Instructions pour la conférence « Comment optimiser votre journée de travail ? »

Afin de participer pleinement à la conférence en ligne du mardi 3 mai à 11h, voici – ci-dessous -un document à imprimer et les instructions pour le remplir :

1 Téléchargez fiche vierge « Ma planification quotidienne » :

2 Imprimez-là.

3 Commencez à la renseigner en suivant les instructions de préparation fournies dans la « fiche guide » ci attachée.

4 Venez nous rejoindre au webinaire …(soyez ponctuels J )

A demain !

L’ADN et le quartz pour stocker nos données pour l’éternité


5-aAutrefois, vous aviez l’habitude de
stocker vos données sur des CD-R. Désormais, vous préférez utiliser des DVD-R ou -RW, des clés USB, ou des disques durs externes. Mais un problème, de taille, se pose : selon les recherches du Laboratoire national d’essais, la durée de vie de ces supports de stockage ne dépassent pas 5 à 10 ans, en moyenne – 20 ans grand maximum. Ces dispositifs sur silicium à la durée de vie limitée finissent inéluctablement par ne plus fonctionner. Et avant cela, sur le long terme, les informations stockées s’altèrent.

Alors, comment faire pour préserver vos données ? Bien sûr, vous pouvez sauvegarder vos fichiers sur plusieurs supports, puis changer de support tous les 5 ans, voire plus tôt. Mais cette solution demeure assez périlleuse – il suffit que votre disque dur “crashe”, ou que la surface de CD/DVD ne se raye par accident, pour que toute tentative de récupération ne soit vaine.

Une autre solution pourrait être le Cloud, les “nuages” d’Internet. Il est ainsi possible de stocker vos documents en ligne, sur Google Drive, par exemple. Mais cet archivage 2.0 “a un coût”, relève 01 Net : “à l’échelle de la France, la préservation du patrimoine s’élèverait entre 2 et 20 milliards par an”.

En outre, tout comme les disques durs, les “data centers”, ces sites physiques sur lequels se trouvent regroupés des ordinateurs, des systèmes de stockage et des équipements de télécommunications, ne sont pas éternels. Nous ne sommes mêmes pas certains que le Web existera toujours dans un futur lointain. Ou que nos données seront toujours lisibles par les “équipements du futur”.

L’usage du Cloud et des supports de stockage physiques actuels est donc limité dans le temps. Heureusement, des projets sont actuellement menés, partout sur le globe, pour trouver une technologie capable de conserver nos données numériques pour l’éternité.

Nos données, stockées dans l’ADN

Des chercheurs se sont tournés vers l’ADN. A l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, des scientifiques ont “encodé” 83 Ko de données provenant de manuscrits du Moyen- ge, sur un fragment d’ADN, et l’ont inséré dans une minuscule capsule de silice (de 150 nanomètres de diamètre). En l’exposant à des conditions extrêmes, ils ont simulé un vieillissement accéléré. Résultat : au bout de 2000 ans de stockage, les données numériques étaient toujours intactes, non altérées.

Stockées suivant ce procédé, à une température de –18 °C, les informations pourraient être préservées pendant des centaines de milliers d’années. Avec l’ADN, les capacités de stockage sont en outre démultipliées : les disques durs actuels permettent de stocker jusqu’à 5 To, quand une molécule d’ADN permettrait de stocker 300 000 To.

Mais ce procédé reste pour le moment très coûteux et difficile à généraliser – même si selon le Dr Nick Goldman, du laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), le coût pourrait “baisser suffisamment” pour que cette technologie soit accessible d’ici 10 ans.

De leur côté, des chercheurs de l’ICS (CNRS) de Strasbourg travaillent, non pas sur l’ADN naturel, mais sur des polymères synthétiques. Ainsi, grâce à la biologie de synthèse, il serait possible d’aboutir à un système moins coûteux et davantage adapté à l’usage d’interfaces électroniques.

Concrètement, les scientifiques de l’ICS ont inscrit un code binaire sur un polymère synthétique, en se basant sur les méthodes de séquençage du génome. “Plutôt que de se servir des 4 bases azotées de l’ADN, les chercheurs ont utilisé 3 monomères. Deux de ces monomères représentent les chiffres 0 et 1 du langage binaire. Un troisième monomère est intercalé entre les bits afin de faciliter l’écriture et la lecture de la séquence codée”, expliquent les chercheurs sur le site du CNRS.

En outre, cette technique permet le développement de “codes-barres moléculaires”. Les séquences fourniraient ainsi “un étiquetage extrêmement complexe à falsifier. L’utilisation de monomères et de codes secrets, connus seulement par le laboratoire et l’industriel, rendrait les contrefaçons extrêmement difficiles”, indique l’équipe de recherche. D’ici une vingtaine d’années, les chercheurs n’excluent pas l’utilisation de “disques durs moléculaires” pour stocker nos données.

Des informations gravées dans le quartz pour l’éternité

Autrefois, nous gravions nos textes dans le marbre. Pourquoi ne pas continuer à graver nos informations dans la pierre, afin de les conserver presque éternellement ? Des scientifiques du laboratoire de Hitachi et des chercheurs de l’Université de Kyoto ont conçu un support de stockage à base de quartz.

hitachi-quartz-kyoto

Le procédé consiste à graver des informations sur un bloc de quartz, avec un laser, et de lire les données au moyen d’un microscope optique. Le support final : une plaque de quartz carrée, de 2 centimètres de large et de 2 millimètres d’épaisseur, étanche, “résistant à l’eau, aux produits chimiques et aux intempéries”. Selon Hitachi, ce support dure résiste aussi à “2h d’exposition à une température de 2 000 degré celsius”. Grâce à une technique de vieillissement accéléré, les chercheurs indiquent que la durée de stockage peut atteindre “des centaines de millions d’années”.

Quand il sera commercialisé, ce support de “stockage perpétuel” sera d’abord réservé aux entreprises ayant de grandes quantités de données à sauvegarder, indique Hitachi. Mais à terme, le constructeur nippon espère qu’il permettra de conserver (quasiment pour l’éternité) des informations “historiques” – des documents administratifs, des données culturelles, voire des informations personnelles, que tout un chacun désirera céder à la postérité.

Par Fabien Soyez

L’Europe mobilise 50 Md€ pour numériser l’industrie

Dans le cadre de la stratégie pour la création « d’un marché unique du numérique » présentée en octobre 2015, la Commission européenne a dévoilé la semaine dernière la partie « soutien à la numérisation de l’industrie européenne ». Le train de mesures proposées vise à favoriser le passage au numérique de l’industrie et des services connexes. Plusieurs mesures phares prendront effet dès cette année.

Un intérêt économique majeur

De prime abord, le coût paraît faramineux : une étude du Parlement européen estime ainsi que pour la seule Allemagne il faut investir 40 Md€ chaque année jusqu’en 2020 pour la numérisation de son industrie et que ce chiffre monterait à 140 Md€ pour toute l’Europe.

Il faut cependant mettre cette dépense en regard des gains espérés : par exemple, explique le document, l’amélioration de la qualité pour aller vers le zéro défaut par les 100 premiers industriels pourraient leur faire économiser plus de 160 Md€ de frais pour retour, réparation ou mise au rebut de produits défectueux. C’est selon des études de PwC ou de Boston Consulting Group une augmentation du chiffre d’affaires de l’industrie de plus de 110 milliards d’euros par an en Europe sur les cinq prochaines années.

Coordonner et partager

La Commission propose tout d’abord de jouer un rôle de coordinateur et de médiateur entre les initiatives nationales et régionales (plus de 30 sont déjà lancées en Europe – voir infographie). Cela prendra la forme de deux rencontres par an entre représentants des initiatives nationales, leaders industriels et partenaires sociaux pour présenter les différentes actions en cours et faire le point sur les financements. La Foire de Hanovre où a eu lieu la présentation du plan et des premiers contacts en marque le coup d’envoi. Début 2017, se tiendra un forum annuel réunissant toutes les parties prenantes de la chaîne de valeur du numérique.

500 M€ pour des plateformes d’innovation

Le plan prévoit la mise en place de centres techniques disséminés partout pour que chaque industrie, petite ou grande, puisse avoir accès aux savoirs, à des moyens de tester les dernières technologies digitales et à des formations pour les salariés. Ces plateformes d’innovation seront basées dans des universités, centres de recherche ou d’autres formes de cluster selon les spécificités régionales. Les fonds alloués au développement de ces plateformes prendront la forme d’appel à propositions réguliers au cours des 5 prochaines années. Pour les Etats ne disposant pas de structures existantes, la Commission les invite à investir en faisant appels aux fonds régionaux de l’UE.

Renforcer les partenariats public-privé

Les fonds européens de partenariats public-privé (PPP) actuellement en place couvrent déjà toute la chaîne de numérisation utile à l’industrie : de la robotique et l’électronique à la G ou au Big Data. Ils comprennent aussi le PPP Factories of the Future (FoF) créé pour soutenir la mise en place de solutions basées sur les nouvelles technologies de l’information. D’autres PPP pourront voir le jour en fonction des priorités de recherches qui seront identifiées. En 2016, sera ainsi lancé le PPP sur la cybersécurité.

De nombreuses autres mesures

Bien sûr, pour accompagner cette mutation, la Commission planche déjà sur les cadre législatifs et réglementaires : pour la libre-circulation des données, leurs protections, ou encore les systèmes autonomes et l’internet des objets. Par ailleurs, l’aspect compétences n’a pas été oublié et il est prévu d’étudier les conditions dans lesquelles les citoyens et les travailleurs pourront acquérir les compétences nécessaires à leur employabilité et à la maîtrise du nouvel environnement qui se dessine. L’agenda de travail sur cet aspect doit être fixé plus tard en 2016.

Sophie Hoguin

Les pleurs des bébés n’échappent pas aux stéréotypes de genre

Une nouvelle étude, publiée dans BMC Psychology le 14 avril 2016, démontre que nous n’hésitons pas à juger les bébés à l’aune de stéréotypes, même en l’absence de différence avérée entre filles et garçons. Alors que les voix des bébés filles ne sont pas plus haut perchées que celles des bébés garçons, les adultes jugent pourtant du sexe et de la féminité ou de la masculinité des bébés rien qu’en écoutant leurs pleurs.

C’est ce qu’ont découvert des chercheurs et chercheuses de l’Institut des neurosciences Paris-Saclay (CNRS/Université Paris-Sud) basés à l’Université de Saint-Étienne.

Les stéréotypes considérant qu’hommes et femmes diffèrent par leurs capacités affectives et cognitives sont très répandus et orientent fortement la psychologie et les comportements humains, influençant la structure et le fonctionnement des relations sociales. Ces stéréotypes affectent ainsi le comportement des adultes face aux enfants – par exemple la couleur des habits et les activités proposées diffèrent entre filles et garçons. L’impact de ces stéréotypes sur la perception des pleurs de bébés n’avait cependant jamais été étudié.

Des chercheurs et chercheuses de l’Institut des neurosciences Paris Saclay (CNRS/Université Paris-Sud), de l’Université Jean Monnet, Saint-Étienne, du département de psychologie de l’université du Sussex et du Hunter College de New York, viennent de démontrer que les adultes considèrent que les garçons doivent avoir une voix plus grave que les filles, et appliquent ce jugement aux pleurs de bébés de trois mois. Le hic est qu’à cet âge, les pleurs des bébés filles ne sont pas plus aigus que ceux des bébés garçons !

Le pleur est le moyen naturel et privilégié que possède le bébé pour attirer l’attention de celles et ceux qui s’occupent de lui. Ce signal sonore porte donc des informations, tant sur l’identité de l’individu (à chaque bébé son pleur) que sur le stress qu’il subit (faim, douleur, peur). Les parents et les autres personnes en charge du bébé sont habituellement très doué·es pour analyser ces informations.

Une étude publiée par la même équipe dans Nature Communications en 2013 avait ainsi montré que mère et père sont capables de reconnaître leur propre bébé par ses pleurs. Ils peuvent également évaluer le degré d’urgence exprimé par le bébé et réagir en conséquence.

