensé pour sa politique de transition énergétique

Le trophée des énergies renouvelables est habituellement décerné à une personnalité pour son engagement personnel. Pour la première fois, il est décerné à un pays. Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables justifie ce choix par le fait que le Portugal est un « pays exemplaire » dans la politique d’énergies renouvelables. Il faut dire que le pays est particulièrement ambitieux et en avance par rapport à ses voisins européens.

De plus en plus d’énergies renouvelables

La part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie primaire est passée de 19 % à 28 % entre 2004 et 2016. Le pays vise les 31 % dès 2020. Notons que le Portugal couvre déjà 53 % de sa consommation électrique grâce aux énergies renouvelables. En mars 2018, le pays avait particulièrement fait parler de lui. Il avait alors produit 103,6 % de son électricité grâce aux énergies renouvelables, soit plus que sa consommation.

Le pays mise également sur l’innovation. Par exemple, le groupe Energias de Portugal (EDP) teste actuellement l’association d’un barrage hydroélectrique avec un parc solaire photovoltaïque flottant sur le réservoir d’Alto Rabagão. « Ce trophée reconnaît les efforts du gouvernement, des entreprises et des associations pour promouvoir les ENR », se félicite João Pedro Matos Fernandes, ministre de l’environnement et de la transition énergétique du Portugal.

Des objectifs ambitieux pour 2030 et 2050

Le Portugal a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 22 % depuis 2005. En 2017, les émissions de CO2 du pays étaient de 68 millions de tonnes. Depuis 2016, le pays ambitionne d’être neutre en carbone d’ici 2050. Il se dote ainsi d’un plan pour l’énergie et le climat à l’horizon 2030, aligné sur les recommandations du rapport du GIEC pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. D’ici 2030, cela implique de réduire les émissions du pays de 45 à 50 % d’ici 2030, contre un engagement européen de 40 %.

Les énergies renouvelables devraient couvrir 47 % de la consommation énergétique portugaise en 2030. La production d’électricité serait alors à 80 % d’origine renouvelable. « Au cours de la décennie prochaine, nous devons doubler la puissance installée pour atteindre ces objectifs », estime le ministre. Les capacités installées dans le pays passeraient alors de 11,8 gigawatts (GW) en 2015 à 28,8 GW. Une politique « ambitieuse, mais réaliste », considère João Pedro Matos Fernandes.

Le climat au secours des émissions de CO2 du secteur électrique

Un résultat essentiellement dû aux bonnes conditions climatiques qui ont boosté la production hydraulique et celle des autres énergies renouvelables (éolien et solaire) et ont fait régresser le recours aux capacités thermiques fossiles (charbon, fioul et gaz). Les barrages et hydraulique au fil de l’eau ont ainsi représenté 68,3 TWh en 2018 des 548,6 TWh (+3,7%) produits par l’ensemble du parc installé en France, contre 53,6 TWh l’année précédente, grâce à un excédent pluviométrique qui a atteint plus de 40% sur les cinq premiers mois de l’année. C’est ainsi la deuxième meilleure année de production hydraulique depuis 2007, après 2013. De même, à la fois grâce à la météo et au développement de nouvelles capacités installées en solaire (+873 MW) et en éolien (+1 558 MW), le solaire photovoltaïque progresse de 11,0 %, à 10,2 TWh tandis que l’éolien, uniquement terrestre pour l’heure, atteint les 27,8 TWh (+15,3%).

Le nucléaire a également retrouvé un niveau conforme aux attentes de l’exploitant EDF, avec +3,7% à 393,2 TWh sur l’année 2018, ajoutant ainsi 14 TWh au score de l’année 2017 particulièrement mauvais, à l’aune des arrêts imprévus de réacteurs nucléaires.

Dans le même temps, la consommation d’électricité étant quasi-stable, légèrement en retrait de 0,3% à 474 TWH, en données corrigées des variations saisonnières (météo et nombre de jours sur l’année), le recours aux centrales thermiques classiques (charbon, fioul et gaz) a reculé fortement. Alors qu’en 2016 et 2017, elles avaient été mises largement à contribution pour palier la défaillance du nucléaire et de l’hydraulicité, en 2018, la production du thermique dit classique recule de 26,8%. En 2018, les centrales au charbon, appelées à sortir du parc en 2022, selon le désir du gouvernement, ont délivré 40,3% d’électricité en moins, tandis que celles au fioul baissaient en production de 26,6% et que le recours au gaz régressait de 23,6%.

Des exportations au rendez-vous

Conséquence des mouvements sur la production, avec une consommation stable, la France a retrouvé en 2018 son leadership sur les exportations en Europe. Le pays a ainsi un solde positif net (exportations 86,3 TWh moins importations 26,1 TWh) de 60,2 TWh sur l’ensemble des frontières. Sur la zone incluant l’Allemagne et le Benelux, le pays est aussi à nouveau exportateur net, de 6,1 TWh. RTE signale également que les exportations dépendent largement des prix de marché sur la zone européenne. Ainsi si les exportations sont à la hausse cela signifie également que le prix moyen du courant sur le marché en France sur l’année a été inférieur à celui des pays voisins. Et même si ce prix a progressé de 5 euros par MWh par rapport à 2017, pour atteindre les 50,2 €/MWh.

Ce solde exportateur largement positif en volume sur l’année, rappelle RTE, n’indique pas une surcapacité de production en France. En effet, c’est aussi la capacité disponible au moment de pointe qui compte, insiste RTE, faisant remarquer que les 96,6 GW ont été atteints le 28 février 2018. C’est ainsi que le nombre de situations tendues sur le mécanisme d’ajustement, l’un des grands outils du maintien de l’équilibre offre-demande à tout moment (donc en MW et pas en MWh), a augmenté en 2018, et tout au long de l’année (pas seulement en hiver). La cause principale, selon RTE, des mouvements sociaux dans le parc de production, notamment charbon et fioul, avec les arrêts annoncés par les pouvoirs publics, et quelques contraintes environnementales. Une bonne démonstration, juge RTE, pour affirmer que, malgré les 133 GW installés à fin 2018, le système électrique français est à « l’optimum » et loin d’être surcapacitaire…

Challenge Industrie du futur : 4 conseils pour réussir sa candidature

Le 15 février, les candidatures au Challenge Industrie du Futur seront closes. Le concours à l’initiative des leaders mondiaux ArianeGroup, SKF et Atos, et en partenariat avec Techniques de l’Ingénieur, encourage et récompense les startups qui innovent dans le monde de l’industrie. Les jeunes entreprises intéressées ont encore quelques jours pour postuler sur la plateforme Agorize.

Agorize est une plateforme de challenges d’open innovation qui connecte les grands groupes avec les startups et PME dans le but de favoriser l’entrepreneuriat. Elle organise entre 30 et 50 challenges par an, et a donc un point de vue expert sur les attentes des entreprises.

Afin d’aider les startups à déposer un dossier de qualité, Elodie Danilof, Communication Manager  et chargée des relations avec les startups chez Agorize, donne quatre conseils pour réussir sa candidature.

  1. S’assurer d’envoyer une candidature complète.
    Regardez bien quels sont les documents attendus car une candidature incomplète peut vite être écartée. Participer au Challenge vous prend peu de temps et peut vous apporter beaucoup en termes d’opportunités business donc soyez rigoureux.
  2. Envoyer des documents concis et précis.
    N’envoyez pas des présentations de 20 pages. Le jury doit pouvoir comprendre votre concept en quelques slides car il épluche un grand nombre de candidatures. Allez  à l’essentiel.
  3. Mettre en avant les valeurs ajoutées de la solution par rapport aux thématiques données.
    Plus les organisateurs voient que le candidat a essayé de personnaliser ses livrables, plus ils seront sensibles à la candidature.
  4. Envoyer des annexes visuelles
    Les annexes doivent être attractives et surtout permettre de bien comprendre le concept et/ou la solution proposés par la startup. N’hésitez pas à partager vidéos, site démo, mock ups, etc.

 

Vous êtes une startup intéressée par le monde de l’industrie ? Déposez vite votre candidature au Challenge Industrie du futur jusqu’au 15 février.

PPE : Le Gouvernement prêt à quelques concessions, le SER à l’offensive

Notamment interpellé par Jean-Louis Bal, le président du SER, sur le sujet du biogaz et de l’éolien en mer, deux énergies renouvelables avec le vent en poupe mais parmi les plus maltraitées dans la PPE actuelle, François de Rugy a concédé être prêt « à évoluer sur certains points » ; la concertation en cours pouvant servir comme plate-forme afin d’ajuster les propositions sur la table depuis le 28 janvier dernier.

Néanmoins, il a ajouté qu’« on ne peut pas se disperser à l’infini, surtout s’il y a un coût, cela entraînera un impact sur le budget. »

Sur le gaz renouvelable, ou biogaz, l’ambition fixée dans la PPE fin janvier dernier, est inférieure à celle prévue par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015. L’objectif fixé est de 7% de biogaz injecté dans le réseau, contre 10% prévus. Le ministre a indiqué que « , oui, le gaz renouvelable a un rôle à jouer, notamment pour éliminer le gaz naturel émetteur de CO2», néanmoins, « aujourd’hui, sa part est de à peine 1% dans le mix gazier. La PPE a peut-être une ambition en baisse en la matière, mais il faut être concret sur la question du coût et du prix, » a insisté François de Rugy. Sur le biogaz, la profession se fixe un objectif expliquant que les coûts vont baisser, mais « je constate aujourd’hui qu’à ce jour nous sommes autour de 90€/MWh, contre 20 €/MWH pour le gaz naturel importé. » Nous sommes favorables à une augmentation du prix du gaz fossile, via la taxe carbone, mais ce ne sera pas suffisant, il faut a minima un croisement des courbes, » juge le ministre. Néanmoins, il est prêt à en discuter avec son homologue de l’Agriculture, tout en rappelant que d’ores et déjà, avec un prix cible de 67 €/MWh à terme, cela signifie un coût pour la collectivité de 9 milliards d’euros.

Sur l’éolien offshore, le ministre a souligné que : « On l’a vu avec l’éolien offshore, si c’est trop cher, la tentation est de tout arrêter, at-il insisté, et cette tentation a existé. » « Tout mettre sur le budget du MTES a ses limites », a-t-il martelé.

