Le Cetim s’attaque aux TMS

 » Douleurs cervicales, douleurs lombaires, douleurs des articulations des membres, tendinites, syndromes canalaires… autant de symptômes très invalidants, plurifactoriels, dont l’importance des activités professionnelles dans leur survenue et leur aggravation n’est plus à démontrer « , indique l’Institut de veille sanitaire (INVS) au travers de son bulletin épidémiologique paru en février dernier. Selon l’organisme, le simple comptage des Troubles musculo-squelettiques (TMS) des membres et du rachis réparés au titre des maladies professionnelles, représente près de 40.000 maladies indemnisées en 2008 par le Régime général de sécurité sociale, engendrant un coût direct annuel de près de 800 millions d’euros. Autant dire que les pertes de journées de travail, de productivité, de temps, de production et d’image, aux dépens des entreprises, est également préoccupant. Que ce soit en atelier ou au bureau, aucun secteur n’est épargné. Plusieurs études sectorielles, ainsi qu’une étude générique sur le sujet ont, du reste, été réalisées par le Cetim (Centre technique des industries mécaniques). Les résultats de l’enquête générique sont d’ailleurs repris dans l’ouvrage de la collection Performances,  » Ergonomie aux postes de travail : la prévention des troubles musculo-squelettiques « . Ce recueil fait le point sur ces TMS et délivre quelques clés d’anticipation et de résolution des problèmes au quotidien afin d’en réduire l’impact dès la conception de nouveaux postes de travail. Ainsi, en 72 pages, ce document propose en particulier aux industriels, concepteurs ou utilisateurs de machines, les éléments pratiques nécessaires à une démarche participative de prévention. Il recense les solutions ergonomiques, les références normatives et les spécifications techniques en cours aujourd’hui. Plus qu’un recueil de données, l’ouvrage sert de guide pour analyser les situations de travail et en déduire les impacts sur la santé des collaborateurs. Il constitue une aide à l’élaboration d’une stratégie pratique de protection de la santé des personnels de l’entreprise et de son amélioration dans le temps. L’objectif est d’accompagner l’industriel dans la conception ou la transformation des situations de travail en agissant à la fois sur les dispositifs techniques, les moyens, l’environnement, l’organisation et les hommes. L’ouvrage présente des fiches synthétiques rédigées à partir du retour d’expérience du Cetim. Les thèmes abordés constituent une synthèse des besoins et des contraintes soulevés par les industriels de plusieurs professions. Ces besoins sont présentés sous forme de problématiques ergonomiques et traités dans des recommandations ergonomiques applicables à tout type d’entreprise (utilisateur et concepteur).

« Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang »

Gérard Toulouse est physicien, directeur de recherche à l’École normale supérieure (Paris). Il est également membre du Comité permanent sur Sciences et Éthique de l’Alliance européenne des académies (dont il fut président entre 2001 et 2006). Impliqué, depuis quatre ans, dans divers débats publics autour des nanotechnologies, il revient pour Techniques de l’Ingénieur sur les principaux enseignements à tirer, après l’expérience du récent Cycle (octobre 2009 / février 2010) organisé par la CNDP dans toute la France. Au-delà de la problématique stricte des nanotechnologies, le processus mouvementé de ce débat a servi de révélateur pour les causes profondes de malaises, dans le domaine science et société.

Techniques de l’Ingénieur : Que faut-il retenir du débat public consacré aux nanotechnologies, qui s’est clôturé il y a quelques semaines ?

Gérard Toulouse : Lors d’une rencontre toute récente, dans le cadre de l’Académie des Technologies, notre collègue belge Philippe Busquin, qui fut Commissaire européen (1999-2004) en charge de la recherche scientifique, a estimé que le déroulement de ce débat en France était une catastrophe pour l’Europe. Ce n’est pas mon avis. Les choses étant ce qu’elles sont dans notre pays, il était utile que certaines tensions profondes apparaissent au grand jour, afin que des évolutions nécessaires, trop longtemps différées, soient enfin mises en œuvre. Le diagnostic le plus évident porte sur la situation grenobloise. Ce n’est certes pas un hasard si le groupe PMO (pièces et mains d’œuvre), qui fut le fer de lance de la contestation radicale, a incubé à Grenoble. Au fil des dernières décennies cette région, plus que partout ailleurs en France, a misé son avenir sur l’innovation technique, d’une manière telle qu’elle a pu être perçue par certains comme une fuite en avant, excessive, dangereuse, voire aberrante. La symbiose intime qui s’y est établie, entre élites politiques et scientifiques, a favorisé une habitude de passage en force. A la longue, cette attitude a suscité des anticorps, tentés de modifier, à leur façon, le rapport de force.

Est-ce que cela pose des questions au niveau de l’éthique, qui a constitué un sujet d’importance lors de la tenue des débats ?

En effet. Les laboratoires du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) ont une place majeure dans le développement des nanotechnologies en France, et notamment à Grenoble, avec les centres de recherches avancées Minatec et Clinatec, entourés de barbelés. En 1998, un Comité interministériel avait décidé que chaque organisme de recherche devait se doter d’un comité d’éthique, dans un souci de délibération collective pluraliste et de transparence dans les relations entre science et société. La plupart des organismes de recherche français ont évolué constructivement dans cette voie (certains ont même institué des espaces éthiques, formule meilleure encore, car plus ouverte). Mais pas le CEA (ni le CNES qui s’est contenté de faire appel à un conseiller pour les questions éthiques). Or l’essentiel dans la réflexion éthique (son fondement de légitimité, et sa garantie de vertu), c’est la pluralité de la délibération collective. Dans le cas de ces deux organismes réfractaires, leurs réticences prolongées suscitent de l’inquiétude : considèrent-ils vraiment que leurs activités, et leurs gouvernances hiérarchiques, sont incompatibles avec l’existence d’une instance de délibération pluraliste ? Si tel est le cas, ce serait consternant, au regard des évolutions qui se font ailleurs, en Europe et dans le monde. Et sinon, pourquoi différer sans cesse un aggiornamento aussi sage et raisonnable ?

Qu’en est-il des risques liés au développement des nanotechnologies, et de l’application du principe de précaution, qui fait également débat ?

Je ne suis pas un spécialiste des risques, mais je participe activement à un groupe de travail présidé par Georges Labroye (ancien directeur général de l’INERIS), au sein de l’Académie des Technologies dont je suis l’un des membres fondateurs. Nos auditions m’ont appris beaucoup de choses, encourageantes, sur la montée en puissance des agences de veille et des instituts de recherche étudiant les risques associés aux sciences et techniques. On constate aussi les effets bénéfiques de la concertation européenne. Certes nos toxicologues, ou écotoxicologues, réclament davantage de moyens et de recrutements. Mais enfin c’est un domaine où les évolutions sont positives.

Quelle est donc votre préoccupation principale vis-à-vis du développement des nanotechnologies ?

Aujourd’hui, ma crainte principale est que se reproduise autour des nanotechnologies le même scénario qu’il y a une dizaine d’années, autour des OGM. A savoir, une polarisation binaire, polémique, où chaque camp caricature l’autre, et finalement est ravi de se poser ainsi en s’opposant. D’un côté José Bové et les faucheurs, de l’autre des partisans du tout-OGM. On s’enferme dans un combat entre le bien ou le mal, où tous les coups sont permis.En ce qui concerne les nanotechnologies, il serait navrant que les pouvoirs établis cèdent à la tentation de diaboliser PMO, en les traitant d’ennemis de la démocratie. Et d’en profiter pour esquiver leurs propres responsabilités. Il est vital, pour nous tous en France, d’apprendre à écouter, à reconnaître la part de vérité dans ce que disent les contestataires. Il faut ouvrir des espaces de bonne foi. Cultiver, sous leurs formes modernes, l’art et l’esprit du dialogue.

C’est pour ces raisons que vous soulignez la nécessité de plus de pluralité dans le débat et au sein des institutions et des organismes impliqués dans la réflexion sur les nanotechnologies ?

L’instauration des Grenelles de l’environnement, avec la concertation entre parties prenantes, et la gouvernance à 5, a défriché un chemin pour sortir de l’impasse des confrontations stériles. J’ai présidé moi-même le comité de pilotage pour une Conférence de citoyens sur les nanotechnologies, organisée par la région Ile-de-France (en 2006-2007). Le fonctionnement du GIEC (dans un autre domaine, celui du changement climatique) a illustré la possibilité et l’avantage de recueillir des contributions venant d’une large diversité de porteurs de savoirs. Il est utile, pour la pertinence des analyses et décisions, que la société civile soit associée, d’une manière ou d’une autre, dans ces discussions. C’est d’ailleurs ce que réclament, fortement, nombre d’associations ayant su développer leurs propres capacités d’expertise.

Lors de la clôture du débat sur les nanotechnologies, vous avez parlé de « fuite en avant technologique ». Qu’entendez-vous par là ?

Récemment Alain Juppé a commenté ses préconisations pour le Grand Emprunt, en déclarant que « nous sommes condamnés à une fuite en avant technologique ». Cette idée est très répandue dans le milieu des décideurs : que la France, pour garder son rang, doit miser sur une capacité d’innovation permanente, et que c’est même sa seule chance de salut face à la montée des pays émergents. Je conteste cette vision géopolitique : vouloir maintenir à tout prix les inégalités passées, contre toutes les données géographiques et les évidences démographiques. Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang, notamment face à des pays vingt fois plus peuplés, comme la Chine et l’Inde. Pour les pays émergents il est clair que les OGM, les cellules-souches, les nanotechnologies, apparaissent comme des opportunités de sortir de leur condition ancienne de suiveurs. Tous les pays misent ainsi sur les nanotechnologies. Essayons d’être fair-play dans cette émulation générale, plutôt que de céder à une panique de fuite en avant.

Est-il nécessaire de mettre en place des barrières à cette fuite en avant technologique ?

Oui : Alex Türk, le président de la CNIL, m’a convaincu que le moment était venu de tracer des limites, ou du moins de réfléchir à l’avance à de futurs remparts et digues. La miniaturisation des systèmes d’écoute et d’observation pose problème. Le droit à l’intimité, la liberté de chacun pourraient se trouver menacés par des ‘mouchards’ indétectables, innovations que permettront les nanotechnologies. Dans le domaine biomédical, la perspective d’implants post-humanisants pose problème. En biologie synthétique, le domaine du possible dépasse de beaucoup le domaine du souhaitable. Par ailleurs, l’évolution constante de la micro-électronique a déjà bouleversé profondément les modes de vie, les relations entre générations. La miniaturisation continuée ressemble à une sorte de pente glissante, de descente en toboggan, vers on ne sait où.

Pour terminer, quel est votre avis sur l’utilisation des nanotechnologies à des fins militaires ?

C’est vraiment un domaine où il faut refuser le fatalisme. Car le « progrès » militaire peut être arrêté. Il existe déjà de nombreux traités de limitation ou d’interdiction : dans le domaine des armes de destruction massive ABC (atomique, biologique, chimique), mais aussi pour les mines anti-personnel, les armes à sous-munitions, etc. En France, nous avons un complexe militaro-industriel qui forme une sorte d’Etat dans l’Etat. On peut comprendre les raisons historiques de cette spécificité nationale. Mais aujourd’hui, la construction européenne a fait de notre continent une zone de sécurité collective. Devenir de bons élèves de la classe européenne, découvrir la fécondité du fair-play, c’est mieux assurer notre sécurité (en promouvant la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité, selon la mission de l’Unesco, dont le siège est à Paris).   Propos recueillis par Pierre Thouverez. Sommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

> Comprendre

  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
  • Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée
  • La giga capacité de la nanoélectronique
  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

> Evaluer

  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

> In situ

  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

> Produits

  • Un ciment plus respectueux de l’environnement
  • Un composite né du recyclage de peintures en poudre
  • 1.500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

 

« En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques »

Innover par les nanomatériaux. La perspective a de quoi séduire. Mais qu’est-ce que cela implique ? Jusqu’où peut-on aller ? Avec quels moyens ? Quels sont les verrous technologiques ou économiques ? A quoi faut-il être vigilant ? Le point avec Jean-François Hochepied, chercheur au Laboratoire des Systèmes Colloïdaux dans les Procédés Industriels à l’école des Mines ParisTech. Autant de questions qui seront également abordées lors de la journée  » Innover avec les nanomatériaux  » organisée par les Techniques de l’ingénieur le 1er juin 2010 à Paris (lire l’encadré).

Techniques de l’ingénieur : D’un point de vu technique, qu’est-ce que les industriels savent faire et maîtrisent en matière de nanomatériaux aujourd’hui ?

Jean-François Hochepied :  » Les industriels savent revêtir – par des méthodes physiques ou chimiques – des matériaux par des couches nanométriques d’un autre matériau, et aussi produire des nanoparticules, fonctionnaliser leur surface, les stabiliser dans différents milieux, les disperser dans certaines matrices, autrement dit, produire des nanocomposites. Évidemment, on parle ici d’industriels ayant des moyens techniques et de Recherche et Développement conséquents. Le contrôle des procédés est bien entendu délicat, sans parler des difficultés techniques de suivi en ligne. Par exemple, il ne suffit pas de mélanger sans précaution des poudres et un polymère pour obtenir un bon nanocomposite qui apportera de nouvelles fonctionnalités (optiques, électriques, mécaniques, résistance au feu etc…) au polymère de base : la nature des interfaces, le niveau d’agrégation des particules, l’architecture à différentes échelles ont un impact sur les propriétés finales et doivent être maîtrisés.

Quels sont alors les verrous technologiques qui subsistent ?

Les principaux verrous sont-ils technologiques ? Les coûts associés aux procédés à mettre au point, par rapport au marché espéré, peuvent parfois suffire pour décourager l’innovation par les nanomatériaux, même si les produits offrent de nouvelles fonctions ou des performances inédites. En outre les industriels sont forcément attentifs aux interrogations de la population sur les risques associés aux nanomatériaux en production, ou lors de l’utilisation par le client et en fin de vie…

De fait, quelles sont actuellement les grandes questions que se posent, dans ce domaine, les industriels ?