Dans l’étude publiée ce 14 avril 2016 dans la revue internationale BMC Psychology, des bébés âgés de trois mois ont d’abord été enregistrés en train de pleurer à la sortie du bain. L’analyse de la structure acoustique des pleurs montra alors qu’il n’était pas possible de distinguer filles et garçons sur la base de la hauteur des pleurs : des individus des deux sexes pleuraient dans l’aigu, d’autres dans les mediums, tandis que certains avaient une voix de basse.

La première série d’expériences montra pourtant que les adultes n’hésitaient pas à attribuer un sexe aux bébés en classant les pleurs graves comme ceux de garçons et les pleurs aigus comme ceux de filles. Dans les expériences qui suivirent, les pleurs de ces bébés étaient présentés à des adultes, soit comme des pleurs de garçons, soit comme des pleurs de filles.

Les auditeurs et les auditrices devaient alors se prononcer sur le degré de masculinité ou de féminité des bébés. Sans hésitation, elles et ils classaient les prétendues filles aux pleurs aigus comme plus féminines que les autres, et vice-versa pour les garçons.

Les adultes considèrent donc que la féminité pour les filles ou la masculinité pour les garçons puisse se traduire dans leurs pleurs. Les mêmes résultats furent obtenus avec des pleurs dont la hauteur avait été artificiellement modifiée, sans qu’aucune autre caractéristique ne soit changée. Ainsi les adultes utilisent ce qu’ils connaissent des voix humaines après la puberté – les voix d’hommes sont en moyenne plus graves que les voix de femmes – et l’appliquent aux bébés, qui pourtant échappent à cette règle.

Dans une dernière série d’expériences, les mêmes pleurs étaient proposés à deux groupes d’adultes. Aux adultes du premier groupe, les pleurs étaient étiquetés « filles » tandis qu’ils étaient « garçons » pour le second groupe.

Interrogés sur leur perception des pleurs, tous les participant·es ont noté les pleurs les plus aigus comme ceux exprimant le plus de besoins de la part du bébé. Mais les hommes adultes ont considéré que les pleurs des « garçons » exprimaient plus d’inconfort que les mêmes pleurs présentés comme « filles ». Les femmes quant à elles notaient les pleurs sans prêter attention au sexe indiqué. Les hommes auraient-ils tendance à considérer que les garçons ne pleurent que lorsqu’ils ont vraiment mal ? Et que les filles pleurent pour un rien ? Voici des stéréotypes qui pourraient avoir la vie dure !

En conclusion, ces résultats montrent que nous projetons sur les enfants des idées issues du monde des adultes. Il est donc possible que nous passions parfois à côté du besoin réel des bébés. Comprendre l’impact de cette méprise sur le développement des bébés pourrait représenter un important enjeu de société.

Source : cnrs 

L’Arabie Saoudite s’engage dans l’ère post-pétrole

Alors que des dizaines de chefs d’Etat ratifiaient au siège des Nations-Unis à New-York le texte de la COP 21, l’Arabie Saoudite, pilier de l’ère pétrolière, préparait l’annonce de sa mutation. Le travail est énorme pour ce pays où les hydrocarbures représentent 90% des revenus de l’Etat et l’essentiel des exportations.

Le fleuron Aramco

Pour mettre en œuvre cet ambitieux plan de transition, le premier producteur de brut au monde a besoin d’argent. Or, la chute dramatique des cours du brut a considérablement affaibli les finances du Royaume. En 2015, le déficit public a quadruplé, atteignant 367 milliards de riyals  (89 mds €), soit près de 15% du PIB. C’est pourquoi le Prince-héritier, Mohamed Bin Salman, a décidé d’ouvrir 5% du capital de la Saudi Aramco. Cette opération est gigantesque puisqu’elle valoriserait la compagnie pétrolière nationale à 2 000 milliards de dollars (1 780 mds €), ce qui la placerait de facto comme première capitalisation boursière du monde loin, très loin, devant Apple (580 mds €). Il faut dire qu’avec 260 millions de barils de réserve et des coûts de production les plus bas du monde, la Saudi Aramco est une des rares compagnies à pouvoir affronter sereinement des cours durablement bas du baril. Les revenus tirés de cette privatisation partielle alimenteront notamment le fonds souverain créé par Ryad, le plus important du monde puisqu’il a l’ambition de contrôler 10% de la capacité d’investissement mondiale.

Ouverture de la société

Cette politique d’ouverture devrait toucher en profondeur la société saoudienne encore très réglementée. La participation du secteur privé dans l’économie sera encouragée pour atteindre 65%, et ce, afin de faire diminuer le taux de chômage à 7% contre 11,6% actuellement. La participation des femmes à la vie économique devrait également être facilitée. Le Prince-héritier plaide également pour l’instauration d’une TVA dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le club des pétromonarchies de la péninsule arabique, à l’horizon 2018. Toutes ses initiatives répondent au besoin de créer de nouvelles sources de financements aux programmes sociaux concédés par la monarchie et que les revenus du pétrole ne peuvent plus couvrir.

Enfin, un système de visa devrait être mis en place pour donner davantage de droits et de visibilité aux immigrés dont le statut actuel est très insatisfaisant en termes de Droits de l’Homme.

Romain Chicheportiche

Revue du web #90 : les vidéos les plus étonnantes d’avril 2016

Testez le Flyboard Air !

Après le jetpack, le drone et le hoverboard, voici un nouvel objet volant ultra futuriste : le Flyboard Air…

Après quatre ans de dur labeur, l’entreprise Zapata Racing a eu la joie de présenter cet incroyable engin. A bord, un audacieux pilote qui tient une télécommande dans sa main afin de maîtriser la puissance du moteur. Pour se diriger, rien de plus simple : il se penche d’un côté ou de l’autre.

Capable d’atteindre une vitesse de 150 km/h, le Flyboard Air peut monter à plus de 3000 mètres. Petit bemol : il ne disposerait que d’une autonomie de 10 minutes, ce qui limite grandement les escapades…

 

Des vidéos immersives sur Facebook

Baptisé Surround 360, le nouveau projet de Mark Zuckerberg nous promet de superbes vidéos immersives : 17 caméras haute résolution (8K) dont 14 disposées en cercle afin de réaliser des images panoramiques.

Pour concurrencer Facebook, YouTube  a déjà annoncé la diffusion de vidéos à 360 degrés, en direct.

La guerre est ouverte.

 

Le snack du futur imprimé en 3D

Vous mangez toujours la même chose ? Que diriez-vous d’essayer un nouveau snack : une sorte de boule composée de terre et de graines conçue en impression 3D. Peu ragoûtant ? Détrompez-vous !  Ce serait l’avenir de la création culinaire…

Ce projet baptisé « Edible Growth » (littéralement « pousses comestibles ») a été imaginé par Chloe Rutzerveld, étudiante en design à l’Université technique d’Eindhoven (Pays-Bas).

 

Le robot bipède de Google

La société américaine Boston Dynamics et la société japonaise Schaft (toutes deux filiales de Google) n’en finissent pas de donner naissance à de nouveaux robots militaires aux capacités étonnantes.

Après Atlas, un robot capable de se relever seul après avoir été poussé dévoilé récemment par Boston Dynamics, voici un nouveau robot d’une stabilité à toute épreuve.

Conçu cette fois par Shaft, ce petit robot bipède marche dans la neige, porte une charge de 60 kg, gravit des marches et trébuche à peine quand on s’amuse à lancer un objet dans ses jambes motorisées. Un vrai dur.

 

Une Tesla évite la collision… en pilote automatique

On accuse souvent les voitures sans conducteur d’être plus dangereuses que les autres. Pourtant, une Tesla modèle S dont le pilote automatique était activé est parvenue à éviter un accident toute seule.

Alors que la Tesla était sur l’autoroute, une camionnette blanche qui roulait à sa gauche, lui a coupé la route afin de prendre la première sortie. La Tesla a immédiatement détecté le danger. Deux choix s’offraient à elles : freiner brusquement (mais une voiture la suivait de près) ou mordre la bande d’arrêt d’urgence, solution plus sûre adoptée aussitôt.

Une bonne nouvelle pour Elon Musk !

 

Escrimeur : 0 / Drone : 1

Lui aussi a parfaitement compris comment éviter les obstacles : ce drone créé par des chercheurs de l’Université de Stanford, en Californie, esquive tous les assauts d’un escrimeur.

Avec un temps de réponse de moins d’un tiers de seconde, ce drone peut modifier sa trajectoire en un rien de temps.

Construction, automobile, usine du futur… Les applications possibles ne manquent pas !

 

Un Rembrandt imprimé en 3D

« The Next Rembrandt » est une toile inédite du peintre Rembrandt qui vient d’être révélée à Amsterdam. Sa particularité : elle a été imprimée en 3D par une équipe d’historiens, d’analystes de données et de développeurs.

Un programme développé en partenariat avec Microsoft a analysé le style de l’artiste, dégagé les grandes tendances de son oeuvre et dressé le portrait-robot d’un tableau.

Résultat : le portrait d’un homme d’une quarantaine d’années, blanc, barbu, portant un chapeau. La forme de son visage, l’écart entre ses yeux, et la position du nez ont également été analysés par l’algorithme de façon à copier le plus possible les peintures du maître.

Les faussaires high tech ont livré un résultat impressionnant.

 

Un robot-serpent inspecteur des sites pétroliers sous-marins

Si vous êtes atteint d’herpétophobie, ne vous sentez pas obligé de visionner la vidéo qui suit. Non seulement, il y est question d’un serpent, mais en plus ce reptile est muni de deux yeux luminescents peu sympathiques.

Kongsberg, une entreprise publique norvégienne, a dévoilé ce robot le 18 avril dernier. Son rôle : surveiller les installations de forage pétrolier de la compagnie Statoil et mener des activités de maintenance.

Sa morphologie lui permettra de se faufiler partout et d’effectuer des manœuvres complexes.

Une génération entière de Norvégiens risque de devenir herpétophobe, mais n’est-ce pas un risque négligeable quand on pense à l’économie réalisée grâce à ce petit serpent bionique qui remplacera bientôt les onéreux sous-marins utilisés jusqu’à présent pour remplir ces missions ?

Par Iris T.

Coupler stockage de CO2 et géothermie !

Dans la plupart des projets de stockage géologique, le CO2 est injecté à l’état supercritique. Plusieurs millions de tonnes peuvent alors être stockées chaque année sur un même site. Néanmoins, les sites répondant aux critères de sécurité et de pérennité du stockage pour de tels volumes sont souvent éloignés des  gros émetteurs industriels, ce qui impose d’importants coûts logistiques supplémentaires liés au transport du CO2. Sans prix élevé de la tonne de CO2, ces projets restent très chers pour les industriels et peu attrayants.

« Tant qu’il n’y aura pas une augmentation significative du prix du carbone sur le marché mondial, on aura du mal à motiver un industriel à payer des millions pour se débarrasser de son CO2 », regrette Christophe Kervevan, chercheur au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). « Notre approche qui consiste à stocker le CO2 sous forme préalablement dissoute dans la saumure, tout en récupérant l’énergie géothermique, permet ainsi d’ajouter un bénéfice économique au bénéfice environnemental, ce qui nous semble susceptible de plus motiver les industriels », se félicite-t-il.

Le projet CO2-DISSOLVED s’est intéressé au stockage de CO2 sous forme dissoute dans des aquifères profonds salés, typiquement situés entre 1.500 et 2.000 m de profondeur. Si l’injection de CO2 supercritique permet de stocker plusieurs millions de tonnes par an, un doublet géothermique unique ne permettrait de dissoudre qu’un maximum de 150 000 t/an de CO2 (limite physique due à la solubilité du CO2 dans la saumure pour les débits d’eau généralement obtenus dans les doublets géothermiques). Cette option constitue donc une solution pour les petits émetteurs industriels jusqu’ici non considérés dans les projets classiques de stockage géologique du CO2. L’idée est donc d’appliquer ce nouveau concept de stockage à de tels sites industriels,  à condition qu’ils soient situés au-dessus d’aquifères salins profonds. Ainsi, il n’y aurait pas à construire de longs pipelines pour transporter le CO2 jusqu’à son lieu d’injection.

