2000 euros le mètre-carré : la route solaire normande de Ségolène Royal

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Les affiches de Greenpeace

« Ministre hors la loi ». L’ONG Greenpeace-France ne mâche pas ses mots suite au renoncement de la Ministre de l’écologie en matière de transition énergétique. « Ségolène Royal, 63 ans, n’a pas résisté au lobby nucléaire » s’indigne l’ONG. « Elle s’apprête à signer un décret pro-nucléaire en contradiction avec sa propre Loi ».

De son côté le PDG de Planète OUI, Nicolas Milko, appelle la ministre à mettre fin à une « écologie élitiste ». Pendant ce temps Ségolène Royal s’est rendue le 24 octobre 2016 dans l’Orne pour le lancement d’une route solaire d’un kilomètre.

Attention à la sortie de route

« Les panneaux mesurent 70 centimètres de large et 1.40m de long (soit une surface de 0,98 m2) et nous allons en installer 2600 unités sur cette route » a indiqué le 24 octobre 2016 à Tourouvre dans le Perche ornais Jean-Charles Broizat, le directeur de Wattway, propos rapporté par la chargée de communication de la Préfecture de l’Orne, jointe par téléphone. Autrement dit la surface concernée est de 2548 mètres carrés.

A quel prix ? 5 millions d’euros.Hors Taxes, selon la Préfecture de l’Orne. Chaque mètre carré va donc coûter 1962 euros pour le volet solaire.

20 fois plus coûteux que le solaire standard

routeSachant que selon le directeur de Wattway chaque mètre carré a une puissance de 110 Watts le coût de la route solaire Wattway (hors enrobé obligatoire) est donc de 17,8 € le Watt. Le coût du solaire PV au sol est à aujourd’hui de 0,7 à 1€/W, celui du solaire PV flottant d’1€/W, celui des ombrières solaires de 1,5 à 2€/W et celui du solaire PV en toiture de 1,5 à 2,5€/W. Et là il ne s’agit pas d’un petit démonstrateur de 50 mètres-carrés comme en Vendée (3200€ le mètre-carré selon le chargé de communication du Département) mais d’un projet à grande échelle, sur un kilomètre.

La Ministre a indiqué à de nombreuses reprises qu’elle veut 1000 kilomètres de route solaire, ce qui coûtera 5 milliards d’euros sur la base du coût du projet dans l’Orne. L’entreprise normande SNA doit produire 5000 mètres-carrés de panneaux Wattway d’ici 2017 pour alimenter le chantier de la route de Tourouvre mais aussi pour d’autres petits projets de 50 à 100 mètres-carrés l’unité. Il n’y a pas de substantielle réduction de coût à attendre avec un volume de production aussi faible. SNA, société qui a été dans le passé victime d’une escroquerie et placée en redressement judiciaire n’est pas au bout de ses peines.

Le coût astronomique des projets Wattway est en réalité l’arbre qui cache une forêt encore plus préoccupante : le coût économique est le reflet du coût énergétique de cette technologie. Il faut consommer énormément d’énergie pour produire la colle super-forte permettant aux panneaux de ne pas se décoller dès qu’un camion freine brutalement. Il faut de plus imperméabiliser les panneaux et une structure capable de résister à l’écrasement, ce qui est également coûteux en énergie.

Une route énergétivore

Pour plusieurs spécialistes du solaire il est possible que la route de Ségolène Royal soit en réalité une route à énergie négative, autrement dit qui consomme plus d’énergie pour la construire qu’elle n’en délivrera durant sa vie écourtée par le passage des véhicules.

Les panneaux posés à plat et à l’ombre des arbres et poteaux électriques normands n’amélioreront pas le bilan. Dr Franck Barruel, salarié du CEA et référent scientifique du projet Wattway avait annoncé en janvier 2016 à propos de l’EROI de Wattway qu’ « une première estimation pourrait être délivrée courant de l’année 2016 ». Contacté par Techniques de l’ingénieur il y a une semaine à propos de cette estimation ce scientifique, qui est le seul autorisé à communiquer sur Wattway au sein de l’INES, n’a pas répondu.

L’EROI, taux de retour énergétique, ratio de l’énergie produite sur l’énergie consommée, est pourtant un paramètre clé du développement vraiment durable. Comment envisager d’installer un kilomètre d’une telle route s’il n’a pas été calculé sérieusement ?  L’environnement, cela commence à bien faire ?

L’ex-compagne du Président de la République François Hollande pourrait être la candidate du parti socialiste à l’élection présidentielle de 2017.

Olivier Daniélo

Innover pour mieux recycler les véhicules

Chaque année, environ 1 million de véhicules hors d’usage (VHU) sont traités en France. Ceux-ci transitent en premier lieu par l’un des 1.700 centres agréés. Les professionnels y retirent les pièces à valoriser ou traiter : pneus, batteries, fluides dangereux, pare-chocs, réservoirs, pots d’échappement… Puis, les carcasses sont envoyées vers l’un des 45 broyeurs en fonctionnement sur le territoire national.

Sur les 5 broyeurs que possède le groupe Ecore en France, 200.000 tonnes de véhicules sont broyés par an. Cela en fait le deuxième opérateur national, derrière Derichebourg. Les broyeurs sont d’énormes machines qui vont broyer les véhicules dépouillés. « Grossièrement, une apiration récupère la fraction légère : mousses, textiles, plastiques légers. Ce qui reste est la fraction lourde qui concentre des caoutchoucs, des métaux non ferreux, des minéraux et des plastiques. Un gros aimant récupère l’acier qui sera revendu aux aciéries », simplifie Nicolas Thibault, Responsable Environnement du site de Rocquancourt. « Le traitement des éléments post-broyage des véhicules hors-d’usage est un véritable défi technologique », prévient Philippe Chemineau, directeur du développement de GDE.

Grâce à ses innovations, GDE atteint un taux de réutilisation et de valorisation de 96,1% pour les VHU, contre 91% en moyenne pour la filière. C’est plus que l’objectif réglementaire de 95% qui aurait dû être atteint par toute la filière début 2015. Le recyclage atteint 83%, la valorisation sous forme énergétique en cimenterie 13,1%. Il reste 3,9% de déchets ultimes non toxiques qui rejoindront un centre de stockage de déchets non dangereux. Ils sont constitués de poussières, terres, mousses diverses, verres de textiles et de caoutchoucs. Le défi reste donc de développer des solutions pour valoriser ce gisement résiduel. L’objectif de la R&D de GDE est d’aboutir à 0% de déchets ultimes, grâce à une séparation par granulométrie la plus fine possible.  Pour y parvenir, GDE va consacrer 12,5 millions d’euros par an à la recherche et au développement.

Comment sont triés les résidus de post-broyage?

Le site de Rocquancourt réceptionne l’ensemble des résidus de broyage (RB) légers et lourds du groupe pour les trier. Les RB légers sont traités dans un bâtiment dédié. Transportés sur des tapis roulants, la matière est séparée au fur et à mesure en fonction de la granulométrie par aspiration, aimantation ou optique. « Globalement, il y a deux types de machines : celles qui vont induire une force dans la matière, comme l’induction, et celles qui vont repérer un objet et vont demander à l’éjecter. L’idée est de concentrer les flux et de travailler sur les refus pour avoir le maximum de valorisation », résume  Nicolas Thibault.

Le tri des RB légers permet de récupérer plusieurs flux : des mousses, un mix de métaux ferreux, un mix de métaux non ferreux, du bois et un mélange de plastiques lourds qui vont être redirigés vers le traitement des RB lourds. Les mousses aspirées sont broyées, dépoussiérées, puis pressées. On obtient ainsi des « pellets de mousse », un combustible solide de récupération à très haute valeur ajoutée. « Le pouvoir calorifique du produit obtenu se rapproche du charbon ou le coke de pétrole. Il peut directement être injecté à la flamme en cimenterie », assure l’ingénieur.

Les RB lourds sont traités dans un autre bâtiment. Grâce à une séparation densimétrique par flottation dynamique, puis différents criblages par tri optique, magnétique ou infra-rouge et dépoussiérage, on obtient des métaux ferreux, des plastiques et des pellets de mousse.

GDE est l’une des rares entreprises capable de trier les plastiques contenus dans les résidus de broyage. En fin de chaîne, des plastiques styréniques (polystyrène et ABS) et des polyoléphines (PP/PE) sont réduits en petits agrégats. Outre les résidus de broyage, le site trie en mono-flux le plastique des batteries, des pare-chocs et des réservoirs, extraits en amont du broyage dy VHU, et le revend à des plasturgistes. 600 tonnes de plastiques sont récupérées par mois.

Réorganiser la filière?

Les 1.700 centres pour véhicules usagés mis en place par les constructeurs en France ne collectent pas l’ensemble du gisement. Environ 150.000 tonnes de VHU disparaissent des flux officiels chaque année vers les pays transfontaliers, notamment en Belgique et en Allemagne, où les déchets peuvent être payés en liquide. Une pratique totalement interdite en France. « C’est une concurrence déloyale, source de fuite de matière, car lorsqu’un déchet est payé en cash, il n’y a pas de traçabilité », regrette Philippe Chemineau.

Pour améliorer cette traçabilité, la ministre de l’environnement Ségolène Royal, travaille sur un projet de décret visant à créer un éco-organisme agréé par l’Etat. Un décret qui pourrait entrer en consultation d’ici la fin de l’année, mais qui fait peur aux constructeurs et recycleurs. Les constructeurs devraient ajouter une éco-contribution au prix de vente des véhicules. De leur côté, les recycleurs craignent qu’il affaiblisse la rentabilité d’une filière déjà mise à mal par l’effondrement du prix des matières recyclées. Philippe Chemineau propose plutôt l’interdiction du paiement en liquide dans l’Union Européenne, l’harmonisation de la réglementation et la prise en compte des taux de valorisation des VHU dans les marchés publics.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Stock-R, le chauffage nocturne d’origine solaire

Le jour, accumuler la chaleur gratuite distribuée par le soleil. La nuit, la libérer dans tout le logement afin d’économiser l’énergie. Ce principe est la clé de Stock-R, l’accumulateur de chaleur solaire conçu par Systovi, une PME de la région nantaise. Cette société, fondée en 2008 par deux anciens ingénieurs de Vaillant (un industriel spécialisé dans le chauffage), s’était déjà distinguée avec R-Volt, son panneau solaire hybride, photovoltaïque et aérothermique. «Nous avons entrepris de valoriser l’énergie solaire non transformée en électricité, soit environ 700 watts sur 1000 watts/m2 d’énergie incidente, explique Mohamed Benabdelkarim, cofondateur et directeur technique de Systovi. L’air chaud est récupéré sous le panneau, puis redistribué dans l’habitat. Mais R-Volt ne fonctionne a fortiori que la journée et les résidents, absents le plus souvent, n’en profitent pas.»

D’où l’idée de relier ces panneaux à une batterie qui puisse emmagasiner une partie de ces calories et les relâcher une fois le soleil couché, au moment le plus utile. Une première version de cette batterie, équipée d’une échangeur air/eau, est finalisée en 2012. Trop complexe, elle n’a pas le succès escompté. Une deuxième version est aussitôt mise en chantier, avec pour objectif de remplacer l’eau. Les ingénieurs de Systovi se tournent vers les matériaux à changement de phase, capables de stocker une grande quantité de chaleur latente de fusion. «Nous avons opté pour le carbonate de calcium hydraté et avons ajouté notre poudre de perlimpinpin, qui abaisse le point de fusion, s’amuse Mohamed Benabdelkarim. La chaleur latente s’élève à 220 joules/kg à 30°C. Une quantité d’eau 50 fois supérieure aurait été nécessaire pour parvenir au même résultat.»

Des plaques en aluminium étanches à vie

Le changement d’état de ce sel permet d’obtenir le déphasage recherché. «Le jour, le carbonate de calcium fond sous l’effet de l’air chauffé à 35°C, en provenance des panneaux solaires, et absorbe la chaleur, précise Mohamed Benabdelkarim. La nuit, l’air à 20°C aspiré à l’intérieur de la maison solidifie le sel, qui restitue son énergie. L’air à la sortie atteint une température de 26 à 27°C.» Aucun apport électrique ou mécanique n’est nécessaire à cette transformation. D’autre part, le sel n’est jamais au contact de l’air et ne dégrade donc pas. «Il est emprisonné dans des plaques en aluminium serties et étanches à vie, ajoute Mohamed Benabdelkarim. L’anodisation de l’aluminium empêche son oxydation. BASF et DuPont ont déjà mené des travaux sur le sujet mais se servaient de plâtre pour enfermer le sel. Faute de débit d’air suffisant, ces recherches n’ont pas porté leurs fruits.» Stock-R requiert en effet une ventilation assez puissante pour compenser la mauvaise conduction thermique de ces matériaux à changement de phase. «Pendant la charge de la batterie, l’air circule à 300 m3/h, indique Mohamed Benabdelkarim. La nuit, lors de la décharge, le débit diminue à 200 m3/h pour atténuer le bruit produit par l’insufflation d’air.»

Stock-R pèse 26 kg et bénéficie d’une capacité de 2,4 kWh, qui lui offre une autonomie d’environ 5 heures. Commercialisé depuis le 1er octobre, ce dispositif coûte environ 2000 € à l’unité, sans compter les panneaux solaires et les accessoires. L’installation se justifie davantage dans les habitations récentes, même bien isolées. «La nuit, la chaleur se déperd très vite au travers des grandes surfaces vitrées notamment, constate Mohamed Benabdelkarim. Le besoin de déphasage est plus important. Au contraire, dans les maisons les plus anciennes construites en pierre, ce sont les murs épais qui jouent ce rôle de batterie à la nuit tombée.» Selon les premiers résultats analysés par Systovi, Stock-R exploite 30% d’énergie solaire supplémentaire, si on se réfère à une installation basée uniquement sur des panneaux R-Volt.

Frédéric Monflier.

La barre des 500 GW éolien dépassée avant fin 2016 !

21,7 gigawatts (GW) d’éolien ont été installés sur les 6 premiers mois de l’année, une croissance similaire à l’an passé. Au total, 4 pays ont installé plus de 1 GW sur cette période : la Chine (10 GW), l’Inde (2,4 GW), l’Allemagne (2,4 GW) et le Brésil (1,1 GW). Désormais, l’éolien répond à près de 4,7% de la demande électrique mondiale.

La croissance devrait s’accentuer au deuxième semestre. L’Association Mondiale de l’Énergie Éolienne prévoit une hausse des capacités éoliennes d’au moins 45 GW. La barre symbolique des 500 GW devrait ainsi être atteinte avant la fin de l’année. L’éolien permettra alors de répondre à 5 % de la demande électrique mondiale.

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Evolution des capacités éoliennes mondiale entre fin 2013 et Juin 2016 en gigawatts (GW) ou mégawatts (MW)

Un développement poussé par l’Asie

La croissance mondiale de l’éolien est poussée par la Chine qui représente 46% des nouvelles capacités au premier semestre. Fin juin 2016, la puissance installée en Chine atteint 158 GW, soit 35% des capacités mondiales.

En ce début d’année, la croissance est particulièrement importante pour l’Inde. Sur 6 mois, le pays a installé près de deux fois plus d’éolien qu’au 1er semestre 2015 (1,3 GW) et 2014 (1,1 GW). Les capacités y atteignent désormais 27,15 GW.

Situation contrastée en Europe

L’Allemagne est le leader incontesté de l’éolien en Europe avec une puissance installée de 47,42 GW. Suivent l’Espagne (22,99 GW), le Royaume-Uni (13,94 GW), la France (10,86 GW) et l’Italie (9,10 GW).

Pour la deuxième année consécutive, l’Allemagne et la France sont particulièrement dynamiques. L’Allemagne gagne 2,4 GW, pendant que la France, deuxième pays le plus dynamique en Europe, a installé 568 MW. Le développement devrait s’intensifier en Allemagne d’ici la fin de l’année, avant l’entrée en vigueur d’un système d’enchères pour les nouveaux projets. La baisse des subventions devrait y ralentir le rythme de développement dans les prochaines années. Par ailleurs, l’Italie continue sa faible progression, pour la deuxième année consécutive, avec une hausse de 143 MW de sa puissance éolienne.