Cependant, F. de Rugy a indiqué que si « les coûts sont maîtrisés » et « si cette tendance est affirmée, on pourrait revoir les volumes » contenus actuellement dans la PPE. Et le ministre de conclure : « le propre d’un syndicat (lire, le SER, ndlr) est de porter beaucoup de revendications, mais nous ne pouvons pas répondre à toutes, même si sur certains points, j’y suis prêt et nous y travaillons ensemble. »

Le SER toujours vent debout

Un discours loin d’avoir convaincu ses interlocuteurs du SER, comme l’a montrée la conférence de presse organisée en mi-journée, même si, a souligné J-L. Bal, la réponse du ministre montre une ouverture sur l’éolien en mer, contrairement au biogaz. Pour le biogaz, le président du SER reste confiant, rappelant que « nous avons des alliés dans le mode agricole et dans les régions maritimes ». « Le gouvernement doit donc revoir sa copie, en particulier sur l’éolien flottant. » D’autant qu’entre-temps, il y aura eu les résultats de l’appel d’offres en cours sur Dunkerque, a insisté Bruno Bensasson, PDG d’EDF Renouvelables et vice-président du SER.

J-L. Bal a en effet rappelé que « la PPE souhaitée par le SER pour l’éolien posé et flottant était de 1 000 MW/an, alors qu’actuellement la PPE tourne autour de 600 MW/an avec des années blanches ». Et d’insister : « avec les six parcs déjà engagés lors des deux premiers appels d’offres, cela représente pour la filière un potentiel d’emplois d’environ 15 000 personnes. « En outre, avec Dunkerque, on va tutoyer les prix du marché, et le tarif cible indiqué dans la PPE est de 70€/MWh. Il n’y a donc pas de raison de restreindre le volume sur l’éolien posé ! »

Le flottant est à un niveau d’émergence certes, « mais il va suivre la même courbe de progrès que le posé, martèle J-L. Bal, et on a besoin des volumes des appels d’offre et de prix cibles », sans attendre… au risque que l’avance actuelle de la France en la matière soit récupérée par d’autres à l’international…

Quant au biogaz, Alexandre Troesch, délégué général du SER, a rappelé que le prix de 67€/MWh, cible de la profession, est celui des appels d’offres que le SER appelle de ses vœux, et non le prix final potentiel de cette technologie. J-L. Bal a par ailleurs noté dans son propos introductif de la matinée que sur le dossier du gaz renouvelable, la PPE ne prenait « pas en compte les externalités positives », et la forte dynamique qui entoure ce sujet, qu’il serait dommageable de briser, alors que les acteurs sont mobilisés.

L’Autorité de sûreté nucléaire met en garde contre la perte de compétences

C’est le message le plus stratégique et le plus structurant pour le secteur, qu’a voulu faire passer le président de l’ASN. Il faut en effet « mobiliser l’ensemble du secteur nucléaire autour de la perte de compétences ». Non pas une perte de compétence liée à l’incapacité des ingénieurs et des designers à concevoir ou à exploiter des usines ou des réacteurs, mais des « difficultés industrielles » à faire réaliser des travaux basiques tels que les soudures, le génie civil, les interventions électro-mécaniques ou même des opérations de contrôles non-destructifs (sans prélèvement sur les équipements). Le président de l’ASN signale ainsi que les difficultés rencontrées lors de la construction du réacteur EPR à Flamanville-3 ou même lors de grands travaux majeurs, tels que le programme Grand Carenage d’EDF qui vise à améliorer les réacteurs du parc nucléaire pour leur permettre de dépasser les 40 ans de durée de vie, sont concernés par cette perte de compétences de base.

Lors de la séance de questions/réponses du 29 janvier 2019 à l’issue de la conférence de presse de l’ASN, son président a pris l’exemple de l’affaire des soudures sur le circuit principal de transfert de vapeur vers les turbines sur l’EPR de Flamanville 3 en construction. Il signale en effet que les contrôles non-destructifs réalisés sur les huit soudures, traversant l’enceinte de confinement, n’ont pas détecté la non-conformité aux exigences de haute qualité (dites d’exclusion de rupture) que s’est imposé l’opérateur EDF. Notamment, ces contrôles n’ont pas permis de détecter que l’une des soudure, située entre les deux enveloppes de béton composant l’enceinte de confinement (donc difficiles d’accès), présentait un défaut. Ce qui constitue, pour le président de l’ASN, ancien élève de l’Institut de soudure, la preuve d’une perte de compétence sérieuse qui mérite qu’on s’en préoccupe.

En ce qui concerne la résolution de ces « écarts » sur les soudures, il a ajouté que le groupe d’experts ad hoc sur les équipements sous pression auprès de l’ASN (constitué d’experts de l’industrie, du gouvernement, mais aussi d’ONG) serait consulté d’ici avril 2019 et que l’ASN rendrait sa décision finale en mai sur le programme proposé par EDF pour permettre la mise sous pression des équipements.

Cette perte de compétences a suscité un doute dans l’opinion publique sur la capacité du secteur à réaliser de nouvelles constructions et des projets de modernisation majeurs. Pour Doroszczuk, le secteur devait remédier à cette situation en améliorant la formation de la main-d’œuvre qualifiée, se félicitant sur ce point de la création en juin 2018 du groupe français de l’énergie nucléaire, ou GIFEN, qui commence à répondre à cette question.

Deux autres messages importants ont été délivrés par Doroszczuk. D’abord, la nécessaire anticipation dans le secteur et la cohérence de la filière. Il estime que l’ASN doit stimuler la cohérence du cycle du combustible, dans le cadre de la préparation du nouveau plan national de traitement des déchets et des matières nucléaires, ou PNGMDR, qui sera débattu cette année. Mais qui doit aussi être cohérent avec la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui vient d’être présentée le 25 janvier et ses implications pour le cycle nucléaire. Par exemple, a-t-il insisté, l’utilisation de MOX (mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium) dans le parc de 1 300 MW prendrait au moins dix ans, et cela doit donc être anticipé. Ensuite, il a insisté sur la nécessité pour les opérateurs de maintenir des marges de sécurité, dans le contexte de vieillissement des installations, mais aussi pour les constructions neuves, ajoutant que l’ASN serait attentif à ce sujet.

Londres veut se doter d' »escadrons de drones » après le Brexit

Lors d’un discours à Londres devant le centre de réflexion RoyalUnited Services Institute (RUSI), William Gavinson a estimé que la sortie de l’UE offrait au Royaume-Uni « la meilleure opportunité depuis 50 ans de redéfinir (son) rôle » sur la scène internationale.

« Nous devons être la nation vers laquelle les peuples se tournent que le monde a besoin de leadership », a-t-il affirmé.

Il a annoncé un plan d’investissement de 7 millions de livres (8 millions d’euros) dans des drones, visant à créer des escadrons « capables de tromper et de déborder les défenses aériennes ennemies », qui devraient être opérationnels « à la fin de l’année » 2019.

Il a également annoncé le déploiement de deux nouveaux navires militaires « polyvalents », pouvant assurer des missions « de guerre ou d’assistance », et le renforcement des capacités « cyber-offensives » grâce à une enveloppe de 65 millions de livres (74 millions d’euros).

Mais la rhétorique utilisée par le ministre a fait l’objet de critiques des partis d’opposition.

« L’idée que notre appartenance à l’UE nous impose des limites est une pure absurdité », a déclaré le député travailliste Chris Leslie. « En réalité, les dégâts économiques que laisse présager le Brexit affaibliront très rapidement nos forces » armées, a estimé cet europhile convaincu.

A moins de 50 jours du divorce avec l’UE, prévu le 29 mars, aucun accord n’a encore été conclu entre Londres et Bruxelles pour permettre un Brexit ordonné.

Enfin, Gavin Williamson a dévoilé que la première mission du nouveau porte-avion britannique, le HMS Queen Elizabeth, aura notamment lieu « en Méditerranée, au Moyen-Orient et dans la région pacifique ».

Cette affirmation, considérée comme une « provocation » à l’égard de la Chine par le parti libéral-démocrate, a été minimisée par les services de la Première ministre Theresa May.

« Les détails complets de ce déploiement seront approuvés par la Première ministre en temps voulu », a déclaré un porte-parole, qui a précisé que la première mission du navire aurait lieu en 2021.

« C’est à la Première ministre qu’il revient de prendre les décisions finales », a-t-il souligné.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 Agence France-Presse. »

Brexit et science : les incertitudes minent les chercheurs

Pour ce qui est de la mobilité de courte durée, il n’y a désormais plus d’inquiétudes majeures. Du côté de l’Union européenne, pour des voyages de tourisme ou professionnels de moins de trois mois, cela semble acquis, les ressortissants britanniques n’auraient pas besoin de visas comme c’est le cas pour une soixantaine de pays tels que le Canada, l’Ukraine, le Japon etc. Mais l’UE attend tout de même une condition de réciprocité. La circulation pour les conférences ou le partage du travail ne semble donc pas compromise.

En outre, des deux côtés de la Manche, les autorités ont assuré que les citoyens vivants déjà sur place (Européens au Royaume-Uni et Britanniques en UE) pourront rester moyennant le paiement d’un droit modique. En UK, il a déjà été fixé à 65 livres. Côté européen, chaque pays décidera pour son territoire. Rien n’a encore été annoncé. Certaines universités britanniques ont d’ores et déjà décidé de payer pour leurs personnels. Et la plupart a commencé à mettre en place un service d’assistance pour l’immigration et les voyages pour leurs travailleurs européens.

Incertitudes pour les nouveaux émigrants

Le gouvernement britannique n’a pas caché qu’il souhaitait faire entrer les migrants européens sous le même statut que les migrants du reste du monde et voulait en profiter pour revoir entièrement sa politique de visas, notamment pour les « hauts potentiels ». Mais cette refonte demandera du temps. Aussi, il a promis que dans l’intervalle, les travailleurs et chercheurs européens qui voudraient émigrer en UK n’auraient pas besoin de visas. Mais, sans garantie formelle, les universités essayent d’embaucher au maximum avant la date fatidique du 29 mars. Dans l’autre sens, les incertitudes sont aussi très fortes. Les chercheurs britanniques devront demander des permis de travail dans les pays qu’ils visent et les réglementations varient selon les pays. Les délais d’obtention pouvant atteindre parfois plusieurs mois… Même si là aussi, la plupart des pays devraient rester très souples pendant un an ou deux vis-à-vis des ressortissants britanniques.

Reste la question de certains fonctionnaires européens comme les experts scientifiques britanniques qui travaillent au sein des institutions européennes comme le JRC (Joint Research Centre) qui conseille et émet des expertises pour mettre en place les politiques, les législations et les réglementations dans des domaines aussi divers que l’environnement ou l’émigration. Difficile pour l’Europe de s’en passer du jour au lendemain, mais avec certitude, ils devront à terme quitter leur emploi.

