Pour réaliser ceci, STBi a notamment édicté une norme – SBTi Corporate Net Zero Standard – qui permet de guider les entreprises dans leurs stratégies de réduction, sur les 3 scopes qui englobent la totalité de leurs émissions directes et indirectes. En France la mesure précise de chaque scope s’effectue généralement via un bilan carbone de l’entreprise, première étape pour évaluer où se situent les sources d’émission de l’organisme concerné et être en mesure de mettre en place une stratégie cohérente.
Pour rappel, le scope 1 concerne toutes les émissions directes de gaz à effet de serre émises par l’entreprise, le scope 2 regroupe les émissions indirectes et liées à l’énergie nécessaire pour faire fonctionner les processus de production. Enfin, le scope 3 regroupe toutes les émissions indirectes de l’entreprise, et représente souvent la majeure partie de l’empreinte carbone de l’entreprise. Il couvre les émissions associées aux activités en amont et en aval de la chaîne de valeur, comme le transport et la distribution ou l’élimination des biens chez le consommateur.
SBTi engage les entreprises à prendre en compte dans leur stratégie les scopes 1 et 2, et le scope 3 lorsque celui-ci représente plus de 40 % des émissions de l’entreprise.
Une trahison pour beaucoup, dénoncée par de nombreuses organisations, et même par une partie des membres de STBi, mettant en avant une porte ouverte au green washing, de nombreuses entreprises utilisant les mécanismes de la finance carbone pour compenser leurs émissions sans engager de réduction réelle de leurs activités. Dans l’esprit, les entreprises doivent mettre en place des stratégies de réduction de leurs émissions, les crédits carbones venant compenser les émissions, résiduelles, impossibles à éviter par l’entreprise.
A travers ces deux documents, et avant la publication en début d’année prochaine de la norme révisée, SBTi revient sur sa communication antérieure, allant plutôt dans le sens des entreprises, pour dire que les crédits carbone ne sont pas une solution pour réduire leurs émissions.
En ce qui concerne le scope 3 en particulier STBI a bien conscience qu’il n’est pas cohérent d’utiliser ce dernier comme principale donnée de pilotage, de par la difficulté de le calculer précisément, mais aussi parce qu’il agrège – en tonnes de CO2 – des enjeux en réalité très différents pour les entreprises.
Un porte-parole de STBi résume les enjeux : « La première étape cruciale dans la mise en place d’une approche efficace de réduction des émissions pour les entreprises du monde entier consiste à fixer un objectif fondé sur la science. Il constitue une étoile polaire en matière de décarbonation, conforme à ce que la science nous dit nécessaire pour éviter une catastrophe climatique. Lorsque l’on cherche à atteindre cet objectif, la priorité est, et doit rester, une décarbonation profonde de la chaîne de valeur. Dans le cadre de notre révision de la norme Corporate Net-Zero du SBTi, nous étudions actuellement comment les certificats d’attributs environnementaux – y compris les crédits carbone – peuvent montrer que les entreprises respectent les exigences de nos normes, voire les dépassent. Aucun des scénarios envisagés n’implique de compensation. La version révisée de notre norme Corporate Net-Zero sera publiée pour consultation publique en janvier 2025 ; nous encourageons toute personne intéressée à participer à la consultation. »
De la découverte en laboratoire à l’innovation industrielle… On scrute pour vous chaque semaine les tendances de l’industrie.
Pourquoi les investisseurs étrangers hésitent à parier sur la France ?
La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 a marqué un changement dans les investissements étrangers en France. Face à un climat d’instabilité politique et d’incertitudes fiscales, près de 50 % des dirigeants internationaux ont reporté leurs projets, menaçant la dynamique de réindustrialisation du pays. Dissolution et désillusions quant à la réindustrialisation
Redonner au système immunitaire le pouvoir de vaincre le cancer
Avec sa technologie d’immunothérapie I-Ther, la start-up Blue Bees Therapeutics révolutionne la lutte contre les tumeurs en boostant le système immunitaire. Déjà prometteuse, cette approche pourrait, d’ici 2035, offrir un traitement complémentaire pour tous les types de cancer. Une immunothérapie pour cibler tous les types de cancers
La riposte française contre les deepfakes musicaux et vocaux
Une start-up française, Ircam Amplify, révolutionne la lutte contre les deepfakes avec une plateforme capable d’identifier, en moins de 30 secondes, les contenus audio générés par IA. Découvrez comment cet algorithme unique détecte 98 % des faux vocaux et musicaux pour protéger artistes, entreprises et particuliers. Détection éclair de deepfakes musicaux et vocaux
Les data centers, un levier clé pour la flexibilité électrique de demain
D’ici 2035, les data centers pourraient mobiliser jusqu’à 2,1 GW pour stabiliser le réseau électrique en pleine transition énergétique. Découvrez les leviers identifiés par le Gimélec pour transformer ces grands consommateurs en alliés incontournables de la flexibilité énergétique. Les data centers pourraient devenir les nouveaux alliés de la flexibilité énergétique
Un ordinateur quantique miniature, à un seul photon, pourrait rendre l’informatique quantique accessible à tous
Un ordinateur quantique pas plus gros qu’une boîte, fonctionnant avec un seul photon à température ambiante, pourrait bouleverser l’avenir des technologies quantiques. Une avancée technologique taïwanaise à suivre. Une boîte pour démocratiser l’informatique quantique
Une maison bâtie durablement, entièrement en matériaux composites
Réinterprétation d’habitats semi-troglodytes, une maison de 200 m² redéfinit les standards du bâtiment durable. Construite en matériaux composites, ses parois à énergie positive, modulables et réutilisables, sont plus légères que ses équivalents en béton. Une innovation qui mêle design, performance énergétique et écoconstruction. Une maison innovante mêlant design, performance énergétique et écoconstruction
Dès sa création en 2022 par Philippe Berthon, Nabil Gharios et Michel Leonetti, la start-up francilienne Blue Bees Therapeutics attire les investisseurs. En juillet de la même année, elle obtient l’appui de Bpifrance et est lauréate d’I Lab qui lui accorde 450 000 euros. Un mois plus tard, elle réussit à lever des fonds à hauteur de 218 000 euros.
Sa technologie baptisée I-Ther est classée en tant qu’immunothérapie. C’est-à-dire qu’au lieu de s’attaquer directement aux cellules tumorales, elle aide le système immunitaire à les reconnaître et à les détruire. Les immunothérapies sont apparues dans les années 2010 et ont été récompensées d’un prix Nobel en 2018. À l’heure actuelle, elles permettent d’augmenter le taux de survie pour 10 % à 40 % des malades.
Il existe plusieurs types d’immunothérapies. Celle de Blue Bees Therapeutics se base sur les « anti-immune checkpoint ». Ces checkpoints immunitaires (ICP) se déclenchent quand des protéines à la surface des cellules immunitaires (lymphocytes T) reconnaissent et se lient à des protéines partenaires sur d’autres cellules, comme certaines cellules tumorales. Un signal d’inhibition est alors transmis au lymphocyte T qui est immobilisé et ne peut pas lutter contre la tumeur. Tout l’objectif de l’injection d’anticorps ICP est de lever l’inhibition du lymphocyte T. Pour cela, la start-up cible les récepteurs à la surface des cellules dendritiques (cellules du système immunitaire) qui activent les lymphocytes T. La technologie développée par la start-up agit donc bien en amont des immunothérapies plus classiques qui touchent les lymphocytes T directement. Le traitement proposé par Blue Bees Therapeutics pourrait être complémentaire à ceux utilisés aujourd’hui. D’autant plus que tous les malades possèdent des cellules dendritiques. La technologie de Blue Bees Therapeutics pourrait ainsi fonctionner chez des patients qui ne réagissent pas aux immunothérapies classiques. Les cofondateurs ont bon espoir que leur solution pourrait agir sur tous les types de cancer.
Un médicament sur le marché en 2035
Aujourd’hui le candidat médicament de la start-up baptisé BB10X, en est encore au stade de test chez l’animal. Le but est de connaître la toxicité, la reproductibilité du médicament dans des modèles in vitro sur des cellules humaines et in vivo chez l’animal. Une fois que ces analyses préliminaires auront été menées à bien, probablement en 2025, le candidat médicament débutera sa phase de test préclinique réglementaire, pour une période d’environ deux ans. D’après le calendrier établi par Blue Bees Therapeutics, le BB10X entrera en phase I/II, étape qui permet d’étudier la tolérance au médicament et à définir la dose et la fréquence d’administration, en 2027. Les analyses sont réalisées chez 10 à 40 patients. En 2029, le médicament passera en phase II pendant deux à trois ans. Cela permettra de confirmer les tests cliniques préliminaires et/ou pharmacologiques du BB10X à la dose recommandée. Si les résultats ressortent positifs, les cofondateurs vendront l’entreprise à une grande entreprise pharmaceutique, car les phases III en oncologie sont trop onéreuses pour la start-up.
En effectuant plusieurs calculs en même temps grâce à leur état superposé, les qubits sont capables d’accélérer la résolution de problèmes complexes. Mais quelle plateforme ou brique de base matérielle sera la plus appropriée ? Les qubits supraconducteurs, les particules élémentaires ou les ions piégés ?
La photonique apparaît comme est une piste prometteuse pour la mise en œuvre des technologies quantiques en raison de son évolutivité et de sa robustesse. C’est ce que laisserait à penser l’annonce de chercheurs de l’Université nationale Tsing Hua (NTHU). Ils ont développé le plus petit ordinateur quantique du monde. Et en plus, il utilise un seul photon de haute dimension (une particule fondamentale pour les interactions électromagnétiques) pour exécuter des algorithmes quantiques. Une première mondiale.
Pas de refroidissement massif
De la taille d’une boîte, cette machine est capable d’effectuer la factorisation des nombres premiers selon l’approche en trois étapes de « l’algorithme de Shor ». Le responsable de cette équipe a précisé que les photons peuvent maintenir des états quantiques stables à température ambiante, ce qui permet de réduire les coûts énergétiques par rapport à d’autres types d’ordinateurs quantiques qui requièrent des températures plus froides. La petite « boîte » de l’équipe taïwanaise fonctionne donc sans nécessiter de systèmes de refroidissement massifs. Une avancée intéressante pour les applications commerciales.
Les photons présenteraient donc le profil du candidat idéal de la révolution quantique. Ils possèdent des propriétés quantiques intrinsèques telles que la polarisation, la fréquence et le mode spatial. Ces deux dernières propriétés peuvent coder des états quantiques de dimension supérieure (qudits).
Moins sensibles aux interférences, ils peuvent aussi maintenir des états quantiques sur de longues distances (à travers des fibres optiques notamment). La perte d’informations et les erreurs de calcul, provoquées par les vibrations ou les champs magnétiques, sont plus faibles. Enfin, ils peuvent être facilement manipulés à l’aide d’éléments optiques linéaires (séparateurs de faisceau, déphaseurs, etc.).
L’informatique quantique photonique pourrait donc être utilisée, à terme, dans un large éventail d’applications, notamment le développement de médicaments, l’optimisation logistique, la sécurité des données et l’intelligence artificielle.
C’est un événement qui marque une rupture des investissements étrangers en France. Selon le dernier baromètre publié par le cabinet EY (Ernst & Young), la dissolution de l’Assemblée nationale a fortement dégradé l’attractivité de la France. Sur la base d’une enquête réalisée auprès de 200 dirigeants internationaux répartis dans 25 pays dans le monde, près de la moitié d’entre eux ont répondu avoir réduit leurs investissements depuis juin 2024, sans pour autant avoir l’intention de les annuler. Interrogés sur le sort de ces investissements non réalisés cette année, 84 % indiquent avoir reporté leurs décisions à 2025, voire aux années suivantes.
Ces investisseurs étrangers expliquent leur décision en premier lieu par les incertitudes législatives et réglementaires qui ont suivi la dissolution, notamment sur les sujets liés à la fiscalité des entreprises, ainsi que par la difficulté à établir des business plans. Le manque de stabilité politique du pays est devenu un handicap, puisque seulement 14 % la mentionnent comme un atout. Le ralentissement des réformes, les préoccupations sur la situation budgétaire et économique du pays, ainsi que le coût du travail sont les autres motifs évoqués.
Si plus de 60 % de ces dirigeants étrangers prévoient d’investir en France pour développer des activités de R&D ou de services d’ici à 2027, ils sont moins de la moitié à émettre l’hypothèse d’implanter ou d’agrandir leurs usines dans les trois prochaines années. Et à peine 15 % envisagent de développer des centres de décision en France.
Le Royaume-Uni, principal concurrent de la France en Europe dans les investissements dans la tech ou les sièges sociaux, pourrait être le premier bénéficiaire de la dégradation de l’attractivité de la France. Dans un contexte où l’Europe est menacée par le protectionnisme américain et les ambitions chinoises, 42 % des dirigeants jugent que ce pays a gagné en attractivité depuis six mois par rapport à la France. En plein marasme économique et confrontée elle aussi à une crise politique, l’Allemagne est quant à elle évaluée plus négativement que la France.
Un possible frein de la dynamique de réindustrialisation de la France
Près des deux tiers des dirigeants portent un regard encourageant, mais vigilant sur le potentiel du Vieux Continent. Et après six mois d’incertitudes politiques, ils sont 57 % à penser que l’attractivité de la France pourrait néanmoins s’améliorer au cours des douze prochains mois. L’Hexagone séduit toujours pour ses compétences, son potentiel d’innovation, ses infrastructures et son cadre d’investissement. Même s’il est encore trop tôt pour évaluer l’impact réel sur les montants étrangers investis en 2024 dans le pays, il est fort à craindre que le climat actuel marque un frein de la dynamique de réindustrialisation.
Plusieurs conditions sont évoquées par les dirigeants internationaux pour qu’ils développent leurs investissements en France. En premier lieu, ils souhaitent que soit prolongé l’effort de compétitivité et de visibilité engagé par le pays depuis 10 ans, notamment sur le plan fiscal, via des baisses des impôts de production. La réduction des dépenses publiques est également un axe sur lequel l’État français doit agir, selon eux, tout en mettant en place une politique d’évaluation de chaque ligne budgétaire. Ils jugent aussi important d’accélérer les délais et de simplifier les procédures d’autorisation d’implantation de sites industriels et de mise à disposition du foncier.
Ces investisseurs internationaux encouragent la France à poursuivre la réindustrialisation du pays et à stimuler l’investissement, via notamment le plan France 2030. Ils jugent également que la stratégie de décarbonation et de transition écologique du pays doit être menée de manière plus claire. Selon eux, les processus de cofinancement doivent être simplifiés, en s’inspirant des principes de l’IRA (Inflation Reduction Act) des États-Unis. Enfin, ils voient d’un bon œil les recommandations du rapport Draghi qui prône une union des marchés des capitaux et la coopération industrielle, ainsi que l’harmonisation des politiques européennes.