Mais la situation n’est pas rose partout. Si l’Espagne représente encore la cinquième puissance éolienne au monde, le pays n’a pas installé de nouvelles capacités depuis fin 2014. Le développement de l’éolien au Portugal est également en stand-by, puisque seulement 6 MW y ont été installés au premier semestre. Au Royaume-Uni, le rythme de développement s’est aussi considérablement ralenti, avec seulement 320 MW d’installé, contre 872 MW dans la première moitié de 2015.

Amérique du Nord contre Amérique du Sud

Sur le début de l’année, la situation est difficile en Amérique du Nord. Les Etats-Unis n’ont installé que 830 MW, contre 1,99 GW sur les 6 premiers mois de 2015. Néanmoins, le marché devrait rapidement reprendre dans le pays. Suite au prolongement du crédit d’impôt en faveur de l’énergie solaire ou éolienne par le Congrès américain à la fin de 2015, plus de 12,5 GW d’éolien sont en effet en construction.

Si le Canada demeure la septième puissance éolienne avec ses 11,3 GW, le rythme de développement s’essouffle. Le pays n’a installé que 109 MW sur 6 mois, contre 510 MW sur la même période en 2015 et 723 MW en 2014.

A l’opposé, le Brésil fait figure de moteur en Amérique latine. Sur le début de l’année, le Brésil surpasse l’Italie et devient le 9e plus gros marché mondial. L’Association Mondiale de l’Énergie Éolienne s’attend à ce que le Brésil continue son fort développement. Il pourrait devenir le sixième marché mondial avant 2018.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Jeu concours : Êtes-vous incollable sur l’actualité scientifique 2016 ?

Un tirage au sort désignera les 5 gagnants parmi les participants ayant donné les bonnes réponses.

Ces derniers gagneront le numéro spécial « Les grands événements de l’année 2016 » (format papier, A4).

Une sélection d’articles de fond pour analyser, approfondir et prendre du recul face à l’actualité de l’année 2016 marquée par les 3 grands événements suivants :

– les jeux olympiques d’été à Rio de Janeiro (l’occasion de mettre en évidence l’apport des sciences et des techniques au domaine du sport) ;

– les 30 ans de l’accident de Tchernobyl (comment sont gérés les accidents nucléaires et quelles sont les exigences de sûreté des centrales en France et dans le monde ?) ;

– enfin, le caractère exceptionnel du point de vue mathématique du nombre 2016 (une bonne année pour découvrir le monde fascinant des mathématiques !).

Retrouvez le règlement ici.

Les réponses aux 3 questions du quiz se trouvent dans les articles de notre espace Actualité, accessibles en cliquant sur les liens :
SUB 2 : courir un marathon en moins de 2h
Tchernobyl contamine toujours les Alpes
Les mathématiques pèsent pour 15% du PIB de la France

Bonne chance à tous !

L’éolien pourrait représenter 20% de la production électrique en 2030

Les professionnels de l’éolien réunis au sein du GWEC sont optimistes. Entre 2013 et 2015, le parc éolien mondial a augmenté de 36% pour atteindre les 433 GW. Et cela ne serait que le début selon les projections réalisées par l’industrie.

Quatre scenarii

Pour arriver à ces chiffres, le GWEC s’est appuyé sur quatre scenarii : les deux premiers (New Policies Scenario – et Scenario 450) proviennent de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et les deux autres (modéré et avancé) ont été élaborés par le GWEC sur des bases plus optimistes. Il faut dire que les prévisions de l’AIE il y a dix ans sur les énergies renouvelables avaient sous-estimées le développement de ces dernières. Fort du succès de l’accord de Paris, les équipes du GWEC ont estimé que l’apport de l’éolien devrait être encore plus grand : « Atteindre les objectifs de Paris signifie un approvisionnement en électricité complètement décarboné bien avant 2050, et l’énergie éolienne jouera un rôle majeur pour nous amener dans cette direction », assure Steve Sawyer, Secrétaire général du GWEC.

Année Capacité installée mondiale

(GW)

% de la consommation électrique
2030 1 260-2 110 12-20
2040 2 053 -3 721 16-29
2050 2 870-5 806 20-41

Concrètement, le parc éolien mondial sera compris entre 1 260 et 2 110 GW en 2030, entre 2 053 et 3 721 GW en 2040 et 2 870 et 5 806 GW en 2050. Des fourchettes qui s’élargissent logiquement avec le temps et qui donne à l’énergie éolienne, dans les scenarii du GWEC, un poids jusqu’ici inconnu. Dans le scenario avancé, le vent répondra ainsi à 20% de la demande d’électricité mondiale en 2030, 29% en 2040 et 41% en 2050.

Chute des coûts

Si ces prévisions sont à prendre avec précaution, il n’en reste pas moins que l’industrie éolienne bénéficie d’une excellente dynamique qui n’est pas seulement liée aux engagements internationaux en matière de lutte contre le changement climatique. La technologie éolienne se porte bien grâce à sa courbe de coût. Evalué en 2015 à 1 571 €/kW, le coût de l’éolien est désormais devenu compétitif comme le démontrent les nombreux appels d’offres (AO) internationaux qui ont eu lieu ces derniers mois. En Amérique Latine notamment, se pratique un nouveau type d’appel d’offres dits non-discriminatoires. En clair, le gouvernement lance une consultation pour un nombre défini de MW ou MWh sans indiquer le type de technologie (éolien, solaire, gaz, pétrole, nucléaire, géothermie, etc). Les meilleurs projets et les moins coûteux remportent les lots. A ce petit jeu, l’éolien et le solaire se sont taillés la part du lion lors des récents appel d’offres au Mexique, Chili et Argentine notamment.

Reste à l’industrie éolienne à relever le défi de la mer. Car si les coûts ont assurément baissé dans l’éolien terrestre, l’éolienne offshore n’en est qu’à ses balbutiements. Or, avec des capacités installées bien supérieures que sur terre, ces installations seront, à n’en pas douter, la clé de la réussite prédit par le GWEC.

Par Romain Chicheportiche

La fin des HFC programmée pour 2050

Ce samedi, les 197 Parties au Protocole de Montréal ont adopté l’amendement de Kigali. Ce nouvel accord historique programme la fin des hydrofluocarbures (HFC), des molécules utilisées comme réfrigérants, dans les climatiseurs et les réfrigérateurs, mais aussi dans certains aérosols et mousses isolantes. Ces produits sont utilisés depuis les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), et des hydrochlorofluorocarbures (HCFC), bannis pour provoquer la destruction de la couche d’ozone. La fin d’un problème en a néanmoins créé un autre qu’il fallait combattre. En effet, si les HFC ne détruisent pas la couche d’ozone, ils présentent un pouvoir de réchauffement 14 000 fois plus puissant que le CO2.Cela en fait de redoutables gaz à effet de serre.

7 années de négociations auront été nécessaires pour aboutir à l’amendement de Kigali. L’élimination des HFC est l’un des leviers d’atténuation du changement climatique les plus rapides. « Faute d’accord, les experts estimaient que ces substances seraient à l’origine de 20% des émissions de gaz à effet de serre en 2050, et auraient généré jusqu’à 0,5°C de réchauffement de la planète d’ici à 2100 », rappelle Ségolène Royal dans un communiqué. Car, selon une étude de l’université de Berkeley, leurs émissions progressent aujourd’hui à un rythme annuel de 10 à 15 %. C’est la plus forte progression pour des gaz à effet de serre. Leur fin progressive permettra d’atteindre ¼ des objectifs fixés par l’Accord de Paris.

L’accord devrait permettre d’éviter l’émission d’environ 72 milliards de tonnes équivalent CO2 d’ici à 2050, soit près de 10 années d’émissions de la Chine à leur rythme actuel. Le protocole de Montréal est un accord juridiquement contraitement qui engage tous les pays signataires à des mesures d’atténuation obligatoires. Des sanctions sont prévues pour les pays qui n’honorent pas leurs objectifs.

Des objectifs différenciés

Des fluides frigorigènes alternatifs sont d’ores et déjà disponibles : hydrocarbures, dioxyde de carbone, ammoniac, eau et hydrofluoroléfines (HFO). A l’instar de l’accord de Paris sur le climat, l’amendement au Protocole de Montréal prévoit des objectifs différenciés de réduction, selon les pays et leurs degrés de développement. Le calendrier de mise en œuvre distingue trois groupes de pays : d’un côté les pays développés et de l’autre, deux groupes de pays en développement.

La substitution commencera dans les pays développés, comprenant les Etats-Unis et l’Union européenne. Ce groupe s’engage à diminuer l’usage des HFC de 10 % d’ici 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013, pour les supprimer totalement d’ici à 2050, avec une étape à 85% en 2036.

Le groupe ambitieux de pays en développement, qui inclut la Chine, le Brésil et la plupart des pays africains, a décidé de geler leur production d’ici 2024. Une réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2020-2022 devra être atteinte pour 2029, cette réduction devant atteindre 80% d’ici à 2045. Le groupe de pays le moins ambitieux, comprenant l’Inde, l’Arabie saoudite, le Pakistan, l’Iran et le Koweït, des pays fortement consommateurs de systèmes de climatisation, gèlera la production de HFC d’ici 2028. Ils réduiront ensuite progressivement leur consommation. Une diminution de 10% par rapport à la période 2024-2026 devant être atteinte pour 2032, puis de 85% pour 2047. L’accord prévoit une clause de révision. Son calendrier pourra être renforcé en fonction des progrès technologiques et des retours d’expériences des pays les plus ambitieux.

Fin septembre, 16 pays – dont les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et la France – et 19 organismes et donateurs privés réunis à New York ont promis une aide de 80 millions de dollars (71,5 millions d’euros) pour aider les pays en voie de développement dans cette transition. Mais le financement est loin d’être encore à la hauteur : le total des financements nécessaires est estimé à plusieurs milliards de dollars. Le montant exact sera discuté lors de la prochaine réunion des Parties en 2017.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Contrôler des molécules magnétiques bistables auto-organisées avec de la lumière

Les molécules magnétiques bistables s’avèrent particulièrement intéressantes pour la spintronique moléculaire, car le passage d’un état à l’autre peut être piloté par un stimulus extérieur tel que la température, la pression ou l’absorption de lumière. Toutefois, si cette propriété est bien connue lorsque ces molécules forment un solide ou lorsqu’elles sont en solution, persiste-t-elle lorsque les molécules sont adsorbées sur une surface ? Pour répondre à cette question, des physiciens du laboratoire Matériaux et phénomènes quantiques (MPQ, CNRS/Univ. Paris Diderot) et du Service de physique de l’état condensé (SPEC, CEA Saclay), ainsi que des chimistes de l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d’Orsay (ICMMO, CNRS/Univ. Paris Sud/Univ. Paris Saclay) ont étudié des molécules bistables à base de fer, déposées sur un substrat métallique. Des mesures réalisées au microscope à effet tunnel révèlent que ces molécules s’organisent en un réseau régulier composé d’un tiers des molécules dans l’état magnétique et deux tiers dans l’état non magnétique. Les chercheurs ont également réussi à commuter ces molécules, c’est-à-dire à les faire transiter d’un état à un autre, à l’aide d’une lumière bleue. Ce travail fait l’objet d’une publication dans Nature Communications.

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En premier lieu, les chimistes ont synthétisé la molécule de FeII(([3,5-CH3]2Pz)3BH)2 (Pz = pyrazolyl), qui présente une bistabilité en volume, facilement sublimable sous ultravide. Lorsque la température est supérieure à 150 Kelvin,n cette molécule se trouve dans l’état magnétique ; à température inférieure, elle se trouve dans l’état non magnétique. Dans un second temps, les physiciens ont déposé ces molécules sur une surface d’or, puis les ont observées par microscopie à effet tunnel à très basse température, de l’ordre de 5 Kelvin. Les molécules apparaissent sous forme d’une couche épaisse et s’organisent en îlots dont la taille typique s’élève à quelques centaines de nanomètres et comportant quelques dizaines de milliers de molécules. A l’intérieur de ces îlots, les molécules sont au contact les unes des autres et s’organisent en un réseau périodique. En changeant la tension d’imagerie du microscope, les chercheurs ont mis en évidence un sous-réseau régulier au sein duquel un tiers des molécules s’avèrent plus conductrices – elles se trouvent dans l’état magnétique – que les autres (non magnétiques). La combinaison de mesures par spectroscopie tunnel et de calculs ab initio confirme la coexistence des deux états magnétique et non magnétique sur la surface. En éclairant la jonction tunnel par une lumière bleue, le changement d’état des molécules a pu être suivi en direct. Ce travail démontre pour la première fois la possibilité d’induire la photocommutation de molécules en contact avec une surface métallique, de l’état non magnétique vers l’état magnétique.

Source : CNRS

L’Autorité de sûreté nucléaire met à l’arrêt 5 réacteurs

Cette action s’inscrit dans le cadre d’une vaste enquête du gendarme français du nucléaire suite à la découverte fin 2014 d’une anomalie sur le couvercle et la cuve du réacteur de Flamanville actuellement en construction. Elle concernait la composition chimique de l’acier dans la partie centrale du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR fabriquée par Creusot Forge.

Concentration de carbone

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), L’anomalie constatée est relative à la présence de carbone, en excès par rapport aux spécifications, dans l’acier constitutif des calottes hémisphériques utilisées pour fabriquer le couvercle et le fond de la cuve du réacteur EPR. C’est pourquoi l’ASN a demandé, d’une part que soient identifiés l’ensemble des composants des réacteurs d’EDF en fonctionnement qui ont été obtenus par la même technique de fabrication que celle des calottes hémisphériques de la cuve de l’EPR de Flamanville, d’autre part que soit menée une revue des pratiques et de la maîtrise de la qualité des pièces produites par Areva NP.

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La conséquence de la présence de carbone en excès dans un acier comme celui utilisé pour la fabrication des composants de la cuve ou des générateurs de vapeur (acier dit ferritique) est notamment un affaiblissement des propriétés mécaniques de résistance à la fissuration (la ténacité de l’acier). Les justifications permettant de montrer que cet affaiblissement est sans conséquence pour la sûreté ont pu être apportées rapidement pour les couvercles de cuve et des éléments avaient été fournis antérieurement pour les plaques tubulaires. Le cas des fonds primaires de générateurs de vapeur nécessite quant à lui des investigations complémentaires.

Fabrication japonaise défaillante

Les fonds primaires de générateur de vapeur, dont l’acier présente un excès de carbone (au-delà d’une concentration de 0,22 %) du fait de leur mode de forgeage, ont été produits par seulement deux fabricants : Creusot Forge (CF) et la Japan Casting and Forging Corporation (JCFC). La grande majorité des irrégularités relevées lors de la revue de la qualité des pièces produites à l’usine du Creusot a été instruite, permettant de conclure à l’absence de conséquences pour la sûreté des réacteurs concernés. Ce qui n’est pas le cas du fournisseur japonais. Les connaissances de l’exploitant sont moins détaillées pour les fonds fabriqués par JCFC que pour ceux fabriqués par CF. De par leur fabrication, les fonds de générateur de vapeur de JCFC sont décarburés en surface extérieure, ce qui interdit les mesures de concentration de carbone sur ces surfaces. Les mesures réalisées sur le méplat des générateurs de vapeur des réacteurs n°1 et 3 de Tricastin montrent des concentrations de carbone atteignant 0,39 % (les valeurs mesurées jusque-là ne dépassaient pas 0,32 % et restaient proches de celles rencontrées pour les calottes hémisphériques de la cuve de l’EPR de Flamanville). Ces valeurs remettent donc en cause les hypothèses retenues jusqu’alors.

18 réacteurs concernés

L’IRSN a dénombré 46 générateurs de vapeur répartis sur 18 réacteurs de 900 ou 1450 MWe (la France en compte 58) dont les fonds sont affectés par cette anomalie. Depuis, 6 réacteurs ont été autorisés à reprendre leur activité sous réserve que les mesures de concentration de carbone et les contrôles non destructifs ne remettent pas en cause les hypothèses de l’analyse d’EDF. 12 réacteurs, dont les fonds des générateurs de vapeur ont tous été forgés par le japonais JCFC pour le compte d’Areva, sont encore concernés. 7, sont actuellement en l’arrêt pour maintenance programmée, et ont fait ou vont être l’objet prochainement de contrôles Enfin, les 5 derniers devront être arrêtés prématurément. EDF se dit confiant dans sa capacité à apporter les preuves de la sûreté de ses installations. L’enjeu est grand pour l’électricien qui sort, comme chaque année, de la période estivale consacrée à la maintenance du parc nucléaire. La disponibilité de celui-ci doit être maximum en hiver pour couvrir les pics de consommations liés notamment au chauffage électrique. Chaque réacteur compte. Et l’arrêt ne serait-ce que de l’un d’eux complique l’équilibre du réseau sans parler des pertes financières pour l’exploitant. L’ASN indique qu’elle « examine, avec l’appui de l’IRSN, les éléments de justification transmis par EDF. Cette instruction nécessitera quelques semaines, voire davantage si le dossier transmis appelle des compléments ».

