La French Fab soutient l’évolution vers le digital

Qu’est-ce que le digital chez Techniques de l’Ingénieur ?

Techniques de l’Ingénieur est un producteur de contenu et un fournisseur de services. Il y a une multitude de façons de mettre à disposition ce savoir et d’accompagner les utilisateurs.

Notre objectif est de faciliter la tâche au plus grand nombre et pour cela, il faut aller vite car les usages changent, les façons d’acquérir de l’information et des connaissances aussi.

Il y a quelques années, le digital chez Techniques de l’Ingénieur se limitait à livrer toute l’information sous forme numérique, disponible en ligne. Grâce aux outils du numérique qui permettent de proposer de nouvelles façons d’accéder et de consommer les contenus, nous sommes aujourd’hui passés dans une toute autre dimension.
Que ce soit dans les produits que Techniques de l’Ingénieur propose à ses clients ou dans les outils et process utilisés en interne, l’adaptation est permanente, indispensable et exaltante.

Techniques de I’Ingénieur existe depuis 70 ans !  Comment l’entreprise a-t-elle réussi à s’adapter aux transitions numériques ?

Les contenus des Techniques de l’Ingénieur sont rédigés par des experts. Tous les intervenants de la chaîne de production sont des spécialistes. C’est une véritable culture d’entreprise.

Une grande partie des ressources traite, depuis nos débuts en 1946, des Systèmes d’informations. Techniques de l’Ingénieur est ainsi nécessairement toujours en veille sur l’ensemble de ces sujets et notre premier champ d’application est naturellement notre écosystème propre : notre entreprise, nos contenus, nos outils et nos projets.

Notre objectif est de répondre au mieux aux besoins de nos abonnés et de rester centrés sur l’évolution de leurs usages.
Techniques de l’Ingénieur fait partie des précurseurs de la numérisation de l’information scientifique et technique en ligne, avec une numérisation complète et précoce (l’ensemble des contenus était disponible sur internet dès le début de la bulle internet : 1996-1997).

Les contenus ont été rapidement enrichis, complétés et balisés pour une compréhension facilitée par les outils numériques (moteurs de recherche, indexation, classification) et de fait, par les utilisateurs.
En effet, comment trouver le document ou l’information dont on a besoin au milieu de plus de 15 000 références ? C’est là que toutes les technologies interviennent pour nous aider, vous aider.
Techniques de l’Ingénieur s’est non seulement adapté à l’évolution des technologies digitales, mais a également toujours tenté d’être en avance et à l’écoute des signaux précurseurs d’évolution.

Techniques de l’Ingénieur est 100% numérique ! Quelle valeur ajoutée pour vos utilisateurs ?

Alors qu’hier un travail fastidieux de feuilletage d’index était nécessaire pour trouver un document, aujourd’hui, l’accès à la connaissance se fait en quelques secondes, en moins de 3 clics, n’importe où et à n’importe quel moment.

Nous avons notamment mis en place un thésaurus pour taguer l’ensemble des contenus. Il permet une navigation par concept (représenté dans la cartographie interactive) dans l’ensemble du corpus.
Outre les dispositifs qui permettent à tout système de reconnaître et d’identifier l’information la plus pertinente, nous avons également mis à disposition toute une panoplie d’outils en ligne qui facilitent l’usage. Ce sont des outils simples (zoom, site responsive mobile) plus élaborés (gestion des annotations, des références, navigation par concept, filtres intelligents de recherche) ou extrêmement structurants.

Un exemple parmi d’autres : nous sommes actuellement dans une démarche de R&D pour intégrer un niveau supplémentaire de pertinence, et rendre plus intuitif le fonctionnement de notre technologie de recherche en y intégrant de l’intelligence artificielle, ou a minima, une brique de machine learning.
L’objectif final étant toujours le même : répondre au besoin de l’utilisateur. Nous nous basons pour cela sur les chiffres afin de bien comprendre les besoins. A l’ère du Big data, il y a de quoi faire ! L’utilisation et l’optimisation de tous les outils de suivi et d’analyse sont également fondamentaux pour assurer un niveau de satisfaction maximal.

Chez Techniques de l’Ingénieur, outre le fait de produire des contenus d’expertise, et de tenir au courant notre audience de l’actualité de l’industrie, notre urgence est de garantir aux utilisateurs l’accès à ces informations en un minimum de temps et dans tout contexte.

La digitalisation s’applique donc à tous les domaines et assure une optimisation de temps et d’argent. Néanmoins, si trouver des modèles, par exemple de Machine Learning, plus performants que l’existant (mix de vision, expériences et… modèles) est relativement facile, l’insertion de ces modèles dans les bons mécanismes de décision pour l’amélioration de performances est moins aisée. Une démarche générale et des méthodes spécifiques visant à inscrire les projets Big Data dans des objectifs d’amélioration de performances s’avèrent pertinentes.

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Santé-sécurité au travail : les points-clés à connaître sur l’ISO 45001

Après quatre longues années d’élaboration, plus de 60 pays ont réussi à trouver un accord sur le contenu de cette norme tant attendue. L’ISO 45001:2018  « Systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail – Exigences et lignes directrices pour leur utilisation » vise à faciliter la mise en œuvre des moyens que l’entreprise veut se donner pour améliorer la santé et la sécurité au travail (SST). Elle s’appuie bien sûr sur ce les référentiels déjà existants comme la norme britannique OHSAS 180001 ou les principes directeurs de l’Organisation internationale du travail (ILO-OSH), mais elle espère apporter une approche beaucoup plus complète et globale pour une plus grande efficacité.

La santé-sécurité passe au niveau supérieur

Destinée aux niveaux décisionnels supérieurs des organismes, cette nouvelle norme devrait ainsi permettre à la santé-sécurité d’être réellement prise en compte par les directions : une étape essentielle pour initier de réelles démarches de prévention et non plus s’attaquer seulement à la résolution de problèmes. La norme est d’ailleurs très claire sur la notion de redevabilité des directions vis-à-vis des travailleurs et se positionne comme très engageante pour ceux qui voudront la mettre en œuvre dans leur entreprise.

En outre, l’ISO 45001 couvre tous les aspects modernes de la SST : prenant en compte les risques pour l’état physique, mental et cognitif des travailleurs et couvrant non pas seulement les risques inhérents à l’activité de l’entreprise mais les risques dans l’entreprise placée dans son contexte économique, social en intégrant dans le périmètre d’analyse des données sur toute la chaîne de valeur : clients, fournisseurs et sous-traitants. Ce qui implique par exemple qu’un service achat évalue l’impact possible en matière de SST du choix de tel produit par rapport à un autre.

Une opportunité pour tous

Cette norme apporte aussi une nouvelle approche de la SST : la SST n’est pas seulement une gestion des risques opérationnels mais aussi des opportunités à saisir. Et ces opportunités liées aux évolutions de l’activité, de l’organisation ou du contexte réglementaire ou technologique peuvent être repérées et gérées comme les risques. La SST devient ainsi une activité positive. Et elle doit être partagée par l’ensemble des acteurs de l’entreprise. C’est pourquoi la norme prévoit des exigences en matière de consultation et de participation des travailleurs et de leurs représentants dans la conduite de la politique de santé-sécurité. Par exemple, elle intègre la nécessité de respecter le droit d’alerte et prévoit que « les salariés valident la pertinence des améliorations proposées ». En outre, le périmètre de la SST choisi est très large, il comprend par exemple des paramètres d’organisation du travail comme les horaires et les rythmes du travail qui sont générateurs de risques psycho-sociaux et parfois d’accidents.

Une approche cohérente QSE

Le comité d’élaboration de la norme a choisi d’adopter une structure cadre, un texte de base et des termes et définitions identiques aux normes de système de management déjà existants  comme l’ISO 9001:2015 et l’ISO 140001:2015. Cela doit permettre une appropriation plus facile de la norme pour tous ceux qui sont déjà familiarisés avec ces deux autres et vise la mise en place de systèmes combinés, intégrés entre « qualité, sécurité et environnement ». Des bilans globaux aux trois systèmes pourront ainsi voir le jour et donner toute sa place à la SST dans les réunions de la direction.

Une démarche volontaire d’amélioration continue

On retrouve du coup dans l’ISO 45001 des concepts maintenant répandus comme les démarches d’amélioration continue (PDCA – Plan Do Check Act / planifier, réaliser, vérifier et améliorer en français) et une approche par processus et non par procédures. Tous les risques sont pris en compte y compris ceux inhérents au système, faisant de l’ISO 45001 une véritable norme holistique pour un organisme. La SST aura au même titre que les autres systèmes de managements des indicateurs de performances : par exemple, les pilotes de processus auront la mission de détecter et d’identifier les presqu’accidents en SST et de faire remonter ces informations au  niveau managérial pour en faire des indicateurs. Cette norme étant d’application volontaire, elle peut être utilisée pour organiser son management de la SST sans aller jusqu’à la certification. Mais nul doute que, dans les échanges commerciaux, elle deviendra pour certains secteurs aussi incontournables que l’ISO 9001. D’ailleurs, certaines entreprises ont même anticipé et c’est ainsi que dès le 20 mars 2018, Afnor Certification a déjà délivrée sa première certification ISO 45001 à l’entreprise française Axon’ Cable spécialisée dans les câbles et l’interconnectique pour les technologies avancées.

Transition depuis l’OHSAS 180001

L’OHSAS 18001 est une norme britannique relative à la santé et sécurité au travail compatible avec d’autres certifications internationales comme l’ISO 9001. Créée en 1999 dans l’attente de l’arrivée d’une véritable norme internationale portée par l’ISO, elle va être remplacée par l’ISO 45001 et va donc disparaître. Les organisations certifiées ont trois ans pour migrer vers la nouvelle norme. L’approche conceptuelle étant assez différente, le passage de l’une à l’autre exige de revoir de nombreuses formes du management de la SST. Cependant, une fois, ce nouveau management mis en place, les données collectées via l’OHSAS 18001 pourront être facilement implémentées dans l’ISO 450001. LE BSI qui gère l’OHSAS 18001 a mis en ligne des documents (en anglais) de correspondance entre les deux normes pour faciliter cette transition et de nombreux organismes proposent déjà des formations et des accompagnements.

Sophie Hoguin

Vous permettre de construire des pyramides : le nouveau projet d’Elon Musk

L’entreprise emblématique du milliardaire, Tesla, ne parvient pas à atteindre ses objectifs de production en masse de sa Model 3 (loin s’en faut) mais son patron tente manifestement de faire diversion avec des annonces abracadabrantesques.

Vente de lance-flammes à gaz, creusement de tunnels sous Los Angeles, lancement d’une Tesla Roadster dans l’espace (rêve d’immortalité ?), et à présent…commercialisation de gros blocs style Légo « taille réelle » afin que chacun puisse construire des pyramides, des sphinx ou des temples d’Horus. Le tout dans « un kit Egypte ancienne ». Elon Musk a précisé que « les blocs seront troués en leur milieu, comme les longerons d’une aile d’avion, et donc légers ». Ou comme l’action de Tesla en bourse ?

Bref, Elon se prend pour un Titan. Pour finir comme le Titanic ? Dans tous les cas on a de plus en plus de mal à trouver un intérêt écologique à ces nouveaux projets. Le cours de l’action Tesla s’est effondré de 15% en seulement 19 jours. Tesla pourrait faire faillite d’ici 3 à 6 mois selon un fond spéculatif rapporte Capital.fr.