C’est ce que l’on appelle la compensation carbone. Ainsi, une entreprise, pour réduire ses émissions, va transférer de l’argent vers une autre entreprise, ou une organisation, qui met en œuvre des projets de séquestration de CO2. En ce sens, l’entreprise ne réduit pas ses propres émissions, d’où le terme de compensation.
Il existe aujourd’hui deux types de compensation carbone : la compensation réglementaire, qui concerne certaines entreprises, dont les émissions sont plafonnées dans le cadre d’une réglementation internationale, comme le protocole de Kyoto. Au niveau européen, environ 11 000 sites industriels sont concernés, dans des secteurs d’activité tels que la production d’électricité et de chaleur, l’industrie lourde, les compagnies aériennes… Au niveau français, ce sont près de 1 000 sites qui sont impactés. Les entreprises concernées se voient attribuer des quotas d’émissions, et doivent racheter de nouveaux quotas, si jamais elles dépassent ceux qui leurs sont alloués.
Les autres entreprises, c’est-à-dire l’immense majorité, ont la possibilité de compenser leurs émissions sur la base du volontariat. C’est la compensation volontaire.
La compensation volontaire des émissions concerne des acteurs très variés : entreprises publiques, privées, particuliers, qui s’engagent à compenser leurs propres émissions de gaz à effet de serre pour des raisons qui leurs sont propres. De plus en plus, les grandes entreprises, voire les collectivités qui organisent des grands événements, comme les JO de Paris 2024 par exemple, se sentent investies d’une obligation morale et d’un sens de l’éthique, les poussant à participer à la protection de l’environnement, au-delà de la recherche de profits.
Dans les faits, ce sens de l’éthique glisse de plus en plus vers la stratégie marketing, ou green washing, car les entreprises ont bien compris que les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux problématiques environnementales. L’action de compensation est peu à peu devenue un argument de vente.
Le marché de la compensation carbone est un marché comme les autres, c’est-à-dire qu’il est soumis à la loi de l’offre et de la demande. La demande vient des organisations qui veulent compenser leurs émissions. En tout premier lieu, il convient pour ces dernières de faire un bilan carbone de leurs émissions, directes et indirectes. Une fois ce bilan effectué, l’entreprise va prendre, de manière volontaire, des engagements de réduction de ses émissions.
Depuis 2017, de nombreuses entreprises françaises s’engagent dans des démarches de réduction “basées sur la science” (Science Based Target Initiative, SBTI), qui ont pour vocation à amener les entreprises vers la neutralité carbone.
Côté offre, on trouve des développeurs de projets, qui vont proposer des activités de réduction ou d’absorption des GES, et qui vont mettre en œuvre leurs projets suivant des exigences méthodologiques, qui permettront d’attester la crédibilité effective des projets. Les différentes méthodes sont érigées selon des standards nationaux et internationaux, dont la certification française “Label bas carbone”, et les standards internationaux Verra et gold standard.
Ces standards vont déterminer le résultat du projet de réduction ou d’absorption, et accoucher de certificats de réduction, comme les fameux crédits carbone.
Au niveau mondial aujourd’hui, ce certificat, qui équivaut à une tonne de CO2, a une valeur qui oscille entre 5 et 25 euros. Côté français, le label bas carbone délivre des certificats qui sont à 30 euros par tonne.
Les entreprises peuvent-elles, comme on le dit aujourd’hui, acheter des crédits carbone sans rien changer à leurs pratiques, juste pour redorer leur image ?
Depuis quelques années, plusieurs scandales ont éclaté, liés à des constatations, sur le terrain, que certains développeurs de projets ne respectaient pas les exigences des standards. Ainsi, les articles du Guardian, le scandale C-Quest Capital, entre autres, ont mis en lumières des pratiques qui mettent en doute la crédibilité des projets de compensation.
Il est souvent difficile de savoir si les réductions sont additionnelles – c’est-à-dire si ces réductions n’auraient pas pu être mises en œuvre sans le projet de compensation – réelles et mesurables.
Les standard sont aussi accusés de laxisme, et de délivrer des certifications alors que les réductions d’émissions n’ont pas été effectives sur le terrain.
Tous ces scandales ont poussé les acteurs du marché carbone volontaire à prendre des initiatives pour redevenir crédible. Comme par exemple l’initiative pour l’intégration du marché carbone volontaire, qui a établi dix principes directeurs en mars 2023, censés améliorer la qualité et l’effectivité des réductions d’émissions sur le terrain.
En novembre 2022, la Commission européenne a fait des propositions de règlement visant à encadrer la certification des absorptions de carbone. Dans la même veine, la Commission a également, en mars 2023, fait une proposition de directive concernant les allégations écologiques des entreprises, visant à vérifier l’intégrité des compensations que ces dernières utilisent pour revendiquer la neutralité carbone.
Ces avancées sont nécessaires dans un contexte de porosité de plus en plus grande entre le marché réglementé et volontaire, mais aussi pour faire de la compensation carbone un outil efficace de réduction des émissions, ce qu’elle est, et pas un argument marketing.
Les études et rapports se multiplient sur le secteur numérique pour mieux déterminer son poids – tant positif que négatif – dans la transition énergétique. L’Ademe a montré récemment l’impact de la croissance de ce secteur en termes de consommation des métaux. L’Agence a également pointé le cas particulier des data centers dont le développement est actuellement très fort, en France comme ailleurs dans le monde. Dans cette étude, elle rappelle que les centres de données numériques ont des moyens pour réduire leur consommation d’énergie, d’eau et de fioul. Des actions d’efficacité énergétique sont listées comme solution, ainsi que le recours à des sources d’énergie renouvelables.
En filigrane apparaît aussi la possibilité pour les data centers de participer au marché de la flexibilité de la demande d’électricité. Le sujet est loin d’être anodin, comme le révèle un livre blanc publié début novembre par le Gimélec. Le groupement des entreprises de la filière électronumérique française a en effet évalué la progression possible des data centers installés en France et a estimé la part de la puissance de ce parc qui serait mobilisable pour répondre au besoin de flexibilité du réseau électrique. Le niveau moyen serait de 2,1 GW en 2035. Soit 70 % du niveau actuel d’effacement de l’industrie en France.
Un parc de data centers en très forte croissance
Ce potentiel est très significatif alors même que le Gimélec a pris des hypothèses très prudentes et qu’il n’a considéré que les data centers commerciaux d’hébergement (appelés colocation), ce qui exclut les centres des grands acteurs numériques (GAFAM) et les salles informatiques hébergées dans les entreprises et administrations (estimées à environ 5 000, mais souvent de petite taille). Examinons ces hypothèses.
Tout d’abord, la puissance informatique installée des data centers en colocation est en forte croissance : en moyenne +16 % par an en France depuis 2016. Pour l’avenir, le livre blanc prend deux options : une basse avec une croissance de 11 % par an, et une haute avec un taux de 20 %. Le parc, qui représentait 566 MW en 2022, passerait ainsi à une puissance entre 2,2 et 5,2 GW en 2035. Les consommations d’électricité induites seraient entre 18,5 et 43,6 TWh.
Ces nouvelles consommations participeraient de l’électrification du pays dans le cadre de la transition énergétique (fabrication d’hydrogène par électrolyse, process électriques dans l’industrie, pompes à chaleur dans le bâtiment, véhicules électriques). Elles mettent le gestionnaire de réseau RTE au défi d’arriver à les satisfaire avec un système de production qui sera de plus en plus alimenté par des énergies renouvelables variables. D’où un besoin de pouvoir activer des flexibilités de la demande via les batteries des véhicules électriques, le tertiaire et l’industrie… et donc a fortiori les data centers.
RTE envisage d’ailleurs déjà des offres de raccordement intelligentes où, pour minimiser ses coûts d’investissement dans le réseau, il répondra aux fortes demandes de raccordement des data centers, notamment en Île-de-France, en échange d’un engagement de leur part à effacer une partie de leur consommation jusqu’à 1 200 heures par an.
Utiliser groupes électrogènes et batteries
L’analyse du Gimélec fait ressortir plusieurs leviers de flexibilité dans les centres de données. On peut les regrouper en trois grandes catégories. La première est celle des groupes électrogènes de secours dont les data centers sont actuellement équipés pour pallier tout défaut d’approvisionnement d’électricité. Ces groupes ont généralement une autonomie de 72 heures et pourraient donc servir au réseau sur une large gamme temporelle. Si la question d’alimenter ces groupes électrogènes en biocarburants se résout (prix abordable, approvisionnement assuré) pour réduire leurs émissions de CO2, ils pourraient participer fortement à la flexibilité électrique, comme ils le faisaient d’ailleurs déjà avant 2014 pour les mécanismes d’effacement.
La deuxième catégorie est celle des batteries électrochimiques. Toujours pour assurer la continuité des services numériques, les data centers disposent déjà de systèmes d’alimentation sans interruption de ce type : ils pourraient servir de temps à autre au soutien du réseau en fréquence ou en tension sur des durées courtes (5 à 15 minutes). À ces systèmes existants pourraient être ajoutés d’autres stockages stationnaires par batteries de plus fortes puissances et pour de plus longues durées (deux à trois heures). Ils pourraient remplacer en partie les groupes électrogènes, mais aussi soutenir le réseau en injection ou en soutirage d’électricité, selon que le besoin de flexibilité exige une baisse ou une hausse de la consommation.
Signal économique à créer
La troisième catégorie est celle relative au fonctionnement même des serveurs informatiques. La chaleur qu’ils dégagent conduit à utiliser des systèmes de refroidissement pour maintenir une température optimale. Ils représentent généralement 40 % de la consommation d’électricité d’un data center ! Ces systèmes pourraient moduler leur production de frigories – et donc leur consommation électrique – soit en faisant varier la température de consigne dans les salles des serveurs, soit en utilisant l’inertie d’un stockage de glace en cas de systèmes à eau glacée. Il faut ajouter la possibilité pour les serveurs de décaler leur charge numérique soit dans le temps pour profiter d’un moment où le réseau sera moins tendu, soit dans une autre zone géographique plus propice.
Au regard de toutes ces possibilités de flexibilité, le Gimélec a déterminé que chacune d’entre elles pouvait être mobilisée entre 5 et 20 % de la puissance informatique installée (voir tableau ci-dessous).
Le livre blanc du Gimélec note que des aspects réglementaires seront à modifier pour permettre certaines flexibilités des data centers, et qu’un signal économique doit être créé entre les gestionnaires des centres en colocation et leurs clients pour les faciliter. L’intérêt financier peut venir d’une rémunération de la flexibilité ou bien d’une optimisation tarifaire des achats d’électricité. Mais, à n’en pas douter, les opérateurs de ces centres de données ont d’abord une révolution intellectuelle à opérer : aujourd’hui très demandeurs de services au réseau électrique (capacités de raccordement, stabilité du réseau), ils vont devoir se transformer en fournisseurs de services de flexibilité.
Capacité de flexibilité électrique des data centers en colocation en France en 2035 (en MW). Source : Gimélec
Option basse du parc (2198 MW)
Option haute du parc (5182 MW)
Syst. d’alimentation sans interruption (support en tension)
110
220
259
518
Syst. d’alimentation sans interruption (support en fréquence)
L’intelligence artificielle est devenue l’assistant préféré des escrocs et de certains États. Cette technologie permet en effet de créer facilement des contenus audio et/ou vidéo destinés à arnaquer des personnes ou à manipuler le grand public.
Ce fléau s’est amplifié depuis la « démocratisation » de l’intelligence artificielle ou GenAI. Les cybercriminels ont recours à la manipulation d’images afin de se faire passer pour des célébrités et piéger leurs victimes. En 2022, dans une fausse vidéo, Elon Musk, le patron de Tesla et de Space X notamment, promettait des rendements élevés dans le cadre d’un plan d’investissement dans les cryptomonnaies.
En 2020, des cybercriminels ont réussi à tromper un directeur de banque aux Émirats arabes unis et à lui voler 35 millions de dollars en utilisant un deepfake vocal.
Les maisons de disques sont aussi touchées par ces arnaques. En avril 2023, un titre des Canadiens Drake et The Weeknd est mis en ligne. Très rapidement, les vidéos créées avec cette bande-son ont généré plus de dix millions de vues sur YouTube et TikTok. Jackpot pour les auteurs de ce… fake.
Moins de 30 secondes pour identifier une fausse chanson
Pour endiguer ce tsunami de faux contenus, l’IA est également appelée à la rescousse. Créé en 2019, la start-up française Ircam Amplify a mis au point AI Music Detector et AI Speech Detector. Ces solutions sont capables d’identifier les contenus vocaux musicaux ou vocaux générés par intelligence artificielle (IA) avec un taux de précision de 98 %.
« Une machine IA va créer des marqueurs qui ne sont pas audibles pour l’être humain, mais grâce à notre expertise du son, nous pouvons les identifier, car chaque moteur a sa propre signature numérique », déclare Frédéric Amadu, Chief Technology Officer d’Ircam Amplify.
« Nous avons développé deux solutions assez similaires, mais qui répondent à des besoins marchés très différents. La première est destinée à repérer de la musique générée par de l’IA. Nous avons utilisé cette même approche pour la seconde solution qui se focalise sur la voix. Pour ce second outil, nous avons travaillé avec des partenaires et des prospects qui nous ont parlé des moteurs d’IA qui les inquiétaient le plus », explique Romain Simiand, directeur produit chez Ircam Amplify.
Leur plateforme, accessible en mode SaaS (Software as a service) c’est-à-dire depuis un navigateur web, met à disposition toutes les briques technologiques développées par l’IRCAM. Elle s’appuie notamment sur dix moteurs d’IA, cinq grand public et cinq open source, ce qui permet de couvrir la majorité des fakes diffusés en ligne.
« Si un deepfake s’appuie sur un moteur d’IA que nous n’avons pas retenu, notre algorithme ne pourra pas le détecter. Mais il va nous alerter en le considérant comme suspect. Dans ce cas, nous réaliserons une analyse plus minutieuse », précise Romain Simiand. Si des dizaines de fakes sont générés régulièrement par un même moteur d’IA, Ircam Amplify pourra l’intégrer à sa plateforme sous un mois.
AI Music Detector n’est pas capable de détecter en temps réel des fakes, mais il peut vérifier l’authenticité d’une chanson en écoutant juste 10 à 30 secondes. « Nous ne pouvons pas détecter en temps réel pour des raisons de priorités et de ressources. Notre objectif est d’intégrer notre solution dans des entreprises qui sont spécialisées dans le temps réel et qui servent notamment des call centers », explique Romain Simiand.
La start-up est en train de finaliser un accord avec l’une des principales majors à propos de la musique générée par l’IA. Sa solution est également auditée par un important cabinet spécialisé dans la cybersécurité pour repérer les arnaques aux faux virements reposant sur des deepfakes.
Nous avons demandé à Gorka Gonzalez Garcia, responsable Activité Retail chez Bpifrance, de nous en dire plus.
