Le casse-tête du démantèlement nucléaire

Les conclusions de la mission d’information conduite par les députés Julien Aubert (LR) et Barbara Romagnan (PS) pour le compte de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale sur le démantèlement nucléaire ne sont guère réjouissantes. Les travaux sur les installations nucléaires françaises prendront plus de temps que prévu et coûteront plus cher. Pire, certaines problématiques techniques sur les filières « bis » ne sont pas encore résolues.

Faisabilité pas assurée

L’industrie nucléaire française a étudié et construit plusieurs modèles de réacteurs nucléaires avant d’opter pour la production en série du REP (réacteur à eau pressurisée) sur 3 paliers de puissance (900, 1 300 et 1 450 MW). Si EDF semble mener à bien le premier démantèlement de REP, en l’espèce Chooz A, toujours en cours, il n’en va pas de même pour ses premiers réacteurs construits en France. L’électricien est confronté à des difficultés sur les six réacteurs dits « uranium naturel graphite-gaz » (UNGG), ainsi que sur Brennilis et Superphénix, des réacteurs atypiques « dont le long démantèlement se poursuit dans la douleur », expliquent les rapporteurs. Les premières expériences de l’électricien en matière de démantèlement sont préoccupantes, tant sur le plan technique que sur celui des délais.

Brennilis

Fonctionnant par intermittence entre 1967 et 1985, cette centrale expérimentale d’une puissance de 70 MW est la seule en France à avoir fonctionné avec un réacteur à eau lourde. Aujourd’hui, EDF estime que le démantèlement complet pourrait être achevé en 2032, soit 47 ans après la mise à l’arrêt de la centrale. Son coût devrait lui atteindre les 482 millions d’euros, soit 20 fois plus que prévu.

Les réacteurs au graphite

La principale difficulté du démantèlement des réacteurs graphite-gaz, après enlèvement des éléments de combustibles nucléaires, consiste à traiter les empilements de couches de graphite. Il est procédé à ce traitement par une méthode originale de démantèlement « sous eau » qui consiste à remplir d’eau le caisson de béton afin de protéger les ouvriers de la radioactivité pour procéder à la découpe de la partie haute du caisson avant d’atteindre l’empilement de graphite, l’eau étant en circulation permanente, ce qui permet de la filtrer. Cette méthode de démantèlement sous eau a été utilisée avec succès lors du démantèlement du réacteur de Fort Saint-Vrain, dans le Colorado, aux États-Unis, qui était un réacteur de la filière dite HTGR (high temperature gaz cooled reactor). Le réacteur a été définitivement démantelé en 1997, moins de dix ans après sa mise à l’arrêt, pour un coût de 283 millions de dollars (263 M€). Unique en son genre mais présentant des caractéristiques communes avec les réacteurs de la filière UNGG, ce démantèlement a été pris en exemple par EDF pour ses réacteurs graphite.

Les opérations semblaient se dérouler de façon satisfaisante mais EDF a changé récemment de stratégie en raison de « différences matérielles » entre le réacteur américain et le modèle français rendant impossible le démantèlement sous-eau. La découverte de cette impossibilité technique après 15 ans d’études, plus de 20 ans après la fermeture de la dernière unité de production (site du Bugey 1 en 1994) et 19 ans après l’achèvement du démantèlement sous eau du réacteur de Fort Saint-Vrain arrive pour le moins tardivement. Ce sont les réponses à l’appel d’offres lancé par l’électricien qui l’auraient convaincu de changer de stratégie dans la mesure où l’extraction du graphite demandera – aux dires des sous-traitants – environ 15 ans, contre trois envisagés précédemment. Or laisser sous eau une telle structure pendant aussi longtemps poserait inévitablement des problèmes de corrosion. C’est la raison pour laquelle un allongement des délais a été décidé, d’autant que l’électricien souhaite valider sa méthode de démantèlement sur un premier réacteur, d’ici à 2060 environ, avant de déconstruire les cinq autres, au cours des 40 années suivantes, soit au-delà de 2100.

Le cas Superphénix

Situé sur le site de Creys-Malville, en bordure du Rhône, Superphénix est un réacteur nucléaire entré en service en 1985 et arrêté en 1996. C’était à l’origine un prototype de réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium succédant aux réacteurs nucléaires expérimentaux Phénix et Rapsodie. Mais son facteur de charge (6%) a été inversement proportionnel à son coût dont les estimations varient allègrement.

Le déchargement du combustible nucléaire a duré 3 ans mais là n’est pas la partie la plus complexe de ce démantèlement atypique compte tenu de la technologie utilisée. Le traitement du sodium constitue une phase très délicate dans la mesure où, à l’état liquide le sodium explose au contact de l’eau et s’enflamme au contact de l’air. Superphénix renfermait au total 4 700 tonnes de ce produit : 3 500 tonnes radioactives du circuit primaire (cuve) et 1 200 tonnes du circuit secondaire des échangeurs de chaleur. Pour le maintenir à l’état liquide, l’ensemble du sodium est chauffé à 180 C° depuis l’arrêt définitif du réacteur, soit 19 ans.

EDF prévoit la fin des travaux à l’horizon 2028. Si aucun retard n’est enregistré, la durée du démantèlement sera donc presque 3 fois plus longue que celle de son activité (11 ans). Dans son rapport de janvier 2012, la Cour des comptes estimait le coût du démantèlement de Superphénix à 955 millions d’euros. Pour Bernard Laponche, de l’association Global Chance, « Il n’est pas déraisonnable de penser que le coût sera plutôt de l’ordre de 2 milliards d’euros ».

Effet de série limité

A l’instar des économies d’échelles obtenues par la production en série de réacteurs nucléaire en France, EDF estime pouvoir bénéficier d’un effet similaire pour le démantèlement. Cette position s’appuie sur l’étude Dampierre qui fait l’hypothèse que les sites sur lesquels se trouvent des réacteurs définitivement arrêtés comportent, pendant toute la durée du démantèlement, une ou deux tranches en service ou en construction à proximité, ce qui permet de mutualiser les services de soutien entre les tranches en production (ou en construction) et celles en démantèlement. Cette hypothèse est très favorable à l’exploitant puisqu’elle lui permet d’éviter de dupliquer un grand nombre de frais. Mais elle est, à bien des égards, problématique car elle signifie tout simplement qu’EDF ignore la loi sur la transition énergétique : « EDF considère qu’il y aura un réacteur en construction ou en exploitation sur tous les sites. Il s’agira la plupart du temps de nouveaux réacteurs dont la construction n’est actuellement pas décidée. Ainsi, EDF considère que le programme nucléaire français va se poursuivre comme par le passé, sans tenir compte de la loi de transition énergétique qui limite à 50 % la part de nucléaire dans d’électricité produite en France ». Comme l’a fait remarquer André-Claude Lacoste, ancien président de l’Autorité de sûreté nucléaire que la mission a entendu, « l’idéal pour tout grand électricien serait de disposer, sur un même site, d’un réacteur en construction, d’un autre en exploitation et d’un troisième en cours de démantèlement ». Mais cela relève davantage du souhait que de la réalité.

Pas assez de provisions

La mission d’information, comme la Cour des Comptes en son temps, a mis en garde EDF contre l’insuffisance des provisions. Selon les comptes consolidés d’EDF au 31 décembre 2015, sur les 75 milliards d’euros de charges brutes estimées par l’électricien pour le démantèlement de l’ensemble de son parc nucléaire, 36 milliards d’euros de provisions ont été, pour l’instant, constituées. Mais sur cette somme, seuls 23 milliards d’euros étaient couverts par des actifs dédiés. Par ailleurs, les députés estiment que les hypothèses optimistes sur lesquelles EDF a bâti ses prévisions, de même qu’un certain nombre de dépenses lourdes négligées, conduisent à s’interroger sur la validité des prévisions, d’autant que dans le même temps, certaines charges semblent sous-évaluées voire non-prises en comptes : le retraitement du combustible usagé, les taxes et assurances ou encore le coût social.

Romain Chicheportiche

Des avancées majeures pour le photovoltaïque organique

ArtESun, le projet d’un consortium européen d’entreprises et d’instituts de recherches sous la coordination de l’institut de recherche finlandais VTT a présenté ses premières applications basées sur le photovoltaïque organique. Issus de trois ans de recherches fructueuses ces modules présentent un haut rendement (c’est-à-dire supérieur à 15%), une durée de vie augmentée et des coûts de production abaissés.

artesun panneau

Des démonstrateurs de toutes formes

Pour illustrer sa nouvelle technologie, ArtESun a produit plusieurs modules intégrés à des applications très différentes.

La première est une étiquette RFID dans laquelle la batterie est remplacée par un module solaire organique de la taille d’une carte de crédit. Le module est capable d’alimenter les communications sans fil entre l’étiquette RFID et son lecteur, ainsi que le dispositif de capteur intégré pour une utilisation sur des véhicules ou des bâtiments par exemple. Le fonctionnement est garanti jusqu’à une journée complète dans des conditions de faible luminosité.

La deuxième application proposée est celle d’une antenne solaire souple, en l’occurrence sous la forme d’une fleur qui a été fabriquée par héliogravure. Le module est capable d’alimenter une radio et un capteur environnemental pour être intégré à un réseau de capteurs sans fil par exemple. Il peut être utilisé pour une surveillance environnementale comme celles requises dans le secteur agricole.

artesun fleurEnfin, les chercheurs ont construit des modules de grande surface assemblés dans un élément de façade vitré destiné aux bâtiments. D’une taille d’161 cm sur 38 cm, cet élément peut être intégré dans une façade ventilée. Testé auprès d’un panel d’experts de l’inspection visuelle, son taux d’acceptation global a été compris entre 7 et 8 (sur une échelle de 10).

Deux percées technologiques majeures

Depuis plusieurs années, la recherche de rendement du photovoltaïque organique est active. L’équipe internationale a réussi à créer des cellules photovoltaïques organiques dont le rendement est supérieur à 15% dans des environnements favorable en combinant de nouveaux matériaux de couche active et d’électrode à des techniques de revêtement et d’interconnexion de module. Par ailleurs, les modules ont été produits par des techniques de revêtement et d’impression 3D rouleau-à-rouleau (roll-to-roll – R2R) sans aucun traitement sous vide ce qui as permis une grande liberté de forme aux différents modules et ce qui diminue considérablement les coûts de fabrication industrielle comparé au photovoltaïque inorganique.

Sophie Hoguin

Le PDG de Total défend un prix mondial du carbone

« En l’absence de prix du carbone, le mix énergétique va profondément évoluer vers un mix charbon – renouvelables », analyse Patrick Pouyanné, PDG de Total. Et ceci partout dans le monde ! « C’est assez paradoxal, mais vrai pour beaucoup de pays », ajoute-t-il. C’est déjà le cas de l’Allemagne et  du Danemark proche de nous. Mais c’est aussi vrai dans les grands pays asiatiques tels que la Chine, l’Inde ou le Japon.

La transition énergétique, c’est favoriser les économies d’énergies, augmenter la part des énergies renouvelables, diminuer les énergies fossiles, mais surtout lutter contre le charbon. « Il n’y a qu’une seule façon de le faire, c’est le prix du carbone », défend Patrick Pouyanné. Un signal de prix assez fort permettrait de faire un « switch  du charbon au gaz », renforcer la compétitivité des énergies renouvelables avec moins de subventions et inciter à développer les technologies de captage/stockage du CO2.

Preuve de ce combat pour un prix du carbone, le PDG rappelle l’appel qui a été fait par Total en mai 2015, aux côtés des britanniques BG et BP, de l’italien Eni, de l’anglo-néerlandais Shell et du norvégien Statoil pour des mécanismes de tarification du carbone s’appliquant dans tous les pays du globe. Les différents acteurs s’accordent pour dire qu’un prix situé entre 20 et 30 euros, serait suffisant pour remplacer le charbon par le gaz. Mais il ne faut pas chercher à avoir un prix unique dans le monde et « il ne faut pas parler d’une taxe à 100 euros ou 100 dollars la tonne qui fait peur à tout le monde», s’alarme le PDG. Il défend ainsi un marché européen plus efficace que l’ETS (Emission Trading system), le marché européen actuel du carbone, où le prix de la tonne de CO2 avoisine les 6 euros. Les Anglais ont décidé d’agir de façon unilatérale et instauré une taxe carbone de 20 euros la tonne il y a deux ans. « Cela a suffit pour que le système électrique britannique switche du charbon au gaz », rappelle Patrick Pouyanné.

En août 2015, Total confirmait la fin de toutes ses activités liées au charbon. En avril 2016, l’entreprise annonçait un virage stratégique pour renforcer ses activités dans les énergies renouvelables et le gaz naturel. Mais Total restera une major des hydrocarbures. D’ici 20 ans, « notre mix énergétique sera peut-être 35-40% de pétrole, 45-50% de gaz et le reste dans les énergies bas carbone : biomasse, solaire et stockage », prévient le PDG.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Raspberry Pi 3 en route pour l’embarqué et l’Internet des objets

Le Raspberry Pi est un ordinateur qui se caractérise par sa compacité et son petit prix. Ces deux atouts lui ont valu l’estime d’une large communauté de développeurs et informaticiens, avec à la clé un beau succès commercial. Depuis sa première apparition en 2012, ce nano-ordinateur s’est en effet écoulé à 10 millions d’unités à travers le monde, selon les chiffres communiqués en septembre 2016 par la fondation du même nom. Conçu à des fins pédagogiques pour le secteur éducatif notamment, il s’étend sur d’autres territoires, dont l’industrie, l’Internet des objets et les applications professionnelles dans l’embarqué. Annoncé il y a quelques jours, le Compute Module 3 (CM3) est un moyen d’entériner cette stratégie : c’est une version miniaturisée du Raspberry Pi 3B (en fait la 4e génération), commercialisé depuis février 2016.