Dans le poème « Spleen : J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans », Charles Baudelaire écrivait : « Mon triste cerveau, c’est une pyramide, un immense caveau ». Et d’ajouter : « L’ennui, fruit de la morne incuriosité, prend les proportions de l’immortalité. »

Restera à jouer aux Légos, pour ne pas s’ennuyer. Ou à conduire, seul à bord, la Tesla Roadster dans son voyage spatial. Avec la même musique répétée en boucle par l’auto-radio. « Space oddity » de David Bowie. « Prends tes cachets protéiniques et mets ton casque » et  « Dis à ma femme que je l’aime énormément, elle le sait » dit la chanson.

Puis entrer en collision avec la Terre ou Vénus dans environ 10 millions d’années. Consécration de l’éternel retour.

Jean-Gabriel Marie

Algocarburants : un bilan encore pire que celui des agrocarburants

C’était a priori une bonne idée : utiliser des microalgues pour produire un carburant, et ainsi ne pas gaspiller les terres fertiles à vocation alimentaire. Mais les données issues du retour d’expérience de la R&D sont catastrophiques. L’EROI est inférieur à 1 :1. Autrement dit le contenu énergétique des algocarburants est inférieur à l’énergie qui a été dépensée pour les obtenir.

Il faut beaucoup d’énergie pour cultiver les algues (a fortiori s’il s’agit de cultures en bioréacteurs fermés pour éviter les contaminations microbiologiques), et aussi pour casser les cellules algales et produire les solvants nécessaires à l’extraction de l’huile obtenue. A l’occasion d’une interview pour le média Atlantico.fr, le Jean-Philippe Steyer de l’INRA a estimé que « les moyens technologiques destinés à produire de “l’algocarburant” sont de manière générale plutôt énergivores. C’est pourquoi on peut se demander si le biocarburant peut réellement être considéré comme le domaine de prédilection de l’exploitation des algues ».

Encore plus grave, les quantités de Phosphore et d’eau nécessaires sont gargantuesques. Or les stocks mondiaux en Phosphore sont très limités et l’eau douce est la denrée la plus précieuse pour l’humanité. Il faut entre 32 litres (dans l’hypothèse d’un recyclage intégral de l’eau) et 3 650 litres d’eau par litre d’algocarburant. Contre 2 litres d’eau par litre d’essence. Le Peak Phosphorus est encore plus inquiétant que le peak Oil (pic pétrolier) car le phosphore est indispensable à la croissance des végétaux, y compris ceux à vocation alimentaire.

Dans l’article « Une douzaine de raisons expliquant pourquoi le monde ne tournera pas aux algocarburants », le site EnergySkeptic.com a rassemblé l’ensemble des problèmes que pose la filière. Trouver à la fois un grand site plat (pour installer les bassins), ensoleillé et qui dispose aussi d’une source de CO2 (par exemple une centrale thermique à charbon ou au gaz) et d’une source d’eau, ce n’est pas vraiment aisé.

Alors que le bilan des agrocarburants de première génération est médiocre, celui des algocarburants est catastrophique. Pourquoi donc ExxonMobil s’obstine-t-il dans cette voie ? Juste pour le fun de financer un programme de recherche fondamentale ? C’est probablement plutôt pour de simples raisons de communication en faveur des carburants liquides face à la vague de la voiture électrique à batterie. Les algocarburants confèrent une (fausse) teinte verte aux carburants pétroliers dans lesquels ils sont mélangés. Ce programme de recherche serait alors en réalité qu’une composante d’un programme de Public Relation (PR). Maintenir coûte que coûte l’illusion selon laquelle le moteur thermique aurait de l’avenir.

ExxonMobil et Synthetic Genomics Inc ont modifié génétiquement une souche d’algues pour doubler sa teneur en huiles sans inhiber sa croissance. L’OGM obtenu pourrait contaminer les milieux naturels. Mais les 10 000 barils annoncés pour 2025 (dans 7 ans), soit 1590 tonnes, constituent une goutte minuscule. Le parc automobile français, à lui seul, consomme 50 millions de tonnes de pétrole, soit plus de 30 000 fois plus.

Jean-Gabriel Marie

Revue du web #112 spéciale robotique : les vidéos les plus étonnantes du mois

Le robot le plus adroit et rapide, c’est… Dex-Net !

Des chercheurs américains ont mis au point une intelligence artificielle capable d’apprendre à saisir des objets puis de comprendre comment saisir de nouvelles formes inconnues.

Cet apprentissage rend Dex-Net très adroit. Robotique industrielle ou médicale, les applications potentielles sont multiples.

 

Un robot basketteur qui marque à tous les coups !

CUE, retenez-bien ce nom. Conçu par des ingénieurs de Toyota, c’est peut-être un futur grand champion de basket-ball.

 

ANYmal, le robot qui danse

Ce robot n’utilise aucun pas de danse préenregistré. Il se synchronise lui-même avec le rythme de la musique. Belle performance !

 

Le robot taxi autonome de Renault

L’EZ-GO est un taxi-robot qui se déplace seul grâce à des capteurs et des radars. Pour le réserver, nul besoin de le héler en pleine rue, il suffit d’un smartphone.

 

Bonus insolite : le robot de compagnie… pour chien

Par I. B

Impression 3D : une innovation de taille

Le succès de l’impression 3D, ou fabrication additive, s’explique en partie par trois raisons :

  • l’utilisation de matériaux de plus en plus performants comme le thermoplastique et maintenant la mousse syntactique, mais surtout le métal dont le marché devrait atteindre 12 milliards de dollars en 2028 contre 3 milliards en 2018 selon les estimations du cabinet IDTechex) ;
  • la rapidité de fabrication ;
  • la maîtrise de différentes techniques.

Résultat, entre 2015 et 2016, les ventes d’imprimantes 3D ont doublé et 455 772 unités auraient été livrées, contre 219 168 un an auparavant, selon une étude réalisée par le cabinet Gartner.

Mais l’impression 3D bute toujours sur la taille des pièces. Une équipe de l’IMT Lille Douai a trouvé une solution en développant LASCALA (Large SCALe plAstics & composites 3D printing) lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ZF5E9gUmaxM&feature=youtu.be. Avec son bras robotisé d’une portée de plus de 2 mètres et une charge maximale de 150 kg, il pourrait fabriquer des pièces pouvant atteindre jusqu’à 5 mètres de longueur, 2 mètres de large et 1 mètre de hauteur. Ces pièces pourraient être fabriquées avec n’importe quel type de matériau polymère et renforcées par des fibres coupées courtes ou continues.

LASCALA sur une chaîne de production automobile ?

Chercheur en matériaux à IMT Lille Douai et en charge de LASCALA, Jérémie Soulestin explique aussi qu’habituellement, « une imprimante 3D superpose des couches planes. Cela entraîne un effet d’escalier sur les bords des pièces. Avec le robot, nous pourrons développer des couches courbes, limitant cet effet ».

Hébergée sur la plateforme d’ingénierie plastique et composites de 7500 m2 du département Technologie et Mécanique des Polymères et Composites, elle permettra à l’IMT Lille Douai d’initier de nouveaux projets de R&D en collaboration avec l’industrie dans les secteurs du transport (automobile, aérospatial….), de l’énergie ou du médical. Mais pour l’instant LASCALA n’est pas encore pleinement « opérationnelle ». Ce devrait être le cas d’ici un an.

L’équipe française devra aussi affronter une concurrence de poids. Les fabricants d’imprimantes XXL sont peu nombreux, mais solides comme l’Américain Stratasys (principal fournisseur mondial de solutions technologiques additives appliquées) et l’Allemand BigRep (fondée à Berlin en 2014, cette start-up est l’un des précurseurs de l’impression 3D FDM très grand format soit 1m3). il y a aussi le Français Delta 3D, créée en 1976, cette entreprise est spécialisée dans le développement et la fourniture de solutions d’automation, de robotique industrielle et de fabrication additive.

Philippe Richard

Quels matériaux pour quelles applications ?

Pour faire une bonne impression 3D, plusieurs critères sont à considérer. S’il faut une bonne imprimante, un bon modèle numérique et un bon profil d’impression, il faut surtout savoir choisir son matériau. En effet, chaque matériau a ses propres forces et faiblesses. Simplify3D, le leader mondial des logiciels commerciaux d’impression 3D a publié un Guide des matériaux d’impression 3D pour faciliter le choix des filaments et optimiser leurs utilisations.

Après plus d’un an de recherche et développement en relation étroite avec plusieurs centaines de fabricants d’imprimantes 3D, ce guide explore une douzaine de filaments, les plus populaires utilisés aujourd’hui. Il comprend des fiches pour chaque matériau, et des conseils d’experts pour améliorer les résultats pour chacun d’entre eux. Un tableau comparatif permet en un coup de d’oeil de comparer les propriétés physiques et mécaniques (dureté, rigidité, densité, etc.) de chacun d’entre eux.

Choisir son filament d’impression 3D

Chaque machine a ses spécificités et n’accepte pas tous les filaments disponibles sur le marché. Chaque imprimante demande par exemple un diamètre de filament précis. Le matériau de la buse d’impression influe également sur le type de filament à privilégier. Enfin, la température maximum de l’extrudeur de l’imprimante est à considérer puisque chaque filament fond à une chaleur plus ou moins élevée.

Le choix du filament dépend en plus des impressions que l’on souhaite réaliser, que cela soit d’un point de vue mécanique, d’usage ou tout simplement esthétique. En effet, si vous souhaitez obtenir une pièce solide et résistante aux chocs, privilégiez plutôt des filaments de polycarbonate ou de l’ABS. En revanche, si vous voulez un objet flexible ou semi-rigide, il existe des matériaux à base de TPU ou TPE qui vous permettront d’obtenir des pièces que vous pouvez facilement déformer. Si votre filament est en contact alimentaire, choisissez du PETG. En fonction des matériaux utilisés, le rendu de l’objet sera enfin différent : mat, brillant, rugueux, translucide…

Quels sont les matériaux les plus utilisés ?

Les filaments utilisés en imprimante 3D sont pour la plupart des plastiques. Le PLA, fabriqué à base de maïs ou de canne à sucre, représente de loin le plastique le plus utilisé dans les filaments. On trouve ensuite plusieurs autres matériaux, à base de produits fossiles. On citera pêle-même : l’ABS, le nylon, le polypropylène, le polystyrène et le polyéthylène téréphtalate glycolisé (PETG).

Il y a aussi des matériaux techniques, renforcés avec du carbone, du bois, des métaux, pour améliorer les propriétés mécaniques et de résistance à la chaleur. Ces matériaux répondent, sur mesure, aux besoins spécifiques et techniques des industriels.

Avis d’expert : Pierre-Antoine Pluvivinage, Directeur du développement d’Armor 3D : Des matériaux de plus en plus techniques pour de nouvelles applications.

Pour les industriels, nous caractérisons nos matériaux sur les objets imprimés et non pas sur les filaments bruts. Les industriels ne s’intéressent pas forcément au filament mais plutôt aux applications qu’ils pourront donner à l’objet final. En effet, même pour un matériau identique, il va y avoir des qualités différentes en fonction des fournisseurs et donc des résultats différents.