En ce moment les questions liées aux risques (sur la santé) sont probablement les plus présentes. Il est à espérer que les nombreux projets nationaux et internationaux consacrés aux risques – à la nanotoxicité, ou  » nanosafety  » selon l’approche -, permettront de mieux les cerner et de définir des outils permettant de les réduire si nécessaire.La question du cycle de vie ne doit pas être oubliée même si elle n’est pas prioritaire pour de nombreux industriels. Par exemple si on introduit des nanocharges dans un polymère recyclable, on complique – voire on peut rendre impossibles – les opérations de recyclage censées intervenir en fin de vie.Enfin, les industriels peuvent se demander comment définir et intégrer de nouvelles compétences  » nanomatériaux  » répondant à leurs besoins, et quel niveau d’internalisation adopter. Par exemple dans le cas de nanocomposites à matrice polymère, faut-il chercher à fabriquer soi-même à façon les nanocharges, ou peut-on se contenter de les acheter ailleurs ? Quel doit être le poids relatif entre recherche interne et collaborations académiques ? Comment faire une veille technologique efficace dans un domaine aussi mouvant et complexe ? Autant de questions qui méritent réflexion.  » En savoir plusJean-François Hochepied est responsable depuis juillet 2001 du laboratoire SCPI (Laboratoire des Systèmes Colloïdaux dans les Procédés Industriels) à l’école des Mines ParisTech. Dans ce cadre, il y a mis en place une activité nanomatériaux et a organisé des manifestations consacrées à ces derniers : journées industrielles à Mines-Paristech, Symposia dans des congrès de l’European Materials Research Society. Ses principales thématiques de recherche sont les synthèses de particules submicroniques, de nanoparticules et de matériaux nanostructurés par précipitation et cristallisation en solution aqueuse.Formation Techniques de l’ingénieurA ce titre, il participera également à la journée  » Innover avec les nanomatériaux  » organisée par les Techniques de l’ingénieur le 1er juin 2010 à Paris. Voir le programme complet. Propos recueillis par Anne-Laure BérangerSommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

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  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

> In situ

  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

> Produits

  • Un ciment plus respectueux de l’environnement
  • Un composite né du recyclage de peintures en poudre
  • 1.500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

 

Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention, un article extrait de la base documentaire Nanotechnologies

INTRODUCTION

Juridiquement parlant, pour le droit des propriétés industrielles, les nanotechnologies ne se distinguent tout d’abord d’autres champs technologiques que par des détails qui seront ici abordés. Réfléchir sur la pertinence et les conséquences de l’application du droit des brevets aux nanotechnologies implique de se poser la question de l’objet protégé par cette construction juridique et des effets de cette protection.

AUTEUR

Stéphanie LACOUR est chargée de recherche au CNRS – Centre d’études pour la coopération juridique internationale.

Télécharger l’intégralité de l’article Sommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

> Comprendre

  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
  • Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée
  • La giga capacité de la nanoélectronique
  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

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  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

> In situ

  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
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Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

Equipé de ses vêtements thermiques (cf. photo), Maurice Paquet peut chasser par grand froid, résistant à des températures de -10°C en statique et -20°C avec une activité physique moyenne. S’il peut atteindre un tel niveau thermique, c’est grâce à l’utilisation de nanomatériaux. L’histoire de Pamotex a débuté il y a cinq ans, alors que Maurice Paquet s’est retrouvé « sur la touche » à 55 ans. Après une carrière dans le textile, il a souhaité poursuivre dans ce secteur et s’est mis à la recherche d’un produit nécessitant une mise au point technologique et intéressant pour le marché. C’est en Asie qu’il a trouvé ce qu’il lui fallait : les nanocéramiques de dioxyde de zirconium. Grâce à un concours de circonstance, il a réussi à homogénéiser le mélange des nanoparticules dans le polymère, inventant ainsi la technologie Zargun. Celle-ci forme une barrière aux infrarouges que le cœur humain émet, permettant de stocker une partie de la chaleur, l’autre étant renvoyée sur le corps avec comme conséquences l’augmentation du niveau thermique sous-cutané et l’accélération du flux sanguin.

Pour mener à bien son projet, Maurice Paquet s’est rapproché de l’Institut français du textile et de l’habillement (IFTH), qui a réalisé gratuitement les tests validant l’efficacité de son produit. « L’IFTH m’a alerté sur les dangers liés aux nanotechnologies », explique-t-il. Le principal risque est lié au relargage lors de la teinte et des lavages. « Après 50 lavages, aucune déperdition n’a été constatée. Par ailleurs, le zirconium n’est pas nocif, il est utilisé depuis longtemps dans des bijoux. »

Applications médicales

En parallèle, Maurice Paquet a cherché à constituer un consortium avec d’autres acteurs du textile, mais sans succès. Ses partenaires industriels ont jugé trop onéreux les tests pour valider l’aspect thermique au niveau médical.Pour les aspects juridiques, la Chambre de commerce et d’industrie de la Loire l’a rapproché d’un spécialiste des brevets. « Il ne m’a pas conseillé de déposer un brevet car il aurait permis au fournisseur de maîtriser la technologie. Cela m’a aidé à négocier l’exclusivité pour l’Europe. »

Réalisant un chiffre d’affaires de 100.000 euros en 2009, Maurice Paquet commercialise ses textiles auprès d’industriels, et notamment grâce à un nouveau partenaire espagnol spécialiste du sport. Il a également créé une gamme propre vendue directement aux particuliers. « J’ai mis en avant l’aspect nano dans un premier temps. Maintenant j’en parle mais sans plus », témoigne-t-il.A 61 ans, Maurice Paquet cherche un repreneur pour exploiter la ligne de produits en direct avec les particuliers, mais il n’est pas pressé d’aller à la retraite. D’après lui, le Zargun promet bien plus que des propriétés thermiques pour sportifs ou professionnels. « Il existe des applications médicales et paramédicales, notamment contre l’arthrose ou les problèmes d’équilibre postural. Mais les tests coûtent très chers. » En continuel testeur, il s’est fabriqué des genouillères qui le soulagent complètement de son arthrose.

Corentine Gasquet

Site
www.zargun.frwww.ifth.org

Sommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

> Comprendre

  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
  • Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée
  • La giga capacité de la nanoélectronique
  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

> Evaluer

  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

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  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

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Savoir lire les fiches de données de sécurité

Chaque mois, Techniques de l’Ingénieur s’associe aux Editions Tissot, spécialiste depuis 35 ans en droit du travail, pour faire le point sur une question particulière relative à la gestion des risques chimiques (voir l’encadré). Ce mois-ci, focus sur l’utilisation des fiches de données de sécurité. Comment et à quel rythme se les procurer ? Comment les interpréter et à quoi servent-elles ? Le point. Les fiches de données de sécurité (FDS) sont des documents contenant les données relatives aux propriétés dangereuses d’une substance chimique, d’un mélange ou d’un article. Elles font partit des éléments écrits essentiels pour la prévention du risque chimique.

Détails de la procédure

Etape 1 – Obtenir les fiches de données de sécurité

Ces fiches sont rédigées par le fabricant, l’importateur ou encore le vendeur et doivent donner toutes les informations utiles concernant les dangers pour la sécurité, la santé et l’environnement liés à l’utilisation du produit chimique. Elles doivent être envoyées par le fournisseur du produit lors de la livraison. Si vous constatez l’absence de cette fiche lors de la réception d’un produit dont l’étiquette indique des dangers, vous devez en faire la réclamation.Elles doivent être rédigées en français, datées et comporter 16 rubriques obligatoires :

  • Rubrique n° 1 : Identification de la substance / préparation et de la société / entreprise. Nom du produit, utilisations, nom du fournisseur, adresse, numéro d’appel d’urgence.
  • Rubrique n° 2 : Identification des dangers. Les principaux dangers pour la sécurité des installations, pour la santé de l’homme et pour l’environnement sont décrits : danger d’explosion, d’incendie, dangers par inhalation, par contact cutané, par projection dans les yeux, par ingestion, dangers pour l’environnement aquatique, le sol.
  • Rubrique n° 3 : Composition / informations sur les composants. S’agit-il d’une substance ou d’un mélange ? Nom chimique, numéros d’enregistrement divers (CAS, CE, REACH, etc.), concentration des ingrédients.
  • Rubrique n° 4 : Premiers secours. Description des mesures relatives aux premiers secours en cas d’urgence et actions à éviter selon les voies d’exposition, conseils de protection des sauveteurs, instructions pour médecin, etc.
  • Rubrique n° 5 : Mesures de lutte contre l’incendie. Moyens d’extinction appropriés et déconseillés, risques spécifiques en cas d’incendie, dangers liés aux produits résultant de la combustion, etc.
  • Rubrique n° 6 : Mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle. Précautions individuelles, précautions pour la protection de l’environnement, méthodes de nettoyage et d’élimination.
  • Rubrique n° 7 : Manipulation et stockage. Mesures techniques de manipulation et conditions de stockage recommandées et à éviter. (matériaux incompatibles, conception des locaux de stockage, etc.)
  • Rubrique n° 8 : Contrôle de l’exposition / protection individuelle. Procédures et valeurs de contrôle de l’exposition des travailleurs, caractéristiques des équipements de protection individuelle (E.P.I.). (Le type et la nature des E.P.I. à utiliser sont précisés dans cette rubrique.)
  • Rubrique n° 9 : Propriétés physiques et chimiques. Etat physique, couleur, odeur, pH, densité, solubilité, caractéristiques d’inflammation, valeurs environnementales, etc.
  • Rubrique n° 10 : Stabilité et réactivité. Stabilité du produit, réaction dangereuse, produits de décomposition, conditions d’utilisation dangereuses.
  • Rubrique n° 11 : Informations toxicologiques. Effets dangereux ou néfastes sur la santé, aigus ou chroniques (toxicité aiguë, risques CMR, etc.), en fonction des voies d’exposition
  • Rubrique n° 12 : Informations écologiques. Effets connus ou probables sur l’environnement (mobilité, dégradabilité, bioaccumulation, effets écotoxicologiques et biologiques).
  • Rubrique n° 13 : Considérations relatives à l’élimination. Méthodes recommandées pour éliminer les déchets du produit sans danger, méthodes d’élimination des emballages contaminés.
  • Rubrique n° 14 : Informations relatives au transport. Précautions spécifiques au transport, codification et classement selon les différents modes de transport.
  • Rubrique n° 15 : informations réglementaires. Les informations de cette rubrique sont identiques aux informations de l’étiquette du produit. La mise en place d’une nouvelle réglementation sur l’étiquetage nécessite une double information. : les phrases de risques (phrase R), les mentions de danger (phrase H) et les conseils de sécurité (phrase S) et conseils de prudence (phrase P) sont précisés. Référence aux réglementations européenne et nationale applicables. (autorisations et restrictions d’utilisation, installations SEVESO ou ICPE, etc.)
  • Rubrique n° 16 : Autres informations. Références bibliographiques, date d’émission et/ou de modification de la fiche, etc.De plus, elles doivent vous être remises gratuitement. S’agissant d’un document évolutif, il est essentiel de vous assurer de disposer toujours de l’exemplaire le plus récent.Les FDS peuvent être transmises sous forme de papier, bien que d’autres supports (informatiques et télématiques) soient plus utilisés actuellement.

Etape 2 – Interpréter la FDS

La FDS doit permettre d’assurer au mieux la sécurité des salariés.Son contenu va ainsi servir à :

  • Définir la dangerosité des produits : grâce à cette fiche, vous connaissez les risques encourus par les salariés. En application des principes de prévention, vous devez limiter à la source les dangers en utilisant les produits les moins dangereux pour une efficacité équivalente ;
  • Limiter l’exposition des salariés : en définissant les zones où les produits dangereux sont utilisés et en les hiérarchisant, vous pouvez limiter le nombre de salariés exposés ainsi que la durée d’exposition ;
  • Etablir les notices de sécurité ou fiches de poste lorsque le salarié est exposé à des substances dangereuses. Cette fiche est une synthèse de la FDS ; vous devez y retranscrire les dangers (sous forme de pictogramme par exemple) et les obligations de prévention et de protection qui en résultent ;
  • Dispenser la formation de sécurité au poste de travail des salariés exposés à des produits dangereux.

Etape 3 – Utiliser la FDS

La FDS vous indique les moyens de protection et de prévention à mettre en œuvre lors du stockage et de l’utilisation du produit. Vous devez mettre à disposition des salariés concernés les moyens de prévention et de protection décrits dans la FDS. Les prochaines FDS étendues vous indiqueront si votre scénario d’exposition est en accord avec ceux qui seront décrits par votre fournisseur.La FDS vous sert aussi pour l’inventaire des produits dangereux utilisés dans votre entreprise lors de l’évaluation des risques.Vous y trouverez des informations quant à l’élimination des déchets, objets et emballages contenant ou ayant été au contact du produit chimique.Vous devez aussi la transmettre au médecin du travail et tenir compte de son avis, en particulier sur l’aptitude des salariés risquant d’être exposés.

Notre conseil

Disposez de la dernière version des FDSN’hésitez pas à demander une nouvelle FDS après un an, car son actualisation éventuelle ne vous est envoyée que pour les commandes intervenues dans les 12 mois précédents. Refusez les produits dangereux non étiquetés et/ou non accompagnés d’une fiche de donnée de sécurité.Source : Schémas commentés santé sécurité au travail > Savoir lire les fiches de données de sécurité [conditions de travail CHSCT] – [visite medicale travail]Editions Tissot : droit du travail – convention collective syntec –

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Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation

« Il y a 30 ans, les nanotechnologies auraient soulevé beaucoup d’enthousiasme », estime Didier Heiderich, consultant spécialisé en communication de crise. Aujourd’hui, les citoyens restent sur la défensive, comme en témoignent les difficultés rencontrées lors des différents débats publics. Les peurs suscitées par les nanotechnologies s’intègrent dans une défiance plus large envers la science. Dans ces conditions, comment les entreprises peuvent-elles communiquer autour des nano ?

« Le silence est une stratégie à court terme, prévient le consultant. A long terme, cela peut nuire gravement à la santé des entreprises. » En effet, l’opacité laisse le champ libre à l’imagination et à toutes les suspicions. Dans un tel contexte, il en faut peu pour qu’une crise surgisse. « Il suffit d’un élément déclencheur, comme par exemple une étude très brutale, pas forcément fondée, en période de faible actualité, reprise par la presse. Si le politique intervient ensuite, cela peut aller très loin. » Une telle crise peut coûter cher en réputation pour les entreprises. Dans ces conditions, ceux qui travaillent dans les nanotechnologies, entreprises ou chercheurs, ont tout intérêt à se montrer proactifs.