Disponible au format standard SO-DIMM, le CM3 ne mesure plus que 67×30 mm, contre 85×56 mm pour son aîné. Il bénéficie toutefois d’une puissance de calcul identique, apportée par un processeur Broadcom BCM2837, lui même basé sur un processeur à quatre cœurs ARM Cortex-A53 à 1,2 GHz. A titre de comparaison, les performances sont dix fois supérieures à celles du Raspberry Pi initial. Le CM3 embarque également 1 Go de mémoire vive. Deux modèles coexistent, le CM3 et CM3 Lite, selon la présence ou non de 4 Go de mémoire de stockage de type Flash eMMC. Le gabarit est quasi-identique à celui du module CM qui avait complété en 2014 l’offre Raspberry A+/B+, avec le même objectif. Le CM3 peut donc remplacer son prédécesseur dans une application existante sans modification matérielle. A pleine puissance, il consomme environ 4 watts et ne se destine pas aux «petits» produits, fonctionnant sur batterie.

Première application dans des écrans NEC

La fondation Raspberry a annoncé dans le même temps la sortie de sa nouvelle carte d’entrée/sortie dédiée au module CM3. Elle comprend une connectique identique (port GPIO 46 broches, 1 USB type A, 1 micro USB type B, port HDMI, WiFi/Bluetooth…) avec en supplément un port de carte SD, utile pour le modèle CM3 Lite. Cette carte de référence permet aux ingénieurs de tester les performances du CM3, avant d’élaborer leur propre carte mère en phase avec les besoins de l’application visée. Avant même son annonce officielle, le CM3 a trouvé un premier point de chute chez NEC à la fin de l’année dernière. Les derniers écrans LCD à affichage dynamique de l’industriel japonais, qui relaient des messages informatifs ou promotionnels dans les commerces ou les espaces publics, incorporent en effet un module CM3. Ces terminaux sont alors dotés d’une certaine capacité informatique in situ et peuvent héberger des logiciels de création de contenu et de supervision. Ce concept modulaire est appelé à se développer un peu partout dans les industries.

Le CM3 et le CM3 Lite sont disponibles chez le partenaire distributeur habituel de Raspberry Pi, à savoir RS sur le sol européen. Les prix respectifs sont de 31,85 € HT et 25,95 € HT. La carte E/S est quant à elle vendue 113,28 € HT.

Par Frédéric Monflier

L’Anses s’attaque aux risques émergents

Concernant les nouvelles technologies, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) va étudier cette année l’impact potentiel sur la santé, notamment sur le système visuel, des casques de réalité virtuelle. Elle va aussi examiner les modifications de comportements et les impacts que peuvent faire peser les nouvelles technologies de l’information et de la communication sur la santé psychique des individus. En ligne de mire : l’usage quotidien des smartphones et autres dispositifs nomades et la multiplication des objets connectés.

L’Anses mettra aussi à jour son expertise sur les effets sanitaires des LED. Elle s’attachera à distinguer les différents types d’application : ampoules, jouets, écrans, phares… et mettra en perspective les risques liés à la lumière bleue et les risque d’éblouissements des LED avec les autres technologies d’éclairage. L’expertise évaluera aussi les risques environnementaux liés à lapollution lumineuse, aux déchets et à la composition des LED.

Toujours sur les perturbateurs endocriniens

L’Anses va étudier l’impact de l’exposition précoce des enfants aux contaminants environnementaux durant la période dite des « 1000 jours » : in utero et en bas âge. Objectif : déterminer l’existence de fenêtres de sensibilités particulières sur le développement neurologique et cognitif. L’agence approfondira également son travail sur les phtalates pour évaluer les risques sanitaires liés à un mélange de phtalates, en prenant en compte plusieurs voies d’exposition : alimentation, jouets, air, poussières…

Suite à la détection de résidus de substances toxiques dans les produits d’hygiène intime féminine par la revue « 60 millions de consommateurs », l’Anses va s’intéresser à la sécurité de ces protections intimes. Objectifs : identifier les substances chimiques préoccupantes susceptibles de les contaminer, évaluer les risques sanitaires, faire des propositions pour définir des limites maximales de résidus et mieux informer les consommateurs. Une étude similaire portera sur les couches pour bébés.

Mais aussi pollution de l’air, éoliennes, pesticides , eau…

L’ Anses va rendre cette année son travail sur l’efficacité des masques antipollution pour la population et les travailleurs. Contre quels polluants sont-ils efficaces et dans quelles conditions ? Ont-ils des effets sanitaires indésirables et ont-ils de réels bénéfices ? Autant de questions auxquelles l’agence répondra.

Du côté des zones rurales, les riverains des éoliennes se plaignent souvent d’une gêne spécifique liée aux basses fréquences et aux infrasons. Début 2017, l’agence rendra un travail très attendu sur ces risques sanitaires potentiels. Cette fois-ci, chez les riverains de zones viticoles et arboricoles, en commençant par la pomiculture, elle étudiera la possibilité de lancer une grande étude sur l’exposition aux pesticides. L’étude mesurera les résidus de pesticides dans le corps des riverains et dans l’environnement.

Enfin, l’agence rendra son travail sur l’impact du traitement de l’eau par des orthophosphates, dans le but de réduire la teneur en plomb de l’eau distribuée au robinet des usagers. L’agence restera par ailleurs évidemment mobilisé sur l’ensemble des grands enjeux sanitaires qu’elle traite depuis longtemps : perturbateurs endocriniens et Bisphénol A, pesticides, biocides, expositions liées à l’alimentation, nanomatériaux, radiofréquences, lutte contre l’antibiorésistance animale, qualité de l’air…

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Ecophyto 2 : un peu moins de pesticides !

Selon les chiffres publiés par le Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, le nombre de doses-unités épandues à l’hectare (NODU), l’indicateur d’utilisation des pesticides du plan Ecophyto, enregistre une baisse de 2,7 % entre 2014 et 2015 pour les usages agricoles. C’est une bonne nouvelle, après une hausse  spectaculaire de 9,4% entre 2013 et 2014 et une hausse de 9,2 % entre 2012 et 2013. Néanmoins, sa valeur moyenne triennale augmente de 4,2 % entre les périodes 2012-2014 et 2013-2015. Une hausse inférieure aux hausses triennales précédentes :  5,8 % entre 2011-201 et 2012-2014.

Pour les zones non agricoles (jardiniers amateurs et collectivités), la réduction de l’usage des pesticides est largement supérieure : – 14 %. L’interdiction de l’usage des pesticides par l’État et les collectivités pour l’entretien des espaces verts, prévue par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, votée à l’été 2015, semble déjà porter ses fruits.  Dès 2019, viendra s’y ajouter l’interdiction de la vente de pesticides aux jardiniers amateurs.

Pour rappel, l’objectif du plan Ecophyto était de parvenir à une baisse de l’usage des pesticides de 50% entre 2008 et 2018. Face à l’absence de résultats, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, a lancé le plan Ecophyto 2 en octobre 2015. Il vise désormais une baisse de l’usage des pesticides de 25 % en 2020, et de 50 % en 2025.

Amplifier la dynamique grâce aux fermes Dephy et aux CEPP

Le ministre compte sur la diffusion des bonnes pratiques expérimentées dans les fermes Dephy, ces exploitations engagées dans une démarche volontaire de réduction de l’usage de pesticides. «  Ces exploitations, à compter de leur entrée dans le réseau, affichent une baisse moyenne de leur indice de fréquence de traitement de 18 % par rapport à la moyenne des années 2013-2015 », assure Stéphane Le Foll dans un communiqué. Ce réseau a été élargi à 3.000 fermes en 2016, contre 2.000 auparavant.

Le plan Ecophyto 2 est doté d’un budget de 41 millions d’euros chaque année au niveau national, dont 2,3 millions d’euros sont alloués à la recherche et à l’innovation. Depuis 2016, « il bénéficie d’un financement complémentaire de 30 millions d’euros par an en région, pour accompagner les agriculteurs dans le changement de leurs pratiques et soutenir les investissements dans les exploitations agricoles », précise Stéphane Le Foll. La FNSEA en profite pour demander à ce qu’une partie « conséquente » de ces moyens soit investie davantage dans la recherche et l’innovation. Pour que les résultats soient au rendez-vous, « l’idée est bien d’avoir des solutions alternatives, applicables et prêtes à l’emploi pour les agriculteurs qui sont concernés », rappelle la Fédération.

Le dispositif des certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP) est la grande nouveauté du plan Ecophyto 2 adopté en octobre 2015. Retoqués par le Conseil d’État pour des questions de procédures fin décembre 2016, ils ont été réintégrés à la loi Potier sur l’accaparement des terres agricoles et le développement du biocontrôle, votée à l’Assemblée nationale le 18 janvier. Elle doit désormais passer au Sénat le 7 février, avec passage en commission mixte paritaire.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Poussée par un vide, notre galaxie surfe à plus de 2 millions de km/h

Dans notre voisinage extragalactique existe une immense région vide qui exercerait une force de répulsion sur notre galaxie, la Voie lactée. Ce « repousseur » contribue aux forces gravitationnelles qui nous font naviguer à près de 2,3 millions de km/h sur la toile cosmique, la structure suivant laquelle la matière s’organise à grande échelle, notamment sous la forme de filaments qui connectent des galaxies entre elles et séparent des vides.

Quand attraction et répulsion se conjuguent pour nous mettre en mouvement Ce mouvement de notre galaxie (et de sa compagne, la galaxie d’Andromède) était déjà connu des astrophysiciens qui en recherchaient l’origine depuis 40 ans. Pour expliquer ce déplacement, les recherches se sont historiquement d’abord portées sur la possibilité d’un excès de galaxies situées dans la direction générale de notre mouvement.

Le suspect initial a été appelé le Grand Attracteur, une région d’une demi-douzaine d’amas riches en galaxies à une distance de 150 millions d’années-lumière de nous. Puis, l’attention a été portée sur une entité plus importante, toujours dans la même ligne de visée et directement derrière le Grand Attracteur : la Concentration d’amas de galaxies de Shapley, située à 600 millions d’années-lumière de nous. Mais, au fil des ans, le débat s’est enlisé sur l’importance relative de ces deux attracteurs, ceux-ci ne suffisant pas pour expliquer notre mouvement, d’autant qu’il ne pointe pas exactement dans la direction de Shapley comme cela devrait être le cas.

L’hypothèse d’une région sous-dense, un « vide » extragalactique, est alors avancée pour élucider ce phénomène. Obtenir une confirmation de l’observation d’un tel vide est extrêmement difficile. C’est pourquoi les chercheurs ont décidé, au lieu de regarder la répartition de la partie immergée de la masse (celle qui est visible : les galaxies), de cartographier en trois dimensions les mouvements de toute la matière (matière visible, dite aussi baryonique, et matière invisible, dite noire ou plus justement : transparente).

Daniel Pomarède, ingénieur-chercheur au CEA1 , explique que : « C’est grâce au rayonnement microonde émis il y a plus de 13 milliards d’années que le mouvement de la Voie lactée est détecté. Cette lumière nous parvient de toutes les directions, mais du fait de notre déplacement, on l’observe avec un décalage spectral vers le bleu dans la direction de notre mouvement et un décalage spectral vers le rouge dans la direction opposée. Et c’est en analysant cet effet dipolaire qu’on peut en déduire notre vitesse de 630 km/sec. » Hélène Courtois, astrophysicienne à l’Université Lyon 1 2 , complète : « En analysant les champs de vitesse de milliers de galaxies peuplant notre univers local, nous avons identifié le déplacement de « fleuves de matière », comme ceux qui parcourent Laniakea », notre superamas de galaxies découvert en 2014 par la même équipe. « Ces fleuves sont une conséquence directe de la distribution de la masse totale, qui s’éloigne des régions vides et se dirige vers les régions de plus haute densité. »

L’équipe a ainsi découvert qu’à l’emplacement de notre galaxie les forces répulsives et attractives provenant d’entités lointaines sont d’importances comparables et en a déduit que les influences majeures qui sont à l’origine de notre mouvement sont l’attracteur Shapley et une vaste région de vide (c’est-à-dire dépourvue de matière visible et invisible), précédemment non identifiée, qu’ils ont nommé le Dipole Repeller. Cette découverte, publiée le 30 janvier 2017 dans Nature Astronomy, permet en effet d’expliquer l’origine du dipôle (voir l’encadré plus bas) observé dans le rayonnement du fond diffus cosmologique, un ingrédient essentiel du modèle de standard de la cosmologie.

cap-galaxie
Cette cartographie des courants de matière (les flèches directionnelles) et des surfaces équipotentielles gravitationnelles (régions de l’espace « ressentant » la même attraction de gravitation – en vert et en jaune) permet, en visualisant son influence, de matérialiser la région du Dipole Repeller, ainsi que les nœuds et filaments de la toile cosmique (surfaces rouges et grises). La structure à grande échelle de notre Univers local est ainsi représentée. La flèche jaune est positionnée sur notre galaxie la Voie lactée et indique la direction du dipôle du fond diffus cosmologique. Cette cartographie couvre une région de notre Univers d’environ 2,5 milliards d’années-lumière de large. © Y. Hoffman, D. Pomarède, R.B. Tully, H. Courtois

Dorénavant, les astrophysiciens savent enfin quelle voie suit notre galaxie, attirée par la lointaine concentration de masse Shapley et repoussée par le Dipole Repeller, une région faite de « rien », même pas de matière invisible, dont finalement on ne connaît encore presque rien… C’est pourquoi les astrophysiciens préparent maintenant des relevés ultra-sensibles en optique, proche-infrarouge et radio qui permettront d’identifier les rares galaxies qui peuvent résider dans et autour d’un tel vide afin d’en approfondir notre connaissance.