Le PLA représente près de 80 % du plastique utilisé dans les filaments, devant l’ABS. De nouveaux matériaux qui répondent à de nouveaux usages sont en train d’arriver sur le marché. L’ABS est en recul, au profit de ces nouveaux matériaux. Mais le PLA a encore de belles années devant lui pour le prototypage.  Nous développons des matériaux techniques sous la gamme Armor 3D. Ces matériaux répondent, sur mesure, aux besoins d’usage des industriels. Nous développons désormais des filaments métaux et nous nous lançons sur les poudres polymères. En effet, la technologie à base de la filaments est la plus répandue, mais la poudre polymère monte en puissance. Nous avons d’autres matériaux, à base d’ABS ou de PETG chargés en carbone ou kevlar, pour répondre à des besoins spécifiques et techniques. Nous espérons que nous pourrons intégrer prochainement du recyclé dans les matériaux techniques pour être en phase avec le principe d’économie circulaire.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’impression 3D est-elle écologique ?

L’impression 3D permet de fabriquer un tas d’objets personnalisés, en accord avec les besoins réels des consommateurs. En fabriquant les objets sur-mesure et au plus près des consommateurs, l’impression 3D pourrait révolutionner l’industrie et la logistique.

Vers la fin des transports et des entrepôts ?

Pour imprimer un objet en 3D, il faut une imprimante, des filaments, un logiciel et un fichier numérique. C’est donc l’ensemble du cycle de production qui doit être réinventé. Plutôt que d’acheter un objet fabriqué dans une usine, il convient dans ce cas de se procurer un fichier numérique, de le télécharger et de l’imprimer. Si tout était imprimé en 3D, cela signifierait la fin des usines manufacturières, la fin des entrepôts et des transports de marchandises. À la place, il faudrait simplement plus d’infrastructures numériques, en plus des usines de fabrication d’imprimantes et de filaments. Par ailleurs, développer l’impression 3D est la promesse d’apporter des objets directement chez les utilisateurs, en particulier dans les zones dépourvues d’industries.

Moins de déchets en perspective ?

L’impression 3D repose sur le principe de la fabrication additive, en superposant couche par couche un matériau (plastique, métal, béton alvéolaire, etc.), pour fabriquer un objet. Elle s’oppose aux méthodes traditionnelles de fabrication soustractive par ponçage, découpage ou fraisage. Résultat : il n’y a pas de chutes ou de déchets de production, car le poids de l’objet est équivalent à la quantité de matière utilisée pour sa fabrication. En soi, l’impression 3D présente un doux rêve : mettre fin à l’obsolescence programmée. En effet, elle permet de réparer soi-même ses objets en imprimant les pièces détachées nécessaires.

Attention toutefois aux émissions. Pour être mis en forme, les filaments en plastique sont fondus. Certains d’entre eux émettent des composés organiques volatils (COV) toxiques. C’est notamment le cas de l’ABS pour lequel il est recommandé d’utiliser une imprimante 3D à enceinte fermée.

L’impression 3D se met aux déchets

Mis à part le PLA qui est biosourcé, la plupart des plastiques utilisés dans les filaments sont issus d’énergies fossiles. Pour plus d’éco-conception, des start-up se lancent sur le segment des filaments à base de plastiques recyclés. C’est le cas d’Armor 3D qui recycle des pots de yaourts et des toners d’imprimante. Les start-up américaines 3dbrooklyn et Refil se sont également spécialisées sur ce créneau de filaments recyclés, en différentes couleurs. Ils recyclent la matière des emballages alimentaires, des bouteilles d’eau, de la vaisselle en plastique et du plastique automobile.

Plusieurs start-up se sont également spécialisées dans le développement d’extrudeuses. Elles permettent de broyer les déchets avant de les fondre pour obtenir son propre filament d’impression 3D. Ces solutions simplifient là encore la gestion des déchets et permettent de développer une économie circulaire locale. Citons par exemple la start-up française Plast’if. Elle développe un broyeur de déchets plastique en PET, PP, et PS relié à une imprimante 3D qui les transforme  en nouveaux objets imprimés en 3D. C’est aussi le cas par exemple de ProtoCycler, FilaMaker et 3DEvo. Le développement de ces extrudeuses permettrait même de s’affranchir des usines de production de filaments.

Avis de Pierre-Antoine Pluvinage, directeur du développement d’Armor 3D : Quel est l’intérêt de l’impression 3D du point de vue écologique ?

« Le principe de l’impression 3D est de n’utiliser que la matière nécessaire à la fabrication d’un produit. Dans cette logique, on utilise moins de matières et on produit moins de déchets. En même temps, l’impression 3D est aujourd’hui surtout utilisée pour du prototypage, et le prototype est un déchet qu’il faut recycler. La technologie permet d’internaliser le prototypage plutôt que de le sous-traiter loin de son lieu de production. C’est un avantage, mais il faut faire attention à l’effet pervers d’avoir des imprimantes 3D un peu partout. Elles génèreront des déchets diffus plus difficilement récupérables. Une usine produit peut-être plus de déchets, mais ces derniers sont générés en un point. Au niveau de la consommation énergétique, il est cependant difficile de calculer les économies.

L’impression 3D ne remplacera pas tout de suite les usines traditionnelles pour faire de la production de masse. Elle n’est pas utilisée à cette fin, mais plutôt pour faire de la petite série, du sur-mesure, de l’outillage et des prototypes. Je pense que le prototypage va rester important dans les prochaines années. Toutefois, dans les dix à quinze ans à venir, la tendance va sûrement s’inverser pour aller de plus en plus vers la production de produits finis. »

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’impression 3D s’invite dans tous les secteurs

La fabrication additive s’invite dans l’industrie aéronautique et spatiale pour produire en série des pièces de haute technologie plus légères. Par exemple, Airbus a déjà installé un support en titane imprimé en 3D sur une production de série A350 XWB. L’entreprise développe actuellement Cimon, un système d’assistance aux astronautes, dont la structure métallique et plastique est entièrement imprimée en 3D.

Du côté de l’automobile, les constructeurs misent sur l’impression 3D métal pour les moteurs de demain. C’est par exemple le pari de Renault Trucks. Si l’impression 3D reste principalement cantonnée à l’impression de quelques pièces, le fabricant italien X Electrical Vehicle vient d’annoncer la commercialisation d’une voiture dont la structure serait entièrement imprimée en 3D dès avril 2019. Les fabricants de pneus Michelin et Goodyear ne sont pas en reste. Ils ont présenté un modèle de pneu sans air et recyclable, imprimé en 3D à partir de matériaux recyclés. Lorsque la bande de roulement sera abîmée, elle n’aura plus besoin d’être intégralement remplacée. Il suffira d’imprimer une couche de gomme supplémentaire.

L’impression 3D au service du BTP

Le secteur du bâtiment voit l’apparition de l’impression 3D de béton alvéolaire. Ces bétons sèchent très vite pour pouvoir utiliser cette technique de couches successives. Selon un rapport publié en 2016 par Markets & Markets , l’impression 3D en béton permettrait de réduire de 30 à 60 % les déchets de construction et de raccourcir les délais de production de 50 à 70 %. En France, la première maison imprimée de Batiprint 3D vient d’être inaugurée à Nantes. Comme le rapporte Lejournaldesentreprises, l’entreprise nantaise espère réaliser 1.000 logements d’ici 5 ans en France, en Chine et à l’île Maurice.

La fabrication additive ne s’arrête pas aux bâtiments. Un pont en béton a été installé aux Pays-Bas, un autre en Espagne. La Chine a également installé des ponts imprimés en plastique. Enfin, aux Pays-Bas, The New Raw et Aectual transforment des déchets plastiques en bancs publics imprimés en 3D qui sont installés à Amsterdam, dans le cadre du projet Print Your City!.

L’impression 3D au service du médical

L’impression 3D est particulièrement plébiscitée dans le médical. En effet, elle permet la fabrication de prothèse sur-mesure et peut-être bientôt l’impression d’organes et de peau grâce à la bio-impression. e-Nable est notamment une communauté de bénévoles qui imprime des « mains de super-héros » qui facilite la vie des enfants qui en ont besoin.

La bio-impression fabrique des structures cellulaires en déposant couche par couche des bio-matériaux. En France, l’entreprise Poietis s’est spécialisée dans ce domaine. En janvier, elle a annoncé la première commercialisation d’un tissu produit par bio-impression. Ce modèle permettra notamment l’évaluation des ingrédients et des produits finis cosmétiques et renforcera l’ensemble des méthodes alternatives à l’expérimentation animale.

L’impression 3D au service de l’alimentaire

L’impression 3D se développe même dans le secteur alimentaire. Elle permet d’imprimer des matériaux comestibles comme du chocolat ou des pâtes. La technologie permettrait ainsi de créer des menus personnalisés, bon nutritionnellement et adaptés aux intolérances et allergies de chacun. Bientôt, de nouveaux aliments imprimés à partir de poudre d’insectes ou d’algues seront inscrits à votre menu !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’éco-conception au service de l’impression 3D

Techniques de l’ingénieur : Armor 3D est une jeune start-up du groupe Armor. Quelle est sa spécificité ?

Pierre-Antoine Pluvinage : Le groupe Armor a été créé en 1922 et est spécialisé dans la formulation des encres. Armor 3D est une start-up créée en 2016. La naissance de cette activité s’appuie sur le principe de collecter les cartouches vides de nos clients et de les recycler sous forme de matières premières secondaires. Dans cet esprit, nous avons mis en place un procédé de démantèlement de ces cartouches afin de créer des filaments pour l’impression 3D. Notre gamme de filaments issus de la réutilisation de déchets plastiques s’appelle OWA. Nous avons aussi mis en place une offre de collecte des déchets de nos clients en vue de leur recyclage. Nous récupérons les objets imprimés en 3D, mais aussi les filaments et les bobines vides. Ce service est offert à tous les clients de nos consommables OWA et rencontre un véritable succès puisque 80% des impressions 3D de nos clients servent à faire du prototypage.

Au départ, nous récupérions le polystyrène noir des coques de cartouches. Nous sommes ensuite allés voir des fabricants de pots de yaourts pour récupérer leur polystyrène blanc, apte au contact alimentaire. Ensuite, nous sommes allés voir les recycleurs de chaussures de ski pour récupérer du TPU ; puis, du PLA recyclé. Utiliser de la matière recyclée pour fabriquer du filament est un procédé complexe, mais comparativement à d’autres matériaux de même qualité, notre offre n’est pas forcément plus chère. En France, nous sommes le plus gros acteur sur ce segment. La part des plastiques recyclés dans les filaments du marché n’est pas supérieure à un pour-cent. Il y a tout à faire ! Sur l’ensemble des plastiques utilisés dans le monde, les filaments représentent encore un faible marché, mais il augmente de 30% en moyenne par an. Il faut donc bien prendre en compte cette problématique. 

E.T.I : N’est-il pas difficile de recycler un objet 3D ?

P-A.P : Comme je l’ai précisé, 80% des impressions 3D servent à faire du prototypage. Et dans 90 % des cas, les prototypes ne présentent qu’une seule couleur. Les trois couleurs les plus utilisées sont le blanc, le noir et le gris. Nous avons très peu d’impressions multi-matières et multi-couleurs, ce qui simplifie le recyclage.

