L’énergie en Afrique, un enjeu « crucial », estime l’AIE

L’Agence de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) signale d’abord que l’Afrique va avoir de plus un plus un rôle déterminant en matière d’énergie. La croissance démographique attendue d’ici à 2040 devrait faire qu’une personne sur deux supplémentaire sur la planète sera africaine, et de plus en plus en milieu urbain. Ce qui va entraîner des besoins en énergie en forte augmentation dans tous les secteurs, de l’industrie à l’habitat, en passant par les transports.

Boom d’une demande qui part de loin

La demande énergétique de l’Afrique pourrait augmenter deux fois plus vite que partout ailleurs dans le monde, estime l’AIE. L‘Afrique pourrait émerger comme un « acteur majeur sur le marché mondial du gaz et du pétrole », à l’horizon 2040. La flotte de véhicules devrait doubler, dont la majeure partie fondée sur des technologies à faible efficacité énergétique (voitures thermiques), alors que le GPL (gaz de pétrole liquéfié, comme le butane ou le propane) devrait être de plus en plus utilisé pour la cuisson. Ainsi, la demande en pétrole pourrait progresser de 3,1 millions de barils par jour d’ici à 2040, juge l’AIE, soit plus que la hausse de la demande en Chine, et juste après celle de l’Inde.

Reste que, côté électricité, le paysage est moins positif, puisque quelque 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité et que dans 80% des régions subsahariennes, les coupures de courant sont fréquentes et préviennent le développement économique. En outre, près de 900 millions de personnes n’ont pas accès à des moyens pour cuisiner… Ce qui fait par conséquent que le Continent demeure un « contributeur mineur » en termes de changement climatique, avec seulement 2% des émissions de CO2 mondiales. L’AIE estime en outre qu’en 2040, malgré une forte croissance attendue de la demande énergétique, la hausse des rejets carbonés de l’Afrique ne devrait pas dépasser 4,3% sur la période, ajoutant à peine 0,2% aux émissions de CO2 mondiales.

Des atouts en termes de production

En matière de gaz, le continent dispose d’atouts majeurs, insiste l’Agence de l’OCDE, qui juge que ce combustible peut faciliter grandement le développement du Continent. En Afrique du Nord, le gaz représente déjà la moitié des besoins en énergie, mais dans la zone subsaharienne, ce chiffre chute. La part dans le mix énergétique du continent africain tombe ainsi en moyenne à 5%, soit la part la plus faible au monde, insiste l’Agence.

Néanmoins, les récentes découvertes de gisements de gaz en Afrique de l’Est (Mozambique et Tanzanie), en Egypte, en Afrique de l’Ouest (Sénégal et Mauritanie) ainsi qu’en Afrique du Sud, représentent environ 40% des nouvelles découvertes réalisées dans le monde entre 2011 et 2018. Reste que le développement de ce marché du gaz constitue un enjeu de taille, face à des marchés typiquement petits, même si le potentiel boom des énergies renouvelables devrait pousser à l’édification d’installations au gaz pour pallier la variabilité des énergies renouvelables, insiste l’AIE. Cette dernière mise sur le fait que l’Afrique deviendra un acteur majeur des marchés gaziers, comme producteur (la production pourrait doubler d’ici à 2040, selon le scénario conservateur de l’AIE, dénommé STEPS), comme consommateur (la part du gaz pourrait passer à 24% en 2040, selon le scénario Africa Case, défini par les pays de l’Union africaine en 2015, avec un horizon 2063 pour un développement durable) et comme exportateur (la production demeurant largement supérieure à la demande, des pays comme l’Egypte ou le Mozambique pourraient devenir rapidement de sérieux concurrents mondiaux en termes de gaz naturel liquéfié).

La difficile équation électrique

Les besoins en électricité devraient progresser très fortement (triplement attendu, selon le scénario Africa Case) sur la période sous revue. La demande actuelle est de quelque 700 TWh (en France, c’est un peu moins de 500 TWh), les pays du Nord et l’Afrique du Sud représentant 70% de cette demande. Mais, selon le scénario STEPS de l’AIE, celle-ci pourrait passer à 1 600 TWh et atteint 2 300 TWh dans le scénario Africa Case. La majorité de cette progression proviendrait des besoins industriels et des classes moyenne et haute (pour la climatisation notamment).

A cette hausse de la demande va correspondre une hausse de la production, remplie selon l’Agence très largement par les énergies renouvelables (75%). Mais, souligne l’AIE, tout va dépendre de la progression du solaire. En effet, l’Afrique ne dispose aujourd’hui que de 5 GW (5 000 MW) en solaire, soit à peine 1% de la capacité solaire mondiale, alors même que la ressource y est largement abondante. Selon le scénario Africa Case, le solaire pourrait cependant représenter la première source d’électricité en 2040, en termes de capacité installée, et la deuxième en termes de production. Le déploiement du photovoltaïque pourrait atteindre 15 GW par an sur la période sous revue. Reste que ce développement repose aussi sur des investissements conséquents dans les infrastructures, notamment les réseaux, de transport et de distribution. Le scénario Africa Case implique un système électrique plus sûr et une maintenance accrue pour éviter les coupures inopinées et réduire fortement les pertes (aujourd’hui de 16% en moyenne, contre moins de 10% dans les économies « développées »). Enfin, la mise en œuvre de grands projets, comme les barrages hydroélectriques, implique une coopération renforcée entre les pays et ne se feront pas s’ils sont portés par la demande d’un seul Etat…

Enfin, l’Afrique représente 17% de la population mais compte seulement pour 4% des investissements mondiaux en matière d’électricité. L’AIE juge que pour parvenir à construire un système électrique fiable, il faudrait a minima un quadruplement de ces investissements, soit quelque 120 milliards de dollars par an jusqu’en 2040, dont la moitié pour les seuls réseaux ! D’où un besoin sérieux de régulation, et de mesures pour faciliter l’investissement… Donc des choix politiques cohérents.

Usine extraordinaire 2019 : l’industrie française souhaite attirer les jeunes

Aéronautique, construction navale, chimie, métallurgie, pharmacie, agroalimentaire, biotechnologie, l’avenir de l’industrie française s’écrit déjà au futur. Pourtant, les préjugés persistent puisque les métiers de l’industrie sont considérés comme « essentiellement manuels et peu qualifiés ». A travers cet événement gratuit et ludique, l’Usine Extraordinaire souhaite leur offrir un nouveau visage.

Entre ciel, terre et mer

Portée par Industries Méditerranée, la seconde édition de l’Usine Extraordinaire veut faire le lien entre industrie et grand public. Au programme : des expériences immersives à la découverte des coulisses de l’usine, des rencontres avec les acteurs de l’industrie, des ateliers, des échanges animés et des tables rondes pour répondre aux grands défis de demain. « 50 entreprises industrielles comme EDF ou Total participent à l’événement autour de grands thèmes : industrie du futur, environnement, formation et éducation, numérique » souligne Thierry Chaumont, président de l’UIMM, l’Union des industries et des métiers de la métallurgie Alpes Méditerranée.
En effet, l’industrie est un secteur qui recrute malgré la pénurie de main d’œuvre. Les questions environnementales et énergétiques l’ont obligée à repenser ses activités. De plus, la digitalisation et la robotisation ont transformé les modes de travail et de production.

Attirer la nouvelle génération

« Nous voulons motiver la jeunesse et montrer que l’industrie est une voie d’avenir qui recrute », explique Thierry Chaumont. Près de 8 000 jeunes sont attendus et parmi eux, 150 élèves ingénieurs de différentes grandes écoles qui seront mobilisés pour les accompagner et les encadrer. Pour séduire la jeune génération et susciter de nouvelles vocations, l’Usine Extraordinaire a pour ambition de recréer ce lien avec l’industrie.
Pendant 3 jours, sur l’esplanade du J4, le public pourra vivre la « fabuleuse Odyssée de l’électricité » ; avec l’UIMM, il pourra expérimenter et vivre les multiples potentialités offertes par l’usine du futur. A bord du Méditerranée, le navire de Corsica Linea amarré sur le quai d’honneur du port de Marseille Fos, le visiteur embarquera pour une immersion dans le monde du transport maritime, grâce à une installation totalement inédite. Il sera aussi impossible pour les visiteurs de manquer les objets monumentaux comme la pale d’éolienne de 10 mètres, les panneaux solaires, la turbine hydraulique, l’assemblage combustible nucléaire installé par EDF, ou encore la grue de 80 mètres avec la possibilité d’aller dans la nacelle. L’opération séduction de l’Usine Extraordinaire a déjà commencé.

Décryptage : la loi énergie-climat enfin promulguée !

Après sa validation par le Conseil constitutionnel le 7 novembre, la loi énergie-climat a finalement été publiée au Journal Officiel le samedi 9 novembre. Le Conseil n’a modifié que quelques dispositions de l’article 62, en lien avec le mode de calcul de l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique (Arenh), mais a validé son augmentation de 100 à 150 térawattheures par an.

La loi énergie climat entérine les nouveaux objectifs énergétiques et climatiques de la France. En 8 chapitres et 69 articles, elle regroupe les dispositions du Plan climat de Nicolas Hulot, de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et du paquet « Une énergie propre pour tous les Européens ».

De grands objectifs marqués dans la loi

Les grands objectifs sont là : baisser de 40 % la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030 par rapport à 2012 (contre 30 % auparavant) et « atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 en divisant les émissions de gaz à effet de serre par un facteur supérieur à six » (contre une division par 4 auparavant). Cette neutralité est définie comme « un équilibre, sur le territoire national, entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre », conformément à l’Accord de Paris, sans avoir recours aux crédits internationaux de compensation carbone.

La loi valide la fermeture des quatre dernières centrales à charbon françaises d’ici 2022. Mais elle valide aussi le report de la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 2025 à 2035. Elle souhaite en revanche « encourager la production d’énergie hydraulique, notamment la petite hydroélectricité » et développer progressivement l’éolien offshore pour porter à 1 gigawatt l’installation annuelle de nouvelles capacités d’ici 2024. L’hydrogène « bas-carbone et renouvelable » et ses usages industriel, énergétique et pour la mobilité vont se développer pour atteindre « 20 à 40% des consommations totales d’hydrogène et d’hydrogène industriel à l’horizon 2030 ». Et pour mieux piloter la production électrique, l’objectif est d’installer au moins 6,5 gigawatts de capacités d’effacement en 2028.

La valorisation de la biomasse devra pour sa part se « concilier » avec « les autres usages de l’agriculture et de la sylviculture, en gardant la priorité à la production alimentaire, ainsi qu’en préservant les bénéfices environnementaux et la capacité à produire, notamment la qualité des sols ». Avant le 1er septembre 2020, le Gouvernement remettra un rapport au Parlement sur les « modalités de prise en compte des externalités positives du biogaz dans la détermination des conditions d’achat ou du complément de rémunération ».

Répondre à l’urgence écologique et climatique

L’article 1er reconnaît « l’urgence écologique et climatique », décrétée par le Président Emmanuel Macron. À cette fin, elle prévoit avant le 1er juillet 2023, puis tous les cinq ans, une nouvelle loi pour déterminer les objectifs et fixer les priorités d’action de la politique énergétique nationale afin de répondre à cette urgence. Elle comprendra les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de la consommation d’énergie finale, de développement des énergies renouvelables, de diversification du mix de production d’électricité, de rénovation énergétique et d’autonomie énergétique en outre-mer pour une à trois périodes successives de 5 ans.

La loi crée le Haut Conseil pour le climat au 27 novembre 2018, organisme indépendant, placé auprès du Premier ministre. Composé de treize experts élus pour 5 ans, renouvelable une fois, il rend chaque année un rapport d’évaluation de l’action climatique de l’État et des collectivités territoriales. Le Haut Conseil pour le climat est chargé de l’évaluation de l’action climatique du gouvernement. Ses missions consistent à analyser annuellement la mise en œuvre et l’efficacité des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, développer les puits de carbone et réduire l’empreinte carbone. Il évalue les dispositions budgétaires et fiscales ayant un impact sur le climat et calcule l’impact socio-économique de ces politiques publiques. Ses travaux sont transmis au Parlement et au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Le Gouvernement est tenu de répondre à ce rapport sous 6 mois devant ces deux instances.

Une évolution du DPE pour mettre fin aux passoires thermiques

Le texte met en place un dispositif progressif de rénovation énergétique des passoires thermiques. Sont ainsi nommés les logements consommant plus de 331 kWh d’énergie primaire/m2/an. Objectif : les éradiquer d’ici 2028. Un rapport sera remis chaque année au Parlement sur l’atteinte des objectifs de rénovation. Il donnera une estimation du nombre de passoires thermiques rénovées l’année précédente et du nombre de celles devant encore être rénovées.

Une première phase incitative visera à inciter les particuliers à la rénovation. Ainsi, pour toutes les passoires thermiques, le diagnostic de performance énergétique (DPE) sera accompagné d’un audit énergétique. Il proposera des bouquets de travaux pour atteindre « un très haut niveau de performance énergétique » et au moins une proposition pour passer sous le seuil des 331 kWh d’énergie primaire. Cet audit fournit des ordres de grandeurs des gains sur la facture d’énergie et du coût des travaux, avec les aides existantes. Entre 2022 et 2027, les travaux deviendront obligatoires, l’obligation étant mentionnée dans les annonces immobilières. À partir de 2028, le non-respect de l’obligation sera rendu public dans les annonces immobilières, et d’autres sanctions graduées seront mises en place.

D’autres dispositions pour plus d’efficacité

Le texte prévoit pour les stratégies bas-carbone un « budget carbone spécifique au transport international » à partir de 2022, alors que les émissions de ce secteur ne sont pas intégrées dans les objectifs nationaux.

La loi renforce la lutte contre la fraude aux certificats d’économies d’énergie (CEE). À cette fin, elle accélère les procédures de contrôle et facilite les échanges d’information entre les services de l’État.

La loi énergie-climat supprime les tarifs réglementés de vente d’électricité pour les entreprises et collectivités publiques ayant plus de 9 salariés et celles ayant un chiffre d’affaires, ou recettes, ou bilan annuel de plus de 2 millions d’euros d’ici fin 2020. Elle précise enfin les conditions visant à la suppression des tarifs réglementés de vente (TRV) du gaz naturel d’ici 2023. La première étape : la fin de la commercialisation des TRV du gaz. « L’arrêt de la commercialisation du tarif réglementé de vente de gaz naturel prend effet au plus tard trente jours après la publication de la présente loi », indique le texte. Soit au plus tard le 10 décembre prochain.

