L’avenir des forêts tropicales d’Afrique centrale est menacé par le réchauffement climatique et les activités humaines. Selon une étude internationale, coordonnée par le Cirad et l’IRD et publiée dans la revue Nature, plusieurs chercheurs préconisent que des actions soient menées « au-delà des frontières nationales » pour la préservation des écosystèmes qui les composent. Afin d’aider à la mise en place des mesures de préservation, ces derniers ont réalisé une cartographie inédite de la vulnérabilité au changement climatique et aux pressions anthropiques à l’horizon 2085. Ces prévisions ont été faites en tenant compte des scénarios du Giec et de l’ONU.
Pour cela, ces scientifiques ont analysé un jeu de données exceptionnel dans lequel sont répertoriés 6,1 millions d’arbres dans plus de 185 000 parcelles. Elles sont réparties dans cinq pays : Cameroun, Gabon, République du Congo, République démocratique du Congo et République Centrafricaine. Les scientifiques ont ainsi mis en évidence les caractéristiques des végétaux et ont conclu qu’ils forment dix types d’espaces forestiers distincts. « Le massif forestier d’Afrique centrale est loin d’être un tapis vert homogène », confirme par communiqué Maxime Réjou-Méchain, écologue à l’IRD et premier auteur de l’étude.
« Cette diversité s’explique par les différents types de climats (humidité, température, taux d’évapotranspiration, quantité de pluies), de sols, par l’histoire de la flore africaine, mais aussi par l’ampleur des activités humaines qui perturbent les forêts depuis des millénaires, comme l’agriculture itinérante », ajoute-t-il. Ensemble, ces espaces forestiers représentent la seconde plus grande et dense forêt tropicale humide du monde, derrière l’Amazonie.
Fragilités hétérogènes
Les forêts tropicales d’Afrique centrale jouent également un rôle majeur dans le stockage du carbone. Aujourd’hui, cette zone en capte davantage que la forêt amazonienne. Or, des fragilités très diverses ont été repérées par les scientifiques dans plusieurs lieux. « Les marges forestières du Nord et du Sud de la région, les forêts atlantiques et la plupart de celles de la République Démocratique du Congo, pays qui englobe plus de la moitié des forêts d’Afrique centrale, comptent parmi les plus vulnérables », révèle Bonaventure Sonké, botaniste à l’Université de Yaoundé 1 et co-auteur de l’étude.
Selon leur situation géographique et les actions humaines qui y sont menées ou non, le niveau de vulnérabilité des forêts varie. La cartographie révèle aussi que les espaces forestiers côtiers du Gabon et ceux de la République démocratique du Congo devraient connaître de fortes pressions liées à la fois au changement climatique et aux activités humaines. Il apparaît qu’une action de préservation sera également nécessaire dans la forêt semi-décidue du Cameroun impactée, soumise à la pression anthropique.
Des politiques territoriales spécifiques
Les observations révèlent qu’il est essentiel que les politiques de préservation soient plurielles et adaptées aux spécificités de chaque territoire. « La diversité des types de forêts d’Afrique centrale offre un large panel de réponses potentielles aux changement globaux. Elle est donc essentielle à prendre en compte dans le cadre des politiques de gestion durable et de lutte contre le réchauffement climatique », insiste Alfred Ngomanda, écologue au Cenarest (Gabon) et co-auteur de l’étude.
« Ces résultats doivent maintenant être utilisés, valorisés et appliqués afin d’élaborer des plans d’utilisation des terres qui préservent les caractéristiques des forêts tout en maintenant des connexions entre des zones protégées, grâce à des forêts de production de bois d’œuvre gérées durablement », précise Sylvie Gourlet-Fleury, écologue forestière au CIRAD, l’une des principales coordinatrices de l’étude. En parallèle de leurs observations, les chercheurs rappellent que l’intégrité de ces espaces forestiers est directement liée aux moyens de subsistance et à la sécurité alimentaire des populations.
Sommes-nous libres de refuser les objets numériques ? Comment faire de l’innovation numérique responsable ? Quid des biais des algorithmes ?
Christine Balagué, professeure à l’Institut Mines-Télécom Business School, titulaire de la chaire « Good in tech », et Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à Sorbonne Université et président du Comité d’éthique du CNRS, répondent à ces questions dans ce troisième épisode de Cogitons Sciences.
Les nouvelles technologies numériques nous sont-elles imposées ? [1:26] – [12:53]
Selon le président du COMETS, concernant la 5G par exemple, nous serions « individuellement très contraints » car il serait « difficile de refuser une nouvelle norme de transmission de données, comme par exemple la 5G ; ou alors il faudrait refuser d’avoir un téléphone portable ! » Il prône les « choix éclairés », adossés à une « bonne maîtrise des technologies », pour éviter de « s’engager dans un moratoire » collectif contre telle ou telle technologie, « sous prétexte qu’il existe des risques ».
Vers une innovation numérique responsable ? [13:05] – [24:06]
On peut se demander dans ce cas ce qui peut être faisable au-delà de l’individu et de la communauté des utilisateurs : c’est-à-dire au niveau de l’entreprise elle-même. On parle alors avec Christine Balagué d’innovation numérique responsable. « On a trois critères à l’innovation numérique responsable. La technologie doit avoir un impact positif sur la société ; la technologie doit prendre en compte le fait qu’elle n’impacte pas négativement l’environnement […] ; et enfin, il faut s’assurer que la technologie n’impacte pas négativement la société ».
À l’origine des biais discriminants des algorithmes [24:22] – [28:59]
Les effets de discrimination des algorithmes viennent de deux parties, nous informe Christine Balagué : « soit ils viennent de l’algorithme lui-même, c’est-à-dire du traitement ou de l’apprentissage ; soit ils viennent, et c’est ici souvent la majorité des cas, de la base de données qui rentre dans l’algorithme ».
Les algorithmes en milieu professionnel [29:25] – [34:37]
« Il faut évacuer un certain nombre de craintes qui relèvent plus de la légende et du mythe », assure Jean-Gabriel Ganascia. Le président du COMETS poursuit : « pour trouver sa place dans cette société de la connaissance, le numérique joue un rôle important. […] Le risque est de laisser des gens à côté du progrès et donc de les rendre inemployables. Le grand défi est de former l’ensemble de la population aux nouvelles technologies, et les former à tout âge de la vie. »
La désinformation sur les réseaux sociaux, non-éthique par excellence [34:55] – [37:54]
« On est complètement dans des stratégies non-éthiques lorsqu’on veut diffuser massivement des fake news pour manipuler l’opinion », nous répond Christine Balagué. Aujourd’hui, deux règles ont été mises en place par les plateformes, développe la chercheuse : « la première est qu’on ne peut pas diffuser de fake news pendant une période électorale ; la deuxième est qu’on ne peut pas diffuser de fake news qui peuvent porter atteinte à la vie d’un individu. » Elle rappelle qu’il existe quand même des technologies d’IA qui permettent de lutter contre… les dérives de l’IA !
La pièce de théâtre R. U. R. écrite en 1920 par Karel Čapek et où le mot “robot” est apparu pour la première fois.
La notion de “privacy by design” (RGPD).
L’étude “Dissecting racial bias in an algorithm used to manage the health of populations”, publiée le 25 octobre 2019 dans Science.
Ressources pour aller plus loin :
Les ressources, dont des webinars, disponibles sur le site de la chaire “Good in Tech”.
Les rapports du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) sur les fake news.
Les rapports disponibles sur les sites du COMETS, de la CERNA (Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique d’Allistene) et du CNPEN (Comité national pilote d’éthique du numérique).
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.
Certains métiers, notamment celui de peintre, exigent de travailler les bras en hauteur, parfois plusieurs heures par jour. Une posture favorable à l’apparition de troubles musculosquelettiques (TMS), surtout au niveau des épaules. La start-up HMT (Human Mechanical Technologies) a développé un exosquelette spécialement adapté pour diminuer la pénibilité physique de cette posture contraignante. Son originalité est qu’il s’inspire de la tenségrité, un concept architectural qui consiste à construire des structures légères mais résistantes et dont la stabilité est assurée par l’interaction des contraintes mécaniques exercées sur ses différentes parties.
Crédit photo : HMT
Baptisé Plum’, cet exosquelette ne pèse que 1,5 kg et la société le présente comme le plus léger de sa catégorie. « L’innovation vient de la simplicité de sa conception, explique Kevin Regi, président d’HMT. Beaucoup de fabricants d’exosquelettes tentent de reproduire une sorte d’Iron Man avec un équipement qui recouvre l’ensemble du corps humain alors qu’il n’y a pas nécessairement besoin d’autant de complexité pour réussir à assister certains membres du corps. Le nôtre a été conçu en travaillant sur la cinématique pure et en réfléchissant sur sa conception globale et sa résistance. »
Court-circuiter l’énergie pour la faire descendre dans les jambes
Résultat : l’exosquelette n’enveloppe pas l’épaule, comme c’est souvent le cas sur cette catégorie d’équipement, mais seulement les bras, au-dessus du coude. Il fonctionne grâce à une ceinture fixée dans le bas du dos sur laquelle repose un système de bielles, de câbles et d’élastiques reliés aux bras. L’équipement ne possède aucune assistance motorisée, l’énergie stockée puis libérée étant uniquement mécanique. Le mécanisme permet de court-circuiter l’énergie, correspondant à la charge portée au niveau des épaules, pour la faire redescendre directement dans les jambes sans passer par les bras ni le dos. « En biomécanique, les bras ne sont en théorie pas destinés à porter, mais seulement à amener nos mains et nos doigts n’importe où dans l’espace, analyse Kevin Regi. Seules les jambes sont faites pour porter, c’est pour cela que la marche est conseillée. Lorsqu’une personne travaille avec les bras en hauteur, elle use prématurément son corps et cela augmente le risque de déclencher des maladies professionnelles ».
Sur le modèle standard, le mécanisme de cet équipement permet d’apporter une assistance allant de 1 à 6 kg et est réglable en fonction du poids du bras de la personne. Il accompagne progressivement le bras lorsque celui-ci initie un mouvement vers le haut. L’exosquelette offre une assistance maximale lorsque le bras est à 90 degrés, tendu vers le haut et que l’épaule force le plus. « Dans certains cas, l’exosquelette va soulager le bras à 100 %, ajoute le président d’HMT. Il ne faut pas aller au-delà sinon cela va provoquer d’autres contraintes physiques sur l’épaule qui va en permanence forcer pour se défendre. Le bras ne doit surtout pas être contraint. »
Plutôt que d’utiliser de l’acier, de l’inox ou de l’aluminium, certaines pièces plates de cet exosquelette ont été réalisées grâce au procédé de thermoformage de matières plastiques afin de réduire le poids de cet équipement. Avec son faible encombrement et parce qu’il est proche du corps, il est possible de le porter en dessous d’une combinaison de peinture.
Des gestes précis avec des perches sur le réseau électrique sous tension
Ce système breveté va être porté par les techniciens d’Enedis qui interviennent avec des perches et du matériel à porter à bout de bras sur les lignes aériennes du réseau électrique. Une posture d’autant plus contraignante qu’elle peut durer plusieurs heures par jour et nécessite de réaliser des gestes précis, car les interventions sont effectuées alors que le réseau est toujours sous tension, pour ne pas priver d’électricité les foyers.
Vendu 2 500 euros HT, la start-up le présente comme le deuxième exosquelette le moins cher de sa catégorie. Avant de le vendre à ses clients, HMT réalise des diagnostics ergonomiques dans les entreprises pour analyser les conditions de travail et les métiers confrontés à des postures contraignantes. L’équipement d’un exosquelette n’est pas la seule solution proposée pour réduire les TMS. « Par exemple, nous sommes intervenus sur une chaîne de l’industrie agroalimentaire dont la production était gérée en amont par des machines, confie Kevin Regi. En bout de chaîne, une personne devait récupérer des colis de 15 kg sur un tapis qui arrivaient deux par deux avec un intervalle très court de 15 secondes puis aucun colis pendant plusieurs minutes. Ici, la solution a consisté à installer un temporisateur sur la chaîne pour augmenter la durée entre les deux colis afin que la personne ait le temps de bien se positionner et préparer son corps pour soulever les colis. »
En Estonie, Lituanie, mais aussi aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, plusieurs hommes politiques ont récemment été trompés en pensant qu’ils parlaient à Leonid Volkov, un homme politique russe et chef de cabinet de la campagne d’Alexei Navalny pour l’élection présidentielle de 2018.
Les députés qui ont suivi cette visioconférence ont vite constaté que quelque chose n’allait pas et que l’image floue était suspecte. Il pourrait donc s’agir d’un deepfake, mais il serait nécessaire de voir la vidéo enregistrée sur Zoom pour en être sûr. Pour l’instant, aucune vidéo n’a été mise en ligne.
Ce terme de deepfake fait référence au deep learning, une sous-catégorie de l’intelligence artificielle. Les algorithmes d’apprentissage profond (ou « deep learning »), qui apprennent par eux-mêmes à résoudre des problèmes lorsqu’ils reçoivent d’importants volumes de données, sont utilisés pour échanger des visages dans des vidéos afin de créer des faux d’apparence réaliste.
Selon Leonid Volkov, un allié de Navalny, un duo russe nommé Vovan et Lexus serait derrière cette supercherie. Il s’agit des pseudonymes respectifs de Vladimir Kuznetsov et d’Alexey Stolyarov. Ce duo est connu en Russie pour se moquer ou berner des opposants au Kremlin, des dirigeants mondiaux ou des stars. Parmi leurs victimes, il y a au l’ancien dirigeant soviétique Gorbatchev, le président turc Erdogan, le chanteur Elton John et le prince Harry.
Un faux Trump
Même si cette supercherie a été vite démasquée et n’a pas eu de conséquences politiques, elle confirme que le deepfake fait dorénavant partie des méthodes utilisées pour tenter de déstabiliser un pays ou cibler des hommes politiques. En 2018, un parti politique belge a publié une vidéo de Donald Trump prononçant un discours appelant la Belgique à se retirer de l’accord de Paris sur le climat. Mais l’ancien président des États-Unis n’avait jamais prononcé ce discours. Il s’agissait d’un deepfake.
Le service estonien de la sécurité extérieure avait alerté de la probabilité d’une telle future menace. « À l’avenir, les services russes sont susceptibles d’exploiter la technologie deepfake. Cette menace sera particulièrement élevée lorsque le développement technologique atteindra un niveau tel que les “deepfakes” seront suffisamment convaincants pour être méconnaissables à l’œil humain. Il sera alors plus difficile pour le public de distinguer les fausses informations de la vérité », peut-on lire dans leur rapport.
Après une première collaboration en 2020 avec une trentaine de Webinars organisés, Techniques de l’Ingénieur s’associe à nouveau au Cetim (Centre technique des Industries Mécaniques) et propose tout le long de l’année 2021 des Webinars sur 5 thématiques : Transition écologique et énergétique, Manufacturing/contrôle, Essais et simulation, Caractérisations/matériaux et Ingénierie.
Qu’est ce qu’une « Web-découverte » du Cetim ?