En revanche, nous savons que cela va se complexifier avec les nouveaux matériaux qui arrivent sur le marché. Il faudra donc mettre en place de nouveaux équipements automatisés pour séparer ou recycler ces matières. En avril, nous commençons pour cela un programme avec l’ADEME, dans le cadre de l’appel à projets Orplast 2. Son but est de réfléchir à mieux collecter et séparer les déchets plastiques en vue d’en faire des filaments de qualité.

E.T.I : Pour lutter contre l’obsolescence programmée, vous avez développé l’enceinte OWA. En quoi consiste-t-elle ?

P-A.P : L’enceinte OWA est un projet collaboratif qui a récolté plus de 77.000 € sur Kickstarter en début d’année. Nous avons travaillé avec des designers, des électroniciens et des acousticiens pour développer une enceinte blootooth personnalisable. Sa cloche extérieure est imprimée en 3D et toutes ses parties en plastique sont recyclées et recyclables. Cette enceinte est facilement démontable et réparable pour aller à l’encontre de l’obsolescence programmée. La partie extérieure sera la seule personnalisée et imprimée en 3D. Nous allons désormais industrialiser et distribuer cette enceinte à destination des entreprises, des chambres d’hôtels et des salles de réunion.

Nous démarrons actuellement un nouveau projet interne sur l’impression 3D et utilisant des films photovoltaïques organiques, une technologie phare du groupe Armor.

Propos recueillis par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’impression de pièces détachées cherche son modèle

Réputée pour le prototypage et la production de pièces personnalisées ou complexes en petite et moyenne série, la fabrication additive se voit au fil du temps accorder un nouveau mérite : la confection de pièces de rechange, à des fins de remplacement de pièces défectueuses ou usées, empêchant le bon fonctionnement de mécanismes ou d’appareils complets. L’impression 3D deviendrait un facilitateur de la réparation, «maillon essentiel de l’économie circulaire» selon le rapport de l’Ademe publié en juin 2017 sur le thème. Car réparer, c’est allonger la durée d’usage des produits et réduire leurs impacts environnementaux, écrit-on dans ce même rapport.

Les deux initiatives les plus importantes en France sont à mettre au crédit du distributeur Boulanger et de l’industriel Seb, spécialiste de l’électroménager. La plateforme web Happy 3D de Boulanger, née le 1er juin 2016, a pour objectif de centraliser des fichiers 3D de pièces détachées et de les rendre accessible à tous. «Notre base contient aujourd’hui environ 500 modèles, de marque propre (EssentielB, Listo et Miogo, NDLR) ou internationale, détaille François Longin, chef de projet Happy 3D chez Boulanger. Il s’agit de pièces de type électrodomestique : poignée de réfrigérateur, trappe de télécommande… Elles sont imprimées exclusivement en plastique et peuvent être changées par l’utilisateur lui-même, sans qu’il ait à ouvrir l’appareil, car ce sont uniquement des pièces externes, non prévues pour le contact alimentaire.»

3D
Mise au point par Boulanger, la plateforme Happy 3D propose quelque 500 modèles de pièces détachées. D’autres services tels que Cults ou Additiverse ont la même finalité.

Puisqu’il est question d’autoréparation, le service après-vente de Boulanger n’est pas impliqué. La fabrication de la pièce est confiée à l’utilisateur lui-même, s’il détient une imprimante 3D, ou à Freelabster, le partenaire de Boulanger. Le distributeur joue l’intermédiaire entre les particuliers et la communauté des «makers», qui compte 2000 personnes. Les fichiers sont distribués en open source et Boulanger n’engrange aucune recette, s’engageant même à modéliser gratuitement les pièces de ses propres marques absentes de la base. «Il n’y avait pas d’enjeu économique» ajoute François Longin. Ce projet est d’abord l’occasion pour l’entreprise de promouvoir une étiquette éco-responsable auprès de clients actuels ou potentiels.

Remplacer des pièces qui n’existent plus

Un nombre croissant de consommateurs sont en effet sensibilisés à la sauvegarde de la planète. D’autres, plus pragmatiques, sont soucieux avant tout de préserver leur porte-monnaie et de prolonger l’usage de leurs équipements autant que possible. Le contexte législatif est de surcroît propice, en témoigne dernièrement la loi «Hamon» de 2014, votée pour favoriser la réparation. Ce sont autant d’opportunités pour le groupe Seb, qui a inauguré le label «Produit réparable 10 ans» en septembre 2016. L’impression 3D, déjà employée sur de nombreux sites internationaux pour le prototypage, est mise à contribution au début de l’année 2017 pour la production de pièces de rechange.

«Nous avons réalisé deux investissements pour le service après-vente sur notre site logistique de Faucogney-et-la-Mer (Haute-Saône), précise Nathalie Pécoul, chef de projet fabrication additive pour le groupe Seb. Ce site stocke l’ensemble des pièces détachées pour les marques du groupe (Calor, Moulinex, etc. ndlr), soit plus de 30000 références. Avec notre engagement de réparation pendant dix ans, des situations de sous-stock peuvent affecter des produits très anciens. Ces deux imprimantes 3D exploitant un procédé polymère assurent l’approvisionnement quand les pièces conventionnelles et leur moule ne sont plus disponibles.»

(((légende Seb imprimante 3D))))

SEB Imprimante 3D
Le groupe Seb a investi dans une imprimante Stratasys Fortus 250, qui exploite la technologie du dépôt de matière fondue.

Le projet n’est pas encore entré dans une phase industrielle. «Pour le moment, nous testons l’impression 3D auprès de nos consommateurs, au travers de notre réseau de réparateurs agréés, poursuit Nathalie Pécoul. Nous limitons cette expérimentation à la France pour le moment, afin d’obtenir un meilleur suivi des consommateurs. La pièce de rechange n’a pas toujours le même aspect que l’objet original, par exemple. Elle est toutefois systématiquement validée par nos équipes d’ingénieurs.»

Quelques entreprises locales, semblables à des réparateurs de proximité, avaient anticipé la tendance. Micro-entrepreneur dans les Côtes d’Armor et ancien prestataire de service dans le petit bricolage, Sébastien Rannou monte son affaire, Rannou 3D, dès 2015. Equipé aujourd’hui de quatre imprimantes 3D, il modélise et produit des pièces en plastique à destination des particuliers et des professionnels. Il insiste sur l’équation économique : «Je réalise de moins en moins de pièces pour le petit électroménager car ce n’est pas assez rentable. Ce sont des petits appareils qui cassent beaucoup et qui n’ont aucune valeur marchande.» Il est vrai que dans les catégories de biens à petit prix, le coût de l’opération et de la pièce n’incite pas à la réparation, mais plutôt au remplacement à neuf.

Beaucoup de freins à lever

Les commandes des professionnels ou sortant de l’ordinaire ont l’avantage d’être plus lucratives. «J’ai par exemple imprimé un petit engrenage que j’ai facturé une centaine d’euros. Cette pièce de rechange a évité le remplacement complet d’un système valant de 3000 à 4000 euros, poursuit-il. Pour le particulier, les pièces de piscine sont également intéressantes car très chères.» Il se refuse cependant à imprimer tout et n’importe quoi. «Une pièce imprimée en 3D est 25% moins résistante qu’une pièce moulée par injection, estime-t-il. Je ne travaille pas pour l’aéronautique ou l’automobile, à moins que ce ne soit un simple support de gaine. Grâce à mon passé dans l’automatisme industriel, j’ai acquis de bonnes connaissances mécaniques pour évaluer la faisabilité une pièce.»

Redoute-il des poursuites pour contrefaçon ? «Le client a le droit de réaliser la copie d’une pièce au titre de la réparation» rappelle Sébastien Rannou. C’est l’une des craintes exprimées par le secteur de la réparation et rapportée par l’Ademe. L’agence indique cependant que, pour la plupart, «les pièces détachées ne sont ni protégées ni protégeables par les droits de propriété intellectuelle» entre autres arguments en faveur de la réparation. D’autres freins plus significatifs sont relevés, dont le manque de compétitivité (prix de la matière, temps de fabrication…) et l’inadaptation de la technologie (propriétés mécaniques ou thermiques inférieures, etc). De gros progrès techniques sont à attendre avant que l’impression 3D ne devienne un outil de réparation omnipotent et omniprésent.

Frédéric Monflier

Réparation à haute précision pour moteur d’avion

Dans les filières industrielles à haute valeur ajoutée, les réparations, souvent critiques et onéreuses, n’en restent pas moins profitables car l’appareil ou l’équipement coûte lui aussi très cher. L’industrie aéronautique est un bon exemple : le spécialiste de la réparation de moteur, Chromalloy, se sert de la fabrication additive pour réparer des pièces de turbine Pratt&Whitney. Mieux encore, au bout de quatre cycles de réparation, la durée de vie des pièces (des joints) passe de 10000 à 50000 heures. La technique mise en œuvre fait appel à la déposition de métal par laser, inventée par l’entreprise française Beam.

Beam

Les raisons de la renégociation des parcs éoliens en mer français

République bananière

Sur la forme d’abord. L’amendement déposé début mars au Sénat prévoyant une renégociation des termes des appels d’offres éoliens en mer de 2012 et 2014 a été une vraie surprise pour la filière française. « Nous ne nous attendions pas à cela de la part du gouvernement. Modifier les règles du jeu unilatéralement en cours de route, ce sont le genre de décisions que l’on voit plutôt dans les républiques bananières », s’insurge un représentant du secteur sous couvert d’anonymat. En effet, l’initiative colle peu avec l’image pro-business affichée par le Président Emmanuel Macron depuis le début de son mandat. D’autant plus qu’un premier accord avait été négocié en décembre dernier dans lequel les lauréats des appels d’offres (EDF EN, Engie et Iberdrola) avaient concédé de limiter leurs sur-rémunérations. Le Syndicat des énergies renouvelables est monté au créneau dénonçant une mesure qui remet en question  « de manière rétroactive et par simple décret des projets d’énergies renouvelables pourtant légalement attribués dans le cadre d’appels d’offres ». Heureusement pour la filière, l’amendement n’a pas été approuvé au Sénat et est reparti en Commission mixte paritaire, passage obligatoire avant une seconde lecture à l’Assemblée nationale.

Une facture de 41 milliards d’euros

De son côté, le gouvernement estime être dans son bon droit évoquant des rémunérations, estimées à 200€/MWh, totalement déconnectées des conditions actuelles de marché. Lors de la présentation à la Chambre haute dudit amendement, Olivier Dussopt, secrétaire d’État aux comptes publics, avait calculé qu’avec de tels tarifs d’achat, les six parcs éoliens en mer allaient coûter la bagatelle de 41 milliards d’euros aux contribuables et qu’une telle somme pourrait être bien mieux employée. Lors des questions au gouvernement la semaine dernière, Nicolas Hulot n’a pas dit autre chose : « Je ne ferai rien pour fragiliser la filière des énergies marines renouvelables. Dans le même temps, vous comprendrez que les projets doivent être réalisés à un coût raisonnable, car nous sommes garants des deniers publics ».