Turbulences en cours pour le recyclage des plastiques

En 2018, 904 000 tonnes de plastiques ont été collectées et vendues en France en vue de leur recyclage. C’est 0,4% de plus qu’en 2017, après une baisse de 0,2% par rapport à 2016. Ces chiffres cachent une information importante : si l’extension des consignes de tri permet de collecter davantage de plastiques auprès des ménages, la collecte auprès des entreprises baisse fortement. Ainsi, en 2018, la collecte a augmenté de près de 18 000 tonnes auprès des ménages, mais a chuté de 14 000 tonnes auprès des entreprises. C’est une baisse de 2,9% pour les entreprises. La collecte auprès des entreprises avait déjà baissé de 20 000 tonnes en 2017 (-3,1%). La part des plastiques collectés auprès des ménages passe ainsi à 33%, celle des entreprises à 67%.

« Sur certains produits industriels, la baisse de collecte atteint même jusqu’à 10% », explique Pierre Moguerou, vice-président de la branche Plastiques chez Federec. Malgré la hausse de la collecte, le chiffre d’affaires global de la filière baisse de 4,5% pour atteindre 188 millions d’euros en 2018. « Cette baisse est en particulier portée par la baisse de prix de ventes des flux industriels, avec des prix qui chutent jusqu’à -70% pour les films à cause d’un marché complètement saturé », complète-t-il. En effet, environ 5 million de tonnes de films à laver étaient exportées de l’Europe vers la Chine en 2016 et se retrouvent désormais à recycler sur place.

La fin des débouchés hors de l’Union Européenne

En 2017, les entreprises françaises et européennes pouvaient encore trouver des débouchés au grand export, notamment vers des pays d’Asie du sud-est. Mais en 2018, le marché international s’est complètement fermé. Les exportations hors Union européenne ont ainsi diminué de 82% par rapport à 2017. Les exports dans l’Union européenne ont pour leur part augmenté de 59%. Finalement, en 2018, la France a recyclé 54% de ses plastiques sur le territoire national, en a exporté 43% dans l’Union européenne et 3% hors des frontières de l’UE. L’ Asie a consommé 87 700 tonnes, quasi exclusivement sur l’ Asie du Sud-Est, soit 35 % des 250 000 tonnes qui étaient encore exportées directement ou indirectement en Chine par la France en 2017.

Pour s’adapter, la filière française et européenne réoriente donc des flux, et améliore le tri en investissant dans des outils de tri ou de régénération. Sur le marché des plastiques industriels, les films en mélange ou « à laver » sont particulièrement touchés par la baisse de la demande. Leur prix chute et dans certains cas, ils peuvent tout simplement ne plus être collectés en vue de leur recyclage. Dans ce cas, ils sont incinérés ou mis en décharge.

Entre bonne et basse qualité, pas de pitié

Sur le marché de la collecte sélective, le recyclage du PET clair connaît une forte hausse de la demande. Les prix augmentent suite à la réglementation européenne qui vise des obligations d’incorporation de PET recyclé dans les bouteilles neuves de 25% en 2025 et suite aux engagements volontaires liés au Pacte National sur les emballages plastiques.  La tendance est aussi bonne pour le polyéthylène haute densité. En revanche, les solutions de recyclage pour les films issus de l’extension des consignes de tri peinent à se développer, faute de débouchés suffisants. Les prix s’écroulent, alors que le volume de collecte des films augmente.

L’année 2019 est remplie de défis pour le recyclage des plastiques. Les stocks de certains produits « à trier » continuent d’augmenter. Comme pour la filière de recyclage dans son ensemble, les plastiques sont particulièrement concernés par la baisse des possibilités d’enfouissement en France et le manque de solutions de valorisation énergétique, notamment de combustibles solides de récupération. Faute de débouchés, le risque est que de plus en plus d’entreprises ne trient plus leurs plastiques. Les discussions dans le cadre de la loi Economie circulaire pourront aussi bouleverser grandement la filière, notamment avec la mise en place de la consigne, de nouvelles filières REP et l’évolution des éco-organismes.

Fabrication additive : les contrôles nécessaires

Communément appelée, par abus de langage, impression 3D, la fabrication additive est une véritable révolution, car elle permet de pallier les limites de la fabrication traditionnelle (injection plastique, usinage, formage, assemblage). En effet, elle donne toute latitude pour fabriquer des pièces de grande complexité, irréalisables par d’autres techniques, ouvrant ainsi des perspectives d’innovation. Cependant, la presse grand public a tendance à présenter la fabrication additive comme une technologie presse bouton, accessible à tous. La réalité est tout autre.

En fabrication additive, le matériau et la pièce sont fabriqués simultanément, couche après couche, à partir d’un modèle numérique. Mais, réaliser une pièce ne consiste pas simplement à transférer un dessin numérique à la machine, à appuyer sur un bouton et à attendre que la pièce soit fabriquée. Il y a de nombreuses étapes en aval et en amont. Le processus complet comprend la conception de la pièce, la préparation de la machine, sa configuration, puis la fabrication de la pièce, et enfin son post-traitement.

Un processus de fabrication complexe et en plusieurs étapes

La conception de la pièce se décline en plusieurs étapes : la sélection du matériau et de la structure (pleine ou lattice) ; la conception du modèle numérique décrivant la géométrie de la pièce avec ou sans optimisation topologique ; la discrétisation de la surface de la pièce ; le positionnement et l’orientation de la pièce, voire des pièces, sur le plateau de fabrication ; la mise en supports de la pièce et le découpage du modèle numérique en strates représentant les couches à réaliser. La préparation de la machine comprend, suivant les procédés : le nettoyage de la machine, le chargement de la matière première, éventuellement son homogénéisation et son nivellement sur le lit de la chambre de fabrication et le réglage de la hauteur du niveleur.

La configuration de la machine consiste à la paramétrer : par exemple, pour la catégorie fusion sur lit de poudre par laser, à choisir la vitesse de balayage du laser, sa puissance, la taille du faisceau, le nombre de passages du niveleur. Il ne faut pas omettre d’enregistrer les données d’entrée pour la traçabilité du processus de fabrication. À la fin du processus, il faut extraire la pièce de la matière première non transformée et la nettoyer. Ensuite, il faut procéder au post-traitement thermique de la pièce. Cela consiste, suivant les procédés, à un recuit pour éliminer les contraintes résiduelles ou pour parfaire le processus de liaison de la matière première ou encore pour délianter la pièce. Enfin, la pièce est détachée du plateau de fabrication de la machine, ses supports sont découpés, son état de surface amélioré et elle est nettoyée. Outre le fait que ces nombreuses étapes démontrent la nécessité de revoir les procédures de conception, elles mettent en lumière la complexité du processus.

Qualifier les machines et toutes les étapes du process

En conséquence, avant que la fabrication additive ne puisse être adoptée par les industriels, principalement ceux concernés par la production de petites séries (aéronautique, aérospatial et médical), il est indispensable de qualifier les machines et de démontrer que les pièces réalisées en fabrication additive répondent aux mêmes exigences de qualité que celles réalisées par des techniques traditionnelles. Pour cela, il faut réaliser non seulement des contrôles sur les machines, mais également à tous les stades du processus de fabrication à savoir sur la matière première, sur le matériau et sur la pièce finie.

Certains contrôles sont communs aux techniques traditionnelles, mais d’autres sont spécifiques à la fabrication additive. Différentes méthodes de contrôles sont également suggérées.

Une nécessité pour la généralisation de l’utilisation de la fabrication additive

La fabrication additive se développera et s’imposera au fur et à mesure que l’on maîtrisera de mieux en mieux sa technologie, et cela passe nécessairement par des contrôles. Aujourd’hui, de nombreux industriels s’intéressent de près ou de loin à la fabrication additive. Certains évaluent les différents procédés en faisant réaliser des pièces par des prestataires de service. D’autres se sont équipés d’une machine et évaluent un procédé bien spécifique tout en essayant d’élaborer un protocole de fabrication. Quels qu’ils soient, ils réalisent des contrôles, car le mot « évaluation » sous-tend le mot « contrôle ».

La technologie étant en plein essor, la nécessité d’autres contrôles peut apparaître. Par ailleurs, le  cadre normatif est important pour le développement et la généralisation de l’utilisation de la fabrication additive. Il faut donc poursuivre les efforts en termes de normalisation pour promouvoir l’acceptation de la fabrication additive par l’industrie. Il faut d’une part réviser les normes existantes dédiées aux technologies de fabrication traditionnelle pour les adapter à la fabrication additive, et d’autre part en écrire des spécifiques à la fabrication additive, notamment sur les protocoles de contrôle.

Exclusif ! L’article complet dans les ressources documentaires en accès libre jusqu’au 1er décembre !

Fabrication additive : contrôles , un article d’Anne-Françoise OBATON

Bilan mitigé pour la prime à la conversion en 2018

« La prime à la conversion a bénéficié à des ménages plutôt ruraux, non imposables dans 72 % des cas, et a permis de mettre au rebut des véhicules anciens (19 ans), diesel à 80 %, pour les remplacer par des véhicules récents moins polluants », résume le commissariat général au développement durable (CGDD) dans son rapport consacré au bilan 2018 du dispositif.

Des véhicules un peu moins polluants sur les routes

Le contrat est en partie rempli. La prime bénéficie majoritairement à des ménages modestes pour remplacer un vieux véhicule diesel. Deux tiers des véhicules achetés respectent la norme EURO 6, la plus récente, l’autre tiers la norme EURO 5. Ils émettent en moyenne 106 grammes de CO2 par kilomètre (gCO2/km). C’est un peu moins que les émissions moyennes des véhicules neufs (112 gCO2/km). Mais on reste loin de véhicules « propres » : 48,3% des véhicules achetés sont diesel et 44,9% essence. Seulement 2,3% des véhicules achetés sont tout électriques, soit 7 775 véhicules. 2,6 % ont une autre motorisation, notamment hybride. 14% des véhicules électriques ont été achetés d’occasion.

Entre 2015 et 2017, le dispositif a connu peu de succès avec moins de 10 000 bénéficiaires par an. Le fait d’élargir le dispositif aux véhicules thermiques d’occasion (émettant moins de 130g/km de CO2 et disposant d’une vignette Crit’Air 1 ou 2) en 2018 a fait exploser le nombre de bénéficiaires. En 2018, 60% des véhicules achetés le sont sur le marché de l’occasion. Ils coûtent en moyenne 13 200 euros.

Des gains pour la collectivité qui pourraient augmenter

Les gains calculés en matière d’environnement grâce au remplacement de vieux véhicules par des véhicules plus récents sont évalués à 375 millions d’euros. Pour la collectivité, le principal gain est lié à la réduction de la pollution de l’air par les particules fines et les oxydes d’azote (220 millions d’euros). Elle gagne également 75 millions d’euros via les économies en carburant et 60 millions d’euros grâce aux économies d’entretien. Les 440 000 tonnes de CO2 évitées représentent une économie de 25 millions d’euros.

Ces chiffres sont à confronter aux 310 millions d’euros dépensés par l’État pour accorder ces aides. En fin de compte, le gain net s’élève donc à 65 millions d’euros. Mais le diable est dans les détails. « Dans plus de deux tiers des cas, le bilan collectif est négatif ou nul », note le CGDD. Pour être positif, les véhicules doivent rouler dans les agglomérations d’une densité supérieure à 1 000 habitants par km². C’est là que le coût social associé à la pollution atmosphérique est le plus élevé. Or, la densité moyenne des communes où habitent les bénéficiaires est de 991 habitants par km². Dans ces zones densément peuplées, le bilan collectif est « positif dans plus de 3/4 des cas ». Pour être sûr d’avoir un bilan positif, il faut remplacer un très vieux diesel par un véhicule électrique ou à faible émission de CO2.

Une aide utile qui permet un bilan positif pour l’acquéreur

La prime à la conversion permettrait d’anticiper l’achat, de 2 ans pour les ménages non imposables et de 6 mois pour les ménages imposables. En absence de prime à la conversion, le bilan serait négatif pour l’acquéreur dans 92 % des cas, estime le rapport. Le gain estimé grâce aux économies de carburant et la réduction des frais d’entretien s’élève à 230 millions d’euros pour les acquéreurs. Loin de couvrir les 535 millions d’euros liés à l’anticipation de l’achat.

« Si on prend en compte les primes à la conversion versées aux acquéreurs, le bilan devient positif dans la quasi-totalité des cas […], avec un gain global de 140 millions d’euros », rassure le CGDD. Et en absence d’un intérêt individuel suffisant pour remplacer de vieux véhicules, « il semble donc que l’intervention publique soit justifiée », conclut l’organisme.

Les pays du G20 en peine sur leurs objectifs climatiques

Les pays du G20 sont responsables d’environ 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et mauvaise nouvelle : les émissions de CO2 y ont augmenté dans tous les secteurs clés en 2018. La hausse atteint 1,8 % pour l’énergie, 1,6 % pour l’électricité, 1,2 % pour les transports et 4,1 % pour le bâtiment. Les énergies renouvelables ne croissent pas assez vite. Encore 82% de l’énergie consommée dans les pays du G20 provient d’énergies fossiles.

Un rapport pour mieux comprendre les leviers d’action

Le rapport « Du brun au vert : la transition du G20 vers une économie à 0 émission nette » est rédigé par Climate Transparency, une initiative internationale reliant organismes de recherche et ONG. Il analyse la performance des pays du G20 à travers 80 indicateurs d’atténuation, de financement et d’adaptation au changement climatique par rapport à l’objectif de 1,5°C.

« Aucun des pays du G20 n’a de plan assez ambitieux qui le mette en voie de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, bien que la plupart d’entre eux en soient techniquement capables, et qu’ils aient un intérêt économique à le faire », observe Climate Transparency.

Des objectifs et des efforts à intensifier

Alors que les objectifs actuels ne sont déjà pas assez ambitieux, seulement la moitié des pays du G20 devraient les atteindre ou les dépasser. La Chine, l’Union européenne et ses états membres du G20, l’Inde, l’Indonésie, la Russie, l’Arabie saoudite et la Turquie devraient atteindre ou dépasser leurs objectifs, à l’exclusion des émissions liées à l’utilisation des terres, au changement d’affectation des terres et à la foresterie. La Corée du Sud, le Canada et l’Australie sont les pays du G20 les plus éloignés de la mise en œuvre de leurs engagements, déjà peu ambitieux.