Les étudiants européens boudent la recherche britannique

Dans les universités du Royaume-Uni, le nombre d’étudiants de troisième cycle et de jeunes chercheurs en provenance des pays européens a chuté depuis l’annonce du Brexit, selon les dernières données de l’agence statistique de l’enseignement supérieur publiées le 17 janvier 2019.

Et la tendance semble se confirmer encore pour l’année 2018-2019 selon les estimations provisoires du Russell Group (l’association de plusieurs universités prestigieuses), voire même s’accentuer maintenant que les incertitudes liées au Brexit sont à leur comble. Une situation qui marquerait alors la fin d’une dizaine d’années de croissance qui a vu les étudiants de troisième cycle passer de 12700 à 15000 entre 2008 et 2016. Dans un article de Nature, Robertus de Bruin, un biologiste moléculaire de l’UCL (University College of London) témoignait ainsi que dans son groupe, les candidatures d’Européens avaient chuté de 90 % depuis 2015. Les acteurs de la recherche académique s’inquiètent. Tim Bradshaw, directeur exécutif du Russell Group expliquait ainsi que ces étudiants européens sont essentiels tant pour la recherche académique que dans l’industrie. « Nous les perdons deux fois : tout d’abord pour les recherches qu’ils ne mèneront plus chez nous et ensuite parce qu’ils risquent de prolonger leur carrière ailleurs que chez nous ».

Les incertitudes sur leur droit à l’immigration, leurs droits d’entrée dans les universités, la provenance et quantité des fonds alloués à la recherche en cas de Brexit dur sont désormais autant de freins à la venue des étudiants et chercheurs de l’UE au Royaume-Uni, qui préfèrent se tourner vers d’autres destinations européennes

Chercheur cherche alternatives

Dans un article paru dans Nature en septembre 2018, la chercheuse britannique Edith Heard, qui vit et travaille en France depuis plus de 10 ans à l’Institut Curie de Paris, exprimait bien l’état d’anxiété et de démoralisation du monde de la recherche. Comme nombre d’autres scientifiques britanniques sur le continent, qui ne sont plus sûrs de leur futur, elle essaye d’obtenir la double nationalité et a fait une demande de citoyenneté française. « Les scientifiques britanniques auxquels je parle cherchent à avoir une autre nationalité sur le continent ou y réfléchissent ». Et clairement, plusieurs témoignages illustrent que depuis le vote, les chercheurs britanniques n’arrivent plus à avoir un rôle proéminent dans les projets européens. Des deux côtés, on a peur que si le leadership est attribué à un Britannique, le projet n’aboutisse pas et n’accède pas aux fonds européens. Cette incertitude et cette anxiété sont déjà un frein à la science en général. Pas seulement pour le Royaume-Uni. Les témoignages affluent aussi de ceux qui, depuis deux ans, scrutent les opportunités d’emplois sur le continent. Ou en Irlande. Au sud. Là, où on est presque au Royaume-Uni et où on bénéficiera des facilités de l’UE. Même si les chercheurs irlandais, du Nord comme du Sud, s’interrogent plus que tout autre sur le fonctionnement des nombreux partenariats, partage de données, de personnels et de matériels construits depuis 20 ans entre les deux parties de l’île. Dans tous les cas, les cerveaux fuient. Le constat est sans appel. Et c’est une perte pour toute la communauté scientifique.

La synthèse des MOFs passe à l’ère industrielle

Les MOFs – metallic organic framework – présentent des capacités bien supérieures à celles des charbons actifs ou des zéolithes. Mais la plupart d’entre eux, en raison de leur structure hybride organique / inorganique sont instables. C’est l’un des obstacles majeurs à leur industrialisation ou à leur utilisation de manière courante. C’est pourquoi, les partenaires du projet ProDIA se sont intéressés plus particulièrement aux MOFs de la famille UiO-66 à base de zirconium. En effet, brevetés par le CNRS et l’Université d’Oslo, ils présentent une très bonne stabilité thermique, chimique et mécanique et ne posent pas de problème de toxicité. Les chercheurs ont réussi à trouver une voie de synthèse qui permet une production à l’échelle industrielle à des coûts raisonnables. Pour cela ils ont trouvé des matières premières facilement disponibles, à la fois sûres pour la production et non toxiques lors de la fabrication et de l’emploi. Le procédé final fourni des composés très purs en milieu aqueux, sans utilisation de solvants organiques et sans sels. C’est Axel’One, la plate-forme d’innovation collaborative dédiée au secteur chimie-environnement à Lyon, qui a validé le process de cette synthèse sur une ligne pilote préindustrielle. Le projet a permis de produire, avec un rendement de 95 %, un lot pilote de 150 kg d’une poudre cristalline qui peut être extrudée sous forme de pastilles sans perte de propriétés poreuses.

Des produits compétitifs

De ces recherches est née une start-up, MOFapps, qui commercialise maintenant des adsorbants MOFs à base de zirconium pour la purification de l’air, notamment sous forme de cartouches pour des masques de protection individuelle contre l’ammoniac. Ces cartouches présentent des temps d’utilisation doublés par rapports aux autres cartouches du marché.

Le second procédé proposé par ces chercheurs concerne la synthèse par atomisation du MOF « HKUST-1 », un MOF à base de cuivre. L’outil d’atomisation est un pilote, unique en Europe, hébergé par Axel’One : 10,5 mètres de hauteur, la possibilité de fonctionner en atmosphère contrôlée sous azote, il permet de pulvériser des gouttelettes du mélange des réactifs sous forme aqueuse à haute vitesse pour former et sécher dans un même temps le solide nanoporeux. Il a notamment permis la fabrication d’un premier lot de 30 kg de poudre de grande pureté en quelques heures avec un rendement supérieur à 95 %. Cet essai à l’échelle semi-industrielle permet, là encore, d’envisager une production de 300kg/jour en continu à un prix compétitif comparé aux zéolithes ou aux charbons actifs.

Les ENR couvrent 22,7% de la consommation française

La PPE prévoyait un parc renouvelable d’une puissance globale de 51,7 gigawatts (GW) fin 2018. Selon le Panorama de l’électricité renouvelable en 2018 élaboré, entre autres, par RTE et le Syndicat des énergies renouvelables (SER), le parc atteint 51,17 GW au 31 décembre. Au cours de l’année, 2 494 mégawatts  (MW) d’énergies renouvelables ont été raccordés au réseau électrique.

En 2018, la production d’électricité d’origine renouvelable atteint 108,7 térawattheures (TWh). Soit une augmentation de 21,9% par rapport à 2017. Au bout du compte, les énergies renouvelables ont couvert 22,7 % de la consommation électrique de l’année, contre 18,5 % en 2017. Dans le détail, l’hydraulique couvre 13,1 % de cette consommation, l’éolien 5,8 %, le solaire 2,1 % et les bioénergies 1,6 %. L’année est bonne dans toutes les filières : la production éolienne est en hausse de 15,3 %, celle du solaire de 11,3 % et celle de l’hydraulique de 30 %. En particulier, « les conditions hydrologiques favorables de l’année 2018 ont permis une plus forte production hydraulique, qui renoue avec le niveau observé au cours de l’année 2014 », note le rapport.

Un parc renouvelable de plus en plus puissant

Fin 2018, le parc hydroélectrique atteint 25,5 GW, l’éolien 15,1 GW, le solaire 8,5 GW et les bioénergies 2 GW. Les nouveaux raccordements ont été importants. Si le parc hydroélectrique est resté stable, l’éolien a gagné 1 559 MW. C’est la deuxième meilleure année pour la filière, après le record historique de 2017 à 1 788 MW. L’objectif de la PPE 2018 pour l’éolien est ainsi dépassé de 108 MW.

Côté solaire le taux de raccordement reste stable, avec 873 MW de raccordés, contre 881 MW en 2017. La hausse n’est cependant pas assez importante pour atteindre l’objectif de la PPE. Celui-ci est atteint à seulement 84 % : il était fixé à 10,2 GW. Il faudra renouer avec des niveaux de développements plus importants pour espérer atteindre les objectifs de la PPE 2023 : un parc solaire compris entre 18 et 21 GW.

Quelques filières restent à la traîne. Une seule éolienne flottante de 2 MW est installée en mer, alors que l’objectif de la PPE était d’atteindre 500 MW fin 2018. Trois gigawatts sont toutefois bien en projet, en vue d’atteindre l’objectif bas de la PPE 2023. La méthanisation électrique peine également à se développer, ainsi que la production d’électricité à partir de biogaz issu de décharge ou de station d’épuration. Les opérateurs valorisent plutôt le biogaz et le biométhane sous forme de chaleur ou dans les transports.

Les MOFs se mettent aussi au froid

L’adsorption et la libération d’eau par des solides nanoporeux constitue un moyen de choix pour les procédés de récupération de chaleur liée à l’énergie solaire, aux pompes à chaleur ou encore à la réfrigération. Mais aujourd’hui leur efficacité et leurs performances sont encore assez faibles.

Des chercheurs de l’Institut des matériaux poreux de Paris, l’Institut Charles Gerhardt Montpellier et leurs partenaires, ont synthétisé, en conditions « vertes » un nouveau matériau hybride nanoporeux, qui permet de dépasser les performances des meilleurs adsorbants d’eau actuels avec une capacité de stockage élevée ainsi qu’une température de régénération plus basse (moins de 63°C). Leurs travaux ont été publiés dans Nature Energy d’octobre 2018 .

Idéal pour la réfrigération

Le nouveau solide nanoporeux mis au point est un MOF à base d’oxoclusters de zirconium (Zr-MOF baptisé MIP-200). C’est un solide hybride nanoporeux hydrophile à grands pores dont la structure 3D à l’échelle atomique a pu être déterminée par diffraction X au synchrotron Soleil.