Gorka Gonzalez Garcia, responsable Activité Retail chez Bpifrance (Bpifrance)
Le fonds Bpifrance Entreprises 32 est un Fonds Commun de Placement à Risques (FCPR) agréé par l’Autorité des Marchés Financiers.
Il est géré par la société de gestion Bpifrance Investissement et permet aux particuliers d’investir de manière indirecte dans 1 200 sociétés non cotées en bourse : PME, ETI et startups françaises et européennes. C’est un fonds au rendement non garanti, qui présente un risque de perte du capital investi.
Techniques de l’ingénieur : Quand on pense investissement, on pense généralement « fortune ». Investir dans l’économie réelle, est-ce vraiment accessible ?
Gorka Gonzalez Garcia : L’objectif de la loi industrie verte est clair : « faire de la France la première nation européenne de l’industrie verte ». Mais pour y arriver, elle devra mobiliser au moins 67 milliards d’euros d’ici 2030, c’est pourquoi la loi favorise désormais le fléchage des financements privés vers la transition écologique.
Depuis la loi PACTE de 2019 et encore plus depuis la loi industrie verte de 2024, le private equity (capital-investissement) prend donc une ampleur inédite en France, puisque la loi favorise désormais les actifs non cotés dans la gestion pilotée de l’assurance vie et des PER.
Il faut savoir qu’avant 2019, seuls les particuliers les plus fortunés pouvaient investir, à partir de 100 000 €. Cette époque est désormais révolue ! Le fonds BE3 en est la preuve, puisqu’il est possible d’investir à partir de 500 €.
Ce fonds BE3 a été lancé le 19 septembre. C’est un fonds ouvert à tous les Français qui ont envie d’investir, pour la première fois ou non, dans le capital-investissement. Nous sommes à la fois concepteur, producteur, distributeur et gestionnaire de ce fonds BE3. Par ailleurs, nous avons choisi le partenaire Tylia Invest pour assister les particuliers dans leur souscription en ligne et répondre à leurs éventuelles questions.
Bien entendu, nous ne sommes pas les seuls à proposer des fonds en private equity, mais ce fonds est assez original, de par son accessibilité et sa distribution ouverte et multicanale. Tout a été fait pour que la procédure soit simple et rapide, puisque nous avons créé une plateforme dédiée (fonds-entreprises.bpifrance.fr), qui permet d’investir en à peine 15 minutes, à partir de 500 €.
Pourquoi avoir créé ce nouveau fonds BE3 ? Répond-il à un besoin particulier ?
À l’origine nous avons lancé ce fonds pour deux raisons.
D’une part, le capital-investissement est une classe d’actifs intéressante qui a généré des rendements élevés durant les 15 dernières années. Jusqu’à présent, les particuliers n’y avaient pas accès, ce qui était injuste !
D’autre part, l’enjeu est de capter l’épargne des Français afin de financer l’économie réelle. Car Bpifrance est la banque des entrepreneurs : notre rôle est de soutenir l’économie française, que ce soit via du financement (crédits, subventions…) ou de l’investissement en capital dans les entreprises, ou bien en faisant de l’accompagnement et du conseil. Bpifrance garantit aussi les crédits des entreprises et les soutient dans leurs projets à l’export.
L’économie du pays a plus que jamais besoin de financements, pour investir dans sa transition écologique, pour innover, pour rester compétitive.
Il faut savoir que la totalité de l’épargne des Français avoisine les 6 000 milliards d’euros et que le taux d’épargne en France n’a jamais été aussi élevé, de l’ordre de 18 % à fin 20232. Il paraissait donc logique de développer des outils permettant de flécher une partie de cette épargne vers l’économie réelle.
Actuellement, Bpifrance a investi 54 milliards d’actifs principalement dans le non-coté. Mais il est indispensable de drainer davantage d’épargne vers nos PME, comme le mentionne récemment le rapport « Draghi » !
Nous cherchons donc des catalyseurs efficaces, simples et qui parlent aux Français.
De manière concrète, comment investir dans l’économie réelle avec ce fonds ?
Avec BE3, le particulier investit de manière directe dans un portefeuille de 76 fonds de capital-investissement, et de manière indirecte dans un panel de 1 200 sociétés non cotées, dont 25 % d’industries et environ 70 % d’entreprises françaises.
C’est une classe d’actifs à long terme, qui permet de financer les entreprises de manière concrète. Néanmoins il faut être patient, car le particulier ne peut pas décider quand récupérer son investissement. Par ailleurs, il faut aussi garder en tête que le rendement n’est pas garanti et qu’il y a un risque de perdre tout ou partie du capital investi.
Les Français sont-ils intéressés par ces fonds en capital-investissement ?
Ça parle de plus en plus au grand public. Tous les ans, nous sortons un baromètre du capital-investissement, en partenariat avec France Invest (l’association des professionnels du Capital-Investissement), mandaté à OpinionWay et réalisé auprès d’un panel de 2 000 Français qui détiennent un patrimoine financier de plus de 10 000 €, ce qui représente 70 % de la population.
Selon le baromètre 2024, le principal atout du private equity est son aspect concret, qui tranche avec le caractère abstrait d’autres investissements financiers.
Comment convaincre les Français d’investir dans l’économie réelle dans le climat de morosité actuel ?
Il faut arrêter de dire aux Français que ça ne va pas bien ! Nous entrons dans un cycle de pessimisme qui n’a pas lieu d’être. Or, l’optimisme est l’une de nos valeurs chez Bpifrance.
Et il suffit de regarder les chiffres : sommes-nous en récession ? Non ! Nous n’avons pas une croissance à deux chiffres, mais la France possède de nombreux atouts pour réussir.
Nous avons amorcé notre réindustrialisation il y a quelques années et certains secteurs industriels sont très dynamiques. Néanmoins, pour que cette industrie reste innovante, se développe et soit compétitive, il faudra y injecter du capital dans les prochaines années.
Par ailleurs, on parle d’investissements à long terme, sur dix ans environ, ce qui représente deux cycles économiques. Le particulier qui investit maintenant, alors que la conjoncture n’est pas très bonne, ne décidera pas quand sortir du fonds, c’est le gérant qui le fera. Et ce gérant est un professionnel, qui a tout intérêt à sortir ses fonds lorsque la période est la plus favorable. En dix ans il peut se passer beaucoup de choses !
C’est donc une philosophie d’investissement qui est beaucoup plus durable, car moins soumise aux effets moutonniers et à la volatilité des marchés cotés.
Des chercheurs de l’Université de Sao Paulo au Brésil ont développé une nouvelle méthode pour récupérer les micro- et nanoparticules de plastique dans l’eau. Ces minuscules morceaux de plastiques sont issus de la décomposition des déchets plastiques dans la nature, de l’usure des pneus et des vêtements, mais également de fuites industrielles. Les microplastiques sont très durs à traiter, il n’existe pas encore de solutions à grande échelle pour les éliminer dans les eaux. Présents dans les sols, l’air et l’eau, ils infiltrent toutes les espèces végétales et animales, y compris l’humain. Pourtant leurs effets sur la santé sont encore mal connus. Les nanoplastiques, mille fois plus petits que les microplastiques, peuvent notamment franchir les barrières biologiques naturelles et atteindre les organes vitaux. De récentes études en ont retrouvé dans le cerveau humain.
Le procédé développé par les chercheurs brésiliens utilise des nanoparticules magnétiques dont un groupement a été remplacé par de la polydopamine. Ce polymère est dérivé de la dopamine, un neurotransmetteur présent dans le corps humain. Les particules développées par les chercheurs ont la particularité de se lier aux micros et nanoplastiques de PET (polyéthylène téréphtalate), le plastique qui compose les bouteilles et les vêtements en polyester. Une fois combinées, les particules peuvent être récupérées grâce à l’application d’un champ électrique. « La polydopamine est une substance qui imite les propriétés adhésives des moules, qui s’accrochent très fermement à de nombreuses surfaces. Elle adhère fermement aux fragments de plastique dans l’eau et permet aux nanoparticules magnétiques de les capturer. Ce matériau indésirable peut ensuite être retiré de l’eau avec un aimant », a expliqué Henrique Eisi Toma, professeur à l’institut de Chimie de l’Université de Sao Paulo dans un communiqué.
Dégrader le PET
En parallèle, les chercheurs espèrent arriver à dégrader les plastiques à l’aide d’enzymes, comme le fait déjà Carbios en France. Cette entreprise, dont la première usine est en cours de construction en Meurthe-et-Moselle, dépolymérise le PET et le polyester de manière enzymatique.
Les scientifiques brésiliens souhaitent utiliser la lipase pour désagréger le PET en ses composants de bases, l’acide téréphtalique et l’éthylène glycol. « La lipase décompose le PET en ces formes monomères initiales, qui peuvent être réutilisées pour synthétiser de nouveaux PET. Notre étude s’est concentrée sur le PET, mais d’autres chercheurs peuvent inclure des enzymes spécifiques pour traiter d’autres plastiques, comme le polyamide ou le nylon, par exemple », conclut Henrique Eisi Toma.
Après trois ans de travaux, l’entreprise Caerostris a inauguré fin juin 2024, aux Bas Closeaux de Vouvray (Indre-et-Loire), la première maison en matériaux composites. Une consécration pour son président, Laurent Destouches. Pour lui, l’aventure commence en 1998 quand il rencontre les dirigeants de Top Glass. L’industrie italienne, fondée en 1963 à Milan, est spécialisée dans la production par pultrusion (ou extrusion par tirage) de profilés en matériaux composites. Puis en 2018, Laurent Destouches crée en association avec l’entrepreneur Étienne Flesch la filiale de construction de Solutions Composites appelée Caerostris. Un nom loin d’être anodin puisqu’il fait référence à l’arachnide de Madagascar Caerostris darwini, connue pour tisser les toiles les plus résistantes au monde – dix fois plus que le Kevlar !
Un nouveau matériau composite à l’honneur à Vouvray
Caerostris est à l’origine d’un nouveau matériau : Wall E +. Les parois qu’il compose sont les premiers murs à énergie positive (d’où la présence du « E + »). 240 mm d’isolant en fibre de bois sont contenus dans un profilé composite rectangulaire, d’une hauteur pouvant atteindre 16 mètres avec des dimensions de 24*60 cm. La faible épaisseur nécessaire à l’isolation thermique permet un gain de surface habitable d’environ 10 cm. Pesant 37 kg/m2 seulement, les parois en Wall E + sont près de dix fois plus légères que le béton. L’idée est donc d’être en capacité de construire des bâtiments modulaires, facilement démontables et réutilisables. La construction des parois se limite à deux phases. Une première consiste à produire, via une machine de pultrusion, des profilés composites bruts en fibres de verre et en résine qui sont stockés en usine en différents formats. La deuxième phase s’appuie sur la commande du client, avec la découpe des profils et l’ajout des accessoires – identification, connectique, isolation.
La maison à trois étages des Bas Closeaux de Vouvray. Crédits : Espaces Atypiques.
À Vouvray, sur un ancien coteau de vignoble situé en haut de la commune, l’entreprise a cherché à réinterpréter l’architecture de la grange et des habitats semi-troglodytes locaux. Dans les terres argilo-calcaires, la température peut ainsi rester à 14°C tout au long de l’année. En lieu et place du bois et de la pierre habituels, Caerostris a réalisé les planchers, les murs ainsi que la couverture avec son matériau Wall E +. Seule une mince couche de laine de roche de 40 mm est venue envelopper l’ensemble de l’édifice pour l’isolation phonique. Finalement, la maison présente une surface habitable totale de 200 m2, répartie sur trois niveaux. Au sous-sol, un garage peut accueillir deux véhicules et se voir adjoindre un espace cinéma, jeux, buanderie ou même une cave. Le rez-de-chaussée contient une pièce de vie (salon, salle à manger, espace cuisine), une suite parentale (avec salle de bain et sanitaires) ainsi qu’un patio. Enfin, l’étage accueille trois chambres, une salle d’eau et des sanitaires. Le tout est chauffé à l’aide d’une pompe à chaleur géothermique via le plancher chauffant et les ventilo-convecteurs.
De la découverte en laboratoire à l’innovation industrielle… On scrute pour vous chaque semaine les tendances de l’industrie.
Automobile européenne : l’épreuve des amendes climatiques en 2025
Dès janvier 2025, le seuil d’émission de CO2 des véhicules neufs sera drastiquement réduit en Europe, exposant les constructeurs à des amendes records s’ils ne s’adaptent pas. Entre baisse des ventes électriques et pressions réglementaires, l’industrie est à un tournant crucial. Pourquoi les constructeurs européens redoutent une lourde facture dès 2025
Neutralité technologique : équilibre entre innovation et controverses
Souvent citée comme un principe clé des politiques publiques européennes, la neutralité technologique promet une concurrence équitable entre solutions innovantes. Mais ce concept, entre opportunités pour l’innovation et critiques sur son application, divise décideurs et experts. Un levier pour l’innovation ou un frein aux priorités climatiques
Le numérique face au défi des métaux critiques : vers une explosion de la consommation ?
Une étude de l’Ademe met en lumière les enjeux cruciaux de la dépendance du numérique à des métaux critiques. Avec une consommation prévue en forte hausse d’ici 2050, la sobriété numérique et la souveraineté sur ces ressources deviennent des priorités stratégiques. Le numérique dévore-t-il trop de métaux ?
Les mégabassines ne font pas l’unanimité auprès des agriculteurs
Entre augmentation du prix de l’eau et inégalités d’accès, le débat sur les mégabassines divise aussi dans les rangs des exploitants agricoles. Notamment, un projet situé dans les Deux-Sèvres soulève des mécontentements. La ressource eau, source de désaccords agricoles
Nouveaux matériaux à bord : le Vendée Globe 2024 en quête de durabilité et d’innovation
Lin, chanvre, carbone recyclé… Les Imoca participants au Vendée Globe intègrent des matériaux innovants et durables, Des alternatives au tout carbone sont en test pour redéfinir la voile de compétition. Une avancée technologique et écologique applaudie par les skippers. Des matériaux innovants autour du globe
Evidemment, si on demande aux amoureux de voile quelle est l’innovation qui les a le plus marqué ces dix dernières années, l’immense majorité d’entre eux répondront les foils. Ces appendices situés de part et d’autre de la coque des voiliers, ont pour rôle de soulever ce dernier, afin de limiter sa traînée hydrodynamique et ainsi augmenter sa vitesse. Les foils sont constitués de fibres de carbone entremêlées en 3D, une technique dérivée de l’aéronautique. Si au début, l’usage des foils s’est accompagné de nombreuses casses, les modèles actuels résistent mieux aux contraintes de navigation. Cependant, ils restent très fragiles en cas de collisions avec des animaux marins ou des OFNI (objets flottants non identifiés).
En ce qui concerne les autres parties des Imoca, la coque est généralement conçue en matériau composite carbone, obtenu par moulage de couches de fibres de carbone pré-imprégnées de polyester.