Une « Web-découverte » est une conférence en ligne d’1h30 pour s’acculturer à un sujet technique en lien avec 5 grandes thématiques industrielles.
Ces conférences en ligne, présentées par les experts du Cetim et animées par un journaliste de la rédaction du magazine d’Actualité de Techniques de l’Ingénieur, apportent un éclairage technique et technologique aux enjeux et besoins des industriels sur des points clefs en lien avec l’ingénierie, la caractérisation et les matériaux, les essais et la simulation, la fabrication et le contrôle, et enfin, nouveauté de cette édition 2021, avec la transition écologique et énergétique.
Cetim et Techniques de l’Ingénieur, un partenariat de longue date
Les Editions Techniques de l’Ingénieur ont pour vocation de permettre au plus grand nombre de partager les connaissances scientifiques applicables dans l’industrie, et le Cetim, quant à lui, multiplie cette action grâce à un réseau de partenaires scientifiques et techniques de référence.
Les premières collaborations fructueuses avec le Cetim ont permis la coédition d’un ouvrage dédié à la fabrication additive métallique, mais aussi la tenue d’un Forum Innovation afin de lier entreprises et startups, et de favoriser l’innovation dans l’industrie mécanique et également la diffusion des Rendez-vous de la mécanique.
5 thématiques
Retrouvez ici le détail des 5 thématiques et des Webinars proposés :
Thomas Pesquet : les premiers pas de la mission Alpha
Après le décollage réussi le 23 avril dernier et suivi par des millions de télespectateurs, Thomas Pesquet est de retour dans la station spatiale internationale, pour une durée de six mois. Il y mènera une centaine d’expériences scientifiques, et prendra le commandement de l’ISS pour la dernière partie de sa mission.
Pour revivre le lancement du vol SpaceX Crew-2 avec ses quatre membres d’équipage en vidéo, c’est ci-dessous, avec la préparation des astronautes, le transfert vers la capsule en Tesla bien sûr, le décollage puis la séparation des différents modules de la Falcon 9…
Quelques heures plus tard, la capsule de SpaceX s’arrimait à la station spatiale internationale, encore en direct :
Ensuite, plusieurs heures de tests ont été nécessaires pour vérifier la bonne étanchéité entre la station et la capsule après l’amarrage, avant que Thomas Pesquet et ses trois acolytes puissent enfin entrer pour de bon dans l’ISS :
Pour visiter la station spatiale en compagnie de Thomas Pesquet, voici une vidéo tournée lors de son premier séjour sur l’ISS. Il y explique en détail comment sont répartis les modules et quelles sont les expériences scientifiques que l’on y réalise :
La médiatisation de Thomas Pesquet a donné envie à beaucoup de suivre la progression de la mission Alpha. Pour se faire, rien de mieux que le site de l’agence spatiale européenne, l’ESA :
Thomas Pesquet, le premier européen à voler sur la Crew Dragon, est accompagné de trois astronautes : Megan McArthur, Shane Kimbrough et Akihiko Hoshide. Le Français a un programme très chargé à bord de la station. Il doit notamment conduire des expériences sur le développement des cellules souches en orbite, et sur le blob, cet organisme aux propriétés incroyables dont Techniques de l’Ingénieur a déjà parlé dans cet article.
Pendant ce temps, la Chine prépare sa propre station spatiale
Le jeudi 29 avril, la Chine a lancé, grâce à la fusée Longue Marche 5B, le premier des trois modules qui constitueront la future station spatiale chinoise, qui devrait être prête à l’emploi vers 2022. Voici le décollage de la Longue Marche 5B, avec les images fournies par l’Etat chinois :
Ce premier module, baptisé Tianhe (« harmonie céleste » en Chinois), sera le lieu d’habitation des astronautes en mission sur la station. Les autres modules seront ajoutés au fur et à mesure à l’occasion d’une dizaine de vols supplémentaires. Pour un poids final en orbite d’à peu près 100 tonnes, trois fois moins que la station spatiale internationale.
La Chine annonce que cette station servira de base pour des expériences scientifiques, mais aussi de lieu de transfert, soit pour des explorations spatiales de plus grande envergure – la Lune et Mars -, soit pour du tourisme spatial, l’un des grands enjeux de la prochaine décennie surtout en termes de débouchés commerciaux pour l’industrie spatiale.
Quoi qu’il en soit, le programme spatial chinois avance rapidement, et le pays, à l’occasion du développement en cours de sa propre station spatiale, va pouvoir rattraper son retard sur les autres nations du spatial, notamment en ce qui concerne les vols habités.
Voici une présentation de la station spatiale telle qu’elle se présentera une fois assemblée en orbite :
Difficile de passer à côté des sutures au cours des opérations chirurgicales. Ces dispositifs à base de fibres servent à fermer les blessures et accélérer le processus naturel de guérison. Toutefois, leur rigidité met à l’épreuve les tissus mous du patient, qui peuvent subir des dégâts. Des stratégies ont déjà été mises en œuvre pour améliorer les sutures existantes. Malheureusement, ces expériences se sont soldées par la détérioration de leurs propriétés ou par un revêtement trop faible, susceptible de se briser ou de se décoller à tout moment ! Afin d’y remédier, des chercheurs de Montréal ont présenté leur stratégie le 7 avril 2021 dans Science Advances, inspirée du tendon humain… Leur méthode unit notamment les sutures chirurgicales à une gaine de gel résistante. Un équipement qui rappelle la gaine reliant les fibres du tendon ! Ainsi, la rigidité, la friction et les tiraillements ressentis à l’interface entre sutures et tissus peuvent être grandement diminués. Et ce, sans compromettre la résistance au déchirement. Le résultat est prometteur dans la prévention des infections et la protection des blessures… mais pas seulement ! D’autres équipements basés sur des fibres pourraient s’en servir, comme par exemple dans le domaine des vêtements intelligents.
Un support des plus robustes
Le cartilage est un système robuste, capable à la fois de lubrifier les os en contact et d’absorber les mouvements du corps – marche, course. Ses propriétés porteuses font de l’œil aux ingénieurs, à la recherche de supports durables ayant une friction et une usure faibles. Il existe bien les hydrogels, au fort pouvoir lubrifiant, mais leur mauvaise réponse à la compression a tendance à les disqualifier. Dans un papier publié le 9 avril 2021 dans Applied Polymer Materials, des chercheurs de l’université de Leeds et de l’Imperial College London se sont penchés sur la fabrication d’une structure inspirée du cartilage humain. Leur objectif ? Associer la récupération ultrarapide des élastomères aux propriétés de dissipation d’énergie des hydrogels. Leur processus passe dans un premier temps par le frittage – chauffage sans fusion – de billes poly(methyl methacrylate), résultant en des élastomères macroporeux interconnectés. Ces derniers fournissent un support structurel résistant aux chocs. Par la suite, un hydrogel est greffé aux élastomères fraîchement formés. Le portage de la structure finale est 14 à 19 fois meilleur que pour un hydrogel seul. Une valeur qui annonce le développement futur d’une nouvelle génération de supports légers.
Les légumes s’invitent dans les cultures
Pour la transition vers des régimes alimentaires sains et durables, une solution pourrait venir des légumes. Introduire des graines (haricots, lentilles) dans les cultures céréalières et d’oléagineux (orge, blé, colza) permettrait la distribution de nourriture humaine avec un coût environnemental plus faible. Afin de vérifier cette hypothèse, une nouvelle étude basée sur l’analyse du cycle de vie est parue le 13 avril 2021 dans Frontiers in Sustainable Food Systems. Elle cherchait à comparer l’efficacité environnementale – distribution de nourriture humaine et pour le bétail – de dix rotations de cultures situées sur trois zones climatiques européennes – Italie, Roumanie et Écosse – sur 3 à 5 ans.
En Écosse, la culture de légumes a permis de diminuer de moitié les besoins externes en azote. En effet, les légumes récupèrent directement l’azote de l’air. Avantage supplémentaire : ils enrichissent eux-mêmes le sol en azote. Pour le bétail, les rotations de cultures contenant des légumes ont mené à des protéines plus facilement assimilables par les animaux, avec un coût environnemental moindre. Ce travail de recherche pointe finalement le rôle crucial des légumes dans les cultures en Europe. Ainsi, leur introduction devrait aider à atteindre les objectifs de la stratégie Farm to Folk de l’Union Européenne, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et l’emploi de pesticides chimiques de 50 %, et l’utilisation de fertiliseurs synthétiques de 20 %, le tout d’ici 2030.
A l’heure de la digitalisation, les outils et les méthodes au service de l’ingénierie évoluent et permettent de mettre en place de nouvelles activités au sein de votre entreprise dans les phases de conception et d’industrialisation. Le couplage simulation-essais constitue un atout essentiel dans la fiabilisation des produits et la réduction du time-to-market.
Profitez des web-découvertes en partenariat avec le Cetim pour faire un point sur ces boosters de l’ingénierie afin de concevoir tant les composants que les sous-ensembles, et leurs procédés associés.
Les enjeux sont déterminants :
Optimiser la phase de conception et manager les équipes de façon transversale
Se préparer sans prise de risque à l’intégration de nouvelles activités qui feront la différence
Le rapport Global Energy Review 2021 de l’AIE estime que les émissions de CO2 augmenteront de près de 5 % cette année pour atteindre 33 milliards de tonnes, sur la base des dernières données nationales recueillies par l’AIE ainsi que d’une analyse en temps réel des tendances de la croissance économique et des nouveaux projets énergétiques qui devraient être mis en service.
La reprise économique, notamment en Asie, entraîne un rebond de la demande en charbon, 4,5 %, qui devrait ainsi dépasser son niveau de 2019, voire se rapprocher de son maximum historique de 2014. Et le secteur de l’électricité, via les centrales thermiques, devrait représenter les trois quarts de cette augmentation. L’AIE indique dans son rapport que ce pourrait ainsi être la plus forte hausse annuelle des émissions sur 10 ans, plus que la reprise enregistrée après la crise financière mondiale de 2008, qui avait entraîné une forte intensité de carbone.
Sous l’impulsion des marchés émergents et des économies en développement, la demande mondiale d’énergie devrait augmenter de 4,6 % en 2021, l’amenant au-dessus de son niveau de 2019, après le net recul de 2020 (-4 %). Cette augmentation inverserait 80 % de la baisse enregistrée en 2020, et les émissions ne seraient plus que de 1,2 % (ou 400 Mt) inférieures aux niveaux de 2019.
Corollaire, la consommation de tous les combustibles fossiles est en passe de croître de manière significative en 2021, le charbon et le gaz devant dépasser leurs niveaux de 2019. Le pétrole connaît également un fort rebond mais devrait rester en dessous de son pic de 2019, le secteur de l’aviation restant sous pression, insiste l’agence de l’OCDE.
L’augmentation prévue du recours au charbon pour la production d’électricité éclipse même celle des énergies renouvelables (ENR) de près de 60 %, malgré la forte accélération de la demande de ces dernières.
Beaucoup d’ENR mais pas assez
L’AIE se félicite pourtant que les ENR assurent 30 % de la production d’électricité dans le monde en 2021, soit leur plus grande part du mix électrique depuis le début de la révolution industrielle, contre moins de 27 % en 2019. La production d’électricité à partir de sources renouvelables, solaire et éolien en tête, devrait faire un bond de plus de 8% en 2021, soit plus de la moitié de l’augmentation de l’offre globale d’électricité dans le monde. La plus grande contribution à cette croissance provient du solaire et de l’éolien, qui sont en passe de connaître la plus forte hausse annuelle de leur histoire. La production d’électricité à partir du solaire photovoltaïque devrait augmenter de 145 térawattheures, soit une hausse de près de 18 % par rapport à 2020. De son côté, la production éolienne d’électricité devrait augmenter de 275 TWh, soit environ 17 % de plus par rapport à l’année dernière. La production combinée du solaire et de l’éolien est en passe d’atteindre plus de 2 800 TWh en 2021, précise l’AIE. La Chine devrait représenter près de la moitié de l’augmentation mondiale de la production d’électricité à partir de sources renouvelables, suivie par les États-Unis, l’Union européenne et l’Inde.
Fossiles, le retour
Plus de 80 % de la croissance prévue de la demande de charbon en 2021 devrait également provenir d’Asie, avec la Chine en tête, qui représentera 50 % de la progression de la demande. Le recours au charbon aux États-Unis et dans l’Union européenne devrait également augmenter, mais restera bien inférieur aux niveaux d’avant la crise.
En 2020, la demande de charbon a diminué de 220 millions de tonnes équivalent charbon (Mtce), soit 4 %. Les plus fortes baisses pour la production d’électricité ont été enregistrées dans les économies avancées, avec une diminution de 15 %, ce qui représente plus de la moitié du déclin mondial du charbon. Mais ce dernier a été particulièrement mis à mal dans le mix électrique par la baisse de la demande d’électricité, l’augmentation de la production des énergies renouvelables et la faiblesse des prix du gaz.
Parmi les combustibles fossiles, le gaz naturel est en passe de connaître la plus forte hausse par rapport aux niveaux de 2019. La demande de gaz naturel devrait croître de 3,2 % en 2021, grâce à l’augmentation de la demande en Asie, au Moyen-Orient et dans la Fédération de Russie. La demande mondiale devrait ainsi dépasser de plus de 1 % les niveaux de 2019.
Le secteur de l’électricité n’a contribué qu’à 50 % de la baisse des émissions liées au charbon en 2020. Mais le retour rapide de la production d’électricité à partir du charbon en Asie signifie que le secteur de l’électricité devrait représenter quasiment 80 % du rebond des rejets de CO2 en 2021.
« Il s’agit là d’un avertissement alarmant : la reprise économique après la crise du Covid est actuellement tout sauf durable pour notre climat », a insisté Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, lors de la présentation le 20 avril dernier. « Si les gouvernements du monde entier n’agissent pas rapidement pour commencer à réduire les émissions, nous risquons d’être confrontés à une situation encore pire en 2022 », insiste le responsable de l’agence de l’OCDE chargée de l’énergie.
Pour notre dossier d’avril, « Le plastique, indispensable en temps de crise sanitaire », voici les thèses sélectionnées par le REDOC SPI. Retrouvez le résumé de ces thèses ainsi que les thèses des mois précédents sur le site de notre partenaire.
L’industrie plasturgique a été sollicitée de toutes parts pour produire dans l’urgence les produits nécessaires pour lutter contre un virus quasiment inconnu il y a un an. Et dont nous avons encore beaucoup de choses à apprendre à l’heure actuelle pour maîtriser son impact sanitaire sur les populations.
Ainsi, alors que l’industrie plastique était sous pression depuis quelques années pour réduire son impact environnemental, notamment via l’interdiction de l’usage des plastiques pour la production de certains produits de grande consommation à usage unique, la donne a quelque peu changé.
Pour autant, si les besoins en plastique ont explosé dans certains secteurs industriels depuis le mois de mars dernier, la problématique de l’industrie plasturgique reste la même : comment continuer à produire des plastiques pour l’industrie tout en réduisant l’impact environnemental de ces derniers ? Amélioration de la recyclabilité, augmentation de l’usage de plastiques recyclés, amélioration de la collecte et du tri… les défis sont nombreux.