 Source : cnrs

Présidentielles 2017: les Français s’intéressent aux énergies renouvelables

Selon le 7e baromètre de Qualit’ENR publié le 1er février, 77% des Français estiment que les énergies renouvelables ne sont pas suffisamment abordées dans la campagne présidentielle. Les jeunes sont particulièrement concernés (81% des 18-24 ans), tout comme les ruraux (84%). Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1001 personnes, représentatif de la population française  par questionnaire en ligne entre le 5 et le 9 janvier 2017.

Questionnés sur le candidat en qui ils ont le plus confiance pour développer les énergies renouvelables en France, les sondés répondent Emmanuel Macron (En Marche) à 29%, Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise) à 26%, François Fillon (Les Républicains) à 24%, Benoît Hamon (PS) à 21%, Marine Lepen à 18% et Yannick Jadot (Europe Ecologie – les Verts) à 17%. Plus globalement, ils sont 71% à estimer que le prochain président devra amplifier le rythme de développement des énergies renouvelables. 25% sont moins ambitieux et pensent qu’il faudra stabiliser ce rythme. Seulement 3% des Français sont pour un ralentissement de leur développement.

Les énergies renouvelables bénéficient toujours d’une bonne image chez les Français. Ils sont 93 % à penser que les énergies renouvelables sont respectueuses de l’environnement, 89 % qu’elles favorisent l’indépendance énergique et 79 % qu’elles permettent de faire des économies.

Quelles filières d’énergie renouvelable développer ?

98% des Français encouragent le développement d’au moins un type d’énergie renouvelable. En tête : le solaire thermique, avec 92% d’avis favorable. Suivent l’éolien (85%), la pompe à chaleur (83%), les panneaux photovoltaïques (82%) et le bois énergie (69%). Les énergies fossiles résistent dans l’opinion publique. Notamment, le gaz naturel gagne 4 points par rapport à 2016 et monte à 69% d’avis favorable. Le nucléaire continue de partager les Français ; il stagne à 40% d’opinions favorables. Le fioul  (22%) et le charbon (17%) résistent et gagnent respectivement 2 points et 1 point. Le gaz de schiste continue son recul et finit à 20% (- 4 points).

Quelles positions pour les différents candidats ?

Le nouveau Livre Blanc du syndicat des énergies renouvelables (SER), publié à 3 mois de l’élection Présidentielle, est l’occasion d’interroger les candidats sur leur politique de déploiement des énergies renouvelables. Le SER demande notamment de respecter les trajectoires fixées par la loi de transition énergétique pour la croissance verte et la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), de garder une bonne visibilité sur les appels d’offres et le fonds chaleur. Il plaide par ailleurs résolument pour fixer un vrai prix au CO2, réduire encore les délais d’instruction et des recours et appelle les candidats à soutenir l’offre industrielle française et européenne pour construire des champions industriels, notamment dans le solaire.

A l’occasion du 18e colloque du SER le 31 janvier 2017, des conseillers et porte-paroles des principaux candidats à l’élection présidentielle se sont prononcés sur ces propositions. Globalement, France Insoumise et EELV défendent une France 100% renouvelable et sans nucléaire à l’horizon 2050. Les Républicains et Le Front national veulent garder un nucléaire fort et garder le développement des énergies renouvelables pour remplacer les énergies fossiles. Pour ces deux partis, la part du nucléaire dans la production d’électricité restera proche de 75%. Pour le mouvement« En marche » d’Emmanuel Macron, le cadre est désormais bien posé par la loi et il faut arrêter les « stop and go législatifs ». Il faut respecter les objectifs actuels, à savoir, abaisser la part du nucléaire de 75% à 50% dans la production d’électricité à l’horizon 2025. Les énergies renouvelables devront atteindre une part de 32 % dans la consommation énergétique finale en 2030 (40% pour l’électricité). Aucun représentant de Benoît Hamon pour le PS n’a fait le déplacement. Néanmoins, son programme propose 50% d’énergies renouvelables dès 2025 et la fermeture des centrales nucléaires en fin de vie. Il devrait donc également respecter les objectifs de la loi de transition énergétique.

Par Matthieu Combe, journaliste cientifique

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Investissements dans les start-up : le Royaume-Uni toujours en tête, la France bonne deuxième

Le baromètre “European innovation financing” établi par la banque d’affaires Clipperton et le cabinet d’études Digimind, fait le bilan des financements levés par les entreprises de technologies en Europe tous les six mois. La dernière édition fait le point sur 2016 et révèle encore une année record pour les start-up européennes.

Toute l’Europe en profite, sauf l’Italie

Le trio de tête reste le même: le Royaume-Uni qui se taille la part du lion avec plus de 4 milliards de dollars d’investissement en 2016 (+9%) devant la France 2,7 Md$ (+22%) et l’Allemagne 2,6Md$. Mais cette dynamique n’est pas limitée à ces trois pays, la plupart des pays européens en profitent et Martin Vielle, vice-président de Clipperton explique, dans une interview accordée à Challenges, que la Scandinavie se maintient malgré tout, que l’Espagne et le Portugal sont actuellement très dynamiques et que les pays de l’Est commencent à arriver. “En revanche, en Italie, on ne voit pas le même mécanisme qu’en Espagne, précise-t-il, c’est un pays plus conservateur dans son mode de consommation et son économie.“

Des opérations plus petites mais plus nombreuses

Outre les chiffres globaux qui sont positifs, l’analyse montre aussi un fait intéressant: les opérations plus petites, inférieures à 30M$ sont de plus en plus nombreuses et sont venues compenser des opérations plus marquantes. Le document rapporte ainsi 943 levées de fonds comprises entre 1 et 10M$ en hausse de 50% par rapport à 2015.

Les plus fortes levées de 2016

On notera que la France compte trois entreprises dans les cinq plus grosses levées enregistrées en 2016.

Les 10 plus grosses levées de fonds européennes (tous secteurs) en 2016 

Entreprise Pays Montant secteur
OVH France 279 M$ Hébergement internet
Deliveroo Royaume-Uni 275M$ Livraison plats cuisinés
Sigfox France 162M$ Objets connectés, télécom
Oxford Nanopore Royaume-Uni 126M$ Séquençage adn
Devialet France 115M$ Hi Fi audio
ADC Therapeutics Suisse 105M$ Médicaments (anticorps)
Kymab Royaume-Uni 100M$ Médicaments, vaccins
Carrick Therapeutics Irlande 95M$ Médicaments (cancers)
Hellofresh Allemagne 93M$ Livraison de repas
Sonnen Allemagne 85M$ Energie (batterie)

(Source “European innovation financing” Janvier 2017 Clipperton)

Les 12 levées de fonds françaises supérieures à 30M€ en 2016

On peut voir arriver dans le classement, Deezer qui n’apparaît pas dans le baromètre construit par Clipperton et des chiffres annoncés qui diffèrent selon les deux sources.

Entreprise Montant secteur
OVH 250 M€ Hébergement internet
Sigfox 150M€ Objets connectés, télécommunications
Deezer 100M€ Streaming audio
Devialet 100M€ Hi Fi audio
LinkbyNet 50M€ Hébergeur internet
Teads 43M€ Publicité vidéo
Acco 35M€ Circuits intégrés (pour solutions mobiles)
Navya 34.1M€ Bus (sans chauffeur)
MedDay Pharmaceuticals 34M€ Traitement sclérose en plaques
Drivy 31M€ Location voiture entre particuliers
Wynd 30M€ Digitalisation commerce
Ecovadis 30M€ Agence notation RSE

(source usine digitale.fr)

 

Par Sophie Hoguin

Énergies renouvelables: un élan mondial à amplifier

Les installations électriques renouvelables continuent leur développement : 70 gigawatts (GW) de solaire ont été installés à travers le monde en 2016, contre 56 GW en 2015. Elles fournissent désormais près de 24% de la consommation électrique mondiale, part qui devrait atteindre 28% en 2021, selon l’AIE. « Cet élan réel est encore insuffisant pour atteindre les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique », plaide néanmoins Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des énergies renouvelables.

L’éolien et le photovoltaïque sont désormais compétitifs dans de nombreuses parties du monde. « Il est courant d’entendre des prix de l’ordre de 30 à 40 dollars par mégawattheure pour les grands champs éolien terrestre ou solaire dans les zones où les ressources sont les plus favorables », rappelle Jean-Louis Bal. En 2016, cela a notamment été le cas au Chili pour le photovoltaïque et au Maroc pour l’éolien terrestre. En Europe, les derniers appels d’offres éolien se situent plutôt entre 80 et 90 €/MWh, raccordement compris.

Malgré l’urgence, les investissements en baisse

Si les capacités installées augmentent d’année en année, le niveau des investissements dans le domaine des énergies renouvelables a reculé de 18 % dans le monde en 2016, selon un rapport de Bloomberg New Energy Finance. Les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique atteignent ainsi 287,5 milliards de dollars (Mds$), contre 349 Mds$ l’année précédente. Pour la deuxième année consécutive, les investissements des pays émergents et en développement ont dépassé ceux des pays développés.

Pour Michael Liebreich, fondateur de Bloomberg New Energy Finance, cette baisse d’investissements est imputable à deux causes majeures. La première : la baisse des prix des équipements, en particulier dans le photovoltaïque. La deuxième : si plusieurs pays ont sensiblement maintenu leur niveau d’investissements, à l’instar des Etats-Unis, du Brésil, de l’Inde et de la France, cela n’a pas été le cas dans les deux marchés clés que sont la Chine et le Japon. Il faut dire que la Chine est de loin le premier investisseur dans les énergies propres au monde et pousse le marché. Ainsi, les investissements chinois dans les énergies renouvelables ont chuté de 26% en 2016 à 87,8 Mds$ et les investissements japonais de 43% à 22,8 Mds$. Par ailleurs, dans plusieurs pays émergents, beaucoup de projets n’ont pas encore finalisé leur financement. Les investissements ont par exemple reculé de 76% en Afrique du Sud, à 914 millions $, et de 80% au Chili, à 821 millions $.

Au final, il y a eu plus de capacités installées en 2016 qu’en 2015, tout en dépensant moins. C’est une bonne nouvelle.

Mais il faudrait plutôt profiter de ces prix bas pour faire exploser la dynamique, d’autant plus que nous sommes loin d’atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques. « Pour atteindre l’objectif des 2°C, il faudrait rapidement atteindre un investissement de 600 milliards de dollars par an dans les énergies propres », prévient Michael Liebreich. Soit doubler les investissements actuels. Pour l’agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), il faudrait même tripler ces investissements pour atteindre environ 900 Mds$ par an en 2030.

Par Matthieu Combe

Obligation verte : La France détient le record !

Si cette émission n’est pas une première mondiale – des entreprises et certains pays tels que la Pologne ont déjà émis de tels titres – il s’agit en revanche de la plus importante à  ce jour : 7 milliards d’euros levés en une fois. D’une maturité longue (22 ans), cette obligation prendra fin en juin 2039 et bénéficie d’un taux de 1,75%.

Succès international

La demande totale pour cette émission obligataire verte a atteint un montant de plus de 23 milliards d’euros, soit trois fois plus que ce qui était offert par l’agence en charge du refinancement de la dette publique française. Elle a été souscrite pour plus d’un tiers par des investisseurs français (37%), suivis par les néerlandais (19%), britanniques (18%), nordiques (7%), asiatiques (3%) et américains (2%). Cette demande émane de gestionnaires d’actifs (33%), de banques (21%), de fonds de pensions (20%), d’assureurs (19%), d’institutions publiques (4%) et de gestions alternatives (3%).
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Conformément aux engagements pris par la France pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat à travers la loi de transition énergétique pour la croissance verte, l’obligation verte de la France ciblera des dépenses du budget de l’État et du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) sur la lutte contre le changement climatique, l’adaptation au changement climatique, la protection de la biodiversité, et la lutte contre la pollution. Le montant total des dépenses vertes éligibles identifiées par l’Agence France Trésor au cours de l’année 2017 étant supérieur à 10 milliards d’euros, les débouchés ne manqueront donc pas .

Suivi

L’État français publiera annuellement à destination des investisseurs, jusqu’à l’allocation complète des fonds, un reporting sur l’allocation des fonds, sur la performance des dépenses vertes éligibles, sur les impacts environnementaux, selon le type de dépense considérée, « ce qui constitue un engagement de reporting inédit pour une obligation verte et participe à l’établissement de standards élevés au sein de ce marché », explique l’AFT.

Un conseil d’évaluation de cette obligation verte, composé de 6 à 8 experts indépendants, va être mis en place. « Nous allons prendre un peu de temps pour bien les choisir », précise le ministère de l’Energie et du développement durable dans un communiqué. Poussée le succès de cette première émission obligataire verte, l’Agence France Trésor a d’ores et déjà annoncé qu’elle réaliserait d’autres émissions de ce type pour assurer la liquidité de ce nouveau produit financier.

Romain Chicheportiche

Marché des drones: Parrot se coupe une aile pour mieux redécoller

Dans un communiqué du 9 janvier, la société française spécialiste des drones de loisirs annonçait la mauvaise nouvelle: “Parrot envisage […] un plan qui pourrait aboutir à réduire les effectifs d’environ 290 personnes sur un total de 840 salariés actuellement dédiés aux activités Drones du Groupe”.

L’impossible combat contre les géants chinois

Dès septembre 2016, un premier communiqué annonce déjà que ça va mal et revoit les perspectives de croissance à la baisse. La période de Noël n’aura pas suffit. Car depuis les succès de 2010 avec le lancement de son premier drone pilotable par smartphone, le marché des drones de loisirs a bien changé. Des géants chinois sont arrivés tels que Dji ou Xiaomi. Des produits à bas coûts et une force de vente sur le secteur des jouets et du loisirs sans commune mesure avec l’entreprise française. A titre d’exemple, on estime le chiffre d’affaires de Dji à 1,5 milliards de dollars en 2016 (+50% par rapport à 2015). Cependant, si les résultats ont été pires que prévu, il ne faut pas penser que Parrot ne s’y était pas préparé.