La quille du bateau est composée de métal pour l’alourdir. Elle est reliée à la coque du bateau par ce que l’on appelle un voile de quille, qui mesure plusieurs mètres, et qui est constitué d’acier ou de fer forgé en lame de couteau ou en tôle ployée ou soudée. Cette partie très importante pour la solidité de la jonction entre la quille et la coque peut également être fabriquée en fibres de carbone.
Enfin, les voiles du bateau – qui peuvent être au nombre de huit sur chaque Imoca – sont tissées en fibres artificielles – le plus souvent du kevlar ou du PET, voire même des fibres de carbone – et sont créées sur mesure pour chaque bateau, en fonction de la modélisation des forces appliquées sur le mât.
Des incitations à l’utilisation de matériaux recyclés
Pour cette édition 2024 du Vendée Globe, les skippers ont milité – et ont voté – pour mettre en place une règle leur permettant d’expérimenter sur leurs Imoca de nouveaux matériaux. Le but, sortir du tout carbone et donner la possibilité aux constructeurs de tester des fibres alternatives : lin, chanvre, ou encore carbone recyclé, mais aussi des bio-résines ou des thermoplastiques.
Même si la quantité de pièces en matériaux innovants embarquées sur les bateaux est aujourd’hui limitée en poids – 100 kg -, la direction de course déduit ce dernier du poids total de la jauge de l’Imoca, pour ajouter un côté incitatif, même si l’avantage concurrentiel reste faible.
L’innovation est aussi présente au niveau des voiles. 14 des 40 bateaux au départ cette année sont équipés de voiles ultra-légères fabriquées par une entreprise rochelaise. Incidence Sails, c’est son nom, a développé des voiles extrêmement légères grâce à une technologie de membrane filamentaire, en composite souple, constituée de différentes fibres : de l’aramide, du dyneema, mais aussi des résines. Le tout pour un poids de 80 kg, contre 150 auparavant.
Aucun accord à l’issue de la semaine de négociation. Les plus de 170 pays réunis à Busan en Corée du Sud n’ont pas réussi à s’entendre sur l’instauration d’un traité mondial de lutte contre la pollution plastique. La cinquième et celle qui devait être la dernière session de la réunion du Comité intergouvernemental de négociation (CIN), officiellement lancé en 2022 afin de formaliser un texte final, a été ajournée. À l’origine, l’objectif était de parvenir à un document juridiquement contraignant pour les pays signataires et basé selon une approche globale couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques, y compris en milieu marin.
Dimanche 1er décembre, plusieurs pays ont demandé l’arrêt des pourparlers et la convocation d’une nouvelle réunion à une date ultérieure. Selon Luis Vayas Valdivieso, le diplomate équatorien qui préside les négociations : « Plusieurs questions critiques nous empêchent toujours de parvenir à un accord général. Ces questions non résolues demeurent épineuses, et plus de temps sera nécessaire pour les résoudre de façon efficace ».
Au cours d’une conférence de presse, Olga Givernet, la ministre française de l’Énergie, a déclaré : « Nous sommes inquiets de l’obstruction continue de [certains] pays ». Emmenés par la Russie, l’Arabie Saoudite et l’Iran, plusieurs États pétroliers bloquent en effet les négociations et s’opposent à l’adoption de mesures de contrôle de la production de plastique. Ils considèrent que la pollution ne commence que lorsque le plastique est devenu un déchet et c’est donc en améliorant la collecte et le recyclage qu’il sera possible, selon eux, d’y mettre fin.
Les États-Unis et la Chine dans le camp des indécis
En face, un groupe très majoritaire, porté par un collectif appelé HACEPP (High Ambition Coalition to End Plastic Pollution), réunit une soixantaine de pays parmi lesquels la France et l’UE. Cette « Coalition des hautes ambitions » plaide au contraire pour la rédaction d’un texte ambitieux, qui couvre chaque étape du cycle de vie des plastiques allant de la production, la consommation et le recyclage ou le traitement des déchets. Surtout, elle souhaite que le texte final contienne une réduction chiffrée de la production de plastique. À l’issue de cette session, ils seraient même une centaine de pays à soutenir cette position, sauf que les États-Unis et la Chine, les deux premiers producteurs de plastique dans le monde, restent dans le camp des indécis.
Les discussions devraient reprendre l’année prochaine sur la base du projet de texte en cours de rédaction, mais aucun nouveau cadre formel n’est à ce stade annoncé. « La réunion de cette semaine a permis de réaliser des progrès importants vers la conclusion de l’accord que le monde exige, a souligné Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Grâce aux discussions de Busan, les négociateurs sont parvenus à un plus grand degré de convergence sur la structure et les éléments du texte du traité, ainsi qu’à une meilleure compréhension des positions des pays et des défis communs. Mais il est clair que des divergences persistent dans des domaines critiques et qu’il faut plus de temps pour les résoudre. »
Entre 2000 et 2020, la production mondiale de matières plastiques a quasiment doublé, passant de 234 à 435 millions de tonnes. Selon un travail de modélisation réalisé par l’OCDE, elle pourrait augmenter de 70 % à l’horizon 2040 et atteindre 736 millions de tonnes, si rien n’est fait. L’organisation considère que : « des solutions partielles ne résoudront pas le problème de la pollution plastique. En mettant exclusivement l’accent sur la gestion des déchets, sans réduire la production et la demande, on ne réduirait les rejets de plastique dans l’environnement que de 55 % d’ici à 2040 par rapport au scénario de référence. »
Un acronyme fait en ce moment trembler les constructeurs automobiles européens : CAFE. Il signifie Corporate Average Fuel Economy et désigne une norme européenne portant sur les émissions de CO2 des véhicules. Elle n’est pas nouvelle, puisqu’elle est effective depuis 2020, sauf qu’à partir du 1er janvier 2025, le seuil moyen autorisé d’émission des véhicules neufs vendus va diminuer de 15 %. Si jusqu’ici, les constructeurs sont parvenus à globalement le respecter, ils craignent de ne plus y parvenir et de devoir payer de lourdes amendes.
Alors qu’actuellement, les véhicules neufs mis en circulation ne doivent pas émettre plus de 95 grammes de CO2 en moyenne par kilomètre, ce seuil va être abaissé à 81 grammes dès le début de l’année prochaine. En cas de dépassement, les constructeurs automobiles européens sont redevables d’une amende de 95 euros par gramme excédentaire pour chaque véhicule vendu. Et selon une estimation du cabinet Alix Partners, ils pourraient se voir infliger des amendes d’environ 50 milliards d’euros sur la période 2025 à 2029.
Face à ce risque, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) appelle à ce que l’article 122.1 – l’équivalent d’un « 49,3 » au niveau de l’Union européenne – soit utilisé afin que ce nouvel objectif de réduction des émissions de CO2 soit reporté en urgence, selon une information révélée par Le Monde. Antoine Armand, le ministre français de l’Économie, a également demandé ouvertement un décalage de la mise en œuvre des sanctions. Pour l’heure, la Commission européenne rejette cette demande, estimant qu’elle est prématurée et qu’un bilan sera effectué à la fin de l’année 2025, au moment de calculer quelles sont les émissions effectives des voitures vendues.
Il faut savoir que les véhicules thermiques les plus propres rejettent plus de 100 grammes de CO2 au km, tandis que les meilleurs moteurs hybrides descendent à environ 85 grammes par km. Pour respecter le nouveau seuil, cela signifie que les constructeurs vont devoir augmenter la part des véhicules électriques dans leurs ventes. Or, ils sont confrontés à une érosion des ventes de leurs voitures dans cette gamme, qui s’explique en partie par une baisse des aides publiques à l’achat. La part de marché des véhicules électriques représente actuellement environ 12 % du total des ventes en Europe, contre plus de 13 % l’année dernière.
Stellantis opposé à un assouplissement de la norme CAFE
Pour éviter les pénalités financières, les constructeurs européens ont la possibilité de racheter des crédits d’émissions auprès de constructeurs moins polluants, notamment auprès de Tesla, mais au risque de subventionner leurs concurrents non européens. Ils pourraient aussi être tentés de réduire leur production de véhicules thermiques, sauf que cela pourrait entraîner la fermeture d’usines en Europe, avec à la clé des destructions massives d’emplois.
Tous les constructeurs européens ne sont pas égaux face au durcissement de la norme CAFE. Si Renault et le groupe Volkswagen semblent particulièrement exposés, Stellantis a fait savoir que l’entreprise s’opposait à l’assouplissement de cette réglementation européenne. Carlos Tavares, le patron du groupe, a déclaré qu’il « serait surréaliste de changer maintenant les règles », ajoutant que « tout le monde connaît les règles depuis longtemps, tout le monde a eu le temps de se préparer, et donc maintenant on fait la course ».
Est-ce à dire que Stellantis sera capable de respecter le nouveau seuil l’année prochaine ? Le constructeur pourra en tout cas compter sur le renforcement en cours de sa gamme électrique, ainsi que la sortie prochaine de 30 modèles hybrides sous 15 marques différentes. L’augmentation des ventes de voitures propres est sans aucun doute la voie à suivre pour éviter les sanctions. Stéphane Séjourné, le prétendant au poste de commissaire européen à la stratégie industrielle, a déclaré qu’il avait un « plan pour pouvoir accélérer la demande de véhicules, notamment sur les véhicules électriques dans les prochains mois. Il faudra le mettre en place assez rapidement », prévient-il.
Découvrez comment vous faire une place dans ces domaines grâce aux conseils pratiques de Vincent Dickson, étudiant au Centre de recherche RAPSODEE de l’IMT Mines Albi.
L’interview a été réalisée en anglais, et traduite en français.
Techniques de l’Ingénieur : Quel est votre parcours professionnel et quelles sont les études que vous avez suivies ?
Vincent Dickson : J’ai étudié la chimie industrielle dans le cadre de ma licence à l’université du Bénin au Nigeria, avec des bases en chimie verte, alimentaire, analytique, environnementale et organique, en mettant l’accent sur les processus durables et la réduction de l’impact sur l’environnement.
Cette formation m’a naturellement conduit vers le domaine des technologies vertes. Désireux d’approfondir mes connaissances et d’acquérir des bases solides en matière de principes d’ingénierie et de leurs applications pratiques au développement durable, j’ai suivi un master en « ingénierie des systèmes complexes » axé sur la valorisation des déchets et de la biomasse en énergie et en matériaux utiles à l’IMT Mines Albi, en France.
Tout au long de mes études, je me suis concentré sur les domaines liés à la transition vers la durabilité. Actuellement, je suis dans la dernière année de ma thèse de doctorat sous contrat CIFRE, axée sur la récupération et l’optimisation de métaux précieux tels que le nickel et le cobalt par des techniques hydrométallurgiques pour Prony Resources, en Nouvelle-Calédonie.
Le marché des véhicules électriques joue un rôle clé dans l’adoption des énergies propres et a connu une croissance substantielle ces dernières années. Ces métaux (Ni, Co, etc.) sont cruciaux car ils forment l’électrode cathodique, qui influence grandement les performances, la durabilité, le coût et l’autonomie des véhicules électriques.
Sur le plan professionnel, j’ai travaillé sur des projets visant à récupérer des éléments de valeur à partir de déchets (stage) et de minerais (thèse de doctorat), en mettant l’accent sur l’optimisation des processus et la réduction de l’impact sur l’environnement.
Comment se prépare-t-on à tant d’années d’études ?
La préparation à un long parcours universitaire en ingénierie, en particulier dans le domaine des technologies vertes, exige un mélange de passion, de résilience et de planification stratégique.
Le domaine des technologies vertes est en constante évolution et il est passionnant de voir comment chaque étape des études s’appuie sur la précédente. Pour moi, l’une des principales motivations a été de comprendre l’impact de mes études sur le monde réel et de reconnaître que les compétences que je développais pouvaient contribuer à résoudre les problèmes environnementaux critiques auxquels l’humanité est confrontée.
J’ai abordé chaque étape avec enthousiasme et en me fixant des objectifs précis. En outre, le fait de m’entourer de mentors et de pairs partageant les mêmes idées m’a aidé à rester motivé.
Les relations professionnelles et les stages m’ont ouvert les portes à des projets et des collaborations passionnants. Ces relations sont à la fois source d’inspiration et d’orientation, ce qui est essentiel pour maintenir l’élan tout au long d’un long parcours universitaire.
Qu’est-ce qui vous a motivé à poursuivre une carrière dans les technologies et l’ingénierie vertes ?
J’ai toujours été passionné par la recherche de solutions aux défis environnementaux, et j’ai vu dans les technologies vertes un moyen d’avoir un impact tangible.
Ce domaine combine la chimie, l’ingénierie, l’innovation et la durabilité, ce qui me permet de travailler sur des projets qui favorisent des processus de production plus propres.
Je pense que les technologies vertes offrent une voie pour résoudre des problèmes cruciaux tels que l’épuisement des ressources et le changement climatique, et je m’engage à mettre mes compétences au service de solutions durables.
Comment les étudiants peuvent-ils se préparer à une carrière dans les technologies vertes tout en poursuivant leurs études ?
Les étudiants peuvent se préparer en suivant des cours sur les sciences de l’environnement, les énergies renouvelables et les pratiques d’ingénierie durable.
En outre, la participation à des projets, des stages et l’adhésion à des organisations étudiantes axées sur le développement durable peuvent permettre d’acquérir une expérience pratique précieuse.
Apprendre de nouveaux outils logiciels et se tenir au courant des dernières technologies vertes offre également un avantage concurrentiel.
Participer à des stages, comme celui que j’ai effectué à Vale, en Nouvelle-Calédonie (stage d’été), et à KIT-IKFT, à Karlsruhe, en Allemagne, m’a aidé à comprendre les applications et les défis du monde réel, ce qui a facilité ma transition vers un rôle professionnel.
Quelles sont les compétences essentielles pour les étudiants qui veulent entrer dans le domaine de l’ingénierie verte ?
Parmi les compétences essentielles, citons une base solide en matière de principes d’ingénierie, des capacités de résolution de problèmes et une compréhension des technologies d’énergie renouvelable.
Les compétences en analyse de données, en gestion de projet et en connaissance des réglementations environnementales sont également importantes en fonction de la voie choisie pour aborder les questions de durabilité à l’avenir.
En outre, les compétences non techniques telles que la communication, le travail d’équipe et l’adaptabilité sont cruciales, car les projets de développement durable impliquent souvent des équipes pluridisciplinaires.
L’apprentissage d’outils tels que MATLAB, Python, Aspen, Power BI, etc., en fonction du domaine, est également bénéfique pour l’analyse des données et des techniques.
Pourriez-vous nous faire part de certains des défis auxquels vous avez été confronté au début de votre parcours dans les technologies vertes, et de la manière dont vous les avez surmontés ?