Comme la loi le prévoit, c’est l’ASN qui aura le dernier mot.

Romain Chicheportiche

BTP : les chantiers de construction passent au numérique

En 2011, Finalcad lance son application mobile pour smartphones et tablettes visant à simplifier la vie des hommes sur les chantiers. La numérisation des données collectées permet un suivi en temps réel, la prédiction d’éventuels risques et la vérification de la conformité par rapport aux plans d’origine. Ainsi, différents profils sont créés en fonction de la personne qui utilise l’application. Les différents points de contrôle sont signalés en temps réel et visibles par tous les profils autorisés. Ces technologies ont de suite trouvé preneur. En 2014, la jeune pousse fait une première levée de fonds et collecte 2,1 millions d’euros.

Deux ans plus tard, l’entreprise poursuit son essor et vient de lever près de 20 millions de dollars auprès de Serena Capital, Caphorn Invest et Aster Capital, qui lui témoignent ainsi toute leur confiance. Aujourd’hui donc, avec 10 000 projets dans 30 pays, son ambition est clairement affichée : faire entrer la construction dans l’ère du numérique.

« Se débarrasser du papier »

Dans une vidéo de présentation sur le site internet de l’éditeur, le message est sans équivoque. « Nous voulons changer la façon de construire, augmenter la qualité et réduire les coûts », peut-on lire. Pour améliorer la productivité, il faut « se débarrasser du papier ». « Les processus papier gaspillent de l’énergie et du temps », jusqu’à trois heures par jour selon Finalcad. Les chantiers restent peu numérisés. Ce sont surtout les étapes en amont qui ont vu leurs pratiques modifiées par les technologies du numérique. Les modélisations et les maquettes utilisent déjà ces technologies prédictives. Mais sur le terrain, l’utilisation reste marginale.

Améliorer la productivité

Cette numérisation des chantiers est une véritable révolution. Le milieu du BTP est réputé confidentiel. Mais les éventuelles réticences ne devraient pas résister longtemps face à l’argument de gain en productivité et en coût. En effet, si Finalcad propose la digitalisation du suivi de chantier aux professionnels du bâtiment, c’est surtout pour améliorer leur rentabilité. « Avec cet outil, nous voulons les aider à aller chercher ces points de marge si difficiles à obtenir », explique aux Echos Jimmy Louchart, président et cofondateur Finalcad.

Même si le marché du BTP a reculé ces dernières années, le potentiel reste énorme. « Depuis un demi-siècle, l’industrie de la construction a vu sa productivité baisser, là où celle des autres industries a progressé, poursuit Jimmy Louchart dans un communiqué. L’industrie de la construction représente actuellement un marché de 9500 milliards de dollars. Celui-ci devrait doubler de taille d’ici à 2030. »

S’ouvrir à d’autres secteurs

Numériser et normaliser tous les processus sur le terrain afin de pouvoir capitaliser sur les bonnes pratiques, faire vivre la maquette numérique sur le chantier et faciliter la collaboration entre les différents intervenants, voilà les objectifs visés par les applications développées par la start-up française. Parmi ses clients, elle peut se vanter d’avoir déjà des grands noms du BTP : Eiffage, Vinci Construction, Bouygues Construction, pour la France et l’Europe mais aussi Daewoo Engineering, Fujita Corporation, Shimizu Corporation ou Takenaka Corporation, à l’international.

D’ailleurs, cette levée de fonds devrait lui permettre de se développer davantage à l’international et en particulier en Asie. L’entreprise réfléchit également à étendre son activité à d’autres secteurs comme l’énergie par exemple et à développer de nouvelles applications (intelligence artificielle, analyses prédictives en temps réel et en mobilité). Elle espère également doubler ses effectifs d’ici à la fin de 2017 pour atteindre les 150 collaborateurs et porter son chiffre d’affaires à 89 M€ à l’horizon de 2020.

Par Nadia Daki

Powerships : des navires pas comme les autres

Record battu ! La compagnie turque Karpowership a mis sur le marché un nouveau powership d’une capacité jusqu’ici inégalée : 486 MW. A l’instar de ces prédécesseurs, les turbines (à gaz en l’occurrence) sont installées sur un navire grand comme trois terrains de football, le bâtiment n’a besoin que de 5 mètres de profondeur pour opérer ce qui lui donne accès à la majorité des ports. Supportant des variations de températures de -20 C° à 50 C°, le powership permet d’apporter rapidement l’électricité dans les zones côtières en ayant besoin.

Une technologie éprouvée

Le concept de powership est né aux Etats-Unis dans les années 30, mais c’est durant la Seconde Guerre mondiale qu’il a été largement utilisé. Fournis par General Electric, ces navires procuraient le courant nécessaire aux troupes américaines. Depuis leur utilisation n’a jamais cessé et s’est même déclinée en barges. Le système est identique à la différence que celles-ci ne sont pas équipées de moteurs et doivent donc être tractées.

On retrouve ces installations partout dans le monde et majoritairement en Asie et au Moyen-Orient, des régions qui ont connues des hausses importantes de leur consommation d’énergie ces dernières années auxquelles il fallait répondre. Elles seraient environ 75 en opération aujourd’hui, produites par des compagnies telles que  Power Barge Corporation, Waller Marine Inc, Hyundai, IHI Corporation, Mitsui, Karadeniz Energy, MAN ou encore Wärtsilä.

Si ces navires sont généralement équipés de turbines diesel ou gaz, la Russie a quant à elle développé un modèle nucléaire. Fabriqué par Rosatom, ils doivent permettre d’alimenter, entre autres, les sites très éloignés de Sibérie où construire des lignes haute tension sur des milliers de kilomètres est très coûteux. La flexibilité qu’apportent les powership est l’une des clés du succès de ces navires pas comme les autres. Néanmoins, il est indispensable qu’un réseau électrique à terre existe pour distribuer cette source d’électricité additionnelle.

Par Romain Chicheportiche

100% d’énergie renouvelable en France : un projet «délirant» ?

« Comment une telle imposture-peut-elle avoir lieu ? » poursuit sur son blog Philippe Hansen. Ce professeur de sciences physiques au Lycée International de Valbonne à la technopole Sophia-Antipolis est co-auteur avec d’autres membres du réseau « sauvons le climat » dont fait partie l’ingénieur le plus médiatisé de France, Jean-Marc Jancovici, d’ un papier où est proposé de mettre en service 7000 GW de réacteurs nucléaires dans le monde entre 2060 et 2100. En août 2015 la puissance électrique installée du parc électro-nucléaire mondial s’élevait à 378 GW.

Contrairement aux scénarios proposés par l’ADEME qui ne portent que sur le remplacement du mix électrique actuel très largement dominé par le nucléaire par des mix à haute teneur en électro-EnR, le scénario WWS-France de Stanford porte sur le mix énergétique global, y compris transports et chauffage.

Une énergie 100% renouvelables en France, est-ce possible ?

Grâce à l’efficacité intrinsèque de l’approche WWS intégralement basée sur les électro-EnR la demande énergétique de la France estimée par les chercheurs californiens est de 1384 TWh (158 GW x 8760 heures) à horizon 2050.

Contacté par les Techniques de l’ingénieur suite à l’article de Philippe Hansen, Mark Jacobson a souligné que pour la France « les 158 GW en 2050 d’électricité WWS constituent une réduction de 40,9% des 267 GW du scénario BAU (Business as usual) ». Le scientifique ajoute : « ceci en premier lieu grâce à un meilleur ratio énergie:travail de l’électricité comparativement à la combustion (23,1%), en second lieu par l’élimination de l’énergie dépensée dans l’extraction minière et le raffinage des combustibles fossiles et de l’uranium (9,1%) et enfin par les gains d’efficacité au niveau des usages finaux comparativement au BAU (8,7%). »  Autrement dit, à niveau de confort égal (et même supérieur compte-tenu de la préservation de l’air, de l’eau, des sols et de la biodiversité) l’approche WWS est presque deux fois plus efficiente que celle BAU.

Contrairement au solaire et à l’éolien, la filière nucléaire repose sur une ressource finie et très limitée, l’Uranium 235. Dans une perspective de durabilité le peak uranium est tout aussi problématique que le peak oil. Au niveau des coûts les filières reposant sur l’Uranium 238 seront encore moins viables que les filières nucléaires actuelles. Or le solaire et l’éolien sont dès à présent bien meilleurs marché que le nouveau nucléaire EPR qui repose sur l’Uranium 235.

L’équipe dirigée par Mark Jacobson a passé en revue les 50 états des USA et 139 pays dans le monde. Un scoop: la France fait partie du monde !  Dans le cas de l’hexagone les 1384 TWh d’électricité requis (contre environ 500 TWh aujourd’hui) sont répartis entre 57% d’éolien, 37% de solaire et 5% d’hydroélectricité.

Plus précisément 31,12% d’éolien terrestre, 25,94% d’éolien marin, 9,57% de solaire PV en toitures résidentielles, 8,40% de solaire PV au niveau des toitures des collectivités ou des commerces, 7,78% de solaire PV au sol et 11,29% de thermosolaire (CSP) avec stockage thermique. S’ajoutent 5,25% d’hydroélectricité ainsi que d’autres filières plus marginales: 0,49% d’houlomoteur, 0,02% de géothermie et 0,14% de marémoteur.

Ces données sont disponibles sur le site de l’université Stanford (cliquer sur xlsx spreadsheet) :

Image1

Les ressources renouvelables disponibles en France sont-elles compatibles avec l’ambitieux scénario WWS-France ? Dans le rapport de l’ADEME (2015) sur le 100% EnR sont estimés, sur la base d’hypothèse extrêmement conservatrices, les potentiels des différentes filières. Celui de l’éolien terrestre est évalué à 374,2 TWh et celui de l’éolien offshore à 269,5 TWh (190.4 TWh d’offshore classique et 79,1 TWh de farshore flottant, une technologie émergente). En retenant des hypothèses un peu moins rigides les 429 TWh d’éolien terrestre et les 359 TWh d’éolien offshore du scénario WWS-France sont tout à fait atteignables.  Par exemple en doublant le potentiel de l’éolien farshore.

Dans le cas d’une faible acceptabilité sociale de l’éolien (les enseignants et les journalistes ont un rôle clé à jouer sur le plan pédagogique pour expliquer les enjeux) il est tout à fait possible de muscler davantage le volet solaire en France et de passer par exemple à 50% de solaire + 40% d’éolien + 5% d’hydroélectricité + 5% de marélien (une nouvelle filière prônée par François Lempérière de l’association Hydrocoop).

Le potentiel purement théorique du solaire en France est supérieur à 70.000 TWh

L’ADEME estime à 403,1 TWh le potentiel du solaire PV en toiture. C’est largement assez pour répondre aux 239,6 TWh requis dans le scénario WWS-France (123,4 TWh au niveau résidentiel + 116,2 TWh au niveau des autres toitures).

Le potentiel du solaire au sol (62,5 TWh) retenu dans l’étude ADEME est presque 7 fois inférieur à celui du solaire PV en toiture, ce qui constitue à l’évidence une aberration. Sont ignorés le solaire flottant (Lire :  La PME Ciel et Terre construit la plus grande centrale solaire flottante du monde au Japon. Pas en France) ainsi que l’approche du solar sharing consistant à coupler production agricole et énergétique (Lire: L’île d’Ukushima accueille le plus grand projet Solar Sharing du monde).

D’un point de vue purement théorique si l’on couvrait intégralement la France métropolitaine (551.500 km2) avec une centrale solaire PV semblable à celle installée à Cestas par le groupe Neoen (puissance installée de 300MW, production de 350 GWh/an, surface totale de 2,6 km2), ce ne sont pas moins de 74.240 TWh par an qu’il serait possible de produire en métropole. La région de Bordeaux jouit d’une ressource solaire au km2 proche de la moyenne française.

La valeur retenue par l’ADEME (62,5 TWh) est donc équivalente à 0,08% de ce potentiel purement théorique. Le scénario WWS-France estime nos besoins énergétiques totaux à seulement 1384 TWh pour 2050, ce qui est équivalent à seulement 1,8% du potentiel. Plus de la moitié de la surface française est aujourd’hui utilisée (SAU, Surface Agricole Utile) pour capter l’énergie solaire nécessaire à la croissance des plantes alimentaires (photosynthèse). Serait-il vraiment aberrant que 1% de cette surface serve à produire de l’énergie parfaitement durable et qu’ainsi la France devienne énergicultrice ?

Environ 2,5% de la surface nationale suffira pour que la France devienne totalement renouvelable

« Nous avons calculé que la surface nécessaire pour le scénario WWS-France est de 0,36% (footprint) pour le solaire PV et CSP » souligne Mark Jacobson. « Pour l’éolien la surface requise (spacing) est de 1,9 à 3% mais cette surface pourra être utilisée parallèlement pour d’autres usages comme l’élevage, les cultures végétales ». L’espace est en effet libre entre les mâts des éoliennes. Le scientifique californien insiste : « ces chiffres sont valables pour la totalité des usages énergétiques et avec la demande énergétique de 2050 ».

Deux facteurs peuvent expliquer la timidité de l’ADEME et sa difficulté à être aussi ouverte que Stanford University. Tout d’abord la France est le royaume de l’atome et la pression contre les électro-EnR est considérable compte-tenu des enjeux financiers pour EDF qui a misé presque exclusivement sur la fission. Le solaire PV, dont la production est maximale en milieu de journée, agit comme un poignard perforant le business-model nucléaire d’EDF. Comme l’a souligné le réseau TEPOS l’étude de l’ADEME a failli terminer cachée dans un tiroir du ministère de l’écologie dirigé par Ségolène Royal, car ses conclusions dérangeaient.

Dans le documentaire  « Les voleurs de feu, qui a peur de l’énergie solaire ? » qui sera diffusé le lundi 24 octobre sur France 3 et qui est disponible dès à présent via le site de l’association Hespul, la journaliste et réalisatrice bretonne Brigitte Chevet explique sur la base de l’analyse de nombreuses personnalités dont celle de l’ingénieur catalan André Joffre (bureau d’études Tecsol à Perpignan) ainsi que celle de l’avocate Corine Lepage, comment EDF a tout fait pour empêcher l’émergence du solaire en France.

Un second facteur est aussi impliqué : celui de l’idéologie de la décroissance qui s’est développée au sein du milieu écologiste en réaction à la mise en place du parc électro-nucléaire hexagonal. Ce parc construit sans concertation avec la population nationale a conduit à l’émergence d’une méfiance généralisée vis-à-vis des sciences & technologies ainsi que de la « fée électricité ». Les dégâts du tout nucléaire vont bien au-delà du seul domaine de l’énergie.

La communication écologiste, en réaction à ce déni de démocratie, a alors été principalement construite dans une perspective de sobriété et d’économies d’énergie. Mais pour le psychothérapeute Bertrand Piccard, père de l’avion Solar Impulse qui est bardé de produits high-techs et qui a fait le tour du monde sans brûler une seule goutte de carburant, cette stratégie des écologistes n’est pas la bonne. Il préconise au contraire de « montrer que le développement durable peut être sexy » et qu’« il ne signifie pas retourner en arrière » ou se priver.

Le solaire contre la décroissance

Dans une tribune publiée le 13 octobre dans Les Echos Xavier Fontanet, président du groupe Essilor (58.000 employés) propose comme axe stratégique « le solaire contre la décroissance ». Pour ce  membre du conseil d’administration des groupes L’Oreal et Schneider electric « l’impact (de l’émergence du solaire PV ndlr) est plus profond, il est d’ordre philosophique : la sauvegarde de la planète ne passe plus nécessairement par des stratégies de décroissance. Derrière cette bonne nouvelle, une réalité simple qu’on avait oubliée : la plus grosse centrale nucléaire de l’univers travaille chaque seconde pour notre bonne vieille Terre c’est… le Soleil ! »

Un climat d’affrontement particulièrement stérilisant a émergé en France, avec beaucoup de haine de part et d’autre, faisant perdre beaucoup de temps. Les articles du blog Energie-Crise.fr en sont l’illustration. Les uns dénoncent un projet de « retour à la bougie », et symétriquement les autres dénoncent un programme de transformation de la France en Tchernobyl ou Fukushima.