Recentrage ves les drones professionnels

Sur le secteur des loisirs, Parrot va donc resserrer sa gamme et vise une clientèle haut de gamme exigeante et prête à mettre le prix de l’innovation technologique. Du coup, Parrot va suivre l’évolution du marché et se recentrer très clairement sur le secteur des drones professionnels. Plusieurs acquisitions (Sensefly, Airinov, PIX4D) en 2015 et 2016 le laissait déjà pressentir. Concrètement, les premiers services arrivent. Ainsi, Parrot a annoncé mi-janvier le lancement d’un service commun entre Air Parrot Support et Bureau Veritas. Ce service clé-en-main d’inspection par drone pourra servir tant dans l’industrie que le bâtiment (inspection de bâtiment, d’infrastructures par photographie aérienne, modélisation 3D, thermographie etc.). Dans la même veine, le groupe annonçait début janvier l’alliance entre Sensefly et Agribotix (société proposant acquisition de données agricoles par drones et gestion des données sur une platforme en ligne) afin d’offrir un service encore plus varié. Car plus encore que sur le drone lui-même, dans le secteur professionnel c’est le service qui va faire la plus-value. A ce titre, PWC estimait en 2016 que le marché mondial des services commerciaux par les drones pourrait atteindre plus de 120 Md d’euros d’ici 2020.

Alliance et cession d’actifs

En parallèle de cette restructuration, sur le marché automobile, Parrot Automotive, qui fournit aux constructeurs des équipements pour les voitures connectées, devrait s’allier avec Faurecia pour conforter sa place sur ce secteur. L’accord avec Faurecia, actuellement en discussion, doit aboutir à une prise de participation progressive de l’équipementier automobile dans Parrot qui pourrait se transformer dans les 5 ans à un rachat complet. Par ailleurs, Parrot a cédé Varioptic (start-up française acquise en 2011 spécialisée dans les lentilles optiques liquides), à l’américain Invenios, spécialiste des dispositifs à base de verre (capteurs, microstructure 3D…) pour un montant non communiqué.

Sophie Hoguin

Les chiffres clés du numérique en France

La France est reconnue dans le monde entier pour le haut niveau de ses écoles d’ingénieurs et de mathématiciens. Près de 180 start-ups françaises étaient présentes à l’Eureka Park lors du dernier Consumer Electronic show (CES) qui s’est tenu récemment à Las Vegas. Le Royaume-Uni n’était représenté que par 14 entreprises, l’Allemagne n’en avait que 10. Seuls les États-Unis nous dépassaient avec 204. Autant d’arguments pour que le numérique booste l’économie française et incite les entreprises à s’équiper.

Et pourtant, le paysage numérique français présente un bilan contrasté.

Dans le secteur des TIC, le nombre d’entreprises était de plus de 130 000 en 2014 (les derniers chiffres connus dans les statistiques Insee). Parmi elles, 6 582 exerçaient dans le commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication, 1650 étaient dans la catégorie « Industries » (composants et cartes électroniques, équipement de communication, ordinateurs et équipements périphériques, etc.) et 123 603 dans la catégorie « service » (programmation, conseil et autres activités informatiques, réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication, télécommunication, etc.).

Ce secteur embauche 684 949 personnes en équivalents temps plein.  La plupart sont affectées à la catégorie « service » (582 508).

La transformation digitale : un défi

En 2014, les TIC ont créé une valeur ajoutée de 75 milliards d’euros. Les services représentent à eux seuls 66 milliards d’euros, soit 87,7 % de l’ensemble de la VA. L’industrie et le commerce de gros d’équipements des TIC se partagent presque équitablement le montant restant. Mais la valeur ajoutée par les services TIC ne représente que 3,60 % du PIB en 2014, contre 3,8 % outre-Rhin. Ce faible résultat concerne particulièrement les « industries des TIC », c’est-à-dire la fabrication de matériels.

Du côté de l’équipement numérique, l’utilisation des TIC a été mesurée selon trois critères : la connectivité, les usages d’outils avancés et les usages émergents. En termes de connectivité, l’hexagone fait mieux que la moyenne européenne avec 99 % des entreprises connectées à l’internet haut débit.

Mais d’autres résultats sont inquiétants quant à la capacité des entreprises à relever le défi de la transformation digitale. Seules 67 % des entreprises tricolores disposent d’un site Internet, contre 75 % pour la moyenne européenne. Autre lacune : moins d’une entreprise française sur cinq dispose d’un spécialiste en TIC contre 20 % en Europe.

28 % des entreprises ont une présence sur les réseaux sociaux, contre 36 % pour la moyenne européenne…

Philippe Richard

La Russie inaugure un gazoduc la reliant à la Crimée

Ce gazoduc de près de 400 kilomètres n’est qu’un début. Il vise à répondre en urgence à la demande en gaz et électricité des habitants de Crimée. En novembre 2015, le gouvernement local s’est déclaré en état d’urgence à la suite du sabotage des quatre lignes haute tension qui reliaient la péninsule au système électrique ukrainien, provoquant un black-out. Depuis, Moscou mène plusieurs projets énergétiques pour relier la Crimée au circuit énergétique russe.

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Gaz et électricité

La stratégie du Kremlin consiste à interconnecter autant que faire se peut la péninsule de Crimée au territoire russe pour y exporter gaz et électricité. Moscou a élaboré un plan d’investissement sur quatre ans ayant pour objectif de construire 2 500 km de gazoducs et deux centrales électriques fonctionnant au gaz de 480 MW chacune dont la mise en service est prévue pour 2018. A cela s’ajoute une première interconnexion électrique inaugurée par Vladimir Poutine en mai 2016. Elle permet d’apporter depuis le territoire russe jusqu’à 800 MW à la péninsule ce qui permet, avec les centrales sur place, de couvrir les 1 300 MW de sa consommation en pointe.

Symbole

Si ces investissements énergétiques répondent à un besoin réel, ils n’en représentent pas moins une superbe occasion pour Moscou d’affirmer son contrôle sur la péninsule de Crimée annexée illégalement en mars 2014. Les liens énergétiques tels que des gazoducs ne se détachent pas facilement et participent à la lutte d’influence. Mais ils ne sont pas les seuls. La construction d’un pont sur le détroit du Kerch est également à l’étude. Il permettrait de relier physiquement la Crimée à la Russie ce qui favoriserait les échanges et le tourisme, selon le Kremlin. Plus encore, son inauguration serait une occasion savoureuse pour Vladimir Poutine de faire un pied de nez aux membres de l’OTAN qui ont condamné en bloc, mais en vain, l’annexion de la Crimée. Une première depuis 1945.

Romain Chicheportiche 

Objectif Lune : il n’en reste plus que cinq !

Mais au fait c’est quoi le Google Lunar Xprize ? Une compétition technologique organisée par la fondation Xprize, et dotée par Google, de plusieurs prix : 20 millions de dollars au premier, 5 millions au second et 5 millions pour l’équipe qui saura se distinguer par sa contribution dans la connaissance de la Lune. Des prix bonus ont déjà été distribués. Le dernier en date, d’un million de dollars a été décidé le 24 janvier 2016. Il sera partagé entre les 16 équipes participantes pour leurs efforts en faveur de l’éducation et la diversité.

Pour gagner, il faut constituer une équipe, issue de fonds privés, et être le premier à placer un engin spatial à la surface de la lune, avancer sur 500m et transmettre des images haute définition à la Terre. Pour participer à cette phase finale, les candidats devaient réussir à obtenir un contrat de lancement de leur engin spatial avant le 31 décembre 2016 et décoller avant le 31 décembre 2017. Cinq équipes sur les seize au départ ont atteint cette étape. Les organisateurs, viennent cependant de repousser la date limite de décollage. Peut-être pour permettre à certaines équipes dont les lanceurs sont à l’essai de prendre le temps de la réussite…

La compétition et… au-delà

Ce concours, débuté en 2014, souligne aussi combien l’exploration spatiale est aujourd’hui un secteur fondé sur des coopérations internationales dépassant largement tant les frontières géographiques que les frontières entre économie publique et privée. Alors, 2017, sera bien l’année de la Lune avec, aussi prévue en fin d’année, une mission de retour d’échantillons chinoise (Chang’e 5).

Space IL , une équipe israélienne basée à Tel Aviv qui a signé un partenariat avec SpaceX (via sa filiale Spaceflight Services) pour un départ fin 2017 et dont l’engin spatial muni de pieds doit se poser, redécoller pour parcourir 500m en volant puis se reposer de nouveau. Premier engin spatial israélien, ce vol pourrait aussi devenir le premier vol de la fusée Falcon 9 à envoyer une charge au-delà de l’orbite de la Terre.

Les américains de Moon Express, basés en Floride à Cap Canaveral, première entreprise privée à obtenir l’autorisation de leur gouvernement à opérer sur la Lune, travaillent avec la Nasa et Rocket Lab. En ligne de mire, pour Moon Express, développer une activité minière sur la Lune. A noter que, le lancement fin 2017, doit être assuré par Rocket Lab via sa nouvelle fusée Electron dont les premiers vols ne sont prévus que cette année depuis sa nouvelle plateforme de Mahia, en Nouvelle-Zélande.

L’équipe internationale de Synergy Moon, composée d’individus de tous horizons et de plus de 15 nationalités est portée par Interorbital systems corporation, une entreprise basée à Mojave en Californie qui doit fournir le lanceur: la fusée Neptune 8. Une fusée encore en test qui décollera depuis l’océan, au large de la Californie au deuxième semestre 2017. Cette compétition sera vraiment l’occasion de découvrir les nouvelles générations de lanceurs légers dont les projets naissent un peu partout.

Les indiens de Team Indus ont conçu un petit rover qui emporte avec lui des instruments de pointe de grands partenaires comme le CNES qui fournit les caméras permettant au Rover de se diriger et d’éviter les obstacles. Le départ, prévu le 28 décembre 2017, depuis Sriharitoka en Inde, se fera via une fusée bien rôdée de l’agence spatiale indienne, la PSLV. Mais Team Indus sera accompagnée. En effet, cette fusée embarquera aussi, les concurrents japonais !

Les japonais de l’équipe Hakuto ont réussi à nouer des partenariats de taille tels que KDDI (télécommunications) et Suzuki, mais aussi, fait marquant, un contrat à long terme avec l’agence spatiale japonaise Jaxa pour l’exploration des ressources de la Lune.

Sophie Hoguin

L’Iran ouvre ses portes à 29 compagnies pétrolières

Cette liste était attendue depuis longtemps par les compagnies pétrolières désireuses de renouer leurs liens économiques avec l’Iran. Parmi elles, la Française Total figure en bonne place, aux côtés des Russes (Gazprom, Lukoil) et Chinois (CNPC, CNOOC, Sinopec). Les deux majors anglo-saxones, BP et surtout ExxonMobil, dont le pdg Rex Tillerson a été nommé secrétaire d’Etat par Donald Trump, sont les grandes absentes de cette sélection. Le nouveau président américain n’a jamais caché son hostilité à cet accord international.

Quête d’investisseurs

La participation des compagnies étrangères est une nécessité pour la République islamique tant d’un point de vue technologique que financier. Les sanctions à l’encontre du pays ont entraîné un sous-investissement massif dans les infrastructures pétrolières et gazières, pourtant première source de devises de l’économie iranienne. De fait, le gouvernement a mis en place un nouveau système de concession plus en phase avec les standards internationaux pour inciter les investisseurs étrangers encore méfiants, notamment depuis les élections américaines. Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zangeneh, a estimé que les besoins d’investissements dans l’industrie des hydrocarbures s’élevaient au bas mot à 200 milliards de dollars sur cinq ans.

Ces capitaux doivent élever la production pétrolière à un niveau correspondant à celui d’avant les sanctions, soit 4,4 millions de barils jour (Mbj), contre 3,9 Mbj l’année dernière. L’Iran a en effet obtenu d’être le seul pays à ne pas participer à la restriction d’exportation voulue par l’OPEP en décembre 2016, pour faire remonter les cours du brut.

Réarmement

Le nouveau cadre économique mis en place vise à attirer les compagnies étrangères mais surtout à redonner un statut de respectabilité au régime des Mollahs. Car au-delà des ressources pétrolières, Téhéran compte bien profiter de son retour dans le concert des nations pour obtenir des technologies d’armement, notamment de la France, de la Russie ou de la Chine. A l’instar de ses installations pétrolières, la marine militaire iranienne est vieillissante et le gouvernement souhaite la renouveler pour renforcer sa présence dans le stratégique golfe d’Aden. Sous couverts de lutte contre la piraterie, un phénomène réel, les marines des puissances du Golfe mais aussi américaines, françaises britanniques, chinoises, indiennes ou encore russes intensifient leurs opérations dans ce couloir maritime stratégique. La marine iranienne rêve de posséder un porte-avions mais la technologie et les financements manquent pour l’instant. Dernier indice, en décembre dernier, le président iranien Hassan Rouhani a demandé à l’agence nationale du nucléaire de développer la technologie de propulsion nucléaire pour équiper les futurs porte-avions et sous-marins du pays. Une annonce qui intervient ironiquement un an après l’accord iranien sur le nucléaire.

Romain Chicheportiche

Le bioéthanol séduit les Français

Les politiques anti-diesel profitent à l’essence. En 2017, la consommation d’essence est repartie à la hausse (+2,7%), après une forte baisse de 40% entre 2004 et 2014. Sur l’année 2016, la part de marché du SP95-E10 monte à 35,5%, contre 29% en 2013. C’est aussi 2,3% de plus qu’en 2015, pour une consommation totale proche de 3,5 milliards de litres. En décembre 2016, cette part atteint même 38% et s’approche fortement de celle du SP95 qui baisse à 40%.

En 2017, la filière bioéthanol s’attend à ce que le SP95-E10 devienne la première essence de France. Fin 2016, 5.500 stations proposent ce carburant qui est compatible avec 97% du parc roulant des véhicules essence.