Concernant les grands groupes, le problème est de savoir qui fera le premier pas. « J’imagine plus un regroupement d’entreprises qu’une seule entreprise », déclare Didier Heiderich. Pour bien communiquer, il faut rapporter le risque au bénéfice qu’il peut apporter. « Quand le bénéfice n’est pas clair, on prend le risque sans avoir sa contrepartie », note Didier Heiderich. Cela donne des discours du type « on va continuer à enrichir les industriels, dont les intérêts ne bénéficient pas au grand public, les consommateurs prennent tous les risques. »

Les salariés, les premiers porte-paroles

Pour mettre en avant les bénéfices, il faut initier un dialogue avec le public. « Jusqu’à il y a 4 ou 5 ans, nous étions encore dans le registre du slogan, de la communication courte. Aujourd’hui, les gens ne sont plus dupes par rapport aux discours, ils veulent un dialogue. C’est plus compliqué et plus risqué. Mais cela permet aussi de faire évoluer l’entreprise dans ses pratiques, de se poser des questions. » Ce dialogue doit également être initié en interne. En effet, les salariés sont les premiers soumis au risque d’une part, et les premiers porte-paroles de leur entreprise d’autre part.

Dans la pratique, certains estiment qu’il est encore trop tôt pour vraiment initier une telle démarche. Comme le note Vincent Pessey, responsable du pôle d’expertise nanotechnologies d’Alcimed : « Les industriels sont en phase d’observation et de réflexion, ce n’est donc pas facile de communiquer dessus. » (lire notre interview) Un argument de poids, mais qui ne pourra pas rester valable très longtemps.

C.G.

 

Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés

INTRODUCTION

Les nanomatériaux et les nano-objets manufacturés représentent des domaines de la recherche scientifique et de l’industrie en pleine expansion. Le développement extrêmement rapide des nanomatériaux et des nanoparticules manufacturés implique l’exposition potentielle aux nanomatériaux manufacturés d’une population de plus en plus importante, qu’il s’agisse des opérateurs en milieu industriel (près de 3 270 en production industrielle) ou des personnels des laboratoires de recherche (environ 7 000 pour l’ensemble). D’où la nécessité de réfléchir à leurs aspects « Sécurité ».

AUTEUR

Eric GAFFET est directeur de recherche et responsable du groupe NRG (Nanomaterials Research Group) de l’UMR CNRS 5060, sur le site de Sévenans (UTBM) à Belfort.

 

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Régulation juridique et nanosciences

Régulation juridique et nanosciences, un article de la base documentaire Nanotechnologies

INTRODUCTION

La régulation juridique s’entend ici dans un sens courant comme l’action de régler, d’assurer le bon fonctionnement d’un dispositif, d’un mécanisme ou d’un système. Évoquer la régulation juridique des nanosciences revient alors à s’interroger sur la pertinence et les modalités d’une action régulatrice du droit sur un domaine de la recherche scientifique actuellement en pleine expansion.

AUTEUR

Sonia DESMOULIN-CANSELIER est chargée de recherche au CNRS, CRDST-UMR 8103 Université Paris 1, membre de l’action nanosciences et société de C’Nano IdF.

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« Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel »

Les nanotechnologies ne génèrent pas encore de véritables ruptures technologiques et leurs applications restent pour l’instant cantonnées à des volumes assez limités. Pour profiter au mieux de la révolution à venir, la France devra mieux valoriser sa recherche et créer une véritable filière industrielle. Le point avec Vincent Pessey, responsable du pôle d’expertise nanotechnologies du cabinet de conseil Alcimed.

Technique de l’ingénieur : D’après l’Union européenne, le marché des nanotechnologies atteindra 1.000 à 2.000 milliards de dollars en 2015. Pourquoi la fourchette est-elle aussi large ?

Vincent Pessey : Le marché est difficile à évaluer. Tout dépend de ce que l’on inclut dans le marché. Par exemple, dans le cas des ordinateurs où la fabrication est liée à l’utilisation des nanotechnologies, faut-il compter tout le marché des ordinateurs ? On va bientôt trouver des nanotechnologies dans de nombreux produits de consommation, cela représente un marché très important. On s’attend à une quatrième révolution industrielle. Mais la diversité des applications possibles rend difficile un chiffrage précis.

Historiquement on parlait de 1.000 milliards de dollars en 2010 / 2015. Nous sommes en 2010…

Nous ne sommes pas sur le scénario le plus rapide, mais nous sommes dans le scénario moyen. On utilise les nanotechnologies dans la microélectronique car les finesses de gravure mises en œuvre aujourd’hui sont en dessous de 100 nm. Elles permettent de poursuivre la course à la miniaturisation et ont permis jusqu’à présent de suivre la loi de Moore. Cependant, au-delà de la microélectronique, il existe peu de marchés de masse. Les applications restent encore au niveau de marchés de niche. Aujourd’hui, pour la plupart des applications, nous sommes encore en train de faire la courbe d’apprentissage et des marchés d’importance devraient bientôt arriver.

Qu’en est-il des nanomatériaux ?

En ce qui concerne les nanomatériaux, nous sommes dans une phase de multiplication des applications ponctuelles avec des volumes assez faibles. Ces applications sont dans une démarche d’innovation incrémentale. Par exemple dans l’automobile, on utilise des pièces en nanocomposites pour leur légèreté, leur résistance mécanique. Mais seules certaines gammes sont aujourd’hui concernées. Au global, on comptabilise près de 800 nanoproduits, mais ils sont le plus souvent portés par des start-ups, avec des volumes de vente limités. A plus long terme, les nanotechnologies devraient également être porteuses de véritables ruptures (nouvelles fonctionnalités ou combinaison de fonctionnalités, nouveau mode de production…). Les développements techniques sont en cours auxquels viennent se greffer des réflexions concernant la mise sur le marché avec les problématiques d’hygiène, de sécurité et d’environnement.

Dans la préface du Guide 2010 des nanotechnologies (édité par les Editions Techniques de l’ingénieur), vous écrivez que 2010 sera l’année des nano …

Fin 2010 mi-2011, j’ai le sentiment que l’on devrait voir arriver plus d’applications, dans des volumes supérieurs. La question est de savoir comment nous allons gérer les problématiques HSE [ndlr : hygiène, santé, sécurité] et leur impact sur le développement des produits.

A plus long terme, comment va se dérouler la « révolution » ?

La révolution se fera en deux vagues. Une première période concernera principalement les matériaux intelligents, notamment dans le bâtiment, qui vont modifier notre relation à l’environnement extérieur. Une deuxième vague, la révolution industrielle, correspond à de nouveaux modes de production, basés en grande partie sur l’ingénierie moléculaire.

Comment la France se positionne-t-elle au niveau mondial ?

Nous avons des champions nationaux comme Arkema ou Rhodia en pointe dans les nanotechnologies, des start-ups, ainsi qu’une recherche performante. Cependant, se pose le problème de la valorisation de la recherche dans l’industrie, problème qui dépasse d’ailleurs le cadre des nanotechnologies. Nous n’avons pas de filière industrielle réellement en place. Comment les PME peuvent-elles avoir accès à ce savoir-faire ?

Tout en prenant en compte les aspects HSE, il faut assurer la diffusion dans le tissu industriel. Cela passera par nos champions, comme par exemple dans le textile ou l’automobile. Les nanotechnologies permettront d’apporter de nouvelles fonctionnalités pour les consommateurs, ou un gain dans la production pour les industriels, ce qui leur donnera un avantage compétitif.

Par ailleurs, pour que la France se positionne bien dans les nanotechnologies, il me semble important de créer une culture nano. Cela passe par exemple par le grand débat, par l’enseignement au collège et au lycée ou par des diplômes comme cela se passe à Grenoble. Concernant le grand débat, il ne faut pas s’en tenir à un bilan rapide, cela doit être un point de départ pour autre chose.

On a souvent l’impression que les industriels jouent la politique de l’autruche et refusent d’aborder le sujet HSE concernant les nano. Qu’en pensez-vous ?

Les industriels sont en phase d’observation et de réflexion, ce n’est donc pas facile de communiquer dessus. Ils ont des recherches en cours mais pas toujours de produits. Par ailleurs, il ne faut pas généraliser, ni faire d’amalgames. Les nanomatériaux n’ont pas tous la même dangerosité. En communiquant, les industriels peuvent craindre d’être catalogués sans raison valable.

Propos recueillis par Corentine Gasquet

Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée

Le monde des nanotechnologies offre des champs d’application d’une diversité folle. C’est notamment le cas au niveau médical. La performance des soins, les possibilités de reconstruction et d’innovations médicamenteuses laissent entrevoir des perspectives spectaculaires. Mais se pose la question des limites à imposer, des barrières éthiques. Aujourd’hui, la nanomédecine avance. Les résultats et les promesses sont au rendez-vous.

L’application des nanotechnologies au domaine médical est en phase de révolutionner la pratique des soins médicaux dans le monde entier. La cause principale de cette révolution, c’est la taille des outils construits, qui permet d’appréhender, de diagnostiquer et aussi de combattre la maladie. Tout cela avec une précision et une efficacité nouvelles.

 

Quels domaines de la médecine sont concernés par les nanotechnologies ?

Des recherches au niveau de la réparation tissulaire, de l’amélioration des facultés, figurent parmi les pistes explorées avec le plus grand sérieux et la perspective de résultats est insoupçonnable. Plus près de nous, les nanotechnologies donnent aux chercheurs des armes supplémentaires pour se battre contre les maladies, et bien sûr les cancers. La recherche génomique, la bioinformatique et la conception rationnelle de médicaments assistée par ordinateur participent à la création de nouvelles classes thérapeutiques

Quelles sont les applications ?

A ce jour, plusieurs types d’applications de nanomédicaments existent ou sont envisagés : médicaments et agents actifs, surfaces adhésives médicales anti-allergènes, médicaments sur mesure délivrés uniquement à des organes précis… D’ici à 2015, la National Science Foundation des États-Unis prédit que la nanotechnologie produira la moitié de la gamme des produits pharmaceutique. Mais ce n’est pas tout : les applications concernent aussi bien les appareils et moyens de diagnostic miniaturisés, les implants munis de revêtements améliorant la biocompatibilité et la bioactivité. La thérapie génique offre également un large champ d’applications: nanovecteurs pour transfert de gènes, microchirurgie… Enfin, en ce qui concerne la médecine réparatrice, la recherche sur les nano-implants et les prothèses pourrait aboutir à des applications révolutionnaires.

Quels sont pour l’instant les résultats des recherches ?

Patrick Couvreur est directeur de l’unité « Physico-chimie, pharmacotechnie, biopharmacie » de Châtenay-Malabry. Spécialiste et passionné par les nanotechnologies depuis plus de 25 ans, il a notamment étudié la vectorisation des médicaments, via les nanotechnologies. Il s’agit d’une technologie tout à fait nouvelle dans l’adressage des médicaments. Concrètement, l’association d’un médicament à une nanoparticule (le plus souvent un biopolymère issu de la chimie de synthèse) permet, grâce à des marqueurs spécifiques, d’adresser le médicament vers l’organe qui en a besoin. Autre exemple, au niveau du combat contre le cancer : l’utilisation des nanotechnologies permet de repérer plus précisément les tumeurs. Dans ce cadre, l’utilisation d’outils puissants, tels que le microscope à effet tunnel (MET), le microscope à force atomique (MFA), l’avènement des biopuces, des biotransistors et de l’électronique moléculaire, ouvrent des voies nouvelles pour la mise au point de tests de diagnostic, et de puces implantées destinées à modifier certaines fonctions métaboliques ou à corriger des handicaps.

Quels types de nanoparticules sont utilisés pour la fabrication de médicaments ?

Reprenons l’exemple de l’adressage des protéïnes. Les nanoparticules utilisées ici ont une taille de 0,1 ou 0,2 microns, et sont préparées avec des produits biodégradables. Les systèmes ainsi obtenus rentrent de manière assez profonde dans les tissus, compartiments cellulaires (et sub-cellulaires). Bien entendu, on doit avoir recourt à des biopolymères qui vont être biodégradés, pour éviter tous les problèmes de toxicité qui pourraient se poser par accumulation. Il existe deux types de systèmes nanoparticulaires qui vont permettre l’adressage moléculaire des médicaments :

  • les systèmes réservoirs ou nanocapsules. Issus de la chimie de synthèse, ils vont en quelque sorte transporter le médicament directement sur le site d’action.
  • Les systèmes matriciels, eux, sont issus de la chimie de synthèse. Ils forment un enchevêtrement de chaînes polymères et le médicament va être dispersé à l’état moléculaire dans cette matrice polymère. C’est en se dégradant que cette matrice va libérer le médicament sur le site d’action.

Quelles matières présentent des propriétés intéressantes pour la recherche médicale ?

Les nanoparticules d’or sont plébiscités par les biologistes. L’or est un métal noble, réputé non toxique, même à l’échelle nanométrique. De plus, les nanoparticules d’or ont une excellente stabilité et leur réponse optique ne présente pas de fluctuations dans le temps. En revanche, elles absorbent très peu la lumière et nécessitent a priori d’être combiné à des agents contrastants. Grâce aux nouvelles méthodes de microscopie optique ultrasensible, il est devenu possible de mesurer un taux extrêmement faible d’absorption lumineuse, et donc de détecter des nanoparticules d’or avec une très faible puissance lumineuse ce qui laisse envisager de nombreuses applications en imagerie. La liste est longue car chaque matière possède des caractéristiques particulières quand on se place au niveau de l’atome, ce qui est le cas pour les nanotechnologies.

Quelles perspectives pour les années à venir ?

Le marché combiné de la nanomédecine (administration de médicaments, thérapeutique et diagnostic) atteindra 10 milliards de dollars en 2010. La National Science Foundation des Etats-Unis. prédit que la nanotechnologie produira la moitié de la gamme des produits pharmaceutiques d’ici 2015. Au niveau de la recherche, le potentiel semble infini, et les innovations s’enchaînent. Récemment, on s’est par exemple aperçu que des biomatériaux de synthèse pouvaient être utilisés pour traiter ou remplacer certains tissus, organes ou fonctions du corps. Par exemple, certaines capsules en polymères intelligents implantées dans l’organisme laissent passer des molécules capables de traiter en permanence des affections du corps. Le laboratoire Oak Ridge National Laboratory (ORNL) fabrique, lui, des nanosondes mille fois plus fines qu’un cheveu capables d’interagir avec les cellules et les globules rouges. A l’image des implants artificiels, ces nanorobots bioélectroniques permettent de réguler certaines fonctions métaboliques déficientes.

Qu’est-ce que l’AFH ?

L’AFH, ou amélioration des facultés humaines, est peut-être le domaine dans lequel la nanomédecine aura le plus d’impact. Combinée à d’autres technologies nouvelles, la nanomédecine permettra en principe de modifier la structure, la fonction et les capacités du corps et du cerveau humains. Dans un avenir proche, les AFH nanos vont gommer la frontière entre thérapie et amélioration. Cela peut littéralement métamorphoser la notion de santé ou d’humanité.

Quels sont les risques ?