Le projet a constitué un inventaire des sites industriels potentiellement compatibles avec cette technologie, c’est-à-dire émettant moins de 150 000 t/an de CO2 et situés au droit de ressources géothermales avérées. Sur les 800 émetteurs recensés en France, plus de 650 sites industriels compatibles ont pu être identifiés, notamment dans les bassins Parisien et Aquitain. Cela représente un total de 25 millions de tonnes de CO2/ an, soit tout de même l’équivalent de près de 17% des émissions industrielles nationales de CO2 (données 2011 du registre français des émissions polluantes).

Carte France faibles émetteurs et géologie
653 sites sont potentiellement compatibles en France. PHOTO// BRGM

Quelle installation mettre en oeuvre ?

La technologie repose fondamentalement sur un doublet géothermique standard (ensemble de deux puits) qui permettra de récupérer la saumure chaude puis de la réinjecter après l’avoir chargée en CO2 dissous. Il est ainsi possible d’associer au stockage la récupération d’énergie géothermique, utilisable localement pour les besoins propres de l’industriel émetteur de CO2 et/ou pour alimenter un réseau de chaleur proche.

Le puits « producteur » pompe la saumure chaude d’un aquifère salin profond. En surface, la chaleur est récupérée via un échangeur. La saumure refroidie est ensuite réinjectée en profondeur via le puits « injecteur ». « Le diamètre intérieur du puits injecteur est typiquement de l’ordre de 20 cm, à l’intérieur duquel on ajoutera une ligne d’injection du CO2 d’environ 1 à 2 cm de diamètre, explique Christophe Kervevan. En fonction des conditions opérationnelles, ce système permettra de contrôler le diamètre des bulles, leur densité et leur flux pour assurer de toujours rester en dessous de la limite de solubilité du CO2 dans l’eau ».

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Représentation schématique du concept CO2-DISSOLVED. PHOTO// BRGM

Quels impacts sur l’aquifère?

Ce type de stockage est beaucoup plus simple à gérer que le CO2 sous forme supercritique. « Dans l’approche «classique», la bulle de gaz a naturellement tendance à vouloir remonter à la surface du réservoir, car elle est plus légère que l’eau. Sa migration vers les couches géologiques supérieures est bloquée par la couverture imperméable qui surmonte le réservoir mais l’augmentation de la taille de cette bulle au-fur-et-à-mesure de l’injection aura tendance à repousser latéralement la saumure initialement en place ;  les impacts au niveau de l’aquifère de l’injection peuvent ainsi potentiellement se faire sentir à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu d’injection. Avec le CO2 sous forme dissoute et le système de doublet qui, par principe, réinjecte exactement le volume d’eau pompé, on s’affranchit de ce problème, car le CO2 reste piégé dans la saumure. » affirme Christophe Kervevan .

Par le biais de modèles et d’expérimentations en laboratoire, le projet s’est intéressé à l’impact de l’eau enrichie en CO2 sur la roche constitutive de l’aquifère. Des minéraux gréseux et carbonatés, caractéristiques des principaux aquifères profonds ciblés en France, ont été utilisés pour étudier les réactions chimiques induites par l’injection d’une saumure acidifiée par sa teneur élevée en CO2 dissous. « Dans le cas des roches carbonatées (typiques d’un aquifère comme le Dogger du bassin de Paris), les résultats montrent que l‘injection de CO2 ne va pas créer une dissolution catastrophique de la roche et une destruction du sous-sol. Les simulations les plus pessimistes ont tendance à montrer que les zones impactées par la dissolution complète ou partielle de la roche induite par la circulation de l’eau acidifiée seraient d’un diamètre de l’ordre de la dizaine de mètres. Les calculs qui ont ensuite été faits démontrent un risque extrêmement faible de perturbation mécanique induite qui pourrait être observable en surface », analyse  Christophe Kervevan.

« Il n’y a rien de très dangereux : il s’agit d’un doublet géothermique basse température (T < 90°C) standard, dont la technologie est parfaitement connue et maitrisée, dans lequel l’eau a tendance à être plus agressive vis-à-vis du réservoir, en particulier si l’on travaille sur un réservoir carbonaté. La zone couverte par le panache d’eau froide et de CO2 dissous tient dans un cercle d’un diamètre de l’ordre de 2 ou 3 km maximum autour du point central d’injection. Et l’étendue de la zone impactée par ces phénomènes de dissolution est de quelques dizaines de mètres maximum », estime le chercheur.

Quelle durée d’exploitation ?

Un puits géothermique a généralement une durée d’exploitation d’une trentaine d’années, car à force de réinjecter de l’eau plus froide, l’aquifère a tendance à se refroidir. Le panache d’eau plus froide s’étale au cours du temps et finit par atteindre le puits de production, ce qui diminue l’intérêt de l’exploitation. Avec l’injection de CO2, on ajoute une complexité : le transfert de masse est en effet beaucoup plus rapide que le transfert thermique.

« Alors que cela prend généralement de 30 à 40 ans pour que l’eau froide commence à atteindre le puits de production, au bout de 2 à 10 ans, suivant les conditions d’exploitation, nos simulations montrent qu’on peut commencer à observer une augmentation significative de la concentration en CO2 au niveau du puits de production (de l’ordre du 1/10ème de la concentration injectée) », prévient Christophe Kervevan. La capacité d’injection du CO2 va donc avoir tendance à diminuer au cours du temps. « La stratégie pour améliorer la durée d’exploitation du puits géothermique et conserver le plus longtemps possible la capacité maximale d‘injection du CO2 est d’augmenter le plus possible la distance entre les deux puits au niveau du réservoir (alors qu’en surface, les têtes de puits sont distantes de quelques mètres). Pour ce faire, il est soit possible de jouer sur les angles de forage des puits pour atteindre jusqu’à 2.000 m d’éloignement à 1.500 m de profondeur. Dans les cas où l’aquifère est moins profond, on peut également envisager d’éloigner de 1 ou 2 km les têtes de puits en surface, ce qui nécessite alors de construire un pipeline entre la sortie de l’échangeur et le puits d’injection. Il est néanmoins probable que l’arrêt de l’injection de CO2 (faute de capacité d’injection suffisante) doive intervenir avant la fin de l’exploitation du doublet géothermique », précise le chercheur du BRGM.

La technologie est-elle compétitive ?

Une évaluation économique détaillée a été menée sur le cas-test de la sucrerie-distillerie d’Artenay (Loiret). L’implantation fictive d’un système « CO2-DISSOLVED » y apparait beaucoup plus intéressante qu’une technologie de captage-stockage de CO2 supercritique habituelle.

Pour cette usine dont les fumées issues du procédé de distillation sont à forte concentration de CO2 et ne nécessitent pas l’installation d’un système de séparation avant injection, le coût du système complet est estimé à une vingtaine de millions d’euros. Sur les 30 ans d’exploitation du doublet géothermique, la rentabilité est évidemment fortement dépendante du prix de la tonne de CO2. « Sur l’exemple d’Artenay, si la tonne de CO2 coûte plus de 30 €, il est ainsi toujours plus rentable d’associer l’exploitation géothermique à l’injection de CO2, plutôt que d’exploiter uniquement la géothermie», assure Christophe Kervevan. Suivant les scénarios d’opération sur 30 ans, le coût de la tonne de CO2 ainsi capturée et injectée varie entre 39 € dans le cas le plus favorable et 72 € avec les options les plus pessimistes, avec une moyenne à 51 €. Ces calculs économIques ne pourront néanmoins être validés que lorsqu’un pilote aura été mis en oeuvre. Dans un projet précédent, le coût de la tonne de CO2 stockée par injection à l’état supercritique avait été estimée à 89 €.

La phase suivante du projet, déjà sélectionnée pour un financement du groupement d’intérêt scientifique Géodénergies, permettra notamment de compléter les travaux scientifiques sur les interactions entre le CO2 dissous, l’eau et la roche et sur les méthodes de monitoring de l’aquifère. L’intégration d’une pompe à chaleur installée en surface en vue d’améliorer le rendement énergétique global du système sera également évaluée. L’acceptabilité sociétale et les aspects juridiques d’un tel projet seront par ailleurs étudiés. Le principal défi est désormais de trouver un site industriel pour l’implantation future d’un pilote de démonstration d’ici 2020. L’appel est lancé !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Power-to-Gas, la solution pour stocker l’électricité ?

Le Power-to-Gas permet de stocker l’électricité produite par les énergies renouvelables sous forme d’hydrogène par électrolyse de l’eau. Cette technologie permet ainsi de compenser les aléas naturels des sources d’électricité éoliennes et photovoltaïques en stockant sous forme de gaz leur production, lorsque celle-ci dépasse la demande des réseaux auxquelles elles sont connectées. Le Power-to-Gas apparait donc essentiel dans les scénarios ambitieux de développement des énergies renouvelables, notamment à partir de 2030. Il constitue la seule solution pour relier le réseau d’électricité et de gaz.

Plusieurs formes de Power-to-Gas sont possibles !

L’hydrogène produit par Power-to-Gas peut être utilisé pour différentes applications. Il peut soit être injecté directement tel quel dans le réseau de gaz, jusqu’à près de 20%, soit être combiné à du gaz naturel pour former le carburant Hythane© (mélange de 80 % de méthane et 20 % d’hydrogène). Ces deux formes de valorisation sont étudiées dans le cadre du projet GRHYD à Dunkerque, pour alimenter 100 logements grâce au Power-to-Gas et faire rouler plusieurs dizaines de bus à partir de 2017 .

L’hydrogène peut aussi être utilisé pour alimenter des véhicules à pile à combustible hydrogène ou être consommé à des fins industrielles. Il peut aussi être reconverti en électricité via une pile à combustible à un moment de plus forte demande. Cette option a été étudiée dans le cas du projet MYRTE en Corse. L’intérêt était d’illustrer la possibilité d’écrêtement des pics de demande d’électricité par l’utilisation d’hydrogène produit à partir d’énergie solaire, en le reconvertissant ensuite en électricité selon les besoins.

Mais il est également possible de combiner l’hydrogène à du CO2 issu de fumées industrielles pour la production de gaz naturel de synthèse. Ce dernier peut alors être injecté dans le réseau de distribution de gaz de façon simple et sans limite. Cette option sera étudiée dans le cadre du projet Jupiter 1000, le premier démonstrateur de méthanation en France à Fos-sur-Mer. Lancé fin mars pour un coût de 30 millions d’euros, l’unité de 1 mégawatt de Jupiter 1000 devrait être mise en service en 2018.  Ce démonstrateur permettra d’étudier la validité technico-économique du procédé ; l’objectif étant de faire émerger une nouvelle filière de production de gaz renouvelable à l’horizon 2030.

Comment rendre le Power-to-Gas compétitif ?

Le coût de production de la filière hydrogène par Power-to-Gas est actuellement trois fois plus élevé que le prix de gros du gaz naturel, se situant aux alentours de 100 €/MWh, ce qui freine le développement de la technologie. Ce coût est néanmoins comparable à celui du biométhane obtenu par méthanisation (qui évolue dans une fourchette comprise ente 45 €/MWh et 125 €/MWh, selon la taille de l’installation et les produits méthanisés).