 

Gauche : Vue de la structure du Zr-MOF (atomes/polyèdres de Zr en jaune ; atomes d’oxygène et d’hydrogène en rouge et blanc).
Droite : Évolution du coefficient de performances du MOF-Zr en comparaison avec des matériaux poreux de référence
©Christian Serre (Institut des matériaux poreux de Paris)

Cette structure montre que le MIP-200 possède deux types de nanopores particulièrement hydrophiles et très stables en présence d’eau, après des utilisations répétées. Cela lui confère à la fois la capacité d’adsorber de grands volumes d’eau, de permettre des échanges de chaleur importants et d’effectuer une désorption à plus basse température lors de l’étape de régénération (inférieure à 65°C, de l’ordre de la température maximale que l’on trouve sur les réseaux d’eau domestiques). Les zéolithes ou autres solides poreux inorganiques utilisés aujourd’hui présentent des températures de régénération supérieures à 75°C et un volume poreux limité que ce nouveau matériau surpasse largement. Des calculs, réalisés par des chercheurs du Korea Research Institute of Chemical Technology (KRICT), ont confirmé que ce solide est plus efficace que les matériaux poreux évalués à ce jour pour des applications de réfrigération au sein des habitations par exemple. En outre, sa synthèse n’utilise que des produits chimiques verts, simples et peu coûteux, permettant d’envisager le développement de futurs procédés de réfrigération plus efficaces.

Chasseurs de bugs : 850 000 € de primes de l’Europe

Tous les jours, nous faisons appel à des logiciels open source sans le savoir. C’est le cas d’un serveur web Apache. Cas typique : un « client » (par exemple un navigateur web) se connecte à un serveur (par exemple un serveur HTTP Apache) avec un protocole spécifique, et effectue une requête pour une ressource en spécifiant son chemin.

Internet est l’infrastructure sur laquelle repose notre vie de tous les jours. Or, elle n’est pas à l’abri d’un bug niché dans une brique open source.

Prime en fonction de la sévérité d’une faille

Conscient de notre dépendance vis-à-vis de ces programmes, la Commission européenne a lancé en 2014 le projet d’audit des logiciels libres et open source (FOSSA – Free and Open Source Software Audit).

L’eurodéputée Julia Reda, à l’origine de projet FOSSA, explique que la « Commission européenne et les administrations publiques en général ont la responsabilité d’assurer la stabilité, la fiabilité et la sécurité d’internet – en y investissant. »

Supervisé par la Direction générale de l’informatique de la CE (DIGIT), FOSSA est un bug bounty. Qu’il soit organisé par la CE ou une entreprise privée, le principe reste le même : une prime est versée à un groupe ou à une personne découvrant une vulnérabilité dans un système ou un logiciel. Le montant de la prime dépend de la sévérité de la faille découverte et de l’importance relative du logiciel.  Ensuite, cette découverte est signalée aux développeurs en question.

Renforcer la sécurité

Deux projets (serveur web Apache et gestionnaire de mots de passe KeePass) ont fait l’objet d’un audit de sécurité. En décembre 2018, le projet FOSSA est entré dans sa phase 2. Une liste de 15 projets qui recevront une prime aux bogues a été présentée.

Pour Paul Farrington, un expert travaillant chez Veracode, une entreprise spécialisée dans la sécurité logicielle, FOSSA est une initiative intéressante. « Dans notre rapport 2018 sur l’état de la sécurité des logiciels, nous avons constaté que 87,5 % des applications Java contiennent au moins une bibliothèque open source avec des vulnérabilités. Certains des programmes en cours d’expérimentation dans l’UE s’appuient aujourd’hui sur des projets open source dont on sait qu’ils présentent des vulnérabilités. Il y a beaucoup à faire pour améliorer l’hygiène générale du développement logiciel en utilisant l’automatisation moderne de la numérisation. »

La gestion des déchets dans l’ère de l’économie circulaire

La loi de transition énergétique pour la croissance verte et la feuille de route pour l’économie circulaire portent de nombreux objectifs pour réduire et mieux valoriser les déchets. En particulier, il faudra réduire de moitié les déchets non inertes mis en décharge chaque année d’ici 2025. Pour « engager une profonde mutation vers le recyclage » et détourner annuellement 8 millions de tonnes des décharges françaises, les entreprises de gestion des déchets estiment qu’il faudra investir 4,5 milliards d’euros d’ici 2025 autour de six axes prioritaires.

Mieux recycler et valoriser les déchets

Le contrat de filière « Transformation et valorisation des déchets » 2019-2022 entend développer l’incorporation de matières recyclées dans les produits neufs. Les engagements volontaires énoncés sur les plastiques sont insuffisants et doivent être étendus aux autres matériaux. La filière compte « adapter au plus juste la qualité des matières de recyclage aux attentes réelles des utilisateurs et à améliorer durablement la compétitivité économique des matières premières de recyclage par rapport aux matières vierges via l’expérimentation d’un mécanisme économique incitatif ».

Afin de valoriser des matériaux non recyclables tels que les mousses et certains plastiques, la filière mise sur le développement de la valorisation énergétique. En particulier, les professionnels parient sur les combustibles solides de récupération (CSR). La filière peine encore à émerger en France, en raison de coûts élevés.

Mieux penser les produits

Réduire les déchets mis en décharge passe par l’amélioration de l’éco-conception des produits. Pour y parvenir, fabricants, recycleurs et équipes de marketing devront davantage travailler ensemble afin d’anticiper la fin de vie des produits. Objectif : « réduire drastiquement les quantités de produits manufacturés non recyclables mis sur le marché » pour ne pas reproduire les erreurs du PET opaque.

La « modernisation des centres de tri » rime avec « robotisation ». Les professionnels espèrent créer une filière reconnue de robots de tri intelligents. Ils souhaitent aussi accroître leur présence sur les marchés internationaux. Dans cette perspective, une promotion de PME va être accompagnée via l’accélérateur de la BPI, ainsi que via Stratexio pour créer un vrai leadership de la filière « transformation et valorisation des déchets ». Enfin, la filière compte accompagner les travailleurs dans la mutation profonde des métiers et des besoins en compétences accrues, notamment dans le numérique. Le comité stratégique de filière créé par la signature du contrat est présidé par Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez.

3 bonnes raisons de participer au Challenge Industrie du Futur

A l’initiative des leaders mondiaux ArianeGroup, SKF et Atos, et en partenariat avec Techniques de l’Ingénieur, le Challenge Industrie du Futur encourage et récompense les startups qui innovent dans le monde de l’industrie.

« Participer à ce Challenge, c’est avoir une chance de transformer vos idées innovantes en projets concrets, avec l’aide de trois entreprises internationales et industrielles », explique Steve Péguet, directeur innovation chez Atos.

Les 12 startups finalistes sélectionnées bénéficieront de 3 mois de mentoring avec des spécialistes issus des entreprises partenaires, et présenteront leur projet face à des industriels lors de la finale du 6 juin, au Campus de l’Espace.

Le Challenge est une occasion unique d’améliorer la visibilité des startups et de lier des contacts avec des entreprises reconnues, tout en développant leur projet avec des experts du secteur.

Cinq prix seront décernés selon des thématiques précises -matériaux et procédés du futur ; cybersécurité et data sciences ; usine connectée, humain au centre de l’usine et écologie dans l’industrie- avec des récompenses allant de 3 000 à 6 000€ pour le Grand Prix 4.0.

Vous êtes une startup intéressée par le monde de l’industrie ? Déposez vite votre candidature au Challenge Industrie du futur jusqu’au 15 février.

Bangkok rêve de chasser la pollution grâce à des pluies artificielles

À Bangkok, la pollution atmosphérique atteint des records, et la pluie ne tombe pas. Alors plutôt que de l’invoquer indéfiniment, les autorités de la capitale thaïlandaise ont décidé de la faire venir de force. Pour ce faire, Bangkok a eu recours à la technique de l’ensemencement des nuages, qui consiste à injecter des produits chimiques dans les nuages. Ces substances larguées par avion favorisent et accélèrent la création de la glace dans les nuages, ce qui devrait avoir pour conséquence d’accroître le volume des précipitations. Laver l’air comme on laverait ses vitres, la solution semble simple et alléchante en théorie. Mais en pratique, les faits sont tout autres.

Bangkok suffoque sous les particules fines

Il devenait urgent pour les autorités d’intervenir pour endiguer une pollution aux particules fines qui atteint des niveaux records. La concentration de particules PM2,5 dans l’air atteint par endroits 120 microgrammes par mètre cube, soit quatre fois plus que les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour se protéger bon gré mal gré de ces particules PM2,5 particulièrement nocives car assez fines pour aller se fixer dans les poumons, les habitants de Bangkok portent des masques anti-pollution dont l’efficacité n’est pas toujours avérée. Face à cette situation critique, le département Thailand Agricultural Aviation a décidé d’envoyer des avions répandre des sels hygroscopiques à base d’iodure d’argent dans les nuages.

Les précipitations ainsi provoquées agissent comme une lessive sur l’atmosphère, en le débarrassant de ses particules fines. « Une fois les particules récupérées par les gouttes tombées, elles restent théoriquement collées au sol, qui est humide. Cela permet donc de dégager l’air », explique François Bouttier, expert en modélisation au Centre national de recherches météorologiques, à La Croix. Mais cette mesure n’emporte pas l’adhésion de tous, en laissant certains perplexes, comme le chercheur Olivier Boucher, spécialiste des questions climatiques à l’Institut Pierre-Simon-Laplace. Ce dernier affirme que « les pluies artificielles peuvent être utiles, si elles fonctionnent », avec un brin de perplexité.

Les pluies artificielles partiellement inefficaces

Ce manque d’enthousiasme vient du fait que la pluie artificielle n’est qu’une solution à court terme et extrêmement localisée. La pluie ne tombe que là où les produits ont été vaporisés, créant ainsi des disparités de traitement entre les différents quartiers touchés par la pollution. De plus, rien n’indique assurément que les précipitations ainsi provoquées soient réellement efficaces.  « On sait qu’il est possible de déclencher la pluie en laboratoire, dans des conditions très contrôlées. Toutefois, personne n’est encore sûr que cela marche vraiment dans la nature, notamment parce qu’on ne connaît pas exactement toutes les caractéristiques des nuages », indique François Bouttier.

Autre point qui permet de remettre en question l’efficacité de ces pluies artificielles : elles ne traitent pas le problème à sa source. En effet, le problème de la pollution à Bangkok n’est pas directement lié au manque de précipitations. L’explosion du nombre de véhicules motorisés dans la ville est beaucoup plus à mettre en cause. Bangkok est l’une des métropoles du monde où la circulation est la plus dense. Elle compte 9,8 millions de voitures, dont 2,5 millions à moteur diesel, pour 12 millions d’habitants. Le réseau de transports en commun y est également peu accessible car aussi cher que les taxis. Il se peut donc que les mesures les plus urgentes à mettre en place dans la capitale thaïlandaise ne se trouvent pas dans les airs, mais bien sur terre.