S’opposent par exemple les promoteurs du scénario « négaWatt » contre ceux du scénario « négaTEP » porté par l’association sauvons le climat (TEP pour tonne équivalent pétrole). Pour les seconds faire reculer le nucléaire conduirait mécaniquement à faire monter les énergies fossiles : les promoteurs des électro-EnR en France sont alors traités de criminels climatiques. Cet affrontement négaWatt (sous-entendu Watt nucléaire) versus négaTEP s’inscrit dans une dynamique de néga-tivité, et même d’auto-destruction nationale, une forme de suicide français. En France le scénario « posiWatt » n’existe toujours pas et il est par conséquent difficile de positiver.

Un seul point de convergence est apparu entre anti-atomes et pro-atomes: développer la biomasse pour les applications thermiques. Les pro-atomes l’utilisent pour s’offrir un parapluie pro-renouvelable tout en protégeant le nucléaire. De leur côté les scénarios négaWatt, même s’ils évoluent peu à peu, misent beaucoup sur cette énergie renouvelable reposant sur la photosynthèse. Or c’est précisément la filière que le scientifique Mark Jacobson rejette car son bilan dans les études environnementales et multicritères n’est pas bon.

Les filières biomasse sont en effet basées sur la combustion (avec comme corrélat l’émission de particules et autres composés polluants) et diffèrent en réalité assez peu des filières fossiles: charbon pétrole et gaz naturel constituent de la biomasse fossilisée. De plus le rendement de la photosynthèse est très médiocre : son développement conduirait à un gaspillage surfacique peu souhaitable dans un contexte de démographie mondiale croissante. La filière microalgale, au rendement un peu moins médiocre, devra de son côté affronter la problématique du peak phosphorus et prouver que son équation économique peut devenir solide.

Frédéric Livet, Polytechnicien et Docteur en Physique confiait ceci en 2009, à une époque où le solaire PV était très coûteux, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui: « J’espère que mon scepticisme à l’égard des renouvelables et en particulier à l’égard du solaire ne gênera pas un rapprochement que je pense nécessaire entre écoles de pensées (école de pensée de Stanford University versus celle du lobby atomique en France, ndlr) Ce scepticisme n’est d’ailleurs pas partagé par tous les amis de SLC. ». Ce Directeur de recherche CNRS et membre de Sauvons Le Climat ajoutait: « La position non-scientifique et religieusement critique à l’égard du progrès technique (qu’on me pardonne mes facilités polémiques!) de beaucoup de nos amis écologistes a beaucoup contribué à ce que je me décide à intervenir, en particulier par l’intermédiaire de « sauvons le climat » dans les débats sur le problème des GES. Après la canicule de 2003, il m’a paru urgent de contribuer à l’information sur les énergies décarbonées. »

Il est vrai que l’image donnée à l’écologie par une partie de celles et ceux qui se présentent comme les propriétaires du label « écologiste » est potentiellement nuisibles à l’image des EnR qu’ils prétendent promouvoir. Quand Cécile Duflot, après avoir pulvérisé le groupe écolo à l’Assemblée Nationale, parle de solaire cela peut donner l’envie à certains ingénieurs  de balancer volontairement des déchets radioactifs dans la nature ou de rouler dans un gros 4×4 carburant au charbon liquéfié. N’est-il pas grand temps d’effectuer un nettoyage paradigmatique en France et de construire le débat énergétique sur des bases saines, c’est-à-dire scientifiquement rationnelles ? Puissent les réflexions de l’équipe de Stanford University y contribuer.

Dès 1869 le professeur français Augustin Mouchot écrivait : « Si dans nos climats l’industrie peut se passer de l’emploi direct de la chaleur solaire, il arrivera nécessairement un jour où, faute de combustible, elle sera bien forcée de revenir au travail des agents naturels. Que les dépôts de houille et de pétrole lui fournissent longtemps encore leur énorme puissance calorifique, nous n’en doutons pas. Mais ces dépôts s’épuiseront sans aucun doute : le bois qui, lui, cependant, se renouvelle n’est-il pas devenu plus rare qu’autrefois ? Pourquoi n’en serait-il pas de même un jour d’une provision de combustible où l’on puise si largement sans jamais combler les vides qui s’y forment ?[…] On ne peut s’empêcher de conclure qu’il est prudent et sage de ne pas s’endormir à cet égard sur une sécurité trompeuse ».

Un siècle plus tard Nicholas Georgescu-Roegen, devenu plus tard le pape des idéologues de la décroissance, tenait ces intéressants propos : « Si l’énergie utilisable a quelque valeur pour l’humanité, c’est dans la mesure où elle est aussi accessible. L’énergie solaire et ses sous-produits nous sont accessibles pratiquement sans effort ». Comme le souligne Elon Musk, a quoi sert-il de s’embêter à construire des centrales nucléaires sur Terre alors que nous en avons une énorme dans le ciel: le Soleil ? Nicholas Georgescu-Roegen ajoutait dans son livre The entropy law and the economic process publié en 1971 :« Nous devrions nous concentrer sur l’amélioration des utilisations directes de l’énergie solaire, la seule source propre et essentiellement illimitée (…) Bien sot serait celui qui proposerait de renoncer totalement au confort industriel de l’évolution exosomatique. L’humanité ne retournera pas dans les cavernes »

Le blog energie-crise.fr de Philippe Hansen avait initialement comme adresse energie-gouv.fr. Suite à la demande d’une importante organisation française le gouvernement a exigé le retrait du .gouv compte-tenu du fait que cela pouvait induire en erreur les lecteurs.  Le délire, manifestement, n’est pas du côté des chercheurs de Stanford.

Le Portugal (pays étrangement oublié par le PDG d’EDF) répond à présent aux deux-tiers de sa demande électrique avec les énergies renouvelables, principalement de l’éolien. Ayant pourtant la même densité démographique, le pays du roi soleil serait-il incapable de faire aussi bien que celui du Fado ?

A la question posée par nos confrères de l’Usine Nouvelle, « L’Ademe a révélé un scénario d’une France 100 % renouvelable en 2050. Y croyez-vous ? », l’ingénieur des Mines Isabelle Kocher devenue CEO du géant français de l’énergie ENGIE a répondu :« Oui, j’y crois, à condition de mettre en place un écosystème qui le permette. Il ne faut pas que les renouvelables créent une volatilité insupportable sur les prix et des problèmes d’intermittence. Cela demande de développer des solutions de stockage. Si le stockage suit des courbes d’évolution technologique et de réduction des coûts aussi rapides que celle du photovoltaïque, il sera prochainement compétitif à toutes les échelles. En ajoutant des outils de gaz renouvelable, le scénario 100 % renouvelable est peut-être crédible à l’horizon 2050. »

Du délire ? « Souviens-toi quand nous avons commencé les gens nous riaient au nez et disaient que nous étions fous d’essayer, mais cela nous convenait tout à fait » chante Vienna Teng, artiste sino-américaine associée aux World Energy Innovation Forum qu’organise chaque année Elon Musk dans l’usine Tesla de Fremont en Californie. Elon Musk est déjà passé du rêve à la réalité : SpaceX lance à présent des fusées recyclables, une révolution. Il est bien parti pour la conquête de la planète Mars. Et la Tesla X, un SUV 100% électrique doté d’une autonomie de 500 km, passe de 0 à 100 km/h en 3 secondes. Le tout avec des électrons générés par SolarCity.

L’art occitan du trobar

Aliénor d’Aquitaine avait contribué à ce que les troubadours puissent exprimer leur poésie en recourant à la langue d’oc. Dans la même lignée n’est-il pas temps de laisser aux Girondins la possibilité de déployer leurs énergies citoyennes et leurs impulsions solaires ?

L’esprit de pionnier, qui est au cœur du message porté par Bertrand Piccard, et la créativité ne peuvent s’épanouir que dans un climat propice à l’innovation et acceptant l’échec. Isabelle Kocher a décidé de récompenser la « Best Failed idea ». Echouer (comme Shaï Agassi avec BetterPlace, associé au français Renault) c’est mûrir, et cela conduit à augmenter la probabilité de faire mieux la prochaine fois si l’on tire les leçons de cet échec.

Isabelle Kocher résume son projet par cette formule : « transformer une baleine (l’ancien système énergétique centralisé ndlr) en banc de poissons rapide, agile et cohérent ».Comment ? « par une révolution des esprits » répond cette dirigeante visionnaire. L’esprit de pionnier si cher à Bertrand Piccard.

« Les idées de vérité, de rationalité et de responsabilité intellectuelle sont à la base, conformément à ce que nous avons admis, des deux éthiques professionnelles, l’ancienne et la nouvelle » analysait le philosophe des sciences Karl Popper « Mais l’ancienne éthique était fondée sur l’idée du savoir personnel et certain, et par conséquent sur l’idée d’autorité ; tandis que la nouvelle éthique est fondée sur l’idée d’un savoir objectif et incertain. » Le droit d’échouer…

Un membre de Sauvons Le Climat ex-directeur de centrale nucléaire a déclaré aux Techniques de l’ingénieur: « mon maître en matière d’économie est Marcel Boiteux qui a été traîné dans la boue par Télérama ». Marcel Boiteux est l’ancien directeur d’EDF. L’ancienne éthique fabrique des « experts », des hommes considérés comme parfaits, infaillibles, qui n’ont pas le droit à l’erreur. Mais comme tous les êtres humains, ils en commettent. Ce qui, en contexte nucléaire, peut avoir des conséquences très graves. Non seulement pour eux-mêmes mais pour des millions de personnes. Cependant, sous la pression du système qui leur a délivré leur statut de super-expert, ils ne peuvent reconnaître de telles erreurs. Quand émerge une innovation qu’ils n’ont pas vu venir et qui remet en cause leurs dogmes, ils entrent dans une attitude de déni et même parfois dans un violent mépris.

« L’ancienne éthique que je décris nous interdit de faillir. Une faute est absolument inenvisageable. C’est pourquoi ces fautes ne peuvent être avouées » souligne Karl Popper, auteur notamment du livre « La société ouverte et ses ennemis ». « Je n’ai pas besoin de souligner à quel point cette ancienne éthique professionnelle est intolérante. Elle a toujours été intellectuellement malhonnête : elle a mené à la dissimulation de fautes en raison de l’autorité ».

Aucun domaine n’est épargné, ni celui de la médecine, ni celui de l’énergie. Des super-experts sont alors hyper-médiatisés par le système qui les a engendré, imposant une pensée monolithique et incapable de s’adapter au monde qui change. Sauf dans quelques cas, en nombre par ailleurs croissant. Alain Grandjean, économiste collègue de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, a par exemple prononcé cette phrase remarquable lors d’un débat avec une personne coincée dans ses certitudes anti-solaires: « l’histoire humaine est faite de ruptures qu’on n’a pas vu venir, non? ».

Encore mieux, Alain Grandjean est à l’origine de l’étude sur le solaire PV + stockage de la Fondation Nicolas Hulot (2015) dont il a confié la réalisation à l’ingénieur des Mines Nicolas Ott, étude qui est une synthèse du meilleur de la littérature scientifique mondiale sur le sujet et qui casse des dogmes et idées reçues malheureusement encore très présentes dans le débat énergétique en France. Nicolas Ott, avec l’appui d’une bonne dizaine de spécialistes du solaire, montre par exemple que même en prenant les hypothèses les plus conservatrices l’EROI (paramètre clé du développement vraiment durable) du solaire PV est à présent de 8:1. Et que le stockage batterie intraday ne l’impacte que très marginalement, de l’ordre de -10%.

Autre exemple, David Dornbusch, polytechnicien ex-super-expert du nucléaire (AREVA & CEA), est devenu un remarquable pédagogue des EnR et a fondé l’association Cleantuesday dont le rayonnement est à présent international.

Elon Musk, Shaï Agassi, Bertrand Piccard et Mark Jacobson, la tête dans les étoiles et les pieds bien sur Terre, sont des troubadours des temps modernes. Autrement dit, et au sens étymologique de ce mot occitan et excitant, des trouveurs.

L’innovation est le fruit des délires alimentés par des racines rationnelles.

Olivier Daniélo

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Batteries miniatures nomades : nouveau design 3D

A l’heure des objets connectés, les micro-capteurs intelligents et connectés nécessitent des sources d’énergie embarquées miniatures de grande densité d’énergie. Pour les micro-batteries extra-plates, dites planaires, augmenter cette densité d’énergie passe par l’utilisation de couches de matériaux plus épaisses, ce qui présente une limite évidente. Une seconde voie – suivie par les auteurs de la publication – consiste à usiner un wafer de silicium et fabriquer une structure 3D originale, à base de micro-tubes simples ou doubles. La batterie 3D, conservant son empreinte surfacique de 1 mm2, développe ainsi une surface spécifique de 50 mm2 : soit un gain de surface d’un facteur 50 ! Robustes, ces micro-tubes sont assez larges (de l’ordre du micron) pour être enduits de plusieurs couches de matériaux actifs.

Le principal défi technologique consistait justement à déposer les différents matériaux composant la batterie, en couches fines et régulières sur ces structures 3D complexes. Grâce une technologie de pointe, le dépôt par couche atomique (ALD en anglais pour Atomic Layer Deposition), les matériaux ont pu épouser parfaitement les formes 3D du socle, sans boucher les structures tubulaires. Les chercheurs ont ainsi créé une couche isolante, un collecteur de courant (en platine), une électrode négative et un électrolyte solide. Les différentes analyses et caractérisations (nanotomographie par rayonnement X synchrotron et microscopie électronique à transmission) montrent que les couches successives sont d’excellente qualité, avec une conformité proche de 100 %. Les interfaces sont propres (pas d’interdiffusion entre les différents éléments chimiques) et aucun trou, fissure ou craquelure n’a été détecté.

Le phosphate de lithium, l’électrolyte de cette future micro-batterie 3D, est sous forme solide. Après l’avoir déposé par la même technologie ALD, les chercheurs ont montré qu’il combine une fenêtre de stabilité électrochimique élevée (4,2 V), une haute conductivité ionique et une faible épaisseur (10 à 50 nm) générant une faible résistance surfacique : des éléments très encourageants pour la performance de la batterie 3D à venir.

La prochaine étape consistera à mettre au point des films minces de matériaux d’électrode positive par ALD pour créer les premiers prototypes 3D fonctionnels et très certainement bien plus performants que les micro-batteries planaires actuelles.

Ces travaux impliquent des chercheurs de l’Institut d’électronique, de microélectronique et de nanotechnologie (CNRS/Université de Lille/Isen Lille/Université Valenciennes Hainaut-Cambresis/Ecole centrale de Lille), de l’Unité de catalyse et de chimie du solide (CNRS/Université de Lille/ ENSC Lille/Ecole centrale de Lille/Université Artois), de l’Institut des matériaux de Nantes Jean Rouxel (CNRS/Université de Nantes), du Laboratoire réactivité et chimie des solides (CNRS/Université Picardie Jules Verne) et de l’Argonne national Lab aux Etats-Unis.

Ce travail a fait l’objet d’un brevet : « Substrat microstructuré », C. Lethien, P. Tilmant, E. Eustache, N. Rolland, T. Brousse, WO2015/052412 A1.
Cette étude a été financée par l’ANR, la DGA, le réseau Renatech, et le réseau RS2E.

Des nanofils supramoléculaires intégrés pour une photodétection rapide

Ils sont ainsi parvenus à  intégrer des nanofils supramoléculaires dans un réseau présentant des (nano)électrodes. Ils ont obtenu une conversion photovoltaïque de haute efficacité, ouvrant ainsi la voie à la réalisation de dispositifs optoélectroniques basés sur des nanostructures organiques. Ces travaux sont parus dans la revue Nature Nanotechnology.

Les nanofils supramoléculaires constitués de briques organiques semi-conductrices auto-assemblées sont des composants appropriés pour le développement de dispositifs optoélectroniques en raison de leurs propriétés optiques (absorption et sensibilité à la lumière), électroniques (transport de porteurs de charge) et morphologiques (rapport surface sur volume) supérieures. La fabrication de dispositifs à base de nanofils organiques reste toutefois difficile, principalement à cause d’un manque de contrôle du contact entre le nanofil et les électrodes.