Le principal frein au développement du méthane de synthèse demeure son prix. Selon une prospective de l’ADEME et des gestionnaires de réseaux français GrDF et GRTgaz, parue en septembre 2014, « En 2030, la filière hydrogène resterait environ 2 fois plus chère que les prix de gros du gaz naturel fossile selon les évolutions estimées par l’AIE (34 €/MWhPCS), et le méthane entre 2,8 et 4 fois en fonction de la technologie et de la valorisation ou non des co-produits. En 2050, les coûts de production de la filière hydrogène seraient environ 1,7 fois plus élevés que le prix de gros du gaz naturel fossile (avec toutes les incertitudes associées à cet horizon…), mais pourrait être compétitive si l’on intègre une taxe carbone de 90 €/tCO2, hypothèse retenue dans le scénario AIE 450. La filière méthane de synthèse se situerait quant à elle dans une fourchette de coût entre 2 et 3,5 fois plus élevé que le prix du gaz naturel fossile. Dans ces conditions une taxe carbone de 220 €/tCO2 serait nécessaire pour compenser l’écart du coût de production avec valorisation de co-produits, et 330 €/tCO2 sans cette valorisation. »

Ce manque de rentabilité ne décourage pourtant pas les professionnels. En parallèle des démonstrateurs pour tester les procédés et les débouchés, les industriels réfléchissent  à des modèles économiques innovants pour améliorer la compétitivité du Power-to-gas. Ils pourraient mettre en place des certificats verts pour vendre plus cher le gaz renouvelable aux consommateurs (comme c’est le cas en Allemagne). Ils cherchent également à obtenir l’exonération des taxes liée à la consommation énergétique et préconisent l’instauration d’un mécanisme pour facturer au réseau électrique le service rendu en absorbant ses surplus sur le réseau gazier.

A l’horizon 2030, l’Ademe évalue le potentiel d’électricité valorisable en France en ayant recours au Power-to-Gas à environ 2,5 à 3 TWh par an pour produire entre 1,8 et 2 TWh de gaz de synthèse. En 2050, il serait possible de valoriser entre 21 et 72 TWh d’électricité pour produire de 14 à 46 TWh de gaz de synthèse. La filière hydrogène représenterait entre 5 et 10% de la capacité installée, le reste étant réalisée par la filière méthanation pour s’affranchir des limites d’injection dans le réseau de gaz.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Corri-door : 200 bornes de recharge électrique rapide

Corri-door, c’est 200 bornes de recharge rapide de 50 kilowatts réparties sur les grands axes autoroutiers français ou à proximité immédiate. Il est désormais possible de relier deux villes éloignées de plus de 150 km en véhicule électrique, sans risquer la panne de courant. Bientôt, une borne de recharge rapide maillera les grands axes tous les 80 kilomètres.

Dans ce cas, exit la recharge lente nécessitant d’immobiliser son véhicule pendant 8 heures. Les bornes du réseau Corri-door, installées par le groupe français Cahors et exploitées par Sodetrel, filiale d’EDF, permettent de recharger la batterie d’un véhicule électrique à hauteur de 80 % en 30 minutes.

160 bornes sont d’ores et déjà installées ; parmi elles, 110 sont en exploitation commerciale. L’ensemble des 200 bornes devraient être installées et en service d’ici juin prochain. L’état d’avancement du déploiement des bornes Corri-Door peut être suivi sur sodetrel-mobilite.com.

Se rassembler pour mieux déployer les bornes

Le réseau de charge du projet Corri-Door a été reconnu de « dimension nationale » par une décision ministérielle du 29 janvier 2016, ce qui l’exonère de la redevance d’occupation de l’espace public. C’est une bonne nouvelle lorsque l’on sait qu’une borne de recharge rapide coûte en moyenne 40 000 euros.  Le projet a nécessité 10 millions d’euros d’investissements. Il fallait donc qu’il soit porté par de grands acteurs. La Commission européenne a financé 4,85 millions d’euros dans le cadre du projet du programme Réseau transeuropéen de transport « RTE-T », le reste a été apporté par un consortium privé. L’opération est coordonnée par EDF, sa filiale Sodetrel est propriétaire du réseau de bornes de charge et assure son exploitation. Quatre constructeurs automobiles – Renault, BMW, Nissan, et Volkswagen -, ainsi que ParisTech, participent au projet.

Plusieurs partenariats commerciaux ont été élaborés pour accueillir les bornes. A noter la présence de sociétés d’autoroute (Sanef, APRR, Vinci Autoroutes et Atlandes), d’opérateurs de distribution de carburant et d’enseignes de la grande distribution.

Il faut dire que grâce à ce nouveau maillage, les industriels espèrent faire changer d’échelle le marché de la voiture électrique. En 2015, selon l’Avere, plus de 20 000 véhicules électriques ont été immatriculés et la France compte désormais un parc roulant de plus de 65 000 véhicules électriques. Ils représentent près de 1% des immatriculations de véhicules neufs. Loin encore de l’objectif  de deux millions de voitures électriques en circulation en Europe à l’horizon 2020.

Comment minimiser l’impact sur le réseau ?

Les bornes ne sont dotées que d’une seule place de stationnement. Tri-standards (AC, Combo et CHAdeMO), elles sont compatibles avec l’ensemble des véhicules électriques et hybrides rechargeables du marché qui acceptent ce mode de charge. La borne possède également une prise domestique pour la recharge lente. « Cette prise est principalement là pour pouvoir recharger un véhicule en cas de problème technique sur la charge rapide. Si un utilisateur l’utilise alors qu’il n’y a aucun problème, la charge lui sera facturée comme une recharge rapide, car notre intention est d’encourager les utilisateurs à libérer les places après recharge », annonce Sodetrel.

Pour minimiser l’impact sur le réseau, certaines bornes seront équipées d’un prototype de pack de « batteries tampons » lithium-ion. « L’intérêt est de se cantonner à un contrat de 36 kVA, sans avoir à passer à 50 kVA, car dans certaines zones rurales, le passage à un contrat de 50 kVA nécessiterait de nouvelles infrastructures qui augmenteraient encore le coût de l »installation », explique Sodetrel. « Si à l’avenir nous souhaitions installer une deuxième borne de charge rapide sur certaines stations, nous pourrions généraliser le système de batteries tampons pour limiter l’impact sur le réseau et les coûts d’installation », précise la filiale d’EDF. Notons que les bornes sont alimentées à 100 % en électricité d’origine renouvelable, grâce à des certificats de garantie d’origine fournis par EDF.

Quel est le prix de ce service ?

Sans abonnement, il est possible d’utiliser les bornes du réseau soit en achetant un pass préchargé (20 euros pour 2 charges de 30 minutes) dans les boutiques de stations-service où les bornes sont implantées, soit par SMS via le numéro de téléphone indiqué sur la borne (9 euros pour une charge). Il est également possible de s’abonner pour 1 an au Pass Sodetrel pour un tarif mensuel compris entre 2 et 10 euros, en fonction de vos besoins. A  2 ou 5 euros, la recharge de 15 minutes vous coûtera 3,5 euros. La différence : la formule à 5 € comprend un temps de charge de 5h dans le réseau Sodetrel hors-Corri-door. Les gros utilisateurs préfèreront la recharge à 10 € qui permet de ne payer que 1,5 € les 15 minutes. Avec cette tarification, Sodetrel prévoit une rentabilité à partir de 7 charges par borne et par jour.

Il existe une option différente : les constructeurs membres du consortium devraient proposer à leurs clients d’accéder aux bornes via leurs propres bages et leur propre tarification. Le pass Charge Now de BMW, étant géré par Sodetrel, est déjà comptabible.  Pour les autres (ZE Pass de Renault, ZECP de Nissan et e-pass de Volkswagen), les négociations commerciales sont en cours pour définir les tarifications et devraient aboutir d’ici l’été. Enfin, Sodetrel développe une application qui permettra d’identifier les bornes libres en temps réel et de réserver une charge. Elle permettra aussi de payer directement une charge.

Un retour d’expérience sera adressé cet été à l’Union européenne par EDF. Il orientera  les modalités de déploiement ultérieur d’un réseau d’infrastructures de charge interconnectées et interopérables tant au niveau national que transfrontalier.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’Agence solaire internationale se lance d’ambitieux objectifs

Entente G-Royal

asi-610 (1)C’est Ségolène Royal, ministre de l’Energie et du Développement durable, accompagnée de son homologue indien, Piyush Goyal, qui a lancé les deux premières initiatives de l’agence dédiées d’une part aux financements des projets, et d’autres part aux applications agricoles du solaire, souvent sous-estimées.

Il s’agit de la première traduction concrète des engagements internationaux en faveur d’une baisse des émissions de gaz à effets de serre depuis la tenue de la COP21 à Paris, en novembre dernier.

L’objectif de cette alliance est de créer une plateforme regroupant les Etats « riches en soleil » qui pourront coopérer pour réduire les coûts d’installation, développer des financements innovants ou accélérer la recherche et le développement.

Cette nouvelle organisation travaillera en lien avec les organisations internationales telles que l’Agence Internationale de l’énergie renouvelable (AIER), l’Agence Internationale de l’énergie (AIE), des entreprises et des investisseurs. La France s’est engagée à titre personnel à verser 300 millions d’euros à l’ASI.

Romain Chicheportiche

L’Iran devient fournisseur nucléaire… des Etats-Unis

C’est Abbas Araqchi, le chef iranien de négociation sur le dossier nucléaire, qui l’a confirmé suite au feu vert de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ce contrat de fourniture de 32 tonnes d’eau lourde, évalué à 8,6 millions de dollars (7,6 M€), est le premier en date depuis l’accord trouvé entre la République islamique et le G5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), et a provoqué l’ire de la frange républicaine du Congrès américain, par la voix de son leader, Kevin McCarthy, qui parle de « dangereux précédant ».

Double-usage

L’eau lourde sera stockée dans le laboratoire national de Oak Ridge dans le Tennessee pour être revendue sur le marché. Pour rappel, les atomes d’hydrogène de l’eau lourde sont des isotopes lourds, du deutérium. Sa production est destinée généralement à des application médicales ou de recherche, mais elle entre également dans la fabrication des bombes au plutonium. On parle de technologie à double-usage.  C’est pourquoi sa fabrication sur le sol iranien alimentait les craintes du G5+1 et des pays limitrophes, à commencer par l’Arabie Saoudite.

Si l’achat direct par les américains ne fait pas partie intégrante de l’accord signé avec Téhéran, comme le rappelle John Kerry, le Secrétaire d’Etat américain ; la revente des surplus iraniens, en fait elle bien partie. Et ce afin de contrôler l’usage de toute l’eau lourde produite sur le territoire. Une règle qui vaut également pour l’uranium enrichi…

Romain Chicheportiche

Nouveau défi : moderniser les STEP !

Les stations de pompage-turbinage (STEP) ont été développées en Europe dans les années 1970, en parallèle du développement de l’énergie nucléaire. Jusqu’au début des années 2000, elles pompaient l’eau pour stocker le surplus d’électricité d’origine nucléaire dans des bassins d’accumulation, la nuit (phase de pompage). Elles la rendaient disponible pendant les périodes de forte demande la journée (phase de turbinage). « Depuis une dizaine d’années, les STEP sont utilisées de manière beaucoup plus dynamique : là où on les démarrait pendant la nuit pour pomper et la journée pour turbiner, dans beaucoup de pays, essentiellement où il y a beaucoup d’éolien, comme en Allemagne ou au Portugal, les STEP démarrent en pompage quand il y a une pointe de production éolienne et démarrent en turbinage quand il y a un creux de production éolienne », explique Olivier Teller, Directeur produit chez General Electric Hydro. « Ces systèmes qui ont été conçus pour 3 démarrages par jour, sont désormais démarrés 10 à 15 fois par jour », précise-t-il.

Mais les machines n’ont pas été conçues pour cet usage et le pompage ne peut pas être régulé en puissance : celui-ci doit se faire à pleine puissance lorsqu’il est activé. C’est un problème dans les pays qui commencent à avoir un fort taux de pénétration d’énergies renouvelables intermittentes. « Si une STEP peut généralement turbiner entre 50 et 100 % de sa puissance, une machine conventionnelle ne peut pas réguler sa puissance en mode pompage », nous éclaire Olivier Teller. Tout l’enjeu est de moderniser les STEP pour permettre de les opérer à vitesse variable et ainsi mieux intégrer les énergies renouvelables intermittentes sur le réseau. « Une STEP à vitesse variable peut descendre jusqu’à 30 % de sa puissance en turbinage. En pompage, elle peut varier sa puissance entre 70 et 100 % », précise l’expert.