L’organisation Polyvia, qui regroupe les industriels transformateurs de polymères, est née du rapprochement des cinq organisations professionnelles de la plasturgie et des composites. Polyvia œuvre aujourd’hui pour représenter un secteur dont l’image est écornée auprès du grand public, mais dont l’importance au sein du tissu industriel français reste aujourd’hui prépondérante.
Marc Madec, directeur développement durable de Polyvia, a expliqué à Techniques de l’Ingénieur comment l’industrie plasturgique a été sollicitée depuis le début de la crise sanitaire, et comment elle a répondu, dans l’urgence, aux sollicitations de nombreux secteurs industriels et du gouvernement, pour produire et fournir les matériaux plastiques nécessaires pour répondre à des besoins sanitaires impérieux, dans un contexte totalement inédit.
Techniques de l’Ingénieur : Le plastique est devenu un symbole de la lutte écologique aujourd’hui. Le contexte sanitaire actuel remet-il cette problématique à plus tard ?
Marc Madec : Nous avons totalement conscience de l’impact environnemental des plastiques, et particulièrement des déchets plastiques dans le monde.
Dans certaines régions du globe, la gestion calamiteuse des plastiques en fin de vie, et particulièrement des emballages, avec des structures de collecte et de recyclage mal voire pas du tout adaptées, produisent des résultats catastrophiques.
Polyvia représente des industriels qui se sentent responsables de la situation actuelle, d’autant plus qu’il en va aujourd’hui de la survie de notre industrie : il est bien évident que plus nous tardons à développer des solutions satisfaisantes pour produire des plastiques ayant un cycle de vie plus vertueux, ainsi que des solutions de recyclage efficaces, plus il sera difficile pour les entreprises de continuer à produire du plastique, aussi bien dans la situation actuelle que sur le moyen terme.
Revenons un peu en arrière. En mars 2020, le premier confinement a été annoncé très brutalement. Comment cela s’est-il traduit pour l’industrie plasturgique ?
En mars 2020, les choses sont allées très vite. Nous avons été surpris par le confinement, comme tout le monde. Passée cette surprise, une partie de la population s’est ruée dans les magasins pour faire des provisions, pour stocker, comme en temps de guerre. Les gens se sont rués sur les pâtes, le sucre, la farine, le papier toilette, les lingettes… avec du recul aujourd’hui, on peut penser que ces réactions étaient excessives. Mais c’est pourtant ce qui s’est passé à ce moment-là.
Cela s’est-il donc traduit par une forte augmentation de la demande en plastique pour plusieurs secteurs industriels ?
Oui. Des secteurs en tension, comme celui de la grande consommation et en particulier l’agroalimentaire et les produits d’hygiène, qui plus est dans un contexte de confinement, ont dû adapter leur organisation pour être en position de répondre à cette demande exceptionnelle.
L’industrie dans sa globalité – production, emballage, logistique – s’est à ce moment mis en marche de manière coordonnée et immédiate pour éviter une quelconque pénurie dans les grands magasins, qui aurait pu toucher des produits d’alimentation ou d’hygiène et qui aurait potentiellement rendu la situation encore plus compliquée qu’elle ne l’était déjà.
Au final, il n’y a pas eu, que ce soit chez les petits commerçants ou bien dans les grandes surfaces, de pénurie à proprement parler. S’il y a pu avoir des rayons vides dans certains magasins, ces derniers étaient réalimentés très rapidement.
Comme pour d’autres secteurs industriels, il a donc fallu augmenter les cadences de production dans des conditions sanitaires inédites ?
C’est ça : il a fallu que les plasturgistes fabricants de ces emballages, que ce soit des films plastiques, des contenants, des bouteilles, puissent continuer à produire, voire même produire plus que dans une situation normale. D’ailleurs, au-delà du phénomène de stockage que je viens d’évoquer, nous avons vu se développer dans les premières semaines du confinement le besoin des consommateurs d’utiliser énormément de sacs plastiques, car beaucoup pensaient que ces derniers permettaient de limiter les risques de contaminations. Nous n’avions alors que très peu d’informations sur le virus du Covid-19 et son mode de transmission. Ce phénomène n’a pas duré dans le temps mais a été très suivi, dans le monde entier.
Le gouvernement nous a demandé également de produire des contenants plastiques pour les gels hydroalcooliques, dont l’usage était plus que conseillé, au moment où les masques étaient une denrée rare. Pour conditionner ces gels dans différents formats, à la demande du gouvernement, certains industriels ont alors produit ces contenants en grande quantité.
En parallèle, il y a eu la demande de l’industrie médicale. Il a fallu protéger les soignants, qui très rapidement ont épuisé leurs stocks de masques, de blouses, de gants… Le problème se posait également avec les médicaments, qui se sont également mis à manquer. Le gouvernement a également sollicité le secteur de la plasturgie sur ces problématiques prioritaires.
D’autant plus que les importations étaient à ce moment précis compliquées, voire impossibles…
Il faut se souvenir qu’en mars 2020, nous nous sommes rendus compte que pour l’ensemble de ces demandes, nous étions extrêmement dépendants de l’étranger.
Par exemple, les blouses sont d’habitude fabriquées en polypropylène non tissé, hors d’Europe. Après l’épuisement des stocks existants, et devant la perspective de pénurie de blouses, certains industriels membres de notre organisation, producteurs de films plastiques, ont décidé de produire des blouses en films plastiques. Ils ont ainsi, en très peu de temps, adapté leurs lignes de productions et commencé à fournir aux services hospitaliers et aux structures qui en avaient besoin des blouses en films plastiques, la plupart du temps de manière gratuite. Cette histoire s’est répétée de la même manière pour la production de visières plastiques.
Le plastique est un composant important de nombreux dispositifs médicaux utilisés dans les hôpitaux dans la lutte contre le Covid-19. Pourquoi ce choix du plastique ?
Les dispositifs médicaux, je pense en particulier aux respirateurs, ont été au centre des attentions, puisque rapidement après le début de la crise sanitaire, ces dispositifs et tout l’attirail qui va avec sont venus à manquer au sein de certains services hospitaliers, devant l’afflux continu de malades. Ces dispositifs médicaux sont principalement constitués de plastique, pour une raison qui en fait un matériau adapté au secteur médical mais qui lui est reproché dans beaucoup d’autres : l’usage unique. L’usage du plastique a d’ailleurs depuis des décennies permis à l’industrie médicale de réduire les maladies nosocomiales, de manière très importante. Il est d’ailleurs aujourd’hui utilisé pour les respirateurs, mais aussi pour les masques associés à ces respirateurs, ainsi que les cathéters, les seringues… Ce sont aujourd’hui près de 50% des dispositifs médicaux qui sont en plastique. Et la crise sanitaire ne fait qu’accentuer ce phénomène. Les tests de dépistage du Covid-19 sont également faits principalement de plastique.
Qu’en est-il des autres secteurs industriels ?
Un secteur comme celui de l’automobile, qui a vu son activité chuter depuis un an, fait d’habitude appel à des équipementiers dont les pièces détachées sont souvent en plastique. Ces prestataires-là ont vu leur activité diminuer brutalement, comme on peut l’imaginer. Il en va de même pour le secteur aéronautique, bien sûr. A contrario, un secteur comme l’informatique a vu ses besoins augmenter, en partie à cause de la mise en place du télétravail, et a donc continué à produire autant que possible. Les effets de la crise sanitaire sont donc très contrastés dans notre secteur d’activité.
Depuis la fin du premier confinement, beaucoup de secteurs ont redémarré, et sont confrontés à d’autres problématiques, comme le prix des matières premières, qui a fortement augmenté depuis quelques mois. Même si la situation n’a rien à voir avec celle de mars 2020, la problématique économique fait que le contexte n’est aujourd’hui pas stabilisé.
Au final, le secteur de la plasturgie ne s’en sort pas trop mal, en partie grâce aux aides gouvernementales mises en place depuis un an. Maintenant que les voyants reviennent petit à petit au vert pour tout le monde, nous n’échappons bien sûr pas aux critiques faites au plastique avant la crise sanitaire.
Quels sont les usages du plastique sur lesquels se concentrent le plus les critiques ?
Le secteur médical est un peu particulier, dans le sens où tout le plastique a permis à la médecine de faire de gros progrès, sur la stérilisation, la lutte contre les maladies nosocomiales… Je n’entends personne prôner l’arrêt du plastique à l’hôpital. Pour les autres secteurs, comme celui de l’emballage par exemple, qui concentre les critiques, il y a à mon sens deux attitudes chez les industriels. Certains vont aller vers le zéro plastique. J’ai en tête l’exemple d’un industriel de l’agroalimentaire qui a lancé récemment le développement de plats cuisinés conditionnés dans des récipients en verre. Dans l’absolu, pourquoi pas, mais quelles sont les conséquences sur l’ACV [analyse du cycle de vie, qui est un outil d’évaluation des impacts environnementaux d’un produit ou d’un système, NDLR] de ce produit, au niveau du transport par exemple, car l’usage du verre alourdit considérablement le produit ? Aussi, le verre, s’il est recyclable à l’infini, doit être chauffé à plus de 1500°c, il faut donc prendre cela en compte… Au final, je doute que cette solution soit globalement plus respectueuse de l’environnement.
D’autres industriels réfléchissent à l’écoconception de leurs emballages plastiques. Par exemple, le choix d’emballages plastiques noirs est souvent privilégié par les industriels pour des raisons de design, alors que cette couleur le rend plus difficile à reconnaître par les robots dans les centres de tri. Certaines marques ont donc décidé de revenir à des plastiques blancs ou transparents, pour que les plastiques qu’ils utilisent soient plus facilement triés et recyclés. Parmi les démarches écoresponsables, beaucoup d’industriels réfléchissent également à alléger leurs emballages, ou par exemple à utiliser les mêmes plastiques pour l’ensemble de l’emballage, pour rendre son recyclage plus facile, et donc moins énergivore. L’intégration de matières recyclées dans les emballages est aussi une tendance que l’on voit de plus en plus.
Est-ce que Polyvia s’investit dans le travail de R&D permettant de mettre en place des pratiques plus écoresponsables autour de l’usage des plastiques ?
Nous avons un centre technique industriel, l’IPC, qui travaille avec Citeo pour développer des technologies et des pratiques plus écoresponsables sur l’usage des plastiques. Y est installée une ligne de recyclage ressemblant en tout point à celles que l’on peut trouver dans n’importe quel centre de tri, avec toutes les étapes de tri, et qui permet à tout industriel développant un emballage innovant de savoir si ce dernier va “perturber” le tri. De cette façon, nous pouvons aider les industriels à mettre au point des emballages innovants plus écoresponsables.
Pensez-vous que la crise sanitaire a constitué un frein au développement des pratiques écoresponsables autour des usages du plastique ?
Non, je ne crois pas. La crise n’a pas arrêté tout ce mouvement, d’ailleurs les centres de tri ont continué à fonctionner pendant toute la période de confinement, ce qui était évidemment indispensable du point de vue de la salubrité publique.
Nous sommes également toujours dans une phase d’extension des consignes de tri. Ce mouvement lancé il y a plusieurs années par Citeo a d’ores et déjà permis de faire évoluer favorablement les habitudes. Cette extension des consignes de tri devrait être effective sur tout le territoire en 2022. Cela nous permettra je l’espère d’encore passer un cap en termes d’efficacité, à la fois pour la collecte et le tri.
Au mois de mars l’année dernière, la surprise d’un confinement et l’incertitude sanitaire ont amené les Français, et les consommateurs du monde entier, à privilégier des emballages – massivement en plastique – à usage unique, des sacs jetables, en plus des masques obligatoires.
A l’été 2020, cette tendance s’est étiolée, laissant penser un retour progressif à la normale. Le gouvernement a repoussé certaines interdictions concernant les emballages plastiques à usage unique, pour s’adapter à la crise, mais a gardé sa ligne de route, afin d’arriver à une interdiction totale des plastiques jetables d’ici 2040, l’objectif annoncé.
Un retour du plastique qui dépasse l’aspect contextuel de la crise sanitaire
Cette hausse de la demande, ajoutée aux besoins sanitaires et hospitaliers en plastiques, qui n’ont jamais été aussi importants, fait aujourd’hui face à la fluctuation importante du cours des matières premières. En effet, au mois d’avril 2020, le cours des matières plastiques est alors au plus bas, suivant celui du pétrole. Le plastique neuf est alors à un prix plus bas que le plastique recyclé. Cela pénalise donc la filière recyclage du plastique, qui voit la demande en plastique recyclé chuter. Depuis, les cours ont remonté, assez brutalement, et l’offre en plastiques en vient à se tarir.
Les effets des confinements successifs impactent également la collecte et le recyclage. D’abord, la baisse d’activité observée depuis un an explique une diminution des volumes collectés. Mais ce n’est pas tout. Les consignes de tri sont moins respectées, et la collecte est plus compliquée, au vu des restrictions sanitaires.
L’activité du secteur de la plasturgie dépend de celle des autres secteurs industriels
Au final, les volumes de plastiques collectés, qui avaient chuté de 25% en mars 2020, sont remontés depuis, sans jamais atteindre leur niveau d’avant crise. Si la chaîne de collecte, de tri et de valorisation est moins efficace aujourd’hui, c’est aussi parce que les secteurs industriels sont impactés différemment par la crise actuelle.
D’où des distorsions entre l’offre et la demande, que ce soit sur les plastiques neufs ou recyclés. Prenons l’exemple des masques : il sont la plupart du temps en polypropilène, un plastique que l’on peut recycler pour fabriquer par exemple des pare-chocs de voitures. Si l’industrie du masque tourne à plein régime depuis un an, le secteur automobile, lui, traverse une des pires crises de son histoire. On le voit, les difficultés propres à chaque secteur industriel viennent s’ajouter et fragiliser la santé de la filière plasturgie, très sollicitée depuis un an. D’ailleurs, le Plan de relance avait attribué une aide de 16 millions d’euros au secteur en décembre 2020.
Aujourd’hui, ces fragilités ont pris une forme concrète avec la multiplication des tests PCR et antigéniques de dépistage pour lutter contre la propagation du virus. La production de tous les matériels nécessaires à la réalisation de ces derniers et à leur interprétation consomme du plastique, et laisse planer des doutes sur la capacité de la France à s’approvisionner suffisamment, la majorité du plastique étant produite en Asie.
Sur toute la filière plastique, de la production à la transformation en passant par le recyclage, la crise sanitaire et ses effets économiques ont donc des conséquences sur l’offre et la demande. Si certaines usines se trouvent extrêmement sollicitées, d’autres sont en manque de commandes depuis près d’un an.
La reprise économique annoncée pour l’été, avec toutes les incertitudes qu’elle comporte, pourrait permettre au secteur de la plasturgie de retrouver un peu sérénité, dans une période où les projections se font au jour le jour.