L’un des principaux défis auxquels j’ai été confronté est que j’ai obtenu ma licence en chimie, ce qui m’a limité dans l’utilisation de la plupart des logiciels utilisés aujourd’hui dans mon travail.
J’ai appris certains de ces outils logiciels en cours de route. Je pense que les compétences non techniques sont plus importantes, car les compétences techniques peuvent être acquises à tout moment. De même, j’ai manqué d’expérience pratique en ingénierie jusqu’à l’obtention de mon master.
Pour y remédier, j’ai activement recherché des stages et participé à des projets liés à l’ingénierie verte, en appliquant mes connaissances en chimie pour mieux comprendre comment les connaissances théoriques sont appliquées dans des scénarios du monde réel.
La mise en réseau avec des professionnels et des mentors dans ce domaine s’est également avérée inestimable pour recevoir des conseils et découvrir de nouvelles opportunités.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent entrer dans le secteur des technologies vertes ?
Mon conseil serait de rester curieux et ouvert à l’apprentissage. Le domaine des technologies vertes évolue rapidement, il est donc essentiel de se tenir au courant des dernières innovations.
Cherchez des mentors, assistez à des conférences et à des séminaires, visitez des industries travaillant dans le domaine d’étude que vous envisagez lors d’excursions et participez à des communautés en ligne où vous pouvez apprendre et échanger des idées.
N’ayez pas peur de vous lancer dans des projets ambitieux, car ils vous permettront de développer vos compétences en matière de résolution de problèmes et votre confiance en vous.
Ne sous-estimez jamais la valeur de l’apprentissage continu : chaque expérience, qu’elle soit une réussite ou un défi, contribue à votre croissance.
Comment voyez-vous l’avenir des technologies vertes et leur impact sur les carrières d’ingénieur ?
L’avenir des technologies vertes est prometteur, avec une demande croissante de solutions durables dans diverses industries.
Cette tendance créera probablement de nouvelles opportunités de carrière, des systèmes d’énergie renouvelable aux matériaux écologiques en passant par les technologies de gestion des déchets.
J’en ai été le témoin direct grâce à des projets sur la valorisation de la biomasse, le traitement des déchets et la récupération des métaux, qui visent à transformer les déchets en ressources précieuses.
Les fonctions d’ingénierie deviendront de plus en plus interdisciplinaires, exigeant des professionnels qu’ils allient expertise technique et compréhension des politiques environnementales et des stratégies d’entreprise.
Pouvez-vous nous faire part de projets en cours ou passés qui mettent en évidence le rôle de l’ingénierie verte dans la résolution des problèmes environnementaux ?
L’un de mes principaux projets consistait à optimiser l’extraction du nickel chez Prony Resources afin d’améliorer l’efficacité tout en minimisant l’impact sur l’environnement.
En élaborant des plans d’expérience et en effectuant des analyses statistiques, j’ai identifié les conditions optimales d’extraction du nickel avec une incrustation minimale, ce qui a permis de soutenir un processus industriel efficace et de réduire la consommation d’énergie, qui augmente souvent en raison des fréquents redémarrages de l’équipement après le détartrage.
Un autre projet, réalisé pendant mon stage à l’Institut de technologie de Karlsruhe (Institut de recherche et de technologie sur la catalyse) en Allemagne, portait sur le traitement des eaux usées issues de la pyrolyse de la biomasse.
Alphadio Olory-Togbe, président du CSI France, et Véronique Gricourt, sa déléguée générale, ont bien voulu répondre à nos questions.
Alphadio Olory-Togbe, président du CSI France (crédit : CSI France)
Le CSI France[1] est un collectif dont la vision est de promouvoir et faire évoluer l’écosystème start-up en faveur des projets industriels circulaires par le biais d’actions concrètes.
Il compte plus de 300 membres, répartis dans toutes les régions de France.
Le CSI France est ouvert aussi bien aux startups qu’aux PME et aux ETI. Il y a deux conditions pour adhérer : être industriel et porter un projet d’innovation.
Véronique Gricourt, déléguée générale du CSI France (crédit : CSI France)
Alphadio Olory-Togbe en est l’administrateur. Il est aussi co-fondateur de deux entreprises : Industry Capital[2], un acteur du leasing qui aide les entreprises à accélérer leur transition vers des outils de production plus efficaces, productifs et décarbonés, et Impekkable, une start-up qui veut transformer une partie du marché de la lessive en marché de service, appuyé par un outil industriel largement robotisé.
Véronique Gricourt est déléguée générale du CSI France et administratrice indépendante. Ils sont tous les deux membres du collectif Les Influstriels.
Techniques de l’ingénieur : Vous faites tous les deux partie du collectif « les Influstriels ». Quel est votre rôle ?
Alphadio Olory-Togbe : Les Influstriels ont pour vocation de porter un plaidoyer, de faire évoluer l’image de l’industrie, notamment auprès des jeunes. Les membres du collectif mettent ainsi leur talent et leur réseau pour faire rayonner l’industrie.
La mission du CSI France est différente, puisque son objectif est d’aider les entrepreneurs à réussir. En tant que membres du CSI France, nous apportons donc une expérience proche du terrain.
Au CSI France, notre philosophie est la suivante : la France a tout intérêt à se réindustrialiser. Mais il y a une différence entre le vouloir et y parvenir, car on voit que dans ce domaine, les initiatives centralisées ne fonctionnent pas bien.
Cela fait une dizaine d’années qu’on parle de réindustrialisation. On a déployé des plans comme France 2030, la BPI a déployé toute une batterie de sujets, mais on se rend compte que le résultat n’est pas celui espéré. D’une manière générale, les grandes entreprises trustent 80 % des fonds qui sont alloués à l’innovation. Or, on se rend bien compte – l’exemple encore récent de SpaceX le montre – que la vraie disruption vient des entreprises nouvelles, startups, PME, ETI, pour une raison totalement logique de jeunesse et de souplesse ! Les grandes entreprises de demain sont les petites d’aujourd’hui, c’est le cycle de la vie. Encore faut-il leur permettre d’éclore.
Il n’est pas un crime d’être une « vieille entreprise », mais c’est un devoir d’aider les jeunes entreprises à émerger parce qu’elles sont les seules à être capables de porter une innovation de rupture. Habilement mené, cela peut même être une façon intelligente de poursuivre la vie du capital investi dans une entreprise établie en le recyclant d’une certaine façon dans une entreprise nouvelle. Il faut casser la vision négative selon laquelle les nouvelles entreprises, porteuses de rupture, doivent détruire les anciennes pour exister et que ces dernières sont donc légitimement menacées et doivent se défendre en bloquant l’innovation. C’est le chemin le plus court vers la domination de secteurs entiers de l’économie par des nations étrangères dans lesquelles les entrepreneurs émergents et établis ont su collaborer intelligemment. Le digital en est le meilleur exemple : nous avons été rayés de la carte malgré la puissance de nos champions historiques.
Malheureusement, en France, nous ne parvenons pas à accompagner nos entrepreneurs et nos porteurs d’innovation vers la maturité. Les innovations qu’ils portent finissent par se retrouver ailleurs, aux États-Unis notamment, par la loi du marché, ou plus pernicieusement, en Chine.
Paradoxalement, en France nous sommes très bons sur la partie technique, car nous avons de très bonnes écoles et de bons ingénieurs avec de bonnes idées. Mais lorsqu’il s’agit de transformer ces idées en succès industriels et commerciaux, c’est beaucoup plus compliqué. Or, avoir de bonnes idées ne sert à rien, si elles ne sont pas concrétisées !
Le CSI France a-t-il des solutions pour aider les startups à passer le cap de l’industrialisation ?
A O-T : Avec l’aide de nos partenaires, principalement des collectivités, mais aussi venant du privé, nous avons mis au point des accélérateurs.
Avec ces accélérateurs, le CSI France veut aider les collectivités à accompagner les startups notamment, mais aussi les PME et ETI porteuses d’innovations. La participation d’acteurs privés et notamment de grands groupes est néanmoins essentielle, car ces groupes ont aussi besoin des startups. Pourquoi ? Parce qu’elles ont cette agilité qu’ils ne peuvent plus avoir et une capacité d’innovation importante.
Véronique Gricourt : Il y a les grands groupes, et aussi d’autres partenaires privés, des acteurs de l’industrialisation qui accompagnent les startups et autres PMI à innover et surtout à industrialiser. Et ces acteurs-là, aujourd’hui, sont contraints de jouer dans l’ombre, de faire leurs propres appels à projets, parce qu’ils n’ont pas cette démarche de rentrer dans des projets en tant que partenaires.
Pourtant, ces acteurs privés de terrain sont extrêmement utiles ! Nous les intégrons donc dans nos accélérateurs, car ils apportent un contenu concret et qualitatif, nécessaire à l’accompagnement des entreprises.
Comment fonctionnent ces programmes d’accélération ?
VG : Nous avons une colonne vertébrale qui contient les briques essentielles au développement et à la sécurisation du développement d’une entreprise industrielle innovante.
On a des briques marketing, développement commercial, aspect juridique, propriété intellectuelle, industrialisation, passage à l’échelle et une grosse brique autour de la circularité.
Chaque programme d’accélération dure un peu plus de 6 mois et inclut un événement tous les 15 jours. Cet événement est soit un workshop autour des thématiques évoquées tout à l’heure, soit un learning expedition, c’est-à-dire qu’on emmène les participants visiter une entreprise inspirante. Pour la prochaine édition, qui a une forte coloration circularité, nous irons chez Renault Trucks, MagREEEsource (recyclage et refabrication d’aimants permanents) et chez Blackstar[3] (reconditionnement de pneus).
Les entreprises seront accompagnées pendant toute la durée du programme par un mentor circularité, un mentor d’industrialisation et un mentor en développement commercial.
En fin de parcours, nous aidons les collectivités à sélectionner les dossiers des entreprises qu’elles voudront accompagner plus loin en les portant vers les programmes d’aides locaux et nationaux.
Tout ceci est donc très concret !
Le CSI France a lancé le premier « Accélérateur Amorçage Industriel Circulaire ». C’est donc une thématique qui vous tient à cœur !
A O-T : La circularité est trop souvent vue comme un « nice to have », alors qu’elle devrait être une priorité. Car ce n’est pas le patriotisme économique qui va amener la réindustrialisation, mais l’avantage compétitif que nous aurons en proposant des productions réalisées dans de meilleures conditions en termes de qualité, RSE et de valeurs.
S’engager uniquement sur la bataille du prix serait donc une énorme erreur ! Mais pour mettre en place une économie circulaire, nous avons besoin d’une réglementation qui le permette, c’est-à-dire qu’on ne peut pas exiger de nos entreprises des efforts qu’on n’exige pas des produits qui arrivent à nos frontières.
En attendant que ce cadre réglementaire soit mis en place, je conseille aux entreprises de tout faire pour devenir des « champions de la circularité » afin de prendre de l’avance.
VG : Parmi nos accélérateurs, nous avons en effet cette brique très importante qui englobe la circularité, l’écoconception, le passage à l’échelle et la mesure de la circularité.
À Lyon, par exemple, cela fait deux ans que nous déployons l’Accélérateur amorçage industriel circulaire (AAIC)[4], un programme soutenu par la Métropole de Lyon et qui sera renouvelé en février 2025. Nous souhaiterions maintenant étendre ce dispositif à chaque région.
Ce déploiement en région, comment l’envisagez-vous ?
VG : Le CSI France s’appuie sur les acteurs existants, qu’ils soient publics ou privés, voire des réseaux institutionnels de type FrenchTech ou incubateurs, pour déployer ses accélérateurs en région.
Prenons l’exemple de l’AICC organisé à Lyon. Pour le déployer dans les Pays De la Loire ou en Île-De-France, nous discutons d’abord avec les acteurs de ces régions. Cela nous permet alors d’identifier les besoins spécifiques au territoire.
On sait qu’en Pays de la Loire, il y aura certainement une forte coloration « industrialisation ». L’idée est de s’adapter aux réalités de chaque région en s’appuyant sur ce qui existe déjà.
Le CSI France est donc un moyen efficace de faire rayonner l’industrie locale !
A O-T : C’est un véritable accompagnement, qui permet aux entreprises locales d’envisager les solutions nécessaires (financement, etc.) pour passer de la phase d’innovation à l’industrialisation et à la commercialisation.
Notre objectif est que les entreprises sélectionnées par l’acteur local de développement et qui sortent de ces accélérateurs aient toutes les cartes en main pour avancer et devenir les champions de la réindustrialisation que nous espérons.
C’est un principe souvent évoqué lors de la mise en œuvre des politiques publiques, notamment à Bruxelles. La neutralité technologique est un concept clé qui stipule que les règles ou les lois ne devraient pas favoriser ou discriminer une technologie spécifique, mais plutôt être suffisamment générales pour permettre à différentes solutions techniques de coexister et de concourir sur un pied d’égalité. Lors de son discours devant le Parlement européen en juillet dernier, Ursula von der Leyen, a encore une fois fait référence à ce principe lorsqu’elle a rappelé que les objectifs du Pacte vert (Green Deal) devaient être atteints en « respectant la neutralité technologique ».
Dans son rapport sur l’avenir de la compétitivité européenne, Mario Draghi a lui aussi fait référence à ce concept lorsqu’il a évoqué le sujet de la neutralité carbone à l’horizon 2050. L’ancien président de la Banque centrale européenne a rappelé l’objectif « d’accélérer la décarbonation de manière rentable, en tirant parti de toutes les solutions disponibles par le biais d’une approche technologiquement neutre. Cette approche devrait inclure les énergies renouvelables, le nucléaire, l’hydrogène, la bioénergie et le captage, l’utilisation et le stockage du carbone, et devrait être soutenue par une mobilisation massive de financements publics et privés. » En clair, les États membres ont la possibilité de choisir la technologie la plus adaptée en fonction de leurs contraintes locales et économiques.
Ce libre-arbitre de chaque pays a l’avantage d’encourager l’innovation et le développement de nouvelles solutions en évitant de privilégier une technologie particulière. Il incite à une concurrence équitable et réduit le risque de lobbying ou d’avantages compétitifs injustifiés pour certaines industries, tout comme celui de distorsions de marché. En garantissant un cadre réglementaire qui ne crée pas d’avantages artificiels pour certaines technologies au détriment d’autres, les solutions les plus efficaces économiquement sont censées s’imposer en fonction de leurs mérites. Les technologies évoluant rapidement, des lois non spécifiques offrent également une certaine flexibilité et permettent une adaptation à un large éventail de technologies présentes et futures.
Les véhicules neufs roulant aux carburants synthétiques autorisés après 2035 ?