L’E85 et l’ED95 pour booster la production de bioéthanol

Du côté du superéthanol-E85, même constat. 96 millions de litres ont été consommés en 2016, soit 1% du marché des essences. Le parc de stations distribuant ce carburant atteint 871 fin 2016. « Les volumes ont augmenté de 11%, près du double de la croissance de 2015 », se félicite la filière bioéthanol. Par ailleurs, les professionnels l’attendaient depuis longtemps : un arrêté définissant une procédure d’homologation pour les boitiers de conversion au superéthanol-E85 et leurs conditions d’installation devrait paraître mi-avril 2017. Les kits Ethanol E85 Flex Fuel seront ainsi homologués pour transformer n’importe quel véhicule essence classique en véhicule « flex-fuel » et carburer au superéthanol.

Egalement, l’arrivée sur le marché du carburant ED95, destiné aux bus et aux poids lourds, va booster la filière en 2017. Ce carburant est composé de 95% de bioéthanol et 5% d’additif pro-cétane, permettant la combustion par auto-inflammation du mélange. Enfin, le Parlement européen a voté fin 2016 l’augmentation de 7% à 7,5% de l’objectif d’énergies renouvelables dans l’essence. De quoi booster la filière française qui produit du bioéthanol à partir de sucre des betteraves, de l’amidon des céréales ou de résidus de leur transformation. Une filière qui mobilise près de 50.000 agriculteurs chaque année, 1% de la surface agricole utile et produit 9000 emplois directs, indirects et induits.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’Université de Bourgogne se chauffe en partie grâce à son datacenter

Les datacenters, ou fermes de serveurs informatiques, dissipent d’énormes quantités de chaleur finalement évacuées dans l’atmosphère donc perdues. La valorisation de cette chaleur dite «fatale» est au centre de multiples initiatives ces dernières années. A titre d’exemple, le datacenter du site du Val d’Europe, à Marne-la-Vallée, est «raccordé» au réseau de chaleur qui dessert le parc d’activités à proximité. Le même principe a été appliqué à l’Université de Bourgogne, sise à Dijon. Avec une distinction notable : le réseau de chaleur de cette université exploite une eau à haute température (90°C) et a donc requis une installation spécifique et inédite à cette échelle.

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Réparti sur quelque 300 m², le datacenter appartenant à cette université est opérationnel depuis septembre 2015. Il a été mis en oeuvre par la société Jerlaure, dont c’est le domaine d’activé. «La puissance actuelle des équipements informatiques s’élève à 400 kilowatts (kW) et la chaleur dégagée est du même ordre, précise Christophe Moucadeau, chef de projet chez Jerlaure. La valorisation de cette chaleur était inscrite à l’origine dans le cahier des charges au moment de l’appel d’offres. La chaufferie, utilisant des chaudières à gaz pour une puissance totale de 12 mégawatts, occupe en effet le bâtiment annexe.» Une configuration dont il fallait tirer profit.

Un amortissement sur deux ans

Cette chaufferie alimente toutefois le réseau de chaleur de l’université avec une eau à 90°C. Une situation rare, puisque d’ordinaire, l’eau circulant dans un tel réseau ne bénéficie que d’une température de 50°C environ. Les équipes de Jerlaure choisissent alors des groupes de récupération de chaleur de marque Ochsner, entreprise autrichienne, qui répondent à cette problématique. «Ces équipements comportent deux étages frigorifiques et ont la particularité de produire une eau à 90°C à la sortie du condenseur» explique Antony Moret, spécialiste en la matière chez Jerlaure. Qui décrit le cycle d’échange calorique entre la salle de serveurs et la chaufferie : «Les baies informatiques sont refroidies par des unités terminales à eau glacée. L’eau entre à 10°C et ressort à 15°C. Elle est ensuite acheminée vers les groupes Ochsner dans la chaufferie, lesquels renvoient l’eau à 10°C. » Et ainsi de suite…

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Pour quel résultat ? «La chaleur récupérée correspond à 5% des besoins de chauffage en hiver» annonce Antony Moret. Mais le système est aussi intéressant hors de la saison hivernale. «L’été, la chaufferie peut être arrêtée et la seule chaleur produite par le datacenter permet de faire face aux besoins des cuisines par exemple, observe Antony Moret. C’est un avantage pour l’exploitant. La valorisation est valable 365 jours par an et intégrale : elle implique la chaleur des serveurs et aussi la puissance électrique des compresseurs.» Si aucun budget n’est évoqué, le retour sur investissement est cependant rapide au regard du prix de l’énergie, conclut Christophe Moucadeau : «L’amortissement s’effectue au bout de deux ans seulement».

Par Frédéric Monflier

Présidentielles : le Syntec-Ingénierie expose ses propositions

Soulignant que les entreprises d’ingénierie interviennent sur l’ensemble des secteurs d’activité de l’économie française (industrie, bâtiment, infrastructures, environnement, transport, eau, énergie etc), qu’elles emploient 350 000 actifs, recrutent 30 000 personnes chaque année et génèrent près de 45 milliards d’euros de volume d’activité, le Syntec-Ingénierie émet des propositions pour asseoir la compétitivité de ses entreprises tout en rendant service aux citoyens et à l’économie française.

Compétitivité économique

Ainsi, le Syntec-Ingénierie propose d’assurer la pérennité des activités de ses entreprises tout en maintenant la France au rang des premières nations pour la qualité de ses infrastructures en concentrant les dotations de l’Etat aux collectivités locales sur le soutien aux investissements. Ceci afin de financer les projets de réhabilitation ou de constructions innovantes en intégrant les nouveaux outils digitaux. Le soutien à ses entreprises passerait aussi par la conversion du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charges et en le rendant accessible aux entreprises sans limite de salaire.

Compétititivé technique

Afin de soutenir l’innovation, clef de voûte de la compétitivité de ses entreprises, l’organisation professionnelle propose notamment de mettre rapidement en oeuvre le BIM, à travers des mesures incitatives dans un premier temps puis par des obligations réglementaires dès 2020 pour l’ensemble des ouvrages publics. Le Syntec-Ingénierie propose aussi de revoir le crédit d’impôt recherche (CIR) pour que ses entreprises puissent y accéder plus facilement. Enfin, l’ingénierie aimerait élargir le droit à l’expérimentation (qui permet de déroger à certaines normes si les résultats restent conformes) pour tous les projets et pas seulement pour les Opérations d’Intérêt National.

Place de l’ingénierie

Afin de fluidifier le travail sur les projets de construction tout en assurant une meilleure qualité et contrôle des ouvrages, l’Ingénierie souhaiterait simplifier et rationaliser les processus de concertation et de décision en phase amont des projets publics et privés et renforcer, par voie réglementaire, le contenu des missions de supervision et de contrôle des travaux réalisés sous maîtrise d’ouvrage publique. Par ailleurs, le Syntec-Ingénierie propose aussi de lever les barrières actuelles entre architectes et ingénierie afin que les deux professions puissent coopérer via la création de sociétés de maîtrise d’oeuvre mixte par exemple.

Sophie Hoguin

Les news du graphène: supraconductivité et intégration dans des Oled

Depuis sa découverte en 2004, on suspecte le graphène d’avoir des propriétés de supraconduction, c’est-à-dire d’être capable de transporter le courant électrique sans résistance.

Mais jusqu’à maintenant on n’avait réussi à le rendre supraconducteur qu’en le dopant ou en le couplant à un autre supraconducteur, sans savoir si les propriétés supraconductrices observées provenaient réellement du graphène ou sans que cela n’affecte pas certaines autres de ses propriétés.

Isolation de la supraconduction du graphène

Des chercheurs de l’université de Cambridge (UK) en partenariat avec des chercheurs israéliens et norvégiens ont réussi à activer le potentiel dormant du graphène à la supraconduction. Leurs résultats publiés dans Nature Communications (DOI: 10.1038/NCOMMS14024), ont été obtenus en le couplant à un matériau appelé PCCO (praseodymium cerium copper oxide). Ce type de supraconducteur, appelé cuprates ou supraconducteurs à haute température critique, possède des propriétés électroniques bien connues. En utilisant un microscope à effet tunnel, les chercheurs ont pu distinguer la supraconduction provenant du PCCO de celle provenant du graphène.

Une supraconduction à symétrie p-wawe ?

La supraconduction se caractérise notamment par la formation de paires d’électrons. Les scientifiques distinguent différents types de supraconduction selon l’alignement du spin des deux électrons formant une paire. Dans le cas du PCCO les spins sont antiparallèles ce qui est caractéristique d’une symétrie dite “d-wawe”. Et ce que les chercheurs ont vu dans le graphène était très différent, ils pensent qu’il s’agirait d’une symétrie “p-wawe”. Ces résultats sont très importants à deux égards : d’une part, cela prouve que le graphène possède bien des propriétés supraconductrices intrinsèques et d’autre part cela lèverait une partie du voile sur l’existence, jusqu’à présent supposée, de cette supraconductivité à symétrie p-wawe que l’on n’arrive pas à vérifier depuis 20 ans.

S’il est confirmé que le graphène possède ce type de supraconduction, cela ouvre tout un champ pour la recherche théorique et appliquée. Tout d’abord pour comprendre cette nouvelle symétrie supraconductrice et ensuite pour inclure le graphène supraconducteur à des objets très variés comme des composants électroniques moléculaires.

Des électrodes d’Oled en graphène

Les chercheurs de l’institut allemand Fraunhofer, en partenariat avec des industriels (notamment l’espagnol Graphenea et le britannique Bristish Aixtron) au sein du projet de recherche européen “Gladiator”, ont réussi à produire des électrodes d’Oled à partir du graphène. Les électrodes produites font 2×1 cm².

Méthode de fabrication

La production de ces électrodes est opérée dans le vide. Dans une chambre en acier, une plaque (wafer) de cuivre de grande pureté est chauffée à 800°C. Les chercheurs injectent alors un mélange de méthane et d’hydrogène pour initier la réaction chimique.Le méthane se dissout dans le cuivre et forme des atomes de carbone à la surface de la plaque. Le procédé ne prend que quelques minutes. Après une phase de refroidissement, on transfert la couche de graphène sur un support polymère.

Préparation pour la commercialisation

Les chercheurs du projet, qui doit s’achever en avril 2017, travaillent aujourd’hui à améliorer le procédé pour retirer les impuretés ou défauts qui peuvent subsister lors du transfert de la couche de graphène de la plaque de cuivre vers un autre support. “Les premiers produits pourraient être lancés dans 2-3 ans”, prédit Béatrice Beyer, chef du projet, mais, les applications possibles sont pléthores : écrans tactiles (un film polymère remplacerait la plaque de verre), fenêtre intelligente régulant la lumière ou activant des filtres polarisant, cellules photovoltaïques, textiles high-tech, dispositifs médicaux…

Sophie Hoguin

Pourquoi Safran achète-t-il Zodiac ?

Le 18 janvier 2016, le groupe d’aéronautique et de défense, Safran, a lancé une OPA amicale de près de 10 milliards d’euros sur Zodiac Aerospace, équipementier de l’aéronautique. La fusion des deux entreprises donnera naissance à un groupe industriel de 21 Mds d’euros de chiffre d’affaires employant près de 92 000 personnes dans 60 pays dont plus de 45000 en France. Le groupe portera le nom de Safran, mais Zodiac sera préservé en tant que marque commerciale.

Une place de choix sur le marché mondial

Ainsi, si l’on excepte Boeing et Airbus, cette fusion placerait ainsi Safran juste derrière les deux groupes américains leaders mondiaux de l’aéronautique, UTC ( avec un CA de 25,4 milliards d’euros en 2015) et GE Aviation (22,2 milliards). Ce rapprochement est aussi cohérent avec le marché aéronautique dans lequel les deux avionneurs principaux (Boeing et Airbus) mettent toujours plus la pression pour faire baisser les prix.

Les activités des deux entreprises sont complémentaires et la nouvelle entité pourra ainsi répondre à l’intégralité de l’aménagement d’un avion: Safran apportant les trains d’atterrissage, les roues et freins, les nacelles, les systèmes électriques embarqués, les actionneurs et l’avionique pendant que Zodiac fournit sièges, aménagements de cabine, répartition de puissance, circuits d’éclairage, d’alimentation en carburant, d’oxygène et de fluides et équipements de sécurité.

En outre, explique Safran dans un communiqué de presse, “dans le secteur des systèmes électriques, [les complémentarités des deux entreprises] offriraient au groupe un positionnement idéal pour les développements futurs de l’”avion plus électrique”.

Une garantie pour l’avenir de Zodiac

Depuis deux ans, Zodiac a connu la tourmente : défauts de qualité, commandes en retard, chute de moitié du titre en bourse. Fragilisé, Zodiac espérait se sortir de ce mauvais pas grâce à un plan de transformation industrielle lancé l’année dernière. Mais dans un marché très concurrentiel, il est clair que son intégration à Safran garantit aussi, de manière plus sûre, son avenir et les emplois qui y sont liés. D’autant que contrairement à ce qui s’était passé en 2010, Safran, cette fois fait une offre amicale, issue d’une co-construction entre les dirigeants des deux entités.

Selon les estimations communiquées par Safran, la fusion devrait engendrer à terme 200M€ par an de synergies de coûts (achats, frais généraux, optimisation des implantations géographiques). La signature de l’accord définitif devant d’abord attendre l’avis des représentants du personnel des deux entreprises et l’obtention des autorisations réglementaires, “la finalisation de l’offre publique est attendue à la fin du 4ème trimestre 2017 et la réalisation de la fusion début 2018”, a précisé l’acheteur.