Paradoxalement, on connait très peu l’impact sur la santé et l’environnement des nanomatériaux utilisés pour mettre au point les nanomédicaments. L’insuffisance des recherches en toxicologie, même si ce phénomène à tendance à évoluer, ne nous offre pour le moment pas toutes les garanties. Même si on commercialise déjà des nanoproduits (y compris des nanomédicaments), aucun Etat ne dispose d’une réglementation pour régir des questions de sécurité fondamentales à l’échelle nanométrique. Selon une étude publiée par l’INRS [1], spécialisé dans la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, ces minuscules particules mille fois plus petites que le diamètre d’un cheveux (10 à 100 nm) pénètrent mieux dans les poumons, les microfissures de la peau et probablement dans le cerveau que les particules plus grosses. Connaissant ce risque, déjà mis en évidence en 2003, l’INRS appelle aujourd’hui à une prévention accrue sur le lieu de travail. « Certaines particules ultra-fines peuvent être plus dangereuses que des particules plus grosses de la même matière » et ont des propriétés spécifiques encore mal connues, soulignent les chercheurs. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes éthiques.

 

[1] INRS : prévention des risques professionnels

 

P.T

 

La giga capacité de la nanoélectronique

L’internet, le téléphone, le multimédia, le GPS, l’électroménager, l’électronique de toutes sortes font partie de notre vie courante. Aujourd’hui, la transition se fait de la micro-électronique vers la nanoélectronique. Nous allons le voir, les conséquences sont une plus grande miniaturisation des appareils, et des capacités de fonctionnement que l’on n’imaginait pas il y a quelques années. Les progrès réalisés au niveau des puces RFID laissent également entrevoir des potentialités nouvelles.

 

On parle de passage de la microélectronique à la nanoélectronique : qu’est ce que cela signifie ?

En électronique, le transistor est le composant actif fondamental. Il permet de traiter les signaux électriques (amplification, filtrage, stabilisation, modulation…). L’innovation technologique en électronique a pris de l’ampleur à partir du moment où les transistors ont été intégrés en très grand nombre au sein d’un seul composant, le microprocesseur. A partir de là, l’innovation a abouti à des transistors de plus en plus petits et de plus en plus nombreux, suivant la loi de Moore. En 2004, la taille de ces transistors est passée en dessous de 90 nanomètres de largeur. A l’échelle actuelle (32 nm), les lois qui régissent le fonctionnement des puces électroniques ne sont plus celles de la physique classique : c’est à ce stade que des effets apparaissent avec des propriétés nouvelles, c’est l’effet quantique.

Qu’est-ce qu’un ordinateur quantique ?

L’ordinateur quantique ne fonctionnerait pas à partir de bits classiques, dont les états sont parfaitement définis (0 ou 1), mais grâce à la propriété d’intrication des éléments de la matière à l’échelle quantique (2 atomes ou 2 photons peuvent rester « liés » ensemble, même séparés de plusieurs dizaines de kilomètres), on peut mettre au point des bits quantiques ou « qubits » représentant une large gamme de mélange (superposition d’états) entre 0 et 1. Avec 30 qubits, on peut ainsi coder 230 objets simultanément soit 1 milliard de nombres. Les frontières actuelles des applications concevables seraient profondément repoussées et certaines applications actuelles totalement obsolètes (cryptologie). On sait aujourd’hui fabriquer des dispositifs à 8 « qubits » et l’on estime à 10 ans la faisabilité d’un vrai « ordinateur quantique ». Les applications, on l’aura compris, sont nombreuses, mais les chercheurs insistent sur la révolution que l’ordinateur quantique représenterait pour un domaine comme la cryptologie.

Quelles sont les applications possibles au niveau des puces RFID ?

Sans trop se caricaturer, on peut comparer les puces RFID à des ordinateurs très particuliers : ils sont discrets par leur taille, sans aucun périphérique ni interface. De plus, ils sont capables de s’activer seuls, lors du passage au travers du champ émis par un lecteur et leur état de fonctionnement n’est nullement visible. De la taille d’un cheveu, ces puces indétectables se révèlent être des outils révolutionnaire au niveau du traçage. En effet, notre vieux code barre ne fait pas le poids, face à la RFID, qui outre sa taille possède des capacités de stockage d’informations impressionnantes. Toutes ces voies de traitement du signal connaissent à l’heure actuelle une croissance difficilement mesurable mais très importante.

Ces systèmes miniaturisés d’écoute et de stockage d’information ne pose-t-il pas de problème au niveau de la liberté et du droit à l’intimité ?

La CNIL insiste depuis plusieurs années sur les barrières éthiques à mettre en place. Il est évident que le danger face à la menace d’une surveillance généralisée soulève toutes les craintes. Au niveau français, mais également national. Ainsi, les Cnil européennes avouent être préoccupées des possibilités de « violation de la dignité humaine et des droits de protection des données» induites par certaines applications des RFID. «Nos inquiétudes concernent en particulier les possibilités pour les gouvernements et les entreprises d’utiliser les RFID pour s’immiscer dans la sphère privée des individus », résume Alex Türk, président de la CNIL.

Qu’est-ce que la spintronique ?

Il y a encore 50 ans, la capacité des premiers disques durs n’était que de 5 mégaoctets. Aujourd’hui, cette capacité est un million de fois plus importante. Comme le disent les chercheurs, on est passé aux gigaoctets grâce aux nanotechnologies. Ces performances n’auraient jamais été atteintes sans l’effet de magnorésistance géante ou GMR. Cette découverte a ouvert un nouveau champ scientifique : la spintronique. Son impact dans la technologie de l’information est déjà considérable. Les capacités de stockage et de rapidité de lecture des disques durs ont été modifiées très significativement. Ainsi, la densité d’informations est augmentée d’un facteur 100 et l’efficacité énergétique accrue. L’émergence de la GMR, et sa forme plus achevée et quantique, la TMR, ont permis le développement de dispositifs de très petite taille, aujourd’hui utilisés couramment, comme les mémoires flash et les lecteurs MP3.

Quels sont les attentes en termes d’innovation pour les prochaines années ?

Elles sont très nombreuses et très variées. Au niveau de l’éclairage, des LED intelligentes vont voir le jour. Au niveau des écrans, la révolution est également en marche. Ainsi, on verra bientôt des écrans géants interactifs en lieu et place des vitrines pour personnaliser la publicité, et, sans même avoir à entrer dans les magasins, pouvoir découvrir sinon acheter ce qui y est entreposé. Pour les motards, des interfaces translucides permettront notamment de voir de nuit ou encore d’anticiper les risques d’accident. Aussi, des voitures « intelligentes » qui s’adaptent à l’état du conducteur, en améliorent ses réactions, quitte à prendre le contrôle du véhicule à sa place, seront mises sur le marché. Enfin, des vêtements et implants eux aussi « intelligents », afin de surveiller la condition physique de celui ou celle qui les portent, voire d’effectuer des diagnostics médicaux à distance, sont à l’étude. Bien sûr, il n’existe pas encore de date prévu pour une mise sur le marché, mais toutes ces innovations ont passé le cap des tests.

Attend-on des innovations en termes de téléphonie ?

L’exemple de la téléphonie est révélateur du potentiel des nanotechnologies. C’est d’ailleurs grâce aux propriétés de la spintronique que la taille des composants et l’énergie consommée par les téléphones portables va être réduite de manière drastique. Ces derniers constituent aujourd’hui l’un des principaux marchés de la nanoélectronique. Il s’agit de repenser ce qui devient en fait un véritable terminal mobile, dont le téléphone n’est alors plus qu’un des fonctionnalités parmi d’autres, afin de répondre à une meilleure autonomie et toujours plus de fonctions (multimédia, GPS…). On s’achemine petit à petit vers des terminaux que l’on pourra porter au poignet.

Quels sont les indicateurs pour le marché des nanotechnologies sur ce secteur là ?

Les chiffres portent la promesse d’une révolution. Le marché annuel de l’électronique au sens large, incluant l’ensemble des industries qui en dépendent, représente un montant de l’ordre de 5.000 milliards d’euros, montant sans cesse croissant dont une grande partie est réinvestie dans les efforts de recherche et développement. L’Europe apparaît aujourd’hui à la traîne par rapport à l’Asie, aux États-Unis et au Japon en termes de budget consacré aux nanosciences.

Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

L’utilisation des nanomatériaux est aujourd’hui en plein essor du fait de leurs propriétés physiques, chimiques ou biologiques particulières leur conférant de nombreuses applications innovantes notamment dans le secteur industriel. Autrefois confinés dans les laboratoires, ils sont désormais présents dans le monde de l’industrie. Les applications possibles sont très nombreuses. Elles sont également d’une infinie diversité. Voyons, à travers ce question/réponse, quels sont les potentialités principales des nanomatériaux.

 

Qu’est-ce qu’un nanomatériaux ?

Les nanomatériaux sont composés de structures dont au moins une des dimensions varie entre 1 et 100 nm (1 nanomètre = 1 millionième de millimètre), leur conférant ainsi des propriétés physico-chimiques tout à fait particulières. Les propriétés des nanomatériaux sont devenues un champ d’expérimentation pour les laboratoires de recherche il y a une vingtaine d’années.

Quels Sont les champs d’application des nanomatériaux ?

Le domaine des nanomatériaux devrait représenter 30 à 33 % des applications prévues d’ici à 2015 (sur un marché de 1000 milliards de dollars).
On peut distinguer 4 familles d’application :

  • La physique, avec les nanomatériaux proprement dits : utilisation de fullerène C60, molécule composée de 60 atomes de carbone disposés en sphère pour sa résistance, dans les transports, le spatial par exemple.
  • La chimie : production de molécules nouvelles, nano-codes, lubrifiants, matériaux anti-poussières ou anti-humidités, vitres auto-teintantes ou auto-nettoyantes…
  • La mécanique : nano-outils, nano-robots, et pourquoi pas des nano-usines. On trouve aussi des « niches applicatives » dans des domaines spécifiques (par exemple les nano-moteurs pour le gonflement des airbags).
  • L’environnement : utilisation de la faible densité des nano-tubes pour stabiliser les sols, recherche sur la neutralisation des molécules à effet de serre… Et les nanomatériaux ont aussi la capacité d’améliorer le rendement des capteurs solaires grâce aux nanotubes.

Quel potentiel en termes de débouchés commerciaux pour les nanomatériaux ?

Au total, le potentiel est important mais il faut tenir compte d’un échelonnement des débouchés qui pourrait prendre 10 à 15 ans. Mais au-delà des applications déjà existantes, les champs d’application sont tellement larges que le potentiel d’innovation est très important.
La tendance actuelle veut que le développement des recherches soit orienté sur des champs d’application à forts enjeux sociétaux : énergie durable, efficacité énergétiques des bâtiments et des transports, diminution des impacts des matériaux sur l’environnement.

Quelles applications au niveau des textiles ?

L’industrie textile recourt aux nanotechnologies pour améliorer ses produits et leur résistance. Mais ce n’est pas tout. Dans le domaine du vêtement de sport, par exemple, des nanoparticules métalliques (d’argent par exemple) sont intégrées aux fibres afin de donner des propriétés bactéricides au tissu et de lutter contre les mauvaises odeurs. Il faut savoir que ces nanoparticules, à titre d’exemple, que ces molécules sont présentes dans plus de 600 produits : pansements, électroménager, vêtements professionnels…
Dans le futur, le textile d’habillement deviendra multifonctionnel. Au sein de la fibre textile, les nanocomposants, à l’intérieur du tissu, permettront de remplir des fonctions telles que le suivi physiologique de la personne, alors que l’on utilise actuellement des appareils lourds et volumineux actuellement. A terme, les chercheurs pensent pouvoir concevoir des tissus capables de transformer l’énergie dépensée par le corps humain en électricité.

Quels autres secteurs de l’industrie utilisent des nanomatériaux ?

Dans l’industrie automobile par exemple, de nombreux matériaux sont utilisés. Le but avoué est de réduire le poids des véhicules (de 20 à 50 %), afin d’abaisser la consommation de carburant. L’ensemble des matériaux qui remplacent progressivement l’acier et les métaux, comme les polymères, peuvent être renforcés par des nanomatériaux. Les nanomatériaux permettront également de lutter contre la formation de rayures.
Autre exemple, dans le secteur de la construction. Aujourd’hui, l’ajout lors de la fabrication du béton de fumée de silice augmente leur fluidité et améliore leurs propriétés mécaniques. Les ingénieurs utilisent également des aérogels de silice pour renforcer le pouvoir d’isolation thermique du béton. Des nanoparticules de dioxyde de titane, elles, rendent ces bétons autonettoyants en provoquant, sous les rayons UV de la lumière du soleil, la décomposition des déchets organiques responsables de la salissure des bâtiments.

Y a-t-il des risques inhérents à l’utilisation des nanomatériaux ?

A la demande des ministères chargés de l’écologie, de la santé et du travail, l’Afsset avait déjà produit un rapport [1] (en juillet 2006). Ce dernier avait permis de faire l’état des connaissances et mis en lumière la nécessité d’une définition précise « des » nanomatériaux, la complexité de leur étude du fait de leur dimension et donc de recourir à un langage commun afin de comparer les données.
A la suite de ces constations, le gouvernement avait saisi à nouveau l’Afsset pour effectuer une étude relative aux effets sur la santé des travailleurs exposés aux nanomatériaux manufacturés.

Quels sont les effets sur la santé d’une exposition à des nanomatériaux ?

On ne peut exclure l’existence d’effets sanitaires sur l’homme ni de conséquence sur l’environnement à la suite d’une exposition à des nanomatériaux. Le discours de l’AFSSET est le suivant : « Au vu des données de la littérature scientifique, l’existence de dangers potentiels pour l’homme et l’environnement liés à la toxicité, l’écotoxicité et au risque d’explosion ne peut être écartée ». Ces dangers potentiels sont identifiés pour une exposition par voie cutanée, par ingestion ou, plus fréquemment, par inhalation.
Les experts recommandent de renforcer les mesures de prévention des expositions en milieu de travail, et constatent des difficultés métrologiques pour caractériser de manière pertinente l’exposition des professionnels qui manipulent des nanomatériaux.

 

 

[1] le rapport de l’Afsset, qui date de 2006, sur les risques liés à l’exposition aux nanomatériaux est disponible ici

 

P.T

Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence

A quelques semaines de la clôture du grand débat public, les conclusions rendues par l’Afsset vont probablement relancer la polémique. Saisie en juin 2008 sur l’élaboration et l’étude des scénarios d’exposition de la population à différents nanomatériaux, l’agence vient de publier un rapport dans lequel elle préconise de suivre le principe de précaution.