Mais cette neutralité technologique n’est pas sans critique. Ce principe peut apporter une certaine confusion et un manque de clarté dans la mise en œuvre de certaines politiques publiques. En témoignent, les déclarations d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, à propos de la décision de l’UE d’interdire la vente de voitures thermiques neuves en 2035. Dans le but d’apaiser les tensions autour de cette échéance, elle a déclaré qu’elle maintiendra cet objectif, mais que « nous devons avoir une approche neutre du point de vue technologique, dans laquelle les carburants de synthèse auront un rôle à jouer. » Les ventes de véhicules neufs roulant aux carburants synthétiques neutres en carbone devraient donc toujours être autorisées après 2035. Il est vrai que la réglementation européenne n’a jamais mentionné l’interdiction des moteurs thermiques, mais impose aux véhicules neufs de ne plus émettre de CO2.
D’autres critiques peuvent être énoncées sur le principe de neutralité technologique. Notamment celle de rendre difficile l’accélération du développement de solutions prometteuses, avec le risque que des technologies déjà bien établies peuvent continuer à dominer un marché si les barrières à l’entrée sont trop élevées pour les nouvelles. Ce principe peut être complexe à appliquer dans certains cas, lorsque des besoins spécifiques peuvent nécessiter de privilégier certaines technologies, pour répondre par exemple à l’urgence climatique.
Le site d’information Euractiv a récemment publié une enquête sur la manière dont la neutralité technologique était perçue par plusieurs acteurs présents à Bruxelles. Les avis sont partagés quant à son utilité. Si pour certains, ce concept est très utile pour l’élaboration des politiques de l’UE, « la plupart des participants à l’enquête s’accordent cependant à dire que la neutralité technologique nécessite des exceptions pratiques. » Des critiques plus vives sont aussi formulées ; certaines personnes reprochent à ce concept de permettre aux décideurs « d’éviter de fixer des priorités », ou qu’il devient « de plus en plus synonyme de technologies qui protègent le statu quo des combustibles fossiles ».
À travers cet article, découvrons les étapes clés, les défis, et les avantages de partir étudier et travailler au Canada.
Techniques de l’Ingénieur : Peux-tu te présenter et parler de ton parcours universitaire et professionnel ?
Maël : Je m’appelle Maël. Je suis originaire de France, où j’ai d’abord suivi une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE), ce qui m’a permis de développer de solides bases académiques et une méthode de travail rigoureuse.
Par la suite, j’ai poursuivi des études d’histoire à la Sorbonne, une expérience enrichissante qui m’a donné un goût prononcé pour la recherche et l’analyse.
Mon intérêt pour les relations internationales m’a ensuite menée au Québec, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où j’ai obtenu un bachelor et une maîtrise (master) dans ce domaine.
Ce parcours universitaire m’a permis de combiner mes connaissances en science politique avec des compétences en analyse géopolitique, tout en m’ouvrant à une perspective internationale enrichissante.
À la fin de mes études, j’ai eu l’opportunité de travailler en tant que coordonnatrice d’un axe de recherche en santé publique, où j’avais comme mandat d’organiser des évènements scientifiques et afin de diffuser la recherche produite par les personnes expertes membres de l’axe de recherche.
Je participais également à l’élaboration de concours de financement pour soutenir les personnes chercheuses.
En parallèle, j’ai obtenu un rôle similaire à l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) de l’UQAM, dont l’objectif est de soutenir et diffuser les initiatives de recherche de ses unités constituantes.
Dans ce poste, j’ai eu l’opportunité d’interagir avec beaucoup d’acteurs et d’actrices de la scène internationale montréalaise.
J’ai ensuite été recrutée par la Faculté de science politique et de droit de l’UQAM en tant que responsable des dossiers internationaux, du recrutement et des communications.
Quel est ton rôle actuel à l’UQAM, et quelles sont tes principales missions ?
En tant que responsable des dossiers internationaux, du recrutement et des communications, je m’occupe du rayonnement de la Faculté à l’international en créant des partenariats et en développant des stratégies de recrutement de personnes étudiantes.
Je m’occupe également du recrutement au niveau local et des communications, soit des médias sociaux de la Faculté.
Quelles ont été tes motivations à exercer ce métier ?
Étant une personne diplômée de la Faculté de science politique et de droit de l’UQAM, je connais bien le fonctionnement de l’UQAM et je trouve intéressant de s’investir pour faire rayonner la Faculté.
Le milieu de la coopération universitaire est riche et dynamique et j’aime le fait de pouvoir mettre en avant les forces de notre faculté et de l’UQAM auprès d’une audience diversifiée, qu’il s’agisse d’étudiants potentiels, de partenaires étrangers ou du grand public.
En outre, l’aspect recrutement et communications m’a attirée, car j’aime contribuer à faire rayonner nos programmes et nos recherches.
Peux-tu décrire une semaine type pour toi ?
Mes semaines peuvent varier en fonction des projets sur lesquels je travaille. Parfois, il s’agit de semaines « classiques » où je suis dans mon bureau à effectuer des suivis sur des projets en cours et faire du travail de fond.
Parfois, je fais également de la représentation à l’étranger ou auprès de partenaires locaux. J’interagis aussi avec la communauté étudiante lors d’évènements organisés par la Faculté.
Y a-t-il une expérience qui t’a particulièrement marquée et que tu recommanderais aux étudiants ?
Les expériences qui m’ont le plus marquée sont mes implications dans le milieu de la recherche académique, au travers de mes postes de coordonnatrice dans un axe de recherche et dans un Institut.
Cela m’a permis d’avoir un regard privilégié sur le monde de la recherche et sur l’importance de celle-ci dans la prise de décision politique. Je recommande vivement aux personnes étudiantes de s’impliquer dans de telles institutions lors de leurs études.
Au Québec, les personnes étudiantes ont accès à énormément d’opportunités de ce type au cours de leur parcours académique, ce qui est un atout non négligeable.
Et si la contestation ne venait pas d’associations de défense de l’environnement, mais de l’intérieur ? Un article du Parisien révèle que la Coop de l’eau[1] des Deux-Sèvres, la structure porteuse d’un projet de création de 16 mégabassines, doit faire face à des impayés d’agriculteurs. Une quinzaine d’entre eux sont concernés, mais ils étaient une trentaine à l’origine, avant que certains ne régularisent leur situation.
Au total, près de 200 exploitations sont adhérentes à la Coop de l’eau des Deux-Sèvres, mais toutes n’auront pas accès à l’une des réserves de substitution construites. L’adhésion est en effet obligatoire, dès lors qu’une exploitation est située sur le bassin de la Sèvre Niortaise Marais Poitevin (SNMP) et prélève plus de 1 000 m3 d’eau dans le milieu naturel (rivière, nappes phréatiques). Certains de ces agriculteurs « non-raccordés » ne souhaitent donc pas financer des ouvrages auxquels ils n’auront pas accès, tandis que d’autres ne souhaitent pas financer un projet qu’ils ne soutiennent pas.
Au final, une centaine d’exploitations ne devraient pas être raccordées à ces bassines, notamment des maraîchers, dont quelques-uns ont fait part de leur mécontentement. Dans une réponse apportée à un article de La Nouvelle République, Thierry Boudaud, le président de la Coop de l’eau, a expliqué que ces réserves fonctionnent selon le principe de substitution qui consiste à « diminuer la pression sur la ressource en période estivale. Les études et simulations ont montré que le pourcentage de volume substitué dans les réserves permettait la consommation du volume restant dans le milieu en période estivale. Les exploitations restantes dans le milieu sont donc aussi sécurisées ».
Il ajoute que « la Coopérative de l’eau repose sur un principe de coopération et de mutualisation, à savoir que chaque m3 d’eau participe au financement du projet (de réserves de substitution). Ainsi, le plus gros consommateur paie la plus importante contribution. À l’inverse, le plus petit consommateur paie la plus petite ».
Un prix de l’eau en très forte augmentation pour l’irrigation
Parmi les mauvais payeurs, plusieurs agriculteurs négligent volontairement de s’acquitter de leur facture pour exprimer leur colère face à l’augmentation du prix de l’eau. Selon Reporterre, le prix du m3 d’eau prélevée dans les ruisseaux ou dans les nappes a augmenté de 7 à 11 centimes entre 2019 et 2024. Quant à celui pompé dans la réserve de Mauzé-sur-le-Mignon, il atteint 34 centimes. La forte augmentation du prix s’explique par la flambée du coût de construction des ouvrages ces dernières années. En cause, l’augmentation du prix des matériaux, des taux d’emprunt plus élevés, ainsi que la nécessité de mettre en place des dispositifs de sécurité pour faire face aux actes malveillants, avec par exemple l’installation de caméras infrarouges pour surveiller les sites.
Des difficultés de trésorerie sont également à l’origine du non-paiement des factures d’eau de certains agriculteurs. C’est le cas notamment de céréaliers, dont les besoins en irrigation se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers de m3. Face à ces factures impayées, des adhérents à la Coop de l’eau se sont vus appliquer des pénalités sur le montant à régler ou ont reçu des lettres d’huissiers. Les sanctions peuvent aller plus loin puisque des restrictions de prélèvement d’eau ont été mises en place par l’EPMP (Établissement public du Marais poitevin), l’organisme en charge de la répartition des volumes d’irrigations. Ces restrictions peuvent aller de 30 à 90 % sur la campagne d’irrigation couvrant la période d’avril 2024 à mars 2025.
Malgré ces difficultés, la Coopérative de l’eau des Deux-Sèvres poursuit son projet initié en 2011. À ce jour, seule la réserve à Mauzé-sur-le-Mignon est en service ; celle de Sainte-Soline devrait être opérationnelle pour la campagne d’irrigation de 2025. Un temps suspendu, le chantier de la bassine à Priaires a repris, tandis que la construction de la quatrième réserve de substitution à Épannes a débuté en début d’année.
La sobriété numérique a été mise en avant depuis quelques années. À défaut d’avoir conquis le cœur du grand public, elle occupe l’esprit des experts. Une de leurs priorités est de déterminer les conséquences des usages digitaux de plus en plus croissants, afin de trouver des pistes de modération de leur développement. Une récente étude de l’Ademe propose justement une nouvelle analyse des impacts du secteur numérique en termes de consommation de métaux. Elle se concentre sur 20 équipements, des terminaux fixes et mobiles (ordinateurs, tablettes, smartphones, écrans, consoles de jeux, objets connectés, etc.) aux serveurs et moyens de stockage des data centers, en passant par les équipements de réseaux.
Une cartographie de 25 métaux utilisés dans ces équipements a été faite, chacun ayant une ou des caractéristiques qui le rendent quasiment incontournable pour certaines applications : il en va ainsi du dysprosium, du néodyme et du praséodyme pour la fabrication d’aimants ; du tantale pour la fabrication de condensateurs ; de l’yttrium, de l’indium et du germanium pour les écrans et l’optoélectronique ; de l’étain et de l’argent comme matériaux de soudure.
Une chaîne de valeur très dépendante de l’Asie
Tous ces métaux ne sont pas utilisés dans les mêmes volumes annuellement, certains comme l’aluminium et le cuivre atteignant presque la centaine de kilotonnes à l’échelle mondiale, tandis que la majorité est sous la barre des 1 000 tonnes par an. D’autres sont sous les 20 tonnes par an (palladium, antimoine, yttrium, platine, magnésium, dysprosium). Mais dans cette catégorie des faibles tonnages, on trouve des métaux qui représentent une forte part (plus de 75 %) de la demande mondiale : le germanium et le gallium pour leurs propriétés semi-conductrices, et l’indium pour les écrans. Certes consommés en faible quantité, ces trois métaux sont essentiels pour le secteur numérique et toute perturbation de leur production est un risque en termes d’approvisionnement.
Il est à noter que, pour tous les autres métaux étudiés, la part du numérique par rapport à la demande mondiale est de moins de 40 %. Pour huit d’entre eux, elle est même sous les 10 %, soit parce qu’ils sont importants pour d’autres industries, soit parce que leur prix freine leur usage (cas des métaux précieux).
Bien qu’il y ait un manque d’informations, l’étude analyse ensuite la chaîne de valeur de ces métaux, avec deux constats majeurs. Le premier est que sur cette chaîne, de l’extraction des matières premières à la fin de vie des équipements numériques, les impacts sociaux et environnementaux sont nombreux. L’extraction en particulier cumule les risques sociaux (non-respect des règles de santé-sécurité dans les mines, relations avec les communautés locales, corruption) et, en y ajoutant le transport et le raffinage des ressources, ainsi que la phase de fabrication des équipements numériques, il y a de forts impacts sur la consommation d’énergie et d’eau, sur la pollution des ressources aquatiques et sur la production de déchets.
Le second constat est que la chaîne de valeur est fortement concentrée dans certains pays, notamment en Asie et plus particulièrement en Chine. Cette dernière est le premier producteur de 15 des métaux étudiés et a le quasi-monopole sur le dysprosium, le gallium, le germanium, le néodyme, le praséodyme, le tungstène et l’yttrium. De son côté, l’Afrique du Sud domine l’extraction de platine et de ruthénium, la République démocratique du Congo celle du cobalt et de tantale, l’Australie celle du lithium, l’Indonésie celle du nickel, la Russie celle du palladium, le Chili celle de cuivre et le Mexique celle d’argent.
Cette hyper centralisation dans certains pays hors d’Europe de l’extraction minière – et d’ailleurs aussi de l’affinage des métaux et de la production des équipements numériques – pose des enjeux d’approvisionnement. Plus globalement, la criticité des 25 métaux est mise en avant par l’étude, en particulier pour l’étain, l’argent, le ruthénium, le nickel et l’antimoine. Mais elle relève que les acteurs économiques du numérique en France y sont pour l’instant peu sensibles.
Sans sobriété, la quantité de métaux va exploser
À l’horizon 2050, les quatre scénarios Transition(s) de l’Ademe dessinent différentes possibilités d’évolution du secteur numérique selon que les curseurs de conception écoresponsable, de mutualisation des équipements, de priorisation des services utiles, de normes de sobriété, etc. seront poussés plus ou moins loin. Mais dans un scénario tendanciel (hors intelligence artificielle), l’étude montre que le taux de croissance des équipements entre 2020 et 2050 augmente fortement : entre +13 % et +50 % pour les téléviseurs, smartphones, ordinateurs portables, tablettes, consoles de jeux, etc. ; entre +100 % et +200 % pour le stockage, les serveurs et les stations de base ; une moyenne de +1 360 % pour les appareils connectés (IoT) et de +1 890 % pour les mondes virtuels.
Même si une évaluation à 2050 dans le domaine du digital doit être prise avec des pincettes, la tendance montre que la hausse du nombre d’équipements va conduire à une hausse de la consommation des métaux, malgré des progrès d’efficacité ou de substitution. Les taux de croissance restent modérés pour certains métaux (en dessous de +50 % pour le magnésium, le praséodyme, le cobalt, le palladium, l’étain, le néodyme) et très élevés pour d’autres : entre +200 % et +400 % pour l’antimoine, l’or, le germanium et le manganèse ; +682 % pour l’yttrium et près de +3 000 % pour le gallium ! Tous les autres sont compris dans la fourchette allant de +50 % à +200 %.