BTP : un instrument qui affiche les cotes dans les trois dimensions

Répandu sur tous les chantiers de construction, le traditionnel mètre à ruban semble voué à péricliter. Aperçu à plusieurs reprises sur divers salons l’an dernier et désormais disponible à la vente (4 000 € HT), l’instrument BLK3D du suisse Leica Geosystems utilise la photogrammétrie pour indiquer les cotes des arêtes repérées dans une image et délimitant un objet (encadrement de porte ou de fenêtre…) ou marquant la séparation de cloisons. Cette technique de mesure emploie des algorithmes qui détectent les contrastes dans une image numérique puis déterminent les intersections, les droites et les plans.

Si le principe n’est pas neuf, il tend à se démocratiser au sein d’appareils portables qui se présentent aujourd’hui comme des gros smartphones, ce dont témoigne le BLK3D avec son poids de 480 grammes et son épaisseur de 27 millimètres. Et l’analogie ne s’arrête pas là puisque cet imageur 3D, ainsi qu’il est défini par son fabricant, embarque aussi un système d’exploitation Android, le Bluetooth, le Wifi et le GPS. « Notre philosophie est de concevoir des appareils simples et miniaturisés, qui soient accessibles à tout le monde » explique Alexis Picot, responsable du produit chez Leica Geosystems.

Deux appareils photo pour une vision 3D

Cette approche, visant à proposer des outils à l’usage familier et au contact des technologies du numérique, se développe un peu partout en vérité. Par exemple, Stanley a lancé il y a quelques années un télémètre laser se fixant au dos d’un smartphone et permettant aussi de mesurer des dimensions – hauteurs et largeurs – au sein d’une image numérique. Le BLK3D, autonome quant à lui, se différencie toutefois par sa capacité à mesurer les profondeurs, d’où le suffixe 3D.

Ses deux capteurs photo, possédant 10 millions de pixels chacun, réalisent en effet une prise de vue stéréoscopique, que des algorithmes traitent ensuite pour distinguer les arêtes dans toutes les directions et établir des mesures à la demande. La portée s’élève à 20 mètres et la précision serait de +/- 3 mm, pour les dimensions dans les plans de face, et de +/- 6 mm, pour les dimensions dans la profondeur. Le BLK3D est également équipé d’un télémètre laser, afin de mesurer les distances. Les images 3D peuvent être converties au format PDF ou Jpeg puis transmises via Bluetooth, Wifi ou USB. L’application optionnelle Sketch&Document ajoute la création de plans de sol, avec insertion des images 3D, et l’export au format DXF/DWG, reconnus par les logiciels de CAO/DAO et BIM.

Leica Geosystems cible de nombreux métiers du bâtiment – architectes, peintres, poseurs de fenêtres, etc. – qui recherchent un moyen pratique d’accélérer les tâches du quotidien (relevés pour devis…) ou de vérifier l’avancement et la conformité des travaux sur un ouvrage. Les paysagistes et la police scientifique pourraient aussi être intéressés.

Une nouvelle campagne de contrôle de REACH

Le Forum d’échange d’informations sur les substances (FEIS) a pour but de faciliter l’échange d’informations sur les substances enregistrées. Dès juin 2017, il a donc programmé cette nouvelle campagne de contrôle (au joli nom de REF-7, REACH-EN-FORCE-7) pour début 2019. Les inspecteurs, en coopération avec les autorités douanières vont donc opérer des contrôles tout au long de l’année pour vérifier le respect des obligations d’enregistrement des produits chimiques par les importateurs et les fabricants.

L’ultime campagne d’enregistrement de REACH s’est achevée fin mai 2018. Contrairement aux campagnes d’enregistrement de 2010 et de 2013 qui concernaient des tonnages plus importants – et donc essentiellement des industriels importants du secteur de la chimie – plusieurs petites entreprises étaient concernées, bien qu’elles n’en soient pas toujours conscientes. Les contrôles à venir pourraient donc mener à de mauvaises surprises. En août 2018, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (Bfr) estimait que seuls 31 % des produits chimiques fabriqués ou importés en Europe étaient conformes à REACH. 32 % n’étaient pas conformes et 37 % nécessitaient des investigations plus approfondies.

Au cours de cette campagne de contrôle, l’accent sera mis sur le contrôle des substances importées et fabriquées en quantité de 1 à 100 tonnes par an. Les inspections comprendront également une vérification de certaines parties du dossier d’enregistrement et d’autres obligations liées à l’enregistrement. Par exemple, les inspecteurs vérifieront si les sociétés se conforment à l’obligation de mettre à jour leur dossier d’enregistrement. Un bilan de ces vérifications minutieuses sera publié fin 2020. Il devrait apporter des éléments concrets pour juger de la crédibilité et de l’efficacité du règlement REACH.

L’ONU dotera les projets verts de 100 milliards de dollars d’ici 2025

Bonne nouvelle venue d’outre-Atlantique pour les projets liés au développement durable en ce mois de janvier ! L’ONU Environnement, programme des Nations Unies, a annoncé que le budget qui sera accordé d’ici 2025 aux initiatives vertes serait multiplié par dix. Selon le sous-secrétaire général et chef du bureau de l’ONU Environnement, Satya Tripathi, l’organisation sera capable de mobiliser 100 milliards de dollars pour les projets de développement durable, alors qu’elle annonçait pouvoir n’en mobiliser que dix en 2017.

Les 10 milliards de dollars initialement annoncés se seraient en effet très vite avérés insuffisants. « Il y a un an, nous tablions sur 10 milliards de dollars d’ici à 2025. Mais en un an, nous avons déjà eu un projet de 350 millions de dollars en Indonésie, un projet de 2,3 milliards de dollars en Inde… Nous sommes quasiment à trois milliards » indique Satya Tripathi selon France Info. Cette allégation est encourageante pour la question de la préservation de l’environnement car force est de constater que les pays émergents s’engagent sur la voie du développement durable.

L’essentiel renfort des fonds privés

L’annonce de Satya Tripathi ne manque pas de rappeler que rien ne se fera sans le renfort de fonds privés. La bonne poursuite des projets verts dans les pays émergents ne pourra se faire dans les prochaines années que si les financiers répondent présents. « Si les bons partenariats sont mis en place, si les bons acteurs sont trouvés et aidés, je pense que nous pourrons arriver à 100 milliards de financements privés pour le bien de tous » explique le chef du bureau ONU Environnement. C’est une façon, en filigrane, de rappeler le rôle essentiel que devront jouer les fonds privés dans le défi du développement durable dans les pays émergents durant les prochaines années.

Ainsi, l’ONU Environnement invite les financiers à investir dans des projets d’intérêt public, voire mondial. « Le plus souvent, on voit des financements privés pour des profits privés, continue Satya Tripathi. Nous construisons un modèle où les financements privés génèrent, bien sûr, des profits, mais aussi un bénéfice pour la communauté et pour la planète ». Le chef de l’ONU Environnement rappelle ainsi que les fonds publics venus des États ne pourront jamais suffire pour le développement de ces projets car « le PIB mondial est généré à 30% par le secteur public et à 70% par le secteur privé ».

La voie a notamment été ouverte par BNP Paribas qui, lors du One Planet Summit, avait annoncé apporter des capitaux privés pour assurer le développement de projets en faveur de l’environnement dans les pays émergents. Par le biais de ce partenariat, la banque française ambitionne d’aider des petits exploitants notamment à se convertir à l’agriculture responsable. Les fonds permettront également de développer l’accès à l’agrosylviculture, à l’eau et aux énergies renouvelables.

Énergie éolienne : identifier les contraintes et influences pour optimiser le rendement

Identifier les contraintes de fonctionnement de l’éolienne

Contraintes météorologiques :

Le fonctionnement de l’éolienne doit être le moins possible perturbé par des phénomènes météorologiques tels que la neige, le givre, la tempête de sable, les orages, la grêle, etc.

Contraintes aérologiques :

Pour que le projet soit économiquement rentable, une éolienne nécessite un vent fort et régulier. La vitesse du vent doit être comprise en général entre 4 et 25 m/s.

Contraintes physiques :

La composition de l’atmosphère, influencée par la pollution, la brume, le brouillard et, d’une façon générale, tout ce qui peut faire varier la densité de l’air, affecte le rendement de l’éolienne.

Contraintes liées à la corrosion due à la concentration de sel ou de sable :

Les problèmes de corrosion sont bien connus de tous ceux qui vivent à proximité de la mer ou dans les zones sableuses. Sans maintenance, les performances de l’installation sont rapidement réduites.

Traditionnellement, le contenu du sel a été surveillé en utilisant des échantillonneurs à volume élevé suivis d’une analyse chimique des échantillons recueillis. Cependant, cette méthode n’est pas très utile pour une éolienne. Le ballon captif peut, cependant, être utilisé pour estimer le contenu du sable ou du sel à la hauteur de la nacelle dans les sites potentiels.

Les profils verticaux de concentration de teneur en sels ou particules de sable peuvent être mesurés de manière simple à l’aide d’une pompe et d’un sac d’échantillonnage comme indiqué sur la figure 1, le déclenchement de la minuterie étant réglé pour que l’échantillonnage s’effectue après le temps de vol jusqu’au niveau d’échantillonnage. À la fin du vol, les sacs sont récupérés et fermés hermétiquement aussi rapidement que possible ; l’analyse est ensuite effectuée au laboratoire. Pour convertir la concentration d’air des composés souhaités, il faut noter la durée et le débit de pompage et connaître le nombre de mètres cubes d’air que la pompe a prélevé.

Les influences locales sur le vent

Le terrain :

Pour optimiser le rendement d’une installation éolienne, le concepteur doit faire un choix de sites adéquats en fonction de l’influence locale sur le vent.

La topographie :

Au passage des obstacles topographiques, l’écoulement de l’air subit des modifications qui peuvent engendrer des augmentations de la vitesse du vent au sommet des collines.

Changement de rugosité :

À des altitudes élevées, à environ un kilomètre au-dessus du sol, l’influence de la surface de la terre sur l’écoulement du vent est pratiquement nulle. Par contre, dans les couches d’air plus basses, la friction contre la surface de terrain influe beaucoup sur la vitesse du vent. Dans le cas du gisement éolien, il faut distinguer l’effet de la rugosité du terrain et l’influence exercée par les obstacles avoisinants et les contours du paysage.