Des équipes du Laboratoire de nanochimie et du Laboratoire des nanostructures de l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires ont ainsi développé une nouvelle stratégie pour connecter simultanément des centaines de nanofils supramoléculaires à des nanoélectrodes et assurer une collecte directe et efficace de l’énergie lumineuse. A cet effet, un réseau en nid-d’abeilles de millions de nanoélectrodes en forme de puits a été fabriqué en combinant lithographie par nanosphères et gravure ionique réactive. Un semi-conducteur organique de type n (transporteur d’électrons) disponible dans le commerce a été choisi comme brique moléculaire pour former des nanofils supramoléculaires robustes.

Après auto-assemblage des nanofils, dépôt sur la structure à nanomailles et traitement thermique sous atmosphère inerte, un effet photovoltaïque attribué à l’absorption de la lumière par les nanofils supramoléculaires a été observé. Les dispositifs photoniques présentent alors des caractéristiques exceptionnelles, comme un rapport signal sur bruit élevé (107), un temps de photoréponse ultra-rapide (10 ns) et une efficacité supérieure à 55%.

Ces résultats sont prometteurs pour la réalisation de dispositifs optoélectroniques de haute performance basés sur des nanostructures organiques, comme par exemple des diodes électroluminescentes.

Source : CNRS

La Russie poursuit sa politique de contournement
 avec TurkStream

La signature de l’accord a eu lieu quelques heures après le début du World Energy Congress qui se tient actuellement à Istanbul. C’est également la première visite de Vladimir Poutine sur le sol turc depuis la crise diplomatique née entre les deux pays en novembre 2015 suite à la destruction d’un bombardier russe, en opération en Syrie, survolant le territoire turc.

Un projet gelé diplomatiquement

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Le tracé du Turkstream

Le projet TurkStream était déjà bien avancé en 2014 lors de la signature d’un Memorundum of Understanding entre Gazprom et Botas, les deux compagnies en charge du dossier. Mais l’attitude diamétralement opposée des présidents russes et turcs sur la crise syrienne ont nettement détérioré les relations diplomatiques, et de fait, gelé le projet dont l’appui politique est indispensable. Mais depuis un an, les deux parties ont multipliés les signes de réconciliation avec une première invitation de Tayyip Erdogan en Russie l’été dernier lors de laquelle il s’est excusé à demi-mots de l’incident survenu l’hiver précédant. Un message entendu par le Kremlin qui porte un intérêt géostratégique à TurkStream.

Objectif Europe

TurkStream serait concrètement équipé de deux tubes courant sur 660 km et d’une capacité de 15,75 milliards de m3 chacun, pour un coût évalué à 11 milliards d’euros. Le premier sera dédié exclusivement à la fourniture de la demande turque en forte croissance : en 2015, la Turquie a consommé 43,6 milliards de m³ de gaz naturel, en hausse de 62 % depuis 2005. Le deuxième en revanche devrait alimenter l’Europe grâce à une ou des extensions du gazoduc dans le sud-est de l’Europe. De nombreux pays tels que la Grèce, l’Albanie, la Macédoine sont intéressés par ce projet qui ferait d’eux des pays transitaires.

Plusieurs tracés sont possibles pour relier TurkStream au réseau européen. Le premier viserait le hub gazier de Baumgarten en Autriche en passant par la Grèce, la Macédoine, la Serbie et la Hongrie. Le deuxième passerait directement à l’Est pour alimenter la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie. Enfin une troisième voie, sous la mer Adriatique, pour atteindre directement l’Italie depuis la Grèce. Interrogé à ce sujet en juin 2015, Alexeï Miller a sous-entendu que le premier tracé tiendrait la corde : « Concernant la route à travers la Serbie, la Hongrie et l’Autriche, cette section possible est dans un état de préparation élevé, avec toutes les approbations et autorisations nécessaires obtenues, puisque ce travail a été réalisé dans le cadre du projet (abandonné depuis) South Stream. Si les parties serbes et hongroises trouvent notre participation dans le projet possible et nécessaire, nous envisagerons certainement cette possibilité et peut-être prendrons-nous une décision positive », avait-il déclaré.

Contournement

Alimenter l’Europe par le sud-est répond à une problématique géopolitique pour la Russie : se défaire de la dépendance vis-à-vis du turbulent partenaire ukrainien. Les deux pays sont dans une énième querelle sur le tarif de transit. Selon Alexeï Miller, l’Ukraine souhaiterait voir le prix passé de 2,7 $/1 000 m3 à 5$. « Inacceptable », répond sèchement le patron de Gazprom. Le contrat ukrainien actuel court jusqu’en 2019 mais ceux liés avec d’autres pays vont bien au delà comme la Slovénie, qui dépend très largement du transit par l’Ukraine, et qui a signé un contrat de fourniture avec Gazprom jusqu’en 2028…

TurkStream s’intègre parfaitement dans la stratégie de contournement de l’Ukraine mise en place par le Kremlin. D’abord avec North Stream, inauguré en 2011, et qui relie directement la Russie à son premier client européen : l’Allemagne. Le blocage de son équivalent dans le sud (South Stream) par l’Union européenne n’y aura finalement rien changé puisque qu’une partie du tracé de TurkStream est identique. Ce nouveau gazoduc augmente les capacités d’exportation de la Russie vers le Vieux Continent sans passer par l’Ukraine, affaiblissant de fait son pouvoir de négociation et surtout ses rentrées fiscales. A n’en pas douter, l’empressement de Vladimir Poutine à renouer le dialogue avec Tayyip Erdogan répond à une logique d’opportunité, alors que les Etats-Unis, la France, et l’Allemagne entrent tous les trois dans une phase d’élections générales, généralement synonyme d’une certaine passivité internationale. C’est cette même logique qui avait permis au président russe d’envahir la Crimée et de l’annexer sous les yeux de l’Otan, alors en pleine préparation de frappes aériennes en Syrie.

Par Romain Chicheportiche

Sondage : quelle sera l’innovation marquante des 30 prochaines années ?

Pour vous aider à répondre, la rédaction vous propose une petite présentation de ces 10 innovations :

Habiter dans l’espace

On en parle depuis longtemps mais le rêve se concrétise. La Nasa a demandé à six entreprises aérospatiales de développer des prototypes de modules d’habitation spatiale. Chaque système possédera les infrastructures nécessaires à une occupation suffisamment longue pour l’exploration de l’espace lointain.

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L’homme augmenté (plus fort, plus vieux, plus intelligent)

Prothèses, implants, organes artificiels… Aujourd’hui, le corps se répare. Mais demain les progrès technologiques redessineront l’humain tel que nous le connaissons : plus fort, plus rapide et plus intelligent. Les dérives possibles alimentent déjà le débat éthique.

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La réalité augmentée dans nos rues

La réalité augmentée et la réalité virtuelle s’annoncent-elles comme le prochain eldorado dans le secteur des nouvelles technologies ? C’est plausible quand on examine les projections du cabinet d’études de marché Digi-Capital : ces technologies devraient peser quelque 150 milliards de dollars en 2020, la réalité augmentée s’octroyant la majeure partie, soit 120 milliards.

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Une imprimante 3D dans tous les salons

Jusqu’à présent, l’impression 3D était réservée à des prototypes coûteux. Aujourd’hui, avec les possibilités des imprimantes par extrusion et les outils de conception plus abordables, la production est devenue bien plus accessible et l’on pourra bientôt lutter contre l’obsolescence programmée en remplaçant uniquement la pièce défectueuse d’un appareil ménager coûteux qui fonctionne parfaitement par ailleurs.

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Partir en vacances sur une autre planète

Le 1er août, Virgin Galactic a annoncé que le Bureau de la FAA-AST, organisme en charge de la régulation des vols commerciaux aux États-Unis, lui avait attribué une licence d’exploitation pour sa nouvelle navette SpaceShipTwo (Virgin Spaceship Unity). Le début d’une nouvelle forme de tourisme ?

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Se faire conduire par une voiture autonome

Cet été, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance présenté par Ségolène Royal et Emmanuel Macron pour faciliter les expérimentations des véhicules autonomes. Les premiers freins au développement du véhicule autonome seront bientôt levés. A quand les voitures autonomes sur nos routes ?

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Tous nos colis livrés par drone

Amazon a annoncé cet été avoir obtenu le feu vert des autorités britanniques pour tester son service de livraison par drone. Ce projet incroyable, si souvent raillé, est donc en passe de se concrétiser. Mais il faudra sûrement attendre quelques années avant de le voir concurrencer la Poste…

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Des robots partout (aide-ménager, aide-soignant, etc.)

A l’avenir, ce ne sera peut-être plus le personnel de l’hôtel qui se présentera devant la chambre du client pour livrer une boisson ou un encas… mais un robot. Ce projet est emblématique de la robotique de service professionnelle, qui désigne les robots qui n’accomplissent pas des tâches de production et de fabrication industrielles. Les secteurs d’activités couverts sont donc diversifiés, allant de la chirurgie en milieu hospitalier à la logistique dans les entrepôts.

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Des Hyperloop à la place des TGV

Hyperloop, le train futuriste imaginé par Elon Musk est en train de prendre forme. L’entreprise Hyperloop One a achevé son premier test dans le désert du Nevada, près de Las Vegas. Le véhicule a atteint près de 187 km/h sur une piste de moins de 1 km, avant de finir dans un banc de sable 5 secondes plus tard.

Hyperloop

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Nos données stockées dans notre ADN

Stockées suivant ce procédé, à une température de –18 °C, les informations pourraient être préservées pendant des centaines de milliers d’années. Avec l’ADN, les capacités de stockage sont en outre démultipliées : les disques durs actuels permettent de stocker jusqu’à 5 To, quand une molécule d’ADN permettrait de stocker 300 000 To.

ADN

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Par Iris. T

Solaire : L’accord anti-dumping avec la Chine n’a servi à rien

Pour JA Solar l’accord signé avec l’Union européenne est obsolète. Le prix plancher, au-dessous duquel les fabricants chinois s’étaient engagés en 2013 à ne pas vendre sur le marché européen, fixé par la Commission européenne à 0,56 €/Watt ne serait plus d’actualité. La chute massive des prix du photovoltaïque partout dans le monde rendrait cette évaluation caduque. De fait, de plus en plus d’entreprises chinoises qui avaient signé l’accord (environ 90) pensent s’y retirer, voire le contourner.

Détournement

Si la course à la baisse des prix a mis à bat l’accord sino-européen sur le solaire, ce dernier était déjà largement usé par la découverte de fraudes massives de la part de plusieurs acteurs chinois ayant signé ledit accord. Ces derniers auraient modifié la « configuration de leurs échanges » pour mettre en place un système de fraude douanière. Afin de faire disparaître l’origine du module photovoltaïque (l’accord ne s’applique qu’à la Chine), les compagnies chinoises les facturaient à des sociétés (écran ou non) situés dans des pays-tiers (Taïwan, Malaisie) avant d’être à nouveau expédiés, cette fois-ci en Europe. Le 29 mai 2015, la Commission a estimé disposer de suffisamment de preuves pour ouvrir deux enquêtes contre l’industrie solaire chinoise pour « contournement des mesures compensatoires et des mesures antidumping ».

Force est de constater que l’accord signé il y a trois ans n’a pas servi à grand chose. Les acteurs chinois continuent à dominer outrageusement le marché des modules photovoltaïques et la tentative de juguler la concurrence n’a eu comme d’autre résultat que de doper les exportations de Taïwan et des autres pays limitrophes.

Romain Chicheportiche

Des scientifiques dessinent une nouvelle carte du cerveau

Des chercheurs américains (neurologues, ingénieurs, spécialistes en informatiques) ont établi une nouvelle cartographie du cerveau humain, avec un degré de précision inédit, en identifiant 97 nouvelles régions cérébrales.

Ce sont ainsi pas moins de 180 régions distinctes du manteau extérieur (le cortex), qui ont désormais été cartographiées – soit plus du double de celles connues jusqu’ici. Ainsi, avant cette étude, les neurologues n’avaient identifié que 83 régions cérébrales… ces identifications remontant à 1909, et aux travaux du neurologue allemand Korbinian Brodmann

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Scans IRM et Machine Learning

Pour réaliser leur prouesse, les chercheurs ont analysé des données issues de scans IRM du cerveau de 210 personnes, recueillies dans le cadre du projet “Human Connectome”, qui consiste à cartographier les connexions cérébrales de milliers de volontaires, afin de dresser un inventaire complet des connexions du cerveau.

Un logiciel et des algorithmes de Machine Learning ont permis aux scientifiques américains, non seulement d’identifier de nouvelle zones, mais aussi de générer des cartographies individuelles, afin de comparer les zones étudiées au sein du groupe de 210 personnes, lors de la réalisation de tâches précises (notamment cognitives), permettant d’activer différentes régions corticales.

« La situation est comparable à l’astronomie où les télescopes basés sur terre produisaient des images floues du ciel, avant l’arrivée d’optiques adaptatives et de télescopes spatiaux », selon Matthew Glasser, neuroscientifique à l’Université Washington de Saint-Louis, directeur de l’équipe de recherche.

Sur la nouvelle cartographie obtenue, différentes aires du cerveau sont associées à un code couleur : le bleu correspond à la vision, le rouge correspond à l’audition, le vert correspond aux capacités motrices et sensorielles. Et déjà, des observations peuvent être faites. “Il n’y a pas de frontière nette entre ce qui apparaît en bleu et ce qui apparaît en vert. On observe plutôt des transitions graduelles, ce qui indique qu’il existe un entremêlement et une coordination entre différentes modalités sensorielles et différents domaines cognitifs”, remarque ainsi David Van Essen, membre de l’équipe de chercheurs, dans Vice.

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Pas un “Google Maps du cerveau”

Pour David Van Essen, qui a publié ses travaux dans la revue Nature, ce travail de cartographie est analogue à celui effectué avec les cartes de la planète Terre. Ainsi, les plis du cerveau peuvent être comparés à la topologie terrestre, et les zones identifiées dans la carte seraient comparables aux “subdivisions politiques à la surface de notre planète” – elles ne sont pas, indique le scientifique, “basées sur les plis du cortex en soi”, mais sur la communication, les interactions, et “les connexions complexes entre les milliards de neurones qui composent le cortex cérébral”.

Selon David Van Essen, “ces travaux seront utiles à tous”, constituant une grande avancée dans le domaine neurologique et médical. Pour les neuroscientifiques, la nouvelle “carte” du cerveau dessinée devrait ainsi constituer un outil précieux pour repérer et identifier les zones du cerveau, dans les domaines de la chirurgie du cerveau et de la neuropathologie notamment. Pour Bruce Cuthbert, directeur de l’Institut américain de la santé mentale, qui a cofinancé les recherches, “ces nouvelles connaissances devraient aussi permettre d’expliquer comment notre cortex a évolué et le rôle de certaines zones”.

Mais les chercheurs nuancent vite la portée de leur cartographie du cerveau, loin d’être complète – reconnaissance la présence de zones encore inconnus dans notre crâne. “Notre ambition est de mettre au point les meilleures cartes possibles, mais nous devons rester honnêtes : avec nos connaissances actuelles, il ne s’agit en aucun cas d’une Google Map du cerveau”, indique David Van Essen à Vice. Ainsi, selon lui, “nous sommes encore loin de pouvoir explorer le cortex cérébral jusqu’au niveau des neurones individuels.”

Par Fabien Soyez

L’Argentine mise sur les réacteurs nucléaires à basse puissance

Buenos Aires mise beaucoup sur cette technologie pour atteindre un marché en développement, dominé jusqu’à présent par les Américains, Russes, et Chinois.

CAREM

Le réacteur prototype CAREM-25 est actuellement en construction à Atucha, au bord du fleuve Parana sous la supervision de la Commission nationale argentine de l’énergie atomique (CNEA). Il est issu d’un modèle plus ancien de réacteur à eau pressurisée de 100 MWt (27 MWe brut). Il sera équipé de 12 générateurs de vapeur et est conçu pour être utilisé comme un réacteur de recherche, pour la production d’électricité ou pour le dessalement de l’eau de mer (avec 8 MWe dans la configuration cogénération). Le système de refroidissement primaire du réacteur se situe dans la cuve sous pression du réacteur (11 m de haut, 3,5m de diamètre). Il est auto-pressurisé et ne se sert que de convection (pour les modules de moins de 150 MWe). La version finale destinée à l’export sera d’environ 300 MWe.