L’ensemble des pays doivent augmenter leurs objectifs d’émissions pour 2030 d’ici 2020 et intensifier considérablement leurs efforts d’atténuation, d’adaptation et de financement au cours de la prochaine décennie. Les solutions sont connues et rappelées par Climate Transparency.

Les secteurs clés sont bien connus

Pour limiter le réchauffement à 1,5°C en 2100, il faut sortir du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et d’ici 2040 dans le monde. Les pays du G20 doivent interdire la vente de nouvelles voitures à combustibles fossiles au plus tard en 2035. Le transport de marchandises doit atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Il faut aussi réduire les subventions gouvernementales au secteur de l’aviation, taxer le kérosène et utiliser les revenus pour investir massivement dans de nouveaux carburants sans carbone. La rénovation des bâtiments demeure un défi pour tous les pays du G20. Les nouveaux bâtiments doivent être à énergie zéro d’ici 2020-2025.

Les pays du G20 ont encore accordé plus de 127 milliards de dollars de subventions pour les combustibles fossiles en 2017. C’est beaucoup moins qu’en 2013 – 248 milliards de dollars –, en partie grâce à une importante baisse des prix du pétrole, du gaz et du charbon sur la période. Les aides ont diminué dans neuf pays du G20, mais les subventions pour les infrastructures et la production de gaz naturel sont restées stables ou ont augmenté dans plusieurs pays. « Ne consacrer qu’une fraction de ces subventions aux combustibles fossiles aux énergies renouvelables pourrait financer la transition vers une énergie propre et réduire considérablement les émissions », rappelle le rapport.

Enfin, les institutions publiques du G20 finançaient toujours le charbon et la production d’électricité à base de charbon pour un montant de 17 milliards de dollars à l’échelle internationale et de 11 milliards à l’échelle nationale en moyenne par an entre 2016 et 2017. « Mettre fin au financement du charbon est l’une des étapes les plus cruciales pour atteindre les objectifs de Paris », rappelle Climate Transparency.

Techniques de l’Ingénieur participe à BE 4.0 !

BE 4.0, Salon Industries du futur, c’est :

  • 4000 visiteurs dont 20 % d’étrangers (Allemands, Suisses, Espagnols, Canadiens…).
  • La mise en lumière de l’excellence opérationnelle et de la créativité de 270 exposants dont 50 start-ups ainsi qu’une trentaine d’offreurs de compétences venant de France, d’Allemagne et de Suisse !
  • 300 rendez-vous BtoB, 60 conférences sur les enjeux clés de l’industrie 4.0 et 5 plénières bilingues français-anglais.
  • La rencontre avec des industriels et experts européens de la transformation 4.0 au travers de conférences, tables rondes, retours d’expériences.
  • La présence des acteurs du Grand Est qui conseillent et accompagnent les entreprises vers leur transition 4.0, le soutien des promoteurs du 4.0 en France, au Bade-Würtemberg et en Suisse.

2 thématiques à l’honneur : IA et efficacité énergétique

5 conférences plénières seront animées par le journaliste innovations Anicet Mbida.

  • La plénière inaugurale : « Regards tri-nationaux croisés sur le futur de l’industrie », en présence d’élus et d’industriels français, allemands et suisses
  • L’IA au service de l’industrie du futur, quel chemin prendre ? Ou comment faire de l’IA un levier de performance et de compétitivité pour l’industrie de demain ?
  • L’industrie face aux enjeux de la transition énergétique, ou comment évoluer vers une gestion responsable et durable des ressources grâce à la transformation numérique ?
  • Collaborateur 4.0, des innovations au service de l’attractivité de l’industrie
  • Confiance numérique sur la cybersécurité

Les autres conférences aborderont les sujets de l’optimisation des flux par la robotique, la réalité mixte et le jumeau numérique, la maintenance prédictive et proactive, le digital appliqué à la sécurité, l’open source au cœur des innovations de l’usine du futur…

Le salon BE 4.0 2019 se déroule à Mulhouse, au cœur de la région Grand Est, partenaire du French Fab Tour. Elle est la première région française en matière d’investissements industriels (automobile, aérospatiale, énergie..), et constitue le territoire de référence en matière d’Advanced Manufacturing. Situé aux confluences des stratégies françaises, allemandes (Industry 4.0) et suisses (Industry 2025), le salon ouvre les portes de l’excellence sur les nouvelles solutions, innovations et formations industrielles.

Zero Standby Energy réduit à zéro la consommation des appareils en veille

Objectif… nul ! Le slogan pourrait désigner l’action de Zero Standby Energy, un circuit électronique miniature conçu pour réduire à zéro la consommation électrique des appareils en veille. Ou dit autrement, les appareils qui ne sont pas à l’arrêt complet, mais en sommeil, ponctionnant en douce et en continu des dizaines de watts-heure sur le réseau électrique. L’Ademe, d’après une fiche éditée en juin dernier, en dénombre entre 15 et 50 par foyer, dont la consommation en veille coûterait 80 € par an. A l’échelle mondiale, celle-ci représenterait 1% des émissions de CO2.

Zero Standby Energy est une réalisation commune de Raymond Morel, un ingénieur suisse, et de Raoul Parienti, un habitué des concours Lépine et créateur, entre autres, du Pass Navigo. Cet ex-professeur associé de l’Université de Nice-Sophia Antipolis est aujourd’hui à la tête d’une holding qui détient quelque 150 brevets. Vient s’ajouter à la liste cette invention composée de deux parties : une télécommande et un circuit électronique passif intégré dans l’appareil.

«Le signal ultrasonique émis par la télécommande, dans la bande des 40 kHz, entre en résonance avec le circuit électronique, explique Raoul Parienti. Il se produit une différence de potentiel qui permet d’enclencher ou de déclencher à distance l’interrupteur, et donc de mettre en marche ou à l’arrêt l’appareil». Le bouton On/Off de la télécommande, qui sert d’ordinaire à l’entrée ou la sortie de veille, peut ainsi totalement couper l’alimentation. «L’émission ultrasonique est légèrement directive, avec un angle de 60°, admet Raoul Parienti. Mais ces ondes rebondissent sur les murs.»

Bientôt intégré dans les appareils électroniques ?

Les consommations en veille étaient telles dans les années 2000 – une quinzaine de watts pour un téléviseur par exemple – que la Commission européenne avait enjoint les fabricants à la diminuer progressivement au cours des années 2010. L’efficacité énergétique s’étant amélioré dans le même temps, la LED qui signale l’état de veille d’un TV et la photodiode en attente du signal infrarouge de la télécommande consomment quelques dixièmes de watt aujourd’hui. Mais les équipements électroniques se sont tellement multipliés que le sujet n’en reste pas moins d’une grande importance, à l’origine de nombreux travaux.

Dans un document publié en mai dernier, des chercheurs de l’Université de Californie et du laboratoire national Lawrence Berkeley décrivent ainsi quelques solutions techniques pour résoudre cette problématique, dont certaines ont donné lieu à des prototypes. Le cap de la commercialisation est toutefois plus difficile à franchir, ce que Zero Standby Energy a réussi, semble-t-il. D’ici au premier trimestre 2020, une prise externe est prévue pour le grand public et sera disponible, avec sa télécommande, dans la grande distribution. Son prix n’a pas encore été fixé, mais serait inférieur au coût de la consommation électrique des appareils en veille dans un foyer. Sa consommation propre ne sera pas nulle cependant, car le circuit à quartz, requis pour la programmation horaire de son fonctionnement, réclamera une petite quantité de courant.

A plus long terme, l’équipe de Zero Standby Energy voudrait implanter son dispositif dans les appareils électroniques eux-mêmes et concéder une licence d’exploitation. «Nous discutons avec deux fabricants majeurs de TV et d’équipements électroniques, confie Raoul Parienti. Notre composant ne mesurant qu’un demi-centimètre cube, son intégration est facile. L’émetteur dans la télécommande est encore plus petit et ne consomme que quelques micro-ampères sur quelques millisecondes. L’impact sur le prix est négligeable». Quoi qu’il en soit, si cette offre voit le jour, le remplacement du parc actuel par des appareils «0 watt en veille» prendra de nombreuses années.

Le recyclage des papiers et cartons est en crise

En 2018, la collecte des papiers et cartons pour recyclage en France atteint 6,96 millions de tonnes, en baisse de 4,6 % par rapport à 2017. « C’est la première fois que nous avons une telle baisse », fait savoir Pascal Genneviève, président de la branche Papiers-cartons de Federec. Le taux de récupération atteint 79,2%, en baisse aussi pour la première fois depuis de nombreuses années.

Dans le détail, la baisse est de 5,6% pour les 2,25 millions de tonnes de papiers collectées. « Cela reflète tout simplement la baisse de l’utilisation du papier dans notre société », analyse Pascal Genneviève. Si la baisse chronique du gisement de papier se poursuit, la baisse touche pour la première fois l’activité de recyclage des cartons. Ainsi, 4,71 millions de tonnes de cartons ont été collectées et triées, en baisse de 4,1%.

Trouver de nouveaux débouchés en Europe

La baisse est en grande partie liée à la fermeture des débouchés asiatiques qui importaient 7,9 millions de tonnes de papiers et cartons d’Europe chaque année. En plus, la France manque toujours cruellement de papeteries. Le pays reste très dépendant des exportations. 65% des papiers et cartons triés sont consommés en France, 30% dans l’Union européenne et 5% hors de l’UE. Dans ces conditions, une partie des fibres part dans les ordures ménagères ou dans les refus de tri. Destination l’incinération ou l’enfouissement.

L’activité de recyclage des papiers continue à souffrir de la diminution de l’utilisation de papiers graphiques dans ses principaux usages (édition, presse…). La baisse du volume d’ archives papiers, déjà observée, se confirme. Les prix s’effondrent : ils ont été divisés par deux pour le carton et atteignent leur niveau le plus bas depuis dix ans. Combiné à la baisse des volumes, la profession fait face à une baisse importante de son chiffres d’affaires. Il atteint 729,2 millions d’euros, en baisse de 26% par rapport à 2017.

Des centres de tri engorgés

Le marché chinois était déjà très restrictif en quantité et en qualité. Il s’est totalement fermé aux flux européens de papiers-cartons en 2019. Si certaines usines papetières du sud-est asiatique importaient une partie des excédents européens et américains, elles sont désormais saturées ou ont mis en place des dispositifs de contrôle contraignants. Cela a engendré un engorgement du marché mondial.

Etant très dépendante des exportations, la France est particulièrement affectée par ce manque d’exutoires. Les prix chutent et les centres de tri se trouvent engorgés. Une nouvelle crise s’ajoute à cette situation ces derniers mois. Les usines fabriquant du papier-journal ont du mal à vendre leurs bobines donc ralentissent leur production. « Nous ne savons plus quoi faire des journaux-magazines issus de nos centres de tri », avertit Pascal Genneviève, qui incite à trouver rapidement des solutions localement pour désengorger les centres de tri. Cette situation pourrait conduire à l’arrêt temporaire de certains centres de tri. La situation devrait s’améliorer à partir de 2020, avec la création de nouvelles capacités en Europe et la structuration de certains marchés asiatiques, hors de la Chine.

AddUp, un modèle de croissance dans la fabrication additive métallique 

AddUp est une coentreprise détenue à 50 % par Michelin et 50 % par Fives, un groupe d’ingénierie industrielle qui conçoit et réalise des machines, équipements, lignes de production pour l’industrie et qui comptait en 2017 près de 9000 collaborateurs dans une trentaine de pays pour un chiffre d’affaires de 1,9 Md€.

Née en avril 2016, sous le nom de Fives Michelin Additive Solutions, AddUp a depuis grandi en rachetant des entreprises françaises aux technologies ou marchés complémentaires. Avec un objectif affiché à sa création de capter 10 % du marché mondial des équipements de fabrication additive métallique, AddUp se donne les moyens de son ambition en ouvrant des bureaux à l’international (Etats-Unis, Europe etc), en étoffant son offre de services régulièrement et en multipliant les partenariats de recherches et développement.

Une croissance externe pour une offre multi-technologie

La nouvelle entreprise s’appuie sur l’expérience, le réseau et les ressources de deux grands groupes industriels internationaux. Michelin fait partie des industriels pionniers en matière de fabrication additive  et a lancé ses premières recherches dans les années 2000. Petit à petit le fabricant de pneus a développé ses propres solutions à partir de la technologie de fusion laser sur lit de poudre. La production de pièces de moules en 3D a permis d’innover avec par exemple le lancement des pneus CrossClimate en Europe. Dès 2017, Michelin a produit plus d’un million de pièces en fabrication additive pour ses pneus dans plusieurs ateliers dans le monde. AddUp constitue une manière de valoriser son savoir-faire et ses machines (gamme FormUp).

De son côté, Fives cherchait aussi à se positionner sur ces nouvelles technologies. En 2010, le groupe d’ingénierie a fabriqué la première machine à technologie LMD (Laser Metal Deposition – il s’agit de faire fondre des poudres métalliques par laser avant de les déposer de manière contrôlée) pour l’IREPA Laser. Cette technologie brevetée sous le nom de CLAD® qui fait partie de la famille des technologies de dépôt par énergie dirigée (DED) est notamment commercialisée par la société BeAM, que AddUp a acquis en 2018. Pour compléter son offre technologique, AddUp a aussi acquis en 2017 la start-up 3A (Applications Additives Avancées) qui s’est développée sur la technologie de fusion par faisceau d’électrons et a notamment travaillé avec Dassault.

En 2018, AddUp a conforté son offre globale en prenant une participation majoritaire dans une autre entreprise française, Poly-Shape. Cette dernière, créée en 2007, propose aux industriels des services de sous-traitance de la conception à la production de pièces en fabrication additive tous matériaux. Elle apporte à AddUp le plus grand parc machine français, une forte expérience en conseil et accompagnement et une filiale en Italie spécialisée dans l’automobile.

Le credo de l’offre globale

Parce que la fabrication additive métallique industrielle est encore complexe à maîtriser, parce qu’elle coûte cher, parce qu’elle nécessite du temps et des ressources, AddUp a d’emblée fait le choix de proposer une offre globale à ses clients pour qu’ils puissent accéder à la fabrication additive métallique plus facilement. L’offre AddUp s’articule autour de trois pôles : formation et consulting ; accompagnement de projet (validation des choix de matériaux, machines etc jusqu’à la preuve de concept) ; production (avec différents systèmes de machines à l’achat, location, mobile etc).