Un argumentaire conforté par les récents appels d’offres étrangers qui se sont caractérisés par un soutien public quasi nul. L’appel d’offres qui s’est tenu en Allemagne en avril 2017 a fait l’effet d’une bombe. Sur les quatre parcs éoliens attribués, trois l’ont été sans subvention aucune. Cela signifie que les porteurs de projets (Dong Energy et EnBW) se sont engagés à n’être rémunérés que sur la vente d’électricité sur le marché de gros. Plus récemment, c’est le groupe Vattenfall qui s’est engagé à construire pour les Pays-Bas deux parcs éoliens en mer avec un business model sans aide publique. Des exemples qui confortent la position du gouvernement français, du moins en partie.

Courbe d’apprentissage

Comment expliquer un tel différentiel à seulement quelques centaines de kilomètres ? Tout d’abord en raison de la courbe d’apprentissage de l’éolien offshore qui, à l’instar du photovoltaïque, est beaucoup plus rapide qu’anticipée par la plupart des acteurs de l’énergie. Or, les projets français ont été attribués en 2012 et 2014, une éternité au regard de la vitesse à laquelle les coûts semblent baisser. Deuxièmement, la concurrence acharnée que se livrent les opérateurs, désireux de se placer les premiers sur les meilleurs sites en termes de vents, d’accessibilité, etc… Enfin, les lauréats français rappellent à l’envie que les projets allemands et danois ne contiennent pas le volet réseau puisque le raccordement en mer sera réalisé par le gestionnaire de réseau TenneT, contrairement aux parcs de l’Hexagone.

Sortie vers le haut

Alors que le gouvernement semble bien décidé à faire passer l’amendement, de discrètes négociations sont actuellement en cours pour trouver une sortie vers le haut. S’il semble acquis que le tarif d’achat va être revu à la baisse, il reste encore à déterminer combien et quels leviers actionner pour que les projets gardent une rentabilité. Plusieurs pistes sont à l’étude comme la fiscalité, estimée à 6 M€/an par projet,  ou les dispositions supplémentaires concédées par les exploitants pour protéger la faune et la flore. Les engagements de contenu local pourraient être aussi être allégés en faveur d’importations et les procédures administratives accélérées pour éviter les nombreux recours qui émaillent l’installation des parcs éoliens en France. « Nous comprenons l’objectif du gouvernement mais regrettons le message négatif envoyé à la filière qui a besoin de confiance, stabilité et visibilité pour se développer. Nous sommes en revanche à la disposition du gouvernement et de nos clients pour travailler à améliorer la compétitivité de ces projets dans la concertation », indique Cédric Turnaco, responsable Communication et Affaires publiques France de Siemens Gamesa Renewable Energy (SGRE), l’un des fournisseurs de turbines des parcs en mer. Selon toute vraisemblance, le feuilleton éolien devrait être réglé d’ici juin.

Par Romain Chicheportiche

SALON GLOBAL INDUSTRIE 2018 : Techniques de l’Ingénieur rejoint le Symop

A l’occasion du salon INDUSTRIE 2018 (Paris,  du 27/03/2018 – 30/03/2018), Yves VALENTIN, Directeur Général  de Editions T.I., sera présent sur le stand du Symop jeudi 29 mars de 11h à 14h. Il expliquera en quoi l’utilisation des ressources documentaires Techniques de l’Ingénieur permet, en amont de tout projet, de réaliser des états de l’art, puis de trouver des solutions pour :

–          guider dans les choix stratégiques et organisationnels

–          lever les verrous technologiques

–          résoudre les difficultés et écarter les incertitudes, avec en particulier le service inclus de question aux experts

–          limiter les temps de recherche d’informations non créateurs de valeur marchande. En effet, si le lean manufacturing, la chasse au gaspillage, aux « muda », est établi en production, il faut aussi s’intéresser au temps non productif des ingénieurs d’étude.

En parallèle, Benoit HEIM, Auctorem, montrera comment financer l’innovation et plus particulièrement l’investissement nécessaire à la veille et ainsi bénéficier du crédit d’impôt pour un abonnement à Techniques de l’Ingénieur

La collaboration entre le Symop et Techniques de l’Ingénieur n’est pas nouvelle puisqu’en 2017 un livre blanc commun a été produit. Il est extrait du guide : Commande Numérique  Intégrer le numérique dans votre production, réalisé par les membres du groupe « Commande numérique et logiciel » du Symop pour apporter une pierre à l’édifice de la modernisation de l’industrie manufacturière.

Télécharger le livre blanc

Être French Fab, c’est innover. Comment protéger vos idées ?

L’innovation nait par une simple idée et grandit jusqu’à devenir un projet d’innovation à entreprendre. Pour les entreprises désireuses  de se lancer dans un projet ‘’industrie du futur’’ la problématique de protection de l’innovation est incontournable.
Donatienne Gauvin, chef de produit éditorial, vous partage dans cet entretien les meilleures solutions pour protéger ses idées novatrices.

M6 FONDATION - FABRIQUE TA BRIQUE
Donatienne Gauvin – Chef de produit éditorial

Exporter, c’est prendre le risque de dévoiler ses atouts sur des marchés nouveaux. La sécurisation de la propriété intellectuelle devient alors indispensable.  Comment sont traités ces sujets par Techniques de l’Ingénieur ?

La question de la propriété intellectuelle est au cœur d’une stratégie d’innovation réussie. Chez Techniques de l’Ingénieur, nous avons dédié une offre complète à toutes les facettes de l’innovation, en commençant par les techniques pour faire émerger de nouvelles idées, identifier des opportunités, organiser sa veille, jusqu’à la mise en œuvre et ses implications concrètes dans l’entreprise. 16 retours d’expérience, issues des secteurs public et privé, complètent les articles pour ancrer la théorie dans la réalité du terrain. Parmi les rubriques composant l’offre, « Propriété intellectuelle et brevets d’invention » propose une cinquantaine de fiches pratiques à destination des ingénieurs. Connaître les grandes lignes de la propriété intellectuelle, savoir lire un brevet, faire une recherche dans une base, rédiger et exploiter un brevet ou un accord de confidentialité, sont aujourd’hui des compétences indispensables pour mener à bien des projets générateurs de valeur.

A quel moment faut-il envisager cette protection ?

En droit de la propriété intellectuelle, selon une expression jurisprudentielle, les idées sont libres de parcours. En d’autres termes, les idées, novatrices ou non, ne sont pas protégées ni protégeables par le droit de la propriété intellectuelle, même par le droit d’auteur qui est pourtant le plus souple. Toutefois, l’absence de protection en tant que telle d’une idée novatrice, par le droit de la propriété intellectuelle, ne lui fait pas perdre son intérêt économique et stratégique. Les idées novatrices sont souvent les prémices d’une activité créative ou inventive. Dès lors, son secret doit être conservé et protégé, afin de conserver tout avantage concurrentiel sur l’œuvre, la marque, le brevet ou encore le dessin et le modèle à venir.

Le secret est l’un des premiers modes de protection du savoir-faire. Il est d’ailleurs au cœur de sa définition. C’est lui seul qui confère son avantage concurrentiel. Juridiquement, la protection du savoir-faire par le secret nécessite la conclusion de contrats ou de clauses de confidentialité imposant à leurs signataires une obligation de non-divulgation et de non-utilisation, à des fins autres que celles prévues dans l’accord, des informations confidentielles auxquelles ils pourront accéder. Ces obligations de confidentialité sont essentielles et doivent être imposées à toute personne susceptible d’avoir accès au savoir-faire. Techniquement, la protection du savoir-faire par le secret impose des mesures pratiques et organisationnelles garantissant, directement et indirectement, la confidentialité. Il s’agit par exemple de mettre en place un système de sécurité d’entreprise efficace et notamment des mesures physiques de sécurité. Il est également souhaitable d’instaurer un système d’identification et de classement des éléments constitutifs du savoir-faire, selon leur valeur et leur sensibilité. Les nouveaux éléments secrets doivent être identifiés et classés, et les éléments ayant perdu, pour diverses raisons, leur valeur économique doivent être déclassifiés.

Comment passer de la théorie à la pratique ?

Il faut oser se lancer ! D’autres que vous ont fait les erreurs classiques quand on met en place une stratégie d’innovation. C’est pourquoi nous avons créé le format « fiche pratique » pour vous accompagner, étape par étape, dans la mise en œuvre d’un projet réussi. Des experts, ainsi que des industriels, donnent des conseils précis et incarnés afin de vous aider tout au long du chemin. Vous trouverez également des outils, documents à télécharger et à personnaliser pour mettre en place les techniques expliquées dans les fiches pratiques.

Consultez notre article sur l’innovation

Revue de presse anglophone #14 spéciale « Social media »

Supprimer Facebook pour préserver… sa santé mentale

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Source : quartzy.qz.com

Protéger ses données sur Facebook ? Impossible !

Source : theconversation.com

Arrêtez d’envoyer des notifications aux enfants en pleine nuit !

Source : www.telegraph.co.uk

Pourquoi les fake news sur les réseaux sociaux voyagent plus vite que la vérité ?

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Source : www.theguardian.com

Les réseaux sociaux seraient plus nuisibles aux adolescentes qu’aux adolescents

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Source :  www.forbes.com

 

5 alternatives à Facebook

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Source : www.cnet.com

 

9 conseils si les réseaux sociaux vous stressent

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Source : www.forbes.com

 

Comment les réseaux sociaux influencent-ils la démocratie ?

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Source : www.digitaltrends.com

 

Par I. B

L’usine du futur, des choix stratégiques

Une nouvelle révolution industrielle est en cours… Pour les entreprises, cela représente de nouveaux concepts à appréhender, des choix technologiques et financiers à faire… il est important pour chaque structure de s’engager dans la bonne direction dès le début du projet.

Techniques de l’Ingénieur vous accompagne sur ces sujets en se joignant à S2M, Smart Manufacturing Meetings, les 30-31 mai 2018 à Paris. Au cours de cet événement, découvrez une série de conférences organisées avec Techniques de l’Ingénieur !

Au programme, retrouvez notamment :

  • L’Intelligence Artificielle au service des performances de production industrielle
    • Léa Relkin – OPTIMDATA
  • Optimiser la qualité grâce à l’Intelligence Artificielle
    • Aurélien Verleyren – DATASWATI
  • La maintenance prédictive : transition pour l’usine du futur
    • Bruno Duquesne – I-CARE
  • La simulation numérique, une opportunité pour les PME d’améliorer leurs performances et résultats
    • Karim Azoum – Teratec
  • De l’idée au projet : l’art de pitcher pour faire la différence
    • Laura Chagneux-Becker –  Florent Ploujoux – Chloé Moortgat, YA+K
  • Intrapreunariat : les nouvelles clés de l’innovation
    • Laura Chagneux-Becker –  Florent Ploujoux – Chloé Moortgat, YA+K
  • Les outils et méthodes à mettre en place pour piloter son projet Industrie du futur 
    • Jean-Pierre Perez / EGGERS Conseil

Vous souhaitez vous inscrire ? C’est par ici

 

Profitez également de la proximité avec l’événement M2i, Matériaux Innovants et Intelligents, pour découvrir les matériaux de demain !

Découvrez les matériaux de demain !