Car l’Argentine espère bien vendre son réacteur à l’étranger et prévoit de créer une entreprise publique à cet effet dès l’année prochaine. « Nous pouvons commercialiser un module de quatre réacteurs, soit 480 MW, ce qui est beaucoup plus pratique (pour les acheteurs) qui ne sont pas intégrés au réseau central comme les îles, certains réseaux d’Amérique latine et d’Asie », a déclaré Julian Gadano, sous-secrétaire argentin à l’énergie nucléaire. « Nous aurons besoin d’un partenaire financier pour cette entreprise, avec les épaules pour aller à l’international », estime-t-il. Certes les réacteurs à basse puissance sont peu connus, mais une certaine dynamique active ce marché. Si la commercialisation de CAREM n’est pas prévu avant 2022, Buenos Aires a déjà de grandes ambitions : « c’est un marché de dizaines de milliards de dollars, et il est possible et facile de capter 20% de ce dernier », estime un brin optimiste Julian Gadano. L’Argentine vient de signer son premier contrat (35 M$) avec le Brésil pour un réacteur multi-usage.

Avantage comparatif

Les réacteurs nucléaires à basse puissance (SMR en initiales anglaises) sont des réacteurs inférieurs à 300 MWe conçus avec des systèmes modulaires. Ils sont moins compliqués à fabriquer que les grands réacteurs de type EPR (1 700 MWe) mais ont longtemps joué un rôle mineur sur le marché mondial du nucléaire. Seuls quatre sont opérationnels dans le monde (Russie, Chine, Inde, Pakistan). Les nouvelles technologies sont variées mais il est possible de les classer en quatre catégories distinctes : réacteurs à eau légère, réacteurs à neutrons rapides, réacteurs graphite à haute température et réacteurs à sels fondus. Les projets de SMR se sont multipliés ces dernières années et la World Nuclear Association dénombre aujourd’hui 10 projets en construction avancée (Russie, Etats-Unis, Chine, Corée du sud) et 18 projets en stade préliminaire (Russie, Etats-Unis, Chine, Corée du sud, Japon, Afrique du sud, Inde, Canada). A noter que la France aussi développe une technologie de réacteur à basse puissance. Mené par Areva, ce projet baptisé ANTARES a été sélectionné aux Etats-Unis dans le cadre d’un projet pour les réacteurs de nouvelle génération.

Les réacteurs à basse puissance offrent plusieurs avantages sur les grandes installations. Leur construction est plus rapide et plus simple ce qui réduit les risques de dérapages dans les coûts. Leurs systèmes de sécurité passifs sont particulièrement adaptés aux pays n’ayant peu ou aucune expérience dans le nucléaire. Les économies d’échelle peuvent être multipliées grâce à la production en série permise par le système de modules. Les installations produisent moins de déchets, ont besoin de moins d’eau, et sont plus facilement déconstructibles. Enfin, en période d’insécurité grandissante, ces petits réacteurs peuvent aisément s’enterrer dans des installations souterraines, minimisant le risque terroriste. L’approche multi-usage semble également porter ses fruits puisqu’en mars 2015 la compagnie argentine INVAP et celle appartenant à l’Arabie Saoudite, Taqnia, ont mis en place une joint-venture, Invania, pour développer la technologie du programme nucléaire du Royaume, apparemment centrée sur CAREM.

Romain Chicheportiche

La mobilité vers l’aéronautique : les défis à relever

Les compétences transférables sont mises en œuvre lors du passage d’un poste à un autre, d’une entreprise à une autre, d’un métier à un autre, d’un secteur à un autre… Frédéric Lainé précise la définition des compétences transférables dans une note du Centre d’analyse stratégique :

« Les compétences transférables sont d’une part les compétences liées à un contexte professionnel particulier mais qui peuvent être utilisées dans un autre métier ou, au sein d’un même métier, dans un contexte professionnel différent, et d’autre part celles généralement acquises en dehors de l’activité professionnelle, mais utiles, voire indispensables, à l’exercice de certains métiers. » .

Elles relèvent principalement de trois registres : l’expertise technique, les compétences transversales et les qualités individuelles. Qu’en est-il de ces compétences transférables dans le cadre d’une mobilité sectorielle vers le monde de l’aéronautique ?

L’expertise technique est le préalable à toute mobilité vers l’aéronautique.

La filière aéronautique est marquée par une exigence de qualité totale, à chaque étape du cycle de production, tant la sûreté des vols et la sécurité des passagers restent la préoccupation majeure. Cet objectif incontournable explique le niveau de qualification élevé des salariés et la haute technicité qui leur est demandée.

Certaines certifications techniques sont à ce titre indispensables dans l’exercice de nombreux métiers de l’aéronautique (travail des métaux, de la mécanique, de l’électronique, de l’informatique, des matériaux…). C’est cette maîtrise technique qui constitue dès lors le premier critère de choix des recruteurs du secteur.

Ainsi, une mobilité sectorielle devra être argumentée avant tout sur les compétences transférables techniques du candidat, plutôt que sur ses compétences transversales ou aptitudes personnelles qui agiront simplement en complément.

« Il faut quand même avoir des compétences de base dans la périphérie de l’aéronautique : connaître soit l’avion, soit un produit dérivé de l’avion, soit les systèmes d’informations embarqués par exemple. » (Consultante, ex-recruteur aéronautique)

Connaître le secteur aéronautique : ses matériaux, son vocabulaire et ses enjeux.

La connaissance approfondie des produits et matériaux utilisés dans l’aéronautique, et des procédés qui leur sont associés (fusion, soudage, thermoformage), constitue inévitablement le premier élément technique à maîtriser.

L’un des défis technologiques les plus importants pour l’aéronautique des vingt prochaines années concerne en effet l’amélioration des matériaux.

La science des matériaux, et les experts en recherche et développement qui lui sont dédiés quel que soit leur secteur, forment dès lors un premier vivier de compétences particulièrement valorisables en aéronautique.

Des spécialistes en amélioration de l’équation poids résistance des équipements (via des matériaux composites ou de nouveaux alliages métalliques au niveau des structures ou des moteurs), sont ainsi très recherchés.

La double compétence sur les matières métal et composite est également précieuse. L’expertise technique repose également sur un vocabulaire spécifique, à apprendre et maîtriser pour comprendre et dialoguer avec tous les interlocuteurs du secteur.

Les cadres ayant connu une mobilité ont ainsi pu évoquer un « choc culturel, avec un vocabulaire spécifique et une codification difficile à assimiler »…

« Pour l’ingénieur, c’est vrai que la différence entre l’aéronautique et l’automobile par exemple n’est pas forcé- ment très grande sur le plan technique. C’est plus une question d’adaptation, de vocabulaire. » (Expert, pôle de compétitivité)

Maîtriser les outils et logiciels de l’avionique

L’avionique, c’est-à-dire l’ensemble des équipements électroniques, électriques et informatiques qui rentrent dans la fabrication et/ou qui aident au pilotage des avions, prend une place de plus en plus importante au sein de la filière aéronautique : cockpit avancé, navigation et gestion du vol, plateformes informatiques et réseaux embarqués, gestion de l’énergie de bord… Un enrichissement des compétences dans ces domaines est attendu.

La maîtrise d’un logiciel ou d’une machine peut alors constituer une clé de passage pour une mobilité sectorielle. La connaissance de ce type d’outil, même très spécifique à un secteur, peut en effet signifier la faculté d’adaptation à un nouveau logiciel de même type dans le secteur aéronautique. De plus, l’évolution actuelle des nouvelles technologies et l’expansion de logiciels, langages et outils informatiques communs favorise les mobilités sectorielles.

Dès lors qu’un cadre maîtrise un outil informatique et/ou un langage de programmation, il devient davantage « employable » par l’aéronautique. Cela concerne par exemple les métiers d’ingénieur électronique de puissance, d’ingénieur calcul, d’ingénieur systèmes aéronautiques, d’opérateur des machines à commande numérique, de programmeur des machines à commande numérique ou d’architecte logiciel aéronautique…

« Tous les logiciels qu’on utilise en modélisation, en simulation ou en gestion sont les mêmes entre le monde automobile et le monde aéronautique. Bon il y a quelques modules spécifiques, car bien sûr on ne dé- passe pas le mur du son en automobile, mais c’est très marginal. À 90 %, ce sont les mêmes codes de calcul. Alors qu’il y a des secteurs, dans le nucléaire par exemple, où ils sont habitués à utiliser d’autres codes de calcul. » (Directeur, établissement de formation)

La dimension technique est également au cœur des attentes des recruteurs pour les profi ls commerciaux. Malgré la dominante commerciale de ces métiers, leur légitimité sur le terrain passera par une reconnaissance de leurs compétences techniques.

Savoir appréhender un univers très normé aux méthodes de production exigeantes

Les besoins en compétences pour les prochaines années concernent en premier lieu la production et son optimisation. Or l’aéronautique présente un contexte et des méthodes de production qui lui sont propres quant aux notions de coût, série et qualité.

A l’inverse de la production agroalimentaire ou, dans une moindre mesure, automobile, la production aéronautique se fait en petite/ moyenne série et la contrainte de coût, bien que réelle, ne peut remettre en question la qualité du produit.

« Le monde de l’aéronautique est quand même resté très « artisanal ». On fabrique dix rafales par an, c’est vraiment une fabrication particulière, avec beaucoup de compagnons, etc. » (Directeur, établissement de formation)

Les cadres de l’aéronautique travaillent dans des entreprises où les normes et les contraintes sont draconiennes (contrôles, références ISO, certifi cation sur les matériaux, les produits…).

Le cadre en projet de mobilité sectorielle vers l’aéronautique devra donc connaître ou apprendre ces normes et contraintes de production. Cependant, ce n’est pas tant la connaissance des normes en elle-même qui est importante (elle est d’ailleurs souvent spécifique au secteur aéronautique et les entreprises pourront investir dans des formations internes), mais l’expérience de travailler dans un environnement fortement normé et contraint.

« Évidemment la production répond à des normes et des process bien spécifiques, mais à partir du moment où vous avez été amené à travailler dans des environnements très normés, peu importe la norme. » (RRH, recruteur aéronautique)

Par ailleurs, les exigences d’un cadre de travail structuré peuvent être fortes. Le secteur de l’aéronautique est fortement hiérarchisé, impacté par une organisation très structurée entre donneurs d’ordres et sous-traitants, et à l’échelle de l’entreprise, par un poids des règles et de la structure de l’organisation, notamment dans les grandes entreprises. Dans ces dernières, les périmètres de responsabilités sont marqués, avec des procédures laissant peu de place aux initiatives individuelles non contrôlées. Ce sera moins le cas dans les PME du secteur.

« Il y a énormément de hiérarchie [dans les grandes entreprises] Parfois, la culture d’entreprise aéronautique avec ses règles strictes plaît moins. » (Consultante, exrecruteur aéronautique)

« C’est vraiment une question de culture. Il y a quand même des procédures, un process assez bien cadré. Pour certains, ça peut être vécu comme une contrainte, parce qu’on n’a pas de marge pour beaucoup de fantaisie et beaucoup d’initiatives. Pour d’autres, c’est rassurant, confortable. Ça peut être bien vécu comme ça peut être mal vécu. » (Directeur, établissement de formation)

Valoriser son expérience de la production en petite et grande série

Côté séries de production, l’avion et ses équipements, comme le ferroviaire dans une moindre mesure, ont cela d’unique qu’ils sont produits en très petite quantité sur un temps long, auquel le cadre en mobilité devra s’adapter. « On connaît bien aussi le secteur ferroviaire. Comme le dit un de mes administrateurs, un train c’est fi nalement un avion qui ne vole pas ! Ce sont à peu près les mêmes séries entre les TGV et les Airbus, c’est très proche. Donc je pense que le passage se fait sans trop de souci. » (Directeur, établissement de formation)
Cependant, l’aéronautique évolue, et passe actuellement des petites séries « artisanales » à la moyenne série, du fait de la demande croissante.

Le secteur a donc tout à apprendre d’autres contextes de production tels que ceux développés au sein du secteur de l’automobile notamment. Les cadres issus d’autres secteurs peuvent donc présenter de vraies valeurs ajoutées aux yeux des recruteurs de l’aéronautique, particulièrement sensibles à ces nouveaux enjeux en interne.

Connaître et travailler dans un environnement de production industrielle en série devient en effet une compétence particulièrement recherchée, qui peut faciliter une mobilité sectorielle vers l’aéronautique.

« Ce n’est pas un critère discriminant de ne pas venir de l’aéronautique, et dans le cas précis de l’automobile, c’est même très valorisant pour nous. Parce que les personnes qui viennent de l’automobile ont en général connu des cycles de production beaucoup plus courts, et donc d’autres types de contraintes temporelles, avec une certaine forme de pression, de rapidité d’exécution, qui pour nous sont très intéressantes, même si on sera forcément dans des cycles de production beaucoup plus longs. » (RRH, recruteur aéronautique)

Au-delà de l’expertise technique du secteur, c’est bien la capacité à organiser des chaînes de production et à les optimiser qui est ici recherchée. Les spécialistes de l’industrialisation et des méthodes, les techniciens de la qualité et de la logistique, les experts du lean management sont tous concernés par cette diversification des recrutements à venir.

« L’aéronautique est en train de passer de petites séries à des moyennes séries. Donc ils sont intéressés par le fait que l’automobile leur passe un petit peu des savoir-faire qu’eux n’ont pas… » (Expert, pôle de compétitivité)

Valoriser une expérience du management d’équipe et de projets

Dans une filière qui travaille beaucoup en mode projet, dans une logique système, et sur des réalisations d’une grande complexité, les ingénieurs et techniciens supérieurs sont amenés à élargir leurs compétences relationnelles, en particulier pour occuper des fonctions de management.

Cette capacité à encadrer et à s’affirmer face à une équipe n’est pas spécifique au secteur d’activité dans lequel elle est exercée, et peut donc constituer un levier de mobilité vers l’aéronautique. Elle est d’autant plus attendue que certaines entreprises du secteur souhaitent renouveler leurs méthodes de management (par exemple les formations proposées en interne par Airbus à travers leur Leadership University). Cependant, même si le management d’équipe et de projets constitue une passerelle facilitant les mobilités sectorielles, il pourra rarement être le seul vecteur de transition vers l’aéronautique.

« Ils nous ont demandé de préparer les ingénieurs diplômés avec 10-15 ans d’expérience à la gestion de la complexité des grands projets. C’est vrai qu’on les sensibilise un petit peu au niveau de la formation initiale, mais il y a besoin de plus les muscler, parce que c’est très compliqué d’être chef de projet avec 300 ou 400 ingénieurs sous ses ordres, dans différents pays etc. » (Directeur, établissement de formation)

« Avec la digitalisation, on passe aux modèles californiens de Google, etc. Ils cherchent des gens qui justement ne sont pas clonés ‘aéronautique’, qui apportent cette façon différente de travailler que souhaitent les directions aujourd’hui. Des gens très leaders, très charismatiques, qui vont insuffler le changement. » (Consultante, ex-recruteur aéronautique)

Maîtriser les langues afin d’échanger dans un environnement de travail international

L’industrie aéronautique et spatiale est fortement internationalisée. De plus en plus d’entreprises, PME comme grands groupes, sont ainsi amenées à travailler à l’international parce qu’elles y sont contraintes par le marché ou parce que ce sont des filiales de groupes internationaux. Par ailleurs, la majorité des productions aéronautiques concernent aujourd’hui des projets transnationaux. De ce fait, ils se déroulent dans un environnement multiculturel et polyglotte peu présent dans les autres secteurs de l’industrie française.

La maîtrise d’une langue étrangère est une compétence transversale assez facilement transférable et souvent indispensable pour les cadres de l’aéronautique, quel que soit leur niveau. En dépit de la suprématie de la langue anglaise dans les conventions officielles, le choix et le contrôle des composants requièrent des compétences linguistiques dans les services commerciaux et des achats pour débattre et valider les options techniques dans la langue du vendeur.

Pour cela, les entreprises du secteur ont besoin de recruter des ingénieurs ou des techniciens supérieurs capables de dialoguer dans l’anglo-allemand technique, l’anglo-espagnol technique, l’anglo-italien, etc. Le multilinguisme, qualité rare en France, devient une compétence de plus en plus recherchée parmi les ingénieurs de la fi lière européenne dont l’excellence repose sur des contributions croisées entre la plupart des pays de l’UE.