Obstacles : Lorsqu’un obstacle ou bâtiment isolé se dresse sur un site dégagé, l’écoulement du vent est très fortement perturbé dans le sens de l’écoulement et autour du bâtiment ou obstacle. Si h est la hauteur du bâtiment et d la dimension de la façade latérale perpendiculaire à la direction du vent, l’écoulement engendre une zone de sillage dont l’extension dans le sens de l’écoulement est de l’ordre de 20 heures, et latéralement d’environ 4 à 5 d.

Evaluation de site retenu

Pour optimiser son implantation sur un terrain, le choix des emplacements (micrositing) doit donc être effectué en fonction de caractéristiques locales du vent, et tenir compte des particularités suivantes :

  • Le rapport maximal entre la hauteur d’une irrégularité et sa longueur ne doit pas dépasser 1/50 dans un rayon de 4 km en aval de l’éolienne, ce qui favorise les collines à faible pente.
  • Le point le plus bas du rotor doit être au moins trois fois plus haut que la plus haute irrégularité sur le terrain dans un rayon de 4 km en aval de l’éolienne.
  • Dans le cas d’un obstaclenaturel, comme une rangée d’arbres, ou d’obstacles érigés par l’homme, comme des immeubles, l’écoulement est perturbé sur une distance en aval correspondant à une vingtaine de fois la hauteur de l’obstacle. Dans cette zone, le vent est fortement fluctuant, tant en amplitude qu’en direction. Dans tous les cas, il faut placer l’éolienne à l’extérieur de la zone d’influence des obstacles.
  • Comme l’éolienne doit être orientée vers les vents dominants, la direction du vent doit être prise en compte et pas seulement sa vitesse.

Certains édifices sableux peuvent aussi servir d’indicateur de vent. En effet, les formations dunaires sont classées selon le régime du vent et la couverture sableuse :

  • sous un régime de vent bidimensionnel se forment des dunes linéaires, longitudinales ou transverses aux vents si le sol est bien recouvert de sable ;
  • sous un régime de vent multidimensionnel se forment des dunes en étoiles ;
  • sous un régime de vent unidimensionnel se forment des dunes en forme de croissant : les barkhanes

Conclusion

Pour favoriser le bon rendement d’une éolienne le choix du site d’implantation est primordial. Ce site doit avoir, de préférence, une vue aussi dégagée que possible dans la direction des vents dominants. Il faut qu’il y ait aussi peu d’obstacles et une rugosité aussi faible que possible dans cette direction. Avec une colline en pente douce, il est même possible d’obtenir un effet accélérateur.

Exclusif ! L’article complet dans les ressources documentaires en accès libre jusqu’au 28 février !

Énergie éolienne terrestre, un article de Nacer MESSEN et Nachida KASBADJI MERZOUK

Mobilité électrique : une décennie décisive

1,2 million de voitures particulières électriques circuleront en France en 2023, puis 4,8 millions en 2028. C’est en tout cas ce qui est prévu par la PPE.

Pour soutenir cette ambition, le gouvernement prévoit notamment une prime à la conversion qui toucherait 1 million de bénéficiaires. Enfin, le développement du réseau de bornes de recharge est prévu.

En effet, en mai 2018, l’Etat et la filière automobile ont signé un contrat stratégique de filière, qui court jusqu’en 2022 et s’engage sur l’installation de 100 000 bornes de recharge sur le territoire (contre 23 000 aujourd’hui), ainsi que sur la multiplication par 5 des ventes de véhicules électriques, également d’ici 2022.

Prévoir la fin des véhicules thermiques

La PPE, en actant la fin de la vente de véhicules thermiques neufs pour 2040, suit les prévisions faites par différents cabinets d’études, s’accordant sur un parc automobile électrique d’environ 50% en 2030 au niveau mondial.

L’enjeu est bien évidemment de savoir si la France va se placer dans la compétition industrielle internationale qui fait déjà rage au niveau mondial, principalement autour des batteries.

Certains analystes voient déjà notre pays exclu de la course aux batteries. L’Asie a pris de l’avance, les Etats-Unis aussi. En Europe, l’Allemagne investit beaucoup dans deux grands projets d’usines de fabrication de batteries, ainsi que la Suède, notamment grâce au plan Junker.

Côté français, la société Saft, rachetée par Total en 2016, est engagée avec des partenaires européens dans un projet de construction d’une usine de production de batteries (1GWh, à comparer avec les projets allemands – 34 GWh – et suédois – 32 GWh).

La Giga factory de Tesla affiche la volonté de franchir les 50 GWh en 2020.

La Giga bataille des batteries

L’innovation technologique en termes de batterie électrique pour l’automobile ne fait que commencer. Aujourd’hui, le prix de ces batteries et le fait qu’elles contiennent des matériaux de plus en plus rares et/ou chers (cobalt, lithium entre autres) pénalisent encore trop lourdement le prix d’achat des véhicules équipés sur le marché. Ceci oblige à innover, maintenant.

La aussi, la France peut avoir un rôle à jouer. Prenons l’exemple de la startup Tiamat. Pour se passer du cobalt dont le prix d’achat est très élevé, Tiamat développe une technologie Na-ion, au sodium, qui s’affranchit du lithium et du cobalt. Cette technologie pourrait trouver des débouchés pour la mobilité électrique, mais aussi pour le stockage stationnaire.

A côté de la mobilité électrique, la mobilité hydrogène tente de se faire une place. Si la PPE ne la mentionne pas spécifiquement, les éléments du plan Hulot sont repris, avec l’ambition de faire circuler une flotte de 5 000 véhicules à hydrogène disposant pour se recharger d’une centaine de stations, le tout en 2023. Des investissements à hauteur de 100 millions d’euros serviront ces ambitions dès 2019.

Aujourd’hui le véhicule à hydrogène, s’il est compétitif en termes d’autonomie et de temps de charge, ne l’est pas du tout au niveau du prix d’achat. Ceci est dû – entre autres – à l’usage de platine, un matériau extrêmement cher, pour fabriquer la pile à combustible, élément de base de la voiture à hydrogène. Là aussi, l’innovation fera baisser les prix dans les 10 ans qui viennent. A quelle rythme ? On ne sait pas. Mais l’hydrogène permet une multitude d’usages et c’est sans aucun doute son meilleur atout.

On saura dans les prochaines années si la PPE a mis la France sur une trajectoire suffisamment ambitieuse, pour que la croissance de la mobilité électrique en France draine un tissu industriel compétitif dans son sillage.

Sortir du charbon : le pari de 2022

Le charbon fait partie du secteur du thermique à flammes, avec le fioul et le gaz. Ce secteur participe (chiffres de 2017) pour 10,3% de la consommation électrique française. Le charbon, pris seul, participe à hauteur de 2%.

La PPE a acté la fermeture des 4 dernières centrales françaises à charbon en 2022. Le sujet est important : ces centrales ne sont qu’un approvisionnement d’appoint dans le mix électrique, mais jouent un rôle de complément indispensable notamment lors des pics de demande. Il est à l’heure actuelle strictement impossible de s’en passer.

Leur statut d’énergie fossile et les rejets importants de gaz à effet de serre liés à leur combustion exigent cependant un scénario de remplacement, une des clés de voûte de la baisse des émissions de GES.

RTE propose un scénario de sortie

Selon le gestionnaire du réseau (RTE), les conditions pour la fermeture des dernières centrales à charbon pourraient être réunies dès 2020.

Quelles sont ces conditions ? D’abord,  il faut intégrer à l’équation la fermeture des réacteurs de Fessenheim, en plus de celle des centrales à charbon. Partant de là, il faut impérativement, selon RTE :

  • développer fortement les énergies renouvelables ;
  • mettre en service l’EPR de Flamanville ;
  • mettre en service la centrale au gaz de Landivisiau ;
  • mettre en service trois interconnexions (une avec l’Italie, deux avec la Grande-Bretagne).

A ces conditions – et seulement à ces conditions – on pourrait imaginer une fermeture progressive des 4 centrales à charbon restantes, en prenant garde à ne fermer « aucun autre mode de production », précise RTE.

En effet, les 4 centrales concernées présentent chacune des problématiques propres. RTE souligne que dans les secteurs Sud et Bretagne, il n’existe pas de « risques spécifiques » liés à la fermeture des centrales qui y sont implantées. Pour les autres, la mise en place de lignes à haute tension et d’interconnexions est la prochaine étape.

Ce n’est donc pas simple. François de Rugy l’a bien compris, en annonçant devant des syndicats début janvier que la date de 2022 pour la fermeture de la centrale à charbon de Cordemais « pourrait être ajustable en fonction des besoins du réseau ».

La bonne nouvelle pourrait venir – toujours selon RTE – d’une marge de sécurité plus grande sur le réseau électrique à partir de 2020, le temps d’encaisser la fermeture déjà actée d’unités au fioul. Après l’hiver 2020, cette marge de sécurité pourrait faciliter la fermeture des dernières centrales à charbon.

Si la France réussit, d’une façon ou d’une autre, à sortir du charbon en 2022, elle mettra fin à un mariage forcé qui aura duré quatre décennies.

Le nucléaire restera le pilier du mix électrique français

L’avenir du nucléaire français, à travers la lecture de la PPE, permet de dessiner une trajectoire claire : la part du nucléaire dans le mix électrique français va baisser pour atteindre 50 % en 2035, selon les objectifs annoncés par la PPE. 14 réacteurs vont fermer,  à commencer par ceux de Fessenheim, puis deux autres en 2027/2028.

Mais la fermeture de réacteurs ne s’accompagnera pas de celle des centrales à proprement parler. François De Rugy l’a confirmé, ceci « pour ne pas déstabiliser les territoires et permettre la construction de nouveaux réacteurs lorsqu’ils seraient décidés ».

A côté de ça, la décision concernant la construction de ces nouveaux EPR est reportée à 2020 ou 2021, « pour en faire un enjeu électoral », indique François De Rugy.

La décennie qui s’annonce pour la filière nucléaire relève d’un double enjeu : poursuivre les objectifs de réduction de la consommation d’énergies fossiles via le nucléaire notamment, tout en maintenant l’outil de production et en n’excluant pas la construction de nouveaux réacteurs si nécessaire.

L’augmentation de la consommation électrique, clé de voute de la stratégie française

Un choix stratégique également dicté par la prévision d’une consommation électrique en légère augmentation sur la période 2018/2028, scénario qui remet le nucléaire au centre du mix français.

Le choix retenu dans la PPE de miser sur une légère augmentation de la consommation d’électricité suit les recommandations émises par EDF. RTE, lui, a défendu le choix d’une prévision à baisse de la consommation électrique, sans succès.