Sophie Hoguin

Vénus : d’une onde de gravité géante à la recherche de la vie

La formation en arc de cercle qui traverse la planète sur 10 000 km de pôle en pôle, dévoilée l’année dernière par les images prises dans l’infrarouge thermique et l’ultraviolet par la sonde japonaise Akatsuki (voir l’article sur l’atmosphère de Vénus), pourrait être une onde de gravité géante selon les analyses des chercheurs japonais de l’Agence d’exploration aérospatiale du Japon (Jaxa) qui ont publié leurs résultats dans Nature Geoscience. Mais loin d’être une réponse, leurs conclusions ne fait qu’apporter d’autres interrogations.

Des vents qui devraient tout balayer

Ce qui intrigue les chercheurs, c’est que l’atmosphère de Vénus, étudiée à 65km d’altitude, se déplace à plus de 300km/h et qu’elle fait donc le tour de la planète en 4 jours terrestres, alors que la formation, elle, se déplace à la même vitesse que la planète (qui met 234 jours à tourner sur elle-même). Les scientifiques ont découvert plusieurs phénomènes qui se déplacent légèrement plus vite ou plus lentement que les vents principaux. L’hypothèse la plus probable est celle de l’existence d’ondes de gravité liées aux reliefs de la planète et il en serait de même pour cette méga-formation. Les ondes de gravité atmosphériques sont des oscillations de masse d’air engendrées par la lutte entre la force de gravité et la force d’ascension. Pour soutenir cette hypothèse, les Japonais ont créé une simulation de l’effet d’une onde de gravité sur les mesures de température de l’atmosphère de Vénus. Le résultat  fournit une image très similaire à ce qui est observé. Mais, relèvent les scientifiques, la formation et la propagation de ces ondes de gravité liées à des montagnes restent difficile à réconcilier avec ce que l’on imagine des conditions atmosphériques plus proches de la surface. Ce qui pourrait suggérer disent-ils que les vents vénusiens sont beaucoup plus variables dans l’espace et dans le temps que ce que l’on pense aujourd’hui. D’autant que le phénomène s’il a duré a finit par disparaître et ne s’est pas représenté.

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Copyright : Nature Geoscience Perturbation du champ des températures à 65 km d’altitude par la présence d’une onde de gravité stationnaire calculé par un modèle numérique

Une mission russo-américaine pour trouver de la vie ?

La mission Venera D est une mission russe vers Vénus qui pourrait renaître de ses cendres et se faire en collaboration avec la Nasa. Une équipe internationale a travaillé pour préciser les principaux objectifs visés et elle oit présenter son rapport final aux responsables américains et russes à la fin du mois a expliqué David Senske, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena en Californie, cité par le site space.com.

Venera D pourrait se composer d’un orbiteur qui travaillerait trois ans dans l’atmosphère de Vénus et d’un atterrisseur qui y travaillerait quelques heures. En ligne de mire: mieux comprendre et connaître la composition, la structure et la dynamique de l’atmosphère vénusienne, appréhender la composition et la morphologie de la surface de la planète et recherche des traces de vie dans l’atmosphère. En effet, si les températures et la pression semblent incompatibles avec la vie à la surface, les conditions à 50 km d’altitude pourraient être acceptables pour de la vie microbienne.

Par Sophie Hoguin

Trump donne le feu vert à deux pipelines

Pétrole, avortement, Obamacare et traité de libre-échange, telles ont été les premières décisions de Donald Trump comme président des Etats-Unis. Le feu vert aux pipelines Keystone XL et Dakota Access s’intègre dans le grand plan de construction d’infrastructures d’énergie et de transport promis par le président-élu.

Emplois Vs Environnement

Fidèle à sa stratégie de communication, Donald Trump prétend vouloir renégocier le contrat tout en donnant un feu vert de principe : « Nous aller renégocier certains des termes. Puis, s’ils le souhaitent, nous verrons si nous pouvons faire construire ce pipeline. Beaucoup d’emplois, 28 000. De super emplois de construction », s’est félicité le président des Etats-Unis. Keystone XL est un projet de pipeline reliant sur 1 900 km (dont 1 400 aux Etats-Unis) les sites d’extraction de sables bitumineux de l’Alberta (Canada) vers les raffineries texanes du golfe du Mexique. Cela revient à traverser les Etats-Unis du nord au sud sur six états. Il répond à un besoin canadien de traiter son pétrole lourd (nécessitant des processus de raffinage plus complexes) dont l’exploitation s’est accrue ces dernières années. Le projet atteindra à terme une capacité de transport de 830 000 barils de brut par jour.

Donald Trump ne risque pas de se fâcher avec sa majorité républicaine sur ce sujet, cette dernière étant largement acquise au lobby pétrolier. Mitch McConnell, le chef des Républicains au Sénat, a encensé le projet Keystone expliquant qu’il était pourvoyeur « d’emplois et d’indépendance énergétique pour notre nation ». Même son de cloche du côté canadien : « Dans les deux conversations que j’ai eues avec le président Trump, Keystone XL est tombé sur la table et j’ai réitéré mon soutien. Je suis le dossier et l’appui depuis de nombreuses années, car cela mène à la croissance économique et à de bons emplois pour les Albertains », s’est félicité Justin Trudeau, le Premier ministre canadien régulièrement attaqué par les associations environnementales sur ce sujet.

D’environnement, il en est également question concernant l’autre projet, Dakota Access. Le pipeline en question, à 90% construit selon la Maison Blanche, est un projet évalué à 3,8 milliards de dollars (3,4 mds €) qui doit permettre d’évacuer les productions d’huiles de schiste de l’énorme gisement de Bakken dans le Dakota du nord vers le hub pétrolier de Patoka (Illinois). Il aura une capacité de transport opérationnelle de 470 000 barils/jour. La réserve de Standing Rock Sioux près duquel passe le tracé craint des contaminations d’eau, ce que le promoteur du projet, Energy Transfer, s’est engagé à prévenir.

Enfin, Donald Trump a signé un troisième décret passé un peu plus inaperçu sur la construction des pipelines sur le territoire de l’oncle Sam. Il indique que le Secrétaire au Commerce devra soumettre un plan au Président dans le 180 jours visant à ce que : « tous les pipelines neufs, ainsi que les pipelines modernisés, réparés ou agrandis, à l’intérieur des frontières des États-Unis, y compris des portions de pipelines, utilisent des matériaux et équipements produits aux États-Unis, dans la mesure du possible et dans la mesure permise par la loi ». Une formulation vague, mais le décret vise officiellement les aciers de construction. Pour rappel le premier producteur mondial d’acier est, de loin, la Chine…

Par Romain Chicheportiche

Les drones vont-ils révolutionner l’agriculture ?

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Des drones pour une agriculture de précision / Sensefly (Parrot)

Selon un rapport du cabinet d’audit PwC, le marché potentiel pour les drones agricoles avoisine les 30,5 milliards d’euros. Pour Bank of America Merrill Lynch, l’agriculture pourrait représenter 80 % du marché des drones commerciaux dans un futur proche, jusqu’à générer 82 milliards de dollars d’activité économique aux Etats-Unis, entre 2015 et 2025.

Les “agridrones” sont devenus la spécialité de certains fabricants, comme AeroVironment, d’opérateurs comme Airinov, qui propose un service de cartographie des parcelles agricoles, ou de concepteurs d’appareils de précision, comme Raven Industries.

Et pour cause : les drones agricoles possèdent un potentiel colossal. Par exemple, le RX60 d’AgEagle et Raven, permet de prendre des photos aériennes d’une exploitation, et d’identifier des zones nécessitant d’être traitées, avec une grande précision – une aide précieuse à la décision, pour les agriculteurs, désireux de pulvériser leur engrais et leurs produits chimiques uniquement là où ils en ont besoin.

Une agriculture de haute précision

Pour les agriculteurs, qui sont confrontés à un climat de plus en plus détraqué (PwC parle de “phénomènes météorologiques extrêmes à la hausse”), mais qui conservent la mission de nourrir une population toujours plus nombreuse (9 milliards d’individus d’ici 2050), les drones agricoles constituent un outil permettant d’évaluer très vite l’état d’une récolte, d’estimer les rendements, de collecter des données et de les analyser bien plus vite et bien plus efficacement qu’autrefois.

Les drones permettent d’analyser les sols en produisant des cartographies en 3D, ainsi que des données pour améliorer la gestion des niveaux d’engrais azotés, ou encore la planification des semences. Munis de scanners lasers, ils permettent de réaliser des mesures à distance via la “télédétection par laser” (lidar), afin de mieux pulvériser des produits chimiques. “Les experts estiment que la pulvérisation aérienne peut être rendue 5 fois plus rapide avec des drones”, indique PwC.

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Farming / Lima Pix / Licence CC / Flickr

Selon Nesta, fondation britannique spécialiste en innovation, le suivi des récoltes est rendu bien plus efficace grâce aux drones agricoles qui, munis de caméras embarquées et pilotés par l’agriculteur, peuvent “prendre des images dans une résolution supérieure à l’imagerie par satellite”, et peuvent couvrir 400 hectares en une heure.

Des logiciels de traitement d’image permettent notamment de créer une carte des zones agricoles, et de détecter les zones où il est nécessaire, soit d’envoyer de l’engrais, soit de retirer des mauvaises herbes. Par exemple, en combinant des photographies en une “orthomosaïque”, et en appliquant les algorithmes de l’indice de végétation par différence normalisé NDVI (Normalized Difference Vegetation Index), il est possible de créer une carte de réflectance d’une zone agricole. Tout cela, “sans les coûts et les lourdes procédures engendrées par des services de vols habités”, indique SenseFly, la division de “drones professionnels” de Parrot.

Equipés de capteurs thermiques ou desystèmes d’imagerie hyperspectrale, les multirotors peuvent aussi  identifier les zones sèches d’un champ, afin d’aider à une meilleure irrigation. Enfin, grâce à des capteurs infrarouges, les aéronefs sans pilote (UAV) permettent de connaître “l’état de santé” de chaque plante, au moyen d’images multispectrales, et de repérer le début de propagation d’une maladie dans une parcelle.

Cette agriculture de précision permise par les drones permettrait à l’agriculteur, selon les experts, de diminuer le coût des intrants et d’optimiser les rendements – de 2 à 5% dans le cas du blé. D’après Nesta, les revenus d’une exploitation moyenne pourrait ainsi être augmentés de “près de 20%”.

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Le RX60 d’AgEagle / Raven Industries

Les agriculteurs français, fans des drones

Les drones semblent avoir largement séduit les agriculteurs, notamment en France. Depuis 2014, la Chambre d’agriculture de la Somme propose ainsi aux agriculteurs du département, un drone conçu par Sensefly et dédié à la cartographie, le “eBee”. Présenté comme autonome (il n’a pas besoin d’être piloté, puisqu’il suffit de définir la zone à cartographier sur une carte numérique, pour qu’il gère seul son “plan de vol”), ce multirotor testé avec succès dans les champs samariens, permet de mesurer le stress hydrique et la présence de maladies dans les cultures, de réaliser une analyse spectrale de la végétation, de calculer le volume de bois dans une forêt, ou encore de prendre des photos pour déterminer l’apport d’azote déjà reçu par les cultures. “Le drone se révèle plus précis que des mesures par satellite telles qu’il en existe déjà. Il est aussi plus flexible dans son utilisation, à la demande, et moins sensible à la météo”, selon Le Monde.

Depuis 2014, le viticulteur Bernard Magrez utilise des drones pour “identifier l’hétérogénéité au sein d’une parcelle, afin d’avoir des traitements différenciés” : les drones permettent de détecter des pieds malades ou en situation de stress hydrique. Le groupe bordelais espère pouvoir bientôt les utiliser pour détecter plus rapidement les attaques de mildiou.

De leur côté, les “agridrones” d’Airinov, là encore autonomes (ils suivent des plans de vol, programmés en fonction de la parcelle à survoler et à analyser) sont utilisés par de nombreux agriculteurs, du nord de la France à l’Eure-et-Loire, en passant par la Nouvelle-Aquitaine avec la coopérative Océalia – pour cartographier les champs, mesurer la lumière absorbée ou réfléchie par les plantes, et ainsi améliorer la fertilisation des sols, détecter des maladies, repérer les zones à désherber ou les besoins en engrais d’une exploitation. Pour Jean-Baptiste Bruggeman, agriculteur et pilote de drone, c’est clair : “d’ici 2018, la majorité des surfaces agricoles en France et la majorité des agriculteurs utiliseront des drones”. Selon Océalia, dont les agriculteurs utilisent les drones d’Airinov pour “optimiser leurs récoltes”, les rendements auraient augmenté de 10% en un an.

Les drones peuvent même être utilisés dans le cadre de la lutte biologique : les fabricants Agribird (spécialisé dans le matériel agricole high-tech) et Helipse (concepteur d’hélicoptères UAV), ont ainsi conçu le HE190, un drone capable de larguer, au plus près de zones à traiter, de façon autonome, une “charge utile”, le Trichospray – en fait, des capsules contenant des larves de trichogrammes, prédatrices du pyrale, insecte connu pour ravager les champs de maïs. Ce qui permet, indique Paul Guermonprez, ingénieur innovation chez Intel, “un traitement de précision”.

Par Fabien Soyez

Les drones, au service du BTP, des mines et des carrières

Selon SenseFly, le bâtiment, les mines et les carrières sont “le secteur le plus porteur” pour les drones. Idem selon Emmanuel de Maistre, CEO de Redbird, l’un des principaux opérateurs de drones civils en France, qui estime que “c’est dans la construction et l’industrie minérale que les solutions existantes sont les plus abouties”, soulignant “l’énorme valeur ajoutée” des drones pour les gestionnaires de chantiers.

Les drones vont-ils révolutionner le BTP, les mines et les carrières, tout comme ils semblent être en train de transformer le visage de l’agriculture ? Rodolphe Jobard, fondateur-directeur de Dronea, société de prestation de services de drones pour l’industrie, décline une liste intéressante d’avantages à utiliser les drones. “Ils permettent de vérifier l’état d’une installation industrielle, de prendre des mesures plus rapidement qu’en ayant recours à un géomètre ou un topographe (et dans des endroits difficilement accessibles)”, indique-t-il.