Le Projet européen eStorage s’intéresse à la conversion des machines existantes en machines variables. Son objectif est d’évaluer les solutions technologiques pour mettre à niveau 75 % des STEP européennes. « Pour rendre des machines plus flexibles, il existe 3 options : améliorer la conception de la turbine pour qu’il y ait moins de vibrations, rendre plus robuste la turbine pour qu’elle résiste mieux aux vibrations, ou mieux piloter la turbine pour enregistrer l’usure de la machine et informer l’opérateur des maintenances à réaliser », détaille Olivier Teller. « Pour passer en vitesse variable, il faut changer l’alternateur de la station. L’investissement nécessaire représente environ 10 % du coût d’investissement dans une nouvelle centrale ». La première STEP à vistesse variable a été introduite en Europe en 2004. Deux stations sont actuellement en construction en Suisse et une au Portugal.

Malgré tout, les opérateurs qui ont besoin de faire de la régulation, mais n’ont pas le temps d’entreprendre les travaux, font tourner les pompes et les turbines en même temps. Dans ce cas, certains producteurs utilisent simultanément certaines de leur turbines et d’autres pompes : le pompage se fait à pleine puissance et la puissance de turbinage est régulée en fonction des besoins. C’est notamment le cas en Allemagne et en Autriche, « Ce n’est pas le cas en France, car les énergies intermittentes sont encore très minoritaires. Mais si on continue leur développement, le besoin va se faire sentir de plus en plus », prévient Olivier Teller.

Comment s’assurer que le revenu ne baisse pas ?

Si les turbines des STEP tournent moins, le revenu devrait baisser. Mais ce serait oublier que les STEP bénéficient de plusieurs sources de revenus : certes, elles vendent l’électricité sur le marché de l’électricité, mais elles jouissent aussi d’un marché de la puissance. Le marché d’ajustement de la puissance est piloté par les opérateurs qui cherchent à vendre de la régulation de puissance primaire, secondaire ou tertiaire. Car à tout moment, la production électrique doit être égale à la consommation sur le réseau.

En France, RTE assure en temps réel cet équilibre et tient compte des aléas de consommation ou de production. Pour maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande, RTE doit disposer en temps réel d’une réserve d’ajustement de puissance, à la hausse comme à la baisse. Il existe trois types de réserves qui peuvent être sollicitées successivement : les réserves primaires et secondaires qui permettent d’augmenter ou de diminuer automatiquement la production des centrales et les réserves tertiaires sollicitées par RTE pour modifier très rapidement leur programme de fonctionnement prévu. Les plus gros acteurs sur ce marché sont les barrages et les turbines à gaz : une STEP peut déjà passer de 50 % à 100 % de sa capacité en moins de 15 secondes, alors qu’une centrale gaz demande plusieurs minutes. « En Allemagne, par exemple, les STEP sont déjà passées d’une rentabilité basée sur le prix de l’électricité à un modèle de vente de services de réglage de puissance pour combler les variations de la demande dues à la production intermittente », assure Olivier Teller.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les ingénieurs britanniques ne veulent pas du Brexit

L’IET, The Institution of Engineering and Technology, qui compte plus de 167 000 membres pointent dans un document publié la semaine dernière les risques majeurs qu’elle a identifiés pour le secteur de l’ingénierie et la recherche britannique en cas de sortie de l’UE. Une position qui est d’ailleurs largement soutenue par ses partenaires et principaux employeurs d’ingénieurs et techniciens : Airbus, Rolls-Royce, Mott MacDonald, Siemens ou Caterpillar.

Moins d’accès aux fonds et aux marchés

L’association professionnelle analyse ainsi que le Brexit pourrait :

  • Accentuer la pénurie de compétences en ingénieurs et techniciens si le gouvernement ne prend pas des mesures d’accélération des visas une fois sorti de l’UE (dans la décennie à venir le besoin est estimé à 1,82 millions de nouveaux ingénieurs).
  • Affaiblir la recherche par des complications pour trouver des fonds ou pour monter des collaborations internationales. Sachant que le Royaume-Uni reçoit plus de fonds pour la recherche qu’il ne contribue financièrement au niveau de l’Union Européenne. En outre, la porte pour influencer les programmes de recherches européens lui serait alors fermée.
  • Un déclin sur l’influence possible des britanniques sur les standards globaux en ingénieries et donc un retard sur leur mise en place, pourtant un point crucial pour accéder aux marchés mondiaux.
  • Une perte automatique de l’accès à certains marchés européens, le temps de mettre en place de nouveaux traités commerciaux sans que l’on sache aujourd’hui ni s’ils seront mis en place rapidement ni s’ils seront vraiment avantageux.

Tous les secteurs industriels seraient fortement affectés

L’IET n’est pas la seule à tirer la sonnette d’alarme et à faire ce genre d’analyse. Que ce soit le cabinet d’audit PwC qui publie un rapport soulignant que le Brexit diminuerait l’activité industrielle de 9,5% et mettrait en danger plus de 100 000 emplois d’ici 2020 ou que ce soit le rapport édité par le ministère des finances, le diagnostic semble le même. Le Trésor résume ainsi pour quelques secteurs l’importance d’un accès direct au marché européen : l’industrie pharmaceutique, plus de la moitié de sa production est exportée dans l’UE pour une valeur de 29M£ par jour ; l’automobile pour laquelle l’accès réduit à toute la logistique de distribution européenne risque de rendre les voitures anglaises plus chères et donc de diminuer les 15 millions de livres gagnées à l’export. L’aéronautique et l’espace pour laquelle la libre circulation des produits, des personnes et des idées est une clé essentielle de son développement.

Chimie : patron et salariés d’accord pour rester

L’association nationale des industries chimiques britanniques (CIA) s’est largement prononcée en faveur d’un maintien dans l’Union. Une enquête menée auprès de ses membres donne un « non au Brexit » pour 62% des votants et 38% encore indécis. Un secteur particulièrement mondialisé et pour lequel l’Allemagne représente le principal marché à l’export pour bon nombre de TPE/PME ou de filiales. Un secteur aussi qui dépend de l’apport financier étranger, notamment de grands groupes européens. Une position que le syndicat de travailleurs UNITE a aussitôt applaudi, appelant lui aussi ses membres à voter pour rester au sein de l’UE.

Sophie Hoguin

Protection des données personnelles : adoption du règlement européen

Quatre ans de négociations : entamées en 2012, les discussions sur la sécurisation et la confidentialité des informations à caractère personnel ont permis d’établir un « cadre juridique pour l’ère digitale tout en assurant la protection des droits fondamentaux des citoyens et des consommateurs », a commenté Jan Philipp Albrecht, le rapporteur du Parlement européen lors du vote.

Selon lui, l’Europe fixe ainsi “la référence mondiale” en matière de protection de données, “une clef pour le succès de l’Europe dans le futur”.

Exit donc le Safe Harbour ( programme conçu par le gouvernement des États-Unis et conclu avec la Commission européenne en juillet 2000), place au Privacy Shield. Pour garantir la conformité aux exigences européennes des traitements des données effectués par les entreprises américaines, l’accord définit des principes (les « Privacy Shield Principles ») auxquels elles doivent adhérer et qu’elles doivent respecter.

Ce règlement sera applicable au printemps 2018 dans tous les pays membres de l’Union européenne. Dans le détail, il apporte de nouvelles clauses. Pour le citoyen, il renforce des droits existants, notamment en lui permettant de disposer d’informations complémentaires sur la gestion de ses données. Comme nous l’avions indiqué dans un précédent article le droit à l’oubli est conforté et les mineurs font l’objet d’une protection particulière.

Ce nouveau règlement s’adresse aussi aux professionnels avec en particulier une simplification des formalités et la possibilité d’un interlocuteur unique pour toutes les autorités de protection des données européennes. Quant aux CNIL (regroupées au sein du G29),  elles pourront prononcer des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise concernée.

Cette adoption signifiera-t-elle un réel renforcement de la protection des informations individuelles ? Le G29 des CNIL européennes souligne que des améliorations pertinentes ont été apportées à la protection des données à caractère personnel. « Cependant, le groupe de travail relève également un certain nombre de lacunes de l’accord : manque général de clarté, imprécisions quant au régime de surveillance massive des données et incertitudes quant à l’efficacité et l’indépendance du médiateur, discordances entre certains principes américains et leurs équivalents européens, complexité des voies de recours ouvertes aux citoyens européens… », constate maître Olivier Iteanu, un avocat spécialisé dans le droit et l’informatique.

Les opposants au Privacy Shield font valoir que derrière le changement de nom, le changement n’est que de façade. Les révélations d’Edward Snowden sur le programme américain appelé Prism ont permis d’apprendre que toutes les grandes entreprises américaines, participant à ce programme, donnent à la NSA un accès aux données qu’elles traitent. Privacy Shield va-t-il mettre en veille le programme Prism ?

Philippe Richard

L’atmosphère de Vénus réserve bien des surprises

En décembre 2010, la sonde Akatsuki n’avait pas pu se mettre en orbite vénusienne suite à la panne de son moteur principal. Les Japonais ne se sont pas découragés et ont réussi, 5 ans après, à lui trouver une nouvelle orbite : plus allongée et plus lointaine que prévue, mais permettant néanmoins d’observer l’atmosphère de la planète sous un nouveau jour.

Etranges nuages, relief et volcanisme

Parmi les images étonnantes présentées par les japonais, on peut citer celle des couches nuageuses d’acide sulfurique prise en infrarouge qui révèle des processus de formation très complexes et agités.

venus IR nuage acide sulfurique

Un autre cliché a aussi beaucoup interpellé les scientifiques : celui pris dans l’infrarouge thermique qui dévoile une formation en arc de cercle entre les deux pôles. Une formation qui semble fixe comparée au reste de l’atmosphère et qui pourrait être dû à un relief sous-jacent.

venus IR thermique

Crédit : ISAS/JAXA

Pôles : plus froids, moins denses et parcourus d’ondes

Juste avant de s’abîmer dans l’atmosphère de Vénus, la sonde européenne Vénus Express a recueilli des informations à 130-140 km d’altitude. Surprise : il y fait -157°C ! Or, on s’attendait plutôt à trouver des températures de l’ordre de -80°C. En outre, la densité est inférieure aux prévisions de plus de 20% à 130km et de 40% à 140 km.

Venus Express a aussi permis d’observer deux types d’ondes qui ont des influences majeures sur la structuration d’une atmosphère : des ondes de gravité (comme celles existant sur Mars, la Terre ou Pluton) et des ondes liées à la rotation de la planète. Toutes ces observations démontrent une chose : le modèle théorique actuel est très incomplet et bien loin de refléter les phénomènes complexes qui agitent notre voisine.

Sophie Hoguin

L’Etat à la rescousse d’EDF

Cette augmentation de capital doit permettre à l’électricien de faire face au mur d’investissements qui l’attend : le rachat de la branche réacteur d’Areva, le grand carénage du parc nucléaire français (entre 55 et 100 milliards d’euros), le déploiement des compteurs communicants Linky (5 à 7 mds €), sans oublier le très controversé projet EPR de Hinkley Point en Grande-Bretagne.

Hinkley retardé, pas enterré

C’est le dossier qui empoisonne la gestion de Jean-Bernard Lévy, le pdg d’EDF. Ce projet de construction de deux réacteurs EPR en Grande-Bretagne, évalué à 23 mds €, est ardemment défendu par Jean-Bernard Lévy et le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, nettement moins au sein de l’entreprise.

En mars dernier, Thomas Piquemal, ancien directeur exécutif en charge de la Direction financière, a claqué la porte de l’entreprise pour montrer son désaccord et le risque que ce projet pourrait faire peser sur les finances du groupe. Le pdg d’EDF a annoncé ce matin au micro d’une radio nationale le report de la décision finale d’investissement pour interroger le comité central d’entreprise (CCE) sur cette question. Et Jean-Bernard Lévy d’ajouter que le CCE va « se réunir dans les jours, dans les semaines qui viennent pour rendre sa décision sur ce projet mûr et très rentable dont les coûts sont parfaitement maîtrisés ». Un argumentaire qui laisse pour le moins dubitatif une partie des ingénieurs d’EDF qui craignent que l’EPR anglais ne soit une nouvelle tête de série en raison des importantes modifications exigées par l’autorité de sûreté nucléaire outre-Manche.

A l’instar des autres électriciens européens, EDF pâtit d’un environnement économique dégradé par la baisse des prix de gros de l’électricité. La Bourse de Paris a mal réagi à l’annonce de l’augmentation de capital, l’action d’EDF perdant plus de 7 points ce lundi à l’ouverture de la session.

Par Romain Chicheportiche 

Le virage stratégique de Total

« Croire que Total cessera d’exister le jour où l’on ne consommera plus de pétrole est un doux rêve », confiait, il y a quelques années, un membre de la direction de la Major française. La nouvelle organisation annoncée le 19 avril en est la brute illustration. Dénommée « One Total », cette vision à 20 ans ambitionne de relever les défis de court terme nés de la baisse du prix du baril depuis juin 2014, et  préparer le moyen et le long termes en renforçant sa position de leader mondial de l’énergie de manière générale.

Nouvelle division renouvelable & gaz

Cette division, dont le directeur sera membre du Comex, est destinée à porter l’ambition du groupe sur la chaîne de l’électricité à travers le développement des énergies renouvelables. Total dispose déjà d’un argument de poids dans le solaire, à travers sa filiale américaine SunPower (2,8 milliards € de chiffre d’affaires en 2015) pour le photovoltaïque, et est également présent dans le solaire à concentration (Shams). « Le Groupe a vocation à produire et à vendre de l’électricité d’origine renouvelable. Car l’électricité sera l’énergie du XXIe siècle et le développement du gaz et des renouvelables nous pousse à appréhender globalement la chaîne de l’électricité. Nos ambitions à 20 ans sont multiples en ce domaine : être dans le top 3 de l’énergie solaire, se développer dans le trading d’électricité, dans le stockage d’énergie, être leader sur les biocarburants, notamment les biojets destinés à l’aviation, mais aussi envisager des développements possibles dans les autres énergies renouvelables », a indiqué Patrick Pouyanné, pdg de Total. Depuis le décès accidentel de Christophe de Margerie en 2014, c’est lui qui a repris le flambeau de la mutation en douceur de l’entreprise.

Efficacité énergétique

L’efficacité énergétique tient un rôle important dans cette nouvelle stratégie, ce qui peut paraître surprenant pour une compagnie pétrolière. Or, ces services, plébiscités par les clients industriels dont la facture énergétique représente parfois 40% de leurs coûts, ont une valeur ajoutée plus importantes que les commodities, et sont nettement moins sensibles aux variations des cours des matières premières. Total a ainsi constitué un fonds d’investissement corporate, doté de 150 millions €, qui investit entre autres dans l’efficacité et l’accès à l’énergie.

Optimisation du groupe

Cette vision de long terme s’accompagne de décisions d’optimisation interne qui devraient avoir un impact très rapidement. Cette initiative prend d’ailleurs la forme d’une branche, elle aussi nouvellement créée, Total Global Services. Elle est destinée à améliorer durablement l’efficacité du Groupe au profit de chacun de ses métiers en tirant parti de la mise en commun de plusieurs fonctions support qui seront globalisées (Comptabilité, Achats, Informatique, Formation, Administration des Ressources Humaines, Services Immobiliers et Généraux). « Mutualiser certaines fonctions support doit nous permettre de gagner durablement en efficacité, de créer de la valeur et de maîtriser nos coûts. Les entités composant Total Global Services fonctionneront comme des sociétés de services pour les clients des Branches et de la Holding », précise Patrick Pouyanné. Les Majors pétrolières, actives généralement sur des gisements coûteux ou complexes, sont les premières à pâtir de la chute durable des cours du brut, et ont ainsi dû mettre en place des plans drastiques d’économies.

L’objectif est de rendre effective la nouvelle organisation au 1er septembre 2016 pour la branche Gas Renewables & Power et la nouvelle organisation de la Holding et au 1er janvier 2017 pour l’ensemble de la Branche Total Global Services.

Par Romain Chicheportiche

YouTube lance des vidéos en live à 360 degrés, avec un son “spatialisé”

YouTube essaie de rattraper ses concurrents, Periscope et Facebook Live, qui proposent de diffuser des vidéos en live (streaming).

Depuis mars 2015, YouTube propose déjà de mettre en ligne des vidéos à 360 degrés, mais désormais, leur diffusion pourra être en direct. Ce week-end, l’entreprise inaugurera cette fonction (Live 360) en diffusant sur sa plateforme des concerts programmés dans le cadre du festival de Coachella, en Californie.

Jazz

YouTube se démarque de ses concurrents en proposant un son “spatialisé” – une sorte de “3D sonore”, qui “s’adapte” à l’angle de vision choisi par l’utilisateur. Il sera ainsi possible à l’utilisateur d’interagir avec l’environnement visible sur la vidéo, et de découvrir tous ses angles, avec un son s’adaptant à ces angles.  “Grâce à leur smartphone, les gens pourront se croire au premier rang d’un événement sans y être physiquement », indique Neal Mohan, responsable produit chez YouTube au site The Verge.

Pour YouTube, “Live 360 est une passerelle vers la réalité virtuelle”. A quand la visualisation d’un concert en “VR”, via un casque Oculus Rift, ou une Google Cardboard ?

Par Fabien Soyez

Facebook prépare de nouveau fils d’actu thématiques

Facebook s’inquiète d’une baisse progressive de la publication de statuts “personnels”, les internautes préférant désormais, apparemment, partager des informations circulant dans leur “newsfeed”, plutôt que de risquer de partager des publications trop “personnalisées” avec le tout venant. Pour redonner envie aux utilisateurs de partager davantage, le réseau social prépare-t-il sa mue ?

C’est en tout cas que pourrait laisser penser les captures d’écran postées par un consultant en marketing, Tom Critchlow, sur Twitter, montrant un fil d’actualité revu et corrigé, qui serait désormais divisé entre la “news feed” traditionnelle et des rubriques thématiques. Selon The Information, la refonte du fil d’actu de Facebook est un tel enjeu que la société à mis en place une équipe dédiée, basée à Londres.

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Captures de Tom Critchlow, partagées sur Twitter

Moins encombrée par les photos, les statuts, les vidéos et les news, la nouvelle interface (pour smartphones) serait ainsi mieux structurée, et donc plus agréable à parcourir. Contacté par Mashable, un porte-parole de Facebook a confirmé cette information, même si aucun “lancement officiel” n’a encore été annoncé. “Les gens nous ont dit qu’ils voulaient plus d’options pour voir plus d’histoires sur Facebook, autour de sujets spécifiques, qui les intéressent”, a indiqué le porte-parole.

Si l’on en croit les captures d’écran postées par Tom Critchlow, à côté de la “News Feed” (affinée et plus agréable, car déchargée des “news”), les sections “World et US News”, “Sports”, “Food”, “Music”, “Animals”, “TV & Movies”, “Travels” seraient “personnalisables” et permettraient ainsi d’accéder à des informations ciblées. Une façon de concurrencer sévèrement d’autres médias utilisés pour s’informer, comme Twitter et Google News – transformant du coup Facebook en un super-agrégateur de contenus.

En effectuant cette transformation de son fil d’actu, Mark Zuckerberg espère peut-être faire coup double, en rassurant les utilisateurs intéressés uniquement par les statuts “personnels”, tout en permettant à ceux utilisant Facebook comme un outil de news, d’en profiter pleinement grâce à un fil d’actu supplémentaire, thématique.

Par Fabien Soyez

Apple retire 6 nouvelles substances dangereuses de la fabrication de ses produits

Apple communique depuis longtemps sur ses efforts pour limiter l’utilisation de produits toxiques dans la production d’iPhone ou d’iPad. Après avoir supprimé de nombreuses substances, comme l’Arsenic, le Mercure, le PVC, le benzène et l’hexane, la firme à la Pomme vient de bannir 6 autres toxines dangereuses – représentant “un risque intolérable” pour les consommateurs, les ouvriers ou l’environnement.

Après avoir étudié plus de 10 000 composants, Apple a publié un rapport de responsabilité environnementale. L’entreprise y explique avoir supprimé de la fabrication de “milliers de pièces”, les agents ignifuges bromés, des matières synthétiques dangereuses pour l’environnement, et les avoir remplacé par des hydroxides métalliques et des composés en phosphore. Elle a aussi cessé d’utiliser de l’arsenic, cancérigène, pour fabriquer ses écrans.

Apple a également placé dans sa “liste noire” des matières premières dangereuses, le bérylllium, responsable de troubles pulmonaires chez nombre d’ouvriers chinois, ainsi que le mercure, qui selon la société ne “fait déjà plus partie” de ses produits depuis 2009.

Enfin, l’entreprise a retiré de ses appareils le plomb, ainsi que le PVC et les phtalates – que l’on retrouve communément dans les cordons d’alimentation et les câbles d’écouteurs, et qu’Apple à remplacé par des élastomères thermoplastiques, sans chlorine ni brome.

Par Fabien Soyez

Pourquoi notre sommeil est-il perturbé dans un nouvel environnement ?

Ce phénomène, baptisé « First Night Effect » (FNE), est une perturbation typique du sommeil.

Le FNE ne serait que la manifestation d’un hémisphère plus vigilant qui prendrait la responsabilité de surveiller l’environnement inconnu lors du sommeil.

En utilisant des techniques avancées de neuroimagerie, comme la polysomnographie, des chercheurs de l’université de Brown, aux États-Unis, ont constaté que la perturbation du sommeil implique une asymétrie interhémisphérique durant la phase profonde du sommeil. Ce degré d’asymétrie s’accompagnait d’un temps d’endormissement allongé. Non seulement, le sommeil est plus léger mais, comme nous le constatons nous-mêmes, il est également plus difficile à trouver.

Lors des expériences, une partie de l’hémisphère gauche est restée active pendant le sommeil en répondant à des stimuli externes. C’est ce phénomène qui cause des éveils fréquents au moindre bruit ou mouvement.

Un sommeil léger dans un environnement inconnu et potentiellement dangereux serait donc tout simplement lié à notre instinct de survie.

On retrouve cette particularité chez certains animaux comme les dauphins qui dorment tout en remontant de temps à temps à la surface pour respirer ou certains oiseaux migrateurs qui dorment tout en poursuivant leur voyage.

Du point de vue de l’évolution, ce phénomène s’explique parfaitement : lors d’une première nuit dans un environnement inconnu, les premiers hommes ne baissaient jamais leur garde sous peine de voir leur chances de survie diminuer drastiquement.

Par I. T

Transition énergétique : les compétences recherchées

Parmi ces nouvelles compétences particulièrement recherchées, on peut citer :

  • La connaissance du cadre réglementaire et des différentes normes environnementales ;
  •  Les logiques de l’écoconception, du recyclage et plus globalement de l’analyse du cycle de vie d’un produit ;
  • La connaissance fine de disciplines fortement liées à la problématique de l’énergie (électronique de puissance par exemple) ;
  • La maîtrise des technologies numériques, notamment pour la conception mais aussi dans le fonctionnement même des véhicules, des bâtiments ou des réseaux énergétiques (systèmes embarqués dans l’automobile, capteurs et compteurs intelligents dans le bâtiment, smart grids dans l’énergie…).

Les compétences évoluent aussi sous l’effet de nouveaux modes d’organisation du travail

Au-delà des compétences additionnelles à intégrer dans beaucoup de métiers en lien avec la transition énergétique, les modes de travail entre métiers connaissent également des évolutions. La transition énergétique implique en effet davantage de contacts transversaux entre métiers et un décloisonnement disciplinaire.

Ce constat est particulièrement prégnant dans le bâtiment, où les compétences à faire évoluer sont fortement liées à la capacité des différents métiers à travailler ensemble.

Plus globalement, la nécessité pour les ingénieurs et cadres d’adopter une approche davantage systémique et globale est mentionnée par beaucoup d’acteurs. Il s’agit pour eux de ne pas s’arrêter à des approches trop centrées sur des aspects techniques particuliers mais d’avoir une capacité nouvelle à gérer des interactions multiples et à s’ouvrir à d’autres dimensions : modélisation complexe des effets d’une activité sur son environnement (vision systémique), sensibilisation à l’économie circulaire, etc.