Ainsi, l’étude conclut que les choix sociétaux et technologiques actuels vont déterminer les consommations futures de métaux pour le secteur numérique. En plus de rendre les chaînes de valeur plus transparentes et de mettre en place une stratégie de souveraineté sur les métaux, elle recommande ainsi « d’amorcer une réflexion sur la mise en place de bonnes pratiques de sobriété ». Une formule bien prudente alors, qu’à l’évidence des enjeux présentés, il devient urgent d’envisager dès maintenant le renoncement à certaines solutions technologiques comme la 5G ou le déploiement massif de l’internet des objets.
Découvrons à travers le témoignage de Léna, les astuces et conseils pratiques pour mener à bien un double cursus à distance.
Techniques de l’Ingénieur : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et évoquer votre cursus actuel s’il vous plaît ?
Léna : Je m’appelle Léna, je suis en Master 2 de Philosophie mention Culture et Santé à l’université Jean Moulin Lyon 3, en parallèle je suis étudiante en 2e année de Licence de Psychologie à l’université Rennes 2 en distanciel.
Qu’est-ce qui vous a motivée à suivre à la fois un M2 en philosophie à Lyon et une L2 en psychologie en distanciel avec l’Université de Rennes ?
Après la validation de mon premier M2 en Histoire de la philosophie, j’ai voulu continuer la recherche en philosophie, du côté du soin, c’est ce qui m’a motivée à m’inscrire dans un nouveau M2 plus spécialisé, en philosophie de la santé.
En parallèle, j’ai voulu reprendre des études en psychologie pour diversifier mes compétences et élargir mon champ de recherches. Comme il est impossible d’avoir des équivalences dans cette discipline, j’ai dû reprendre en L1.
Je ne voulais pas retourner en amphi suivre des CM et des TD avec un emploi du temps très chargé comme l’est celui de la Licence, d’autant plus que les cours sont très généraux au début des études.
J’ai donc cherché des universités publiques qui dispensent un enseignement à distance, après avoir regardé sur leur portail les informations disponibles, j’ai choisi Rennes car c’est l’université qui me paraissait la plus claire quant aux ressources mises en ligne.
Quels sont les avantages de ce cursus ?
L’enseignement à distance permet de gérer son temps comme on le souhaite, en ce qui me concerne, je travaille aussi à côté de mes deux cursus dans une bibliothèque universitaire, il me fallait choisir mes horaires, et non pas jongler entre des créneaux obligatoires en sacrifiant des cours auxquels je n’aurais pas pu assister.
De plus, les cours sont intégralement (sauf exception) chargés sur une plateforme en ligne en début de semestre, cela permet ensuite d’organiser son apprentissage à son rythme.
Organisation et Gestion du Temps
Comment vous organisez-vous au quotidien pour gérer la charge de travail de ces deux cursus ?
J’essaye de faire un point en début de semestre sur l’ensemble de ce que j’ai à faire, en notant les échéances importantes. En général, j’ai besoin d’avoir une vision d’ensemble pour pouvoir situer la charge de travail, réfléchir aux matières où je vais devoir investir beaucoup de temps etc.
Ensuite, chaque semaine, j’essaye de me fixer des objectifs de travail, souvent ils sont trop ambitieux mais ça me donne une ligne directrice.
Bien sûr, en fin de semestre c’est toujours un peu la course malgré tout, il y a certaines choses que l’on ne peut pas anticiper (par exemple passer plus de temps que prévu sur un rendu, ou sur un cours, mais aussi des aléas du quotidien).
Avez-vous des astuces ou des outils spécifiques pour bien gérer votre emploi du temps entre le présentiel et le distanciel ?
Un calendrier, personnellement je n’arrive pas à tenir les agendas physiques, je finis toujours par ne plus m’en servir, je note mes horaires de travail à la bibliothèque, mes cours, les échéances (rendus ou tests) dans un calendrier électronique.
J’utilise aussi l’application Notion pour faire la liste de mes cours et avoir rapidement une vision d’ensemble sur ce qu’il me reste à faire.
Je n’ai pas vraiment d’astuce, mais il me semble important de saisir ce qui marche pour soi, ce dont on a besoin pour se sentir au clair avec la charge de travail etc.
Expérience du Distanciel
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez avec les cours à distance, et comment parvenez vous à les surmonter ?
Je dirais que le distanciel ferme la porte à la possibilité de suivre un cours dont on ressort « marqué » !
Certains cours nécessitent un enseignement en présentiel, pour mieux s’approprier les contenus, et parce que la transmission par l’enseignant a du sens, pour rendre un cours vivant notamment : que ce soit pour expliciter un point, reformuler, donner un exemple, glisser un trait d’esprit etc.
C’est autant de petites choses qui font qu’un cours peut être mieux compris, et plaire davantage. L’enseignement à distance c’est un peu comme apprendre avec des manuels, bien sûr il est possible de poser des questions aux enseignants sur des forums dédiés, mais ce n’est pas exactement la même chose.
En revanche, il est important de noter que le distanciel est très utile pour beaucoup de personnes qui ont des obligations personnelles, professionnelles, ou même des difficultés (par exemple de santé) qui les empêchent de pouvoir suivre des cours de façon assidue !
Légers, résistants et polyvalents, les matériaux composites ont aujourd’hui pris une place majeure dans l’industrie de pointe, notamment dans les secteurs de l’aéronautique, de l’automobile et de l’énergie. La recherche de performances spécifiques, d’une meilleure durabilité ou d’une réduction des coûts de fabrication fait d’ailleurs du développement de nouveaux composites l’une des priorités de l’innovation industrielle. Le procédé de fabrication qui consiste à combiner au moins deux matériaux non miscibles de nature différente semble offrir une infinité de possibilités, ouvrant la voie au développement de nouveaux matériaux « sur mesure », possédant des propriétés bien spécifiques, ciblées pour un type d’utilisation.
Matériaux composites : un recyclage difficile
Mais la recherche sur les composites ne se limite cependant pas à leur développement. Une nouvelle problématique est en effet apparue ces dernières années : que faire de ces matériaux lorsqu’ils arrivent en fin de vie ? La nature même des composites, qui sont souvent à base de polymères thermodurcissables, les rend en effet très difficiles à recycler. « Aussi merveilleux que soient ces matériaux pour la fabrication de véhicules économes en énergie, le problème avec les composites est que nous n’avons pas de moyen pratique pour les recycler, de sorte que ces matériaux finissent dans les décharges », explique Travis Williams, professeur de chimie à l’Université de Californie du Sud (USC) dans un communiqué.
C’est notamment le cas des fibres de carbone (polymères renforcés de fibres de carbone, CFRP). Leur grande légèreté couplée à leur grande résistance et une forte rigidité en font un matériau prisé notamment dans l’aéronautique. On estime ainsi qu’entre 6 000 et 8 000 avions commerciaux contenant des composites arriveront en fin de vie d’ici 2030, tandis que le secteur de l’éolien produira d’ici 2050 environ 483 000 tonnes de déchets CFRP.
Dans une optique de développement durable, la recyclabilité de ces matériaux devient donc un nouvel enjeu.
Objectif : récupérer les fibres tout en valorisant la matrice polymère
Certes, il existe bien actuellement une méthode de recyclage. La combustion nécessaire à la récupération des fibres de carbone entraîne cependant la perte de la matrice polymère. Un procédé qui n’est d’ailleurs appliqué qu’à 1 % seulement des déchets CFRP. Pourtant, comme le fait remarquer Steven Nutt, professeur d’Ingénierie chimique à l’Université de Californie du Sud, « la matrice est un matériau technique que nous ne souhaitons pas sacrifier », à la fois pour des raisons économiques et environnementales.
Le procédé présenté dans une nouvelle publication, parue dans la revue Journal of the American Chemical Society, se veut donc novateur sur ce point. « Notre méthode a le potentiel de créer de nouvelles chaînes de valeur dans le recyclage et l’industrie chimique tout en réduisant considérablement l’impact environnemental des matériaux composites », explique Travis Williams, qui a encadré ce projet.
Recyclage des fibres de carbone : les champignons à la rescousse
La stratégie développée consiste premièrement à recycler les fibres de carbone des CFRP en transformant la matrice polymère en acide benzoïque. Un composé dont raffole Aspergillus nidulans, une souche de champignon filamenteux modifiée, créée pour la première fois dans le laboratoire de Berl Oakley (Université du Kansas). La matrice est ainsi valorisée par biocatalyse. Le champignon, consommant l’acide benzoïque, produit en effet de l’OTA ((2Z,4Z,6E)-octa-2,4,6-trienoic acid), un acide organique habituellement utilisé dans le domaine médical et pharmaceutique, notamment pour la confection d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires. Pour Clay Wang, co-auteur de l’étude et professeur au Département de Pharmacologie et des Sciences Pharmaceutiques à l’USC, « cette découverte est importante puisqu’elle montre qu’il existe une façon efficace de transformer ce qui était précédemment considéré comme un déchet en un produit valorisable dans le domaine médical ».
Les chaînes de réactions ont également été réfléchies pour préserver au maximum la longueur des fibres de carbone, de sorte qu’elles puissent être transformées en nouveau composite, sans perte de leurs propriétés mécaniques par rapport à des fibres de carbone vierges. L’équipe annonce ainsi une conservation de 97 % de la résistance initiale.
Il s’agirait du premier procédé à permettre un recyclage efficace et une valorisation à la fois des fibres de carbone et de la matrice polymère. Ces résultats démontrent notamment l’apport de la biotechnologie dans ce contexte de valorisation des déchets composites. Un concept qui offre très certainement des solutions prometteuses applicables à plus grande échelle pour une gestion durable des matériaux.
Le secteur industriel a été radicalement bouleversé par l’intégration de l’Intelligence Artificielle (IA) et de la Réalité Virtuelle (RV) à plusieurs niveaux. Ces sujets clés, majeurs dans la transition industrielle en cours, sont tous issus des offres du domaine d’expertise “Technologie de l’information” de Techniques de l’Ingénieur :
Vous souhaitez souscrire à un abonnement ? Bénéficiez également d’une remise exceptionnelle de 10% sur l’ensemble du domaine « Technologies de l’information » jusqu’au 31/12/2024 !
Du pare-chocs au tableau de bord, en passant par les ceintures de sécurité, les phares ou encore les garnitures de portières : les matières plastiques sont aujourd’hui omniprésentes au sein de nos véhicules. D’après l’Ademe, ce ne sont ainsi pas moins de 750 pièces en plastique que compte, en moyenne, une voiture récente. Un chiffre qui est même certainement sous-évalué, à en croire l’association européenne des producteurs de matières plastiques, PlasticsEurope, citant des données fournies par l’Association Française de Mécanique (AFM) : « Une voiture moderne moyenne pesant 1 500 kg contient entre 12 et 15 % de matières plastiques. Cela équivaut à plus de 2 000 pièces en plastique de toutes formes et de toutes tailles ».
Quel qu’en soit le nombre exact de pièces, cette abondance place ainsi les plastiques au deuxième rang des familles de matériaux les plus utilisées dans la fabrication automobile, juste derrière les métaux. Problème : si cette utilisation des matériaux plastiques dans les véhicules a évidemment de multiples vertus – à commencer par leur allègement – elle ne va pas sans soulever un certain nombre de questions sur le plan environnemental.
Recyclage : le secteur automobile peut (et devra) mieux faire
À l’été 2023, la Commission européenne a en effet proposé une série de mesures visant à renforcer la circularité des matières dans le secteur automobile ; l’une d’elles indiquant notamment que « 25 % du plastique utilisé pour la construction d’un nouveau véhicule devront provenir du recyclage, dont 25 % devront être issus de véhicules hors d’usage ». Une « ambition forte », telle que la qualifie Plastics Europe, qui la considère pour autant tout à fait atteignable, tout en pointant, dans un argumentaire daté de novembre 2023, les conditions nécessaires à ses yeux pour y parvenir. « Atteindre ces ambitions nécessitera des investissements importants dans la gestion des déchets, la collecte, le tri, mais aussi l’augmentation des capacités de recyclage », note ainsi notamment l’association européenne des producteurs de plastiques, qui souligne aussi, par ailleurs, l’importance que revêt « l’utilisation de matières premières innovantes et alternatives », et notamment de plastiques biosourcés…
Autant d’enjeux dont s’est justement saisis celui qui accompagne dans leurs démarches d’innovation, de développement, d’industrialisation ou encore d’accélération les acteurs de la filière automobile : le pôle de compétitivité NextMove.
Créé en 2006, ce bras armé de la PFA[1] est implanté sur un territoire concentrant à lui seul 25 % des activités de la filière automobile & mobilité française : l’Île-de-France bien sûr, mais aussi l’une de ses voisines, la Normandie. C’est là, et plus précisément dans le département de l’Eure, que NextMove nous a invités à venir découvrir quelques illustrations concrètes de ses actions d’accompagnement en faveur des acteurs de l’économie circulaire et décarbonée des plastiques automobiles.
Les vaches rousses, blanches et noires… et des plastiques recyclés made in Normandie !
Notre parcours normand débute au Val-d’Hazey, une commune nouvelle située à une trentaine de kilomètres au nord-est d’Évreux. C’est là, en effet, que Skytech — PME industrielle française spécialiste du recyclage de matières plastiques, nous y reviendrons – a inauguré, en octobre 2022, son nouveau siège social et sa nouvelle usine, au prix d’un investissement de plus de 17 millions d’euros. Des locaux flambant neufs, ou presque.
Bordant la Seine, ils sont en effet le fruit de la reconversion d’un site qui fait partie du patrimoine industriel local, laissé en friche depuis 2014 et la cessation de la dernière activité en date — la fabrication de câbles électriques. Un héritage composé notamment de bâtiments érigés dans les années 30, reconnaissables à leur structure métallique en treillis si caractéristique, que Skytech a pris le parti de sauvegarder, dans un esprit finalement pas si éloigné de son cœur de métier : le recyclage.
La PME s’attelle en effet à la régénération de polymères plastiques – ABS[2], polystyrène (PS) et polypropylène (PP) – via un procédé de séparation électrostatique qu’elle a elle-même mis au point à l’issue de pas moins de dix ans de travail de R&D. « Ce procédé de “triboélectrisation”, protégé par quatre brevets, repose sur le même principe que le bâton d’ébonite que l’on frotte avec de la laine », illustre Frédéric Delaval, directeur général de Skytech. « Notre approche nous permet de séparer avec une grande efficacité l’ABS, le PP et PS, pour obtenir finalement un produit pur à plus de 99 %, et ce, avec une empreinte carbone cinq fois et demie moins importante qu’un équivalent vierge[3] », fait valoir le dirigeant de la PME normande.