Une utilisation encore “marginale” en ville

Les drones permettent en outre de mesurer l’efficience énergétique des bâtiments (via, notamment, une inspection thermique, lorsque les appareils sont munis de capteurs), d’inspecter leurs toits, de les cartographier et de les modéliser.  “Les drones captent aussi des données très précises et utiles pour les études de terrain, les relevés topographiques et la cartographie. Ainsi, ils améliorent les rendements et font gagner un temps considérable à ceux qui gèrent des chantiers”, indique Rodolphe Jobard.

Mais si SenseFly et Redbird semblent aussi confiants dans la capacité des drones à investir le secteur du BTP, des mines et des carrières en raison de leur fort potentiel, il n’en reste pas moins que leur utilisation demeure” assez marginale” en ce qui concerne précisément le domaine du bâtiment, selon le directeur de Dronea.

“Les mines et les carrières n’ont pas vraiment de problème, car cela se déroule dans des zones peu peuplées… Mais le BTP se passe surtout en ville, où la réglementation actuelle restreint grandement l’utilisation des drones”, indique Rodolphe Jobard, qui n’estime qu’à 10% l’application industrielle actuelle des drones dans le domaine du bâtiment.

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Les drones, un fort potentiel dans le secteur du bâtiment / Dronea

Les drones pour améliorer la gestion des grands chantiers

Dans le domaine des grands chantiers, en revanche, les drones s’avèrent de plus en plus utilisés. Ainsi le groupe de travaux publics Monnoyeur utilise-t-il depuis 2014, les drones de Redbird pour inspecter des chantiers de Lignes Grande Vitesse (LGV), et améliorer leur gestion en modélisant en 2D ou en 3D les stocks de matière, ainsi que les volumes excavés. Un moyen, notamment, de réduire l’utilisation des engins de chantier, et donc d’économiser du carburant.

Pour “améliorer leur productivité”, Caterpillar fournit une flotte de drones (ainsi que le support de son partenaire Redbird) aux exploitants de grands chantiers. Ils leur permettent de suivre, en temps réel, l’avancement des travaux et les stocks de matériaux.

Idem chez Bouygues Construction et Colas, sa filiale de travaux publics, ou encore chez Lafarge, qui utilisent des drones pour cartographier et quantifier les réserves de matériaux lors de la construction d’infrastructures routières, ou de minerais extraits lors de l’exploitation de carrières – un travail long pour un géomètre (en raison notamment des risques d’éboulement, cela peut durer plusieurs jours), quand un drone peut survoler tout un site en à peine une heure.

 

Un gain de temps et d’argent pour la réalisation de topographies

Pour les exploitants de mines et carrières, les drones permettent de concevoir très facilement des orthophographies (images aériennes du sol rectifiées géométriquement et égalisées radiométriquement) géoréférencées des terrains, ainsi que des modèles numériques d’élévation (MNE). Ils fournissent aussi des données précieuses en hydrologie (détection thermique des entrées d’eau souterraine).

Sachant qu’il s’agit de terrains souvent difficiles d’accès pour les professionnels, “les drones civils constituent un gain de temps et  d’argent pour la réalisation rapide et efficace des données topographiques et de la modélisation des stocks – tout en préservant la sécurité des humains”, indique BM Drone, société de service spécialisée en acquisition de données géoréférencées par drone. Si ces engins volants ne révolutionnent pas encore totalement le domaine du BTP et des mines et carrières, ils en prennent clairement le chemin.

Par Fabien Soyez

Drones professionnels : faut-il revoir la réglementation ?

Nombreux sont les opérateurs et les industriels à rêver d’une révision de la réglementation établie par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), afin de faire voler leurs drones sur de plus longues distances, si possible hors-vue (hors de la vue du télépilote), avec des charges plus lourdes.

La France fait partie des 63 pays ayant déjà adopté une réglementation sur les drones, et fait figure de pionnière en la matière. Aujourd’hui, l’on dénombre dans l’hexagone quelque 2300 opérateurs, pour 4200 drones professionnels. A des fins de sécurité, une réglementation a été mise en place en 2012. “Elle instaurait une certaine lourdeur administrative, car il fallait déclarer les vols de drones aux aéroports, à la DGAC et aux entités de la défense. C’était très lourd”, se souvient François Legrand, chargé de la réglementation aérienne pour Airinov, premier opérateur français des drones agricoles.

Des scénarios de vol favorables aux drones agricoles

Plusieurs arrêtés ont considérablement allégé ces “lourdeurs” en 2015 et 2016. Désormais, les drones civils professionnels sont identifiés et leur utilisation est distinguée de celles des drones de loisirs. “Les procédures auprès des préfectures ont été simplifiées, et les délais des demandes d’autorisations de vols ont été raccourcis”, précise Stéphane Morelli, président de la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC).

En zones non peuplées (scénario de vol S1), il est désormais possible de voler de nuit, avec un plafond de vol limité à 200 mètres d’éloignement du pilote, au lieu de 100 mètres avant 2016. Le vol peut être hors-vue : il s’agit du scénario de vol S2, dans lequel le drone peut évoluer dans un rayon de 1 kilomètre autour du télépilote, à une altitude inférieure à 150 mètres. “Dans le cas des drones agricoles, c’est amplement suffisant pour couvrir les parcelles d’exploitations allant de 30 à 40 hectares. La réglementation est donc favorable aux drones pour l’agriculture”, indique François Legrand.

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Drone vs Cow / Lima Pix / Licence CC / Flickr

Un usage des drones professionnels en ville limité

En revanche, les vols S3, qui concernent le survol (à vue) de zones de population, restent très contrôlés, pour des raisons de sécurité. Comme en 2012, les drones ne peuvent s’éloigner plus de 100 mètres du télépilote. Il faut aussi faire une déclaration à la préfecture afin d’obtenir une autorisation, et déclarer les plans de vol à la DGAC. Dans le cas des drones agricoles, amenés parfois à survoler des villages ou des champs situés à côté d’aéroports ou d’aérodromes ( la réglementation interdit de survoler et de voler à proximité de ces lieux), les opérateurs passent des accords avec les aéroports et les aérodromes,. “Autrefois, il fallait passer par la préfecture ou la DGAC lorsqu’il s’agissait de voler au dessus d’exploitations agricoles proches de ces ‘no fly zones’ : désormais, c’est beaucoup plus simple”, précise le chargé de la réglementation d’Airinov.

Dans le cas des vols de drones professionnels utilisés pleinement en ville, par exemple dans le secteur (porteur) du bâtiment, “la réglementation reste très contraignante et limite clairement leur usage, quand ces appareils gagnent chaque année en durée de vol, en précision et en fiabilité”, regrette Rodolphe Jobard, directeur de l’opérateur Dronea, spécialisé dans le BTP. En ville, il réalise des cartographies, des modélisations et des inspections thermiques de bâtiments. “Mais la réglementation confine les drones sur des distances bien trop courtes. On peut monter à la verticale, prendre des photos et redescendre, mais si l’on veut faire de la photogrammétrie, il faut survoler ce que l’on veut scanner, et l’interdiction de survol de personnes et la limitation de distance à 100 mètres du pilote rendent cela très difficile”, ajoute-t-il. Résultat : “certaines entreprises trichent et volent plus loin que permis, pour distancer la concurrence, il ne faut pas le cacher”.

Rodolphe Jobard ne cache pas sa déception, car pour lui, c’est dans le survol des chantiers et des bâtiments en ville que le potentiel économique des drones est le plus grand. “Mais si vous voulez scanner une ville entière, afin de repérer les bâtiments mal isolés, vous ne pourrez pas parce que cela sera légalement impossible avec des drones. Survoler de grandes étendues reste l’apanage des avions, qui peuvent voler et scanner des dizaines de km2”, note-t-il.

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Drone, Rc, Blade 180 Qx Hd, Quadrocopter / Fill / Licence CC / Pixabay

Le hors-vue en zones non-peuplées encore trop restreint ?

Dans le cas du survol de lignes électriques, le hors-vue n’est pas permis. Ce qui n’est pas le cas pour l’inspection des gazoducs, ou des voies ferrées, la SNCF et GRTgaz pouvant utiliser des drones certifiés S4. Ce scénario de vol concerne les vols longue distance, dans des zones non peuplées, qui peuvent se dérouler sans pilotes. “Mais même là, les drones ne peuvent pas voler plus loin que 1 kilomètre, alors qu’il s’agit de centaines de kilomètres d’installations. Résultat, il faut morceler son vol en plusieurs étapes… C’est la raison pour laquelle les drones ont encore du mal à s’imposer face aux hélicoptères pilotés par des humains, qui peuvent voler sur des centaines de kilomètres en une journée. Économiquement, ce n’est pas encore très rentable…”, estime Rodolphe Jobard.

Prendre exemple sur la simplification américaine

En attendant une révision de la réglementation, et pourquoi pas une harmonisation européenne des réglementations, les USA ont adopté durant l’été 2016, des règles qui encadrent l’utilisation des drones civils commerciaux. “De quoi faire exploser le marché américain qui devrait très vite se hisser au premier rang mondial”, selon Emmanuel de Maistre, co-fondateur de l’opérateur Redbird.

Parmi les mesures phares de la Federal Aviation Association (FAA) : la simplification des procédures à suivre pour faire voler un drone dans le cadre d’une activité commerciale, et la réduction des délais d’attente (qui pouvaient atteindre jusqu’à 6 mois auparavant) pour recevoir les autorisations de vol correspondantes. Selon Emmanuel de Maistre, la France, qui reste en “tête de file du secteur” des drones civils, risque de perdre du terrain si sa réglementation n’évolue pas et ne prend pas exemple sur la simplification américaine.

Pour le fondateur de Redbird, “des flous subsistent sur la définition des zones peuplées”, et le scénario S4 “n’est pas significativement modifié, alors qu’il représente une opportunité économique majeure” – en particulier pour les secteurs de la construction, des mines et des carrières.

Par Fabien Soyez

Les drones, un atout pour l’énergie et les énergies renouvelables

“Les drones ont un avenir prometteur dans le secteur de l’énergie et des énergies renouvelables”, si l’on en croit le cabinet de conseil SIA Partners. Leur potentiel s’avère en effet vaste, au point qu’ils représentent un véritable atout, permettant une inspection technique en zones à risque (plateformes offshore, méthaniers, centrales nucléaires, éoliennes), un examen des barrages, ou encore la maintenance des panneaux solaires.

Avec les drones, la mise en place des inspections et des évaluations des entreprises du secteur de l’énergie à des fins de maintenance prédictive et d’optimisation sont accélérées – en particulier dans des zones dangereuses. “Dans le nucléaire, par exemple, il est plus facile et moins cher d’utiliser des UAV, que d’envoyer des techniciens humains”, note Paul Guermonprez, ingénieur innovation chez Intel.

Entretenir les centrales solaires ou nucléaires

Dans le secteur des panneaux solaires, les drones constituent des outils révolutionnaires, qui permettent de détecter des défauts. “Les fermes solaires représentent une énorme surface. Les drones vont pouvoir prendre des photos, très bien cadrées, de tous les panneaux. Ces photos seront toujours analysées par des humains, mais cela permet de gagner beaucoup de temps”, explique Paul Guermonprez. “S’il y a de la poussière sur les panneaux, des drones permettent même de les nettoyer”, ajoute-t-il, citant les drones d’Ecoppia, fabriquant israélien.

Dans le cadre de la maintenance et de la supervision de ses générateurs solaires, EDF Énergies Nouvelles (ENR) utilise de son côté des drones thermographiques : déployés autour des centrales photovoltaïques, ils analysent les toitures, analysant de possibles anomalies, mesurant la température des panneaux, et repérant d’éventuels “points chauds”.

EDF utilise aussi des drones pour inspecter la structure extérieure des installations de ses centrales nucléaires – ce qui permet d’éviter de mettre en œuvre de trop importants moyens humains et matériels. Là encore grâce à des caméras thermiques haute résolution, le drone détecte des défauts invisibles à l’oeil nu. Les images collectées peuvent être utilisées par EDF ENR pour déclencher, si besoin, des opérations de maintenance ciblées et rapides. Bouygues Energies et Services s’est également équipée de drones, afin d’inspecter les panneaux photovoltaïques de ses centrales solaires. Là aussi, grâce à des caméras thermiques, les cellules photovoltaïques défectueuses sont détectées très rapidement, et d’une manière très précise.

Sur ce drone à 6 moteurs, la caméra est stabilisée sur une nacelle 2 axes. Tant que le vent ne dépasse pas les 50km/h, le drone reste stable. La capuchon orange est une protection en cas de
Équipés de caméras thermiques, les drones survolent les panneaux solaires / Bouygues

Inspecter les pales des éoliennes, au plus près

Enfin, EDF ENR utilise des drones pour inspecter les pales des éoliennes (en particulier ceux situés en mer) – une activité traditionnellement coûteuse et surtout très périlleuse pour les techniciens humains, qui évaluent visuellement l’état des pales en étant tractés par des cordes.

“Les inspections par prise de vues suppriment ces inconvénients et permettent l’utilisation de capteurs en dehors du spectre visuel (inspection thermique à l’infrarouge, en profondeur avec des ondes sonores…). Elles permettent aussi d’automatiser certains traitements d’images (reconnaissance automatique de défauts) et de conserver un historique pour chaque pale”, indique André Moura, CEO de la startup Pro-Drone. Mais le plus grand intérêt du drone reste de pouvoir s’approcher très près des pales, afin d’offrir une très grande résolution, de l’ordre du millimètre, tout en faisant des économies. “L’inspection humaine coûte environ 1500 $. Avec un drone, cela coûte deux fois moins cher”, selon SkySpecs, startup qui fournit des inspections par drones pour les gestionnaires d’infrastructure.