L’agence française de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail a testé les méthodologies classiques d’évaluation des risques sur quatre produits particuliers et courants, choisis pour leurs voies d’exposition pour l’homme et les risques de dispersion environnementale. Il s’agit de la chaussette antibactérienne (nanoparticules d’argent), du ciment autonettoyant et du lait solaire (nanoparticules de dioxyde de titane) et de la silice alimentaire à l’état nanométrique. Dans tous les cas, l’Afsset n’a pas pu conclure à un risque certain, mais n’a pu non plus exclure le risque.

Par ailleurs, le groupe de travail multidisciplinaire estime qu’il est difficile d’identifier les produits contenant des nanomatériaux manufacturés, puis de caractériser le nanomatériau à chaque étape du cycle de vie du produit associé et de réaliser des scénarios d’exposition pertinents et complets.

Face à ces incertitudes, l’agence émet différentes recommandations.

  • Rendre obligatoire la traçabilité des nanomatériaux. Cela passe par une obligation de déclaration par les industriels. En particulier, une révision de Reach s’impose pour prendre en compte les nanomatériaux manufacturés de manière spécifique et quel que soit leur tonnage.
  • Mettre en place un étiquetage clair qui mentionne la présence de nanomatériaux dans les produits et informe sur la possibilité de relargage à l’usage.
  • Aller jusqu’à l’interdiction de certains usages des nanomatériaux pour lesquels l’utilité est faible par rapport aux dangers potentiels.
  • Harmoniser les cadres réglementaires français et européens pour généraliser les meilleures pratiques : déclaration, autorisation, substitution.

Dans son rapport, l’Afsset met également en avant la nécessité de coordonner au niveau internationale la recherche sur les expositions et les dangers potentiels des nanomatériaux. Aujourd’hui, seuls 2 % des études publiées sur les nanomatériaux concernent leurs risques pour la santé et l’environnement.

Quelques jours avant la publication de son rapport, l’agence avait lancé le projet européen Nanogenotox, qui vise à identifier la toxicité sur les gènes et l’ADN de 14 nanomatériaux. Elle s’est par ailleurs fixée pour objectif de définir d’ici à deux ans un outil simplifié d’évaluation des risques.

 

En savoir plus sur le rapport
En savoir plus sur Nanogenotox

 

 

C.G.

 

Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62418.htm

 

En quelques décennies, les pays nordiques ont créé une économie de la connaissance, dont le développement et la compétitivité reposent sur des objectifs de créativité et d’innovation technologique des sociétés nordiques. Avec 3,63 % de son PIB consacré à la recherche et au développement, la Suède est le pays de l’OCDE qui investit le plus massivement dans la R&D, suivi par la Finlande avec 3,47 % de son PIB.

Ces acteurs ont assez logiquement compris très tôt l’immense potentiel ouvert par les nanosciences et ne veulent pas manquer la « révolution » des nanotechnologies. Les produits contenant des nanomatériaux sont déjà présents sur le marché et les nanoparticules manufacturées, qui peuvent être métalliques, céramiques, des fullerènes (un des types de nanoparticules les plus connus), des nanotubes, parmi lesquels les tubes de carbone, se répandent de plus en plus autour de nous. Les nanomatériaux ne sont d’ailleurs pas qu’un phénomène nouveau puisque nous respirons déjà chaque jour de nombreuses nanoparticules comme le noir de carbone, utilisé de longue date dans les pneumatiques, et comme les particules qui sont créées dans les processus de combustion depuis qu’ils sont utilisés industriellement.

Cependant, comme dans tous les autres pays, les interrogations sont nombreuses sur les risques que font courir les nanomatériaux aux hommes et à l’environnement ainsi que sur les enjeux éthiques. La perspective d’un nouveau problème de santé publique comparable à celui de l’amiante est présente à tous les niveaux. Malgré l’insistance des organismes publics nordiques impliqués dans le domaine du « nano » qui soulignent le besoin d’une meilleure connaissance de ces dangers, ces derniers sont encore mal connus.

En France, sur le modèle du Grenelle de l’environnement, un débat public a été lancé, pour regrouper tous les acteurs du domaine des nanotechnologies et les représentants de la société civile de façon à les faire dialoguer autour des risques qui accompagnent ces technologies.

Moins passionné qu’en France, il existe bien un débat animé dans les pays nordiques autour du développement des nanotechnologies. Ces pays ont l’habitude d’une démarche consensuelle qui repose sur la confiance du grand public. Celui-ci semble assez pragmatique et garde à l’esprit le fait que les nanotechnologies ne représentent pas seulement un important intérêt économique pour les entreprises mais également un réel espoir pour chacun, dans les domaines médicaux et environnementaux par exemple. Les Suédois, comme leurs voisins nordiques, paraissent confiants dans la capacité des pouvoirs publics, mais aussi des entreprises, à prendre les mesures nécessaires et à voir le principe de précaution s’appliquer.

L’attitude adoptée face au développement rapide du secteur des nanotechnologies demeure cependant hétérogène dans la région. S’il ne prétend pas à l’exhaustivité, ce rapport propose quelques clés pour comprendre ces spécificités nordiques.
Ce qui ressort des différentes études et rapports publiés sur les nanotechnologies, c’est avant tout la nécessité de développer une expertise scientifique qui permettra de lever les incertitudes sur les risques et d’adopter les mesures de contrôle qui conviennent. Les pays nordiques se basent sur une coopération internationale intense pour réaliser l’immense chantier que représente l’exploration des nouvelles propriétés des nanomatériaux et des conséquences qu’ils peuvent avoir sur la santé et l’environnement tout au long de leur cycle de vie.

Il existe une intense activité des ministères responsables, ainsi que de divers organismes publics ou des agences de recherche impliqués dans le domaine des nanotechnologies, pour prévenir les risques liés à ces technologies. Le dialogue entre les acteurs économiques, les scientifiques, les autorités et le public est justement une démarche courante dans le modèle nordique. De ces mécanismes de concertation, il ressort certaines propositions pour encadrer l’essor des technologies avec les principales précautions suivantes :

  • stimuler le plus possible la recherche scientifique sur les risques, notamment grâce à un effort international coordonné à la fois par l’Europe, où la Commission joue déjà un rôle central, et par des organisations comme l’OCDE ou le Conseil des pays nordiques ;
  • développer des méthodes de mesures qui permettront de mieux évaluer les risques et également de mettre en place les mesures adaptées et normalisées de contrôle de l’exposition des travailleurs et des utilisateurs ;
  • recenser les produits contenant des nanomatériaux pour en assurer la traçabilité et pour informer les utilisateurs ;
  • renforcer la responsabilité des entreprises productrices afin qu’elles appliquent, le plus systématiquement possible, le principe de précaution. La réglementation européenne n’est pas en reste avec l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) implantée à Helsinki et chargée de mettre en oeuvre la directive REACH qui devra, à terme, couvrir les risques liés aux nanoparticules.

Ainsi, les pays nordiques se positionnent-ils pour saisir les opportunités de nouveaux marchés représentées par les nanotechnologies. Pour autant, les différents acteurs se prononcent aux niveaux national, européen et international en faveur de l’élaboration d’une réglementation pertinente et responsable.

 

Pour en savoir plus : http://www.bulletins-electroniques.com

Source : Ambassade de France en Suède

Rédacteur : Antoine BAUDOIN, [email protected], [email protected]

Origine : BE Suède numéro 12 (2/03/2010) – Ambassade de France en Suède / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62418.htm

Dossier Techniques de l’Ingénieur : Nanotechnologies : quel potentiel, quelles limites ?

Le guide 2010 des nanotechnologies

Téléchargez gratuitement ce rapport au format pdf : http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm10_003.htm

Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies

Les craintes autour des nanotechnologies se focalisent principalement autour de trois thèmes. D’une part, l’interaction avec le vivant laisse penser que l’on pourra non seulement soigner les humains, mais aussi les « améliorer ». D’autre part, en électronique et technologie de l’information et de la communication, la miniaturisation implique des conséquences pour la protection des libertés individuelles. Enfin, les nanomatériaux posent des problèmes de toxicité et d’écotoxicité, les substances ayant des propriétés différentes à l’échelle nanométrique.

Les deux premiers aspects relèvent avant tout d’un débat de société. Au niveau légal, l’interaction avec le vivant est régie, en partie dumoins, par les lois de bioéthique, qui devront évoluer en fonction de choix sociétaux. Concernant les TIC, on peut se demander si la loi est suffisante. Alex Türk, président de la Cnil, a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme lors de la réunion de clôture du grand débat public sur les nanotechnologies (lire l’article « Débat sur les nanotechnologies : conclusion ou confusion ?« ).

La question est donc vaste. C’est pourquoi, nous avons choisi de restreindre le propos en nous intéressant, dans cet article, principalement à la réglementation concernant les nanomatériaux. Comme l’explique Sonia Desmoulin-Canselier, chargée de recherche CNRS, dans un article de la base documentaire de Techniques de l’ingénieur : « Il n’existe pas en droit positif de règle juridique spécifique. Il n’en résulte pas pour autant de vide juridique, puisque des solutions plus générales s’appliquent. »

Une recherche encadrée par les fonds publics

La liberté de la recherche est un principe fondamental, qui s’inscrit cependant dans certaines limites comme le respect de la propriété industrielle, la protection de la santé des personnes, de l’environnement et des animaux, la protection des travailleurs ou encore la protection de valeurs jugées fondamentales. La recherche est aussi encadrée par certains textes, qui n’ont pas toujours une valeur juridique. C’est le cas par exemple du code de bonne conduite européen (recommandation de la Commission européenne du 7 février 2008).

« Le code de bonne conduite n’est pas aussi contraignant qu’un texte réglementaire national mais il reste tout de même efficace », indique l’avocat Etienne Wéry. En effet, dans le public, le financement des projets suppose son respect. La volonté d’être publiée pousse également à tenir compte de cette charte. Pour le privé, cet encadrement est moins efficace, mais d’autres contraintes s’appliquent, notamment liées à la mise sur le marché. Quant au secteur militaire, il échappe à tout encadrement. « C’est la grande inconnue », estime-t-il.

Le respect du principe de précaution

Le principe de précaution, tel qu’il apparaît dans les textes européens, appelle à faire avancer les connaissances sur les risques et demande que les décisions publiques visent le plus haut niveau de protection de la santé, notamment des travailleurs, et de l’environnement au regard des « meilleures données scientifiques disponibles » et des « résultats les plus récents de la recherche internationale ». Le principe de précaution figure également dans la Charte de l’environnement. Ces textes ont poussé les autorités à saisir les différentes agences de sécurité sanitaire, de protection de l’environnement ou de risques émergents. Pour l’instant, elles concluent à « un risque possible, bien que non avéré, de dommages graves pour la santé et l’environnement en lien avec certains nanoparticules et leurs spécificités. » (lire l’article « Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence« )

Les autorisations de mise sur le marché

Il existe des systèmes d’autorisation, de notification, de déclaration ou de certification avant la mise sur le marché pour certains produits comme les médicaments, les nouveaux aliments et additifs alimentaires, les cosmétiques et désormais les substances chimiques. La Commission européenne a fait une proposition de texte pour la cosmétique et l’alimentaire en mars 2009, et le sujet devrait être prochainement relancé.

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, la France s’est engagée : « L’Etat se donne pour objectif que, dans un délai de deux ans qui suit la promulgation de la présente loi, la fabrication, l’importation ou la mise sur le marché de substances à l’état nanoparticulaire ou des matériaux destinés à rejeter de telles substances, dans des conditions normales ou raisonnablement prévisibles d’utilisation, fassent l’objet d’une déclaration obligatoire, relative notamment aux quantités et aux usages, à l’autorité administrative ainsi que d’une information du public et des consommateurs. »

D’une manière générale, il existe deux écoles. La première plaide pour une autorisation préalable de mise sur le marché, qui peut se traduire au niveau des Etats membres – l’avantage de cette solution étant que les Etats sont plus directement responsables devant les citoyens – ou pour une autorisation au niveau européen. « Cela permet alors de mieux partager l’information et d’avoir une équipe de grands experts, explique Etienne Wéry. Dans ce cas, il faut que l’autorité européenne soit financée de façon décente. Il ne faut pas reproduire ce qui se passe pour les OGM avec d’un côté une autorité qui ne fait que valider les travaux des requérants et de l’autre des autorités nationales qui bloquent les mises sur le marché. Il faut une autorité vraiment indépendante qui puisse produire ses recherches propres. »

L’autre école plaide pour laisser les entreprises libres tant qu’elles respectent certaines règles. « Aujourd’hui ce sont les industriels qui sont responsables des produits qu’ils mettent sur le marché », rappelle Daniel Bernard, conseiller scientifique auprès de la R&D d’Arkema.

Reach et bientôt nano reach

Dans une communication « Aspects réglementaires des nanomatériaux », l’Europe propose d’inclure les propriétés spécifiques de la nanoforme de la substance dans le dossier d’enregistrement de Reach. « On travaille sur un nano Reach à Bruxelles, il s’agit d’intégrer non pas seulement la composition mais les risques liés à la réactivité, explique Daniel Bernard. L’atome de surface n’a pas la même réactivité chimique, ce qui peut entraîner une toxicité. » Il est question d’introduire l’obligation de faire des études complémentaires pour une taille inférieure à 100 nm. « Je suis favorable à une réglementation spécifique à condition que l’on soit bien d’accord sur la définition », commente-t-il. (lire l’article « Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence« )

La normalisation en avance sur la réglementation

Il existe un travail important de normalisation dans le domaine des nanotechnologies, avec une quarantaine de normes en chantier à l’ISO (organisation internationale de normalisation). L’un des enjeux majeurs concernent la définition des termes.

« Nous travaillons par consensus avec toutes les parties prenantes, les autorités publiques, les industriels, la recherche académique et les ONG, raconte Daniel Bernard. Il s’agit d’un débat ouvert et non polémique. » Deux grands principes régissent la normalisation : une norme résulte d’un consensus d’experts et elle est d’application volontaire. Cela signifie que l’industrie l’applique car elle apporte un plus (technique, commercial, communication…). Les normes servent souvent de base à la législation. « C’est une des premières fois que l’on se pose la question de la normalisation en même temps qu’un ensemble de technologies se développent, affirme Daniel Bernard. Cela me semble très positif. »

Au niveau international, cela suppose de s’entendre entre régions du monde qui ont parfois des visions bien différentes. L’Amérique du Nord et l’Europe ont une approche de protection de la santé, alors que les pays émergents, et notamment la Chine, la Corée ou le Brésil, ont une vision plus économique. « La Chine a initié les premières normes en 2003 qui s’imposent au niveau mondial », rappelle-t-il.

Des questions en suspens

  • Peut-on imaginer un moratoire ?

« Imaginons un moratoire sur les nanomatériaux en Europe, nous n’aurions plus de voiture, ni de télévisions ! » estime Daniel Bernard. On utilise par exemple des nanotubes dans les batteries lithium des téléphones portables. Cela pose aussi le problème de la détection des nanomatériaux dans un objet sophistiqué, notamment pour les produits importés.

  • Peut-on exiger un étiquetage des produits avec une mention « nano » ?

D’une part très peu de personnes lisent les étiquettes. D’autre part, une mention claire du type « contient des nanomatériaux » n’a aucun sens tant les nanomatériaux ont des propriétés et des dangerosités diverses. Cependant, le consommateur doit être mieux informé sur les risques. (lire l’article « Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence« )

  • Peut-on organiser un traitement spécifique des déchets ?

Aucune réglementation ne tient compte de la spécificité des déchets provenant des nanotechnologies générés durant tout le cycle de vie des produits, du stade de la fabrication à la fin de vie, en passant par leur usage.

Corentine Gasquet

Les data centers du futur seront « verts »

Au sein de la Silicon Valley bavaroise, T-Systems et Intel se sont alliés pour concevoir le data center du futur économe en énergie : DataCenter 2020. Au sein du DataCenter 2020, T-Systems et Intel travaillent ensemble sur l’implémentation industrielle et l’automatisation des services ICT. Leur but est de proposer ces services sur le marché avec un maximum d’économies en énergie et en coûts. Lors d’une phase initiale à Euroindustriepark, les deux entreprises recherchent les meilleures conditions nécessaires à la création d’un data center vert. Les résultats serviront de base pour concevoir des nouveaux data centers écologiques, ainsi que pour améliorer les data centers existants.« Il s’agit du premier et du seul projet mondial, exclusivement dédié à l’optimisation énergétique au sein des data centers », déclare Olaf Heyden, membre du board de T Systems en charge des opérations ICT. « Dans le monde entier, la consommation d’énergie des data centers est à la hausse. Cette analyse va donc jouer un rôle clé dans la réduction des émissions de CO2 et des coûts. Et comme la protection de l’environnement est un sujet qui nous concerne tous, nous publierons les résultats de nos recherches en ligne ». Christian Morales, Vice President, Sales and Marketing Group, General Manager EMEA, Intel Corporation, souligne : « Dans un data center, les coûts annuels relatifs à l’énergie et au refroidissement peuvent être aussi élevés que les investissements en matière d’infrastructure IT. Pour le Data center 2020, T-Systems et Intel vont étudier et analyser les facteurs clés qui influent sur les coûts totaux d’un data center. L’objectif de notre recherche commune est d’élaborer un plan visant à développer, construire et faire fonctionner le « data center du futur ».Le Data Center 2020 offre une hauteur de plafond qui peut être portée 2,50 à 3,70 mètres, et un générateur de fumée qui rend les flux d’air visibles. L’environnement test, d’une surface de 70 m² environ, ainsi qu’une pièce équipée de la même taille, sont situés dans le data center de T-Systems. Intel fournit environ 180 serveurs pour le projet, alors que la division Grands comptes de Deutsche Telekom fournit l’infrastructure nécessaire pour les faire fonctionner. Environ 10 collaborateurs de chaque entreprise analysent les interactions de plusieurs éléments du data center, en considérant la problématique énergétique de façon globale n’incluant pas seulement les serveurs mais aussi des éléments comme les systèmes de refroidissement, la taille de la pièce, la hauteur des plafonds ou encore les circuits d’eau. L’investissement de T-Systems dans ce projet est de plusieurs millions d’euros. Ce projet permettra à T-Systems et Intel d’intégrer dans leurs propres data centers les découvertes réalisées. L’un de leurs objectifs est d’obtenir une valeur optimum d’efficacité électrique (Power Usage Effectiveness ou PUE) équivalente à 1,3 au sein des nouveaux data centers. Cette valeur correspond au ratio de l’énergie totale consommée dans un data center ramenée à celle des ordinateurs utilisés. Actuellement, les valeurs PUE pour le refroidissement des data centers grâce à la circulation d’air sont comprises, en moyenne, entre 1.7 et 1.8.Marc CHABREUIL

Un Mastère Spécialisé en partenariat avec l’industrie du béton

En partenariat avec la Fédération de l’Industrie du Béton (FIB) et le Centre d’Etudes et de Recherche de l’Industrie du Béton (CERIB), une nouvelle formation (bac +6) verra le jour à l’Ecole des Mines de Douai à compter de la rentrée 2010 : le Mastère Spécialisé « Produits et Procédés de l’Industrie du Béton ». Ce Mastère fournira aux industriels de la profession des cadres ayant les outils et méthodes du Génie Civil Industriel, ouverts à la culture d’entreprise et aptes à mener des projets à la confluence de la production et des nouvelles technologies dans le domaine des bétons. Il s’adresse aux ingénieurs, aux diplômés d’une école de management habilitée à délivrer le grade de Master, aux détenteurs d’une Maîtrise ou équivalent, à des auditeurs justifiant d’au moins trois années d’expérience professionnelle et aux détenteurs d’un diplôme étranger équivalent aux diplômes français exigés ci-dessus.Les enseignements permettront aux élèves de connaître et de maîtriser les produits de l’industrie du béton ainsi que les techniques de construction associées (46 % des enseignements seront assurés par des professionnels et une partie des cours sera assurée en anglais).La formation comprend des enseignements théoriques, pratiques et des travaux entrant dans le cadre d’un projet scientifique et technique, tutoré conjointement par la profession de l’industrie du béton et le département Génie Civil et Environnemental de l’Ecole des Mines. Un stage en entreprise de 5 mois conclut la formation.Les enseignements s’articuleront autour de trois Unités d’Enseignement :

  • Matériaux béton : formulation des nouveaux bétons ; pathologie et réparation des ouvrages…
  • Produits et procédés : approfondissement des connaissances en béton armé et précontraint, maîtrise des exigences de l’ouvrage par rapport aux produits en béton, gestion des process de fabrication…
  • Management et logistique : politique HQE, gestion et management par projet ; achats ; Supply Chain Management…
A l’issue du Mastère Spécialisé, les diplômés pourront assurer des fonctions de directeurs d’affaires, directeurs d’études, directeurs de production, directeurs de projets. Ils seront à même d’installer une nouvelle chaîne de production, d’apporter des solutions techniques et économiques, d’optimiser les stocks, de concevoir un réseau logistique, d’optimiser les ressources de l’entreprise, de développer une démarche qualité… Marc Chabreuil

La pratique de l’archivage électronique progresse

L’archivage électronique n’est plus une démarche anecdotique. Elle s’installe progressivement dans le quotidien des organismes privés et publics note Markess International dans son étude de 2010. Ainsi, sur l’échantillon de 150 organisations interrogées début 2010, 48 % déclarent archiver régulièrement des contenus électroniques, 17 % disent le faire de façon occasionnelle et 22 % indiquent avoir un projet d’archivage électronique d’ici 2012. Des chiffre qui varient toutefois selon les profils.Déjà relativement matures en 2007, les secteurs de la distribution, du commerce, ainsi que des opérateurs de services (télécommunications, énergie, traitement des déchets, etc.) continuent à connaître une croissance. Pour ces secteurs, confrontés à de forts volumes de documents et contenus électroniques, il s’agit notamment de mettre en place les dispositifs d’archivage exigés par la loi lorsque le format électronique prend le pas sur le format papier.L’explosion du volume de données électroniques ces dernières années a inévitablement poussé les organisations à réviser les processus associés à la gestion de ces données et à prendre en compte le contenu électronique dans l’intégralité de son cycle de vie, jusqu’à son archivage. La majeure partie des contenus électroniques n’étant pas considérés comme des contenus  » vivants « , leur archivage (voire leur destruction) devient impératif afin, notamment, de réduire les coûts associés à leur conservation dans les systèmes d’information et de favoriser également l’efficience de ces systèmes. Au‐delà de ces préoccupations, d’autres facteurs militent pour l’usage de l’archivage électronique. Ces éléments relèvent autant de la gestion de contenu (besoin de faciliter la recherche d’information au sein des contenus archivés), de la sécurité (volonté de sécuriser les contenus, de préserver l’intégrité des informations sur de longues périodes) et du contexte légal et/ou réglementaire dans lequel 65 % des organisations interrogées voient un déclencheur de leurs projets.Afin de se conformer aux exigences imposées par la loi, ou par des réglementations relatives à certains métiers ou secteurs d’activité, les organisations doivent intégrer la notion de valeur probatoire à leurs projets d’archivage. Pratiqué par 35 % des organisations interrogées en 2010, l’archivage de contenus à valeur probatoire devrait concerner 71 % des organisations interrogées d’ici 2012. En tête des contenus pour lesquels un archivage à valeur probatoire est jugé nécessaire figurent les factures, clients ou fournisseurs et les bulletins de paie.Preuve également de l’intérêt croissant des organisations pour l’archivage électronique, les projets qui étaient souvent cantonnés aux seules directions informatiques en 2007, remontent désormais, peu ou prou, au niveau des directions générales. Ils sont ainsi menés au plus haut niveau, avec un périmètre plus global au niveau des organisations. Pour autant Hélène Mouiche, Chargée d’Etudes Senior chez Markess International constate que  » dans une majorité des organisations interrogées, de multiples solutions sont utilisées pour l’archivage des contenus. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un module d’archivage inclus dans une solution couvrant un périmètre plus large telle qu’une solution de gestion de contenu (GED, gestion de contenu, gestion documentaire) ou une solution métier (RH, finance, achats, vente, etc.). Un tiers des organisations indiquent, quant à elles, recourir à une solution dédiée à l’archivage de contenus électroniques, parfois en complément d’un recours aux modules précédemment cités. « Par Marc Chabreuil

Une plate-forme d’alerte en ligne pour le retrait des produits défectueux

Le groupe Carrefour et ses fournisseurs se sont dotés d’une plateforme collaborative d’alerte en ligne pour accélérer le retrait en rayon des produits présentant des anomalies ou un danger pour le consommateur. Le développement de cet outil a impliqué de nombreux services du groupe (qualité, supply chain…) et son partenaire, DDS Logistics. Pour informer au plus vite l’ensemble de ses magasins et entrepôts en cas de produit défectueux ou dangereux, le groupe Carrefour a mis en place des procédures spéciales pour parer à toute éventualité. Dès qu’une anomalie est détectée, des fax sont immédiatement envoyés à l’ensemble des 5 500 points de vente et entrepôts du groupe en France et les produits sont retirés des rayons. Par retour de fax, chaque magasin indique les quantités de produits détenues. « Une procédure fiable, mais lourde à gérer » de l’avis de Ghislain Esquerre, Directeur du centre de compétence BtoB Carrefour, et Séverine Tomme, Responsable des projets alimentaires Carrefour. Sous leur impulsion et celle d’Hervé Gomichon, Directeur Qualité Groupe, le groupe s’est alors tourné vers le projet d’un de ses partenaires informatiques, DDS Logistics, qui lui a fourni le logiciel de gestion de ses flux import. Il a alors été décidé de mettre en place une plateforme collaborative d’alerte en ligne : « www.alertenet.com ». Son objectif : accélérer la diffusion de l’information tout en sécurisant les phases de validation, tracer 100% du process opératoire et mieux cibler les points de vente concernés par les retraits de produits dans l’ensemble du réseau Carrefour (hypermarchés, supermarchés, maxidiscompte, magasins de proximité et entrepôts).La plateforme est disponible en mode SAAS (Software as a Service) et accessible aux fournisseurs, services qualité, points de vente et entrepôts Carrefour selon leurs niveaux d’autorisation. Et ce, 7 jours sur 7, avec une astreinte jusque tard le soir assurée par DDS Logistics et par les chefs de groupe qualité Carrefour. Concrètement, le fournisseur rentre sur le site « www.alertnet.com » l’anomalie constatée sur son produit. Il renseigne les différentes informations permettant une identification rapide de son produit : marque, famille de produit, code-barres, conditionnement, date de limite de consommation (pour les produits alimentaires), numéro de lots, site de production…et ce quelle que soit la typologie du problème Les services qualité Carrefour ont ainsi à leur disposition une information complète, sécurisée et validée par le fournisseur très rapidement.

Réactivité, ciblage et traçabilité, les 3 moteurs du projet
« La plateforme web DDS Shipper contient des algorithmes permettant de modéliser et de cibler très précisément les entrepôts et magasins détenant les produits, souligne Ghislain Esquerre. Auparavant, l’alerte était diffusée à l’ensemble du réseau. Pour les points de vente et entrepôts, c’est un gain de temps : le contrôle des stocks se limite aux seuls sites directement concernés. » Les services qualité Carrefour qui sont informés en temps réel (via SMS et e-mail) de la demande d’un fournisseur, vont alors valider l’information afin que celle-ci soit diffusée par fax au personnel sur ces sites. La diffusion se fait à la fois par par mail, via www.alertnet.com, et par fax qui demeure une obligation légale. « L’envoi de mail et SMS permet d’accélérer la prise de connaissance de l’information et ainsi de procéder à sa validation avant diffusion par fax », insiste Ghislain Esquerre.Les articles sont retirés des rayons dans les minutes qui suivent. Chaque site rentre sur www.alertnet.com, les quantités exactes de produits en sa possession. Le traitement de l’information est plus rapide, sans ressaisie. « La rapidité d’exécution, un ciblage optimisé et la traçabilité ont été les moteurs de ce projet », confirme Ghislain Esquerre. Tout ce processus s’appuie sur les fonctions de modélisation de workflow, de traçabilité et de gestion par alerte de DDS Shipper.Selon les anomalies détectées, les produits peuvent être soumis à de nouveaux tests par des laboratoires d’analyses indépendants ; détruits selon des procédures spécifiques ou récupérés par le fournisseur. Notons que www.alertnet.com est capable d’analyser les données, réaliser des statistiques pour définir le type de produits et les fournisseurs « défaillants ».« Deux ans ont été nécessaires à la conception et mise en place de l’outil, compte tenu la multiplicité des services et sites concernés, rappelle Ghislain Esquerre. La collaboration des différentes équipes (qualité, supply chain…) a été fondamentale dans la réussite de ce projet. Et DDS Logistics a su nous accompagner dans cette démarche qualité très poussée, requérant une fiabilité et une réactivité sans faille. » Marc CHABREUIL

Un composite né du recyclage de peintures en poudre

La technologie Ecotech CP est né d’un double constat. Les technologies actuelles de revêtement manuel par peinture en poudre ont des rendements inférieurs à 75 %. De plus, près de 90 % de ces poudres sont perdues lors du process. Les industriels des traitements de surface sont même obligés de payer pour s’en débarrasser. D’où l’idée des chercheurs de Lifco Industrie, un centre technique privé, de récupérer ces matériaux  » gratuits  » et, au lieu de les incinérer, de les recycler pour en faire un nouveau composite… écologique.