Skytech, dont le savoir-faire repose aussi en partie sur ses capacités à formuler, à partir de ces matières plastiques issues du recyclage, des résines régénérées répondant parfaitement aux cahiers des charges de ses clients industriels. Des clients qui œuvrent notamment dans le secteur de la fabrication d’appareils électroménagers, à l’image de Krups, Seb, ou encore Rowenta, mais qui représentent aussi, pour une part croissante d’entre eux, le secteur de l’automobile, comme l’explique Frédéric Delaval : « Nous travaillons depuis peu avec les industriels qui démantèlent les véhicules hors d’usage (VHU). Nous récupérons ainsi les matières plastiques issues des pare-chocs, des calandres ou encore des arrières d’optiques de ces voitures en fin de vie. L’idée, ensuite, est de régénérer ces plastiques, pour les rediriger, in fine, vers la filière de production de pièces automobiles en plastique ». Une boucle d’économie circulaire prometteuse, dont Skytech est d’ailleurs d’ores et déjà l’un des maillons, avec une production de quelques centaines de tonnes déjà réalisée cette année…
Johann Carpentier, Directeur Industrialisation & Excellence opérationnelle chez NextMove.
« Skytech est un acteur qui s’inscrit résolument dans l’air du temps, et va à n’en pas douter devenir un acteur incontournable du secteur », assure ainsi Johann Carpentier, Directeur Industrialisation & Excellence opérationnelle chez NextMove. « J’ai le plaisir d’accompagner Skytech depuis plusieurs mois, dans sa structuration et son développement industriel. Cela se traduit notamment par un accompagnement à la montée en compétences de ses équipes », explique-t-il. Un aspect qui est d’ailleurs loin d’être le seul sur lequel le pôle de compétitivité est en mesure d’accompagner ses adhérents, comme l’illustre un autre exemple qu’il nous a été permis de découvrir lors de cette escapade normande : celui d’EPH.
EPH : la décarbonation servie sur un plateau
Notre parcours se poursuit à St-Aubin-Sur-Gaillon, une petite commune de l’Eure située à cinq kilomètres à peine du Val-d’Hazey, qu’a en effet choisie pour y implanter, en 2018, ses locaux flambants neufs, la société EPH (Emballages Plastiques D’Heudreville). Une PME créée il y a plus de cinquante ans à Heudreville-sur-Eure et acquise en 2011 par le groupe alsacien CTCI.
Spécialisée dans la fabrication de solution de conditionnement et de pièces thermoformées sur mesure, l’entreprise normande imagine et produit des solutions optimisées pour l’emballage, la manutention et le transport de produits d’une large palette d’industriels : des fabricants de produits cosmétiques aux entreprises agroalimentaires, en passant – donc – par les acteurs de la filière automobile. « Nous leur fournissons notamment des plateaux de manutention alvéolés, qui permettent de transporter de manière optimale des pièces automobiles depuis l’usine qui les produit jusqu’à celle qui se charge de les assembler », explique David Leleu, président du groupe CTCI. « Ces plateaux, fabriqués à partir de divers plastiques thermoformés, permettent de gagner de la place, de garantir la qualité des produits transportés, voire de robotiser leur assemblage », fait valoir le dirigeant.
Seule ombre au tableau : ces plateaux étaient, au départ, à usage unique. « Une fois transportés de l’usine A à l’usine B, ils finissaient tout simplement jetés parmi les autres DIB[4] », se remémore David Leleu, employant l’imparfait à dessein. Face à ce constat, EPH a en effet décidé, en 2016, de développer une approche plus vertueuse de récupération, broyage et re-fabrication de plateaux. Une première avancée incarnée par cette solution de recyclage, à laquelle s’est ensuite ajoutée une seconde option : la réutilisation.
« Nous avons en effet développé, au départ pour les besoins d’un grand fabricant de produits cosmétiques, une solution de réemploi des plateaux de manutention », dévoile David Leleu. Une approche qui a naturellement fini par séduire, elle aussi, l’industrie automobile, comme le note le président du groupe CTCI : « Nous avons notamment mis en place ce système au sein du groupe Renault, sur quelques références de plateaux ».
À la clé : un gain économique – de l’ordre de 50 % selon David Leleu – mais aussi et surtout écologique, avec une empreinte carbone réduite d’environ 40 %. « Les plateaux peuvent en effet être réutilisés entre cent et cent cinquante fois selon leur usage, ce qui permet ainsi de couvrir un cycle complet de production d’un même modèle de véhicule, étalé en général sur six ans », note M. Leleu.
Dans le but, notamment, de faire connaître ses solutions vertueuses aux industriels du secteur, EPH a ainsi rejoint NextMove en avril dernier. « Nous tâchons, depuis lors, de donner de la visibilité à l’entreprise au travers de notre réseau et des évènements que nous organisons régulièrement », explique le Directeur Industrialisation & Excellence opérationnelle chez NextMove, Johann Carpentier. « En parallèle, nous accompagnons aussi EPH dans la modernisation de sa ligne de production », ajoute-t-il. Deux autres illustrations de la palette de services proposés par NextMove à ses adhérents, auxquelles on peut ajouter un ultime exemple : celui de l’entreprise EcoTechnilin, troisième et dernière halte de nos pérégrinations normandes.
EcoTechnilin : la fibre de la décarbonation
Depuis les locaux d’EPH de St-Aubin-Sur-Gaillon, nous mettons cette fois le cap au nord-ouest, pour rejoindre l’un des quatre sites de production d’EcoTechnilin : Valliquerville, commune de Seine-Maritime située à quelques kilomètres d’Yvetot. C’est là, en effet, que la PME, filiale la coopérative agricole NatUp, fabrique notamment des non-tissés à base de fibres naturelles : lin, chanvre, ou encore kénaf, comme nous l’évoquions en mai dernier à l’occasion d’un échange avec son directeur commercial Arnaud Lievre.
« Nous sommes convaincus que les fibres naturelles, au travers de leurs propriétés différenciantes, mais aussi de leur faible impact environnemental et climatique, sont un vrai atout pour réduire l’empreinte écologique de la fabrication automobile », expose à son tour Karim Behlouli, directeur de NatUp Fibres, division regroupant EcoTechnilin, La French Filature et Lemaitre Demeestere.
« Nous souhaitons ainsi réinventer l’intérieur des véhicules, en retirant toutes les fioritures qui cachent nos matériaux naturels de renfort : faux cuirs, mousses et autres tissus synthétiques… qui contribuent en effet à l’augmentation du poids, mais aussi du coût et de l’empreinte carbone des véhicules », poursuit le dirigeant.
Une ambition qui s’est ainsi traduite par le lancement d’UpGreen, un projet à 3,6 M€ présenté par EcoTechnilin dans le cadre de l’appel à projets France 2030 « Invest Auto ». « Notre dossier de candidature, pour lequel NextMove nous a apporté un regard extérieur et de précieux conseils, a été approuvé par Bpifrance fin 2023 », se félicite Karim Behlouli, avant de nous donner rendez-vous en 2026, date butoir du projet. « Nous allons bien entendu mener d’ici là des travaux de R&D et de montée en échelle, mais aussi poursuivre les discussions que nous avons d’ores et déjà entamées avec les constructeurs, afin qu’ils soient les plus nombreux possible à adopter nos solutions », confie finalement le dirigeant. Karim Behlouli qui se dit aussi prêt à collaborer avec les équipementiers pour impulser ce changement. Un appel que NextMove ne manquera sans doute pas de relayer aux quelque 550 établissements qui composent son réseau d’adhérents.
[1] La Plateforme automobile, association qui réunit les quelque 4 000 entreprises du secteur automobile national – constructeurs, équipementiers, sous-traitants et autres acteurs de la mobilité – et qui définit la stratégie de la filière en matière d’innovation, de compétitivité, d’emploi et compétences.
Retrouvez les démarches et conditions nécessaires pour en bénéficier, à travers l’expérience d’Émilien, qui a déménagé pour ses études.
Techniques de l’ingénieur : Pouvez-vous vous présenter ?
Emilien : Bonjour ! Je m’appelle Emilien, j’ai 23 ans et je suis en M2 LLCER Anglais à l’Université Lumière Lyon 2.
Je suis originaire d’un tout petit village des Vosges, ce qui m’a poussé à déménager plusieurs fois pour avoir accès aux mêmes opportunités que les étudiants citadins.
J’ai commencé mes études à Nancy, en prépa puis à la fac, et j’ai pu participer à une mobilité Erasmus à Glasgow (en Ecosse) en 2020, pendant le covid et juste avant le Brexit !
Je suis ensuite parti à Lyon pour mon master, que je termine cette année après un redoublement.
Comment avez-vous bénéficié de l’aide à la mobilité ?
Je n’ai pas bénéficié de l’aide car je ne la connaissais pas lorsque j’aurais pu la demander.
Comment avez-vous été informé du droit à cette aide ?
En parcourant le site du gouvernement pour vérifier mes droits. Ça paraît fastidieux mais c’est plutôt simple et rapide, et surtout vous pouvez beaucoup y gagner. Pour faire une simulation de droits de manière générale, il vous faudra simplement votre « Revenu global brut », disponible sur votre avis d’imposition.
Qui peut en bénéficier ?
Tous les étudiants qui perçoivent une bourse du CROUS et qui changent de région entre la licence et le master. La demande doit être faite l’année du déménagement.
Quel est le montant de l’aide à la mobilité master ?
C’est un forfait de 1000€ versé en plus de la bourse, en une fois.
Quelle est la procédure à suivre pour bénéficier de l’AMM ?
C’est le même site que pour la demande de bourse du CROUS, dans l’été entre votre licence et votre master, et la procédure est similaire. Retrouvez tous les détails ici.
Si comme Emilien vous souhaitez partager votre expérience et des bons plans pour les étudiants, contactez-nous.
De la découverte en laboratoire à l’innovation industrielle… On scrute pour vous chaque semaine les tendances de l’industrie.
OpenAI et Google s’affrontent pour le contrôle de l’avenir numérique
Pour dominer le secteur de l’intelligence artificielle, OpenAI et Google rivalisent à coup de levées de fonds spectaculaires et d’innovations disruptives. Cette compétition s’accompagne de défis écologiques et d’enjeux éthiques croissants. Qui mène la bataille pour l’avenir de l’IA
Des puces ultrabasse consommation pour répondre aux besoins énergétiques à venir
En combinant matériaux quantiques et spintronique, la start-up Nellow développe des puces à ultrabasse consommation, capables de réduire la consommation énergétique d’un facteur 100. Avec des prototypes prometteurs, elle vise une mise sur le marché d’ici la fin des années 2020 pour répondre aux défis industriels croissants. Combiner quantique et spintronique pour réduire la consommation d’énergie de l’IA
Industrie française : un regard partagé entre déclin et renouveau
Le premier Observatoire Arts & Métiers des Industries Responsables révèle une vision contrastée des Français et des ingénieurs. Perçue comme innovante et créatrice de richesses, l’industrie est aussi peu attractive. Face à ces défis, l’enjeu est clair : moderniser et redorer son image pour séduire talents et investisseurs. Les défis de la réindustrialisation en France
TVA circulaire : un levier pour relancer la réparation en France
Adoptée par l’Assemblée nationale, la baisse de la TVA à 5,5 % sur la réparation offre un nouvel espoir aux artisans et réparateurs en difficulté. Cette mesure phare pourrait transformer le secteur et renforcer l’économie circulaire, mais son adoption définitive dépend encore des débats parlementaires. Un coup de pouce pour l’économie circulaire et le secteur de la réparation
Une interface de détection précoce des AVC basée sur une IA « neurologue »
La medtech montpelliéraine AI-Stroke développe une IA capable de détecter les AVC en temps réel via une application mobile. Avec des essais cliniques prévus pour 2025, cette innovation promet de transformer la prise en charge des urgences neurologiques d’une importante cause de mortalité. Vers un diagnostic précoce en urgence des AVC
PigeonBot II, le robot qui plane comme un oiseau
Inspiré des oiseaux planeurs, PigeonBot II, un robot bio-hybride doté de véritables plumes, imite leur vol instinctif et stable, ouvrant la voie à des aéronefs plus efficaces et maniables sans dérive verticale. Un robot oiseaux prometteur pour l’aéronautique
Jeune start-up créée en octobre 2024, Nellow développe des puces électroniques à ultrabasse consommation de nouvelle génération, destinées au calcul et à l’intelligence artificielle. Pour cela, elle s’appuie sur plusieurs leviers essentiels. Les composants sont non volatils, c’est-à-dire qu’ils conservent l’information sans apport d’énergie. Ils fonctionnent comme des petites sources de courants qui alimentent les éléments suivants. Les dispositifs peuvent donc être mis en cascades. Les puces contiennent ainsi un très grand nombre de composants, ce qui leur permet de réaliser des calculs complexes. Le composant fusionne également les fonctions mémoire et calcul. Dans les puces traditionnelles, ces deux parties sont séparées physiquement et les allers-retours entre les deux consomment énormément d’énergie et ralentissent le fonctionnement. En fusionnant les deux, Nellow réduit considérablement la consommation électrique et augmente la rapidité de traitement. Enfin, ces puces microélectroniques peuvent fonctionner avec des tensions aussi basses que 0,1 V, ce qui diminue typiquement la puissance utilisée d’un facteur 100 par rapport aux technologies conventionnelles.
Pour arriver à ces résultats, la start-up s’appuie sur des matériaux quantiques et des propriétés comme la ferroélectricité, rendant possibles la non-volatilité et le fonctionnement à basse tension. Elle combine ensuite cette technologie avec la spintronique, un domaine de recherche qui exploite le spin de l’électron pour transporter et manipuler une information en plus de sa charge. Les trois cofondateurs, Manuel Bibes, Laurent Vila et Jean-Philippe Attané ont démontré en 2020 qu’un état ferroélectrique pouvait contrôler la manière dont les spins se propagent dans les matériaux quantiques. Lorsque l’état est changé, il est possible d’inverser le sens du courant. Le signe du courant dépend de l’état ferroélectrique et c’est ainsi qu’est contrôlé le transport de l’information au sein des composants. Comme la lecture de l’état ferroélectrique est non destructrice, les données sont ainsi conservées en mémoire.
Un besoin industriel croissant
Avec la montée en puissance des technologies de l’information, mais aussi de l’intelligence artificielle, la consommation électrique ne cesse de croître. Sans compter que depuis une vingtaine d’années, les industriels brident les performances des puces pour éviter la surchauffe des composants. Les puces arrivent également à des limites physiques en termes de dimension : les dernières générations de transistors se rapprochent de la taille séparant les atomes et le coût des usines explose. Nellow entend répondre à ces problématiques industrielles grâce à ses puces microélectroniques.
La start-up envisage une mise sur le marché de sa technologie d’ici la fin des années 2020. Actuellement ses composants en sont au TRL 3-4. Pour soutenir ses recherches, particulièrement coûteuses en termes de personnel, de matériel et de fonctionnement, elle va réaliser une première levée de fonds courant 2025 où elle espère récolter environ 10 millions d’euros.