Quelques nouveaux métiers cadres se créent

L’étude réalisée par l’Apec confirme les constats dressés dans les différentes études existantes sur l’impact de la transition énergétique sur l’emploi : jusqu’à présent, la transition énergétique a généré peu de nouveaux métiers. Ainsi, la comparaison des offres d’emploi diffusées par l’Apec entre 2005 et 2014 dans les trois secteurs étudiés ne montre l’émergence de nouveaux métiers que dans quelques niches. Aussi, selon les experts interviewés durant l’étude, un faible nombre de nouveaux métiers sont aujourd’hui connus si l’on se projette à moyen terme. Les nouveaux métiers, qui sont apparus en lien avec la transition énergétique, relèvent surtout de la médiation et de l’accompagnement.

Ainsi, parmi les métiers repérés dans les offres diffusées par l’Apec en 2014 (alors qu’ils n’apparaissaient pas en 2005), on peut citer le chargé de mission énergie. Recruté notamment dans les collectivités territoriales (chambres consulaires ou associations), le chargé de mission énergie accompagne les projets de développement des énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie sur un territoire, que ce soit au niveau des entreprises ou des particuliers.

On peut également citer le métier d’energy manager. Embauché par un bureau d’études ou directement au sein d’une entreprise ou d’une administration, il a pour rôle d’optimiser les consommations énergétiques d’une entreprise, tout en assurant le confort des occupants : détection des surconsommations, gestion des achats d’énergie, études pour optimiser la consommation d’énergie, communication auprès des occupants, etc.

Source : Etude menée par l’Apec « Transition énergétique : Impacts sur les métiers cadres »

La batterie domestique prend son envol

Mettre fin au règne de la batterie domestique au plomb, voici le nouveau rêve d’Elon Musk, PDG de Tesla. Le nom donné à cette batterie lithium-ion de 6,4 kilowattheures (kWh), née en avril 2015 : le Powerwall. Élégante, cette batterie peut-être accrochée au mur et prend moins de place qu’un chauffe-eau électrique (1,3 m de haut, 86 cm de large et 18 cm de profondeur).

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Cette batterie a deux missions : stocker le surplus d’électricité produit par vos panneaux solaires la journée et stocker de l’électricité du réseau aux heures creuses. Ainsi, l’électricité produite par vos panneaux ne sera plus injectée dans le réseau mais sera autoconsommée lorsque vous en aurez besoin. Si votre production solaire ne couvre pas l’ensemble de votre consommation, la batterie pourra également se recharger aux heures creuses, pour restituer son électricité durant les heures pleines. Pour les consommateurs les plus gourmands, il est possible d’associer jusqu’à 9 Powerwall, pour atteindre 57,6 kWh. La batterie est prévue pour une utilisation de –20 à 50°C, avec un rendement de 92,5 %.

Pour les entreprises, Tesla propose le Powerpack, une batterie d’environ 3 m3 qui stocke 100 kWh d’électricité.Vendu à 25 000 dollars l’unité, là encore le produit est modulaire : Elon Musk envisage des parcs de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers de Powerpack.

Un produit prometteur, mais pas encore rentable pour tout le monde

A ce jour, le Powerwall est loin d’être rentable partout. Aux Etats-Unis, il est vendue 3.000 dollars. Il faut ajouter le prix de l’installation, la pose d’un onduleur pour convertir le courant continu en courant alternatif. Le prix de l’installation complète peut alors monter jusqu’à 7.000 dollars.

Pour que le Powerwall se démocratise dès aujourd’hui, il faudrait que le coût de l’électricité du système autonome sur l’ensemble de sa durée de vie soit comparable au coût de l’électricité sur le réseau.

Mais l’intérêt de cette batterie ne doit pas être analysé que sous l’angle de la rentabilité immédiate. Car elle permet notamment d’alimenter vos appareils, sans interruption, en cas de coupure du réseau. Elle pourrait également assurer l’autonomie énergétique des sites isolés, sans batterie au plomb et sans cuve au fioul. Par ailleurs, le coût de l’électricité devrait continuer à augmenter et le prix des batteries diminuer grâce à l’augmentation des volumes de production. De quoi rendre ces batteries domestiques de plus en plus compétitives. C’est notamment le défi de l’usine de Tesla Gigafactory dans le Nevada, siège de la production des Powerwall. Enfin pour lancer le marché, ces batteries pourraient bénéficier d’aides à l’achat, comme c’est le cas pour de nombreux produits permettant une meilleure efficacité énergétique ou ayant un intérêt environnemental certain.

Des concurrents s’attaquent à ce marché

Preuve que le marché est prometteur, Schneider Electric et Mercedez-Benz ont récemment annoncé la commercialisation de batteries domestiques lithium-ion pour 2016. Comme chez Tesla, le prix de ces batteries devrait avoisiner les 500 dollars par kWh.

Composée de « lames » d’une capacité de base de 2 kWh, la batterie de l’industriel français, baptisée EcoBlade, est entièrement modulable. Plusieurs lames peuvent ainsi être additionnées pour s’adapater à différentes utilisations : batterie domestique mais également data-centers, immeubles, villages ou campus. Outre les pays développés, Schneider mise sur les pays émergents et en développement. Ces pays commencent à produire des énergies renouvelables, mais le réseau électrique y reste peu fiable. Le développement de batteries domestiques permettra d’y limiter les risques de coupures prolongées et aura des bénéfices environnementaux importants. La « Energy Storage Home » du groupe allemand est également modulaire : les clients pourront assembler jusqu’à huit modules de 2,5 kWh pour atteindre un total de 20 kWh.

Début février, Elon Musk a réagi à ces annonces en promettant une deuxième version du Powerwall pour juillet/août 2016. Pour le moment, on sait simplement qu’elle apportera « un nouveau changement radical en termes de possibilités ». Cette nouvelle version permettra-t-elle d’assurer un véritable retour sur investissement ? La guerre des prix est lancée.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Tramways connectés : essai grandeur nature à Bordeaux

Une première mondiale technologique, portée par Keolis Bordeaux Métropole, est en expérimentation jusqu’au 30 avril 2016 sur la ligne C du tramway de Bordeaux Métropole. Grâce au projet Connectram, les voyageurs sont projetés dans un univers en réalité augmentée entre les stations Tauzia et La Belle Rose. Un simple regard sur les vitres de ce tram un peu spécial leur apporte une vision en 3D du futur quartier Euratlantique ainsi que des informations contextuelles, géo-localisées et multimodales intégrées en temps réel sur les écrans (vélos disponibles, accès aux parcs de stationnement, horaires des bus, trams et des trains en correspondance).

Dans le cadre de ce projet, la société Axyz a réalisé la production numérique et l’intégration des éléments architecturaux ainsi que la mise en scène des éléments 3D,  tenant compte de divers paramètres tels que la position du soleil. Elle a également conçu l’application multimodale en assurant l’affichage d’informations de mobilité en temps réel et d’informations événementielles et culturelles.

Pour sa part, l’institut List de CEA Tech, grâce à son expertise en localisation 3D d’objets dans des environnements complexes et en reconstruction temps réel de trajectoires de capteurs en mouvement, a développé une application de réalité augmentée dans le tramway. La technologie a été adaptée aux contraintes du projet Connectram afin d’assurer, en temps réel et avec un haut niveau de précision et de fiabilité, le calcul de la position et de l’orientation du tramway dans la ville. Le système est en expérimentation libre jusqu’au 30 avril 2016.

Source : cea

Les projets fous de la 3D

Tout faire avec le polyuréthane en 3D

L’impression 3D serait-elle aussi une solution de construction d’avenir ? Tandis que les matériaux ne cessent d’évoluer, les techniques, elles, ne restent pas non plus à la traîne. L’impression 3D étonne depuis quelques années. Ce système a déjà fait beaucoup parler de lui, et ce ne pourrait être qu’un début…

Permettant la création d’objets en relief en polyuréthane, connu pour sa résistance et son pouvoir étanche, cette solution vient de franchir un pas supplémentaire avec la conception d’une mini-maison. L’exploit est français et pourrait marquer le début d’une nouvelle ère. En effet, cette réalisation de 9 m² a nécessité seulement 20 min, ouvrant d’ores et déjà des perspectives plus étendues. Pour cela, il a été créé une imprimante spéciale équipée d’un bras polyarticulé, permettant aussi de « construire » dans le vide.

Plusieurs projets à l’étude, partout dans le monde

Cette nouvelle idée de la construction ne devrait pas en rester là. En effet, plusieurs projets à travers le monde sont également à l’étude. L’un des plus importants est celui de Dubaï qui envisage d’accueillir un immeuble de bureaux en 3D entièrement conçu selon cette technique. La structure de 185 m² devrait être créée élément par élément, avant d’être assemblée directement sur site. Bilan des travaux, seulement quelques semaines au lieu de plusieurs mois. Pour y parvenir, c’est un nouveau prototype d’imprimante qui devrait être créé, de près de 6 m de haut, soit l’équivalent d’une maison à étage.

Autre projet montrant la pluralité des utilisations de ce concept, cette fois plus proche de nous : la création d’un pont à Amsterdam, à l’aide d’une imprimante 3D robotique. Le projet, qui devrait être lancé en 2017, aura un temps de réalisation de deux mois. Ces projets originaux pourraient ainsi donner un autre ton à la construction au cours des prochaines années et même décennies…

Source : eti-construction

EPR de Flamanville : La cuve sous surveillance

C’est par un communiqué commun, signe du rapprochement, qu’EDF et Areva ont annoncé le lancement de tests complémentaires sur les deux pièces de fonderie étudiées. Les premières analyses effectuées sur deux pièces analogues à celles de Flamanville 3 ont montré, sur l’une d’entre elles, une extension du phénomène de ségrégation carbone au-delà de la mi-épaisseur.

La présence d’une zone présentant une concentration importante en carbone conduit à des valeurs de résilience mécanique plus faibles qu’attendues et pose des problèmes de sûreté. En effet, la cuve d’un réacteur à eau sous pression est un équipement particulièrement important pour la sûreté. Elle contient le combustible et participe à la seconde barrière de confinement de la radioactivité. C’est pourquoi, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait demandé à Areva en avril 2015 de réaliser une nouvelle campagne d’essais approfondie.

Malgré l’inquiétude que ces résultats font peser sur le projet de Flamanville 3, pour EDF et Areva, « ces premières analyses ont également permis de mieux caractériser la variabilité des principaux paramètres de fabrication entre les différentes pièces ». Et de proposer d’étendre le programme d’essais à une troisième pièce « pour renforcer la robustesse de la démonstration ».

Une démonstration attendue pour la fin de l’année par l’ASN qui aura la lourde tâche de valider ou non la qualité de la cuve (et du couvercle) du réacteur. Une réponse négative du gendarme du nucléaire serait purement catastrophique pour EDF, l’image de l’EPR et de la filière nucléaire dans son ensemble. La question de la poursuite de chantier serait clairement posée car il est déjà achevé à hauteur de 80%, et qu’il faudrait déconstruire pour ensuite tout reconstruire. Une perspective inimaginable pour un chantier dont la facture (10,5 milliards d’euros) et le délai de fabrication ont déjà triplé.

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Cuve du réacteur

Par Romain Chicheportiche

Les intentions de mobilité progressent chez les cadres

Des cadres plus optimistes

Après un point bas atteint fin 2014 (53 %), l’optimisme des cadres quant à leur avenir professionnel connaît un regain (57 %), sans pour autant retrouver le niveau d’il y a quelques années. D’ailleurs, ils sont plus nombreux qu’il y a un an à anticiper des perspectives d’évolution positives : 34 %, soit 6 points de plus.

Des souhaits de mobilité plus fréquents

Pour 2016, rester dans son entreprise actuelle sans changer de poste demeure l’intention la plus fréquemment exprimée par les cadres, même si elle connaît un net recul en un an à 43 %. A l’inverse, l’autre option importante, qui, elle, est en progression, est d’entreprendre une mobilité externe, qui atteint 29 %. 10 % des cadres en poste envisagent une mobilité interne.