Innovation, technologies disruptives et nouveaux matériaux :
autant de sujets passionnants que Techniques de l’Ingénieur vous aide à approfondir depuis de nombreuses années. Pour appréhender les récentes innovations et leurs champs d’application, participez aux conférences organisées lors des rendez-vous M2i les 30 et 31 mai à Paris.

M2i est le salon d’affaires des matériaux innovants, matériaux intelligents et fonctionnels.  En plus des rendez-vous d’affaires, une série de conférences est planifiée pour vous faire découvrir les matériaux du futur, leurs propriétés et leurs applications. Au programme, vous retrouverez notamment :

  • Le graphène peut-il rendre des matériaux polymères intelligents ?
    • Philippe Poulin – Centre de Recherche Paul Pascal – CNRS
  • Graphène : comment exploiter ce matériau exceptionnel dans l’industrie ?
    • Alban Chesneau – Carbon Waters
  • Des fenêtres intelligentes aux afficheurs : optimisation de matériaux électrochromes pour de multiples applications
    • Aline Rougier – Université de Bordeaux
  • Matériaux photochromiques : mise en lumière des innovations
    • Stéphane Aloïse – Institut Chevreul de Lille
  • De l’idée au projet : l’art de pitcher pour faire la différence YA+K
    • Laura Chagneux-Becker –  Florent Ploujoux – Chloé Moortgat– YA+K
  • Intrapreunariat : les nouvelles clés de l’innovation
    • Laura Chagneux-Becker –  Florent Ploujoux – Chloé Moortgat – YA+K
  • Les outils et méthodes à mettre en place pour piloter son projet Industrie du futur 
    • Jean-Pierre Perez / EGGERS Conseil

Vous souhaitez vous inscrire ? C’est par ici.

Profitez également de la proximité avec l’événement S2m, Smart Manufacturing, pour élargir votre vision de l’industrie de demain !

Parvenir à 30% de solaire et d’éolien dans le mix électrique français est possible en 5 ans selon le PDG de Neoen

Après avoir indiqué le 8 mars souhaiter « ne pas brutaliser EDF » tout en estimant que « le nucléaire n’est plus une énergie d’avenir », Nicolas Hulot a enfoncé le clou sur France 2 le 19 mars en soulignant que dans une démocratie, « ce n’est pas EDF qui décide ! » de l’avenir énergétique des Français. « C’est le gouvernement après consultation des Français. Une consultation de plusieurs mois, c’est inédit ».

Le PDG de Neoen, Xavier Barbaro, a délivré dès juin 2017 sur la radio publique France info un message clé pour éclairer ce débat. Neoen, n°3 en France français après EDF et Engie, a construit près de Bordeaux la plus grande solaire d’Europe (300 MW). Le groupe est particulièrement actif en Australie où il a installé une batterie de 140 MWh permettant d’assister un parc éolien. Un nouveau projet portant sur une batterie de 400 MWh est dans le pipeline.

France info « Quelle pourrait être la part de l’énergie renouvelable en France ? » 

Xavier Barbaro« 30% facilement entre l’éolien et le solaire. On voit que l’Allemagne est en train d’y arriver et que cela ne pose aucun problème au réseau. Aujourd’hui on est bien en deçà de ce niveau là donc on a une marge de progression extrêmement importante en France. En Italie, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, le niveau de renouvelables est plus élevé qu’en France et ça marche très bien ».

En effet la plupart des experts s’accordent sur le fait qu’atteindre environ un tiers de solaire + éolien ne posera pas de problème en France sur la base des outils de flexibilités dès à présent en place, notamment l’hydroélectricité modulable. Et que parvenir à 80-90% sera possible en faisant appel à du stockage intra-journalier additionnel, autrement dit quelques heures de stockage de type STEP ou batteries. Les 10 à 20% restants peuvent être comblés avec du back-up thermique classique type gaz. Gaz qui pourra devenir vert dans le futur, via la bioélectricité et l’électrolyse. Mais avant de songer à la troisième étape il convient de focaliser concrètement sur la première.

France info : « Et à quelle échéance, si l’on voit les projections de la Loi de transition énergétique on pourrait y être quand ? ».

Xavier Barbaro : « On pourrait y être (30% de solaire + éolien en France ndlr) dans 5 ans. Il y a aujourd’hui en France de vrais champions nationaux, à la fois industriels, à la fois énergéticiens; des grands, des petits, donc le savoir-faire est là. Il est là, il est exportable aussi d’ailleurs, mais en France la filière est en place et peut en faire beaucoup plus si on nous y invite » (sourire).

Le PDG de Noen a ajouté: « C’est assez paradoxal, il y a aujourd’hui moins de centrales solaires en France qu’en Angleterre. Il y a encore beaucoup à faire en France. »

« Même en France le solaire et l’éolien sont extrêmement compétitifs, il manque de la simplification administrative tout simplement. Il y a 2 ans le MWh solaire coûtait 105 euros (en France ndlr). Il coûte aujourd’hui moins de 60 euros. Donc il y a deux ans on était au niveau des EPR, du nouveau nucléaire ; aujourd’hui on est en train d’aborder le niveau du nucléaire historique. Et nos coûts vont continuer à baisser alors que les coûts du nucléaire ont plutôt tendance à continuer à augmenter. »

Avec 30% de solaire + éolien, 15% d’hydroélectricité et 5% autres EnR, la France peut produire la moitié de son électricité de façon durable. L’électrification complète de l’intégralité du parc automobile conduirait à une hausse d’environ +15% de la demande électrique, tout en conduisant à une baisse globale très significative de la demande en énergie primaire.

Jean-Gabriel Marie

Une expédition sur les traces du réchauffement climatique #2

« Nous sommes arrivés avec un jour de retard à cause d’une mauvaise météo qui nous empêchait de décoller. Depuis il fait grand beau et -25°C.
Les nuits sont particulièrement froides : nous sommes à la limite de nos équipements mais le moral est la.

image1

Malgré ces températures saisonnières, les effets du réchauffement climatique sont bien présents : plus tôt dans la saison, au début du mois de février, ont eu lieu une série de tempêtes qui a brisé une bonne partie du fjord. Les tempêtes ont été violentes et la glace est plus fine que d’habitude.

Cela nous oblige à revoir complètement notre itinéraire de retour : nous devrons passer par les terres. Celui-ci durera 3 semaines et nous prive d’une semaine en terre de Milne.

Après nous être fait déposés à Sydkap en motoneige, nous évoluons désormais sur la banquise entre les iceberg. Nous sommes vraiment sur une autre planète. D’ici 2 jours nous devrions arriver en Terre de Milne. 

MILNE - Carte 2
Carte terre de Milne

À la semaine prochaine. »

Pour en savoir plus sur cette expédition :

Les épisodes précédents:

 

Filtrer l’eau et trier des ions avec des MOF

Les réseaux organo-métalliques (MOF pour metal-organic framework) sont des matériaux de nouvelle génération composés d’ions métalliques ou de groupe d’atomes métalliques reliés entre eux par des liens organiques et qui forment des structures à une, deux ou trois dimensions. Ils possèdent une très grande surface de contact interne comme une sorte d’éponge cristalline qui peut capter, stocker et relarguer d’autres composés chimiques. Dans ces travaux, publiés dans Sciences Advances, des MOF ont été testés pour filtrer le sel et les ions de l’eau de mer de manière efficace et beaucoup moins énergivore que les membranes utilisées actuellement. Les recherches ont été menées par des chercheurs australiens de la Monash University (Melbourne) et du CSIRO en collaboration avec l’Université du Texas (Austin – Etats-Unis).

Sélectivité, déshydratation et transport rapide

Pour mettre au point leurs filtres sélectifs à base de MOF, les chimistes se sont inspirés de la structure et du fonctionnement des membranes cellulaires, capables de trier des ions aux diamètres proches et de les faire circuler très rapidement. L’objectif était de réussir, comme le font les membranes, à être sélectif sur plusieurs ions  monoatomiques dont la valence et la taille sont similaires tels que les ions Li+, Na+, et  K+.

S’appuyant sur les récentes recherches concernant les membranes MOF munies de pores de l’ordre de l’ångström (0,1 nm) pour des technologies de séparation et de perméation des gaz ou de solutions, ces travaux ont montré qu’une membrane ultrafine de type ZIF-8 (ZIF pour zeolitic imidazolate framework) pouvait ainsi transporter très rapidement et sélectivement des ions lithium parmi d’autres ions alcalins tels que NA+, K+ et Rb+. Les simulations de dynamiques moléculaires laissent à penser que ce phénomène est associé à une déshydratation des ions. D’autres types de membranes ont été testée, comme une de type UiO-66 qui montre des résultats similaires mais moins performants. Ces résultats ouvrent la voie à de nombreux développement de membranes basées sur des MOF avec des pores subnanométriques pour des applications de séparations d’ions efficaces.

Vers un lithium plus accessible et moins polluant?

Non seulement cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour les process de désalinisation mais elle intéresse aussi la filière d’extraction du lithium. En effet, les procédés actuels d’extraction du lithium depuis la roche ou l’eau salée utilisent des solvants polluants, ils sont peu efficaces et impactent fortement les économies et sociétés locales. La demande globale de lithium continuant de croître pour le marché des appareils électroniques et des batteries, ces nouveaux types de membranes pourrait constituer une nouvelle voie d’extraction, plus propre et permettant par exemple d’utiliser l’eau de mer, ressource courante et accessible partout dans le monde ou encore de l’utiliser sur des rejets d’autres industries comme sur les rejets secondaires à l’extraction de gaz de schistes tels que ceux du Texas qui sont riches en lithium.

Par Sophie Hoguin

Une idée lumineuse et vitaminée pour dépolluer l’eau

Ces travaux, publiés dans la revue Angewandte Chemie, proposent une méthode peu coûteuse et facile, alternative aux systèmes laser complexes actuellement requis pour ce genre de tâches. En photochimie, on utilise la lumière pour initier des réactions dans des molécules. Parmi les pistes intéressantes repérées actuellement, les chercheurs explorent la libération d’électrons hydratés. L’avantage de ces électrons c’est qu’ils sont extrêmement réactifs et qu’ils disparaissent très vite après leur création, ne laissant ainsi aucun résidu toxique. En outre, ils possèdent un fort pouvoir réducteur et peuvent ainsi réagir avec des molécules très stables pour les détruire ou les fractionner.

Un intermédiaire qui a la forme

Le procédé mis au point par l’équipe allemande consiste simplement en une diode émettant de la lumière verte, des traces d’un complexe métallique agissant comme un catalyseur et de la vitamine C. La méthode a été testée avec succès sur de l’acide chloroacétique, une substance extrêmement toxique, stable et persistante, employé couramment dans l’industrie des herbicides, des plastiques ou des médicaments. Les électrons hydratés générés lors des expériences ont fractionné l’acide chloroacétique en deux composés non toxiques. D’après les chercheurs cette méthode peut être appliquées avec succès sur l’ensemble des chlorures et des fluorures et l’approche devrait aussi intéresser nombre d’autres réactions photochimiques qu’il est encore aujourd’hui difficile d’initier sans des approches complexes, coûteuses et lourdes à mettre en place via des systèmes de lasers pulsés à haute puissance. Or les chimistes ont montré dans leur étude que leur méthode produisait autant d’électrons hydratés que ce type de système de lasers à haute puissance.