AddUp se propose donc de prendre par la main l’industriel qui veut lancer un projet de fabrication additive métallique du début à la fin. Ce modèle semble être une des clés du développement du secteur et les nombreux partenariats, fusions, alliances et autres formes de coopérations que l’on voit apparaître depuis 2-3 ans montrent que les fournisseurs de matériaux, d’équipements ou d’autres services ont besoin de proposer des offres clés en main pour mieux capter leurs clients. C’est une forme de consolidation du secteur qui devrait s’accélérer et vers laquelle les grands industriels classiques s’orientent déjà à l’image de General Electrics qui a racheté en 2018 le fabricant de machines de fusion par faisceau d’électrons suédois Arcam et sa filiale canadienne de fabrication de poudres (AP&C). Il avait déjà acquis en 2016 le spécialiste allemand de la fusion laser Concept Laser.

Dans cet esprit, AddUp veut créer un véritable réseau entre les différents acteurs autour de ses machines et de ses technologies. Baptisé AddUp Community, ce réseau se structure pour le moment autour d’un label de qualité accordé par AddUp aux utilisateurs de ses machines qui remplissent un certain nombre de critères de qualité. Ces utilisateurs peuvent bénéficier de formations techniques, de conseils HSE et sont référencés et mis en avant auprès des clients recrutés par le réseau international d’AddUp.

Information et formation : deux pré-requis pour le marché

Parmi les services proposés par AddUp, la formation et l’information sont deux piliers.  L’offre de formation d’AddUp est désormais soutenue par une plateforme de « digital learning » qui s’adresse aux industriels et aux universitaires. Présentée officiellement en juin 2019, AddUp Academy Online répond à plusieurs objectifs : une démarche d’information pour expliquer les technologies et les possibilités qu’elles offrent à tous ceux qui s’y intéressent via un parcours de découverte gratuit de près de 2h. Elle répond aussi à un véritable objectif de formation visant une réelle montée en compétences et couvre « tous les aspects depuis les matières premières jusqu’aux contrôles qualité en passant par les aspects économiques, organisationnels, de gestion des compétences, de sécurité et d’environnement » précise Frédéric Parisot, ingénieur formation chez AddUp. Cette formation est modulable selon le public visé dans l’entreprise et représente jusqu’à plus de 8h de contenu. Elle a aussi été déclinée avec des options adaptées au monde académique (création de classe virtuelle, mode « classique » d’apprentissage ou mode « examen »…) ainsi que sous la forme d’un serious game baptisé AddUp Adventure. Sur cette base, AddUp a aussi annoncé l’arrivée de contenus additionnels grâce à des partenariats avec des centres techniques ou des industriels référents dans leur secteur.

La R&D au coeur du projet

Recherche et développement sont au coeur du projet d’AddUp qui espère, en investissant massivement, rester à la pointe des évolutions technologiques et pouvoir tirer rapidement profit des augmentations de productivité et de qualité qui restent encore attendues dans ces technologies. Dès sa création, AddUp anime donc le consortium SoFIA  (Solutions pour la Fabrication Industrielle Additive métallique) qui est composé de 7 entreprises et 9 laboratoires de recherche français autour de l’impression 3D métallique.

SoFIA vise à réduire le coût de fabrication des pièces, améliorer leur robustesse, faciliter l’exploitation des machines dans leur environnement, garantir le respect des contraintes HSE et couvrir des recherches sur toute la chaîne de fabrication (poudres et matériaux, équipements et procédés, outils numériques).

D’autres collaborations sont régulièrement lancées. En juin dernier, Famergie (Fabrication additive métallique pour l’énergie), une plateforme technologique et un écosystème d’incubation pour les projets de fabrication additive dédiés au secteur de l’énergie (composants de turbines, réacteurs catalytiques,
génie électrique etc.) a été créée avec le CEA. Les installations sont accueillies à Grenoble sur le site du CEA-Liten. La collaboration entre Poly-Shape et l’Onera au sein du Lab NAFA (Nouveaux alliages
dédiés fabrication additive) a aussi été annoncée et a pour objectif d’améliorer la composition de certains superalliages pour leur utilisation en fabrication additive.

Au fur et à mesure de son développement, AddUp ajoute ainsi de nouvelles pierres à son édifice et est en train de construire autour d’elle un véritable environnement français de la fabrication additive métallique.

 

Loi Mobilité : nouveau retard après le rejet du Sénat en seconde lecture

Si le point d’achoppement entre le Sénat et l’Assemblée nationale réside dans une demande sénatoriale – un dispositif destiné à développer une offre de mobilité, alternative à la voiture individuelle, sur les territoires qui en sont aujourd’hui dépourvus -, le texte va bien au-delà de ce sujet en matière d’énergie.

A l’occasion d’une rencontre avec des journalistes de l’AJDE, Nathalie Sarles, députée de la cinquième circonscription de la Loire et rapporteur du projet de Loi-Energie Climat, et Jean-Luc Fugit, député de la 11ème circonscription du Rhône, rapporteur du projet de Loi d’Orientations des Mobilités (LOM), ont rappelé les enjeux de ce texte qui vise à réorganiser les transports afin « d’améliorer concrètement les déplacements au quotidien pour tous les citoyens et dans tous les territoires grâce à des transports plus faciles, moins coûteux et plus propres », comme le signale le gouvernement dans son texte de présentation.

Jean-Luc Fugit, rappelle d’abord que ce texte fait suite aux Assises de la mobilité lancées dans la foulée de l’élection présidentielle.

Du droit du transport à celui de la mobilité

Le texte tend à combler l’absence de loi depuis 1982 sur le sujet, explique le rapporteur. Il s’organise autour de quatre grands enjeux : mettre en œuvre des autorités organisatrices de la mobilité (au niveau communal, intercommunal, ou, par subsidiarité régional), la LOM passant de la notion de droit aux transports à celui de droit à la mobilité. En outre, il s’agit d’adapter la législation à la nouvelle donne (mise à disposition de données, mobilité autonome, par exemple). L’objectif est également de mettre en place les infrastructures, en donnant les outils afin de faciliter la décision d’investissement. Enfin, il faut aussi répondre à l’ambition de neutralité carbone inscrite dans la loi énergie-climat récemment votée, en allant vers une mobilité plus propre et plus active.

J-L. Fugit rappelle en effet que, côté énergie, l’objectif général de la LOM s’inscrit dans la perspective de la loi énergie-climat récente, qui vise à la neutralité carbone à l’horizon 2050. Une ambition qui repose sur plusieurs leviers, insiste le rapporteur de la LOM. D’abord, une consommation d’énergie qui se réduit, ensuite, plus de sobriété, enfin des puits de carbone. Autant de sujet qui impliquent une organisation d’une démarche de société vers cet objectif. Et, en résumé, il s’agit de « fixer tout le CO2 émis par les activités anthropiques et de les remettre dans le cycle », en s’appuyant sur le fait que « moins il y en a à stocker (du CO2), plus c’est facile de le stocker ».

Un objectif de lutte contre la pollution aussi

Le transport, c’est environ 30% des émissions de CO2 anthropiques. Néanmoins, la LOM vise à deux objectifs concomitants : réduire les émissions de CO2 en volume, d’une part, et lutter contre la pollution de proximité, qui a un impact direct sur les populations (notamment en ville), d’autre part. Il s’agit donc bien « en même temps de travailler sur moins de CO2 et moins de polluants de proximité, comme les oxydes d’azote (les NOx) », insiste le rapporteur.

On retrouve ainsi, dans les grandes orientations de la loi, différents aspects. D’abord, une approche favorable à une mobilité plus active, en appuyant sur le sujet de la bicyclette, avec des pistes cyclables (en donnant les moyens aux collectivités locales de statuer) ou encore des stationnements dans les gares.

Ensuite, la recherche d’une avancée dans le domaine du véhicule. « Il s’agit d’un enjeu important au niveau européen », avec une directive sur le cycle de vie des véhicules, il était en effet nécessaire de « s’y mettre », insiste J-L. Fugit. En outre, c’est un bon moyen de favoriser la recherche française, explique le rapporteur, puisque, par exemple, 60% des recherches sur l’hydrogène sont publiées en Europe par des chercheurs français. Côté véhicule, c’est donc favoriser les véhicules électriques, mais aussi ceux au biogaz et les carburants alternatifs, dans la mesure où ils trouvent une place et où ils n’empiètent pas sur les surfaces agricoles.

En outre, il s’agit de mettre fin à la vente des véhicules utilisant du diesel et de l’essence d’ici à 2040, avec une proposition de trajectoire ad hoc. Il fallait en effet donner de la visibilité aux constructeurs afin d’atteindre la massification, qui permet de faire baisser les prix, donc le coût à l’achat. Ce qui n’était pas possible dans le temps prévu par la loi de 2015. « Il faut que le texte soit socialement acceptable, économiquement soutenable et environnementalement durable » insiste le rapporteur.

Destinée à être « une loi pour les trois prochaines décennies », ajoute-il, la LOM prévoit en outre une évaluation par l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) tous les cinq ans (donc en 2024 et ainsi de suite). Ce qui permet, indique J-L. Fugit, par exemple de se dire que l’on pourra prendre une décision dans 10 ans sur le choix de l’hydrogène ou du biogaz, ou autre.

En revanche, sur la question des polluants, il était nécessaire de mettre en place des obligations, en excluant les véhicules émetteurs de ces polluants. Un dispositif qui repose sur la prime à la conversion, mais aussi sur le maintien de la notion de vignette Crit’Air.

Techniques de l’Ingénieur partenaire de Blockchain Paris 2019 !

L’événement aura lieu les 13 & 14 novembre 2019 à la Cité Universitaire Internationale de Paris et réunira tout l’écosystème blockchain pour accélérer le développement d’applications business en entreprise !

Blockchain Paris réaffirme son positionnement de facilitateur d’adoption de la blockchain en entreprise, et développe une programmation pointue et ouverte pour permettre à l’ensemble des métiers et secteurs d’appréhender les différentes ruptures à venir et structurer le futur d’une économie numérique sous influence blockchain. Ce seront ainsi pas moins de 1 700 décideurs, 30 speakers et 30 marques leaders des chaînes de blocs en entreprise qui se retrouveront lors de cet événement pour échanger sur les possibilités réelles de la blockchain en abordant de façon très didactique et opérationnelle les différents chantiers de transformation à venir.

Blockchain Paris donne la parole aux acteurs de la blockchain d’aujourd’hui

Parce que les précurseurs d’aujourd’hui détiendront le pouvoir normatif et le potentiel économique de demain, l’écosystème blockchain français, avec pour chef de file le gouvernement et son Ministre de l’économie, cherche à pousser le développement d’applications concrètes et industrielles des chaînes de blocs sur la scène hexagonale.

Afin de donner les moyens aux décideurs de franchir le pas de la blockchain et donner corps à cette ambition nationale, Blockchain Paris donne la parole aux hommes et aux femmes qui font de la blockchain une réalité en France. Le programme sera constitué de conférences stratégiques orientées d’une part marché et prospective, et d’autre part retours d’expérience et cas d’usages.

Blockchain Paris, première place de marché des technologies blockchain en France

Premier salon français entièrement dédié à l’intégration des technologies blockchain en entreprise, l’exposition réunira les 30 exposants français et internationaux qui font et feront les chaînes de blocs de demain. A la fois laboratoire d’inspiration et hub de rencontres, les participants pourront y faire l’expérience des innovations et usages qui pourraient bientôt bouleverser leurs organisations au travers de 2 formats clés :

  • LES ATELIERS BLOCKCHAIN PARIS : des formats courts de 30 minutes, visant à faire découvrir durant 2 jours les solutions, technologies et usages qui bousculeront demain les stratégies blockchain des organisations.
  • L’EXPO BLOCKCHAIN PARIS : qu’ils soient experts des infrastructures et protocoles, éditeurs d’ERP, consultants ou encore spécialisés sur le développement d’applications sectorielles ou métiers, 30 marques expertes des chaînes de blocs se réuniront durant 48H pour répondre à l’ensemble des problématiques et besoins métiers des décideurs et construire ensemble le futur de vos stratégies blockchain.

Plus d’informations et inscriptions sur www.blockchainevent.fr ! 

Le secteur du recyclage en pleine mutation

La collecte des déchets en vue de leur recyclage a atteint 107 millions de tonnes fin 2018. C’est une hausse de 2 % par rapport à 2017, notamment grâce à une activité du bâtiment en croissance. Le nombre d’emplois continue sa progression pour atteindre 28 810 emplois, en hausse de 1,6 % par rapport à 2017. Ces évolutions positives ne parviennent cependant à entraîner une hausse du chiffre d’affaires. Il diminue de 0,8 % pour s’établir à 9,04 milliards euros fin 2018.

Des évolutions contrastées suivant les filières

« Nous avons traité plus de matières, mais nous les avons revendues moins cher, analyse Jean-Philippe Carpentier, président de Federec. Nous nous attendons malheureusement à une évolution similaire en 2019 ». A l’exception des papiers-cartons et des métaux non ferreux, la collecte augmente dans toutes les filières. Malgré cette hausse, les seules branches qui connaissent un accroissement de leur chiffre d’affaires sont les déchets du bâtiment, les déchets organiques et les solvants. Le secteur des papiers-cartons est particulièrement touché, avec une chute de chiffre d’affaires de 26 %. Le secteur des plastiques continue à souffrir de la fin des exportations asiatiques.

Le recyclage a tout de même permis d’éviter la consommation de 113 térawattheures d’électricité et l’émission de 21 millions de tonnes de CO2 en 2018. Cela représente l’équivalent de 100% des émissions annuelles du transport aérien et la consommation électrique de 16 réacteurs nucléaires.

Des investissements en hausse malgré des difficultés

Les entreprises du recyclage continuent d’investir pour entraîner la mutation du secteur. Après une hausse de 12% en 2017, l’investissement continue sa progression pour atteindre 568 millions d’euros. Soit une nouvelle hausse de 9%. Les investissements se concentrent en priorité sur les machines de tri (44%) et le matériel de collecte (27%). Le reste sert à moderniser les bâtiments (12%), à la numérisation (15%) et autres investissements liés à la production (2%).