C’est ainsi que le département de recherche et l’unité de production de Lifco Industrie ont développé la technologie Ecotech CP qui consiste à utiliser des poudres composites de taille micrométrique, principalement issues de la récupération des peintures en poudre, pour créer de nouveaux matériaux et revêtements ou pour apporter de nouvelles propriétés aux matériaux et revêtements existants.

L’approche de Lifco Industrie qui, depuis sa création en 1999, est devenue une référence européenne en ingénierie des surfaces des matériaux divisés, est donc double :

  • récupérer en amont des peintures auprès des utilisateurs en traitements de surface (par exemple, il serait possible de récupérer et de réutiliser annuellement plus de 100 t de peinture en poudre en Haute Normandie ou 300 t en Rhône-Alpes);
  • recycler ces poudres en les transformant en nouveaux matériaux ou revêtements composites respectueux de l’environnement.

Basée sur les technologies de compactage / frittage ou de thermoformage, Ecotech CP met en œuvre des poudres recyclées. Au départ, ces poudres récupérées sont hétérogènes au niveau des composants (polyester, époxy…), mélangées à de la poussière et à des impuretés inorganiques, et sont de couleur sombre (généralement gris ou noir). Des ajouts qui, entre autres, facilitent leur mise en forme, permettent de les transformer en poudres thermodurcissables. C’est là que réside l’innovation du procédé Ecotech CP.

Après polymérisation, ces poudres peuvent servir aussi bien à fabriquer, avec de faible prix de revient, des pièces composites fonctionnelles, présentant d’excellentes qualités mécaniques (en particulier de dureté) et de résistance à la corrosion, qu’à réaliser, en traitements de surface, des revêtements composites à porosité contrôlée, d’une épaisseur pouvant aller jusqu’à plusieurs millimètres.

La technologie Ecotech CP s’adresse principalement aux utilisateurs de pièces ou revêtements fonctionnels en matériaux composites à base de polymères thermodurcissables chargés, mais aussi de pièces métalliques ou composites pour lesquelles l’aspect de surface n’est pas essentiel. Elle ouvre ainsi la voie de l’éco-conception durable dans la fabrication des matériaux composites pour l’automobile, l’aérospatiale, l’armement, l’électronique (possibilité de créer, au choix, un matériau conducteur ou isolant), l’emballage, le bâtiment, la décoration ….

Lifco Industrie qui a réalisé un chiffre d’affaires proche d’un million d’euros en 2009, cherche aujourd’hui des partenaires industriels et vise le développement à l’international par la mise en place d’un partenariat avec la société Euglos pour la vente des produits et services Lifco en Roumanie.

Par Marc Chabreuil

Le polycarbonate habille le nouveau stade de Dublin

La feuille résistante Lexan de SABIC Innovative Plastics remporte le concours du meilleur projet d’innovation d’EPSE pour la réalisation des murs curvilinéaires et transparents du stade Aviva de Dublin. Présentation de ce projet, qui devrait faire du nouveau stade de Dublin le plus écologique d’Irlande.Dans le nouveau stade Aviva de Dublin (50.000 places) qui doit ouvrir cette année, les fans de rugby et de foot risquent de montrer autant d’intérêt pour la structure du stade que pour les résultats des matchs. Les murs curvilinéaires et transparents du stade sont constitués de feuilles en polycarbonate Lexan Exell D profilées à froid, résistantes et pratiquement incassables de SABIC Innovative Plastics, ce qui, en plus d’une grande élégance, leur confère une haute performance et un caractère écologique. Des persiennes en feuille Lexan assistent les besoins de ventilation du stade. Ce matériau qui comporte une finition polie sur sa face extérieure, incorpore une protection exclusive contre le rayonnement ultraviolet absorbant les rayonnements nocifs. En reconnaissance de la contribution stratégique de la technologie de la feuille Lexan dans la construction du stade, European Polycarbonate Sheet Extruders (EPSE) a décerné à SABIC Innovative Plastics son prix du meilleur projet d’innovation. L’entreprise se voit ainsi remettre un prix EPSE pour la seconde fois puisqu’elle avait déjà remporté en 2008 un prix de la catégorie des meilleures innovations pour la station de métro Carmes à Toulouse en France, dont le toit est constitué de feuille Lexan Exell D.

Réduction de la quantité de matériaux employée pour les supports structurels
« Ce matériau polyvalent offre d’énormes avantages aux architectes travaillant sur les bâtiments publics, tels qu’une liberté de création exceptionnelle, une solidité et résistance à l’impact élevées, et un poids léger qui permet son utilisation ininterrompue sur de vastes surfaces. Mais surtout, la transparence de la feuille Lexan permet à la structure de refléter les couleurs du ciel et de jouer avec la lumière, créant ainsi une façade attrayante aux couleurs changeantes » a déclaré Ingrid Verschueren, directrice juridique de European Plastics Converters, l’organisation fondatrice du prix EPSE.La feuille Lexan Exell D contribue pour une part importante à l’initiative « verte » du stade Aviva. En permettant la pénétration de la lumière du jour à l’intérieur du stade, ce matériau contribue à réduire la consommation d’énergie : des capteurs désactivent l’éclairage artificiel lorsque la quantité de lumière naturelle est suffisante. Étant donné qu’elle ne pèse que la moitié du poids du verre, la feuille de Lexan Exell D réduit la quantité de matériaux employée pour les supports structurels.Cette feuille de polycarbonate procure également une haute résistance à l’impact (250 fois supérieure au verre) et une résistance à la flamme (conforme à la norme européenne anti-incendie EN 13501-1) pour la sécurité ; elle est conforme à la norme de résistance à l’impact et de sécurité des vitrages Pr EN 356. Ses autres caractéristiques majeures sont sa stabilité dimensionnelle, sa facilité de manutention et d’installation et sa résistance au jaunissement, aux graffitis et aux bris.Marc CHABREUIL

1 500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

Pour améliorer la maintenance et la logistique du futur avion A350 XWB mais aussi pour éviter les contrefaçons, Airbus a décidé de faire appel à la technologie RFID afin de marquer plus de 1.500 composants et systèmes, en zone pressurisée et non pressurisée, de chaque avion. L’A350 XWB sera le premier appareil d’Airbus à utiliser cette technologie d’identification qui sera mis en œuvre avec la participation des équipementiers d’Airbus. Une première mondiale pour la sécurité aérienne.

Ce programme prévoit de déployer des étiquettes RFID durcies à large mémoire qui contiendront les dates et informations de conception ainsi que l’historique complet de l’entretien des pièces de l’avion, ce qui permettra l’optimisation des opérations de maintenance, réparation et révision (MRO : Maintenance, Repair & Overhaul).

Airbus avait lancé un appel d’offres auquel avait notamment répondu de grandes entreprises asiatiques comme Fujitsu. Finalement il a retenu la solution développée et produite conjointement par MAINtag SAS, jeune entreprise française, leader du marché des systèmes RFID et Tego, Inc, fournisseur de puces RFID large mémoire.

Chef de file et principal fournisseur du contrat signé sur plusieurs années avec Airbus, MAINtag qui a relocalisé sa production en France, livrera la solution FLYtag conformes aux spécifications aéronautiques mondiales. Il s’agit d’un tag RFID UHF Gen2 (850 – 960 MHz) destiné à l’identification et la maintenance pour le monde aéronautique. Construit pour des conditions extrêmes d’utilisation (températures comprises entre -25°C et +85°C, accélérations comprises entre -0,5 g et +4g…), il est adhésif et de faible encombrement. La gamme FLYtag qui se décline en 2 modèles, intègre la puce passive RFID à large mémoire TegoChip de Tego qui supporte jusqu’à 32 kbytes de données et est actuellement disponible avec la gamme FLYtag compatible métal, dans une configuration 4 kbytes puis 8 kbytes dès la fin de cette année. Avec 32.000 bytes de capacité mémoire, la puce TegoChip dépasse de loin les 512 bits couramment disponibles aujourd’hui sur le marché.

 » La combinaison de l’expertise de MAINtag et de Tego apporte la technologie RFID la plus avancée sur le marché pour les applications qui nécessitent une grande capacité de mémoire dans des environnements hostiles « , conclut Bruno Lo-Ré, président de MAINtag.

M.C

Un ciment plus respectueux de l’environnement

La fabrication du ciment standard, que l’on obtient pour l’essentiel à partir de calcaire, nécessite un chauffage à très haute température (1.450°C) qui engendre d’importantes émissions de CO2. Ce qui est problématiques dans le contexte actuel. Camille Magniont, au sein du Laboratoire Matériaux et Durabilité des Constructions (INSA de Toulouse, Université Paul Sabatier), en s’inspirant des recettes mentionnées par Vitruve, il y a deux mille ans, a mis au point un nouveau liant à partir du métakaolin, une argile calcinée dont la production conduit principalement à l’émission de vapeur d’eau. Son utilisation permet de réduire de plus d’un tiers les émissions de gaz à effet de serre par rapport à celle d’un ciment classique. Grâce à des adjuvants végétaux incorporés à ce nouveau liant et contrairement au ciment standard qui est imperméable, le nouveau liant laisse sortir l’humidité, minimisant ainsi la condensation au sein des bâtiments et donc le risque de prolifération de champignons et moisissures. L’utilisation d’un tel matériau est recommandée pour la restauration de bâtis anciens, qui se détériorent lorsqu’on les rénove avec des enduits ou mortiers modernes.Les adjuvants végétaux incorporés dans le nouveau produit permettent de pallier les inconvénients que présentait le ciment romain, tout particulièrement sa lenteur à durcir. Le produit mis au point par Camille Magniont durcit en moins d’une semaine, comme un ciment habituel, et non en plusieurs mois comme le ciment romain. Les adjuvants permettent également d’améliorer ses qualités mécaniques, désormais compatibles avec un usage en construction, dans le domaine du bâtiment. Le retrait au moment du durcissement est par ailleurs plus faible, ce qui a l’avantage de limiter le risque de fissures.Le liant mis au point par Camille Magniont peut être associé avec du chanvre ou d’autres matières végétales pour produire des blocs de béton préfabriqués, à démoulage immédiat, susceptibles de favoriser le développement de maisons écologiques à coût accessible. Ces blocs, qui ont fait l’objet d’un second brevet, et qui sont développés avec des industriels régionaux, sont autoporteurs. Ils pourraient être utilisés sans ossature bois pour consolider le bâtiment. Leur qualité isolante est telle qu’ils ne nécessitent pas d’être doublés par une couche isolante, comme les murs en béton standard.Par Marc ChabreuilSommaire du Cahier Nanotechnologies> Bases documentaires

  • Aspects sécurité des nanomatériaux et nanoparticules manufacturés
  • Régulation juridique et nanosciences
  • Les nanotechnologies et le droit des brevets d’invention

> Comprendre

  • « Il faut assurer la diffusion des nanotechnologies dans le tissu industriel » (Vincent Pessey – Alcimed)
  • Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée
  • La giga capacité de la nanoélectronique
  • Vers le développement de nouvelles fonctions pour les matériaux

> Evaluer

  • « En matière de nanocomposites, les verrous ne sont pas que technologiques » (Jean-François Hochepied – SCPI)
  • « Il faut cesser d’ériger en nécessité l’objectif aveugle de garder notre rang » (Gérard Toulouse)
  • Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation
  • Nanomatériaux : l’Afsset recommande la prudence
  • Nouveau rapport d’Ambassade : les nanotechnologies dans les pays nordiques

> In situ

  • Le casse-tête de l’encadrement juridique des nanotechnologies
  • Comment Pamotex s’est lancé dans les nano

> Produits

  • Un ciment plus respectueux de l’environnement
  • Un composite né du recyclage de peintures en poudre
  • 1.500 étiquettes RFID sur chaque Airbus A350 XWB

Identifiez vos produits dangereux avec le SGH !

Etes-vous prêts ? Savez-vous que le non respect de cette réglementation vous expose à différentes sanctions ? Pour vous aider, nous vous proposons deux solutions qui vous permettront d’être conforme à cette nouvelle réglementation et d’éviter les sanctions.  

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Fabriqués en polyester adhésif avec d’un laminage polyester, ils présentent une bonne résistance :
  • Aux produits chimiques et aux solvants,
  • A la température (-40°C à + 120°C),
  • Aux intempéries,
  • Aux UV,
  • Aux rayures et à l’abrasion.
L’adhésif, à base d’acrylique, s’applique sur les surfaces les plus difficiles.Le laminage polyester évite que l’impression soit en contact direct avec les produits chimiques.  
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  • Soyez réactif
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Un tableau de bord entièrement virtuel

Les tableaux de bord électromécaniques sont de plus en plus remplacés par des visualisations entièrement numériques, réduisant ainsi la complexité des systèmes et le recours à de nombreuses variantes de production. En offrant une grande souplesse et en affichant seulement les contenus correspondant à des situations de conduite précises, ces nouveaux affichages d’instruments contribuent à une sécurité accrue du véhicule. Fujitsu Microelectronics Europe (FME) a développé un nouveau concept d’applications montrant les possibilités de réalisation de tableaux de bord virtuels pour les futurs véhicules particuliers et utilitaires. Ce démonstrateur vise à fournir une solution système complète, correctement dimensionnée, qui regroupe les parties hardware et software, une application de démonstration ainsi qu’un outil de support permettant le redémarrage rapide d’un développement. Conçu en étroite collaboration avec Icon Incar, un studio professionnel de design automobile implanté en Allemagne, il présente des fonctionnalités 3D (utilisant OpenGL ES 2.0) aussi impressionnantes que réalistes qui affichent différents tableaux de bord en haute résolution en fonction de situations réelles.Trois modes de fonctionnement ont été développés :  le mode  » Basic «  qui, axé sur la facilité d’utilisation des menus application, réduit la quantité d’information afin que le conducteur se concentre sur l’essentiel au moyen d’éléments de design harmonisés. Faisant office d’interface standard, ce mode fournit au conducteur toutes les informations nécessaires et appropriées à la conduite. La palette de couleurs  » Ice  » mélange des teintes douces à des éléments déjà clairement structurés. L’ensemble de la scène reproduit un tunnel et donne une impression d’espace infini. Un curseur se déplace sur un axe défini dans le fond. Ce dernier permet l’affichage d’éléments mobiles qui apparaissent plus petits ou plus grands selon leur distance ou leur importance. L’utilisateur peut choisir entre les vues  » navigation « ,  » média « ,  » téléphone et assistance  » ; – le mode  » Sports  » qui est conçu pour impressionner l’utilisateur avec sa palette de couleurs  » Fire  » dont le fond rouge affiche des instruments à aiguilles traditionnels. Le tableau de bord ne donne qu’un minimum d’information pour que l’attention du conducteur reste fixée sur la route. Des informations importantes, comme celles du compte-tours, sont affichées au centre. D’autres fonctionnalités de couleurs entrent en jeu si l’aiguille de vitesse passe en zone rouge. Les informations de vitesse sont affichées sur la droite, tandis que la gauche donne des informations sous la forme d’un chronomètre ;  – le mode  » Stop « , qui occupe toute la surface de l’affichage, fournit des informations sur le véhicule. Il est utilisé quand des informations de circulation habituellement affichées n’ont pas besoin de l’être comme, par exemple, au feu rouge, quand la voiture est à l’arrêt ou quand le moteur est arrêté. Dans ces cas, les informations de vitesse et autres données standard ne sont pas nécessaires. Le conducteur peut faire apparaître des informations sur le véhicule, la route ou l’état de la circulation. Il serait même possible d’intégrer à la scène des informations sur les feux tricolores, comme la durée d’un feu rouge par exemple. 