Après, chacun est dans son rôle : les promoteurs des énergies renouvelables regrettent ce choix, arguant que le développement massif du solaire/éolien et de technologies de stockage permettraient de réduire la consommation d’électricité globale en la pilotant plus intelligemment, tout en intégrant de plus en plus ces énergies renouvelables dans le réseau.

Les promoteurs du nucléaire, de leur côté, trouvent que les choix de la PPE sont cohérents et permettront d’appréhender au mieux une augmentation des besoins électriques. Besoins que seule l’énergie nucléaire – pour le moment – permet de gérer dans le temps avec l’infrastructure existante.

La France est le seul pays au monde à miser sur l’énergie nucléaire sur du moyen/long terme

Deux visions, et une réalité : Depuis 10 ans, la consommation électrique par habitant baisse légèrement en France. Mais ce chiffre n’est qu’une donnée dans une équation beaucoup plus large. Et il doit être analysé au filtre de la crise économique de la fin des années 2000.

Au sortir de la PPE, la France acte la réduction de sa dépendance au nucléaire, tout en réaffirmant cette filière comme le pilier du mix électrique français, jusqu’en 2028.

François de Rugy, en évoquant la volonté de « bâtir un nouveau modèle énergétique français », en mettant en avant deux grands mantras – la lutte contre les changements climatiques, en baissant la consommation d’énergie fossile, et la réduction de la « dépendance au nucléaire, pour que la France ne passe pas à côté des renouvelables » – estime avoir trouvé le bon équilibre.

 Il n’est pas certain aujourd’hui que son avis soit partagé du côté de la filière nucléaire comme du côté des filières renouvelables.

Dans la décennie à venir l’industrie nucléaire va devoir jongler habilement entre des problématiques de compétitivité, de sûreté, de coût, en France et à l’international. Mais la filière va en plus s’atteler concrètement au démantèlement des premiers réacteurs appelés fermer. Beaucoup de challenges très compliqués.

Il est enfin intéressant de noter que la stratégie française plaçant le nucléaire au centre de son mix électrique n’a aucun équivalent dans le monde à l’heure actuelle. Un risque ou une opportunité ?

Energies renouvelables : Et en même temps…

Certains verront le verre d’eau à moitié plein, d’autres à moitié vide.

En maintenant l’objectif de réduire de 71,6% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en France entre 2017 et 2035, la PPE a acté une montée en puissance du développement des énergies renouvelables pour les dix prochaines années.

« Nous faisons le choix de développer des technologies fiables, éprouvées et compétitives, comme l’éolien terrestre et posé en mer, et le solaire photovoltaïque, qui ont des coûts de plus en plus proches des prix de marché », a confirmé François de Rugy.

Les objectifs affichés sont :

  • des investissements en augmentation (passage de 5 milliards d’euros cette année à 8 milliards dès 2019) ;
  • des simplifications réglementaires dans l’éolien ;
  • une hausse de l’éolien terrestre, de 11GW en 2017 à 24,6GW en 2023 puis 35GW en 2028 ;
  • le solaire – 7GW aujourd’hui – en augmentation à plus de 20GW en 2023 pour dépasser les 40GW en 2028 ;
  • l’éolien offshore – absent pour le moment en France – programmé à 2,4GW en 2023 et à 5GW en 2028.

L’objectif global affiché est de passer de 17% d’électricité renouvelable en 2017 (48,6GW installés) à 40% en 2030 (105GW installés).

Miser sur les atouts existants

Comme annoncé, on assiste à un resserrage des efforts autour des technologies renouvelables matures pour atteindre ces objectifs. Le secteur de l’hydrolien fait partie des grands perdants de cette décision : la France possède pourtant les potentiels géographique et industriel qui pourraient en faire un acteur compétitif sur ce marché spécifique.

 Le hic est que du côté des « gagnants » – les filières solaire et éolienne – le verre d’eau n’est pas si plein. Si les objectifs de la PPE sur ces énergies constituent une feuille de route solide et qu’on pourrait qualifier de relativement ambitieuse, on est loin de se diriger vers l’exploitation de la capacité totale française, estimée à 54% de renouvelables dans le mix total en 2030. Comme dit plus haut, la PPE ambitionne 40%. Certains voient ainsi la PPE comme un plafond de verre. C’est le verre à moitié vide.

 Mais il y a plus inquiétant. La plus mauvaise nouvelle pour le secteur renouvelable dans ce PPE se trouve peut-être du côté… de l’atome. En effet, le choix de ne fermer aucun site nucléaire afin de «  ne pas déstabiliser les territoires et permettre la construction de nouveaux réacteurs lorsqu’ils seraient décidés », dixit François de Rugy, n’augure rien de bon pour le secteur des renouvelables à moyen terme.

Le plafond de verre ?

En effet, une montée en puissance massive des énergies renouvelables dans le mix électrique doit s’accompagner de l’intégration dans le réseau électrique d’outils de flexibilité, de stockage, de smart grids… Le PPE ne prévoit pas d’investissements massifs à ce niveau, plafonnant de fait les ambitions potentielles de tout le secteur.

C’est le paradoxe français. Beaucoup de pays européens s’inscrivent aujourd’hui dans une trajectoire 100% renouvelable sur le moyen/long terme. C’est cette ambition qui guide leur transition énergétique.

En France, la situation est différente, parce que l’énergie nucléaire constitue l’ « ingrédient » de base de notre mix électrique : c’est lui qui a permis à la France d’être quasi autonome dans sa production électrique et d’être compétitif sur le prix de vente de son électricité depuis plusieurs décennies.

C’est toujours vrai aujourd’hui, mais moins qu’hier. Et sûrement beaucoup moins que demain.

Ce qui est vrai également, c’est que l’industrie nucléaire est un fleuron français, qui croit en sa capacité à innover pour retrouver de la compétitivité, en France et dans le monde, au-delà d’une image impossible à rénover.

Impossible pour la France de miser en même temps sur le nucléaire et les renouvelables et de gagner des deux côtés, la compétition est trop dure.

Si on sait aujourd’hui que la France ne gagnera pas la bataille des renouvelables d’ici 2028, il sera très important de ne pas trop la perdre. C’est aussi le sens de la PPE pour les 10 ans à venir.

Un MOF piège deux gaz polluants simultanément

« Matériaux cages », « nanofilets », « éponges chimiques », autant d’appellations imagées qui désignent les matériaux micro et nanoporeux découverts ces dernières années. Leurs propriétés en font des matériaux convoités pour des processus de séparations sélectives ou d’absorption spécifiques particulièrement utiles dans les secteurs de l’énergie, de l’environnement ou de la santé. Si les chercheurs ont beaucoup travaillé sur les zéolithes, les oxydes de type alumino-silicates, les nanotubes de carbone et les polymères poreux, voici venu le temps des MOFs, abréviation anglophone pour « metal organic framework ». Comme les autres, ils présentent des cavités de taille nanométrique correspondant à des molécules courantes de bases comme l’eau, le dioxygène, le méthane, le dioxyde de carbone etc. Et la nouvelle famille créée par les scientifiques de l’université KAUST d’Arabie saoudite et de l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/ENSCM) permet d’envisager des économies notables dans le traitement et la récupération du méthane.

Tout faire en une seule étape

La purification du méthane lors de la captation du gaz naturel, du biogaz ou des gaz résiduels de raffinage nécessite des procédés complexes et coûteux. Il s’agit notamment d’en retirer des contaminants comme le sulfure d’hydrogène (H2S) et le dioxyde de carbone (CO²). Grâce à l’identification d’un nouveau MOF (AlFFIVE-1-Ni), cette équipe de scientifiques propose d’absorber, en une seule étape, simultanément, le H2S et le CO² dans un milieu riche en méthane. Leurs travaux ont été publiés dans Nature Energy fin octobre 2018. Les résultats montrent qu’il est possible d’extraire ces deux composés simultanément pour une grande gamme de concentrations différentes et pour des compositions de gaz très diverses. Ce qui est novateur dans cette recherche, c’est d’avoir réussi à concevoir un matériau qui adsorbe les deux molécules, en même temps et sans préférence pour l’une ou l’autre. En effet, généralement, les matériaux présentent des affinités chimiques distinctes pour H2S et CO², et H2S est plus favorablement adsorbé.

Les chercheurs ont aussi essayé de comprendre les mécanismes gouvernant cette double adsorption : ils pensent que l’une des explications réside dans le fait que les pores de ce matériau sont suffisamment petits pour assurer un confinement important des molécules adsorbées.

Cette découverte ouvre la voie à d’autres recherches pour simplifier les procédés d’extraction des gaz acides.

Trophées de l’innovation Big Data Paris : le compte à rebours est commencé !

Remis dans le cadre de l’événement « Bigdata » (11 et 12 mars 2019 à Paris), ces trophées de l’innovation mettent à l’honneur les projets Big Data innovants sur les aspects technologiques, comme sur les modèles économiques.

Les critères de sélection comprennent également la nature Big Data du projet, la valorisation de la donnée, les nouveaux usages métiers.

Deux grandes catégories sont proposées : startup et PME – grande entreprise. Deux finalistes issus de ces deux groupes, donc 2 concurrents pour chaque trophée, s’affronteront lors de « battles » devent le public qui, par vote électronique, choisira les lauréats.

Pour en savoir plus et candidater : https://www.bigdataparis.com/2019/les-trophees/

Challenge Industrie du futur : à quoi sert le mentoring proposé aux finalistes ?

Lancée fin 2018, la deuxième édition du Challenge Industrie du futur invite les startups qui innovent dans le monde de l’usine et de l’industrie à déposer leur candidature. Les douze entreprises sélectionnées seront accompagnées pendant trois mois par un mentor afin d’affiner leur projet et de l’adapter aux attentes des entreprises partenaires. François Niarfeix, Product development Manager à SKF, était lui-même mentor lors de la première édition. Il évoque son travail avec les startups ainsi que les bénéfices que peuvent en tirer les jeunes entreprises, tant lors de la course pour la finale que pour leur avenir.

A quoi sert le mentor ?

De manière générale, les fondateurs de jeunes entreprises sont brillants et réfléchis. Le rôle du mentor demeure donc aussi discret qu’indispensable. Il réalise le grand écart entre les startups et les grandes entreprises, c’est-à-dire qu’il fait le lien entre ce que proposent les jeunes entreprises et la réalité industrielle. Les startups ont souvent une vision théorique et parcellaire du monde de l’industrie, surtout si elles sont jeunes.  Avec son expérience et son réseau, le mentor les aide à trouver des solutions qui peuvent intéresser les grands groupes, tout en palliant les différences de vocabulaire et de réactivité qui existent entre les deux secteurs. Sa deuxième mission consiste à préparer les startups au pitch sur lequel elles seront jugées lors de la finale.

Comment sont sélectionnés les mentors ?

L’année dernière, nous avions choisi au sein de nos équipes des conseillers en fonction de leurs connaissances techniques, leur expérience et leur bienveillance. Les startups liées à l’informatique étaient encadrées par Atos, tandis que les membres de SKF prenaient en charge celles en lien avec l’industrie.

Pour cette édition, nous avons constitué à l’avance une liste des mentors potentiels et nous avons communiqué sur le mentorship. L’année passée, les personnes que nous aurions voulues comme mentor n’ont pas forcément accepté donc certains conseillers se sont retrouvés avec plusieurs startups à accompagner. Je devais moi-même m’occuper d’Energiency, une entreprise qui propose un logiciel d’analyse de la performance énergétique, puis deux autres startups se sont greffées faute de volontaire. L’idéal serait bien sûr que chaque mentor se concentre sur un seul projet.

Le mentorship des entreprises internationales est-il possible ?

Si les membres de la startup ne peuvent pas se déplacer en France, l’accompagnement se fera par Skype ou téléphone. C’est un petit désavantage car certains critères importants lors d’un pitch ne seront pas perceptibles comme le regard, le langage corporel ou la tenue vestimentaire. Néanmoins, le mentorship demeure réalisable.

Comment s’est déroulé l’accompagnement d’Energiency lors de la première édition ?

J’ai divisé l’accompagnement en deux étapes. D’abord, j’ai rencontré les membres d’Energiency avec des personnes de mon réseau susceptibles d’être intéressées par ce qu’ils proposaient. Nous avons réfléchi ensemble aux solutions que la jeune entreprise pouvait proposer à SKF. C’est la partie la plus compliquée car il faut trouver un angle d’attaque pour démontrer comment la startup se révélerait utile aux grandes entreprises. Lors de la deuxième phase, nous avons essentiellement préparé la finale et travaillé le pitch avec Arnaud Legrand, le fondateur et directeur d’Energiency, à travers des entretiens téléphoniques. Notre travail a été récompensé car l’entreprise a reçu le prix Industrie 4.0.

Quels sont les critères pour un bon pitch ?

Un bon pitch doit permettre à l’auditoire de se projeter avec la startup. Ce n’est pas une simple présentation de l’entreprise, mais le début d’une réunion de travail que les receveurs potentiels auront envie de poursuivre. Le moment du pitch ressemble à une pièce de théâtre, il doit être marquant et donner envie de continuer l’histoire racontée. Ce genre d’exercice se révèle assez injuste car la forme compte autant que le fond. Une bonne présentation est donc indispensable. Par sa connaissance du milieu, le mentor aide alors les startups à orienter leur discours et surtout à l’adapter en fonction du public.

Que deviennent les startups après le Challenge ?

La particularité du Challenge Industrie du futur consiste à prolonger l’expérience après la finale. Energiency continue de travailler avec SKF et met en place un monitoring énergétique dans le cadre d’un contrat d’un an. Ils profitent également de notre réseau pour se faire connaître et trouver de nouveaux partenariats. En tant que mentors, on ne les abandonne pas une fois la finale passée et beaucoup sont restés en contact

Un conseil aux startups qui déposent leur candidature ?

Soyez significatifs et complets. Avant de penser au mentorship, votre candidature doit être acceptée. L’année dernière, de nombreux dossiers étaient déséquilibrés, avec des rubriques très détaillées tandis que d’autres étaient complètement vides. Ne le négligez pas.

 

Vous êtes une startup intéressée par le monde de l’industrie ? Déposez votre candidature au Challenge Industrie du futur jusqu’au 15 février.

 

La cartographie des réseaux de chaleur et de froid débarque !

Carto.viaseva.org est le nouvel outil lancé par Via Sèva, l’association de promotion des réseaux de chaleur et de froid, avec le soutien de l’ADEME. Objectif : fournir les informations disponibles sur les 534 réseaux de chaleur et de froid nationaux. Particuliers, mais aussi professionnels ont accès aux caractéristiques énergétiques et environnementales des réseaux. Plans détaillés, taux d’énergies renouvelables et de récupération, mix énergétique, émissions de CO², longueur du réseau, nombre de logements desservis… le réseau de chaleur de votre quartier n’aura plus de secret pour vous.

Selon un sondage commandé par Via Sèva à Ipsos Observer, 45 % de Français se disent prêts à changer de mode de chauffage pour un réseau de chaleur. Avec ce nouvel outil, l’association compte ainsi les aider à passer à l’action. La fiche de chaque réseau de chaleur comprend les contacts pour se raccorder, ainsi que les aides disponibles pour les particuliers, les collectivités et les professionnels.

Promouvoir les réseaux de chaleur dans la transition énergétique

Un réseau de chaleur est un chauffage central à l’échelle d’une ville ou d’un quartier. Un ensemble d’installations produisent et distribuent la chaleur à plusieurs bâtiments pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Un réseau de canalisations enterrées sous voiries distribue la chaleur vers les utilisateurs. Ce réseau transporte la chaleur qui alimente des postes de livraison installés dans les immeubles raccordés. Dans le bâtiment, l’usager règle ensuite son radiateur comme il l’aurait fait s’il bénéficiait d’un chauffage central collectif. Un autre réseau de canalisations permet le retour du fluide vers les centrales de production. Le tout fonctionne en circuit fermé.

Six millions de Français sont chauffés quotidiennement via un réseau de chaleur, chez eux, au travail ou dans les bâtiments publics. « Les réseaux de chaleur sont aujourd’hui le mode de chauffage le plus écologique grâce à un mix énergétique couvert à 56 % par des énergies renouvelables et de récupération », affirme Via Sèva.

La recharge solaire intelligente en construction

Prenez d’un côté Enerplan, représentant de l’ensemble de l’offre solaire industrielle et commerciale en France – industriels, ensembliers, bureaux d’études, installateurs, architectes, énergéticiens. Et de l’autre, l’Avere, association rassemblant les acteurs de la mobilité électrique, dans les domaines industriels, commercial, institutionnel et associatif. Faites-leur signer un partenariat pour engager un travail commun avec leurs membres, afin de favoriser le déploiement en France de la recharge solaire intelligente des véhicules électriques. Au bout du compte, vous obtenez une nouvelle alliance ayant « pour principal but d’accélérer la convergence entre énergie solaire et électromobilité », notent les deux organismes dans un communiqué conjoint.

Le syndicat et l’association vont pouvoir rassembler leurs expertises pour étudier et favoriser le déploiement de la recharge solaire intelligente, la maîtrise des contraintes ainsi que les investissements dans les infrastructures de distribution du solaire et du stockage stationnaire. Les deux organismes espèrent ainsi voir l’émergence d’une filière française sur la recharge solaire intelligente des voitures électriques.

« Le partenariat entre l’Avere-France et Enerplan va permettre de concrétiser sur le terrain l’exploitation des synergies entre déploiement des énergies renouvelables, la recharge des véhicules électriques et les contraintes réseaux, conditions sine qua non pour atteindre les objectifs de la transition énergétique et écologique », prévient Cécile Goubet, secrétaire générale de l’Avere-France. « Ce partenariat doit permettre de révéler vis-à-vis du réseau électrique des externalités positives de la production solaire locale au service de la mobilité électrique, avec une convergence à favoriser pour l’intérêt général », analyse pour sa part Richard Loyen, délégué général d’Enerplan.

La France compte pour l’instant l’entreprise Driveco qui propose Parasol, l’unique station de recharge 100% solaire au monde, conçue pour recharger huit véhicules. Installée notamment à Bastia et Ajaccio depuis 2016, l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques sur sa toiture est stockée dans ses batteries et distribuée à l’ensemble des points de charge du smart grid Driveco. Le Solar Camp déploie pour sa part un smart grid autonome sur le site de Thecamp, à Aix-en-Provence. Il teste le modèle économique du véhicule-to-grid, grâce à l’utilisation des batteries des voitures électriques pour alimenter le réseau électrique.

Comment rendre photoconducteur un oxyde de titane nanoporeux

Si l’oxyde de titane est couramment utilisé dans le secteur de l’énergie pour des procédés de catalyse ou sur des cellules solaires, on cherche toujours a en améliorer les performances. Les pistes de recherches se sont naturellement tournées vers l’augmentation de sa surface réactive en le rendant nanoporeux. Mais jusqu’ici les matériaux hybrides nanoporeux à base d’oxyde de titane n’ont pas fait leur preuve, se révélant peu photoconducteurs ou peu stables. Les chercheurs de l’Institut des matériaux nanoporeux de Paris et leurs partenaires ont réussi à trouver une nouvelle famille de MOF qui répond à ces deux limitations. Leurs travaux ont été publiés dans Nature Communication. Le composé de base a été breveté et les applications qui pourront en découler seront commercialisées par la société Framergy qui exploite déjà le MIL-125, un autre hybride nanoporeux de type MOF à base de titane, précédemment mis au point par le laboratoire et utile par exemple dans la capture de COV et dans le traitement de l’eau.

La chaleur était la clé

Cette famille de nouveaux matériaux, baptisée MIP-177 (ou MIL-177) est constituée d’oxoclusters de titane et de ligands carboxylates. Leur synthèse se fait par un procédé vert potentiellement industrialisable. Le premier composé, le MIP-177-LT pour Low temperature s’est avéré très stable chimiquement mais non photoconducteur. Cependant, quand il est chauffé, il subit une transformation de phase inhabituelle et irréversible qui génère un matériau poreux hautement cristallin. Baptisé MIP-177-HT (pour high temperature), il a révélé des propriétés photoconductrices proches de celles du dioxyde de titane dense grâce à la présence de nanofils d’oxyde de titane. On peut en outre en moduler les propriétés électriques en intégrant d’autres éléments comme des atomes de fer et, comme le précisait Christian Serre, directeur de l’Institut des matériaux poreux de Paris dans la lettre de l’innovation du CNRS de novembre 2018 « si l’on introduit un polymère conducteur (polythiophène) dans les pores du MIP-177-HT, la durée de vie des états excités engendrés par irradiation augmente de manière remarquable, ouvrant la voie à de nouvelles applications, notamment en optoélectronique ». Cette nouvelle famille constitue donc une base prometteuse pour de multiples applications et montre que les chercheurs maîtrisent de mieux en mieux la création de MOF à la carte.