Les matériaux et leurs caractéristiques évoluent et constituent un facteur d’innovation majeur. Ils constituent également un facteur de compréhension de phénomènes liés à la dégradation et aux défaillances.
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Répondre aux enjeux environnementaux et aux contraintes spécifiques des marchés (tendances, réglementations, interdictions)
Réussir les associations délicates de matériaux et comprendre leur comportement dans des environnements hostiles et contraints
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Un extrait de « Pollution des océans par les plastiques et les microplastiques » par François GALGANI, Stéphane BRUZAUD, Guillaume DUFLOS, Pascale FABRE, Emmanuelle GASTALDI, Jeff GHIGLIONE, Régis GRIMAUD, Mathieu GEORGE, Arnaud HUVET, Fabienne LAGARDE, Ika PAUL-PONT, Alexandra TER HALLE
Limiter les apports de déchets plastiques dans l’environnement constitue la première solution visant à améliorer l’état de nos mers et de nos océans. La règle des 3R basée sur la Réduction, la Réutilisation et le Recyclage doit être développée et suivie par tous les acteurs de la société (industriels, grands distributeurs, collectivités, citoyens, etc.). Dans cette perspective, il s’agit de réduire considérablement les pertes de plastiques, ce qui nécessite la mise en place d’efforts communs dans l’amélioration des infrastructures de collecte et de traitement dans les pays où les pertes sont importantes, l’augmentation de l’attractivité économique et des performances des matériaux maintenus dans le système et enfin, la réduction de l’impact négatif des emballages plastiques qui échappent aux systèmes de collecte et de traitement. La nouvelle économie des plastiques repose sur les principes de l’économie circulaire, c’est-à-dire sur un principe de production industrielle de restauration et de régénération des produits plastiques. Outre la réduction, cette approche favorise le recyclage et la réutilisation et tend à percevoir les produits en fin de vie comme une ressource destinée à être réinjectée dans un nouveau cycle industriel.
Privilégier les polymères biosourcés et biodégradables
Depuis plusieurs années, les recherches se focalisent sur le développement de polymères biosourcés durables, c’est-à-dire des polymères obtenus à partir de ressources renouvelables, tout en étant à la fois persistants et donc difficilement dégradables. Ainsi, substituer le carbone d’origine fossile par du carbone biosourcé, dit renouvelable ou de « cycle court », peut être considéré comme une stratégie pertinente pour limiter les émissions de gaz à effet de serre dont les répercussions sur le changement climatique sont aujourd’hui réelles. Néanmoins, l’obtention de matériaux biosourcés durables est loin d’être neutre d’un point de vue environnemental, justifiant les nombreuses réserves émises quant à la disponibilité des ressources agricoles, la concurrence d’usage des ressources ainsi que les risques de déforestation et d’épuisement des ressources en eau qu’ils pourraient engendrer. En outre, la substitution des plastiques issus de la pétrochimie par leurs homologues biosourcés ne résout pas les problèmes de pollution et d’accumulation des plastiques dans l’environnement terrestre et aquatique.
Devant l’ampleur des phénomènes cumulatifs engendrés, il apparaît indispensable aujourd’hui de parvenir à concilier ces deux aspects, en se préoccupant aussi de la fin de vie de ces matériaux et privilégiant des scenarii de fin de vie plus vertueux. De nombreuses études ont été initiées dans le monde de la recherche académique et industrielle pour faire émerger et mettre au point de nouveaux polymères dont le temps de résistance à la biodégradation serait équivalent au temps d’utilisation. Les déchets plastiques issus de ces matériaux dits « biodégradables » auraient ainsi l’avantage de pouvoir se biodégrader in situ (eau, sol, compost), ce qui apparaît comme une stratégie particulièrement pertinente dans le cas des déchets plastiques qui sortent des filières de captation pour devenir des déchets sauvages à l’origine de la contamination de tous les écosystèmes, et de l’environnement marin en particulier. Enfin, pour pouvoir concurrencer et remplacer les plastiques conventionnels, ces nouveaux matériaux, biodégradables et biosourcés (au moins en partie), devront répondre à certaines exigences en termes de propriétés fonctionnelles et d’usage (ductilité, stabilité thermique, propriétés mécaniques équilibrées, perméabilité réduite, cristallisation lente, aptitude à la mise en forme par extrusion et/ou injection, etc.).
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Dans un contexte d’exigences accrues, les domaines du Manufacturing et du Contrôle évoluent très vite et se fiabilisent grâce aux nouvelles technologies 4.0 disponibles, la digitalisation de l’ensemble des process ou encore l’automatisation et la robotisation.
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Intitulée « The First 5000 Days », l’oeuvre de l’artiste américain Beeple a été vendue 69,3 millions de dollars le 11 mars 2021 par la maison d’enchère Christie’s. Ce record a fait la Une des médias et a permis au grand public de découvrir un nouveau marché d’oeuvres : les NFT. Les « Non-fungible token » (ou « jeton non fongible ») ne sont pas des tableaux ou des sculptures. Un NFT est un fichier informatique « gravé » dans la blockchain.
Diplômée HEC et histoire de l’art, Fanny Lakoubay est installée à New York depuis 2007. Elle a travaillé chez Artnet, une plateforme en ligne dans le secteur du marché de l’art, puis chez Christie’s. Depuis 2018, elle conseille des clients privés, des plateformes et des institutionnels dans leur découverte et leur acquisition d’art numérique et dans leur compréhension des NFT et de la Blockchain Ethereum qui est considérée comme la technologie la plus prometteuse en dehors de Bitcoin car elle permet de créer tout type d’applications.
Techniques de l’Ingénieur : Comment définissez-vous ce marché ?
copyright Cécile Vacarropas
Fanny Lakoubay : L’art numérique est un marché de niche même s’il existe depuis la fin des années 60. Depuis 2018, des marketplaces de NFT sont apparues comme Opensea qui liste aujourd’hui plus de 14 millions de NFT. Une petite communauté d’artistes au sens large du terme s’est également intéressée à ce format de NFT pour expérimenter différents usages. L’art fera peut-être un petit business model des NFT. Mais le vrai intérêt est de rendre les contenus internet et numériques plus rares et de voir des artistes s’emparer des nouvelles technologies pour créer des choses intéressantes. Il faut considérer les NFT comme un nouveau standard.
Pourquoi la blockchain a-t-elle favorisé le développement des NFT ?
Ce marché a en effet beaucoup mûri en l’espace de deux ans grâce à cette technologie. Dès 2017, des personnes se sont intéressées à la blockchain pour différents usages dans le marché de l’art, en particulier pour l’authentification d’une œuvre physique. Avant la blockchain, il n’y avait aucun moyen pour un artiste qui travaillait sur des fichiers numériques (comme un JPEG ou une vidéo) d’avoir des éditions limitées, une des conditions pour donner une valeur à une œuvre. Des artistes qui n’arrivaient pas à vivre de leur art commencent à y arriver avec les NFT.
Beaucoup d’acheteurs pensent qu’ils deviennent propriétaires d’un NFT. En fait, ils n’obtiennent qu’un simple droit ?
Comme pour un tableau, le copyright n’est généralement pas transféré au collectionneur. C’est la même chose avec les NFT, il y a un transfert de droit de revente. Un NFT n’est pas véritablement une œuvre par lui-même, mais un titre de propriété, un identifiant unique rattaché à un fichier numérique. C’est une série de caractères (un « hash ») sauvegardée dans la blockchain avec une série d’informations comme les transactions passées. Cet identifiant pointe vers un fichier qui est sauvegardé dans un centre de stockage décentralisé. Le but de ce dernier est de garantir la pérennité du fichier et donc du NFT même si la marketplace qui le propose disparaissait. Des services comme le réseau distribué InterPlanetary File System (IPFS) et Arweave garantissent cela. Mais c’est la version idyllique. La réalité est un peu différente. Si un jour une marketplace disparaissait et qu’elle arrêtait de payer ses factures auprès de IPFS par exemple, il faudra que l’artiste ou le collectionneur prenne le relais pour que les œuvres restent accessibles. C’est faisable techniquement, mais il y a un risque.
Comment voyez-vous l’évolution de ce marché ?
Comme tout marché de l’art, il y a des bulles et des corrections de marché. On peut le constater en ce moment avec une baisse des prix des NFT. Mais cela n’a pas beaucoup d’impacts, car les NFT sont là pour rester. Je constate aussi une multiplication des marketplaces, mais 99 % disparaîtront probablement dès que le marché deviendra plus mature ! L’art n’est qu’une des nombreuses applications des NFT et il faut surveiller les nouvelles applications, comme les cartes de collection, la musique, les jeux vidéo et bien d’autres encore.
Je vois aussi apparaître des NFT plus « intelligents » – ou 2.0 comme on les appelle aux États-Unis – pour des collaborations et expérimentations fascinantes. Mis en vente par la maison d’enchères Phillips, Replicator est l’œuvre de Michah Dowbak, alias Mad Dog Jones. Son NFT a la faculté de se répliquer tous les 28 jours. C’est le début de ce l’on peut faire en termes d’œuvre conceptuelle et numérique. Les fonds de capital-risque investissent aussi dans des plateformes afin d’avoir accès aux mondes virtuels, ou « metavers » – comme Cryptovoxels, Decentraland ou encore The Sandbox – dans lesquels les NFT sont utilisés.
Le métavers [de l’anglais metaverse, contraction de meta universe, c’est-à-dire méta-univers, NDLR] est un monde virtuel fictif décrit dans le roman Snow Crash [Le Samouraï virtuel, NDLR], paru en 1992, de Neal Stephenson.
Des joueurs peuvent y montrer leurs œuvres, mais surtout acheter des accessoires comme on le fait avec les skins dans les jeux vidéo et notamment dans Fortnite, une application parfaite pour les NFT. C’est encore rudimentaire, mais en deux ans ces mondes ont déjà beaucoup évolué. C’est dans les métavers que l’on pourra utiliser des NFT. Les prix vont fluctuer, mais la valeur de la technologie est là pour rester.
Les mesures sanitaires mises en place depuis un an pour lutter contre la propagation du Covid-19 se sont traduites par une augmentation des emballages à usage unique à base de plastique, dans le secteur de la santé et aussi de l’agroalimentaire. En ce qui concerne l’agroalimentaire, la tendance est plutôt vers un retour à la normale, après une période, celle du premier confinement, où les consommateurs avaient besoin d’être rassurés face à un virus mal connu.
Aujourd’hui, on sait d’ailleurs que le virus survit plus longtemps sur du plastique – 3 jours – que sur du carton – 24 heures – ce qui remet en perspective l’intérêt réel des emballages plastiques dans la grande distribution pour lutter contre le Covid-19, par rapport à d’autres matériaux.
Ensuite, l’hygiène. L’obligation du port du masque, l’utilisation de visières en plastique, des gels hydroalcooliques, ont obligé le secteur de la plasturgie à produire à grande cadence ces outils sanitaires indispensables pour maîtriser l’épidémie sur le territoire depuis un an. Au-delà de toutes les polémiques, il est aujourd’hui incontesté que le port du masque et la généralisation de mesures d’hygiène comme le lavage des mains au gel hydroalcoolique ont permis et permettent encore aujourd’hui de freiner efficacement la transmission du Covid-19, mais aussi de beaucoup d’autres virus : le nombre de grippes et de gastro-entérites a par exemple chuté cet hiver.
En ce qui concerne les gels hydroalcooliques, la demande était tellement importante il y a un an que de nombreuses entreprises ont réorienté leurs production pour participer à l’ « effort de guerre ». Si aujourd’hui, les visières en plastique ont tendance à disparaître, que beaucoup de masques sont réalisés en tissu, ou encore que des solutions de flacons réutilisables pour les gels hydroalcooliques sont mises en place, force est de constater que le plastique reste la solution privilégiée.
D’ailleurs, le retour des salariés sur leurs lieux de travail après le premier confinement s’est accompagné de la généralisation des vitres – en plastique – dans les open spaces et les lieux de restauration, une mesure d’hygiène supplémentaire pour maîtriser l’épidémie.
Les tests de dépistage, généralisés depuis des mois, sont également partiellement composés de plastique. La montée cadence des tests effectués dans l’hexagone ne va d’ailleurs pas sans poser le problème de la disponibilité en plastique et des potentielles pénuries à venir.
Des besoins spécifiques dans les services hospitaliers
Les besoins de base – masques, gels, vitres plastiques – que l’on vient d’évoquer étaient jusqu’en mars 2020 une préoccupation qui concernait plutôt les services hospitaliers. Les premiers mois de la crise sanitaire ont été extrêmement complexes, devant la pénurie de matériels de base, comme les masques et les blouses : aujourd’hui équipés, les services, qui fonctionnent à plein depuis des mois, génèrent des quantités de déchets plastiques inédites, qui doivent être collectées et recyclées.
Les matériels médicaux plus sophistiqués, comme les respirateurs, les tubes, les pipettes, les goupillons viennent s’ajouter à la liste déjà établie. Le point commun entre tous ces matériels ? L’usage unique. Historiquement, la généralisation de cet usage a permis à l’hôpital de faire baisser de manière drastique les maladies infectieuses, nosocomiales… Lors de l’épisode de la vache folle dans les années 1990, pour lutter contre la propagation de l’encéphalopathie spongiforme subaiguë, véhiculée par un prion peu sensible aux désinfectants et aux traitements thermiques, les professionnels de santé se sont tournés massivement vers les emballages uniques en plastique. Cela leur a permis de limiter les coûts liés à la réutilisation des matériels, et de maîtriser le risque sanitaire d’alors. Depuis, même si les maladies infectieuses sont de mieux en mieux connues, ces pratiques n’ont pas évolué.
La crise sanitaire actuelle est là pour nous le rappeler, c’est bien la combinaison entre le coût des matériels et les enjeux sanitaires qui ont fait du plastique la matière première des services hospitaliers français depuis plusieurs décennies. Un usage généralisé que la hausse récente du prix du plastique ne devrait pas remettre en cause.
Les outils de simulation font partie intégrante des démarches proactives de conception/investigation tant au niveau des produits que des process. Les essais, normalisés ou non, restent une étape de validation capitale dans le processus de mise sur le marché des produits. Maîtriser le couplage essais/simulation devient crucial pour répondre aux enjeux de coûts/qualité/délais.
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L’industrie doit relever le défi du développement durable et de la transition énergétique afin de répondre aux enjeux climatiques et de protection de l’environnement. Alors qu’elle est souvent pointée du doigt pour sa part de responsabilité dans le dérèglement climatique, c’est par l’industrie que des solutions individuelles et collectives sont apportées.
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Exceptionnellement, pour cette première édition, nous vous offrons un petit bonus : en plus de nos trouvailles faites au mois d’avril, vous trouverez ici notre récap’ pour le mois de mars. Pour démarrer la semaine au taquet !
Intemporel est le mot
Des scientifiques de l’University College London sont sur la bonne voie pour ressusciter le plus ancien “ordinateur” de l’Histoire ! Découvert dans une épave en 1901, en Grèce, cet appareil, dit “Antikythera” est vieux de 2000 ans, nous apprend la BBC. Il aurait servi à prédire les éclipses (entre autres événements astronomiques).