L’affichage varie en fonction des conditions de conduite © Fujitsu Microelectronics Europe (FME)
L’application utilise le processeur graphique MB86298  » Ruby  » de Fujitsu dédié aux applications embarquées, la technologie de ce cœur graphique servant de base aux SoC (systèmes sur puce) de future génération. Elle regroupe des fonctions issues de l’informatique visuelle et de l’automobile et ouvre la voie à d’impressionnantes applications dans les véhicules. En plus de quatre unités de capture vidéo intégrées et de deux contrôleurs d’affichage intégrés, l’architecture  » unified shader  » de la carte graphique est entièrement compatible avec Kronos OpenGL 2.0. Cette application utilise aussi CGI Studio, la nouvelle plate-forme de développement logiciel indépendante de Fujitsu Microelectronics Embedded Solution Austria GmbH (FEAT). Ce logiciel a été conçu spécifiquement pour le développement d’interfaces graphiques homme/machine pour les tableaux de bord automobiles 3D et pour les systèmes d’info-divertissement (HMI/GUI). En plus de son moteur logiciel 3D  » Candera « , CGI Studio comporte une chaîne d’outils d’édition continue basée sur  » Scene Composer  » ainsi que le processus de développement logiciel nécessaire.Par Marc Chabreuil

Un directeur HSE doit savoir jongler avec l’humain, l’opérationel et la technique

Christian Mathieu, Chef de service Hygiène Sécurité de l’usine Goodyear à Amiens souhaitait faire évoluer son poste vers un niveau de Direction. Dans cette optique, le parcours de formation était un atout supplémentaire. Il nous livre son expérience.

Techniques de l’ingénieur : Qu’est ce qui a motivé votre participation au parcours de formation Directeur Sécurité ?

Christian Mathieu :  » Je gère actuellement une équipe Sécurité composée de spécialistes incendie, ergonomie… alors que le poste de Direction encadre plusieurs chefs de service à l’échelle nationale. Ce nouveau poste est donc moins opérationnel et requière davantage de compétences en management.

Mon objectif était donc double : monter en compétence côté encadrement tout en maintenant un niveau d’expertise métier. Je voulais être sûr que mes compétences techniques actuelles étaient à niveau et en phase, ou, si ce n’était pas le cas, je souhaitais les mettre à jour.

Quels sont les 3 points forts de ce parcours ?

– On balaye bien tout le métier de l’hygiène-sécurité.

– Il y a un bon équilibre entre aspects humains, opérationnels et techniques

– On nous propose de vrais outils du management : il est important d’avoir des outils spécifiques sur la manière de conduire une équipe.

On ne peut pas faire de la sécurité en oubliant 1 des 3 aspects : l’humain, l’organisationnel et la technique.

Qu’avez-vous pu mettre en œuvre depuis ?

Concernant l’aspect technique, je suis rassuré et sur le management, j’ai procédé à un réajustement dès mon retour ! Tout de suite, j’ai cherché à m’adapter aux individus en face de moi. C’est comme une remise à plat de la gestion du quotidien : j’ai instauré, par exemple, une réunion hebdomadaire. « 

 

Son parcours

Titulaire d’un DUT Maintenance Industrielle, Christian Mathieu décroche son premier poste en 1983 au sein de la société sidérurgique Sollac où il occupe, pendant sept ans, le poste de technicien méthodes de maintenance. Un travail qu’il quitte en 1989, après avoir suivi un cycle de formation d’ingénieur en automatique, pour intégrer la société Massey Ferguson en tant qu’adjoint au chef du service maintenance, puis la société GIMA (Groupement International de Mécanique Agricole) filiale de Massey Ferguson et Renault Agriculture. Initialement responsable du service maintenance, il devient en 1996 ingénieur Hygiène, Sécurité, Environnement. Un poste qu’il quitte en 2003 pour devenir chef de service Hygiène Sécurité au sein de Goodyear Dunlop Tires France.

Les fiches métiers afférentes

  • Responsable Santé-Sécurité : Son rôle est de diminuer et de contrôler les risques industriels au sein de l’entreprise. De fait, afin de garantir la conformité des installations et des process de l’entreprise au regard des exigences de qualité, d’hygiène et de sécurité, de la réglementation, l’ingénieur QHSE définit des objectifs en fonction du contexte réglementaire (cadre législatif, labels et certifications obtenus). Pour cela il peut établir des indicateurs QHSE suite à des audits réalisés auprès des services de l’entreprise… En savoir plus sur l’espace Emploi et Réseau des Techniques de l’Ingénieur

 

 

Propos recueillis par Gautier Bernard

Des robots pour tâches ménagères

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62631.htm

Les scientifiques coréens du Korea institute of science and technology (Kist) ont créé un robot humanoïde capable de faire le ménage, de mettre le linge dans la machine à laver et même de réchauffer les plats au micro-onde. Mahru-Z serait capable de « voir » les objets en trois dimensions et de reconnaître le travail qui doit être fait. Avec une taille de 1,3 mètre et un poids de 55 kilogrammes Mahru-Z est le plus avancé des robots domestiques en termes d’imitation des mouvements humains et d’autonomie. « Le point distinctif du Mahru-Z est sa capacité visuelle pour observer des objets, pour reconnaître les tâches à effectuer et exécuter celles-ci. Il reconnait également les personnes, utilise le micro-onde, la machine à laver et les grilles pains, il sait aussi prendre un sandwich ou une tasse et peut appréhender n’importe quel autre objet », indique You Bum-Jae, directeur de la section robot du Kist. « L’autre force de Mahru-Z c’est son autonomie, lui permettant de naviguer dans les chambres en utilisant ses capteurs visuels et en prenant des objets avec lui ».

Mahru-Z est en outre capable de travailler en tandem avec sa compagne robot Marhu-M, une autre création Kist ; les deux robots étant tous deux dirigés à distance par un ordinateur. Mahru-Z qui se déplace sur roues peut, par exemple, mettre des fruits dans un panier et déposer celui-ci sur la table pendant que Mahru-M, qui a davantage de mobilité, peut localiser le panier et l’apporter aux invités. Des machines similaires avaient déjà été créées ailleurs, en particulier au Japon, pionnier du secteur, mais You souligne que Mahru-Z est aujourd’hui le robot humanoïde le plus avancé en termes de mimiques de gestes humains.Mis à part les tâches domestiques, Mahru-Z peut également être utilisé dans des environnements difficiles ou dangereux pour l’homme. « Les capacités du robot lui permettent de faire des travaux dans des milieux dangereux, contaminés ou inconnus, puisque tous ses mouvements peuvent être contrôlés. A l’avenir, ce type de robots pourra être utilisé pour effectuer des opérations téléguidées dans l’espace, tel que l’utilisation d’une machine sur la lune, pendant que son pilote reste sur Terre ». En revanche, Mahru-Z ne vous permettra pas tout de suite d’échapper à vos tâches ménagères, le Kist admet en effet qu’il faudra encore beaucoup de temps avant que le robot puisse être commercialisé en masse.La recherche sur les robots « humanoïdes cognitifs », destinés à aider l’humain au quotidien et de façon autonome, est l’un des projets clés du Kist qui y consacre environ 3 millions d’euros par an.

Source : KoreaTimes, 17/01/10

Bulletin électronique Corée numéro 50 (17/03/2010) – Ambassade de France en Corée / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62631.htm

La torréfaction transforme la biomasse non comestible en combustible vert

Une firme espagnole a acheté à Thermya la licence du procédé Torspy qui, après torréfaction industrielle continue, transforme tout type de biomasse non comestible d’origine agricole ou forestière en un biocoal qui conserve 95 % de l’énergie contenue initialement dans la biomasse.Société d’ingénierie leader dans la valorisation énergétique de la biomasse, Thermya a conclu un accord de concession de sa licence Torspyd à la société espagnole Idema, filiale du groupe Lantec. Selon les termes de ce contrat, Thermya, concède à Idema la licence et l’utilisation non exclusive de sa technologie novatrice de torréfaction de la biomasse. « Cet accord s’avère stratégique pour Thermya, puisqu’il marque l’entrée de notre technologie sur le marché européen » précise Hervé Chauvin, Directeur Général et cofondateur de la société Thermya.Conçu et développé par la société Thermya, le procédé Torspyd, permet de torréfier de manière continue et sur une échelle industrielle tout type de biomasse non comestible d’origine agricole ou forestière. S’apparentant à un long séchage irréversible, il repose sur un traitement thermique « doux » (≤240°C) afin de permettre l’élimination progressive de l’eau et la transformation définitive de la biomasse. Le principe de la technologie s’appuie sur la circulation en continu dans la colonne de torréfaction de deux flux à contre-courant. Sous l’effet du gaz neutre chaud, la biomasse est progressivement déshydratée puis dépolymérisée dans le réacteur.

Inerter la biomasse en la rendant friable et hydrophobe
A l’issue du processus de torréfaction, la biomasse s’est transformée en biocoal ou combustible vert, avec un degré d’humidité inférieur à 1%. Avec Torspyd, nous avons réussi à développer une technologie parfaitement adaptée aux multiples contraintes des industriels de la filière. « Cette technologie permet d’obtenir des niveaux de performance et des rendements inégalés à ce jour » souligne Jean-Sébastien Héry, Directeur Technique et cofondateur de Thermya.Le procédé Torspyd permet d’inerter la biomasse en la rendant friable et hydrophobe de manière totalement irréversible. Le biocoal peut donc être stocké de manière durable, même à l’extérieur. Parfaitement friable, il peut être facilement broyé, ou compacté en pellets à moindre coût. Surtout, le procédé de torréfaction Torspyd permet au biocoal de conserver 95 % de l’énergie contenue initialement dans la biomasse. Le marché du biocoal est immense. Mélangé à du charbon fossile, il peut être utilisé en co-combustion dans les centrales thermiques sans aucune modification des installations. Il peut également se substituer totalement au charbon avec un rendement calorifique équivalent tout en permettant des réductions d’émissions de CO2 fossile. « Thermya s’avère être aujourd’hui le seul fournisseur en Europe d’un procédé permettant, sur une échelle industrielle, de torréfier la biomasse de manière continue. Cet accord nous permet d’aborder le marché de la valorisation des résidus forestiers et agricoles avec une solution technologique innovante et opérationnelle » a expliqué Román Monasterio Larrinaga, Directeur Général du groupe Lantec. Marc CHABREUIL 

En savoir plus
De la biomasse au biocoal : le traitement thermique du procédé Torspyd met en œuvre 2 flux circulant à contre-courant : un flux gazeux et un flux de biomasse. Lors de sa progression du haut vers le bas de la colonne, la biomasse rencontre progressivement des gaz neutres dont la température est de plus en plus élevée. Lors de sa progression vers le bas, la particule de biomasse perd progressivement son eau. Les polymères contenus dans les hémicelluloses sont brisés laissant ainsi une petite partie des substances organiques partir dans le flux gazeux. Ces phénomènes se poursuivent jusqu’à ce que la particule atteigne la grille. Une fois sorti de la colonne, le flux gazeux est reconditionné afin d’être réinjecté en bas de colonne et d’amorcer une nouvelle boucle. Le produit torréfié obtenu en bas de la colonne est appelé « biocoal » ou combustible vert.

La RFID toujours porteuse de promesses

A quelques jours du salon de la RFID, ABI research vient de publier une étude sur le secteur. Assez optimiste malgré la crise, le cabinet de recherche prévoit une croissance soutenue dans les cinq prochaines années, de l’ordre de 14 % en moyenne. Le marché de la radio frequency identification devrait ainsi atteindre 8,25 milliards de dollars (environ 6 milliards d’euros) en 2014, et 7,46 milliards (5,5 milliards d’euros) si l’on exclut les dispositifs d’immobilisation dans l’automobile. En 2010, le marché représentera 4,47 milliards de dollars sans l’automobile, soit une croissance de 15 % par rapport à 2009. A titre de comparaison, le cabinet britannique IDTechEx prévoyait pour 2009 un marché de 5,56 milliards de dollars et VDC research un marché de 4,4 milliards de dollars.
Du 23 au 26 mars, le RFID show
D’ici à 2014, la plus forte hausse concernera d’après ABI research les systèmes de localisation en temps réel (RTLS pour real-time locating systems), les systèmes de convoyage des bagages, l’identification des animaux, ou encore les tags pour les produits de grande consommation. Autre opportunité forte pour le secteur : les passeports électroniques et autres cartes.Le RFID show, qui se tiendra à Paris Nord Villepinte du 23 au 26 mars, sera l’occasion de confirmer la bonne santé du secteur. A noter qu’il se tiendra en parallèle de la SITL (semaine internationale du transport et de la logistique), la RFID restant encore très lié au secteur de la logistique. Le salon accueillera différentes conférences comme « Projets innovants – Marché et retours d’expérience RFID », « Normes et standards » ou encore « Internet des objets » et des ateliers sectoriels (mode, textile et luxe, hôpital, pharmacie, logistique, grande distribution, aéronautique, sécurité et maintenance…).  Liens utiles
  • RFID show : www.rfid-show.com
  • ABI research : www.abiresearch.com