Les entreprises du secteur ont de plus en plus de mal à valoriser les matières recyclées sur les marchés nationaux et internationaux. Ceci est particulièrement vrai pour la filière papiers-cartons et pour les plastiques de basse qualité. Certaines entreprises en difficulté sont rachetées, la concentration du secteur se poursuit, avec un univers du recyclage estimé à 2 000 établissements et 1000 entreprises en 2018. C’est 100 entreprises de moins et 50 établissements de moins dédiés au recyclage qu’en 2017.

De nouveaux défis en 2019 pour pérenniser les filières

Les choses ne s’arrangent pas en 2019. Seulement 50 % des entreprises interrogées par Federec pensent que l’année sera positive pour le secteur. Et seuls 15 % d’entre elles s’attendent à un accroissement du chiffre d’affaires pour l’année.

Les entreprises sont confrontées à un nouveau problème : l’enfouissement de leurs déchets ultimes. « Quand on fait du tri, quel que soit le matériau, on a des résidus que l’on peut qualifier d’ultimes : on ne peut plus les valoriser car ils sont trop petits, trop mélangés, trop imbriqués, explique Jean-Philippe Carpentier. On aimerait les valoriser énergétiquement par l’incinération ou par les combustibles solides de récupération (CSR), mais en absence de capacités disponibles, la profession se tourne vers l’enfouissement.»

Petit problème pour les recycleurs : la loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoit une réduction de stockage des déchets inertes de 50% d’ici 2025. Dans certaines régions, les capacités disponibles sont saturées par les contrats de long-terme avec les collectivités locales.  « Certains acteurs ont dû arrêter leur activité car ils ne pouvaient plus éliminer les déchets ultimes, s’indigne Jean-Philippe Carpentier. Cette crise qui a commencé fin 2018 se retrouve pleinement en 2019 et s’accentue. »

Pour Federec, la voie à suivre pour ne pas « tuer le secteur du recyclage en France » est de favoriser l’utilisation des combustibles solides de récupération (CSR) en France. La technologie peine toujours à se développer. Malgré une capacité de production d’environ 900 000 tonnes, seulement 274 000 tonnes ont été consommées en 2018, en baisse de 6%.

Les batteries sodium-ion passent le cap de l’industrialisation

A l’heure où les prix Nobel récompensent les concepteurs des piles lithium-ion, la recherche poursuit ses efforts pour faire encore mieux. Notamment en s’affranchissant du lithium dont l’exploitation, le recyclage et la toxicité posent des problèmes éthiques et environnementaux.

Ainsi, les laboratoires du réseau sur le stockage électrochimique de l’énergie du CNRS et du CEA ont développé une nouvelle génération de batteries à charge ultra-rapide à base de sodium. Depuis les premiers prototypes industriels présentés fin 2015, la technologie a bien progressé. A présent, c’est Tiamat, une start-up amiénoise créée fin 2017, qui poursuit le développement, l’industrialisation et la commercialisation de ces batteries.

Concept et performances

Les cellules de batterie sodium-ion fonctionnent sur le même principe que les batteries lithium-ion :  au fur et à mesure des cycles de charge et de décharge, les ions sodium se déplacent d’une électrode à l’autre dans un milieu liquide. Ce qui change, ce sont les performances. Tiamat annonce ainsi une charge 10 fois plus rapide : 5 minutes au lieu de 4h et une durée de vie de l’ordre de 10 ans (4000 cycles d’utilisation).

Si ces batteries ne sont pas compétitives en termes de densité d’énergie électrique (quantité d’énergie stockage par kilogramme), elles sont idéales pour des applications nécessitant une forte puissance et une charge rapide comme les vélos, les scooters et les trottinettes électriques, pour les robots industriels et l’outillage ou encore pour le stockage de l’électricité sur les réseaux.

Les premières cellules fabriquées par Tiamat se présentaient sous le format industriel standard « 18650 », comme les batteries lithium-ion, c’est-à-dire un cylindre de 1,8 cm de diamètre sur 6,5 cm de haut. D’autres formats de cellules ont été testés depuis comme des piles boutons.

Par ailleurs, en plus de se passer du lithium, ces batteries permettent aussi de s’affranchir de l’utilisation du cobalt présent dans les batteries lithium-ion, dont l’exploitation et l’utilisation posent aussi des problèmes sociaux et environnementaux.

Financement, applications et industrialisation

Tiamat s’est allié à EasyLi pour intégrer ses batteries dans des trottinettes électriques. Les premiers véhicules équipés ont été présentés en mai 2018. Ce partenariat a permis de montrer les performances réelles de ces batteries sur une application concrète et de s’attaquer à des obstacles tels que l’intégration sur le plan électronique car les batteries sodium-ion ne se comportent pas de la même manière que les lithium-ion. D’autres équipements ont été testés comme des chariots élevateurs, des scooters et un système de stockage stationnaire de type powerwall.

Ces démonstrateurs ont aussi permis de réaliser, fin 2018, une levée de fonds de 3,6 millions d’euros, auprès de plusieurs investisseurs (Finovam Gestion, Picardie Investissement et CNRS Innovation, filiale du CNRS et de Bpifrance pour assurer le transfert vers l’industrie de technologies innovantes). Un soutien qui permet à l’entreprise de programmer le lancement de la production de petites séries pour 2020 avec une commercialisation prévue dans toute l’Europe.

Le public invité à détecter les cratères d’astéroïdes

« Vigie-cratère », déclinaison du programme « Vigie-ciel » sur les étoiles filantes et les météorites, lancé en 2016, doit permettre de détecter des cratères d’impact grâce à des reconstructions numériques du relief terrestre, explique dans un communiqué le CNRS, initiateur de la plateforme avec le Muséum d’histoire naturelle et l’Université Paris-Saclay.

Le monde a été découpé en 200.000 images topographiques couvrant chacune une parcelle de continent de 50 km par 50 km, explique le CNRS dans un communiqué.

A partir de ces images, tirées au hasard, la plateforme propose de chercher des structures circulaires et d’entourer les dépressions détectées.

« Sans l’aide du grand public, l’analyse des 200.000 images nécessiterait, pour une personne, pas moins de six années », explique Sylvain Bouley, du laboratoire Géosciences à l’Univsersité Paris-Sud.

Dans une deuxième interface, le public est invité à analyser les structures détectées (qui pourraient être confondues avec des cratères volcaniques, ou des carrières) par les autres utilisateurs, et à voter.

Les personnes vivant près d’un cratère identifié peuvent enfin se rendre sur place pour prendre des photos.

Les premiers cratères d’impact observés sur Terre, comme le Meteor Crater en Arizona, ont été découverts au début du XXe siècle. « Mais pendant longtemps, on n’a pas su ce qu’ils étaient », explique Sylvain Bouley à l’AFP. Il faudra attendre 1960 pour « lever le doute » sur leur nature, en démontrant que certains minéraux ne pouvaient se former « que lors d’un impact avec des corps extra-terrestres », ajoute-t-il.

« Chaque cratère marque des moments importants de l’histoire géologique. Une structure de quelques kilomètres peut expliquer par exemple la présence dans une région de certaines ressources minérales, comme les métaux rares », fait valoir le chercheur.

La plupart des cratères de plus de 6 km de diamètre auraient tous été découverts mais il resterait encore à en découvrir « plus de 90 de 1 à 6 kilomètres, et plus de 250 inférieurs à 1km », rappelle le CNRS.

Des réseaux neuronaux plus performants, vers une IA plus créative ?

Nos smartphones et les voitures autonomes vont-ils être encore plus « intelligents » ? Peut-être avec une nouvelle génération de réseaux neuronaux profonds (Deep neural networks -DNNs) développés par une équipe dirigée par Alexander Wong, titulaire d’une chaire de recherche du Canada dans le domaine de l’IA et professeur en génie de la conception de systèmes à l’Université de Waterloo.

Les réseaux neuronaux profonds deviennent de plus en plus performants. Mais ils ne peuvent pas encore être « intégrés » dans des appareils mobiles, des drones ou bien des véhicules.

« Le problème avec les réseaux neuronaux actuels, c’est qu’ils sont construits à la main et qu’ils sont incroyablement grands, complexes et difficiles à utiliser dans n’importe quelle situation réelle », explique Alexander Wong. Ironiquement, l’intelligence artificielle elle-même peut être utilisée pour aider les scientifiques et les développeurs de données à construire et à évaluer les Deep neural networks.

Reconnaissance vidéo

Dénommée Generative Synthesis, la technologie développée par Alexander Wong (qui a cofondé une start-up nommée DarwinAI pour la commercialiser) est capable justement de réduire la complexité de la conception de solutions d’apprentissage profond à haute performance. Elle facilite également l’apprentissage profond, ce qui permet à l’utilisateur de comprendre pourquoi un réseau prend telle ou telle décision.

Appelés AttoNets, les réseaux neuronaux de l’équipe de Alexander Wong ont en effet démontré l’efficacité de la conception collaborative homme-machine.  Les résultats expérimentaux pour la tâche de reconnaissance d’objets ont montré que les AttoNets nécessitent beaucoup moins de paramètres et de coûts de calcul que les autres types de réseaux.

Ils pourraient être utilisés pour la classification d’images et la segmentation d’objets. Mais ils peuvent également servir de blocs de construction pour la reconnaissance d’action vidéo, la production d’images et autres tâches de perception visuelle.

Petits et agiles, ses réseaux pourraient être exploités dans les secteurs de l’automobile, de l’aérospatial, de l’agriculture, des finances et de l’électronique grand public selon ce scientifique.

Cette technologie a été récemment validée par Intel. Audi Electronics Ventures a également montré qu’elle accélère considérablement la conception d’apprentissage profond pour la conduite autonome.

Le boom des ventes de véhicules électriques attendu pour 2020

Selon les données réunies par l’analyste berlinois Matthias Schmidt, cité dans Les Echos, il s’est vendu plus de 200 000 véhicules 100 % électriques en Europe de l’Ouest entre janvier et août 2019. Et plus de 310 000 en comptant les hybrides rechargeables. Cela représente 2,1 % du marché sur la période, et 85 % de plus que sur la même période de l’année précédente.

Le boom va s’amplifier. Jusqu’à un million de véhicules électriques et hybrides rechargeables seront vendus l’année prochaine en Europe, à en croire les prédictions d’une nouvelle étude de l’ONG Transport & Environnement. Intitulée « Mission impossible: comment les constructeurs automobiles peuvent atteindre leurs objectifs de CO2 pour 2021 et éviter les amendes », elle dévoile comment les constructeurs automobiles peuvent atteindre leurs objectifs climatiques européens.

Après des années d’efforts limités, les constructeurs parient sur les véhicules électriques et hybrides pour se conformer à la loi européenne sur les émissions de CO2 des voitures. Ainsi, les véhicules électriques pourraient représenter entre 3 et 7 % des ventes de véhicules neufs en 2020 et entre 5 et 12 % en 2021, en fonction des stratégies retenues par les constructeurs automobiles.

Les constructeurs sur le point de passer à l’électrique

L’investissement pionnier de Toyota dans le véhicule hybride non rechargeable et de l’alliance Renault-Nissan dans le véhicule électrique à batterie les place en tête des constructeurs les plus avancés pour se conformer aux objectifs européens. À l’opposé, plusieurs constructeurs ont beaucoup à faire pour combler leur retard, en particulier Honda, Ford, Hyundai-Kia,Volvo et Fiat-Chrysler.

« Nous allons voir des véhicules électriques de bonne qualité et abordables dans un an ou deux, et non pas dix, et c’est une excellente nouvelle pour les consommateurs qui économiseront beaucoup d’argent à la pompe » prévient Julia Poliscanova, directrice des véhicules propres chez Transport & Environnement.

Selon l’Agence de l’environnement (AEE), les émissions moyennes des voitures neuves s’élèvent à 120,4 gCO2 / km. C’est bien supérieur aux objectifs de 95 gCO2 / km d’ici fin 2020. C’est surtout 2,3 gCO2 / km de plus que le niveau minimum atteint en 2016. Cette hausse est majoritairement due à l’augmentation des ventes de SUV en Europe. Leur part dans les ventes de véhicules neufs est passée de 7% en 2009 à 36% en 2018 et pourrait atteindre 40% d’ici 2021.

Flamanville-3 : un rapport accablant ouvre la porte à un plan d’action

Lundi 28 octobre 2019, l’ex-PDG de PSA Peugeot Citroën Jean-Martin Folz a remis le rapport « La construction de l’EPR de Flamanville » aux ministres de l’Economie et de la Transition écologique. Les anti-nucléaires et les pro-nucléaires ne s’y sont pas trompés, le rapport Folz va bien au-delà du simple constat, même si l’exercice est particulièrement celui d’un équilibriste.

Réactions en chaîne

Ainsi, Greenpeace, que l’on ne présente plus, a réagi au quart de tour. « Depuis le départ, cet exercice de style vise à “sauver” la filière nucléaire en imposant la construction de six EPR en France malgré l’absurdité du projet, son coût astronomique, ses déchets nucléaires dangereux, des délais de construction trop longs et incompatibles avec l’urgence climatique et la transition écologique. Le plus effarant, c’est de voir que le lobby nucléaire étatique est prêt à tout pour y arriver, notamment à imposer ce choix en catimini et à détourner les investissements verts de l’Europe. Le seul “plan d’action” viable pour EDF et les contribuables serait d’investir massivement dans les énergies renouvelables et les économies d’énergie », indique Alix Mazounie, chargée de campagne sur les questions d’énergie pour Greenpeace France dans une réaction parue le jour même.

La SFEN (Société française d’énergie nucléaire), de son côté, rapporte ce mercredi que « si les retards et les difficultés successifs de l’EPR de Flamanville sont une déception, à commencer pour la filière nucléaire elle-même, la 3ème filière industrielle française, le rapport Folz rendu public lundi 28 octobre dernier a le mérite d’analyser et de synthétiser, pour la première fois, l’ensemble des aspects de ce projet sans exception, mais aussi de proposer des recommandations. »

Son de cloche similaire du côté de la Fédération des mines énergies (FNME-CGT), le syndicat majoritaire d’EDF. Dans un communiqué de presse daté du 30 octobre, la FNME-CGT rappelle avoir, depuis le début du projet, alerté sur une planification et des coûts irréalistes. Néanmoins, « Tirer sur l’ambulance EPR c’est facile, et permettrait ainsi de crucifier le modèle d’entreprise intégrée EDF avec le dernier pan du service public de l’électricité… Il omet pour partie les problématiques liées au changement de contexte étatique (passage d’EDF EPIC à EDF SA) et réglementaire (évolutions des codes et standards) ainsi que, depuis les années 1990, à la dégradation du tissu industriel (poids de l’industrie divisé par deux dans le PIB) et à la financiarisation du secteur de l’énergie », insiste le syndicat. Et d’estimer que ce qu’il faut désormais, c’est « un programme (y compris à long terme), un tissu industriel solide, et le gréement de compétence permettant à l’ingénierie d’être en situation réelle d’Architecte-ensemblier. »

Les points positifs

Comme le souligne la SFEN, « le rapport Folz constitue un jalon important dans le programme d’instruction, en cours, du projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) publié fin janvier 2019 et qui précisait : ‘’le gouvernement conduira avec la filière, d’ici 2021, un programme de travail permettant d’instruire, entre autres, l’option de construire de nouveaux réacteurs nucléaires’’. Pour ce faire, il paraissait nécessaire de faire le point des difficultés cumulées sur l’EPR Flamanville… mais aussi de faire un retour d’expérience sur la construction des deux réacteurs EPR qui fonctionnent aujourd’hui à pleine puissance en Chine. »

Or c’est exactement ce que fait le rapport. Après avoir « démonté » l’imbroglio historique qui a conduit à une vaste dérive des coûts et des délais dans le chantier de Flamanville-3 (pêle-mêle, de la « gouvernance inappropriée » au « manquement dans le management de projet », « organisation complexe des ressources d’ingénierie », « études insuffisamment avancées lors du lancement », « estimations irréalistes » au départ, etc.), l’ancien PDG de PSA tire la sonnette d’arrêt avant l’hallali.

Comparaison

Jean-Martin Folz signale d’abord, qu’« avant de conclure ce rapport sur les difficultés rencontrées à Flamanville, il n’est pas inutile de se pencher sur les meilleures performances du chantier de Taishan (Chine, ndlr). Les deux EPR qui sont aujourd’hui en fonctionnement industriel normal – le premier depuis près d’un an – ont été construits en 110 et 113 mois, soit un dépassement de 5 ans du délai initialement annoncé, pour un coût d’environ 95 milliards de RMB, soit 60 % de plus que le budget prévu ». Son rapport ajoute que d’abord, en commençant quatre ans après le chantier de l’EPR finlandais d’Olkiluoto et deux ans après celui de Flamanville, les EPR chinois ont bénéficié du retour d’expérience des débuts de chantier.

Ensuite construire des tranches jumelles sur le même site a été un atout, « confirmant les acquis de l’expérience d’EDF », car la majorité des tranches françaises construites jusqu’alors sont jumelles, et c’est d’ailleurs cela qui a facilité leur installation en un temps record.

Enfin, J-M Folz souligne que la direction de projet a été présente dès le début et n’a pas changé… Ce qui constitue un facteur de réussite que l’ex-PDG de PSA estime hautement important. Sans oublier que le programme nucléaire chinois bat son plein avec plusieurs tranches en chantier en même temps.

Conclusion

Au final, le rapport conclut que les mesures correctives décidées par EDF en 2015, notamment « la mise en place d’une équipe de projet puissante, disposant de moyens propres importants et d’effectifs pérennes, clairement indépendante des entités d’études et d’ingénierie auxquelles elle fait appel à son initiative… » mais aussi le rachat de Framatome par EDF et la création commune Edvance ont permis de « rationaliser et de simplifier l’organisation des ressources scientifiques et techniques dans les projets nucléaires ». En outre, une profonde remise à niveau des capacités industrielles et des ressources humaines a été engagée chez Framatome, et « elle doit être menée activement à son terme. »

Reste qu’il faut porter « une attention particulière » aux métiers de soudage, avec des efforts de formation initiale et d’entretien des compétences. Le rapport juge qu’en la matière, « EDF a manifestement un rôle à jouer. »

La dernière phrase de conclusion est ainsi rédigée : « Il s’agit concrètement d’afficher des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs en France et d’entretien du parc existant qui donnent aux entreprises concernées la visibilité et la confiance nécessaires pour qu’elles engagent les efforts d’investissement et de recrutement indispensables. »

Et Bruno Le Maire n’a plus eu qu’à indiquer que le PDG d’EDF avait un mois pour apporter les réponses bien tracées par le rapport Folz.

Dernier petit obstacle à lever, le timing pour la présentation d’un nouveau programme de construction (le ministre de l’Economie l’a déjà demandé à Jean-Bernard Lévy en septembre pour une remise avant 2021) et surtout qu’un gouvernement donne son feu vert à un nouveau programme nucléaire ; pour l’heure, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne ne veut pas entendre parler de décision politique sur de nouvelles constructions avant le démarrage de Flamanville-3.

Ce qui, avec le calendrier remanié d’EDF, en début octobre, amène jusqu’en 2023… (à noter, après les élections présidentielles). Là, à l’aune des errements contenus dans le rapport Folz, la SFEN dit : c’est un peu tard, avec le risque de voir se reproduire un « gap » dans les compétences avant le début de la construction d’une nouvelle tranche…

Mais le calendrier politique est largement disjoint du calendrier industriel… A suivre donc.

Des filaments d’impression 3D multimatériaux avec électronique embarquée

La technologie d’impression 3D par dépôt de filament (FDM) a beau donner des résultats moins précis que des procédés comme la stéréolithographie (SLA), son coût extrêmement faible et la très grande variété de matériaux utilisables contribuent à sa popularité. Pour l’équipe du MIT, cette technique a un autre avantage : elle utilise une matière première sous forme de filaments, une morphologie qui se prête bien à l’intégration de fibres.

Un filament contenant des métaux, des semi-conducteurs et des polymères

Les fibres multimatériaux qui entrent dans la composition de ces nouveaux types de filaments sont en réalité développées depuis une vingtaine d’années par l’équipe du professeur Yoel Fink. Elles contiennent des dizaines de matériaux différents – métaux, semi-conducteurs et polymères –, chacun ayant une fonction qui leur est propre.

Pour prouver le fonctionnement de cette technologie, les chercheurs ont ainsi réalisé un démonstrateur unique en son genre. Il s’agit d’une maquette d’aile d’avion imprimée avec un filament intégrant des composants électroniques capables d’émettre de la lumière et d’en détecter. Ce matériau, une fois alimenté en énergie, peut par exemple être employé dans le but de révéler la formation de microfissures.

Une imprimante modifiée pour préserver l’électronique

L’impression FDM classique utilise une buse chauffée pour conduire à la fusion complète du thermoplastique à extruder, ce qui n’est pas souhaitable dans le cas de l’impression multimatériaux. Par conséquent, afin de préserver la structure interne de ce nouveau filament, les chercheurs du MIT ont dû concevoir une buse d’extrusion sur mesure. Ainsi, cette nouvelle buse produit une chaleur plus faible et mieux contrôlée, de manière à ne fondre que l’extrême surface du filament. Ceci a également l’avantage d’accélérer fortement le processus d’impression puisque cette méthode permet d’imprimer trois fois plus vite qu’avec les autres procédés FDM.

De nombreuses applications biomédicales

Une telle technologie aurait des applications prometteuses en bioélectronique et tout particulièrement dans la conception d’implants biomédicaux. Si l’impression 3D est déjà utilisée dans le monde de la recherche pour la fabrication de supports favorables à la régénération cellulaire, ce nouveau procédé permettrait d’aller plus loin avec l’ajout de capteurs intégrés. Il deviendrait ainsi possible de suivre la croissance des cellules au cœur de l’implant.

Source

L’AIE met en garde contre le ralentissement de l’amélioration de l’efficacité énergétique

En effet, l’intensité énergétique primaire mondiale – un indicateur important de la consommation énergétique de l’activité économique mondiale, qui est le rapport entre l’énergie consommée et le PIB – n’a augmenté que de 1,2% en 2018, soit le taux le plus faible depuis le début de la décennie, selon le rapport annuel de l’AIE sur l’efficacité énergétique.

Ainsi, ajoute l’agence internationale, le taux d’amélioration de l’efficacité énergétique (l’intensité énergétique primaire) a désormais diminué pendant trois années consécutives, ce qui le place bien en dessous du minimum de 3% qui, selon l’AIE, est essentiel pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de climat et d’énergie.

« Le ralentissement historique de l’efficacité énergétique en 2018 – le taux d’amélioration le plus faible depuis le début de la décennie – appelle les décideurs et les investisseurs à prendre des mesures audacieuses », a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE à cette occasion. « Nous pouvons améliorer l’efficacité énergétique de 3% par an simplement en utilisant les technologies existantes et des investissements rentables. Il n’y a aucune excuse à l’inaction : des politiques ambitieuses doivent être mises en place pour stimuler les investissements et mettre les technologies nécessaires au travail à l’échelle mondiale », ajoute-t-il, mettant en garde contre une rechute de l’amélioration constatée jusqu’en 2015.

 Si cet indicateur avait atteint 3% au cours de cette période, le monde aurait pu générer une production économique supplémentaire de 2 600 milliards de dollars, soit quasiment autant que l’ensemble de l’économie française, pour la même quantité d’énergie, insiste le rapport.

Quelles causes ?

L’AIE souligne que trois grandes causes convergent pour ralentir l’amélioration de l’efficacité énergétique.

D’abord, l’industrie et la météo. Ainsi, l’AIE constate que dans les pays comme la Chine et les Etats-Unis, les industries énergo-intensives (comme l’acier par exemple) ont enregistré une hausse de leur production conduisant à une progression du recours aux énergies primaires. Aux Etats-Unis, la météo a renforcé cette montée de la demande, à l’aune d’un hiver froid et d’un été sec, poussant à la hausse de la consommation d’énergie pour la chaleur et pour la climatisation. A l’inverse, en Europe, un hiver clément a réduit la demande en gaz, et participe aux bons résultats européens en matière d’amélioration de l’efficacité énergétique. La hausse de la demande en électricité a également contribué à l’augmentation de la production… dont la majeure partie de cette hausse est encore attribuable à des centrales à base de combustibles fossiles, insiste l’AIE, dégradant l’efficacité énergétique mondiale.

Ensuite, des mouvements structurels sont en cause, indique l’Agence. Ainsi, dans les transports, malgré une amélioration de leur efficacité sur un plan énergétique, la demande en énergie continue de grimper, notamment à cause de « grosses » voitures. Et dans le bâtiment, l’AIE souligne que les gains en efficacité énergétique sont depuis 2014 toujours compensés par de nouveaux usages, ou par un agrandissement des surfaces occupées.

Enfin, l’AIE signale que l’implication politique (les choix politiques) et l’investissement sont en encéphalogramme plutôt plat depuis des années. Ainsi, le nombre de sujets couverts par des politiques réglementaires (donc avec des obligations en matière de consommation finale d’énergie) a progressé de 0,5% en 2018, soit un peu plus que sur les deux années précédentes, mais la « couverture et la force des obligations des programmes en matière d’efficacité énergétique demeurent largement inchangées ». En outre, côté investissements, les niveaux sont à peu près identiques depuis 2014, autour de 240 milliards de dollars annuellement, « loin des niveaux requis pour capturer l’ensemble des possibilités ».

Des points positifs

Malgré cet avertissement global, l’AIE précise que l’efficacité énergétique continue d’avoir des bénéfices, à la fois en termes de sécurité d’approvisionnement pour les pays importateurs de pétrole (c’est l’ADN de l’AIE, faut-il le rappeler…), mais aussi en matière de réduction des émissions carbonées. Ainsi, en 2018, les efforts en matière d’efficacité énergétique ont permis de réduire des importations de pétrole pour les plus grandes économies mondiales de quelque 165 millions de tonnes équivalent pétrole, soit autant que la demande primaire en pétrole pour l’Allemagne, l’Australie et la Belgique réunies. En outre, le Japon a dépensé en 2018 20 md$ de moins de pétrole grâce à une amélioration de 20% de son efficacité énergétique en termes de pétrole depuis 2000. De même, en Chine, les efforts ont permis un recul de 10% de la demande en pétrole.

En matière de réduction des émissions de CO2, l’amélioration de l’efficacité des technologies (technical efficiency, selon le terme de l’AIE) a par exemple permis d’éviter quelque 3,5 gigatonnes de CO2 entre 2015 et 2018, soit environ les rejets japonais sur la période. Ce qui permet de se rapprocher des objectifs mondiaux en matière de climat.

Enfin, l’AIE consacre un long chapitre aux technologies numérique, dont l’Agence attend beaucoup en termes d’amélioration de l’efficacité énergétique. Le rapport estime en effet que « les technologies numériques pourraient profiter à tous les secteurs et à toutes les utilisations finales, mais l’incertitude quant à l’ampleur des avantages demeure ». Ainsi, la numérisation « pourrait réduire la demande mondiale du secteur des bâtiments jusqu’à 10% entre 2017 et 2040. La numérisation pourrait également décupler la capacité de maîtrise de la demande en libérant de nouvelles sources flexibles (par exemple des batteries, ndlr) dans les secteurs du bâtiment et des transports ». L’AIE cite, à ce propos, un besoin d’accorder un prix à ces nouveaux services fondés sur les technologies numériques, comme par exemple l’utilisation des batteries de véhicules électriques.

 Mais l’Agence conclut : « Cependant, l’ampleur exacte de ces impacts est incertaine et dépend des mesures prises par les pouvoirs publics, qui doivent également prendre en compte le risque d’augmentation de la demande en énergie résultant de la croissance des appareils numériques. »

Les Français encore frileux sur le photovoltaïque

Les Français font attention à leur portefeuille et le font savoir. Dans un nouveau sondage OpinionWay pour In Sun We Trust, 72% des Français estiment que l’électricité coûte déjà trop cher. Et ils ne s’attendent pas à une inversion de la tendance. En effet, 90% d’entre eux pensent que le prix de l’électricité va continuer à augmenter.

Des solutions pour diminuer la facture d’électricité

Dans ces conditions, la majorité des Français cherchent une ou plusieurs solutions pour diminuer la hausse de leur facture. Ils sont 55% à croire que l’action la plus efficace pour ce faire est de réduire leur consommation en chauffant moins, en éteignant la lumière ou en adoptant d’autres écogestes. 47% d’entre eux estiment qu’il est plus efficace de mieux isoler son logement.

Il y a d’autres pistes moins répandues dans l’opinion publique. 23% des sondés estiment que recourir à de nouvelles sources d’énergies permettra de réduire la facture. Ils sont 15% à considérer que l’action la plus efficace est de changer de fournisseur. Seulement 13% se résignent et pensent qu’aucune action ne sera efficace.

Le solaire photovoltaïque passé au crible

Parmi les énergies renouvelables, le solaire photovoltaïque apparaît comme la piste la plus prometteuse pour 31% des Français. Devant l’énergie géothermique (20%), l’énergie des mers (14%), l’énergie éolienne (14%), la biomasse (10%) et l’hydraulique (8%).

De nombreux préjugés sur cette forme d’énergie restent toutefois ancrés dans l’esprit des Français. 80% d’entre eux estiment que les panneaux photovoltaïques ne fonctionnent que dans les régions ensoleillées comme le Sud de la France. Entre 5 et 6 Français sur 10 pensent qu’ils ne sont pas recyclables, qu’ils renferment tous des terres rares et que leur durée de vie ne dépasse pas dix ans.

En réalité, ils fonctionnent dans toutes les régions, avec des performances acceptables s’ils sont bien orientés. Ils sont recyclables à près de 95% et seule la technologie photovoltaïque dite de CIGS utilise deux terres rares : l’indium et le gallium. Enfin, la plupart des fabricants garantissent qu’un panneau solaire présente encore 80% de sa puissance initiale au bout de 25 ans.

Lever les freins à l’équipement

Le premier frein à l’équipement demeure le coût d’une installation. « Qu’est-ce qui pourrait vous motiver à investir dans des panneaux photovoltaïques ? » A cette question, un Français sur deux répond une baisse importante du prix d’installation et davantage d’aides d’Etat. David Callegari, directeur général d’In Sun We Trust, leur répond : « contrairement à l’opinion exprimée dans ce sondage, il existe bel et bien des aides importantes pour le photovoltaïque chez les particuliers (environ 3 000 € au total, sur un investissement de 8 000 €). Elles sont néanmoins trop complexes, trop éparpillées, et donc largement inconnues du grand public. »

Ce sondage OpinionWay pour In Sun We Trust a été réalisé via un questionnaire en ligne selon la norme ISO 20252 les 9 et 10 octobre 2019 auprès d’un échantillon de 1027 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.

Des messages invisibles dans un papier réinscriptible

James Bond en a rêvé, les Chinois l’ont fait. « La sécurité de l’information est un sujet qui préoccupe beaucoup de personnes, surtout dans les domaines économique et militaire. Par conséquent, le but principal de notre travail est de fournir une solution sûre et pratique », explique Qiang Zhao, de l’Institut des matériaux avancés (Laboratory for Organic Electronics and Information Displays & Jiangsu Key Laboratory for Biosensor).

Il existe en effet une demande croissante pour la sécurité des documents papier, car il reste encore le support le plus répandu pour le stockage de l’information.

L’une des approches les plus populaires pour l’enregistrement des données de sécurité sur papier consiste à utiliser des encres de sécurité fluorescentes dont les informations ou motifs imprimés ne sont visibles que sous la lumière UV. Mais la plupart des encres de sécurité fluorescentes largement utilisées ont une faible complexité et une grande prévisibilité de sorte que les informations enregistrées peuvent être facilement « déchiffrées ».

Développé par Qiang Zhao, Yun Ma, Wei Huang et ses collègues, ce procédé ingénieux a été présenté en septembre dernier dans la revue Matter. Leur méthode d’impression sécurisée et réinscriptible s’appuie sur les réactions photoluminescentes (phénomène d’émission de lumière suite à la réaction d’un matériau photoluminescent sujet à une « excitation » par exposition à un rayonnement optique ultraviolet, visible ou infra rouge) du manganèse dans l’eau. Les complexes ioniques luminescents de Mn (II) sont des « candidats idéaux pour une application en impression de sécurité », selon les scientifiques chinois.

Ils ont enduit un film polymère contenant les complexes ioniques de Mn (II) sur du papier filtre où les informations confidentielles peuvent être imprimées à plusieurs reprises en utilisant de l’eau pure comme encre, ce qui peut détruire la coordination ionique des complexes.

Mais on peut le lire sous une lumière UV de courte longueur d’onde (254 nm). Mieux, le papier peut être réutilisé (pour au moins 30 cycles selon ses inventeurs) après avoir effacé le message en le chauffant avec un sèche-cheveux pendant 15 à 30 secondes !

Cette solution présente plusieurs avantages. Premièrement, son faible coût. Les Chinois l’estiment à 0,002 dollar. Mais surtout, « la plupart des encres de sécurité fluorescentes sur le marché – utilisées pour enregistrer des informations confidentielles – ne sont pas respectueuses de l’environnement et ne peuvent pas être effacées », précise cette équipe.

D’autres pistes sont envisagées, car la lumière UV de courte longueur d’onde est potentiellement nocive pour l’homme. Les chercheurs chinois travaillent à trouver une solution capable de réagir à la lumière visible ou proche de l’infrarouge.

Par ailleurs, Zhao et ses collègues ont également développé une impression de sécurité de haut niveau. Les chercheurs enduisent le papier de ligands à phosphine. Il s’agit de molécules qui peuvent s’accrocher au manganèse dans l’encre en solution saline d’halogénure de manganèse pour créer le complexe manganèse.

Les informations enregistrées sont invisibles à la fois sous la lumière ambiante et sous la lumière UV. Les données ne seront révélées que lorsqu’elles seront analysées par une technique d’imagerie à durée de vie par photoluminescence (Phosphorescence Lifetime Imaging-PLIM), ce qui les protégera des méthodes classiques de décryptage.

Expédition 7e continent en quête de nanoplastiques en Méditerranée

L’expédition 7e continent a navigué en mer Méditerranée sur son voilier à la recherche de micro et nanoplastiques entre le 20 septembre et le 15 octobre 2019. À bord, quatre marins et quatre scientifiques pour échantillonner cette pollution à peine visible, et invisible. Alexandra Ter Halle, directrice scientifique de l’association et chercheuse au CNRS rappelle que l’on parle de microplastiques grands comme « des miettes de pain » et que « les nanoplastiques sont 1 million de fois plus petits que les microplastiques ».

Avec une équipe pluridisciplinaire, composée de chimistes, biologistes, océanographes, spécialistes de l’atmosphère et de la mécanique des fluides, la mission a pour but d’étudier la répartition des micro et nanoplastiques dans la mer et évaluer leur présence dans l’air. Elle permet de travailler à la fois sur la biologie, la physique et la chimie de la pollution plastique.

Des plastiques qui changent de structure

Alexandra Ter Halle pense que les nanoplastiques changent de structure et de comportement en se dégradant. « Il faut comprendre les nouvelles structures et étudier la façon dont elles interviennent avec le milieu naturel », prévient-elle.

En parallèle, Jean-François Ghiglione, chercheur au laboratoire d’Océanographie Microbienne de Banyuls-sur-Mer, étudie la vie sur ces micro et nanoplastiques. Dès qu’un plastique arrive en mer, une vie variée y installe domicile. « Nous identifions les espèces en analysant leur ADN et cherchons à comprendre pourquoi elles se développent dessus et ce qu’elles y font », explique le chercheur.

Des nanoplastiques partout ?

Yann Ourmières est océanographe à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO). Il rappelle que les particules nanométriques sont transportées par des courants sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. « Pour connaître les zones d’accumulation, il faut s’intéresser aux courants », résume-t-il. C’est la raison pour laquelle, les prélèvements se sont déroulés dans des zones différentes, avec des masses d’eau présentes depuis plus ou moins longtemps en mer Méditerranée. « Nous avons prélevé des échantillons dans des zones froides, chaudes, plus ou moins anciennes, afin de trouver des zones de concentration en nanoplastiques ».

Afin d’avoir le plus d’informations possibles, l’équipe a déployé une CTD-Rosette entre la surface et 150 mètres de profondeur. Ce préleveur d’eau multi-instrumenté permet de mesurer les caractéristiques de l’eau (salinité, profondeur et température) et de prélever des échantillons d’eau pour analyser les nanoplastiques. Grâce à ces différentes informations, l’équipe modélisera la distribution verticale des plastiques dans la colonne d’eau pour mieux comprendre les paramètres qui contrôlent cette dynamique.

Des nanoplastiques dans les nuages ?

Enfin, la mission a échantillonné la phase atmosphérique. « Nous avons dû développer un prototype sans matériaux plastiques, car tous les instruments existants sont en plastique, explique Boris Eyheraguibel, chercheur à l’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand. Une pompe aspire l’air à débit important et le fait passer à travers une cuve remplie d’eau qui va piéger les particules ».

Boris Eyheraguibel poursuit : « l’objectif est de collecter l’air au-dessus de la colonne d’eau pour travailler sur les transferts des microplastiques de l’eau dans l’air ». Et Jean-François Ghiglione complète : « il est important de savoir si des bactéries s’attachent aux plastiques qui vont dans l’air pour mieux comprendre ce que nous respirons ». Les premiers résultats de cette mission sont attendus pour 2020.

Comment identifier les pirates informatiques qui détournent des sites web ?

Tous les appareils connectés à l’Internet disposent d’une adresse IP (« Internet Protocol »). Elle est représentée par une série de nombres séparés par des décimales. Mais ce type d’adresse est trop compliqué à retenir et pénible à retaper à chaque fois que l’on souhaite se connecter à un site.

D’où la création du système de noms de domaine (Domain Name System ou DNS). Il fait correspondre les adresses Web (par exemple https://www.techniques-ingenieur.fr/) avec les adresses IP des serveurs qui hébergent ce site Web. En réalité, toute l’infrastructure réseau passe par le DNS : sites, messagerie électronique, imprimante, gestion des badges d’accès… Demain, ce sont les milliards d’objets connectés qui y seront reliés.

Les adresses IP et les DNS sont donc deux points très sensibles qu’il convient de surveiller de près, car des pirates peuvent tenter de les détourner. Cette technique n’est d’ailleurs pas récente comme on peut le constater en lisant cet article sur le blog de Stéphane Bortzmeyer, informaticien à l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic) : le gouvernement du Pakistan avait bloqué YouTube en février 2008.

Lorsqu’un internaute se connecte à un site, le serveur DNS vérifie dans son « cache » l’existence de cette adresse. Mais si ce DNS a été piraté, il sera dirigé vers un autre site. Il lui ressemblera comme deux gouttes d’eau (si les pirates sont très « professionnels ») mais sa finalité sera malveillante (dont la récupération de vos données personnelles).

150 000 dollars en 2 heures !

On estime qu’en 2017, les incidents de routage tels que les détournements IP ont touché plus de 10 % de tous les domaines dans le monde. Toutes les entreprises peuvent être victimes, même les poids lourds du net ! En avril 2018, des pirates avaient détourné le trafic d’Amazon pendant 2 heures : 13 000 adresses IP avaient été redirigées et 150 000 dollars avaient été volés auprès des internautes qui pensaient aller sur le site de ce géant du e-commerce.

Le même mois, des pirates avaient mis en place un détournement des protocoles DNS pour usurper l’identité d’un portefeuille en ligne d’ethers, une cryptomonnaie alternative. Résultat : ils ont volé pour environ 20 millions d’euros.

Une étude de l’année dernière avance l’hypothèse qu’une entreprise chinoise de télécommunications a utilisé cette approche pour recueillir des renseignements sur les pays occidentaux en réacheminant leur trafic Internet par la Chine.

Il est donc important d’anticiper cette menace qui repose principalement sur une lacune importante du Border Gateway Protocol (BGP), un mécanisme de routage, comme le rappelle l’étude du MIT et de l’Université de Californie (CAIDA). La technique malveillante consiste donc à « convaincre »  les réseaux voisins que le meilleur moyen d’atteindre une adresse IP spécifique est de passer par son réseau.

Pour mieux identifier les attaques en série, le groupe de scientifiques a d’abord extrait les données de plusieurs années de listes de diffusion des opérateurs réseau, ainsi que les données BGP historiques prises toutes les cinq minutes depuis la table de routage globale.

À partir de là, ils ont observé les qualités particulières des acteurs malveillants et ont ensuite formé une intelligence artificielle, un modèle d’apprentissage machine pour identifier automatiquement de tels comportements. Ils ont ainsi pu identifier environ 800 réseaux suspects qui pirataient des adresses IP pendant des années.

Les Américains ont découvert que les blocs d’adresse des pirates disparaissent plus rapidement que celles des réseaux légitimes. Les cybercriminels utilisent également des blocs d’adresses IP multiples (préfixes de réseau) qui sont enregistrés dans plusieurs pays à la fois.

Cette étude est donc un excellent moyen de valider ou de réorienter les efforts de la communauté des opérateurs de réseaux pour mettre un terme à ce type d’attaque.

L’intelligence artificielle : entre excitation et éthique

L’intelligence artificielle est à la croisée de plusieurs disciplines : informatique, mathématiques (logique, optimisation, analyse, probabilités, algèbre linéaire), sciences cognitives…

Les algorithmes qui la sous-tendent reposent sur des approches aussi variées : analyse sémantique, représentation symbolique, apprentissage statistique et exploratoire, réseaux neuronaux, etc.

Son essor récent est dû aux progrès importants de l’apprentissage machine (ou machine learning) : au lieu de programmer la machine avec les règles qui régissent une tâche (souvent beaucoup plus complexe qu’on ne le pense), elle les découvre maintenant elle-même.

Dérives

Mais l’IA oblige à la réflexion, car ses enjeux sont extrêmement variés. Ce forum a donc été l’occasion de l’aborder sous deux aspects. Premièrement, le recours aux technologies issues de l’IA pour tenter de relever les grands défis actuels de l’humanité : développement durable de l’ONU en matière de santé, éradication de la pauvreté, accès à l’éducation ou préservation de l’environnement.

Deuxièmement, l’appréciation des risques inhérents à l’IA et sur les moyens à mettre en œuvre pour les circonscrire. « Toute technologie porteuse de bienfaits comporte aussi des risques. Les incertitudes inhérentes au développement et au déploiement rapide de l’IA et du numérique nécessitent, autant que possible, d’être anticipées et maîtrisées. Il s’agit de déployer des efforts de recherche et des expérimentations afin d’appréhender ces différentes problématiques sur les plans techniques, sociaux et humains », insiste Malik Ghallab, directeur de recherche émérite au CNRS et co-organisateur de cet événement.

Car les dérives de l’IA existent. « L’IA transforme la société et cela peut avoir des conséquences. Ainsi, les technologies prédictives qui aident à prendre des décisions peuvent être instrumentalisées. Aux États-Unis, des compagnies d’assurance se sont basées sur le code postal pour déterminer le risque d’accident ! C’est stupide », constate Jean-Gabriel Ganascia, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie et responsable de l’équipe ACASA (Agents Cognitifs et Apprentissage Symbolique Automatique) du LIP6.

Un cadre de référence

Le Global Forum on AI for Humanity a été aussi l’occasion de rappeler que Paris et Montréal veulent être les deux pôles de l’IA au travers du Partenariat mondial sur l’intelligence artificielle (PMIA) lancé avec l’OCDE, sous l’impulsion du Canada et de la France. Les meilleurs experts internationaux et les gouvernements se réuniront pour échanger sur les opportunités et risques de l’IA.

La multiplication des forums sur l’IA (à Berkeley il y a quelques mois, aux Pays-Bas, début octobre) confirme que cette thématique va au-delà du simple buzzword. Elle soulève à la fois de nombreux espoirs dans différents domaines, mais aussi des interrogations auxquelles il est encore très difficile de répondre. C’est le cas de l’éthique.

« Les entreprises veulent faire ce qu’il faut, mais elles n’ont pas de cadre de référence clair sur ce que l’IA éthique signifie dans leur cas d’utilisation ou dans leur contexte ni d’orientation sur la façon dont elles peuvent l’appliquer. Cela les empêche de mettre en œuvre des solutions d’IA », explique Laetitia Cailleteau, Global Managing Director, Conversational AI chez Accenture.

Par exemple, il est essentiel de s’assurer qu’un algorithme d’IA et ses données sous-jacentes sont aussi impartiaux et représentatifs que possible. Si l’on s’appuie sur l’IA pour étudier d’une demande de crédit, il faut s’assurer que les données historiques ne sont pas biaisées.

L’amélioration des capacités informatiques et des connaissances sur l’IA ne doivent pas conduire à trop de précipitation. La réflexion reste essentielle pour que les usages de l’IA soient majoritairement positifs.

LiFi : une technologie bien visible

Communiquer avec la lumière qui nous entoure. C’est l’idée de la technologie LiFi (Light Fidelity), nommée en 2011 et dont les premiers dispositifs remontent à la fin des années 2000. Cette technologie sans fil s’appuie sur la lumière visible pour transmettre de l’information. Son application paraît d’autant plus simple que les sources de lumière dite visible inondent aujourd’hui les rues de nos villes. Fiables et peu onéreuses, les LED (Light Emitting Diode) en sont un parfait exemple. Le LiFi s’inspire directement des avancées et des savoir-faire développés en premier lieu pour les télécommunications optiques fibrées. Cependant, les différences sont nombreuses : l’infrarouge fait place aux longueurs d’onde visible (380 – 780 nm) ; le milieu de propagation du signal ne se fait plus de façon guidée comme pour la fibre optique mais bien à travers l’air lui-même ; sans oublier que l’éclairage et l’information se déroulent en simultané. Le LiFi apparaît donc comme un bon complément aux technologies basées sur les radiofréquences, ne pouvant interférer avec leurs longueurs d’onde.

Avantages et inconvénients du LiFi

L’un des atouts majeurs de la technologie LiFi réside dans son très grand débit potentiel. Alors que le Wi-Fi atteint en moyenne des débits de 50 Mb/s, des groupes de recherche sur le LiFi sont parvenus à obtenir des débits supérieurs à 4 Gb/s – soit 80 fois plus que pour le Wi-Fi. De plus, l’impact des radiofréquences sur la santé est encore sujet à caution, et certains lieux en sont totalement dépourvus – les hôpitaux et les avions par exemple. Les LED et leur longue durée de vie – de l’ordre de 10 000 heures contre 100 pour une ampoule à incandescence – pourraient donc permettre au LiFi de s’inviter dans nos villes, et plus encore.

Toutefois, les risques sur la santé dus aux LED existent bel et bien. Leur spectre qui pique dans le bleu semble ainsi nuire aussi bien à notre œil qu’à notre sommeil. Autre inconvénient lié aux LED, leur champ de vision doit rester vide entre l’émetteur et le récepteur, quand le Wi-Fi fait fi des obstacles tout en diffusant dans toutes les directions. Résultat : le LiFi est sensible aux coupures de signal, même si son champ de vision restreint promet une confidentialité accrue. Enfin, le LiFi est basé sur le principe de modulation de la lumière, et donc de variations de puissance lumineuse. Ces variations peuvent être perçues par l’œil humain. L’observateur est alors confronté à un effet de scintillement plus ou moins marqué, et plus ou moins agréable.

Des perspectives ancrées dans le futur

Que ce soit en intérieur ou en extérieur, le LiFi laisse entrevoir de nombreuses applications. En intérieur tout d’abord. Le visiteur d’un musée pourrait se repérer dans le labyrinthe des couloirs à l’aide du géopositionnement permis par la lampe sous laquelle il se tiendrait. Un cas propre aux bâtiments imposants et complexes. En gardant l’exemple du musée, la LED éclairant une œuvre serait capable d’y afficher diverses informations supplémentaires à l’attention des visiteurs, en format audiovisuel ou vidéo. Le réseau Internet fourni par Bluetooth, Wi-Fi ou même par fil se verrait compléter par une composante lumineuse LiFi. Pour ce qui est de son exploitation en extérieur, les défis à relever sont nombreux – les conditions climatiques (nuit, jour, plein soleil, pluie, …) n’en étant qu’un exemple.

Néanmoins, cette technologie pourrait intéresser le milieu de la voiture autonome. Ainsi,  la communication véhicule-véhicule se ferait via des phares à LED, également utiles pour échanger avec la signalisation routière. Là encore, les obstacles à franchir sont nombreux, notamment au niveau des configurations possibles : croisements, virages, zone urbaine, etc. Mais l’avenir appartient aussi aux émetteurs et récepteurs organiques – OLED (Organic LED) pour les émetteurs, OPV (Organic Photovoltaic) et OPD (Organic Photodetector) pour les récepteurs. Ces composants, souples et très fins, ont l’intérêt de pouvoir transformer à terme n’importe quelle surface en émetteur ou récepteur potentiel. Des possibilités qui laissent songeur même si, pour le moment, les récepteurs sont encore des modules ajoutés et encombrants.

 

Exclusif ! L’article complet dans les ressources documentaires en accès libre du 28 octobre au 17 novembre !

Technologie LiFi (Light Fidelity) , un article de Luc CHASSAGNE.

Les technologies du gouvernement pour protéger vos données

Au cours de l’année, plusieurs solutions sécurisées ont été proposées par le gouvernement. Parmi elles, on retrouve la messagerie sécurisée, le disque de stockage USB ou encore l’application d’authentification. Un cloud “souverain” est quant à lui en cours d’élaboration.

 L’authentification biométrique

L’application smartphone Alicem (pour “Authentification en ligne certifiée sur mobile”) permet aux particuliers de prouver leur identité sur internet par reconnaissance faciale. Celle-ci permettrait, selon le ministère de l’Intérieur et l’Agence internationale des titres sécurisés (ANTS) à l’origine de la technologie, de s’affranchir des multiples mots de passe nécessaires pour accéder à des services en ligne. Progressivement, elle donnera également l’accès aux services imposant la présence physique. Lors de la création de l’identifiant, une vidéo de reconnaissance faciale est réalisée. Celle-ci est comparée aux informations contenues dans la puce sécurisée du titre biométrique, comme le passeport.

En cours de qualification par l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), la solution est cependant controversée. En effet, en juillet dernier, La Quadrature du Net a “déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour demander l’annulation du décret autorisant la création de l’application” peut-on lire sur le site de l’association. Cette dernière met en avant le non-respect du règlement général sur la protection des données (RGPD) – pointé par la Cnil – par un consentement contraint de l’utilisateur. Pour utiliser l’application, celui-ci n’a pas d’autre choix que d’utiliser la reconnaissance faciale.

La messagerie instantanée

L’Etat français dispose depuis avril 2019 d’une messagerie personnelle (en version bêta) pour s’affranchir des applications Telegram et Whatsapp. Baptisée Tchap, elle permet aux agents de communiquer entre eux et d’échanger des informations sensibles depuis leur ordinateur. La messagerie repose sur le logiciel open source Riot et implémente le protocole Matrix, un standard open source pour la communication sécurisée, décentralisée et en temps réel (https://matrix.org/).

Cependant, quelques heures après son lancement, le hacker Elliot Alderson lançait l’alerte d’une faille de sécurité (https://twitter.com/fs0c131y/status/1118791420624687104). Contacté par BFM, il explique qu’il a réussi à s’inscrire sur la messagerie réservée aux employés du gouvernement disposant d’une adresse mail en gouv.fr et elysee.fr (https://www.bfmtv.com/tech/tchap-la-messagerie-securisee-du-gouvernement-victime-d-une-faille-de-securite-1675988.html). Pour y parvenir, “Elliot Alderson a intercepté les échanges entre le formulaire d’inscription de l’application et les serveurs”. Il s’est ensuite inscrit avec son mail personnel en y ajoutant @elysee.fr.

Le disque de stockage USB

L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) a partagé en mai le prototype d’un disque de stockage USB chiffrant, open source et open hardware, ainsi que l’ensemble des modules qui le compose. “Les nombreux mécanismes matériels et logiciels implémentés lui permettent de résister à tout type d’attaques sophistiquées” peut-on lire sur le communiqué. L’année dernière, l’agence avait dévoilé Clip OS, son système d’exploitation sécurisé et open source.

Le fonctionnement complet de WooKey est décrit chez nos confrères de 01net. L’ensemble des informations de WooKey est disponible sur la page du projet (http://wookey-project.github.io/). Le schéma de la carte électronique et le code source le sont sur GitHub.

Le cloud de confiance

Dassault Systèmes et OVH ont été sollicités par l’Etat pour travailler sur un projet de “cloud souverain” en 2020. Une alternative aux clouds américains pour éviter aux entreprises françaises et européennes de stocker leurs données sensibles sur des plateformes américaines qui reposent sur le Cloud Act. Ce dernier permet aux forces de l’ordre de contraindre les fournisseurs de services américains à fournir les données stockées sur les serveurs d’entreprises américaines, qu’ils soient situés aux États-Unis ou dans des pays étrangers. Nous voulons créer un cloud de confiance. Il aura vocation à stocker toutes les données stratégiques des entreprises qui le souhaitent, privées comme publiques, en toute indépendance et avec des garanties nécessaires explique Bruno LeMaire, ministre de l’Economie, lors de la commission d’enquête “Souveraineté numérique” le 10 septembre.

Interrogé par France 3 Régions, Michel Paulin, directeur d’OVH, préfère la dénomination “cloud de confiance” : On préconise un cloud ouvert. Il doit être simple à mettre en œuvre, multilocal (nos centres de données sont sur quatre continents), accessible (avoir des prix compétitifs), réversible et transparent. Du côté de Dassault Systèmes, c’est 3D Outscale – qui a lancé en 2018 une offre cloud dédiée au secteur public – qui est en charge du développement. L’entreprise fait partie du comité stratégique d’Exatrust, un groupement d’entreprises spécialisées dans le cloud et la cybersécurité.

Quels réseaux pour la ville du futur ?

Tous les réseaux sont impactés par les mutations actuelles des villes. Qu’ils soient routier, de communication, informatique, de transport, électrique… la smart city veut tous les repenser pour rendre leur fonctionnement , disons-le en deux mots, efficient et intelligent.

Quelles sont donc les caractéristiques des réseaux de demain ? Fibre, wifi, Lyfi, LoRa, 4G, 5G… les solutions existantes sont légions, et évoluent vite. La solution s’oriente pour l’instant vers une combinaison de plusieurs réseaux, qui convergeront tous vers une plateforme de partage des données.

Chaque réseau ayant des avantages comparatifs différents en termes de rapidité, de fiabilité, de couverture… un « mix » spécifique sera développé pour chaque type d’objet connecté, allant du capteur le plus basique aux milliers que l’on trouve dans un véhicule autonome.

Un mix de réseaux

Aussi, les spécificités de chaque technologie engendrent des différences en termes de coût et de consommation d’énergie, deux variables clés dans la conception de la ville intelligente.

Aujourd’hui, il est facile d’imaginer les possibilités immenses en ce qui concerne la gestion de la ville de demain. La massification de la récolte de données, via les capteurs, et le croisement intelligent de ces données aboutissant à des actions autonomes d’objets connectés – circulation, collecte des déchets, tri, consommation électrique… – semblent obéir à une évolution naturelle.

Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg. Cette massification est un véritable casse-tête quand il s’agit d’imaginer l’infrastructure nécessaire. Surtout qu’il ne s’agit pas de se passer du réseau existant. Cela est d’ailleurs peut-être aussi bien, puisque les premières briques du réseau du futur sont déjà là: fibre, wifi et bientôt 5G… il faut continuer à développer ce réseau, en y ajoutant du partage, de la sécurité et de l’intelligence.

Le cas des transports

Prenons l’exemple des transports. Les capteurs, les caméras, les GPS… génèrent des données. On peut se servir de la fibre pour installer des caméras analytiques destinées à analyser le trafic. Notons que ces caméras peuvent également servir pour la reconnaissance faciale, l’analyse des trajectoires des véhicules pour prévenir les accidents par exemple. Pour faire transiter ces données, on a tendance à privilégier les réseaux wifi. Certaines villes commencent même à offrir l’accès au réseau à leurs habitants, en échange de l’installation d’applications permettant de collecter des données supplémentaires, sur les flux piétons par exemple. Tout cela ne va pas sans poser de nouveaux défis en termes de sécurité et de vie privée, mais ce n’est pas le sujet ici.

Dans le cas des transports le wifi est recommandé car un très haut débit est nécessaire. Pour des applications acceptant un bas débit, on aurait plutôt tendance à privilégier des réseaux peu énergivores comme Sigfox ou LoRa.

Mais un réseau comme LoRa a des atouts utiles pour gérer les données relatives au transport: basé sur une technologie s’appuyant sur des protocoles ouverts, il favorise l’interopérabilité entre les différents objets connectés, autre brique fondamentale de la smart city.

Dernier exemple, la 5G. Préconisé pour les usages nécessitant à la fois débit et performance, il pourrait s’avérer parfait pour gérer le fonctionnement des véhicules autonomes.

Au final, si l’évolution des réseaux vers plus d’interopérabilité et d’intelligence est en cohérence avec l’avènement de la smart city, le réseau existant constitue l’outil sur lequel il faut travailler. Et en termes de coûts, c’est la seule solution envisageable.