Naïve IA
Il aura suffi d’un morceau de papier pour leurrer l’intelligence artificielle d’OpenAI. L’IA a ainsi pris une pomme pour un iPad simplement parce que le fruit portait une note manuscrite avec le mot “iPad” écrit dessus. Explications dans le Journal du Geek.
Ciel, les passereaux !
Les oiseaux d’une espèce rare de passereaux, menacée, sont désormais si peu nombreux que leurs petits n’arrivent plus à apprendre à chanter en écoutant leurs aînés. Puisque ces derniers sont introuvables, écrit la BBC.
Casse-tête dans les étoiles
Airbus se lance dans un projet d’usine dans l’espace, nous informe l’Usine Nouvelle. Baptisé PERIOD, ce projet étudiera la fabrication de satellites, ainsi que leur assemblage… en orbite. Oui, rien que ça !
Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas construire un village sur Mars ? Un projet fou qui existe bel et bien, puisqu’il est porté par la startup française Interstellar Lab. On vous en parlait ici.
Au secours
Âmes sensibles s’abstenir ! La limace de mer Elysia marginata est adepte de l’ »autotomie » : elle se coupe sa propre tête. Pas de panique ! En 20 jours, cette même tête donnera naissance à un corps régénéré… Comment cette tête reste en vie tout ce temps sans organes vitaux, mystère. Vidéo et détails à l’appui, dans Science.
Throwback lundi
Vous vous sentez dépassé-e par l’infodémie du Covid-19 ? Cette infographie très pratique de Visual Capitalist résume, par ordre chronologique, tous les événements marquants liés au SARS-Cov-2 depuis le début de la pandémie et jusqu’en mars 2021.
Inflammable
À Strasbourg, dans la nuit du 9 mars, une partie des datacenters d’OVHCloud a pris feu, au détriment de 3,6 millions de serveurs web. Dans le Journal du Net, décryptage détaillé des faits et du plan de relance des datacenters. D’ailleurs, nous vous avons parlé ici des mesures de sécurité des datacenters.
De pire en pire…
L’éléphant d’Afrique est désormais considéré en danger d’extinction. Il n’est pas seul, la liste rouge des animaux menacés de l’UICN compte cette année 37 480 espèces, contre 35 764 dans sa précédente édition, rapporte Franceinfo. En avril 2020, on vous parlait déjà des dernières prévisions qui annonçaient une série de chutes soudaines de la biodiversité à travers le monde.
… Avec une note d’espoir
Récemment dévoilée dans Nature Ecology & Evolution, cette carte du monde interactive indique les endroits où l’on pourrait découvrir des espèces encore inconnues.
Soufflez en travaillant
Entre deux mails, détendez-vous et laissez libre court à votre créativité musicale ! Après le Blob Opera, que vous pouvez tester ici, Google vous emmène dans un studio de musique virtuel en réalité augmentée, avec sa plateforme AR Synth. Et si vous désirez en savoir plus sur les applications grand public de la réalité augmentée, vous pouvez consulter notre ressource documentaire.
Ils n’étaient que sept
Et puis, fut découvert en 2017 le 8ème continent : Zealandia ! Berceau de la Nouvelle-Zélande, le reste de sa surface – 94 % de sa superficie, quand même ! – est immergé et reste un mystère. La BBC revient sur sa découverte et son histoire géologique (mais pas que) dans un long format passionnant.
En bonne compagnie
Le blob (à ne pas confondre avec le Blob Opera plus haut !), être unicellulaire pourtant tentaculaire et curieusement débrouillard, sera le nouveau compagnon de voyage de Thomas Pesquet, annonce le CNRS. Ce sont 4 blobs qui ont embarqué avec le spationaute et ont ainsi rejoint l’ISS.
Mon cher Watson
En étudiant le muon, une particule élémentaire, des chercheurs seraient sur la bonne voie pour découvrir une nouvelle force naturelle ou une nouvelle particule. Et voilà qui relance un débat hautement complexe que nous vous invitons à essayer de comprendre dans cet article du Monde…
Un hélicoptère sur Mars
C’est historique. Ingenuity, l’hélicoptère de la Nasa, a effectué son premier vol sur Mars ! Il devient ainsi le premier engin volant à réussir cet exploit sur une autre planète que la nôtre, souligne France Bleu. Le rover Perseverance, qui a transporté Ingenuity depuis la Terre, a capturé ces quelques instants :
— NASA’s Perseverance Mars Rover (@NASAPersevere) April 19, 2021
Mais la mission de la Nasa ne cesse de surprendre ! Une démonstration inédite : toujours sur Mars, le rover Perseverance a transformé du CO2, issu de l’atmosphère martienne, en oxygène. Précisément 5 grammes d’oxygène, soit l’équivalent de ce que respirerait un astronaute pendant 10 minutes, peut-on lire sur le site du Monde.
Au fait, trouverons-nous un jour de la vie sur Mars ? Et si oui, sous quelles formes ? Nous avons répondu à ces questions, et d’autres encore, en interrogeant la chercheuse Frances Westall, directrice de recherche responsable du groupe Exobiologie au CNRS d’Orléans.
Flûte, une fuite
Alon Gal, expert en cybersécurité, a récemment révélé que les données privées – datant de 2019 – de 533 millions d’utilisateurs Facebook, de plus de 106 pays, ont été dévoilées à la suite d’une faille de sécurité, rapporte Franceinfo. Le site Have I Been Pwned vous permet de savoir si vous êtes concerné-e par une fuite de données. Et si vous êtes en quête d’informations plus pointues, nous vous conseillons notre ressource documentaire « Protection des données personnelles dans le système d’information » .
Tout juste un peu enveloppée
Ne culpabilisez plus, même notre planète a des kilos en trop. Bon, en l’occurrence, des tonnes. Chaque année, selon une étude du CNRS, 5 200 tonnes de poussières interplanétaires – des micrométéorites – atterrissent sur le sol terrestre !
Alors là, c(h)imer !
En introduisant des cellules humaines dans des embryons de macaques, des chercheurs ont créé des embryons chimères homme-singe. Très loin des fantasmes de la science-fiction, l’ambition derrière ces travaux n’est autre que thérapeutique, comme maintenu dans cet entretien accordé à Franceinfo.
Larvae ou diva ?
Des amoureux de la photographie sous-marine immortalisent les larves de poissons dans des clichés saisissants dignes du Met Gala ! Dans le New York Times, ces images livrent des informations précieuses pour la biologie marine.
L’info que vous ne pouviez pas rater
Dans 2 ans, le Japon devrait commencer à déverser dans l’Océan pacifique l’eau contaminée (filtrée à plusieurs reprises) de la centrale nucléaire de Fukushima. Mais pas avant d’avoir le feu vert de l’Autorité de régulation du nucléaire (ARN), rappelle Le Monde. Pour commémorer les dix ans de la catastrophe nucléaire, nous avions publié en mars un dossier spécial que vous pouvez lire ici.
9,2 milliards de tonnes. C’est la quantité de plastiques produite dans le monde depuis 1950. Un volume qui ne cesse de progresser et qui devrait dépasser le seuil des 12 milliards d’ici 2050. En France, 3,5 millions de tonnes de déchets plastiques ont été collectés en 2018, dernier chiffre connu. 23 % de ce volume est recyclé, 42 % est incinéré pour produire de l’énergie et 35% est stocké dans des centres de stockage. L’IMT Atlantique développe un procédé de valorisation des déchets thermoplastiques par voie de pyrolyse qui produit des carburants alternatifs ainsi que de l’électricité.
Certes, ce procédé thermique pour traiter les déchets plastiques n’est pas nouveau, mais le concept développé présente une originalité, comme le décrit Sary Awad, chercheur à l’IMT Atlantique : « Une partie des carburants produits par la pyrolyse va servir à alimenter un moteur diesel dont la chaleur résiduelle, comprise entre 400 à 500 degrés, va permettre d’alimenter la pyrolyse, qui a besoin de la même température pour fonctionner. Sur le plan thermique, ce système tourne en boucle et est donc auto-therme. »
Concrètement, sur un kilogramme de déchets plastiques, composé d’une proportion plus ou moins grande de polyéthylène et de polypropylène, la pyrolyse va produire entre 190 et 240 grammes des gaz, sous la forme d’hydrocarbures légers tels que du méthane, du propane, du butane. Ces derniers pourront être valorisés comme gaz de pétrole comprimés (GPC) car ils possèdent une bonne teneur énergétique et ne contiennent pas d’oxygène.
Le diesel produit est entièrement consommé par le moteur thermique
Deux types de liquides vont aussi être issus de la pyrolyse : du diesel (entre 140 et 160 grammes) et de l’essence (environ 400 grammes). Ce diesel va être entièrement utilisé pour alimenter le moteur à combustion ; ce dernier produit quant à lui environ 7 kW d’électricité qui peuvent ensuite être injectés dans le réseau électrique. « Pour améliorer les caractéristiques de ce carburant, il est possible de lui rajouter jusqu’à 7 % de biodiesel afin qu’il soit identique au diesel distribué dans les stations-service, mais ce moteur peut également très bien fonctionner sans biodiesel », ajoute le chercheur.
Concernant l’essence, un additif devra obligatoirement être rajouté afin de valoriser ce carburant et lui donner les mêmes caractéristiques qu’une essence classique. De l’éthanol pourrait ainsi être introduit, jusqu’à 25 %. Par contre, étant donné que ce taux d’incorporation est actuellement réservé à la catégorie superéthanonol (E85), ce qui restreint son utilisation aux véhicules de type flex-fuel, il est possible de le substituer par de l’ETBE (Ethyl-ter-butyl-ether), un additif mis sur le marché pour remplacer le plomb dans l’essence. Dans ce cas, il est introduit avec une proportion moins importante.
Grâce à la pyrolyse, les déchets thermoplastiques sont recyclés en carburants. Crédit photo : Sary AWAD, IMT Atlantique
La pyrolyse produit aussi un dernier composé, dont les premières analyses ont montré que sa composition est située dans la plage de distillation du kérosène. Mais les chercheurs de l’IMT n’ont, pour l’heure, pas tous les éléments pour le certifier totalement et des ajustements seront peut-être nécessaires pour que ce composé devienne du kérosène.
Les premiers résultats de ce travail de recherche, encore au stade de la preuve de concept, sont prometteurs. Alors qu’il n’a fait l’objet d’aucune optimisation, le prototype développé produit en effet 1,5 fois plus d’énergie primaire qu’il n’en consomme. Ce chiffre correspond à la différence entre l’énergie consommée par le moteur sous la forme de diesel et l’énergie produite par les autres carburants formés à la sortie de la pyrolyse et l’électricité produite par le moteur.
Un important axe de progrès a été observé pour améliorer ce prototype. « Nous avons constaté que seulement 10 % de la chaleur résiduelle pouvant être récupérée dans les gaz d’échappement servait à alimenter la pyrolyse, confie Sary Awad. Pour augmenter ce chiffre, nous avons démarré une étude pour modéliser les phénomènes thermochimiques afin de concevoir un réacteur plus compact et plus efficace en termes d’échanges thermiques. »
La pyrolyse offre une meilleure maîtrise de la dégradation des matières premières
À terme, ce nouveau procédé pourrait être adapté au recyclage des plastiques dans des secteurs où le rayon de collecte est faible, comme des zones peu urbanisées ou des îles. Car les quantités de déchets pour l’alimenter n’ont pas besoin d’être importantes pour qu’il soit rentable. Et contrairement à l’incinération qui ne produit que de la chaleur et de l’électricité, il présente l’avantage de produire en plus des carburants ou des produits chimiques, sous formes d’hydrocarbures légers. Concernant la chaleur résiduelle du moteur, une partie pourrait en effet ne pas servir à alimenter la pyrolyse et être valorisée différemment.
Sur le plan environnemental, la pyrolyse offre un meilleur contrôle de la dégradation des matières premières. Alors que l’incinération peut provoquer des réactions secondaires dans le four et produire des dioxines et des furanes, ce procédé thermique permet une meilleure maîtrise des rejets de ces composés dangereux pour la santé et l’environnement. Il est en effet possible de jouer sur les différentes étapes du processus de destruction des plastiques pour les capter.
Adopté à l’été 2020, un règlement sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne dessine les contours de la taxonomie. En matière d’énergie, deux objectifs environnementaux sont principalement en jeu : l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Au cœur de la bataille : le nucléaire et le gaz, qui divisent les Etats membres. La Commission européenne sous pression a repoussé une fois de plus sa décision définitive sur ces deux sources d’énergie. Le projet de « Communication de la Commission », avec la première partie de la taxonomie, contient un abandon partiel de la part des autorités de l’Union européenne (UE). Compte tenu des nombreuses objections et commentaires des capitales nationales, des membres du Parlement européen et d’autres groupes d’intérêt, ces questions seront clarifiées dans un corpus juridique distinct à la fin de l’année… Désamorçant le débat sur les nouvelles règles présentées par Bruxelles fin mars.
Qu’est-ce que la taxonomie ?
D’abord, comment fonctionne cette taxonomie ? L’acte délégué de juin 2020 dispose que la vertu environnementale d’un investissement soit mesurée à l’aune de plusieurs critères : atténuation du changement climatique, qui consiste principalement en la réduction des effets de gaz à effet de serre, et l’adaptation au réchauffement climatique. S’y ajoutent, la protection des ressources et des écosystèmes marins, la transition vers une économie circulaire, la lutte contre les pollutions ambiantes et la défense des écosystèmes et de la biodiversité.
Pour être classifiée « verte », une activité doit ainsi remplir deux principales conditions : « avoir une contribution positive significative » à au moins l’un des objectifs et « ne pas avoir d’impact négatif majeur » sur les autres objectifs.
Des « critères d’évaluations techniques », fondés sur des études scientifiques et des avis d’experts (EU Technical Expert Group on Sustainable Finance ; Platform on Sustainable Finance), en précisent les enjeux. Si la performance n’est pas au rendez-vous, les activités ne pourront pas prétendre à une qualification verte. En outre, ces critères sont amenés à être redéfinis et durcis au cours du temps, afin de suivre la trajectoire prévue par l’Union Européenne. Et les critères se veulent ambitieux.
Les secteurs peuvent aussi contribuer de manières différenciées à l’atteinte des objectifs. Trois façons de « contribuer significativement » à l’atteinte des objectifs sont envisagées :
via l’activité elle-même et de ses performances (installer des panneaux solaires) ;
comme activité habilitante, c’est-à-dire en permettant indirectement à une activité vertueuse d’atteindre des objectifs ;
enfin, comme « activité de transition », c’est-à-dire une activité avec à court terme un impact non positif (voire négatif) mais qui permet d’assurer l’atteinte des objectifs sur le long terme.
Nucléaire et gaz naturel
Ce sont ces catégories qui ont créé débat et bataille rangée autour de l’inclusion dans la taxonomie du nucléaire et du gaz naturel. Attendue pour décembre 2020, la taxonomie voit depuis sa mise en œuvre reportée. Et, alors que la Commission européenne devait présenter son avis définitif fin avril, un nouveau report est prévu : nouvelle date, fin 2021.
Autour du nucléaire, la ligne de démarcation est toujours la même : une majorité d’Etats membres, Allemagne et Autriche en tête sont bien décidés à en finir, donc il est hors de question d’inclure cette énergie dans la taxonomie. Néanmoins, une bonne demi-douzaine d’autres Etats, dont la France et la Pologne – le Royaume-Uni est désormais hors-jeu –, veulent continuer à l’utiliser.
Les partisans du nucléaire rappellent que cette énergie est la première source décarbonée du mix électrique de l’UE (42 % en 2019), et permet donc bien d’aller vers l’objectif de neutralité carbone en 2050. Sans surprise, pour le gaz naturel, la répartition entre pays pour et contre l’inclusion de cette source d’énergie est quasiment inversée. Chaque pays défend en réalité sa manière et sa trajectoire pour atteindre l’objectif de neutralité carbone à terme.
En mars dernier, la CE a proposé une version révisée, avec de nombreux aménagements sur la question du gaz naturel, qui y serait désormais intégré à certaines conditions (notamment en remplaçant des centrales charbon par des centrales au gaz lorsqu’elles sont moins émettrices de gaz à effet de serre). La CE y inclut aussi l’hydrogène à certaines conditions ainsi que des batteries…
En réponse aux propositions de la CE, dans une lettre datée du 19 mars adressée à la Commission européenne et rendue publique jeudi 25 mars, sept chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, dont Emmanuel Macron, sont montés au front en faveur du nucléaire. Alors que le gaz fossile était inclus dans la taxonomie présentée en mars, le nucléaire est toujours mis à l’écart.
Les leaders de la République tchèque (Andrej Babis), de la France (Emmanuel Macron), de la Hongrie (Viktor Orban), de la Pologne (Mateusz Morawieck), de la Roumanie (Florin Cîtu), de la Slovaquie (Igor Matovic) et de la Slovénie (Janez Jansa) ont donc décidé de réagir via une lettre commune.
« Nous sommes convaincus que toutes les technologies neutres ou à faible teneur en carbone qui contribuent à la neutralité carbone… devraient non seulement être reconnues par l’UE, mais également soutenues activement », déclarent les cosignataires avant d’ajouter : « C’est particulièrement le cas du nucléaire, dont le développement est l’une des priorités phares du traité instituant la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom), contraignant les institutions de l’UE à le mettre en avant ».
C’est d’ailleurs dans le cadre du Traité Euratom, qui s’impose à tous les Etats membres et surtout à la Commission Européenne dont l’un des rôles est d’être la gardienne des Traités européens, que Bruxelles a confié à son Centre de recherche européen (le JRC, en initiales anglaises) le soin de rédiger un rapport évaluant la possibilité d’intégrer le nucléaire dans la taxonomie, donc de bénéficier de financements privilégiés. Et le JRC a conclu en faveur du nucléaire, déclenchant l’ire des ONG environnementales.
Ce 21 avril, les Premiers ministres slovaque, tchèque, bulgare, roumain, maltais, grec et chypriote avaient réclamé à Bruxelles de reporter sa proposition de taxonomie verte, afin de finaliser un dossier contenant le nucléaire et le gaz… Bruxelles ne les a pas suivis.
Le débat sur le nucléaire et le gaz naturel va donc continuer à être houleux et la France, qui présidera l’Union au premier trimestre 2022, lorsque Etats membres et Parlement pourront présenter des objections à la proposition de la Commission, sera aux premières loges.
A la veille de la présentation par Bruxelles du nouveau report de décision sur le nucléaire et le gaz naturel, les syndicats français se sont aussi mobilisés. L’intersyndicale FNME-CGT, CFE CGC Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines, représentative du secteur énergétique français des Industries Électriques et Gazières (IEG), vient d’écrire à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour lui demander d’inclure l’énergie nucléaire et le gaz dans la taxonomie européenne et de ne pas priver l’Union européenne d’atouts majeurs dans la réussite de la neutralité carbone en 2050, qui est le cœur du Green Deal porté par la présidente de la Commission européenne.
Et les syndicats de rappeler dans un communiqué que « la taxonomie conditionnera en effet l’accès aux financements et donc les investissements pour de nombreuses années. Puisque le nucléaire est une énergie stable, pilotable et bas carbone, considérée comme centrale par le GIEC pour limiter le réchauffement climatique, et le gaz un outil efficace de décarbonation, la taxonomie européenne doit impérativement respecter la neutralité technologique et le consensus scientifique. »
C’est un virage que personne n’avait envisagé : un effet collatéral à une crise pandémique que personne n’avait également prévue. Alors que les gouvernements successifs légifèrent pour limiter les usages du plastique et trouver des alternatives à son utilisation, le Covid-19 a – temporairement – freiné cet élan.
La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire précise les conditions d’interdiction de la mise à disposition de certains produits en plastique à usage unique. Cette interdiction, qui doit être effective à partir du 1er juillet 2021, concerne pour le moment une palette réduite d’objets en plastique à usage unique : emballages en polystyrène pour l’alimentation à emporter, piques et tiges en plastique… avec l’objectif, toujours d’actualité, d’en finir avec le plastique jetable d’ici 2040. L’interdiction des emballages plastiques à usage unique individuels pour les fruits et légumes a été repoussée à plus tard, en raison de la crise sanitaire. A l’heure actuelle, difficile d’imaginer comment se passer de ces emballages d’ici l’été, alors que la fin de la crise sanitaire n’est pas pour demain, et que les consommateurs ont encore aujourd’hui besoin d’être rassurés.
Le plastique rassure les consommateurs
Dès le mois de mars 2020, les consommateurs se sont rués, dans les grandes surfaces, sur les emballages plastiques à usage unique et sur les sacs plastiques. Pour des raisons sanitaires bien sûr, même si rien à ce moment-là n’indiquait que le plastique permettait de limiter les risques de contamination. Le manque de connaissances sur les mécanismes d’action et de propagation du Covid-19, lors du premier confinement, a livré les consommateurs à eux-mêmes : par réflexe, ils ont estimé que les emballages uniques en plastique, et le fait d’isoler les produits achetés dans des sacs plastiques était le meilleur moyen de se protéger contre ce nouveau virus. Un raisonnement logique, et appuyé – partiellement – par la science.
Le secteur de la santé a également jeté assez rapidement son dévolu sur le plastique : passée la polémique sur les masques, leur utilisation est devenue obligatoire dans l’espace publique. Les gels hydroalcooliques également ont envahi notre quotidien, avec leurs contenants en plastique. Pour les professionnels de santé, l’utilisation en grande quantité des blouses, masques, visières, mais aussi de matériels comme les respirateurs, les seringues, les tests, ont entrainé une forte augmentation de la demande en plastique. Une augmentation liée à la pression hospitalière.
Si les gouvernements successifs se sont engagés à réduire la consommation de plastique, afin de limiter le volume des plastiques en fin de vie à traiter, la crise du Covid-19 et l’urgence qui s’en est suivie a fait du plastique un matériau « refuge » pour l’agroalimentaire.
Au-delà de ces deux secteurs industriels, la demande en plastique, dans les autres secteurs, est tributaire de la situation de chaque activité.
Sans surprise, les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, à l’arrêt pendant de longs mois, ont moins sollicité l’industrie plasturgique. Pour le premier d’entre eux, la situation revient petit à petit à la normale. Pour le second, difficile de prévoir quelles seront la portée réelle des répercussions à court et moyen termes sur le secteur.
Le secteur informatique, lui a profité de la généralisation, pendant un moment, du télétravail. Cette décision, qui est aujourd’hui encore partiellement en vigueur, a obligé une partie des salariés, au niveau mondial, à s’équiper, ce qui a sollicité le secteur informatique, et donc indirectement le secteur de la plasturgie produisant des pièces pour les matériels informatiques.
Au final, la production globale de plastique, pour prendre le cas du continent européen, est en baisse. Le blocage total des secteurs industriels que l’on vient d’évoquer a eu plus d’impact que les hausses de la demande observées dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la santé.
Selon le service Copernicus pour le changement climatique (C3S), le programme européen d’observation de la Terre, les températures moyennes 2016-2020 sont les plus élevées jamais enregistrées au niveau mondial. Elles s’élèvent à +1,2°C au-dessus de la moyenne de 1850-1900. Le réchauffement a été particulièrement important en Europe sur l’année 2020. Le vieux continent a connu des températures record cet hiver : +3,4°C par rapport à la moyenne 1981-2010 et environ 1,4°C de plus que le record précédent.
« L’analyse de l’interaction de variables telles que la température, la glace de mer, les précipitations, le débit des rivières ou l’humidité du sol souligne l’importance de surveiller toutes les parties de notre système climatique, afin de comprendre les tendances climatiques changeantes, avec une traçabilité jusqu’aux données originales », souligne Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus.
Plusieurs records climatiques battus en Europe
En février 2020, plusieurs épisodes de fortes pluies ont eu lieu dans une grande partie de l’Europe. Ils ont alors entraîné des précipitations supérieures à la moyenne. Puis, dans le nord-ouest de l’Europe, ce phénomène a été suivi par l’un des printemps les plus secs des 40 dernières années. Résultat : le débit moyen des cours d’eau en avril et mai a été le plus faible jamais enregistré depuis 1991.
Les bouleversements climatiques se sont succédé en Europe au cours de l’année. Les épisodes caniculaires durant l’été, bien que moins intenses et moins longs que les années précédentes, ont touché différentes régions chaque mois. Et de nouveaux records de température ont été enregistrés en Scandinavie en juin et en Europe occidentale en août. En France, plusieurs records de température ont été battus pour le mois d’août. « L’année 2020 a connu le plus grand nombre d’heures d’ensoleillement en Europe depuis le début des relevés par satellite en 1983 », note le service Copernicus.
Début octobre, la tempête Alex a provoqué des précipitations records. Le temps n’était plus aux faibles débits. La tempête a entraîné un débit fluvial supérieur à la moyenne dans une grande partie de l’Europe occidentale. Et les inondations ont gagné plusieurs régions.
L’Arctique particulièrement touchée
Selon le service Copernicus, 2020 a été de loin l’année la plus chaude jamais enregistrée en Sibérie arctique. Les records ont été pulvérisés : le mercure a dépassé la moyenne 1981-2010 de 4,3°C. C’est 1,8°C de plus que le précédent record. Les incendies de forêts y ont aussi connu des niveaux records. Dans le nord de la Sibérie et dans les régions adjacentes de l’Arctique, la hausse des températures a été particulièrement importante. Là, les températures maximales et minimales ont atteint jusqu’à 6°C et 9°C au-dessus de la moyenne.
Pour l’ensemble de l’Arctique, 2020 a été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée. La température de l’air a dépassé la moyenne de 2,2°C. Si le début de l’année a été plus froid que la moyenne dans de grandes parties de l’Arctique, les records de températures observés durant l’été et l’automne ont compensé cette situation.
Samedi 24 avril, se tiendra la journée mondiale de la corrosion. Instituée par la WCO il y a une dizaine d’années sous le titre « Corrosion awareness day» (journée de sensibilisation à la corrosion, en traduction littérale), cette journée mondiale de la corrosion est destinée à sensibiliser les décideurs et le grand public aux phénomènes de corrosion et à les mobiliser pour lutter contre la corrosion. Peu relayée en Europe, cette journée est pratiquement invisible actuellement en France. Damien Féron, président de l’EFC (Fédération Européenne de Corrosion) et vice-président de la WCO (World Corrosion Organisation), revient ici sur l’importance de cette journée.
Techniques de l’Ingénieur : Pourquoi créer une journée mondiale de la corrosion ?
Damien Féron : La corrosion dégrade chaque jour un peu plus les infrastructures, les usines, les installations de production, y compris d’électricité, les moyens de transport etc., inexorablement et sans qu’on y prête attention, sauf en cas de catastrophe comme l’effondrement d’un pont. Il est temps de se mobiliser pour faire face à ces phénomènes de corrosion. Il est important surtout d’attirer l’attention des décideurs, qu’ils soient industriels ou politiques, sur ces dégradations continues qui mettent des années à se manifester mais qu’il est souvent trop tard de traiter une fois identifiées.
A quel niveau faut-il agir ?
Les dernières études sur le coût direct de la corrosion conduisent à des chiffres alarmants : c’est au moins 3,5% du produit intérieur brut de pays industrialisés et beaucoup plus encore pour les autres. Soit pour un pays comme la France, un coût d’environ 80 milliards d’euros en 2017. Et ce n’est que le coût direct. Il n’inclue pas les conséquences environnementales, les pertes de production ni les dommages aux personnes. En contrepartie, les experts estiment qu’au moins 25% de cette somme pourrait être économisé en appliquant simplement les règles et connaissances liées à la corrosion, connues souvent depuis longtemps. Dans son ouvrage La tour de 300m, Gustave Eiffel déjà précisait : « On ne saurait trop se pénétrer du principe que la peinture est l’élément essentiel de la conservation d’un ouvrage métallique et que les soins qui y sont apportés sont la seule garantie de sa durée ». Dès sa construction, la Tour Eiffel a été ainsi protégée, et ce travail de peinture est refait régulièrement, tous les 5 à 7 ans. Il est dommage qu’une telle rigueur ne soit pas appliquée systématiquement à toute structure métallique d’importance, en particulier les ponts métalliques qu’ils soient routiers ou ferroviaires. Aujourd’hui d’autres formes de protection peuvent être mises en œuvre pour les ouvrages immergés ou enterrés comme la protection cathodique avec anode sacrificielles ou par courant imposé, à titre d’exemple.
Pourquoi une journée à l’échelle mondiale ?
La corrosion ne connaît pas de frontière : les pollutions d’un pays retombent sous forme de pluies acides sur un autre. Il ne suffit plus seulement que les professionnels de la corrosion échangent et collaborent. Cela se fait depuis de nombreuses années au travers de sociétés savantes telles que le CEFRACOR en France, la NACE devenue AMPP en 2020 aux Etats-Unis, ou encore au niveau européen la Fédération Européenne de Corrosion (EFC) qui regroupe plus de 30 membres dont près de 20 sociétés savantes européennes, et au niveau international, l’International Corrosion Council (ICC).
Quelles sont les actions les plus urgentes à mener ?
Il est temps d’agir, temps de mobiliser tous les acteurs pour faire connaitre les enjeux et les conséquences sociétales résultant de la corrosion. Nous disposons aujourd’hui des outils efficaces et des moyens scientifiques et techniques nécessaires pour lutter contre ces phénomènes de corrosion. Il faut également sensibiliser le grand public et les décideurs dans les instances territoriales, gouvernementales ou dans les organismes professionnels sur l’importance de ces phénomènes de corrosion, leur coût à ne pas les traiter et les économies générées par une mise en œuvre correcte des mesures d’anti-corrosion. C’est la mission de la WCO, World Corrosion Organisation, organisation non gouvernementale reconnue par les Nations-Unies. Cette mission inclut la promotion de l’éducation et des meilleurs pratiques dans le contrôle et la prévention des phénomènes de corrosion pour le bénéfice socio-économique de la société, pour la préservation des ressources et la protection de l’environnement.