« Chez Dassault, chez Airbus, on cherche de plus en plus des gens qui sont capables de négocier des prix, de parler des langues étrangères… Dans l’aéronautique vous avez l’obligation, quel que soit votre niveau, ouvrier, technicien ou ingénieur, d’avoir un minimum d’anglais. Ça, c’est un peu la différence par rapport à l’automobile. Je me rappelle avoir rencontré des gens de l’automobile avec qui j’avais insisté beaucoup sur la langue anglaise. Ils ont dit « Il faudra qu’on s’y mette. ». La langue est un frein. » (Expert, pôle de compétitivité)

 Source : Apec

Invasion des insectes : l’économie mondiale affectée

Pourquoi étudier les insectes ? Depuis des milliers d’années, les insectes ont été responsables de la propagation de maladies chez l’Homme et le bétail, et de dégâts considérables, depuis l’anéantissement des cultures et réserves, en passant par la destruction des infrastructures, jusqu’à la dévastation des forêts, altérant ainsi les écosystèmes et les rendant plus fragiles. Dans le règne vivant, la seule classe des insectes (environ 2,5 millions d’espèces) est probablement le groupe le plus coûteux. De plus, ils font partie des espèces envahissantes les plus virulentes : 87 % des 2 500 invertébrés terrestres ayant colonisé de nouveaux territoires sont des insectes.

Des dégâts sous-évalués

Les scientifiques ont estimé à 69 milliards d’euros par an le coût minimal des dégâts causés par les insectes envahissants dans le monde. Parmi les d’insectes étudiés, le termite de Formose1(Coptotermes formosanus) serait l’un des plus destructeurs : plus de 26,7 milliards d’euros par an dans le monde. Mais cette estimation provient d’une étude trop peu documentée, selon l’équipe de recherche. Des études plus renseignées (estimées reproductibles par les scientifiques) placent également « en haut du classement » la teigne des choux2 (Plutella xylostella), avec un coût de 4,1 milliards d’euros par an et le longicorne brun de l’épinette3 (Tetropium fuscum), avec un coût de 4 milliards d’euros par an rien qu’au Canada.

Par ailleurs, d’après cette étude, l’Amérique du Nord présente les plus importantes pertes financières avec 24,5 milliards d’euros par an, tandis que l’Europe n’est pour l’instant qu’à 3,2 milliards d’euros par an. Mais cette différence s’explique par un manque de sources d’évaluation et non par une réelle différence d’exposition au danger. Ainsi, selon les chercheurs, le coût annuel total estimé de 69 milliards d’euros est largement sous-évalué. De nombreuses régions du monde n’offrent pas assez de données économiques pour produire une estimation précise, qui a donc été minimisée. De plus, l’équipe de chercheurs s’est concentrée sur l’étude des dix espèces invasives les plus coûteuses, sans comptabiliser celles, très nombreuses, qui provoquent moins de dégâts. Enfin, si l’on considère les valeurs estimées pour les services écosystémiques à l’échelle globale (plusieurs centaines de milliards de dollars pour la seule pollinisation des cultures), les perturbations causées par les insectes envahissants pourraient atteindre un niveau bien au-delà de l’estimation actuelle.

La santé et l’agriculture sont les plus touchées

Les insectes dans leur ensemble pèsent particulièrement sur l’agriculture en consommant 40 % des biens de consommation (l’équivalent de ce qui pourrait nourrir un milliard d’êtres humains).

Sur la santé, le coût global attribuable aux insectes envahissants dépasse 6,1 milliards d’euros par an (sans prendre en compte le paludisme, le virus Zika, ou encore l’impact économique provoqué sur certains facteurs comme le tourisme, la productivité, etc). D’un point de vue géographique, les régions du monde où les dépenses médicales liées aux dégâts causés par les insectes envahissants s’avèrent les plus importantes, sont respectivement l’Asie (2,55 milliards d’euros par an), l’Amérique du Nord (1,85 milliards d’euros par an) et l’ensemble de l’Amérique centrale et du Sud (1,66 milliards d’euros par an). Et, parmi les maladies les plus lourdes financièrement, on trouve au premier plan la dengue, dont les dépenses représentent 84 % des 6,1 milliards d’euros.

Une plus grande vigilance et la mise en place de procédures de réponse à une invasion biologique permettraient de faire économiser à la société des dizaines de milliards d’euros, selon les auteurs. Ces mesures de prévention pourraient diviser au moins par dix les coûts des maladies provoquées par les moustiques.

Source : cnrs

La naissance du politique chez l’enfant : le cas de la hiérarchie

Les relations hiérarchiques constituent une des caractéristiques de notre vie sociale. L’enfant détecte très tôt la différence entre un individu dominant et un individu subordonné. Mais quel comportement adopte-t-il face à une asymétrie hiérarchique ? Va-t-il favoriser le dominant et ainsi préserver le statu quo ? Ou au contraire avantager le subordonné et instituer une forme d’égalité ? Comment ces prises de position évoluent-elles pendant l’enfance ?

Des chercheurs de l’Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), des universités de Lausanne et de Neuchâtel ont examiné les prémices de ce positionnement politique chez des enfants âgés de 3 à 8 ans grâce à deux expériences : l’une de partage de ressources, l’autre de redistribution.

Dans la première expérience, les chercheurs ont demandé à 173 enfants de regarder une saynète jouée par deux marionnettes. L’une d’elles imposait systématiquement ses jeux à l’autre : les enfants reconnaissaient en elle le chef. Les chercheurs donnaient alors à l’enfant un grand chocolat et un petit chocolat, et observaient à quelle marionnette il distribuait chaque friandise. A 3 et 4 ans, une large majorité d’enfants avantage la marionnette dominante en lui attribuant le grand chocolat. A 5 ans, cette tendance disparait, pour s’inverser complètement à 8 ans. A cet âge, la quasi-totalité des enfants favorisent la marionnette subordonnée.

Les spécialistes ont intitulé la seconde expérience « paradigme de Robin des Bois ». Les enfants (au nombre de 132) devaient regarder une scène où trois personnages, dont l’un se déclarait être le chef, jouaient dans un parc. Par la suite, le chef et l’un des subordonnés recevaient chacun trois pièces, tandis que le dernier subordonné obtenait seulement une pièce. L’examinateur demandait à l’enfant de prendre une pièce de l’une des deux personnages les plus riches pour la donner au plus pauvre. Le même effet que dans la première expérience est alors observé : les plus jeunes protègent les ressources du dominant alors que les plus âgés protègent celles du subordonné.

Les enfants les plus âgés parvenaient souvent à expliquer leur choix. Ils donnaient le plus gros chocolat à telle marionnette «parce qu’elle ne choisit jamais le jeu », ou encore « parce qu’elle est moins chanceuse que l’autre ». D’autres, surtout les plus jeunes, n’y arrivaient pas, car produire une justification leur demandait un niveau d’abstraction trop élevé.

Les chercheurs suggèrent plusieurs facteurs pour expliquer l’avantage donné au dominant et pour comprendre l’inversion de cette tendance avec l’âge. Tout d’abord, les enfants plus jeunes sont plus dépendants des figures d’autorité parentale. De plus, à la crèche, les rapports de dominance entre enfants sont fréquents et relativement bien acceptés. Les très jeunes enfants pourraient également vouloir s’attirer les faveurs du dominant, ou éviter d’entrer en conflit avec lui. Mais la volonté des enfants de contrecarrer les inégalités se renforce à mesure que se complexifie leur vie sociale. En effet, plus ils grandissent, plus ils ont de partenaires de jeu, plus la notion d’égalité leur est nécessaire pour évoluer dans leur groupe.

Ces travaux montrent que les enfants commencent à être sensibles aux inégalités de statut vers cinq ans, et que cette tendance devient très prononcée vers huit ans. Toutefois, ces résultats ne signifient pas que les enfants de huit ans se montrent égalitaristes dans toutes les situations sociales. Les chercheurs s’attachent maintenant à comprendre l’effet du genre et l’influence de la culture sur cette tendance : une marionnette de genre masculin sera-t-elle perçue comme davantage dominante ? La sensibilité aux inégalités est-elle moins forte dans les pays où les hiérarchies sont culturellement plus marquées ?

Source : cnrs

Démoclès : améliorer le recyclage dans le bâtiment

L’ensemble des déchets issus du second oeuvre, c’est-à-dire non structurels au bâtiment, représentent 10 millions de tonnes chaque année. Actuellement, 90 % de ces déchets sont collectés en mélange, le plus souvent en benne. Cela constitue un véritable frein à leur recyclage, tout en entraînant des coûts supplémentaires de manutention et des risques sanitaires. En effet, les différents matériaux peuvent être contaminés par le mercure des lampes fluorescentes, ou par la poussière de plâtre, ce qui les rend impropre au recyclage. Selon l’ADEME, lorsque déchets sont collectés en mélange dans une benne, les taux de valorisation ne dépassent pas 35 % pour les déchets inertes et 15 % pour les déchets non dangereux. En adaptant la gestion de ces déchets, le projet Démoclès estime qu’il est possible d’en recycler jusqu’à 80 %, « sans surcoût ».

Le projet Démoclès, à travers un retour d’expériences de 18 mois sur 19 chantiers, propose de collecter les déchets séparément dans des contenants adaptés. « Ces contenants, plus petits que les bennes, sont plus maniables et transportables depuis le poste de travail des opérateurs jusqu’à l’aire d’évacuation des déchets », insiste le rapport du projet.

Repenser la gestion des déchets

Récylum a intégré dans le projet une quarante d’acteurs représentant l’ensemble de la chaîne, de la maîtrise d’ouvrage jusqu’aux industriels utilisant la matière recyclée. Et il en ressort que le frein pour améliorer le recyclage n’est pas réellement technique. Le faible taux de valorisation est à rechercher du côté du manque d’implication des maîtres d’ouvrage, puis de l’ensemble des autres acteurs, le long de la chaîne. « Une majorité [des maîtres d’ouvrage] ne se sent pas concernée par la gestion des déchets issus de leurs chantiers », relève le rapport de l’étude, alors qu’ils sont le premier maillon de la chaîne pour assurer une collecte performante.

L’ensemble de la logistique doit donc être repensée pour que l’ensemble des acteurs prennent leurs responsabilités. La maîtrise d’ouvrage doit définir un réel pilotage de la gestion des déchets et exiger la traçabilité des déchets pour la maîtrise d’oeuvre. « Les entreprises de travaux doivent connaître les filières de valorisation et les gestionnaires de déchets doivent proposer des services adaptés aux caractéristiques de chaque chantier et aux objectifs de valorisation des déchets », proposent les experts de Démoclès. Les auteurs recommandent également d’intégrer cette question à la formation initiale, notamment des architectes. Cela permettra d’atteindre les objectifs ambitieux de la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Le texte vise à valoriser sous forme de matière 70 % du secteur du bâtiment et des travaux publics en 2020.

Qu’est-ce qui est recyclable ou valorisable ?

Les déchets du second oeuvre sont constitués à 48 % de déchets inertes (briques, carrelage…), 47 % de déchets non dangereux (plâtre, revêtements de sols, isolants…) et 3 % de déchets dangereux (lampes, bois traités, équipements électriques…). Sur 24 catégories de déchets identifiées sur les chantiers, 15 peuvent bénéficier d’un recyclage. Sur ces 15 catégories, 10 doivent faire l’objet d’une collecte séparée en pied de chantier pour permettre une « valorisation optimale ». Il s’agit notamment des équipements électriques, des lampes et tubes fluorescents, des moquette, des ouvrants, du plâtre, du polystyrène, du PVC rigide et souple et du verre plat. Les autres catégories, incluant par exemple les tapisseries et tissus murales, la laine minérale ou encore le polyuréthane, ne sont pas valorisables et pourront continuer à être collectées en mélange.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Il y a un copilote dans le drone Disco

Commercialisé depuis septembre à 1299 €, le drone Disco est un cas à part dans le catalogue de mini-drones civils du fabricant Parrot. Il n’a pas l’allure typique d’un aéronef multi-rotors, mais celui d’une aile volante dotée d’une belle envergure de 115 cm. Du fait de ce profil aérodynamique assurant une meilleure portance, le Disco est capable de filer à quelque 80 km/h.

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Une telle vitesse n’est pas courante pour un tel engin grand public, encore moins pour des pilotes peu aguerris. Le risque de «casse» est de facto significatif. Parrot a résolu la problématique de deux manières. D’une part, le Disco, malgré sa taille assez imposante, ne pèse que 750 grammes. Quant à la voilure, elle est fabriquée en polypropylène expansé, matériau robuste et répandu dans l’aéromodélisme. Ces deux facteurs conjugués explique que le Disco résiste bien aux impacts en cas d’atterrissage en catastrophe.

Mais la légèreté est susceptible de compromettre la stabilité, en particulier quand le pilote exécute une manœuvre imprudente. Le mini-calculateur de bord, nommé Chuck (Control hub and universal computer for kit), joue donc le rôle d’un assistant qui analyse les paramètres de vol et ajuste la direction des gouvernes et la puissance du moteur. Ces corrections évitent ainsi l’embardée ou le décrochage. Les données proviennent d’une impressionnante quantité de capteurs : accéléromètre, gyroscope, magnétomètre, altimètre…  et même un tube de Pitot, qui en aéronautique sert à mesurer la vitesse du vent relatif.

Les utilisateurs expérimentés ont toutefois la possibilité de court-circuiter ce copilote électronique et d’accomplir les acrobaties de leurs choix, à l’aide d’un module de radio-commande optionnel.

Par Frédéric Monflier

Polémique sur un pipeline américain installé en terres indiennes

Le pipeline en question, dénommé Dakkota Access, est un projet évalué à 3,8 milliards de dollars (3,4 mds €) qui doit permettre d’évacuer les productions d’huiles de schiste de l’énorme gisement de Bakken dans le Dakota du nord vers le hub pétrolier de Patoka (Illinois). Il aura une capacité de transport opérationnelle de 470 000 barils/jour, avec extension potentielle à 570 000 b/j. Selon les opposants au projet, le tracé du tube près de la réserve de Standing Rock Sioux aurait entraîné la destruction de nombreux sites sacrés alentours par les engins de chantiers. La compagnie Energy Transfer en charge du projet dément.

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Obama intervient

La contestation partie au niveau local s’est étendue jusqu’à atteindre la Maison Blanche. L’Administration Obama a suspendu le projet temporairement en raison du fait que le tracé passe par des terres fédérales. Le dossier a été renvoyé à l’Army Corps of Engineers, une agence fédérale sous le contrôle du département de la Défense, responsable du maintien des ressources environnementales. C’est elle qui devra se prononcer. Sauf que l’affaire a depuis été portée jusqu’au Nations-Unis à New-York sous le motif que le pipeline viole la charte de l’Institution internationale sur les droits des Peuples indigènes.

Il s’agit d’une nouvelle mauvaise nouvelle pour le secteur pétrolier américain qui a vu ces dernières années des projets phares tombés à l’eau, en raison des contestations locales grandissantes et de l’empreinte « green » qu’a souhaité marqué le Président Obama sur ses deux mandats. C’est ainsi qu’un autre grand projet de pipeline, Keystone XL, a été annulé après 7 années de controverses. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, l’abondance de gaz et huiles de schiste sur le marché américain et le manque de capacités d’export a fait chuter les prix ce qui a considérablement favorisé l’industrie chimique américaine et les grandes énergivores dont une part importante des coûts est directement liée aux hydrocarbures.

Romain Chicheportiche

Record du monde: le solaire PV trois fois meilleur marché que le gaz naturel aux Emirats Arabes Unis

En août 2016 un contrat solaire a été signé au Chili pour 2,910 US cents le kWh, écrasant le précédant record de 2,990 cents à Dubaï proposé en mai 2016.

Mais le chinois JinkoSolar en partenariat avec le japonais Marubeni vient de proposer une offre à 2,420 US cents pour la centrale solaire de Sweihan à Abu Dhabi, Emirats Arabes Unis. Ceci avec un taux d’intérêt annuel de 7% ce qui suggère que le projet est financièrement viable.

La centrale de Sweihan pourrait avoir une puissance dépassant 1,1 GW, soit les deux tiers de celle d’un réacteur nucléaire EPR. Le projet initial était de 350 MW mais la Abu Dhabi Electricity and Water Authority (ADWEA) a souhaité le muscler en triplant sa capacité. A ce stade l’ADWEA n’a sélectionné aucune des 6 offres proposées.