Par Sophie Hoguin

Micropolluants : l’ozonation est-elle efficace en station d’épuration ?

Même si la réglementation ne fixe pas encore de seuil de concentrations concernant les micropolluants (résidus de médicaments, pesticides, hormones etc.), certains sont déjà sur la sellette au niveau européen et nul doute que la réduction de leur présence dans les eaux sera l’une des priorités des années à venir. La France s’est d’ailleurs dotée depuis peu d’un plan quinquennal « micropolluants » (2016-2021). Dans ce cadre, de nombreuses méthodes sont aujourd’hui en cours d’élaboration ou de test et on évalue au mieux leur efficacité et leur pertinence économique. Le projet Micropolis-Procédés sur l’ozonation mené par l’Irstea et ses partenaires (Suez et l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse) en est l’un des exemples.

Un test sur 76 micropolluants

L’ozonation, qui correspond à une oxydation par l’ozone, consiste à dégrader les molécules des micropolluants en d’autres molécules que l’on espère non dangereuses pour la santé ou l’environnement. Installé dans la station d’épuration de Sophia-Antipolis, le réacteur d’ozonation où ont eu lieu les tests et les campagnes d’échantillonnages a permis sur trois ans d’analyser les rendements de la dégradation par ozonation sur 76 micropolluants (organiques ou métalliques) réfractaires au traitement biologique, de les classer et de déterminer la dose d’ozone juste nécessaire pour chaque classe. Au final, il ressort que le rendement de dégradation varie de 70 à 90 % et que l’on peut classer les micropolluants en trois catégories selon leur capacité à être oxydés plus ou moins rapidement.

Un impact global à affiner

Si la dégradation des micropolluants est bien réelle, de nombreuses interrogations subsistent. En effet, l’écotoxicité des produits de dégradation n’est pas forcément connue, notamment leurs effets comme perturbateurs endocriniens. Aussi, avant d’établir un bilan totalement positif de cette expérience, un projet complémentaire Micropolis-Indicateurs a été mené dont les résultats finaux devraient être présentés fin mai 2018. Les résultats partiels semblent indiquer que le pouvoir de perturbateurs endocriniens de nombreuses substances est seulement diminué par l’ozonation mais pas forcément assez ( voici les résultats intermédiaires). Côté consommation énergétique, la mise en place du procédé d’ozonation a engendré une hausse de  20 à 25 % de la consommation électrique de la station. Cependant, nuance Jean-Marc Choubert, le responsable du projet à l’Irstea, cela ne représente qu’une augmentation de 10 à 18€HT par m³ d’eau traitée soit une dizaine d’euros par an pour le consommateur.

Ce projet a ainsi permis d’établir les premières données scientifiques de référence et d’élaborer des recommandations et des solutions d’optimisation immédiatement applicables pour la station. Les résultats sont désormais à la disposition des collectivités et des professionnels en charge de l’épuration qui souhaitent bénéficier de ce retour d’expérience.

Sophie Hoguin

Techniques de l’Ingénieur rejoint la French Fab

Yves VALENTIN
Yves VALENTIN

Vous avez rejoint le mouvement French Fab, l’étendard du savoir-faire français, quel est le savoir-faire de Techniques de l’Ingénieur?

Depuis plus de 70 ans, Techniques de l’Ingénieur est au service des entreprises francophones pour les soutenir dans leurs projets. Grâce à nos bases documentaires techniques et scientifiques validées par des experts et comités scientifiques, nous aidons les entreprises à acquérir les bonnes pratiques et les savoir-faire nécessaires à l’innovation, l’intégration de nouvelles technologies ou le maintien à niveau de leurs pratiques industrielles.

Nous publions plus de 450 articles par an pour maintenir cette ressource documentaire à jour, fiable et pertinente. En quelques mots, Techniques de l’Ingénieur est un site web, une vocation, une seule motivation : recueil des savoir-faire et source des innovations des industries françaises.

Être French Fab veut-il dire être les meilleurs ? Quelle est votre ambition ? 

Oui et non en même temps. Oui car le savoir-faire français n’a jamais connu de recul et n’en connaîtra pas d’ailleurs. Non parce qu’être French Fab c’est toujours aller de l’avant, et quand on avance on progresse. Chez Techniques de l’Ingénieur, chaque jour, nous cherchons l’amélioration continue et l’adaptation aux nouvelles technologies ; celles-ci vont toujours plus vite et nous restons en veille active pour mettre à jour nos produits et services, ainsi que nos outils de production.

Notre ambition principale, c’est de toujours progresser, être à l’écoute des nouvelles technologies innovantes pour satisfaire nos clients et en conquérir de nouveaux.

Que peut apporter Techniques de l’Ingénieur aux industries French Fab ? 

Les entreprises françaises doivent se battre sur le terrain de l’innovation, car nous ne sommes pas un pays low cost. Nous leur proposons les outils pour aller plus loin, se démarquer de la compétition et se positionner sur des produits ou prestations à haute valeur ajoutée. De plus, Techniques de l’Ingénieur est un outil éligible au crédit impôt recherche, ce qui est très intéressant pour les entreprises qui se projettent dans l’industrie du futur et l’innovation.

Et comme je l’ai dit précédemment, nous publions chaque année des centaines d’articles sur les  innovations technologiques et les meilleures pratiques à adopter pour accompagner les entreprises dans le changement.

L’innovation, qu’elle soit de produit et de procédé ou organisationnelle, se doit d’être au cœur de la stratégie des entreprises industrielles : c’est un moyen d’atteindre ses objectifs stratégiques, d’améliorer sa compétitivité, de se différencier. Le déploiement de l’innovation peut s’appuyer sur des méthodes et techniques éprouvées, certaines plus adaptées à l’innovation ouverte ou au management du changement : un exemple d’article vous est spécialement ouvert à cette occasion, n’hésitez pas à le consulter.

Cliquez ici pour  consulter l’article. 

Le futur numéro un mondial de l’automobile sera-t-il chinois ?

La Chine, pays qui a un état très fort, est sans doute le cadre idéal pour mettre en place la stratégie de BetterPlace qui repose sur l’échange ultra-rapide des batteries dans des stations robotisées. Nio, c’est la synthèse du meilleur de Tesla (avec un sosie de la Model X) et de BetterPlace, le tout soutenu par le géant de l’internet chinois Tencent.

Tesla excelle dans la communication mais inquiète en revanche de nombreux analystes à propos de sa capacité (ou pas) à produire en masse ses véhicules. Comme par exemple Isabelle Chaboud, Professeur associé d’analyse financière, d’audit et de risk management, au sein de Grenoble École de Management (GEM), qui a publié le 2 mars la tribune « Tesla, un magicien dans l’espace ? »

Avec Nio la Chine pourrait devenir dans les années futures un géant mondial de la production automobile, et pourrait détrôner le japonais Toyota, l’allemand Volkswagen et l’américain General Motors.

Le tout sans avoir balancé une Tesla Roadster sans passagers dans l’espace.
Car c’est sur Terre que les voitures électriques sont utiles.

Jean-Gabriel Marie

Impulser le développement des gaz renouvelables

La loi de transition énergétique pour la croissance verte a pour objectif que les gaz renouvelables assurent 10 % de la consommation française de gaz en 2030. En premier lieu, ces gaz comptent le méthane obtenu par méthanisation ou pyrogazéification, un procédé à haute température qui transforme la biomasse ou des déchets en gaz de synthèse. La famille des gaz renouvelables compte également l’hydrogène obtenu par électrolyse de l’eau. On parle de power-to-gas pour qualifier cette dernière technologie lorsque l’électricité utilisée provient des périodes où la production électrique des éoliennes et du solaire est supérieure à la demande. Les usages de ces gaz sont multiples : électricité, chaleur, carburant et matières premières industrielles.

Malgré les ambitions à long terme, les gaz renouvelables couvrent à ce jour moins de 1 % de la consommation française. La dynamique reste encore largement insuffisante. Le gouvernement annoncera donc un nouveau plan pour faire émerger la méthanisation, qu’elle soit agricole, territoriale ou encore industrielle le 26 mars prochain. Un fonds de prêt de 100 millions d’euros a d’ores et déjà été annoncé. La note de la Fabrique Ecologique Gaz 100% renouvelables – Comment impulser le mouvement maintenant arrive donc à point nommé pour alimenter le débat.

Impulser le développement de la méthanisation

La méthanisation est la technologie de production de gaz renouvelable la plus mature. Elle était déjà sur le devant de la scène lors de la Conférence environnementale en 2012. La feuille de route prévoyait un plan national biogaz. Stéphane Le Foll, alors ministre de l’agriculture, et Delphine Batho, ministre de l’écologie, avaient lancé dans la foulée le Plan Energie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA). L’objectif était de développer en France, à l’horizon 2020, 1.000 méthaniseurs à la ferme, contre 90 fin 2012. Il était par ailleurs projeté l’installation d’environ 500 méthaniseurs supplémentaires utilisant des déchets ménagers, des déchets de l’industrie agroalimentaire et des boues de stations d’épuration. Mais en 2018, on ne compte qu’environ 600 unités en fonctionnement, dont environ 400 dans le domaine agricole, largement en dessous des objectifs. Plusieurs freins empêchent encore leur développement.

Afin d’impulser le développement de la méthanisation, la Fabrique Ecologique propose de tripler le nombre de méthaniseurs en activité d’ici 2020, avec comme date butoir le terme de la PPE en 2023. Pour ce faire, elle incite les pouvoirs publics à simplifier les procédures administratives, diminuer les délais et faciliter l’accès aux crédits bancaires pour les agriculteurs. Elle propose également de mettre en place à grande échelle une filière de valorisation des digestats sous forme d’engrais.

Une feuille de route pour le power-to-gas et pour adapter les réseaux

Pour gérer le surplus de production photovoltaïque et éolienne, la Fabrique Ecologique propose par ailleurs de définir une feuille de route pour le power-to-gas. Il conviendra de simplifier la législation en cours sur la production et le stockage d’hydrogène, favoriser les expérimentations territoriales, en particulier dans les territoires insulaires.

Le développement des gaz renouvelables nécessitera également la modernisation des réseaux de transport et de distribution. Pour la Fabrique Ecologique, il apparaît essentiel de maintenir des budgets R&D « Smart Gas Grid » dans le tarif et mettre en place des dispositifs de soutien.

En collaboration avec GRDF et GRTgaz, l’ADEME a publié en janvier 2018 de nouveaux scenarios consacrés au gaz naturel. Sa principale conclusion est qu’un mix de gaz 100% renouvelables pourrait entièrement couvrir la demande française de gaz naturel injecté dans les réseaux en 2050. Pour y parvenir, 30 % du gaz serait obtenu par méthanisation et 30 % pourrait provenir du power-to-gas. Enfin, 40% proviendrait de la pyrogazéification.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

NAPEC NORTH AFRICA est de retour pour sa 8e édition, Techniques de l’Ingénieur est au rendez-vous !

NAPEC est dédié au marché de l’Afrique du Nord et consacré aux activités de l’Upstream, Midstream et de Downstream. Il rassemble tous les fournisseurs de produits, services et technologies qui gravitent autour de l’activité pétrolière et gazière.

540 exposants venant de 40 pays différents, représentant toutes les activités inhérentes au domaine énergétique, 125 conférenciers partagent leurs expériences et meilleures pratiques.

Techniques de l’Ingénieur, partenaire de référence des plus gros acteurs du secteur, se doit d’être présent sur cet événement au cours duquel les dernières tendances et innovations de la technologie de forage et plus généralement de l’industrie pétrolière et gazière sont présentées.

C’est l’occasion pour Techniques de l’Ingénieur de rencontrer les sociétés du secteur énergétique de ce continent et de leur apporter des ressources utiles à leur développement.

Venez nous retrouver sur le STAND  C4.17 – Cliquez ici pour obtenir une invitation

Rapport Notat-Sénard: la RSE devient stratégique

Techniques de l’ingénieur : Quelles sont les grandes propositions du rapport Notat-Sénard ?

Anne-France Bonnet : Ce rapport vient alimenter un projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres le 18 avril prochain Il fait évoluer la perception du rôle de l’entreprise de façon assez fondamentale. La première recommandation propose de compléter l’article 1833 du Code civil en ajoutant un alinéa. Le code actuel dispose que « toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés ». Il serait complété ainsi : « la société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». Cela indique clairement que l’intérêt de la société ne se résume pas à celui de ses seuls associés. C’est dans son intérêt propre de considérer les enjeux sociaux et environnementaux dans son activité. Cela peut paraître subtile, mais c’est très important en termes de vision.

Les 14 recommandations sont assez exhaustives et proposent un cadre souple avec une vision extrêmement précise de ce que devrait être l’entreprise dans notre société. Le rapport souhaite notamment impliquer davantage le conseil d’administration dans la définition de la raison d’être de l’entreprise, en augmentant le nombre d’administrateurs salariés. Il suggère également le développement de labels RSE sectoriels pour que chacun puisse y voir un moteur de transformation et d’avancées. Par ailleurs, les entreprises pourront inscrire leur raison d’être dans leurs statuts. Toutes ces recommandations sont des solutions appropriables rapidement, car dans les codes et la culture des acteurs économiques.

Enfin, le rapport propose de développer des critères RSE dans les rémunérations variables des dirigeants et d’engager une étude sur le comportement responsable de l’actionnaire. Il reste encore un chantier gigantesque à mener sur les investissements et le secteur financier. L’entreprise ne peut pas tout faire toute seule : elle a besoin d’un secteur financier qui comprenne ces messages.

E.T.I : Quelles seront les répercussions concrètes pour les entreprises en termes de RSE ?

A-F.B : On observe déjà réellement une tendance à plus de RSE dans les entreprises, mais encore beaucoup d’entre elles ne savent pas comment s’y prendre, car le sujet est très global. On décèle trois grandes postures vis-à-vis de la RSE. En bas de l’échelle des engagements, des entreprises gèrent le sujet de façon normative ou pour gérer les risques. Au-dessus, on trouve celles qui la considèrent comme impérative en termes de réputation. Enfin, il y a celles qui la considèrent comme un enjeu stratégique de pérennité et d’innovation.

Les recommandations du rapport connectent la RSE comme étant le chemin pour réaliser la mission d’entreprise. La RSE n’est plus une garantie supplémentaire ou un élément réputationnel et d’obligation qui invite à minimiser les impacts négatifs en maximisant les impacts positifs. La RSE devient complètement intégrée à la mise en oeuvre de son activité et un élément stratégique.

E.T.I : Comment une entreprise pourra-t-elle s’adapter pour définir et mener sa mission ?

A-F.B : Cela s’intègre dans un projet de transformation. Une mission est directement associée à des engagements, et donc à des indicateurs sur lesquels un collectif s’engage. On n’est plus dans la communication, surtout si la mission est inscrite dans les statuts. Dans ce cas, il faut tout d’abord formuler sa mission, puis les engagements associés et les indicateurs. Changer sa mission se fait forcément, avec le conseil d’administration, tout ou partie de ses collaborateurs et tout ou partie de son écosystème. Il faudra répondre à plusieurs questions : comment créer la colonne vertébrale d’engagements au regard de cette mission ? Quels sont les indicateurs qui permettent de suivre ces engagements ? Qui les pilote et comment se fait le suivi ? Ensuite, il faudra mettre en place les systèmes de reporting et définir les voies pour la communication. La collaboration et la co-construction à un tel niveau de responsabilité sont une nouveauté pour les entreprises.   

E.T.I : Pourquoi cette réforme est-elle nécessaire ?

A-F.B : Le gouvernement souhaite changer la perception qu’ont les Français du monde de l’entreprise. Il y a un enjeu de pédagogie pour expliquer à tout un chacun qu’un acteur économique est aussi au service du collectif. Les sociétés ne sont pas là que pour faire un profit direct !

La perception de la société civile sur l’économie est intéressante, d’autant plus qu’en France, le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) est fort, représentant environ 10 % du PIB. L’ESS se réservait jusqu’à aujourd’hui la définition de la raison d’être dans les statuts. Cela change la donne puisque cela embarque dans une mission plus élargie 90 % des acteurs économiques. Cela va « challenger » les acteurs de l’ESS pour aller encore plus loin dans leur singularité.

Propos recueillis par Matthieu Combe

Réseaux 4 G : la sécurité est (toujours) aux abonnés absents

Vous pensez être à l’abri des pirates et espions en utilisant le réseau 4G : peine perdue ! Des chercheurs issus de Purdue University et de l’Université de l’Iowa ont repéré une vingtaine de failles impactant ces réseaux mobiles. Ce n’est pas la première fois que des vulnérabilités sont découvertes dans ce domaine. En juillet 2017, des chercheurs britanniques, allemands et suisses avaient constaté un défaut dans le protocole cryptographique sur les réseaux 3G et 4G.

Cette faille avait un impact relativement limité. Reposant sur des IMSI-catchers (équipement imitant des réseaux), cette attaque permettait de détourner des téléphones du réseau 3 G ou 4 G pour les rediriger vers le réseau 2G, dont le chiffrement est beaucoup moins sûr que celui des réseaux à plus haut débit. Des pirates pouvaient ainsi obtenir des informations sur la géolocalisation.

Les révélations des scientifiques de Purdue University et de l’Université de l’Iowa sont par contre plus inquiétantes. Pour deux raisons. Premièrement, les risques sont plus élevés et, deuxièmement, la mise en pratique des attaques ne nécessite pas du matériel hors de prix. Ils ont en effet « dépensé entre 1300 et 3900 dollars pour créer leurs plates-formes d’attaques. Pour créer une fausse station de base, ils ont utilisé un équipement radio (USRP B210) qui se trouve dans le commerce et qui se branche en USB sur un ordinateur portable Intel Core i7 sous Ubuntu (une distribution GNU/Linux, NDLR) », explique le site 01Net.

Panique générale !

L’équipe n’a pas souhaité donner plus de détails. Heureusement, car l’une de leurs attaques, baptisée « Authentication relay attack », permet d’intercepter les messages d’un utilisateur, d’usurper sa position géographique et de provoquer des dénis de service. Dans ce dernier cas, il s’agit de l’équivalent des attaques Ddos (Ddos (Distributed Denial of Service ou attaque par déni de service) qui consiste à inonder le serveur d’une entreprise ou d’un site web pour le rendre inaccessible.

Plus inquiétant encore, une autre attaque permet de localiser une personne dans une zone géographique donnée. Enfin, ces chercheurs ont expliqué qu’ils pourraient aussi (sous certaines conditions) provoquer un vent de panique en envoyant en masse de faux messages au travers d’une fausse station de base 4G… Début 2018, une fausse alerte au missile avait semé la panique à Hawaï ! C’était une fausse alerte : un employé avait appuyer sur le mauvais bouton.

Le point faible est donc la station, surtout lorsqu’elle est gérée par des petits opérateurs ou dans des pays en voie de développement. Et ce n’est pas la première fois que des hackers pointent du doigt ces lacunes de sécurité. Fin 2015, des experts de la société P1 Security avaient démontré qu’il était possible de compromettre le cœur de réseau d’un opérateur 4G en… quelques heures

Face à de telles menaces, il n’y a que trois options possibles : utiliser un smartphone sécurisé comme le Blackphone, installer un VPN pour renforcer la confidentialité de ses échanges, ou encore ressortir son BiBop pour ceux qui possèdent encore cet ancêtre de France Telecom…

Philippe Richard

Nucléaire : Le feuilleton judiciaire de l’EPR finlandais est clos

450 M€ pour solde de tout compte

Areva SA et Siemens, membres du consortium en charge de la construction de la centrale nucléaire d’Olkiluoto 3 (OL3), ont accepté de verser à TVO la somme de 450 millions d’euros en compensation des retards dans la réalisation du projet. Une somme importante mais bien loin des 2,6 milliards d’euros exigés par l’électricien finlandais devant la Cour d’arbitrage saisie par les partenaires. Entre novembre 2016 et 2017, la Cour avait statué à trois reprises en faveur de TVO, et l’arbitrage final, prévu en début d’année, ne laissait guère de doute sur la condamnation du Français. La conciliation était donc certainement la meilleure option pour Areva. « Les Parties prévoient le closing de la transaction avant fin mars, lorsque les dernières conditions auront été satisfaites », explique le groupe. Il a également dû s’engager à ce que les fonds alloués au projet soient suffisants et couvrent l’ensemble de la période de garantie applicable. Une demande de TVO qui craignait que la reprise de la branche réacteur d’Areva par EDF n’ait une incidence négative sur le chantier d’OL3.

10 ans de retard

Après une énième révision du calendrier de mise en marche en octobre dernier, l’EPR finlandais doit entrer en service en mai 2019, soit avec 10 ans de retard. Son budget a logiquement explosé : 10 milliards d’euros contre 2,2 Mds € prévus à la signature du contrat en 2006. Autant dire que le premier exemplaire du réacteur de dernière génération d’Areva n’a pas vraiment été la vitrine du savoir-faire français qu’espéraient ses promoteurs. Un fiasco qui n’est sans doute pas à mettre au seul compte d’Areva. Si le groupe a fait preuve d’un optimisme bien trop grand pour une tête de série, a montré de sérieuses lacunes dans la conduite du chantier (qui n’était pas son cœur de métier), et dans le choix de ses fournisseurs, les relations avec son client et l’autorité de sûreté finlandaise (STUK) ne semblaient guère aisées. Le manque de communication de TVO et les procédures du STUK, jugées excessivement pointilleuses par les ingénieurs français, auraient considérablement compliqué la construction.

Selon Philippe Varin, président du conseil d’administration d’Areva SA, « ce règlement global d’un projet notoirement difficile marque un jalon essentiel dans la restructuration de l’industrie nucléaire française. Nous sommes satisfaits de cet accord qui permet de réduire très sensiblement les risques de la phase finale du projet pour toutes les parties concernées ».

Trois autres EPR sont actuellement en construction. Celui de Flamanville en France qui accuse également retards et surcoûts, et deux autres en Chine (Taïshan) qui semblent quant à eux respecter le calendrier initial. EDF a conclu en 2016 un contrat pour la construction de deux EPR à Hinkley Point en Angleterre, dont la livraison est prévue pour 2023 et a signé il y a quelques jours un protocole d’accord avec l’électricien indien NPCIL en vue de la réalisation de 6 EPR à Jaitapur.

Romain Chicheportiche