Comment va s’organiser cette journée ?
Voici un bref aperçu des événements liés à cette journée, qui montrent que notre communauté est active, imaginative et pleine de ressources, malgré la crise du COVID-19 :
L’initiative de la jeune EFC d’un certificat de participation, augmentant la visibilité du chercheur, des groupes de laboratoires participant à l’événement
L’initiative de Techniques de l’Ingénieur de donner un accès gratuit, autour de la journée de sensibilisation à la corrosion, à cinq articles d’ingénierie traitant de la corrosion nucléaire, de la corrosion en eau de mer, des revêtements, des inhibiteurs et de la tribocorrosion (voir le lien sur le site du WCO)
Un forum payant est prévu en collaboration avec 2021 NACE Corrosion sur « la corrosion dans les énergies à faible teneur en carbone (énergies renouvelables, nucléaire et capture du carbone) – problèmes et solutions » le 26 avril. Il est demandé de s’inscrire au congrès NACE 2021 Corrosion.
L’avis de l’Anses relatif à l’« Exposition de la population aux champs électromagnétiques liée au déploiement de la technologie de communication « 5G » et effets sanitaires associés » était attendu de pied ferme. Mais maintenant qu’il est sorti, tout le monde, ou presque, campe sur ses positions. L’avis est accueilli avec satisfaction par le gouvernement, et la Fédération Française des Télécoms et ses membres Bouygues Telecom, Orange, SFR. La Fédération Française des Télécoms s’est ainsi félicitée des conclusions « rassurantes » de l’Anses. Elle assure dans un communiqué souscrire « aux recommandations de l’Agence pour des études complémentaires ».
Du côté des opposants, nous avons des associations et des municipalités qui avaient voté des moratoires en attendant l’avis de l’Anses, à l’instar de Lille le 9 octobre dernier. Désormais, elles soulignent que l’avis reste loin de répondre à toutes les questions soulevées par le déploiement de cette nouvelle technologie mobile. Dans un communiqué, Lille indique « prendre acte des conclusions de l’Anses tout en regrettant qu’elles ne soient pas plus précises sur les avantages et les inconvénients de la 5G ». La municipalité souligne travailler à une « déclaration commune » avec les opérateurs pour « une meilleure prise en compte » des questions sanitaires et environnementales. Les ONG Agir pour l’environnement et Priartem (association contre les risques liés aux technologies électro-magnétiques) dénoncent pour leur part la « stupéfiante incertitude » de l’avis.
Un avis qui se veut rassurant mais pointe le manque de données
Dans son avis, l’Anses rappelle que la 5G utilise actuellement principalement la bande 700 MHz – 2,1 GHz. « Cette bande, inclut des fréquences utilisées depuis plusieurs années par les générations actuelles de communication mobile, 2G, 3G et 4G », précise l’agence sanitaire. La nouvelle bande de fréquences autour de 3,5 GHz a été attribuée aux quatre opérateurs mobiles français fin 2020. L’agence estime « peu probable » que cette bande constitue « à l’heure actuelle de nouveaux risques pour la santé », malgré le peu de données disponibles.
D’ici quelques années, la bande 26 GHz viendra compléter le réseau pour la communication entre objets connectés. Cette bande de fréquences se différencie par une profondeur de pénétration des ondes dans le corps beaucoup plus faible, de l’ordre du millimètre, note l’agence. Elle expose alors des couches superficielles de la peau ou de l’œil et « les simulations disponibles laissent présager des niveaux d’exposition faibles ». Toutefois, « aucune donnée d’exposition n’est aujourd’hui disponible » puisqu’elle n’est pas déployée. L’Anses estime donc que « à l’heure actuelle, les données ne sont pas suffisantes pour conclure à l’existence ou non d’effets sanitaires ».
Combler le manque de données et suivre l’exposition
L’avis recommande donc de poursuivre les recherches sur l’exposition aux diverses fréquences d’ondes et leurs éventuelles conséquences sanitaires. Elle souligne aussi la nécessité de suivre l’évolution de l’exposition des populations à mesure de l’évolution du parc d’antennes et de l’augmentation de l’utilisation des réseaux.
Face aux controverses sur le sujet, l’Agence lance une consultation publique à destination de la communauté scientifique et des parties prenantes intéressées. Le rapport et l’avis pourront être mis à jour pour prendre en compte les commentaires.
La pandémie de coronavirus, et le premier confinement de mars 2020, ont logiquement affecté l’activité de l’entreprise. La baisse globale de l’activité économique en France depuis un an a débouché in fine sur une baisse de la production. Cette baisse entraîne également une diminution de la quantité de déchets produites.
En ce sens, l’activité d’une entreprise comme Paprec est un bon baromètre de la santé économique du pays, en plus d’être une activité de première nécessité : il est impératif de collecter les déchets pour que les entreprises puissent continuer à fonctionner normalement.
Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec, a répondu aux questions de Techniques de l’Ingénieur sur les conséquences de la situation sanitaire actuelle, et donné sa vision sur l’importance grandissante du secteur du recyclage : un secteur où l’innovation permet de recycler des volumes de plus en plus importants, et de produire des nouvelles matières premières de mieux en mieux valorisées.
Techniques de l’Ingénieur : Comment avez-vous géré le premier confinement, il y a près d’un an, et les contraintes sanitaires qui se succèdent depuis ?
Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec : Le premier confinement, débuté le 16 mars 2020, a été une épreuve pour nous comme pour beaucoup d’entreprises, mais les salariés de Paprec ont immédiatement répondu présent. Nous avons mis en place toutes les mesures sanitaires nous permettant de poursuivre notre activité le plus normalement possible. Nous n’avons arrêté l’activité sur aucun de nos sites.
Nos activités de collecte sont primordiales, évidemment, pour des questions évidentes de salubrité publique – mais aussi nos activités de tri, qui permettent d’éviter la pénurie de matière pour les emballages. Nous avons d’ailleurs été reconnus rapidement comme activité indispensable à la vie de la Nation.
Si nous nous arrêtons totalement de fonctionner, tout s’arrête. Les entreprises ont besoin que l’on vienne collecter leurs déchets. Le volume de nos collectes est d’ailleurs assez représentatif de la santé de l’économie. Quand nos volumes de matériaux recyclés augmente, c’est un signe que l’économie va dans le bon sens.
Au final, sur l’année 2020 nous constatons une baisse de volume de 10%, ce qui est assez représentatif des conséquences de la crise sanitaire sur l’ensemble de l’économie française.
Quels sont les secteurs d’activités sur lesquels vous avez rencontré le plus de difficultés depuis mars 2020 ?
Notre activité reflète l’activité du pays. Nous collectons et trions les déchets de nombreux industriels, par exemple, dont certains ont totalement cessé la production lors du premier confinement. Les chantiers aussi se sont arrêtés en début d’année dernière. Nous travaillons aussi avec Aéroports de Paris. Comme vous pouvez l’imaginer, l’arrêt brutal du trafic aérien décidé lors du premier confinement – et qui est encore à l’œuvre aujourd’hui pour la plupart des vols – a impacté durement notre partenaire. Et a drastiquement réduit les volumes de déchets collectés.
D’autres n’ont pas cessé de tourner, bien au contraire, comme l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique, la grande distribution… et ces clients ont plus que jamais eu besoin que nous collections leurs déchets mais aussi que nous fournissions les matières premières nécessaires à leurs emballages !
Car il faut bien être conscient qu’au-delà de notre mission de salubrité publique, les matériaux recyclés que nous produisons servent de matière première dans beaucoup de secteurs de l’industrie. Par exemple, le carton produit en France provient pour moitié de fibres recyclées. Si nous arrêtons notre production sur ce matériau par exemple, c’est toute la filière de production de carton qui se retrouve dans l’impasse. Nous avons donc à la fois un rôle de service vis-à-vis de la société dans son ensemble, et de fournisseur de matières premières.
Fournir des matières premières pour l’industrie fait-il aujourd’hui partie intégrante des missions de la filière recyclage ?
La conviction intime qui est à l’origine de Paprec est que les déchets sont les matières premières du XXIème siècle. Utiliser des matières premières issues du recyclage évite de recourir à davantage de ressources fossiles, et limite les émissions de CO2 et la consommation d’énergie !
La pandémie a bien mis cela en lumière. Les matières premières issues du recyclage ont été très demandées. Les frontières étant fermées, ces matières ont été de précieuses ressources pour refaire de l’emballage carton ou plastique, et pour continuer à faire tourner l’industrie agroalimentaire ou pharmaceutique. Les matières issues des déchets locaux assurent aussi notre autonomie en approvisionnement ! Le recyclage est en ce sens également un enjeu de souveraineté nationale.
Quel est le rôle de l’innovation pour la filière recyclage ?
Tout d’abord, il faut être conscient que la robotique a fait irruption en force dans nos métiers, en faisant évoluer drastiquement la qualité et la quantité de volumes traités, ainsi que les cadences. Pour un matériau comme le plastique par exemple, la robotisation, qui a remplacé petit à petit le tri à la main, nous permet de traiter jusqu’à 5 tonnes de plastique par heure. Cela représente une productivité incomparable par rapport à ce que l’on pouvait espérer avec le tri manuel.
Pour vous donner un autre exemple, il y a une dizaine d’années, nos usines traitaient entre 5000 et 6000 tonnes de déchets par an. Aujourd’hui, pour les usines les plus importantes, ce chiffre se situe autour de 80 000 tonnes.
Au-delà des cadences, il y a également une problématique de qualité de tri…
Notre secteur d’activité a souvent tendance à être assimilé à un secteur “low tech”, à tort.
Les innovations technologiques que nous avons mises en place nous ont permis de réaliser des progrès importants sur la qualité du tri et sur son efficacité. Cela se traduit par exemple par quelque chose que chacun peut observer : il est possible de mettre de plus en plus de catégories de déchets dans les poubelles jaunes, car nous avons aujourd’hui les technologies qui permettent de les trier efficacement. Nous avons également beaucoup investi sur les instruments de contrôle de cette qualité. Nos laboratoires aussi représentent l’état de l’art dans ce domaine.
Nous sommes également très vigilants sur le fait de moderniser notre activité en veillant à surveiller notre bilan carbone, avec un objectif permanent de sobriété.
Aujourd’hui quels sont les enjeux autour de l’activité de recyclage en France ?
Il y a avant tout un travail d’écoconception à effectuer collectivement. Il est en effet primordial de réfléchir à la recyclabilité des produits en fin de vie, afin d’orienter la production vers des emballages ou matériaux simples à recycler.
Ensuite, nous travaillons de près avec nos partenaires pour développer le recyclage en boucle fermée, c’est à dire la possibilité d’utiliser les matières issues du recyclage pour refaire le produit initial. Nous avons ainsi une usine de haut niveau, à Limay, en Ile-de-France, qui permet de fabriquer du PET recyclé apte au contact alimentaire. Cela donne la possibilité de refaire des nouvelles bouteilles à partir de bouteilles jetées dans la bonne poubelle !
Nous avons également, par exemple, un partenariat avec le fabricant de sols techniques Gerflor. Nous gérons leurs chutes de production, mais aussi de pose, afin de leur proposer une matière première issue du recyclage qui repart dans leur usine de production.
Quelles sont les principales contraintes que vous rencontrez pour mettre en place ces circuits courts de recyclage ?
Nous nous devons de proposer des matières avec des caractéristiques techniques constantes, prévisibles et d’excellente qualité. Et en retour, la filière en aval, celle de nos utilisateurs de matière, doit être pérenne, pour justifier les investissements importants nécessaires à l’obtention d’une telle qualité. D’autant plus que nos coûts de production de plastique recyclé sont fixes, alors que la matière concurrente, issue du fossile, varie en fonction du prix du pétrole. Si le pétrole est bas, il est plus coûteux d’acheter nos matières. Il est donc important de décorréler les prix de nos matières du prix du pétrole. En effet, les externalités positives, c’est-à-dire l’énergie non utilisée ou les économies d’émissions de CO2 réalisées ne sont pas prises en compte. La législation pallie cela pour le PET (le plastique des bouteilles). Une directive européenne impose un taux de 25% de PET recyclé dans les nouvelles productions en 2025 et 30% en 2030. Il faudrait la même chose sur les autres filières.
Le recyclage est-il in fine toujours la meilleure solution ?
Quand le recyclage (la valorisation matière) est techniquement impossible ou trop coûteux, l’étape à privilégier est la valorisation énergétique. C’est un métier dans lequel nous allons nous développer. Nous venons en effet d’intégrer les activités Opérations et Maintenance de la CNIM et d’engager des négociations exclusives avec Dalkia pour Dalkia Wastenergy.
Une filière qui se développe est aussi celle du CSR, ces combustibles solides de récupération, issus des tris des déchets, non valorisables comme matière mais permettant efficacement de remplacer les combustibles fossiles pour les cimenteries par exemple. Ces unités vont se développer en France.
L’enjeu des prochaines années est aussi la valorisation organique. D’ici 2023, le tri des biodéchets doit être fait à la source, chez les industriels comme chez les particuliers. Chez les particuliers, cela représente le tiers de la poubelle, c’est donc loin d’être négligeable. La méthanisation permettra de générer de l’énergie ou, mieux encore, de l’engrais, à partir des reliefs alimentaires jusqu’alors incinérés ou enfouis ! C’est la prochaine boucle à développer, celle du retour à la terre.
Tout cela suit la législation qui réduit drastiquement l’enfouissement des déchets, pour ne garder que le stockage des déchets ultimes. C’est un progrès majeur.
La montée en gamme technologique de l’activité de recyclage vous oblige-t-elle à repenser votre stratégie en termes de formation et de recrutement ?
Une idée reçue doit absolument être combattue : les métiers du déchet ne sont pas des métiers non qualifiés. En réalité, 92% de nos effectifs sont des personnels qualifiés. Et nos besoins de recrutement sont importants. Sur tout ce qui est maintenance industrielle par exemple, nous recherchons des techniciens et ingénieurs spécialisés, de haut niveau, pour optimiser nos process. Il s’agit plus pour nous d’une opportunité que d’un problème, même s’il est difficile aujourd’hui de trouver ces profils sur le marché de l’emploi.
Propos recueillis par Yves Valentin, directeur des éditions Techniques de l’Ingénieur, et Pierre Thouverez, journaliste.
Les capacités des plantes inspirent régulièrement les ingénieurs. Ils sélectionnent la partie qui les intéressent pour la reproduire artificiellement sur leur produit. Mais parfois, il arrive que certains aillent jusqu’à copier la plante dans son ensemble. C’est notamment le cas dans le secteur de l’énergie, où différents projets ont été inspirés par le tournesol, l’algue marine ou encore les graines d’érable.
La fleur photovoltaïque
Le tournesol solaire Smartflower est une fleur de 5 mètres qui déploie ses pétales et les oriente face au soleil dès son lever. Conçu par la société autrichienne Smartflower Energy Technology, elle est commercialisée par EDF. Ses 12 pétales, chacun couvert de 40 cellules photovoltaïques, se positionnent à un angle de 90° par rapport au soleil. « Son ‘tracker’ deux axes permet d’optimiser de plus de 40 % la production d’électricité. L’installation peut fournir jusqu’à 4 000 kWh /an (en fonction de sa localisation) ce qui couvre largement les besoins d’un ménage français sur une année (hors chauffage et eau chaude sanitaire – estimation ADEME : 2 700 kWh/an pour un foyer de personnes) »expliquait EDF sur son site. Le tournesol solaire se referme au coucher du soleil. Il a été présenté à la COP 21 en 2015.
Le tournesol solaire Smarflower d’EDF se lève et se couche avec le soleil. Capture écran vidéo Youtube « SMARTFLOWER de EDF ENR » / Michel Bost.
L’entreprise australienne BioPower System (BPS) s’est inspirée des varechs, des algues brunes, pour réaliser son hydrolienne BioWave. Une unité pilote de démonstration de 250 kW a été déployée au large des côtes de Port Fairy, situé à Victoria en Australie. Ce projet, de près de 24 millions de dollars, consiste en une structure oscillante de 26 mètres de haut modelée sur le mouvement naturel des algues marines, d’avant en arrière, sur un arc allant jusqu’à +/- 25 degrés. Ce mouvement active les vérins hydrauliques pour faire tourner un générateur. L’énergie électrique produite est ensuite injectée dans le réseau via un câble sous-marin. Par mauvais temps, l’appareil peut se poser à plat sur le fond marin. Cependant, « des problèmes techniques persistants (…) ont entraîné la fin de la phase de test du projet en juin 2017 », explique le gouvernement de l’Etat de Victoria. La mise en hors service a été confirmée en décembre 2017. Dans le même document, il est ajouté : « Le projet pilote servira de base à toute recherche future, car il a permis à l’Etat de voir les difficultés et les défis auxquels les projets de production d’énergie houlomotrice sont confrontés », comme capter l’énergie des vagues, disposer d’une technologie résistante au milieu hostile, transmettre l’énergie des vagues ou encore assurer la maintenance du dispositif.
L’éolienne Aerogenerator X, imaginée en 2010, s’inspire des graines de sycomores, de grands érables pouvant vivre près de 500 ans, pour se disperser. Appelées « samares », les graines sont dotées d’une ailette membraneuse sur le haut lui permettant de virevolter vers le sol. Attachées entre elles, deux samares, appelées « disamares » tombent par rotation, comme un rotor d’hélicoptère. C’est cette disamare qui a été reproduite sur l’éolienne verticale : un rotor doté de deux bras de 160 m de long supportant deux voiles en V de 80 m de long et d’une envergure de 270 mètres. Une fois exposées au vent, les ailes tournent en imitant le mouvement de la chute des graines.
En décembre 2010, la société britannique Wind Power Limited a dévoilé la preuve de concept de cette éolienne de 10 MW, doté de deux bras de 160 m de long supportant deux voiles en V de 80 m de long, conçue par la société d’ingénierie Arup. La conception a été le fruit d’une étude de faisabilité à travers le projet NOVA (pour Novel offshore vertical axis), regroupant la société créatrice, des universités britanniques (Cranfield, Strathclyde, Sheffield), centre de cherche et entreprises. Ce projet a été créé en janvier 2009 par l’Institut des technologies de l’énergie (ETI) avec un budget de 3,3 millions d’euros pour étudier la faisabilité d’une nouvelle turbine offshore à axe vertical (VAWTS, pour vertical axis wind turbine system). En 2012, un démonstrateur de ce système éolien de 50 kW à double bras et axe vertical a été mis au point. Celui-ci a été installé sur le campus de l’Université de Cranfield.
Les quantités d’émissions polluantes rejetées par des véhicules varient en fonction de leurs caractéristiques techniques, notamment de leurs moteurs, mais aussi des conditions de conduite. Celles-ci vont dépendre du style de conduite du conducteur, de la fluidité du trafic, mais aussi d’un dernier élément dont on n’a pas forcément conscience et qui pourtant saute aux yeux : l’aménagement de la voirie. La présence d’un ralentisseur, d’un rond-point ou plutôt d’une limitation de vitesse vont en effet dicter la manière de conduire aux chauffeurs. Face à ce constat, l’IFPEN (IFP Énergies nouvelles, successeur de l’Institut français du pétrole) a développé un outil de modélisation pour cartographier avec précision les émissions polluantes des véhicules selon les caractéristiques des différents segments routiers.
À l’origine de ce travail de recherche, l’exploitation des données des véhicules connectés via de simples smartphones que l’on appelle la « Floating Car Data ». Normalement, pour évaluer de manière précise la pollution émise par des comportements de conduite, un capteur nommé PEMS (Portable emissions measurement system) doit être posé à la sortie du pot d’échappement d’un véhicule. Il va alors mesurer les polluants émis en condition réelle sur la route. Par contre, ce dispositif se révèle coûteux et complexe à mettre en œuvre. L’IFPEN a donc développé un modèle de calcul dynamique afin d’évaluer les émissions de polluant en analysant la vitesse des véhicules, obtenue grâce aux données GPS.
Les quantités d’émissions polluantes varient en fonction du style de conduite
De ce premier travail de modélisation, naît en 2014 une application à télécharger gratuitement sur son smartphone appelée Geco. L’utilisateur rentre sa plaque d’immatriculation, et grâce à un service de l’argus, les spécificités techniques de son véhicule sont automatiquement intégrées : groupe motopropulseur, taille, poids… À l’époque, l’objectif était de sensibiliser les conducteurs à leurs styles de conduite et de tenter de réduire la consommation de carburant des véhicules, qui engendre un rejet de CO2 dans l’atmosphère.
Une nouvelle application est lancée en 2017 appelée Geco Air. Cette fois-ci, elle calcule également les émissions de polluants locaux impactant la qualité de l’air comme les particules fines et les oxydes d’azote. Une nouvelle version apparaît en début d’année 2021 et prend en compte les mobilités douces comme les transports en commun ou les trottinettes.
A gauche, le nouveau modèle numérique développé par l’IFPEN permet de cartographier plus précisément les émissions polluantes des véhicules sur chaque segment routier comparé aux modèles actuels (à droite). Crédit photo : IFPEN – Institut Carnot
« Actuellement, 30 000 utilisateurs ont téléchargé cette application, soit autant de capteurs virtuels, et nous avons enregistré 75 millions de kilomètres, explique Guillaume Sabiron, chef de projet qualité de l’air à l’IFPEN. La vocation de l’application reste la sensibilisation du grand public à sa propre empreinte environnementale mais parallèlement, nous avons décidé d’exploiter ces données d’une autre façon et à des fins de recherche. Plutôt que de faire un retour individuel à chaque conducteur sur ses trajets, nous avons décidé d’agréger tous les trajets qui sont passés sur un segment routier. Nous sommes ainsi capables d’estimer non plus l’impact du style de conduite sur les émissions, mais l’impact des infrastructures routières sur ces émissions. Car notre style de conduite nous est imposé par les aménagements sur la voirie et une bonne partie des émissions est donc liée à leur typologie. »
Le réseau routier cartographié grâce à de l’intelligence artificielle
Sauf que l’IFPEN ne dispose pas de suffisamment de données enregistrées en temps réel par l’application Geco Air sur chaque segment routier. Un second modèle numérique est alors développé afin de contourner cette difficulté. Celui-ci va cartographier l’ensemble du réseau routier en France puis, grâce à de l’intelligence artificielle, notamment des réseaux de neurones et des forêts aléatoires, faire un travail de segmentation pour créer des typologies de brins routiers. Par exemple, l’un d’eux va regrouper toutes les avenues ayant deux voies avec une vitesse limitée 50 km/h et qui se terminent par un feu de circulation.
Le modèle numérique va ensuite aller chercher tous les enregistrements réels collectés par l’application Geco Air sur un même type de brin routier, puis compiler toutes les données afin de créer un conducteur virtuel. Et au final, le logiciel est capable de prédire le comportement des conducteurs, c’est-à-dire la vitesse de leur véhicule, seconde par seconde, sur chaque type de brin routier. « Par exemple, sur un segment limité à 20 km/h avec un ralentisseur, on aura toujours le même profil de vitesse sur chaque portion de ce segment en fonction de la congestion. À partir de là, notre modèle numérique va être en mesure de calculer les émissions polluantes comme si les données avaient été enregistrées en temps réel depuis notre application pour smartphone. »
Le modèle numérique testé sur la carte routière de Marseille
En partenariat avec l’Ademe et la métropole de Marseille, ce nouveau modèle numérique vient d’être testé sur la carte routière de cette ville. Résultat : l’estimation des quantités d’émissions polluantes est beaucoup plus précise que d’autres modèles existants. « Sur un brin routier de 200 mètres avec un ralentisseur, nous sommes capables de prédire seconde après seconde les accélérations, les freinages… Sur ce genre de brin dont le parcours dure par exemple 50 secondes, nous avons 50 mesures de vitesses différentes et donc 50 mesures d’émissions polluantes différentes alors que les modèles actuels prennent en compte une simple vitesse moyenne sur tout le trajet et donc une seule estimation des émissions très agrégée. »
Un autre projet est actuellement en cours, toujours en collaboration avec l’Ademe, pour appliquer ce modèle sur la métropole du grand Lyon. Son objectif est de prédire, pour chaque typologie de segment routier, les quantités d’émissions polluantes moyennes. Et ainsi répondre à ce genre de questions : un segment avec un rond-point émet-il plus de polluants que celui avec un feu rouge ? Ou alors, quel est l’impact de la pose d’un ralentisseur devant une école pour faire baisser la vitesse des voitures ? Le résultat de ce travail sera connu à la rentrée prochaine.
À terme, l’objectif de ce travail de recherche est de donner des préconisations d’aménagements routiers aux décideurs publics. « Pour l’instant, avec les outils actuels, il est impossible de savoir précisément l’impact de la modification des infrastructures sur les émissions polluantes. Grâce à notre modélisation, nous serons par exemple capables de prédire quel va être l’impact sur la qualité de l’air de la mise en place dans un centre-ville d’une zone à faible émission interdisant la circulation des voitures de critères 4 et 5. »
Des noms, des identifiants, des adresses e-mail, le sexe, le pays et des numéros de téléphone. Ces données pourraient être utilisées pour du démarchage ciblé ou des escroqueries. Pour vérifier si un numéro de téléphone ou une adresse e-mail était inclus dans ces fichiers, il est possible de faire une recherche sécurisée sur Have I Been Pwned.
Cette énorme base de données mise en ligne début avril par un internaute (qui a mis à disposition des échantillons de 2 millions d’utilisateurs afin de prouver qu’il ne s’agit pas d’une arnaque) est un record pour ce réseau social. En 2019, environ 400 millions de comptes avaient fuité.
Repérée par CyberNews (un forum côtoyé par des hackers), cette base de 533 millions de comptes Facebook était découpée en 106 fichiers, chacun réunissant les données d’un seul pays. Concernant les internautes français, un article d’Arrêt sur images indique que les numéros de téléphone de plusieurs ministres (dont la ministre de la Mer Annick Girardin et le ministre des PME Alain Griset) y figurent.
Pas un piratage selon Facebook
Facebook ayant son siège européen en Irlande, c’est la Data Protection Commission (DPC), l’équivalent de la CNIL en Irlande, qui est chargée de cette enquête. Objectif : s’assurer que Facebook Ireland « a respecté ses obligations en tant que responsable du traitement de données » à l’égard du RGPD.
La défense du réseau social repose sur des arguments subtils : Facebook explique que ces données ne sont pas issues d’un piratage de son réseau, mais ont été récupérées via une technique dite de « scraping » qui repose sur des outils de récupération automatisée de données accessibles librement sur le web.
Pour le réseau social, ces données se trouvant sur des pages publiques des comptes utilisateurs, il n’est pas tenu de les protéger. Facebook a aussi précisé que cette faille a été corrigée en 2019. Par ailleurs, le site indique que ce piratage aurait eu lieu « entre juin 2017 et avril 2018 ». Or, le RGPD est exécutoire depuis mai 2019…
« L’intérêt de Facebook est que les internautes partagent un maximum d’information, donc par défaut les comptes sont publics, précise maître Julien Le Clainche, avocat à la Cour, spécialisé dans la protection des données personnelles. C’est aux membres de rendre privés certains éléments d’informations. Donc, le réseau ne peut pas vraiment dire que les utilisateurs ont été négligents. Cet argument n’est pas vraiment convaincant, car le RGPD consacre la protection de la vie privée par défaut (principe du “privacy by design”, Art. 25) et on privilégie systématiquement la protection des données personnelles. Dans le cas de Facebook, cela implique que tous les profils sont privés par défaut. Par ailleurs, si un internaute met des données personnelles en accès libre sur ce réseau afin que ses amis le retrouvent, ce n’est pas pour que des pirates exploitent une fonctionnalité mal conçue de ce système ».
Des risques sous-estimés par Facebook ?
Reste à déterminer sur quel fondement va se positionner la CNIL irlandaise. « La question fondamentale est de savoir s’il s’agit d’une violation de données au sens du RGPD, explique maître Julien Le Clainche. Son article 4.12 précise que c’est le cas lorsqu’il y a une divulgation ou un accès non autorisé à des données. Si l’on se réfère aux articles 24 et 32 du RGPD, un responsable du traitement met en œuvre un traitement ; il prend en compte l’état des connaissances (en l’occurrence sa fonctionnalité mal développée et qui était connue des pirates), le coût des mesures de sécurité (Facebook ayant corrigé cette faille, le coût n’était pas prohibitif) , la nature, la portée et la finalité du traitement (quand on manipule autant de données, on a une obligation de sécurité renforcée) ».
Facebook aurait donc mal interprété la probabilité que ce risque de fuite intervienne.
Quelles actions peuvent entamer les Français ? Ils peuvent porter plainte au pénal, saisir la CNIL ou agir au civil pour obtenir des dommages-intérêts. « Cette fuite est massive, mais au niveau individuel, les préjudices que les plaignants pourraient démontrer sont assez faibles », indique Julien Le Clainche. Des actions en groupe pourraient être lancées par des associations comme UFC Que Choisir, à condition que les dommages aient été subis après le 24 mai 2018, date de validation du RGPD. Or, c’est le cas dans cette affaire.
Au regard du RGPD, le réseau social s’expose à des sanctions financières allant jusqu’à 20 millions d’euros, ou 4 % du chiffre d’affaires de l’entreprise l’année précédant l’amende, soit près de 2,9 milliards d’euros pour Facebook (86 milliards de dollars de revenus en 2020).
Fin juillet 2019, Facebook avait été condamné à une amende record de 5 milliards de dollars par la FTC, l’autorité américaine de régulation des communications, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles d’environ 400 millions de comptes…
Et la série noire n’est pas près de s’arrêter. Un fichier contenant 827 millions de comptes Linkedin vient d’être mis en vente sur un forum dédié au piratage. Son prix : 7 000 dollars.