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Eoliennes à Stirling, Alberta, Canada (photo prise par un drone) / Aero Retina Optics / Licence CC / Dronestagram

Détecter des hydrocarbures, inspecter les barrages

Pour protéger l’environnement, mais aussi les techniciens humains, Total utilise des drones pour détecter la présence de fuites de gaz ou d’hydrocarbures sur ses plateformes pétrolières. Le drone “Helper” est ainsi capable de repérer une fuite d’huile, et de l’analyser. Il peut aussi déposer une “balise” géolocalisée, qui permettra ensuite de suivre les déplacements de la nappe de pétrole, en temps réel, afin d’optimiser les opérations de dépollution.

Helper est aussi un “sauveteur” en mer, et est capable de localiser une personne tombée à l’eau, ainsi que de lui envoyer une bouée géolocalisée et autogonflable.

A noter que Veolia a également recours aux drones pour l’observation et la maintenance des barrages – difficilement accessibles pour des humains. La SARP, filiale de Veolia spécialisée dans l’assainissement, utilise ainsi des “octocoptères” de Drone Volt, les “Drone Spray”, pour inspecter et nettoyer des ouvrages pouvant atteindre jusqu’à 40 mètres de haut.

Par Fabien Soyez

Des drones pour surveiller les réseaux

Le gros de l’utilisation actuelle des drones dans l’industrie a lieu dans le cadre d’activités risquées et coûteuses, comme l’inspection de lignes à hautes tension et de réseaux électriques. Automatisés, les UAV permettent aux grands opérateurs français de réseaux d’inspecter des milliers de kilomètres d’installations sans arrêter leur exploitation, tout en réduisant les risques d’accidents, ainsi que le coût de leurs opérations de surveillance.

En embarquant une caméra et des capteurs, les drones permettent de capturer de nombreuses données, et de prendre des clichés haute résolution, afin de réaliser des cartographies ou des modélisations 3D – en toute sécurité. “Travailler sur un pylône haute-tension, c’est dangereux. Utiliser des drones, cela signifie une sécurité améliorée, en plus de pouvoir voler en permanence et d’analyser rapidement des milliers de kilomètres de câbles électriques”, indique Paul Guermonprez, ingénieur innovation chez Intel. Jusqu’ici, pour inspecter les lignes électriques d’une installation industrielle ou des réseaux de lignes à haute tension, “il fallait avoir recours à des hélicoptères, qui coûtaient chers, avec le risque d’un accident”, ajoute-t-il.

Inspecter… ou poser des câbles haute tension

Chez ERDF comme chez Bouygues Energies et Services, des drones permettent ainsi d’inspecter les pylônes ou lignes à haute tension à des fins de maintenance – plutôt que des avions ou des hélicoptères, qui coûtent cher. Idem chez EDF Énergies Nouvelles (ENR), qui utilise des aéronefs non habités pour surveiller des postes de transformation et contrôler les isolateurs défectueux.

Des drones peuvent même être utilisés, non plus pour simplement analyser, mais aussi pour poser des câbles haute-tension. “Au lieu d’utiliser un hélicoptère, qui coûte là encore très cher et qui pollue, on a recours à un drone, simple à utiliser, moins coûteux et avec un impact écologique moindre”, indique Paul Guermonprez. Ainsi, Bouygues Energies et Services, tout comme Engie IneoRHT, utilisent des drones pour dérouler des câbles en haut des pylônes haute tension.

Concernant l’analyse des milliers de kilomètres de câbles électriques, Rodolphe Jobard, directeur de l’opérateur Dronea, constate : “il y a un potentiel colossal, mais pour l’instant, la réglementation ne permet pas d’utiliser des drones de façon vraiment régulière, car ils ne peuvent voler en hors-vue pour des raisons de sécurité”. En outre, pour lui, les constructeurs d’hélicoptère, concurrencés, risque de contre-attaquer. “Mais peut-être se mettront ils eux-mêmes aux drones pour l’industrie, pourquoi pas ?”, questionne-t-il.

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Pylônes éléctriques photographiés par drone / Simonskafar / Licence CC / Pixabay

 

Des drones pour l’observation des voies ferrées et du trafic autoroutier

Depuis 2015, la SNCF a aussi recours aux drones (achetés ou construits sur mesure, et supervisés par un “pôle” dédié), pour inspecter les installations de son réseau ferré (rails, maintenance végétation, parois rocheuses menaçant de s’ébouler le long des voies, toitures de train ou de gares), effectuer des relevés topographiques pour le renouvellement des voies, et détecter des actes de malveillance (notamment le vol de câbles) – en soutien des équipes au sol. La compagnie ferroviaire envisage en outre d’utiliser des UAV pour les inventaires de ses entrepôts.

A noter que pour surveiller son réseau de voies ferrées et réaliser des cartographies, la SNCF bénéficie, contrairement à ERDF, d’une dérogation unique de la DGAC (direction générale de l’aviation civile), qui lui permet de faire voler certains drones (conçus par Delair-Tech) hors de portée de vue du pilote, jusqu’à 100 kilomètres. Il est ainsi possible de faire réaliser aux drones de longues missions, et ainsi de réaliser des inspections moins coûteuses, plus rapides et plus efficaces.

Les drones sont aussi utilisés pour surveiller un autre type de réseau : le trafic autoroutier. Ainsi, Vinci Autoroutes, qui gère plus de 4000 kilomètres d’autoroutes en France, a-t-il recours (pour le moment, ponctuellement) aux drones pour informer les usagers des conditions de circulation – via des prises de vues à visualiser “en direct et en continu”. Nom du service : “Drones Info Trafic”.

Observer les réseaux de gazoducs

Reste les réseaux de transport de gaz. Depuis 2014, GRTgaz, filiale d’Engie (ex-GDF Suez), expérimente l’utilisation de drones fabriqués par Delair-Tech, pour surveiller ses 30.000 kilomètres de gazoducs et de pipelines. Là encore, comme pour la SNCF, il s’agit de drones bénéficiant d’une dérogation, qui leur permet de survoler les réseaux en hors-vue.

Par Fabien Soyez

“Avec les drones, l’industrie entre dans une nouvelle ère”

Paul Guermonprez, ingénieur innovation chez Intel, travaille avec les universités et les entreprises, autour de l’usage scientifique et industriel des drones. Il est l’auteur du livre “Les drones débarquent”.

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L’albris, un “multirotor intelligent pour une inspection rapprochée” / Airinov

Pour les deux spécialistes, le potentiel des drones pour l’industrie est colossal. Encore faut-il l’exploiter.

Techniques de l’ingénieur : Que viennent changer les drones dans l’industrie ?

Paul Guermonprez : « Avec les robots, et les drones en particulier, l’industrie entre dans une nouvelle ère. Le marché des drones professionnels représente déjà en France, 5000 emplois, 2300 opérateurs, 4200 appareils, et plusieurs de dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires. Les drones sont avant tout un atout considérable dans les domaines de la maintenance des infrastructures et de l’expertise industrielle. Ils permettent d’accéder plus facilement à des zones difficiles ou dangereuses (barrages, câbles électriques, cavités, éoliennes, infrastructures situées en montagne ou en mer…) afin de détecter des défauts potentiels. En cela, les drones représentent un gain de temps, d’argent et d’efficacité.

Il s’agit d’un changement de mentalité, d’une manière de travailler différente : on passe d’une inspection ponctuelle réalisée par un humain à une analyse permanente, qui permet de détecter des choses plus tôt, et mieux.

Les drones constituent aussi un outil précieux pour l’agriculture, où ils permettent d’analyser et de traiter, d’une façon très précise, des parcelles de champs. Les agriculteurs, qui ont déjà modernisé leur équipement, ajoutent des drones pour optimiser leur travail, utiliser moins d’engrais, au bon moment et au bon endroit. Ainsi, ils obtiennent de meilleurs rendements, tout en polluant moins.

De leur côté, les mines et carrières utilisent déjà beaucoup de drones : des scanners lasers analysent par exemple en temps réel l’état d’une mine, afin d’étudier l’origine d’un éboulement, ou pour connaître la quantité de minerais extraits à un endroit précis.

Enfin, le potentiel est grand dans le BTP, pour suivre l’avancement d’un chantier par exemple. »

 

Rodolphe Jobard : « Le bâtiment, l’énergie et l’agriculture sont les trois secteurs qui ont le plus de potentiel. Et c’est surtout en ville que ce potentiel est grand, en ce qui concerne les bâtiments, la construction, la voirie, l’inspection d’ouvrages et l’analyse du déroulement des chantiers.

Pour autant, il ne s’agit pas pour le moment d’une révolution : les drones viennent juste compléter des méthodes d’analyse déjà existantes (par exemple, les prises de mesures au sol réalisées par les géomètres et les topographes), sans les remplacer. Il y a du potentiel, mais il n’a pas encore été consommé entièrement : pour l’instant, les drones, encore au stade de l’expérimentation, sont loin d’être plus compétitifs que les méthodes traditionnelles, en particulier dans le cas d’une utilisation en ville. »

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Des drones pour inspecter les mines et les carrières / Sensefly (Parrot)

Techniques de l’ingénieur : Quels sont les obstacles à une utilisation généralisée des drones en ville ?

RJ : « Les freins sont d’abord techniques et commerciaux. D’un point de vue technique, le problème, c’est l’interprétation des données. Celles fournies par les drones sont trop nombreuses, en particulier pour la construction de bâtiments. Il faudrait pouvoir les trier, afin de rendre les fichiers plus légers, et plus facilement exploitables par le client. Les géomètres conçoivent des fichiers très légers, car ils font leurs propres interprétations de ce qu’ils voient sur le terrain, mais un drone prend tout ce qui passe et numérise tout en surface ! Il reste donc des logiciels à créer, ainsi que des équipes d’ingénieurs spécialisés et de data scientists à former, afin de simplifier l’usage des données collectées, et in fine, d’automatiser le process.

Il faut aussi noter que les drones restent chers, car encore peu utilisés, et que se pose la question, pour les entreprises, de faire appel à des opérateurs (qui assurent le pilotage des drones, la collecte des données et la restitution avec des logiciels) – dans ce cas, ce sont des donneurs d’ordres et ils se tournent alors vers des opérateurs qui sont surtout des TPE exerçant leur activité en parallèle d’autres et qui sont encore dans le flou -, ou d’opter pour un service en interne. Des sociétés, comme la SNCF, commencent à utiliser leurs propres drones, sur leurs propres installations, mais elles sont encore rares. »

Techniques de l’ingénieur : Les freins sont aussi réglementaires…

RJ : « L’agriculture n’a pas ce problème, car les drones peuvent voler plus loin qu’en ville (200 mètres en zones rurales, contre 100 en zones urbaines), par rapport au télépilote. En utilisant des drones qui leur permettent d’augmenter la précision de leurs actions, les agriculteurs espèrent faire 7% de gains en engrais et en rendement. Mais cela n’est théoriquement possible que parce qu’il s’agit de zones peu peuplées. Les autorisations de vol sont donc plus faciles à obtenir.

En ville, par contre, la réglementation est très contraignante, car il est interdit de survoler des individus. Quand on la respecte stricto sensus, on se retrouve à n’utiliser de drones que sur de petits sites, quelques bâtiments, en bloquant la rue, sans pouvoir survoler de véhicules, d’animaux ou de personnes…

De son côté, l’administration met peu de moyens en face. La DGAC n’a pas assez de personnel pour répondre rapidement aux demandes de dérogation. Si vous voulez par exemple voler la nuit, vous pouvez attente parfois plusieurs semaines avant d’obtenir l’autorisation.

Depuis 5 ans, nous poussons, au sein de la Fédération Professionnelle du Drone Civil (FPDC), pour obtenir la reconnaissance, dans un arrêté, du métier de télépilote – avec une vraie formation, un vrai examen et un vrai diplôme. »

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Agricultural landscape / SkySpirit / Dronestagram

Techniques de l’ingénieur : A quelles évolutions technologiques s’attendre ?

PG : « L’enjeu principal sera demain de concevoir des drones véritablement autonomes. Les industriels rêvent en effet d’un système automatisé, avec des drones autonomes, qui n’auraient pas besoin de pilotes humains. Le recours à des drones pilotés de manière manuelle est un progrès par rapport à une inspection “classique”, mais cela mobilise quand même un pilote humain, et la précision ne sera jamais aussi grande qu’avec un drone autonome.

L’offre commence à s’étoffer et des centaines de startups, à travers le monde, essaient depuis deux ans de concevoir des drones autonomes. A terme, l’on pourrait imaginer que les pilotes de drones finiront par disparaître. Ce genre de système automatique fonctionne déjà bien pour surveiller des lignes électriques, pour analyser les avions d’Airbus sur le tarmac des aéroports, ou encore pour effectuer des traitements de précision dans les champs. Mais si à la vue des tests, cela semble techniquement réalisable, les startups qui vendent les drones ne sont pas encore assez matures ou organisées pour offrir tout un service clé en main. »

RJ : « Avant que la révolution des drones se diffuse, il faudra attendre un certain temps. Mais les investissements tendront à les rendre plus intelligents, et à développer leur usage dans l’industrie. Des logiciels sont en ce moment même conçus pour mieux trier les informations récoltées. Des fabricants comme Parrot et DJI conçoivent des antennes qui devraient permettre une liaison de données plus vaste, et donc un contrôle à distance des drones plus important. Tout un travail est aussi en cours autour de l’identification des multirotors (grâce à des puces, afin de dissocier les drones des industriels des drones de particuliers) et d’un système de geofencing (limitation dans l’espace), afin de s’assurer qu’un appareil ne puisse pas accéder à des endroits interdits ou définis par le client. Tous ces travaux, qui devraient aboutir d’ici 2020, pourront peut-être débloquer la réglementation, et permettre d’augmenter les distances de vol ainsi que la taille du marché des drones pour l’industrie. »

Propos recueillis par Fabien Soyez