Un réseau professionnel à entretenir

Ces souhaits plus fréquents de mobilité transparaissent dans les stratégies professionnelles que les cadres comptent adopter au court de l’année. S’ils souhaitent avant tout prendre du recul et profiter de la vie (50 %), ils sont davantage que l’an dernier à vouloir enrichir leur réseau professionnel (46 %), première étape vers une éventuelle mobilité, qu’elle soit interne ou externe.

Faire le point sur ses compétences

Dans la liste des actions que les cadres jugent utiles au cours des prochains mois, l’intérêt pour la formation continue se renforce. Les formations courtes, qui permettent d’être plus opérationnel dans son emploi, voire de renforcer son employabilité en cas de difficultés, sont toujours en tête des citations, et elles le sont même de plus en plus à 77 %. Mais il est surtout à noter la forte progression du bilan de compétences avec 46 % de citations.

Source : Apec

Montée du niveau des mers : une étude réévalue les risques à la hausse

Cette étude montre que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au même rythme qu’actuellement, elles pourraient entraîner un refroidissement de la surface de la partie Ouest de l’océan Antarctique, et un réchauffement des régions tropicales. Ces déséquilibres engendreraient de nombreuses répercussions : augmentation des précipitations, bouleversement des courants marins… des répercussions sur des phénomènes climatiques qui finissent par impacter et augmenter la fonte des glaces antarctique (calotte et glaces flottantes, avec un risque de désintégration totale de ces dernières).

Ces mécanismes expliquent certaines caractéristiques des climats passés, comme le contrôle exercé par la circulation de l’océan Antarctique sur la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone, et ainsi sur le climat global et le niveau des mers. Ils sont aussi essentiels pour comprendre les variations climatiques au cours de la dernière période interglaciaire, lorsque le niveau des mers était de 6 à 9 mètres au-dessus du niveau actuel, avec des indications de tempêtes très violentes, alors que la température moyenne à la surface de la Terre était de moins de 1°C plus chaude qu’aujourd’hui. La fonte des glaces, en agissant sur la circulation océanique de l’Océan Atlantique, modifie les gradients de température de l’atmosphère, ce qui agit sur l’intensité des tempêtes.

La poursuite d’émissions de gaz à effet de serre au cours de ce siècle pourrait donc entraîner une augmentation de l’intensité des tempêtes et une accélération de la montée du niveau des mers, qui pourrait atteindre plusieurs mètres en 50 à 150 ans.

Ce résultat complète une autre étude, portant sur la vulnérabilité de la calotte antarctique, montrant qu’il faut revoir fortement à la hausse le risque de montée du niveau des mers au-delà de 2050 dans les scénarios de non diminution des rejets de gaz à effet de serre (Pollard – Conto, Nature, 2016). Cette dernière étude apporte des éléments nouveaux obtenus grâce à l’un des modèles les plus sophistiqués de l’Antarctique et testé pour des périodes passées.

Source : CEA

Expérience#3: «ça ne marche pas»

Pour anticiper le prochain départ à la retraite de 3 cadres supérieurs (Bureau d’études, R&D, Commerce) détenteurs de compétences clés de l’entreprise, la Direction Générale de l’établissement français, composé de 500 salariés, d’une grande entreprise internationale de l’énergie me demande de l’accompagner dans la mise en place d’une démarche favorisant le transfert d’expérience. Pour bénéficier des meilleures conditions de transfert, la DRH demande aux trois experts de nommer les dix principaux salariés (les disciples) avec lesquels initier cette démarche. Sans aucune concertation, chaque expert fournit sa propre liste. Ces listes font apparaître 25 collaborateurs au lieu des 10 personnes clés envisagées au départ. Ébahis, perplexes et embarrassés, le tiers de ces « heureux » élus demande ce qui a bien pu leur valoir cette nomination. Ce qui, aux yeux des experts, était considéré comme une marque de distinction, apparaissait, à cette poignée de disciples déconcertés, comme étant une injuste inculpation à des corvées supplémentaires et inutiles.

Informés de cette situation, les experts soulignent, chacun de leur côté et avec des arguments très rationnels, la légitimité de leur liste et maintiennent leurs prescriptions. Ignorant ma proposition, aucun ne juge utile de lancer une concertation ni même de dialoguer avec les « lauréats d’office ».

Devant cette difficulté, et toujours sans aucune concertation, le DRH impose une quatrième liste préférant, à partir des listes précédentes, les personnes ayant des responsabilités managériales et ajoutant d’autres noms pour constituer une liste finale de 10 personnes. Aucun des 3 experts ne manifeste un quelconque sentiment de réprobation. La logique de la DRH semble acceptée.

Au cours des premières séances de travail, les participants ont élaboré une liste de 30 compétences critiques.

Les 3 critères retenus pour classer ces priorités sont :

  1. VAS: Valeur Ajoutée Stratégique de la compétence
  2. RP: Risque de Perte de la compétence
  3. SA: Spécificité (pas possible d’acquérir ce savoir par une autre formation)

Chacun de ces 3 critères a été  examiné  selon sa criticité (échelle 1 à 4 : 1=Négligeable – 2=Modéré – 3=Important – 4=Considérable)

Les participants ont été invités à échanger entre eux à chaque fois qu’un écart supérieur ou égal à 2 points était constaté sur les évaluations individuelles des criticités. Le niveau de criticité final a été établi en faisant la moyenne des évaluations individuelles. Nous n’avons retenu que les projets ayant une criticité supérieure ou égale à 3 (important).

Au fur et à mesure de la mise en place du programme de transfert des compétences critiques, je remarque deux types de comportements. Les plus jeunes des participants, avides de connaissances, développent une attitude constructive, adoptent volontiers les concepts expérimentés en séances de formation et se les approprient en les adaptant pour favoriser le processus de transfert. Les plus anciens des participants par contre, parmi lesquels les 3 experts porteurs des savoirs à transférer, développent une forte résistance. Critique systématique du programme, de la direction, de la DRH, des contenus, de la durée et de la fréquence des séances de travail, etc. Aucun engagement n’est jamais tenu et les anciens n’assistent que très épisodiquement aux séances de travail collectif même lorsque celles-ci avaient été planifiées longtemps à l’avance. Tentative répétée de prise de contrôle du projet par l’expert bureau d’études. Chaque proposition du consultant est savamment contrée et redéfinie. Confrontation compétition entre l’expert R&D et l’un de ses collaborateurs très lourdement diplômé, au sujet de détails opératoires. Posture de suiveur de l’expert commercial qui relève rarement les objections de ses disciples potentiels laissant ainsi passer de précieuses opportunités de transfert d’expérience.

Aucune des rares les actions planifiées par les membres ne sont menées à terme. Chaque opportunité de transfert est soigneusement évitée.

La DG n’apparaît plus du tout après le lancement du programme et la DRH reste sourde aux compte rendus que je lui transmets régulièrement.

Qu’aurait-il fallu faire pour donner plus de chances de réussite à ce projet ?

  1. Le DG aurait dû obliger les experts à se mettre d’accord sur une liste commune
  2. La DRH aurait dû élargir le périmètre et garder la liste des 25 disciples proposés au départ
  3. Constatant l’absence de volonté de collaboration du management, le consultant aurait dû se désengager de ce projet.

N’hésitez pas à nous donner votre avis via le post d’un commentaire dans la zone prévue à cet effet à la suite de l’article .

Par Dino Ragazzo

12 expériences de management réelles

  1. Expérience #1 : « Je ne vaux plus rien »
  2. Expérience #2 : « Je sais ! Je sais ! Du savoir à la compétence »
  3. Expérience#3: « ça ne marche pas« 
  4. Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !
  5. Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage
  6. Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers
  7. Expérience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus
  8. Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

Lancement de Tara PACIFIC (2016-2018) : une nouvelle expédition au coeur du corail

tarapacific_webAlors que les récifs coralliens couvrent moins de 0,2% de la superficie des océans, ils réunissent près de 30% de la biodiversité marine connue. Leur santé est donc cruciale pour la diversité des espèces qu’ils abritent mais aussi pour l’humanité. Alors qu’une grande partie des récifs tend à disparaître ces dernières années, étudier cet écosystème fragile et menacé devient une priorité.

D’est en ouest et du sud au nord, Tara parcourra l’océan Pacifique pour découvrir la diversité des récifs coralliens et mieux appréhender leurs capacités d’adaptation aux changements climatiques.Du canal de Panama à l’archipel du Japon (2016-2017), puis de la Nouvelle Zélande jusqu’en Chine (2017-2018), la goélette croisera 11 fuseaux horaires à travers l’océan le plus vaste de la planète, joignant notamment les terres insulaires et les récifs les plus isolés de la planète.

Une approche inédite de la biodiversité des récifs

Le caractère unique de cette expédition consiste tout d’abord en son approche « transversale » d’une zone géographique très étendue, en l’occurrence le Pacifique, où se concentre plus de 40 % des récifs coralliens de la planète. Une telle approche n’avait encore jamais été réalisée jusqu’à présent à cette échelle.

Selon Serge Planes, chercheur CNRS et directeur scientifique de l’expédition, « Tara Pacific tentera de dévoiler la biodiversité d’un récif, à la fois génomique, génétique, virale ou bactérienne, pour la comparer à celle de la masse d’eau qui l’entoure. Le but est de se faire une idée réelle de la diversité globale d’une colonie corallienne. » Elle permettra également d’apporter de nouvelles connaissances sur le rôle encore inconnu joué par les paramètres biologiques, chimiques ou physiques dans la vie des colonies coralliennes et la capacité de ces dernières à s’adapter aux changements environnementaux.

L’expédition Tara Pacific traversera un très large gradient de biodiversité qui atteindra son maximum au « Triangle de corail » en Asie du Sud-Est. Au cours de l’expédition, quarante archipels seront étudiés de façon identique pour appréhender les variations de la biodiversité à travers trois espèces récifales : deux coraux et un petit invertébré de la famille des hydraires.

Par une approche comparative et interdisciplinaire, les scientifiques tenteront de remonter dans le passé récent des colonies coralliennes, d’observer l’évolution contemporaine des récifs et d’en envisager le futur, notamment à travers des modélisations.

Outre l’état de santé du récif et sa biodiversité à différents niveaux, l’équipe scientifique s’intéressera aux capacités de résistance, d’adaptation et de résilience de ces écosystèmes. Un dernier axe d’étude portera sur les éventuelles applications de la biologie corallienne pour la recherche médicale.

Sensibiliser et partager les enjeux environnementaux

« Si la communauté scientifique a besoin de ces nouvelles données, les acteurs locaux et internationaux aussi. Tara contribuera à mieux comprendre les enjeux qui touchent ces berceaux de biodiversité que sont les récifs et qui importent tant pour l’avenir des populations notamment dans les petites îles » indique Etienne Bourgois, président de la Fondation Tara Expéditions.

La Fondation Tara Expéditions profitera de cette expédition pour interpeler les acteurs politiques et le monde économique, sensibiliser la société aux enjeux écologiques les plus urgents ainsi qu’aux problématiques rencontrées par les populations qui dépendent de la bonne santé de l’océan. De nombreuses escales dans le Pacifique et en Asie permettront de partager avec le plus grand nombre, petits et grands, ces enjeux environnementaux.

Etapes majeures – Panama, Malpelo (Colombie), Ile de Pâques, Papeete (Polynésie Française), Iles Cook, Samoa, Wallis et Futuna, Iles Marshall, Micronésie, Mariannes, Japon, Taïwan, Fidji, Nouvelle Zélande, Nouvelle Calédonie, Papouasie Nouvelle Guinée, Philippines, Chine, Hong Kong, Corée du Sud, …

Partenaires majeurs de l’expédition – agnès b., Fondation Prince Albert II de Monaco, Serge Ferrari, Fondation Véolia, BillerudKorsnäs, Lorient Agglomération, Région Bretagne – CNRS, Paris Sciences et Lettres, Centre scientifique de Monaco (CSM), CEA, EMBL, Fonds Français pour l’Environnement, Unesco-Commission Océanographique intergouvernementale

Source : cnrs