La seconde offre (2,533 cents) a été réalisée par le groupe Masdar en partenariat avec l’électricien français EdF ainsi qu’avec PAL Technology, entreprise basée à Abu Dhabi. Les quatre autres offres s’étalent entre 2,598 cents et 3,635 cents. Autrement dit l’offre la plus coûteuse, proposée par le sud-coréen Kepco (Korea Electric Power Corporation)  est 3,3 fois meilleure marché qu’avec l’EPR d’Hinkley Point en Grande-Bretagne.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces offres à des prix aussi bas. Aux Emirats Arabes Unis le coût de l’argent est faible, tout comme celui du travail. Un autre facteur est que les acteurs anticipent une baisse des prix des modules photovoltaïques. Ils pourraient chuter de 50% dans les 18 mois à venir selon les analystes de l’agence Bloomberg dans un contexte de déséquilibre entre l’offre et la demande. Les acteurs du solaire chois, qui contrôlent 90% du marché mondial, cherchent à écouler un surplus anticipé de leur production en modules PV.

Mais pour Frank Wouters, ex-directeur de l’entreprise Masdar spécialiste des EnR, il est peu probable que les prix du solaire remontent dans le futur. « Nous continuons à apprendre comment réduire le coût des cellules solaires et des autres composants, tout comme celui de l’O&M (Opération et Maintenance). Par conséquent il n’y a pas de raison que le coût du solaire se mette à remonter » a déclaré l’expert.

Le coût du solaire PV est à présent trois fois meilleur marché que celui du gaz naturel à Abu Dhabi. Les Emirats Arabes Unis (UAE) cherchent donc à construire le plus rapidement possibles des centrales solaires afin de pouvoir exporter leur production gazière.

Pour Gilles Parkinson, fondateur du site australien RenewEconomy, « ces contrats solaires devraient conduire EdF à se poser quelques questions. Son offre à 25,33 dollars le MWh pour la centrale solaire d’Abu Dhabi correspond à environ un cinquième du prix (£92.50, c’est à dire $US120/MWh) qu’il a demandé pour le nouveau réacteur nucléaire d’Hinkley Point C au Royaume-Uni ».

Il est possible que les dirigeants d’EdF ainsi que les fonctionnaires de l’état français impliqués dans les choix énergétiques stratégiques n’aient pas vraiment envie de se poser ces questions car cela les pousserait à remettre en cause des dogmes anciens qu’ils croyaient inébranlables. Un choc non seulement financier mais aussi, et peut-être surtout, culturel.

Pas simplement une « transition » mais une « révolution »

Le coût du solaire PV a chuté de plus de 80% durant les 5 dernières années ce qui ouvre la perspective non seulement d’une transition énergétique  mais d’une révolution globale estime Isabelle Kocher,  CEO d’Engie, le géant français de l’énergie. « Ce que nous sommes en train de vivre n’est pas de l’ordre d’une transition mais d’une révolution industrielle ».

Alors que le solaire à concentration thermodynamique (« CSP ») couplé au stockage thermique était considéré il y a 5 ans comme promis à un bel avenir par les experts de l’énergie, y compris ceux du think tank d’origine allemande DESERTEC, la compétitivité croissante du solaire PV rebat complètement les cartes. Le CSP n’a cependant pas dit son dernier mot, notamment dans le cadre de systèmes combinés CSP + PV (Lire sur Techniques de l’ingénieur l’article: La prometteuse alliance du solaire avec le solaire !).

Une chute aussi rapide n’était anticipée ni par l’Agence Internationale de l’Energie, ni par les ONG écologistes. Et pas davantage par les stratèges d’AREVA, d’EdF et des Ministères de l’écologie et de l’économie.

Alors que les turbines des centrales nucléaires, au charbon ou hydroélectriques relèvent de la physique classique, le solaire photovoltaïque relève de son côté de la physique quantique. La cinétique d’évolution des coûts est comparable à celle des composants électroniques.

On peut donc s’attendre à un boom du solaire PV aussi explosif que celui des Smartphones.

Olivier Daniélo

Croissance record pour l’agriculture biologique !

Fin 2015, le marché des produits bio était estimé à 5,76 milliards d’euros, en hausse de 14,7 % par rapport 2014. Les chiffres de l’Agence bio montrent que le marché avance encore davantage en 2016. Sur les 6 premiers mois de l’année, les ventes augmentent de près de 20 %. « A la fin de l’année, il devrait atteindre les 6,9 milliards d’euros, soit un gain d’1 milliard d’euros en seulement 1 an », estime l’Agence bio.

Tous les indicateurs sont au vert. Au cours des 6 premiers mois de l’année, ce sont près de 3.000 nouvelles fermes qui se sont lancé en bio pour atteindre un total de 31.880 fermes. Une hausse de 10 % contre 8 % sur la même période en 2015. Les fermes bio représentent désormais 7,2 % des fermes françaises et 10 % des emplois agricoles. Fin juin 2016, l’Agence bio estime que les terres consacrées au mode de production bio s’élèvent à 1,57 million d’hectares, soit plus de 5,8 % de la Surface agricole utile (SAU). Sur ce total, près de 500.00 hectares sont en conversion, dont 260.000 hectares en première année. C’est 20 % de plus qu’il y a un an.

Toutes les filières sont concernées par la dynamique de conversions en 2016. Face à la crise laitière, l’élevage bovin laitier bio connait un essor sans précédent, avec 562 producteurs spécialisés engagés en 6 mois. « Après la période de conversion de deux ans, la filière attend donc un développement de l’ordre de 30 % de la collecte de lait bio d’ici 2018 », se félicite l’Agence bio. Le secteur viticole poursuit aussi son développement avec 300 nouveaux domaines viticoles engagés en bio sur la même période. Les filières les plus dynamiques restent, comme en 2015, celles des grandes cultures (740 engagements) et de l’élevage bovin allaitant (400 engagements), mais le rythme est là, similaire à l’an passé.

En parallèle du développement des ventes, du nombre de fermes et des surfaces cultivées en bio, le nombre d’entreprises se développe. Au premier semestre, 1.200 nouveaux transformateurs, distributeurs, importateurs et exportateurs ont rejoint les rangs des acteurs de la filière bio en France, pour atteindre un total de 14.338. Soit 6 % de plus que fin 2015.

Par Matthieu Combe

Revue de presse anglophone #1 : Elon Musk, Maison Blanche, cerveau…

Espace

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Le plan d’Elon Musk pour envoyer des humains sur Mars… et au-delà

Le fantasque milliardaire a toujours eu Mars en ligne de mire. Son rêve porte aujourd’hui le nom de « The Interplanetary Transport System » et serait en passe de se concrétiser.

Management

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Comment les femmes se font-elles entendre en réunion à la Maison Blanche ?

Une technique simple et ancienne : la solidarité féminine ! Et apparemment, ça marche.

Source : The Washington Post

 

Environnement

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A quel point le blé est-il impacté par le climat ?

Le blé, au cœur de notre alimentation occidentale, serait en danger. En cause : la hausse des températures.

Source : Nature.com

 

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Pourquoi les fermes industrielles sont bénéfiques pour l’environnement

Aux Etats-Unis, les plus grosses exploitations agricoles auraient tendance à avoir un impact positif sur leur environnement grâce notamment à l’usage de technologies de pointe et à la rationalisation des épandages.

Neurosciences

cerveau350

Chaque jour, notre cerveau est amené à trier une quantité phénoménale d’informations, travail effectué en partie grâce aux neurones inhibiteurs.

Source : Nature.com

La raison serait simple : le fait de produire un effort pour nous exprimer nous pousserait également à réfléchir davantage.

 

Selon une équipe de chercheurs américains, il existerait un lien entre la qualité du sommeil d’un enfant et le risque de développer une addiction à l’alcool ou à la drogue une fois adulte.

 

solitude350

Etre seul pour être heureux

Une enquête menée par la BBC tend à montrer que la solitude, à condition d’être choisie et non subie, se révèle indispensable à une bonne santé psychique.

Source : BBC News

Nouvelles technologies


snapchatSnapchat vs Google

Après l’échec retentissant des Google Glass, on ne s’attendait pas à voir tout de suite débarquer des petites lunettes high tech ! Les créateurs des lunettes Snapchat vont-ils remporter la partie ?

Source : Recode

 

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L’industrie du « no code » est en plein boom et de nouvelles plateformes voient le jour.

Source : Quartz

 

 Par Iris. T

Le transport maritime mondial, dans la tourmente

Cet été a été très difficile pour le transport maritime. La faillite de l’armateur sud-coréen Hanjin Shipping en août illustre la plus grave crise que connait le transport maritime depuis 30 ans. Hanjin Shipping, septième entreprise mondiale de fret maritime, a été placé en redressement judiciaire début septembre, incapable de faire face à sa dette estimée à 6.000 milliards de wons (4,8 milliards d’euros). Certains de ses cargos errent encore en attendant une autorisation d’amarrage et/ou de déchargement, les autorités des ports de destination craignant de ne pas être payées pour leurs services. D’autres ont déchargé leurs conteneurs dans des ports, avant leur destination finale, nécessitant la reprise de ces conteneurs par d’autres armateurs.

Pour débloquer une partie de ces navires paralysés, Korean Air Lines Co., le plus gros actionnaire de Hanjin Shipping, a finalement accepté le 21 septembre de valider un prêt de 60 milliards de wons (48 millions d’euros) au transporteur maritime. Ce montant s’ajoute aux 40 milliards de wons (32 millions d’euros) apportés par Cho Yang-ho, le président du conglomérat Hanjin Group, sur sa fortune personnelle. Un plan de redressement crédible doit, en théorie, être dévoilé par la direction avant le 25 novembre. Le tribunal le placera alors en redressement, avec surveillance de sa gestion et rééchelonnement de sa dette, ou le liquidera.

Léger répit pour le secteur maritime

La faillite de Hanjin Shiipping est néanmoins une bonne nouvelle à court terme pour ses concurrents, car les conteneurs abandonnés par l’armateur augmentent les prix de fret. Et les clients de Hanjin vont devoir trouver des solutions alternatives pour leurs prochains transports, notamment entre l’Asie et les Etats-Unis, où l’armateur était très présent. 98 navires spécialisés, sans compter 44 vraquiers et tankers sont immobilisés, limitant un peu pour le moment les surcapacités.

Le Baltic Dry Index (BDI) est l’un des indices de prix du transport maritime. En mai 2010, le BDI atteignait 4000 points. Après une baisse vertigineuse à 290 points en février 2016 et quelques fluctuations, il reprend de la vigueur depuis août et atteint 937 points au 22 septembre, soit un niveau similaire à celui observé en septembre 2015. Mais « la reprise n’est tout simplement pas en vue, même si le pire est passé », assure la Shanghai Shipping Exchange, la Bourse maritime de Shanghai, dans un communiqué. « La seule solution viable pour retrouver la santé du marché est de mettre fin à l’approvisionnement de nouveaux navires et d’envoyer à la casse les plus anciens », assure Khalid Hashim, directeur général de l’opérateur thaïlandais Precious Shipping.

Les armateurs se réorganisent pour affronter la crise

Toutes les grandes compagnies maritimes encaissent de mauvais résultats au deuxième trimestre. Par exemple, le danois A.P. Møller-Mærsk, numéro 1 mondial, présente un résultat net de 118 millions de dollars, contre 1,1 milliards engrangés au 2e trimestre 2015. Le français CMA CGM, numéro 3 mondial, a annoncé une perte de 128 millions de dollars, contre un bénéfice de 156 millions un an plus tôt. Sur les 6 premiers mois de l’année, l’armateur français a perdu 204 millions d’euros. Le groupe a donc lancé début juillet un plan d’économies considérable : un milliard de dollars en 18 mois. Et pour limiter les surcapacités, CMA CGM, à l’image d’autres armateurs, va décaler la livraison de certains navires à 2017.

Pour résister, l’ensemble du secteur se réorganise. Les chinois China Ocean Shipping et China Shipping ont fusionné, de même que l’allemand Hapag-Lloyd avec United Arab Shipping Company (UASC). CMA CGM  a absorbé la plus grande compagnie maritime d’Asie du Sud-Est, la Neptune Orient Lines Limited (NOL). De son côté, A. P. Møller-Maersk va se séparer de sa branche pétrolière pour devenir un pur spécialiste du transport maritime.

Une surcapacité durable

Les armateurs n’avaient pas anticipé la crise économique et ont commandé des méga porte-conteneurs il y a une dizaine d’années, au pic de la croissance des échanges. Il y aurait désormais un tiers de navires en excès et les armateurs tardent à envoyer les plus anciens à la casse, le prix de la ferraille ayant aussi chuté.

Le commerce maritime continue pourtant de croître mais de moins de 3% par an, deux fois moins vite qu’au milieu des années 2000. La situation devrait s’améliorer sur le court terme : les capacités mondiales devraient augmenter de 2,4 % en 2016 alors que la demande, elle, devrait grimper de 3,9 %. Malgré tout, avec des prix qui ont considérablement baissé, la banque Morgan Stanley anticipe pour cette année une perte globale de 5 milliards de dollars pour le secteur.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Comment atteindre le facteur 4 des transports en 2050?

Pour diviser par un facteur 4 les émissions nationales de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à leur niveau de 1990 d’ici 2050, les budgets carbone figurant dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) supposent une baisse de 29 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports pour la période 2024-2028 par rapport à 2013. À l’horizon 2050, l’objectif est de parvenir à une baisse d’au moins deux tiers.

Les émissions directes du secteur des transports – hors transport maritime et aérien – s’élevaient à 124 millions de tonnes de CO2 (MtCO2) en 2012, soit environ 24,9 % des émissions françaises. Le transport de marchandises représentait 21,9% de ce total. La route, incluant les marchandises et le transport de personnes, représentait près de 94,5% des émissions du secteur. Pour agir massivement sur les émissions de gaz à effet de serre, il faut donc agir sur les émissions liées au transport routier.

Favoriser les économies d’énergie ?

Le rapport « Projections de la demande de transport sur le long terme » explore deux projections pour 2050. La projection dite « tendancielle », correspond au prolongement des tendances observées au cours des dernières années. Elle suppose des améliorations limitées de gains énergétiques et logistiques (diminution des retours à vide, massification des flux). Elle est insuffisante pour limiter l’impact du transport de marchandises sur l’environnement. La deuxième, fixée par la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) est plus ambitieuse. Elle retient une baisse importante des consommations des véhicules pour le transport routier de marchandises pour arriver à une consommation moyenne de 20,9 L/100 km en 2050, contre 26,6 L/100 km dans le cadrage tendanciel. Par ailleurs, elle prévoit l’augmentation du chargement moyen des poids lourds et le développement des autoroutes électriques permettant une alimentation électrique en circulation, par caténaire.

Quelles évolutions des émissions de CO2 ?

Dans leur ensemble, les émissions directes de CO2 liées au transport diminueraient de 20 % en 2030, par rapport à 2012, pour atteindre 99,2 MtCO2. Soit 9% de plus que les budgets carbone figurant dans la SNBC. À l’horizon 2050, la baisse atteindrait 30 % dans le cadrage tendanciel (86,3 MtCO2) et  62 % dans le cadrage SNBC (47,2 MtCO2). Si le scénario SNBC est compatible avec le facteur 4 sur l’ensemble des émissions françaises de gaz à effet de serre, le scénario tendanciel est insuffisant. L’atteinte des objectifs ne pourra donc se faire que « grâce à un renforcement important des politiques visant la baisse des consommations unitaires des véhicules, la diffusion de vecteurs énergétiques alternatifs, la maîtrise de la mobilité et le développement des modes alternatifs à la route », insiste l’organisme.

Dans le scénario SNBC, la plus forte baisse est liée à la circulation routière individuelle. Le passage de 68,9 MtCO2 en 2012 à 20,4 MtCO2 en 2050 est notamment rendu possible par la diminution des consommations individuelles des véhicules. Le recul des émissions liées au transport de marchandises est beaucoup plus faible. Elles baisseraient de 35% dans le scénario SNBC, mais augmenteraient de 13% en 2030 et de 27% en 2050 selon le scénario tendanciel.  Dans le scénario SNBC, le transport de marchandises représenterait 37,5% des émissions directes du secteur des transports. Une part beaucoup plus importante qu’en 2012.

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Évolution des émissions unitaires des véhicules routiers en gCO2 par véhicule et par kilomètre entre 2012 et 2050, selon le scénario SNBC.

 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique